Ennahdha vers un classement comme organisation terroriste ? Le pari de Fatma Mseddi
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Selon le ministre, la plupart des interventions des députés convergent avec les objectifs gouvernementaux, en particulier le renforcement de l’État social et la promotion de l’équité et de l’équilibre entre les régions. Il a souligné que le débat avec les députés a mis en évidence l’importance d’une » unité d’intention » visant à défendre l’intérêt national.
Samir Abdelhafidh a qualifié ce plan de « démarche constitutionnelle importante ». Tout en rappelant qu’il s’agit du premier plan élaboré après l’adoption de la nouvelle Constitution et qu’il vise à renforcer la participation citoyenne au niveau local et régional.
En outre, il a précisé que les propositions ne sont pas de simples projets, mais la contribution des élus, issue d’un constat partagé de la réalité du terrain et d’une vision commune du développement.
Le ministre a souligné que si la Tunisie a une longue tradition d’élaboration de plans nationaux, la méthode a changé : la planification n’est plus centralisée mais s’inscrit désormais dans une dynamique de décentralisation territoriale, fondée sur les propositions des citoyens.
Par ailleurs, il a réagi au coût du budget prévu pour sa mise en œuvre, environ 102 milliards de dinars répartis entre le budget de l’État, les partenariats public‑privé et les établissements publics, que certains qualifient d' »irréaliste ». Le ministre a expliqué que le gouvernement élabore ses hypothèses en se fondant sur des rapports économiques internationaux et en suivant les évolutions. Tout en précisant : « Le plan est réalisé selon la raison d’État et le secteur public doit mobiliser tout son poids pour réussir sa mise en œuvre. »
Enfin, le ministre a indiqué que l’un des principaux objectifs du plan est d’augmenter le revenu individuel et d’amener la Tunisie parmi le tiers supérieur des pays à revenu intermédiaire d’ici 2030.
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Pour Tunis, le partenariat avec Alger demeure un pilier de sa politique étrangère régionale, notamment en ce qui concerne la sécurité, l’énergie, l’eau, la sécurité alimentaire, la stabilité des frontières et le dossier libyen.
Le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, a été reçu à Alger par le président algérien Abdelmadjid Tebboune. Cette rencontre s’est tenue en marge des travaux du comité de suivi tuniso-algérien, réuni dans la capitale algérienne les 7 et 8 juillet pour mettre en œuvre les conclusions de la 23e session de la Grande commission mixte bilatérale.
Au cours de l’entretien, M. Nafti a transmis à M. Tebboune les salutations du président tunisien Kaïs Saïed, ainsi que ses félicitations à l’occasion de l’anniversaire de l’indépendance de l’Algérie. Il a réitéré l’engagement de Tunis à renforcer les liens de fraternité, de coopération et de partenariat avec l’Algérie, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.
De son côté, le chef de l’État algérien a prié le ministre tunisien de transmettre ses salutations à M. Saïed, soulignant la convergence de vues entre les deux pays sur diverses questions régionales et internationales.
La visite de M. Nafti intervient dans un contexte de regain d’activité concernant les mécanismes bilatéraux entre Tunis et Alger. Le ministre a réaffirmé la volonté tunisienne d’élever les relations avec l’Algérie au rang de «partenariat stratégique global», conformément aux directives des deux chefs d’État et aux attentes de leurs peuples respectifs, comme l’a rapporté l’agence de presse officielle algérienne, APS.

Le comité de suivi était coprésidé par M. Nafti et le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines algérien, Ahmed Attaf. Les travaux ont porté sur le suivi de la mise en œuvre des recommandations issues de la Grande commission mixte tenue à Tunis en décembre 2025 et du Forum économique tuniso-algérien.
Les discussions ont notamment abordé les questions de sécurité, de transport, de technologies de la communication, d’affaires sociales, de travail, de formation, de culture et de sport. Les deux pays ont également réaffirmé la nécessité d’une coordination accrue concernant l’eau, l’énergie, la sécurité alimentaire, le développement des zones frontalières et le renforcement des échanges commerciaux, dans le but d’ouvrir de nouvelles opportunités aux entreprises tunisiennes et algériennes, y compris sur les marchés africains.
Une attention particulière a également été portée aux communautés résidant dans les deux pays, grâce à la mise à jour d’accords bilatéraux et à l’introduction de mesures supplémentaires visant à faciliter la résidence, l’emploi et l’accès à la propriété.
À l’issue des travaux, le procès-verbal de la réunion a été signé et une feuille de route définissant le calendrier des futures échéances bilatérales a été adoptée. Sur le plan économique, la relance du partenariat fait suite au Forum tuniso-algérien sur l’investissement et les échanges bilatéraux entre Gafsa et Tébessa ; organisé fin juin, cet événement a abouti à la conclusion de 35 accords préliminaires entre opérateurs économiques des deux pays et à l’identification de sept projets stratégiques dans le secteur des matériaux de construction, destinés à dynamiser l’activité économique dans les zones frontalières.
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Les textes débattus portent notamment sur le renforcement de la sécurité énergétique et alimentaire, le logement, la santé, le transport aérien ainsi que la mise en œuvre de plusieurs programmes sociaux.
À cette occasion, la cheffe du gouvernement a appelé à accélérer la réalisation des projets et à stimuler l’investissement public et privé, soulignant que le lancement des programmes, projets et réformes inscrits dans le Plan de développement 2026-2030 interviendra prochainement.
Elle a également insisté sur la nécessité d’assurer un suivi continu de l’avancement des projets publics dans l’ensemble des régions du pays, aussi bien au niveau central que régional et local. Selon elle, cette démarche doit contribuer à renforcer l’intégration économique et sociale, à promouvoir un développement équilibré entre les territoires et à consolider une économie plus résiliente face aux mutations de l’environnement international.
Sur le volet administratif, Sara Zaâfrani Zenzri a estimé que la réforme législative, à elle seule, ne saurait produire les résultats attendus sans une modernisation de l’administration et une culture du travail fondée sur l’efficacité. Elle a ainsi plaidé pour une amélioration des performances des services publics et de la qualité des prestations offertes aux citoyens.
La cheffe du gouvernement a, en outre, appelé à la mise en place de systèmes de management de la qualité et au renforcement des mécanismes de gouvernance au sein des administrations publiques. Elle a insisté sur la responsabilité de chaque agent public dans l’accomplissement de ses missions, tout en invitant les responsables à assurer un suivi régulier des performances de leurs équipes, dans le respect des principes de discipline, de redevabilité et de reddition des comptes.
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Sans une vision stratégique cohérente, centrée sur la légitimité démocratique, les droits de l’homme et l’État de droit, l’Otan risque de devenir un instrument militaire au service des intérêts économiques des Etats-Unis et de ceux du complexe militaro-industriel américain, aux dépens de ceux du reste du monde, l’Europe y compris. (Photo : Sommet de l’Otan à Ankara, les 7 et 8 juillet 2026 : derrière l’apparence d’unité, de profondes fissures menacent l’édifice atlantique).
Habib Glenza, à Lodz, Pologne.

Toute alliance militaire durable repose en fin de compte sur une question simple en apparence, mais en réalité complexe : que défend-elle ? Sans réponse claire à cette interrogation, elle devient réactive, définie par ses adversaires plutôt que par un objectif commun.
Lorsque l’Otan a été fondée en 1949, cet objectif était clair. Née sur les ruines de la Seconde Guerre mondiale, l’alliance a été créée pour défendre ce que ses fondateurs appelaient le «monde libre», contre l’expansionnisme soviétique.
Plus fondamentalement, elle visait à préserver un ordre international libéral reposant sur quatre piliers complémentaires : gouvernance démocratique, ouverture économique, primauté géopolitique de l’Occident, et droit international fondé sur la Charte des Nations Unies.
