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Cyber Africa Forum 2026 : Cotonou au cœur de la bataille pour la confiance numérique en Afrique

Les 16 et 17 novembre 2026, Cotonou, capitale du Bénin, accueillera la sixième édition du Cyber Africa Forum (CAF), principal rendez-vous africain dédié au numérique, à la cybersécurité et à l’innovation.

Organisé avec l’appui des autorités béninoises, l’événement réunira plus de 1 500 participants, parmi lesquels des décideurs publics, dirigeants d’entreprises, investisseurs, experts internationaux et acteurs de l’écosystème technologique africain, rapportent nos confrères d’Agence Ecofin.

Placée sur le thème « Construire la confiance numérique de demain », cette édition intervient dans un contexte marqué par l’essor de l’intelligence artificielle et l’accélération de la transformation digitale à l’échelle mondiale. Pour les organisateurs, la confiance numérique s’impose désormais comme un levier stratégique pour attirer les investissements, stimuler l’innovation et renforcer la compétitivité des économies africaines.

Le défi est de taille. L’Afrique compte aujourd’hui près de 500 millions d’internautes et son économie numérique pourrait atteindre la valeur de 712 milliards de dollars à l’horizon 2050. Mais reconnaissons-le au passage,  c’est mince par rapport aux autres sommes annoncées ailleurs en Europe ou aux Etats-Unis.

Pertes liées à la cybercriminalité

Dans le même temps, le continent demeure fortement exposé aux cybermenaces, avec près de 3 milliards de dollars de pertes liées à la cybercriminalité entre 2019 et 2025, selon INTERPOL.

Pour répondre à ces enjeux, le CAF 2026 introduit plusieurs nouveautés. Parmi elles, la création d’un Collège d’experts réunissant universitaires, entreprises, institutions publiques et organisations internationales afin d’alimenter la réflexion stratégique du Forum. L’initiative « Tech 4 Creatives » mettra en lumière les talents africains qui exploitent déjà l’intelligence artificielle dans les industries créatives. Tandis que le HackerLab, organisé avec l’Agence des Systèmes d’Information et du Numérique (ASIN) du Bénin, rassemblera de jeunes talents autour d’un hackathon consacré à la cybersécurité.

Durant deux jours, conférences, tables rondes, sessions ministérielles et rencontres d’affaires aborderont les sujets clés de la prochaine décennie numérique africaine : intelligence artificielle, souveraineté numérique, cyberdiplomatie, protection des données, identité numérique, santé connectée, infrastructures satellitaires et financement de l’économie numérique. Plusieurs ministres africains, responsables d’agences nationales et représentants d’organisations internationales ont déjà confirmé leur participation.

Nous y reviendrons.

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Sommet africain IA et cybersécurité à Hammamet | Au-delà des déclarations d’intention

Du 13 au 15 juillet 2026, Hammamet accueille le Sommet africain de l’intelligence artificielle et de la cybersécurité, sous le thème «Vers une gouvernance numérique intelligente et sécurisée pour la transformation digitale dans les gouvernements africains». Le thème est ambitieux. Les livrables doivent l’être autant — sinon le thème devient lui-même un problème, celui d’une promesse non tenue.

Abdelwaheb Ben Moussa *

Choisir Hammamet pour accueillir le premier sommet africain consacré à l’IA et à la cybersécurité est un acte de positionnement stratégique que la Tunisie doit assumer pleinement. Mais les sommets africains sur le numérique ont une histoire chargée de déclarations bien formulées et de suivis insuffisants. Le risque n’est pas l’échec de l’événement — c’est son succès de façade. Trois jours d’échanges brillants, un communiqué final ambitieux, et dans six mois, les mêmes questions sans réponse. Cette tribune pose une question simple : qu’est-ce que Hammamet 2026 doit produire concrètement pour ne pas rejoindre cette liste ?

Chaque mot du thème retenu est un engagement implicite que les participants ne peuvent pas ignorer.

Gouvernance — pas seulement des outils déployés, mais des structures de décision qui encadrent leur usage, leur évolution et leur responsabilité. La gouvernance numérique africaine ne peut pas rester un chantier de chaque pays isolément. Elle exige des architectures communes, des standards partagés, des mécanismes d’arbitrage entre souverainetés nationales et interopérabilité continentale.

Intelligente — pas seulement de l’automatisation de processus existants, mais de la valeur ajoutée mesurable pour les citoyens africains. Une IA intelligente dans l’administration publique africaine, c’est une IA qui comprend les langues locales, qui s’adapte aux réalités infrastructurelles du continent, qui produit des réponses utiles dans des contextes de connectivité intermittente. Ce n’est pas ChatGPT avec un logo africain.

Sécurisée — pas seulement des déclarations sur l’importance de la cybersécurité, mais des architectures réelles de protection des données souveraines, des protocoles opérationnels de réponse aux incidents, et une doctrine commune face aux menaces qui ne respectent aucune frontière nationale. La cybersécurité africaine ne peut pas continuer à se construire pays par pays, chacun découvrant seul ce que les autres ont déjà subi.

Les jalons que Hammamet doit poser

Trois livrables concrets doivent être produits par Hammamet 2026 :le premier, indispensable, est un cadre africain commun de gouvernance des données publiques. Les administrations africaines produisent des volumes de données considérables — données sanitaires, foncières, fiscales, démographiques — dont l’exploitation pour des fins d’IA souveraine se heurte partout aux mêmes obstacles : formats hétérogènes, qualité insuffisante, absence de standards d’interopérabilité, vide juridique sur la propriété et l’usage.

Un cadre commun — pas un traité de plus, mais un référentiel technique et juridique opérationnel — permettrait à chaque pays de capitaliser sur les avancées des autres plutôt que de réinventer individuellement des solutions que le continent a collectivement les moyens de produire une seule fois.

Le deuxième livrable est un mécanisme opérationnel de partage d