Chacun de ces piliers est aujourd’hui mis à rude épreuve. On l’observe notamment dans l’identité politique de l’Alliance, fragilisée par le recul de la démocratie et la montée de l’autoritarisme. L’Otan a beau demeurer le plus puissant bloc militaire au monde, sa légitimité morale dépend de la capacité de ses membres à continuer d’incarner les valeurs démocratiques qu’ils prônent.
La réaction de nombreux gouvernements membres de l’Otan face à la campagne militaire d’Israël à Gaza a mis en évidence un fossé grandissant entre les valeurs proclamées par l’Alliance et les politiques menées par ses membres. Alors que la Cour internationale de justice (CIJ) et la Cour pénale internationale (CPI) continuent d’examiner les allégations de génocide et d’autres violations graves du droit international par l’Etat d’Israël, plusieurs membres éminents de l’Otan –en premier lieu desquels les États-Unis – continuent d’apporter au gouvernement israélien un soutien militaire et une couverture politique.
Or, une alliance dont la légitimité historique trouve ses racines dans le rejet du fascisme et les crimes de guerre ne peut se permettre d’apparaître sélective dans sa défense des principes humanitaires universels. La cohérence morale n’est pas un luxe éthique, mais un atout stratégique, que l’Otan abandonne aujourd’hui à ses risques et périls.
L’ordre économique libéral subit également une pression croissante. Ironie de la situation, la plus grande difficulté de l’Otan ne provient pas de ses adversaires, mais de ses propres États membres, le protectionnisme, les guerres tarifaires et la politisation du commerce international ayant mis à mal le système fondé sur des règles que les pays occidentaux ont mis des décennies à bâtir et à entretenir après 1945.
Dans le même temps, le centre de gravité de l’économie mondiale s’est clairement déplacé vers l’Asie. À l’époque de la création de l’Otan, ses membres représentaient environ deux tiers du PIB mondial. Leur part est depuis tombée à moins de la moitié, l’Asie s’étant imposée comme le principal moteur de croissance de l’économie planétaire.
Troisième pilier de l’ordre d’après-guerre, le leadership géopolitique est devenu tout aussi fragile. La guerre froide fournissait à l’Otan un cadre stratégique clair. Après l’effondrement de l’URSS, l’hypothèse selon laquelle la prédominance américaine perdurerait s’est imposée comme une évidence, sous-tendant les vagues successives d’élargissement de l’Otan, et renforçant la conviction selon laquelle la supériorité militaire à elle seule pouvait déterminer l’issue des événements internationaux.
La guerre en Afghanistan a mis en évidence les limites de cette hypothèse. À la suite des attentats du 11 septembre 2001 contre les États-Unis, l’Otan a mené l’opération militaire la plus vaste et la plus longue de son histoire. Or, malgré deux décennies d’écrasante supériorité militaire et technologique américaine, les talibans sont revenus au pouvoir à Kaboul. Il ne s’agit pas d’en tirer comme enseignement que la force est devenue inutile, mais plutôt que la réussite sur le champ de bataille ne saurait se substituer à une stratégie politique cohérente. Une sécurité durable passe par la diplomatie, le renforcement des institutions, l’engagement régional et une vision politique à long terme.
Cette leçon s’applique d’autant plus dans le contexte multipolaire actuel. Bien que la dissuasion demeure indispensable, les cadres de la guerre froide ne sont plus adaptés à un monde façonné par la coercition économique, les migrations, l’insécurité énergétique, la concurrence technologique et la cyberguerre. L’Otan doit par conséquent compléter sa puissance militaire par une vision géopolitique clairvoyante et une pratique subtile du pouvoir.
L’ordre juridique international cède de plus en plus la place à la politique des grandes puissances. La crédibilité de toute alliance repose sur sa volonté de faire respecter les normes qu’elle proclame. Or, les menaces d’annexion du Groenland – un territoire autonome du Danemark – formulées par le président américain Donald Trump remettent en cause l’un des principes fondamentaux de la Charte des Nations Unies : l’intégrité territoriale des États souverains. Lorsque la puissance dominante de l’Otan menace la souveraineté de l’un de ses propres membres, l’engagement de l’alliance en faveur du droit international sonne creux.
Ces défis structurels sont aggravés par une fracture croissante concernant l’objectif stratégique de l’Otan. Certes, les désaccords entre alliés ne datent pas d’hier. La guerre en Irak a par exemple a profondément partagé les États-Unis et leurs partenaires européens, mais les deux parties ont continué de considérer l’Otan comme indispensable à la sécurité transatlantique.
Sous Trump, les États-Unis considèrent de plus en plus l’Otan comme un arrangement transactionnel, et prennent d’importantes décisions de politique étrangère sans consulter leurs principaux alliés.
La guerre contre l’Iran l’illustre parfaitement. Ce conflit, qui est susceptible de redessiner le paysage sécuritaire régional, et qui a profondément perturbé l’économie mondiale, revêt de profondes implications pour tous les États membres de l’Otan, alors que l’Alliance elle-même semble n’avoir joué aucun rôle dans le processus décisionnel. Une alliance dont les membres peuvent être entraînés dans un conflit régional qu’ils n’ont ni choisi collectivement, ni approuvé politiquement, risque de saper la confiance mutuelle nécessaire à la coopération en matière de sécurité.
La crise de l’Otan étant davantage une crise d’identité que de capacités, la redynamisation de l’Alliance nécessite plus qu’une augmentation des budgets de défense et qu’un renforcement de la dissuasion. L’Otan a besoin d’un fondement normatif renouvelé, ancré dans la légitimité démocratique et les droits de l’homme, d’un réengagement à l’appui du droit international, ainsi que d’une vision économique adaptée à l’ère du rééquilibrage mondial des puissances.
Sans une philosophie stratégique cohérente, centrée sur la légitimité démocratique, les droits de l’homme et l’État de droit, l’Otan risque de ne devenir qu’un instrument au service des intérêts des Etats-Unis et de ceux du complexe militaro-industriel américain.
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La justice a ordonné cet après-midi la libération de Mohamed Ben Salem, ancien ministre de l’Agriculture et dirigeant du parti islamiste Ennahdha.
Le parquet près la Cour d’appel de Tunis a pris cette décision, ce jeudi 9 juillet 2026, après que Mohamed Ben Salem ait officiellement fait opposition à un jugement par défaut prononcé à son encontre, affirme Mosaïque FM, en citant une source proche du dossier.
Une nouvelle audience a été fixée au 21 juillet devant la chambre correctionnelle d’été de la Cour d’appel de Tunis pour examiner l’affaire sur le fond, ajoute la même source.
Pour rappel, Mohamed Ben Salem a été arrêté hier sur la base d’une condamnation à deux ans de prison par défaut, prononcée par la chambre correctionnelle de la Cour d’appel, dans une affaire de délits douaniers.
Y. N.
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L’article 2 du texte propose de qualifier le parti Ennahdha de « continuité politique et organisationnelle » de l’organisation internationale des Frères musulmans en Tunisie et de le classer comme « organisation terroriste ». La proposition de Fatma Mseddi prévoit également l’application de ces mesures à toute association ou structure dont le lien organisationnel, financier ou fonctionnel avec Ennahdha ou les Frères musulmans serait établi.
Le texte prévoit notamment la dissolution immédiate des organisations concernées, la perte du statut représentatif et parlementaire des dirigeants dont l’appartenance serait reconnue, ainsi que l’interdiction, pour les personnes visées, de se présenter aux élections ou d’exercer des fonctions publiques pendant une période de dix ans.
Cette initiative ne constitue toutefois pas une première pour Fatma Mseddi. La députée avait déjà porté cette revendication dans le débat public en 2023, dans le prolongement de ses positions sur le dossier des réseaux d’envoi de jeunes Tunisiens vers les zones de conflit. Avant elle, plusieurs figures de l’opposition avaient également appelé à des mesures contre Ennahdha, notamment après les assassinats politiques de 2013 et les débats liés au terrorisme et aux réseaux jihadistes.
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Depuis la publication, il y a cinq jours, d’une lettre ouverte adressée à Abir Moussi, présidente du Parti destourien libre (PDL), dans laquelle il l’exhortait à ne pas briguer un troisième mandat à la tête du parti, Majdi Boudhina fait face à une levée de boucliers virulente de la part de la majorité des partisans de Mme Moussi, qui est incarcérée depuis le 3 octobre 2026 et poursuivie dans plusieurs affaires.
Membre du bureau politique du parti et ancien député du Parlement dissous, élu sur une liste de Nabeul 2, M. Boudhina a fait valoir que «le leadership ne se mesure pas au simple fait de se maintenir à un poste, mais aussi à la capacité de prendre une décision ouvrant la voie au renouveau et préservant l’image du parti».
La réaction des partisans de Mme Moussi a été, comme il devait lui-même s’y attendre, d’une grande virulence, allant jusqu’à l’accuser de trahison et d’agir pour le compte d’autrui.
Malgré la publication de nombreux messages exhortant cette majorité à faire preuve de raison — en soulignant qu’un troisième mandat d’Abir Moussi risquait de nuire tant à elle qu’au parti, et en appelant à faire primer les intérêts politiques et organisationnels — toutes ses tentatives ont échoué. Aujourd’hui, Boudhina a décidé de jeter l’éponge et de se retirer du PDL, comme l’indique sa dernière publication sur les réseaux sociaux : «Le bon côté des choses, c’est que l’histoire retiendra mon passage au sein du parti de l’une de ces deux manières seulement : soit comme un traître, un agent, un mercenaire, un infiltré… soit comme le seul à avoir osé… En attendant ce moment-là, c’est terminé, et je vous souhaite le meilleur.»
Pour rappel, voici le message adressé par l’ex-député à la présidente du PDL traduit de l’arabe :
«À Mme Abir Moussi, présidente du Parti destourien libre — actuellement détenue arbitrairement pour s’être opposée au pouvoir en place : j’ai appris que le parti s’apprête à tenir son congrès dans les semaines à venir et que vous comptez briguer un troisième mandat à sa présidence, à l’instar de la plupart de ses dirigeants. Cette situation m’amène à m’interroger sur les principes et les bonnes pratiques que nous avons longtemps prônés concernant la nécessité de respecter la loi ainsi que l’alternance au pouvoir et le renouvellement des responsabilités.
«Si telle est notre propre attitude, comment pouvons-nous critiquer ou contester l’intention de Kaïs Saïed de briguer un troisième mandat présidentiel ? Sur quelle base pourrions-nous nous opposer à ses partisans — qui l’inciteront à briguer un troisième mandat, voire à gouverner à vie — alors que nous n’avons pas su tirer les leçons de l’expérience et des conséquences liées à des dirigeants tels que Habib Bourguiba et Zine El Abidine Ben Ali (que Dieu ait leur âme) ? Ces derniers se sont accrochés au pouvoir au lieu de choisir une sortie honorable, comme l’ont fait de nombreux autres dirigeants dans le monde.
Ne pensez-vous pas que le moment est venu de réformer en profondeur les statuts du parti – initialement conçus sur mesure – en y insufflant un vent de fraîcheur et en donnant la parole aux énergies, aux personnalités et aux jeunes talents capables de dynamiser le parti et de relever les défis posés par l’évolution de la situation, tant au niveau international que national ? (Bien entendu, je ne me porte pas candidat à un poste quelconque, afin de ne pas être accusé de convoiter une position.)
Ne pensez-vous pas que nous avons — tout comme les autres partis — lamentablement échoué en laissant passer des occasions ?
Sauver la Tunisie de Kaïs Saïed et de ses acolytes, tout en reconquérant la confiance du peuple, exige davantage d’abnégation, d’intégrité et une remise en question critique. Le moment n’est-il pas venu pour nous tous de prendre du recul et de passer le relais à d’autres figures du parti — qui ne manquent pas ?
«Ne prêtez pas l’oreille à ce même chœur qui a fait du ‘‘zaim’’ [leader, par allusion à Bourguiba, Ndlr] un président à vie et maintenu Ben Ali au pouvoir pendant vingt-trois ans ; ce sont des hypocrites mus par des intérêts mesquins. Élevez-vous au-dessus du simple statut de chef de parti pour devenir un véritable leader. Prenez cette décision — un geste noble qui vous assurera une place dans l’histoire et dans le cœur de tout le peuple tunisien — à moins, bien sûr, que vous ne pensiez qu’il n’y a personne d’autre capable d’accomplir cette tâche.
«Je suis conscient que ce message pourrait me coûter mon poste au sein du parti ; néanmoins, j’appelle au renouvellement et à la restructuration de toutes les instances du parti, en commençant par ma propre fonction.
«Bien que je sache que cette lettre finira probablement à la corbeille, je vous exhorte — alors que vous entamez un troisième mandat — à mettre de côté votre statut d’avocate et de professeure de droit pour privilégier une approche économique et sociale.
«Je demande que les activités du parti se concentrent sur les enjeux auxquels le peuple tunisien est confronté, plutôt que sur les préoccupations élitistes et les agendas politiques qui ont épuisé tant le parti que ses membres.
«Ce sont les conditions de vie des citoyens — leur coût de la vie, leur bien-être, leur sécurité et leur tranquillité d’esprit — qui changent la donne et vous assurent le soutien du public. Si, toutefois, vous nourrissez le désir ardent de rester à la tête du parti pour les années à venir, je vous exhorte à ne pas organiser ce congrès ; personne ne vous en tiendrait rigueur, compte tenu de votre situation actuelle — qui vous empêche même de signer légalement la convocation de l’assemblée. S’il vous plaît, abstenez-vous simplement de briguer un troisième mandat illégitime, car une telle démarche vous porterait préjudice, à vous comme au parti.
«En fin de compte, être président ou non, à mon avis, importe moins que de maintenir le leadership. Cela requiert un minimum d’altruisme et une grande capacité à former de nouveaux leaders, dont aucun n’a jamais occupé de poste de haut niveau.»
J’ai tiré la sonnette d’alarme, convaincu que nous sommes tous partenaires au sein de ce parti, unis par nos luttes, celles de nos pères et grands-pères, et par mon amour pour la Tunisie et pour sauver Abir de ses propres démons et de la prison.
«Mon roi, vous n’êtes qu’un homme.»
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Commentant la condamnation du militant politique Elyes Chaouachi, fils du prisonnier politique Ghazi Chaouachi, à un total de 95 ans de prison et 8 mois, le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT) a «exprimé sa profonde inquiétude et condamné avec la plus grande fermeté» ce qu’il a qualifié de «nouvelle étape dans la répression des familles des prisonniers politiques», en Tunisie. (Photo: CRLDHT).
Dans un communiqué daté du 7 juillet 2026, l’Ong tunisienne basée en France, estime que cette peine de 95 ans de prison et 8 mois est à elle seule révélatrice de ce qu’elle a qualifié de «dérive que connaît aujourd’hui la justice tunisienne». «Elyes Chaouachi n’a commis ni acte de violence, ni crime de sang, ni acte terroriste. Il est poursuivi pour ses prises de position, ses publications, son engagement politique et sa défense des prisonniers politiques, au premier rang desquels son père, Ghazi Chaouachi», écrit le CRLDHT.
Depuis l’arrestation de ce dernier en février 2023 dans l’affaire dite du ‘‘complot contre la sûreté de l’État’’, «Elyes Chaouachi n’a cessé d’informer l’opinion publique sur les violations des droits humains, les procès politiques, les atteintes à l’indépendance de la justice et les conditions de détention des prisonniers politiques», a souligné l’Ong, rappelant que «l’engagement du concerné s’est traduit par des publications sur les réseaux sociaux, des interventions publiques et la diffusion de documents mettant en cause le fonctionnement de la justice et les ingérences du pouvoir exécutif» et ajoutant que «dans un État de droit, de telles activités relèvent de la liberté d’expression» et «ne sauraient justifier des poursuites pénales, encore moins des accusations de terrorisme.»
Les condamnations prononcées contre Elyes Chaouachi illustrent une «volonté de faire taire ceux qui dénoncent les abus du pouvoir», estime le CRLDHT, qui rappelle les cas similaires de Ramla Dahmani, qui a été condamnée après avoir publiquement défendu sa sœur, l’avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani, et Me Dalila Msaddek, sœur de Jawhar Ben Mbarek, poursuivi dans l’affaire du «complot», qui font également l’objet de poursuites en raison de leur engagement public et de leur dénonciation des procès politiques.
«Ces affaires traduisent une même logique : faire pression sur les familles pour briser la solidarité autour des prisonniers politiques», écrit l’Ong, qui «exprime sa pleine solidarité avec Elyes Chaouachi, Ghazi Chaouachi, Mohamed Sameti, Ramla Dahmani, Me Dalila Msaddek, ainsi qu’avec l’ensemble des prisonniers politiques, des défenseurs des droits humains et des membres de leurs familles.»
L’article Tunisie | Le CRLDHT dénonce la condamnation d’Elyes Chaouachi «à près d’un siècle de prison» est apparu en premier sur Kapitalis.
Le président de la République Kaïs Saïed a reçu, dans la journée du mercredi 8 juillet 2026 au palais de Carthage, Sarra Zaâfrani Zenzri, la cheffe du gouvernement. Il l’a chargée de présider le Conseil des ministres pour débattre d’un certain nombre de projets de lois et d’ordonnances.
Le chef de l’État a dénoncé des événements récurrents, qu’il a qualifiés d’actions organisées visant à nuire aux citoyens et à envenimer la situation. Tout en soulignant que le peuple tunisien mettra en échec les manœuvres internes et externes, comme il l’a déjà fait par le passé.
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«On fait de nous des zombies», disent des anciens combattants israéliens. «Quand tout est permis, personne n’est protégé» : c’est ce qu’écrit un capitaine de réserve israélien anonyme dans le quotidien Haaretz, dénonçant le flou total quant aux règles d’engagement de l’armée d’occupation. Autorisés à faire tout et n’importe quoi, les militaires israéliens engagés à Gaza depuis bien avant le 7 octobre 2023 subissent un retour de bâton massif : ça s’appelle le stress de combat et ça fait des ravages en profondeur dans la société israélienne. Certains d’entre eux se sont révoltés et sont passés à l’action, comme le raconte le reportage ci-dessous, traduit de l’hébreu, après la tribune publiée par un capitaine anonyme (voir ci-dessous).
Fausto Giudice *

Plus de 70 000 Palestiniens ont été tués et plus de 171 000 blessés par l’armée israélienne à Gaza depuis octobre 2023.
Ces chiffres sont mondialement connus. Un chiffre qui l’est moins est celui des 85 000 soldats qui ont reçu des traitements pour troubles psychiques entre octobre 2023 et décembre 2025.
La consommation de drogues a explosé parmi la population israélienne juive et on estime à deux millions le nombre d’Israéliens ayant besoin de soins mentaux. Entre un quart et un tiers des appelés et réservistes ayant participé à la guerre contre Gaza ont donc été diagnostiqués comme souffrant de troubles mentaux, pour la plupart de ce qu’on appelle «stress de combat».
L’état de stress post-traumatique (ESPT) désigne une réaction psychologique à un événement traumatique intense, en particulier lorsque la vie est menacée. Ce trouble peut affecter n’importe qui, peu importe l’âge, le milieu culturel ou le sexe. Ce n’est que depuis quelques années que l’on entend davantage parler de l’ESPT, mais on sait que ce trouble est connu depuis au moins l’Antiquité grecque et a été désigné de bien des façons.
Pendant la guerre de Sécession, cette affection était connue sous le nom de «soldier’s heart» (trouble affectif du soldat); lors de la Première Guerre mondiale, elle était désignée par les termes de «traumatisme dû au bombardement», et au cours de la Seconde Guerre mondiale, elle était appelée «névrose de guerre». Bon nombre de soldats qui présentaient des symptômes associés à l’ESPT pendant le combat étaient considérés comme souffrant d’«épuisement au combat».
Au cours de la guerre du Vietnam, c’est l’expression «stress de combat» qui a été employée pour désigner ce phénomène. Certains sujets qui en étaient atteints ont fini par présenter une affection qui, en 1980, à été officiellement appelée «syndrome de stress post-traumatique». L’expression stress de combat se traduit en hébreu parעָקַת קְרָב (akat krav), se substituant au terme plus ancien deהֶלֶם קְרָב (helem krav, qui se traduisait plutôt par «choc de combat» ou «commotion de combat»), aujourd’hui considéré comme moins précis, et encore employé dans le langage courant, par exemple par les vétérans faisant leur sit-in devant la Knesset.
Le Trouble de stress post-traumatique (TSPT) repose sur 3 grands types de symptômes se manifestant simultanément, dont l’intensité perturbe le quotidien :
– les reviviscences (intrusions) : la personne revit l’événement de façon incontrôlable (flashbacks, cauchemars, impressions sensorielles) ;
– l’évitement : la mise en place de stratégies pour fuir toute pensée, situation, odeur ou personne liée au traumatisme ;
– l’hyperactivité neurovégétative : un état d’alerte et de sensation de menace permanente (hypervigilance, sursauts, irritabilité, troubles du sommeil).
On ne guérit pas de cette affection. 50 ans après la fin de la guerre du Vietnam, on estime à 271 000 le nombre de vétérans US souffrant de TSPT, soit 11% des vétérans et 9% des vétéranes. 30% des anciens combattants et 27% des anciennes combattantes du Vietnam ont développé des TSPT au cours de leur vie. Environ 50 % à 60 % de ces anciens combattants souffrent également de dépression concomitante, et 30 % à 40 % sont confrontés à des troubles liés à la consommation de substances.
Les chiffres concernant des précédents guerres coloniales/impériales sont plus flous, vu que la pathologie clinique des TSP n’a été établie cliniquement qu’à la fin des années 1960. Ce qu’on sait par exemple, c’est que 15 000 des 2 millions 800 000 soldats français ayant été en service actif pendant la guerre d’Algérie ont été ensuite internés dans des asiles psychiatriques.
La société israélienne va donc au-devant de chocs inouïs, qui ne viendront cette fois-ci plus de l’ennemi atavique, mais de ses propres rangs, de la part de ses fils et filles traumatisés à vie par les horreurs qu’ils ont vécues, de bon ou de mauvais gré.
Rappelons que la violence homicide a explosé aux USA après la Guerre civile, entraînant un quadruplement du nombre de détenus dans certains États, et que le nombre de meurtres «civils» a doublé aux USA mêmes pendant la guerre du Vietnam. À défaut de voir ses responsables jugés, le génocide de Gaza risque bien de susciter un backlash (retour de bâton) terrible, aux conséquences difficilement prévisibles.
* Auteur, traducteur, éditeur.

«Quand tout est permis, personne n’est protégé – ni les civils, ni les soldats, et certainement pas les valeurs que nous sommes censés défendre» (Anonyme, Haaretz, 6 juillet 2026). L’auteur est un capitaine de réserve israélien et un commandant de combat.
Je ne cache habituellement pas mon identité, mais l’anonymat permet souvent de révéler ce qui doit être mis au jour.
Je suis le commandant d’une unité effectuant son service de réserve dans la bande de Gaza, et j’écris ces mots alors que je suis en service actif, de l’autre côté de la frontière. Depuis le 7 octobre [2023], nous avons effectué plus de 300 jours de réserve. Je ne veux pas écrire sur la dureté de ces répétitions de service ou sur les dommages qu’elles infligent au corps et à l’âme, même si ces sujets importants mériteraient d’être davantage discutés.
Je veux plutôt parler de valeurs, d’un problème auquel je suis hélas confronté en voyant une détérioration morale se jouer au sein de l’armée. La moralité est l’essence même de notre nature humaine et de notre lien avec le divin.
La nature actuelle de nos opérations est défensive. Nous menons un combat de tranchées permanent, jamais assouvi. L’objectif de notre mission n’est plus clair, pas même défini, ce qui ne nous laisse aucun critère pour en mesurer le succès. Parce que nous sommes en mission défensive, l’état d’alerte est élevé, de même que la peur d’un ennemi qui pourrait nous prendre par surprise. Cet état d’esprit engendre de nombreux dilemmes moraux.
L’état d’alerte et les souvenirs du 7 octobre poussent les soldats à tirer sur les Gazaouis qui s’approchent (ou sont envoyés) vers nos lignes. Parfois, les tirs sont justifiés, parfois moins. Dans tous les cas, l’ouverture du feu survient parce que le soldat en première ligne se sent menacé ou en insécurité. Le soleil brûlant, la fatigue et le sentiment d’inutilité amplifient ces sensations, même lorsqu’elles sont infondées. Même s’il est facile de les juger sévèrement depuis un bureau climatisé au quartier général de Tel-Aviv, il faut reconnaître que ces sentiments existent.
Blesser et tuer autant d’êtres humains non armés laisse des traces dans l’âme de nos combattants. Cela laisse des traces dans la mienne. Lors de notre dernier entretien, l’officier de santé mentale de la brigade nous a dit qu’en plus des blessures physiques et psychiques, l’armée reconnaît désormais ce qu’on appelle une «blessure morale» – un domaine qui a commencé à être étudié dans les années 1990 et a été officiellement reconnu au début des années 2000.
Cependant, l’aide en santé mentale fournie par l’armée, après coup, après près de trois ans de combat, est insuffisante. Nous avons besoin que l’armée fixe des limites juridiques et les fasse respecter efficacement. Le bureau de l’avocat général militaire, qui est censé poser ces limites, est paralysé, n’exerçant plus ses fonctions depuis l’affaire du centre de détention de Sde Teiman, peut-être même depuis l’affaire antérieure d’Elor Azaria.
La conduite du bureau de l’avocat général militaire me rappelle celle d’un laïc trop zélé qui décide de devenir religieux, passant d’une position extrême à l’autre. Avant le 7 octobre, les règles d’engagement strictes permettaient aux Gazaouis d’organiser leurs manifestations le long de la clôture frontalière – des protestations qui ont provoqué des troubles ayant abouti à la mort de Barel Shmueli.
À mon avis, notre retenue lors de ces manifestations a été l’une des causes du massacre du 7 octobre, en réaction auquel toutes les retenues ont été levées. Aujourd’hui, tout est permis, et nous avons le doigt trop léger – bien trop léger – sur la détente. Les règles d’engagement sans limites garantissent qu’aucun Gazaoui n’atteindra la clôture frontalière, mais elles nous coûtent de plus en plus cher, à nous, à nos valeurs et à notre santé mentale.
Si quelqu’un du bureau de l’avocat général venait enquêter sur la dernière fusillade à laquelle nous avons participé, je soutiendrais pleinement mes soldats en tant que commandant. Je dirais à l’enquêteur que le Gazaoui abattu avait franchi la ligne jaune (même si ce n’était pas vrai), et je dirais que nous nous étions sentis menacés (ce qui était le cas).
Je pourrais même faire plus, en m’en prenant au bureau de l’avocat général. Je m’écrierais : «Comment des fonctionnaires en cravate, venus ici depuis leurs bureaux climatisés, osent-ils questionner des combattants qui ont effectué des centaines de jours de réserve ?» Mais au fond de moi, je serais heureux qu’il soit venu enquêter et mettre fin à cette irresponsabilité. S’il vous plaît, mettez–nous des garde-fous.
Yogev Carmel, Magazine N12 (27/11/25)
«Pas des criminels, mon frère, nous sommes des combattants» : le cri des traumatisés de guerre est passé du bord de mer à la Knesset – «Nous sommes là et ça ne laisse pas le législateur respirer». Alors que le nombre de combattants qui ont mis fin à leurs jours ne cesse d’augmenter autour d’eux, ils racontent : «On nous a promis qu’on arrêterait le prochain suicidaire, chaque missile coûte aussi cher que cent traumatisés de guerre». Et Itzik Saïdian, l’une des figures emblématiques de la lutte, met en garde : «Quand ce flot de traumatisés de guerre arrivera, il y aura un grand pogrom ici.»
«Aujourd’hui, j’étais chez le psychiatre. Et quelle ordonnance ai-je reçue ? Des pilules pour nous faire taire, des somnifères… Ça les arrange bien qu’on s’endorme pour de bon», confie David Yehuda, combattant du génie de combat dans la réserve, et son ami Omar Amsalem abonde dans son sens en ajoutant : «Ils te donnent des pilules qui te transforment en zombie.»
«Je ne suis ni un psychopathe, ni un malade mental, je vis simplement ma réalité. On s’est battus et au final, on nous jette dans des asiles, à Kfar Shaul, dans des centres de réadaptation. Ce n’est pas vraiment un traitement qui s’attaque à la racine du problème», s’insurge Yehuda. «Ma mère l’a remarqué chez moi – je suis revenu vivre chez elle maintenant, après être rentré de la guerre». «Maman a compris que, tout à coup, quelque chose n’allait pas» chez David : il se levait soudainement la nuit, et à chaque claquement de porte ou à chaque casserole qui tombait, le gamin sursautait. «Maman m’a dit : “Va te faire soigner”. Sans ma mère, je ne serais pas allé suivre ces traitements.»
Il n’y a pas eu de guerre en Israël d’une telle ampleur et intensité depuis des années, rappelant ce qui s’est passé ici au cours des deux dernières années. Jusqu’à présent, le public et le système se sont habitués à des foules de personnes post-traumatiques, chacune avec son propre bagage – des personnes qui ont vécu les horreurs de la guerre sous sa forme la plus brute – mais des gens comme David Yehuda viennent et exigent de renouveler le concept de «stress de combat», un terme qui a été quelque peu piétiné au fil des ans sous les roues du politiquement correct.
«On aborde ça sous l’angle très général du syndrome de stress post-traumatique», explique Yehuda. «Mais le choc de combat, c’est une autre histoire. Je ne minimise bien sûr pas la gravité de ce que vivent les autres, mais le choc de combat, ce sont des choses que nous avons vues de nos propres yeux. Au fond, nous demandons simplement qu’on nous prenne dans les bras, et qu’on écoute les combattants qui reviennent aujourd’hui. Qu’on ne les renvoie pas trop vite à la vie civile et à leur vie de tous les jours, et qu’on ne leur prescrive pas de médicaments qui noient tous ces combats sous un voile».
«On ne comprendra pas d’où ça vient»
«Dès que la vague de traumatisés de guerre issus de ce conflit arrivera, il y aura ici un véritable pogrom contre tous ceux qui sont revenus du front – on assistera à une véritable tempête de gens qui descendront dans les rues et ça va faire un scandale», met en garde Itzik Saïdian, l’une des figures de proue de ce combat. «Je pense que nous sommes à l’aube d’une vague gigantesque de soldats souffrant de traumatismes de guerre, et si nous ne nous en occupons pas et n’investissons pas dès maintenant nos efforts pour résoudre le problème, nous ne parviendrons pas à l’arrêter ; son ampleur sera trop grande. Je le ressens à travers les messages que je reçois, le nombre de personnes qui me contactent, c’est quelque chose d’anormal. Je reçois chaque jour des dizaines, voire parfois des centaines de messages de personnes qui ont du mal à mener une vie quotidienne normale.»
Saïdian vit avec un traumatisme de combat depuis l’opération «Pilier de défense» (2012), et en 2021, il s’est immolé par le feu, juste avant la Journée du souvenir, devant les bureaux de la Direction de la réadaptation. «Le traumatisme de combat diffère à bien des égards de tout autre syndrome de stress post-traumatique. On le constate partout dans le monde, on l’a vu après la Seconde Guerre mondiale, après la guerre du Vietnam. Aujourd’hui, aux USA, il existe une définition claire du ‘‘Combat PTSD’’ – un syndrome de stress post-traumatique résultant des combats», explique-t-il. «Il n’y a pas que ceux qui sont reconnus comme souffrant de choc de combat qui rencontrent des difficultés chez eux ; on va se retrouver face à un phénomène dont on ne comprendra pas d’où il vient.»
«Il faut avant tout une définition précise et que l’on comprenne la différence. Tout comme l’État sait mobiliser des combattants et des combattantes pendant plus de 700 jours de guerre, il doit accorder des jours de réserve consacrés à des traitements psychologiques. Avant tout, pour préserver la force de combat. Au final, cela aura des répercussions sur tous les aspects de la vie dans ce pays, notamment sur le plan social et en matière d’emploi. Après tout, les réservistes constituent la force productive d’Israël.»
Tente au bord de la mer – marche vers la Knesset
La protestation, dont la base du petit camp a commencé il y a plus de six mois, était en fait loin de la Knesset, sur la plage d’Atlit. Omer Amselem, ancien combattant de la Brigade Golani qui porte un stress de combat de l’époque de «Bordure protectrice» (juillet 2014), a rejoint deux autres amis dans une situation similaire : Tzachi Atedgi et Shon Danenberg. Ce qui a tout déclenché, c’était, selon eux, le mépris du système pour le cas spécifique d’Atedgi. «Disons qu’il a été jeté de toutes les directions possibles», dit Amselem. «Ils ont arrêté son allocation logement et il n’avait nulle part où vivre, et de là nous est venue l’idée d’installer des tentes au bord de la mer pour avoir un endroit tranquille. D’abord, avant la protestation, surtout si elle va être longue, nous avons besoin de ce calme, pour comprendre où nous allons».
«Nous sommes restés environ un mois au bord de la mer, avec des pancartes pour qu’ils sachent que nous sommes des victimes du stress de combat. Des inspecteurs sont venus, ont pris notre générateur, ont utilisé du gaz lacrymogène contre nous, sans aucune raison. Nous avons eu un déclencheur très sérieux là-bas, ils nous ont même arrêtés et la juge a réprimandé la police. Alors nous avons compris que ça suffit, il faut faire quelque chose de plus significatif, pour qu’ils nous voient, parce qu’à la mer personne ne voit. Et aussi parce que Tzachi était déjà au bord du gouffre. Nous avons dit : passons à Petah Tikva».
À ce stade, la manifestation s’est déplacée vers le parking situé en face des bureaux de la Direction de la réinsertion du ministère de la Défense à Petah Tikva, exactement à l’endroit où Itzik Saidian s’était immolé par le feu quatre ans auparavant. C’est alors que les trois hommes se sont associés à Saidian, qui a mis à profit sa notoriété pour incarner une sorte de figure de proue de la nouvelle génération de manifestants post-traumatiques. «Nous y avons monté des tentes et commencé à nous installer ; chaque jour passé là-bas était une véritable manifestation. Nous étions impatients. Nous voulions obtenir des réponses sur la situation des victimes de traumatismes de guerre en Israël. Cela a duré deux mois et demi. Puis Itzik Saïdian, un camarade de ma promotion dans la Brigade Golani – il était dans le 13e bataillon et moi dans le 51e –, m’a proposé d’aller à la Knesset.»
«Je me suis préparé à ce trajet comme à une opération militaire»
Il y a quelques semaines, dans le cadre de la routine quotidienne dont il a tant besoin, Hagai Azran est monté dans un bus qui l’emmenait de son domicile du quartier de Gilo, à Jérusalem, à ses cours de cuisine à Tel-Aviv. Comme c’est souvent le cas pour bon nombre de victimes de traumatismes de guerre, cette expérience dans l’espace public ne s’est pas déroulée sans heurts. «Deux fois par semaine, j’ai un itinéraire très précis en tête», raconte Azran. «J’achète les mêmes choses, je fume au même endroit et je fais exactement les mêmes gestes que d’habitude, comme si je me préparais à une opération militaire, et ça marche très bien pour moi. Pendant tout le trajet, je ne parle à personne. Ce jour-là, tout se passait comme d’habitude, jusqu’à ce qu’un petit détail vienne tout bouleverser.»
«J’ai dû partir sans mon chien, car le ministère de la Santé n’autorise toujours pas les chiens à entrer dans l’établissement où j’étudie», raconte-t-il en retraçant les événements de la journée. «À la fin de la descente de Gilah, au carrefour de Pat, il y a un bouchon et le bus est tout simplement à l’arrêt. Au bout de dix minutes, j’ai l’impression de ne plus pouvoir respirer. Si l’on remonte vingt ans en arrière, c’est exactement au même endroit que cette ligne avait explosé», confie-t-il, évoquant un éventuel déclencheur issu de sa mémoire. «Je me souviens que j’étais à l’armée ; des enfants du quartier avaient vu le bus exploser depuis en haut, après avoir raté ce même bus. À l’époque, je sortais avec une fille dont les amis de son frère avaient été tués là-bas. Et son frère, lui, était tellement en colère contre lui-même d’avoir raté ce bus et d’être resté en vie.»
«Je m’approche du chauffeur et je lui demande gentiment d’ouvrir la porte, car je suis en pleine crise et j’ai déjà du mal à rester assis dans le bus. Le chauffeur refuse et je m’en vais avant de revenir une demi-minute plus tard, car je ne comprends pas pourquoi il me dit ‘‘non’’. Je m’explique plus en détail, en précisant que je souffre d’un traumatisme de guerre et que je suis en pleine crise, mais il refuse toujours, et de manière très catégorique, car pour lui, je le dérange. Je suis retourné à ma place, j’ai regardé les gens en me demandant pourquoi ils ne réagissaient pas, je me suis levé et j’ai commencé à hurler pour qu’on ouvre la porte du bus, car je n’arrivais plus à respirer. Je commence déjà à trembler, puis je vais voir le chauffeur et lui explique à nouveau ce qui va se passer s’il n’ouvre pas la porte. Il sort alors son téléphone et se met à parler avec ses amis en arabe, juste pour me faire enrager».
«J’essaie de descendre à trois reprises, je supplie et je crie après les gens, et tout le monde là-dedans prend peur et se dégonfle – parce que je passe du Hagai gentil au Hagai très-pas-gentil – puis je lance un chronomètre d’une minute et j’annonce à tous les passagers que si la porte ne s’ouvre pas dans la minute, je me ferai justice moi-même. J’attends une minute et, bien sûr, personne ne se lève. Le chronomètre sonne et j’ouvre la porte de force. Je n’ai blessé personne, je leur ai expliqué que je voulais juste un câlin et qu’on me laisse descendre du bus.»
«L’un d’entre eux a même essayé de m’étrangler»
«Le jour même, je suis allé porter plainte contre le chauffeur, j’ai crié sur son responsable et j’ai pleuré», résume Azran, désespéré. «Il y avait là un groupe de chauffeurs qui s’en est pris à moi, l’un d’eux a commencé à m’insulter et à se jeter sur moi, il a même essayé de m’étrangler. L’affaire s’est terminée par l’intervention de la police. Bref, ça s’est mal terminé. Il n’y a tout simplement pas de sensibilisation. La loi m’a ignoré tant de fois – que ce soit des chauffeurs de taxi qui nous jettent dehors, ou des gens qui ne nous comprennent pas.»
La prise de conscience, c’est justement ça. Quelques semaines après ce jour-là dans le bus, Azran ne cherche plus un chauffeur qui lui ouvre la porte, mais un État qui l’écoute. Nous nous retrouvons au bord de la route menant à la Knesset : le campement est en fait son lieu de vie depuis quatre mois. Il fait partie d’un petit groupe, comptant tout au plus vingt membres, qui, comme lui, sont tous marqués par un traumatisme profond lié à leur service militaire ; certains d’entre eux sortent tout juste des derniers combats à Gaza. Ezran est l’un des «aînés» du campement, âgé de 42 ans, marié et père de famille. Il s’est enrôlé dans l’armée israélienne pendant la deuxième Intifada et c’est là qu’il a «contracté» son traumatisme psychologique au cours d’une série d’attentats et d’incidents sécuritaires auxquels il a été exposé.
«Ces vingt dernières années m’ont peu à peu fait me replier sur moi-même. Je me suis marié il y a 12 ans et depuis, j’ai commencé à ressentir une angoisse existentielle pour mes enfants. Les événements que j’ai vécus à l’armée se sont mêlés à ceux concernant mes enfants et, au cours des six dernières années, je me suis complètement coupé du monde extérieur. À l’approche de l’opération ‘‘Gardien des murailles’’ [2021], j’ai été diagnostiqué pour la première fois par un psychologue clinicien, car j’avais alors eu une crise de folie. Un scénario similaire à ce qui s’est finalement passé le 7 octobre me trottait dans la tête : tous mes cauchemars ont commencé à se cristalliser en quelque chose que je commençais à voir de mes propres yeux, et depuis, je me suis coupé de tout ce qui bougeait : le travail, la famille, les shabbats, les cousins, les frères, les sœurs, les parents.»
Depuis son diagnostic, il a intégré le programme thérapeutique des «12 étapes», dans le cadre duquel il s’est mis à suivre des cours de cuisine. «Ce n’est qu’au cours des dix-huit derniers mois que j’ai vraiment commencé à sortir. Si tu m’avais rencontré il y a deux ans, tu n’aurais pas réussi à me parler. Je transpirais, je portais une casquette qui me couvrait les yeux pour que personne ne sache ce que je vivais. Je voulais me faire un t-shirt sur lequel j’aurais écrit, un peu pour plaisanter : ‘‘Après le service, ne pas caresser’’, parce que si j’ai une crise d’angoisse ou de rage en pleine rue, les gens pensent : c’est un psychopathe, quelqu’un à qui on ne peut pas parler».
«Ils nous ont promis d’empêcher le prochain suicide»
Il y a environ deux mois, les membres du camp ont rencontré le Premier ministre ainsi que le ministre de la Défense. Dans les salles de réunion climatisées et sécurisées où se prennent les décisions, ils ont essayé d’expliquer ce qui se passe pendant les nuits chaudes à l’extérieur de la Knesset. « Nous avons discuté avec Katz pendant deux heures et demie. Ils nous ont promis d’empêcher le prochain suicide », racontent-ils, et Amselem souligne : : « Pour l’instant, rien ne bouge, en principe. Peut-être que ça bouge en coulisses, mais nous n’en savons rien. Quand j’étais assis avec le Premier ministre, je l’ai vraiment cru. Lui-même ne savait pas vraiment ce qui se passait ; il pensait que les gens étaient pris en charge et que tout allait bien. Nous lui avons expliqué où se situaient les dysfonctionnements, nous lui avons donné des points clairs, des éléments qui permettront de sauver le prochain suicidaire.»
«Nous avons des revendications claires. Avant tout, une retraite de deux mois pour chaque combattant qui quitte une zone de combat. Il faut lui accorder deux mois, et non deux jours, de ‘‘traitement post-combat’’. Au cours de cette retraite, il faut intégrer des phases d’identification et de reconnaissance, afin de repérer ceux qui souffrent d’un traumatisme de guerre, ceux qui présentent les symptômes, puis commencer à expliquer à la femme, aux enfants, aux parents, ce qui se passe et comment faire face à une telle situation. Un système qui le prenne en charge, le coupe de la réalité et commence à s’occuper de lui avant que tout ne commence, qui identifie les symptômes et lui explique ce qui va se passer. Ce n’est qu’après cela qu’il pourra être prêt à reprendre le cours de sa vie, et que sa femme sera prête à affronter ce qu’elle va elle aussi traverser, et qu’ils puissent aller chercher de l’aide ensemble. Il faut leur donner les outils nécessaires pour mieux gérer les déclencheurs et les réduire. C’est la chose la plus importante.»
La reconnaissance spécifique prévue par la loi, qui est au cœur de leurs revendications, conduira – espèrent-ils – à une prise en charge plus ciblée, plus attentive, et non à une approche qui cherche simplement à balayer le problème sous le tapis. La semaine dernière encore, ils ont remporté une victoire non négligeable devant la Cour suprême, qui a rendu une ordonnance conditionnelle obligeant l’État à expliquer pourquoi les victimes de stress post-traumatique présentant des blessures «invisibles» ne bénéficient pas des mêmes droits que ceux accordés aux invalides de l’armée israélienne souffrant de lésions physiques. «Les étoiles se sont alignées de telle sorte que nous nous trouvons aujourd’hui dans une situation où nous pouvons et voulons changer toute la méthode de prise en charge des victimes de traumatismes de guerre», explique Azran. «Et nous voilà réunis ici en groupe : moi, qui suis ‘‘arrivé’’ en 2002, Itzik Saidian et Omer Amsalem, arrivés en 2014, ainsi que Boaz, venu du Liban. Et nous arrivons avec notre expérience et, ensemble, nous leur disons : ‘‘Mes amis, la situation est telle que vous devez prendre la décision et changer les choses dès maintenant’’. Nous n’avons pas le temps d’attendre des commissions qui s’éternisent pendant des années. Nous devons mettre en place des commissions d’urgence et faire bouger les choses dès maintenant».
«Nos amis se suicident et nous ne jouons pas au plus fin»
La distinction que font ces jeunes entre «choc de combat» et «syndrome de stress post-traumatique» n’est pas seulement terminologique : elle s’accompagne d’une volonté de profiter de la rare opportunité qui s’offre à eux aujourd’hui, avec le cessez-le-feu, pour opérer rien de moins qu’un véritable bouleversement dans la manière dont ils sont pris en charge, ainsi que leurs camarades, dont beaucoup ne sont même pas encore conscients de leur état. Et Azran précise : «La première chose, la plus importante de toutes, c’est la ‘‘loi Argaman’’ (projet de loi débattu à la Knesset depuis des années et visant à améliorer encore davantage le statut des victimes de guerre, en mettant l’accent sur les traumatismes psychologiques). Si on commence par là, on pourra aborder des questions plus sérieuses, comme prendre en charge tous ces combattants qui sortent du combat dès maintenant – nous avons devant nous trois mois.»
Source: Fausto Giudice.
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© Mosaique FM
L’ambassadeur de Tunisie au Canada Lassaad Boutara, a reçu, mardi, Mario Beaulieu, député à la Chambre des Communes du Canada et porte-parole du Bloc Québécois en matière de langues officielles.
S’inscrivant dans le cadre du renforcement des liens culturels, humains et économiques entre la Tunisie et le Canada, cette rencontre s’est déroulée dans une ambiance constructive, indique un communiqué du ministère, en ajoutant que la responsable de la section culturelle et académique de l’ambassade Amira Cherni a également pris part aux discussions.
Celles-ci ont principalement porté sur les préparatifs de la participation de Beaulieu au Festival international de la francophonie de Sousse, prévu du 8 au 11 octobre 2026.
Cet entretien a par ailleurs permis d’explorer les perspectives de cet événement en matière d’investissements, de partenariats économiques et d’échanges culturels entre la Tunisie et le Canada, ajoute encore la même source, en se réjouissant « d’une rencontre qui confirme la volonté partagée des deux pays de promouvoir l’ouverture et le dialogue au sein de la Francophonie ».
Y. N.
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L’association Intersection pour les droits et les libertés vient de publier un rapport documentant l’escalade des violations visant la société civile en Tunisie au cours des deux dernières années, notamment par le biais de poursuites judiciaires, de mesures administratives restrictives, de pressions financières et de campagnes d’incitation à la haine dirigées contre des associations indépendantes et des défenseurs des droits humains.
Le rapport s’appuie sur un processus de suivi et de documentation couvrant la période allant de mai 2024 à fin mai 2026. Durant cette période, 88 cas affectant des organisations de la société civile et des militants ont été recensés. Ces cas comprennent 47 situations de restrictions et de poursuites visant des associations et des organisations, ainsi que 41 procédures judiciaires engagées contre des militants et des responsables au sein d’organisations de la société civile.
Le rapport fait également état de 8 cas de détention provisoire, tandis que 34 personnes sont restées en liberté malgré les poursuites pénales engagées à leur encontre.
Par ailleurs, 7 jugements en première instance ont été prononcés contre des militants de la société civile.
Sur le plan administratif, le rapport a enregistré 22 décisions de suspension d’un mois visant des associations, alors que deux associations — Mnemty et Al-Khatt — font toujours l’objet de procédures judiciaires visant leur dissolution.
Le rapport met en lumière plusieurs cas emblématiques illustrant la nature du ciblage de la société civile au cours de la période étudiée. Concernant Saadia Mosbah, présidente de l’association Mnemty, elle a été arrêtée à la suite d’une perquisition au siège de l’association en mai 2024. Elle a par la suite été condamnée en première instance à huit ans de prison, bien qu’une expertise financière n’ait révélé aucune irrégularité. L’association fait également toujours l’objet d’une procédure judiciaire visant sa dissolution.
Le rapport évoque aussi le cas d’Abdallah Saïd, président de l’association Les Enfants de la Lune, qui demeure en détention après avoir été condamné en première instance à une peine d’un an de prison.
Le rapport conclut que les violations documentées n’étaient ni isolées ni fortuites, mais s’inscrivaient dans une dynamique systématique reposant sur quatre mécanismes principaux.
Le premier consiste en la criminalisation des activités civiques et humanitaires, notamment par le recours à la législation antiterroriste et à celle relative à la lutte contre le blanchiment d’argent à l’encontre d’acteurs de la société civile.
Le deuxième mécanisme est le contrôle administratif, qui s’est traduit par des décisions de suspension visant des dizaines d’associations, fondées sur des justifications juridiques quasi identiques et prises dans un laps de temps très court.
Le troisième mécanisme est l’entrave financière, affectant de nombreuses organisations par le gel de leurs comptes bancaires et la restriction de l’accès aux ressources nécessaires à la poursuite de leurs activités.
Le quatrième mécanisme réside dans l’incitation officielle et la stigmatisation : le discours public a dépeint les associations comme des traîtres ou des agents de l’étranger, offrant ainsi une couverture politique aux campagnes ciblant les organisations indépendantes de la société civile.
Le rapport souligne en outre que les conséquences de ces politiques dépassent largement le cadre des organisations de la société civile pour toucher les communautés qu’elles servent. La suspension de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) a entraîné la fermeture de quatre centres d’écoute et d’accompagnement pour les femmes victimes de violences. Les services de soutien psychologique et d’assistance juridique destinés aux enfants réfugiés et migrants ont été perturbés. L’observation indépendante de l’élection présidentielle de 2024 a été considérablement compromise suite au ciblage du réseau Mourakiboun et de l’organisation I Watch, tandis que l’aide juridique accessible aux défenseurs des droits humains a également diminué.
L’association Intersection pour les droits et les libertés souligne que les conclusions de ce rapport révèlent une tendance persistante et systématique à restreindre la liberté d’association et l’action civique, en contradiction avec les garanties constitutionnelles de la Tunisie et ses obligations au regard du droit international des droits de l’homme, notamment l’article 22 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et l’article 20 de la Déclaration universelle des droits de l’homme.
Le rapport met également en évidence la multiplication des tentatives de contournement des dispositions du décret-loi n° 88 de 2011 relatif aux associations, l’une des avancées majeures de la révolution tunisienne en matière de garantie de la liberté d’association.

Dans ce contexte, l’association Intersection pour les droits et les libertés appelle à :
● La libération immédiate de toutes les personnes détenues en raison de leurs activités au sein de la société civile ou en faveur des droits humains.
● La fin du recours abusif à la détention provisoire comme instrument de sanction et de répression, en dehors des garanties légales.
● La fin de l’utilisation des législations antiterroristes et de lutte contre le blanchiment d’argent pour criminaliser des activités civiques et humanitaires légitimes.
● La fin du harcèlement administratif et financier visant les associations indépendantes.
● La fin de l’incitation officielle et des campagnes de diffamation dirigées contre les associations et les défenseurs des droits humains.
● Le plein respect des obligations de la Tunisie en matière de liberté d’association, ainsi que la garantie de la liberté de s’organiser et de mener des activités au sein de la société civile.
Communiqué de presse.
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Le tribunal de première instance de Tunis a rendu son verdict dans l’affaire visant l’avocat et ancien candidat à la présidentielle de 2014 Samir Abdelli, en détention depuis deux ans.
Ce dernier a écopé d’une lourde peine de 18 ans de prison ferme, émise par la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme et ce pour blanchiment d’argent et des accusations liées à des infractions à caractère terroriste et au complot contre la sûreté intérieure et extérieure de l’État.
Dans cette même affaire, le chauffeur de l’avocat a été condamné à trois ans de prison et sa secrétaire à deux ans.
Y. N.
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Deux explosions ont été entendues ce matin, mardi 7 juillet 2026, à proximité de l’hôtel où le président français Emmanuel Macron avait passé la nuit à Damas, alors qu’il effectue une visite officielle en Syrie.
Selon les premières informations rapportées par plusieurs agences de presse, les déflagrations se sont produites après le départ du chef de l’État vers le palais présidentiel, où il s’entretenait avec le président syrien Ahmad al-Charaa.
L’Élysée a confirmé qu’Emmanuel Macron est indemne, qu’aucun membre de la délégation française n’a été blessé et que le programme officiel de la visite est maintenu. La présidence française précise qu’aucun élément ne permet, à ce stade, d’établir un lien entre les explosions et la présence du président français à Damas.
Les autorités syriennes ont renforcé les mesures de sécurité autour du secteur concerné et ouvert une enquête afin de déterminer l’origine des déflagrations. Aucun bilan officiel n’avait été communiqué au moment de la publication.
Cet incident intervient dans un contexte sécuritaire toujours précaire en Syrie, alors que la visite de Macron s’inscrit dans une séquence diplomatique marquée par la reprise des contacts entre Paris et les nouvelles autorités syriennes.
Djamal Guettala
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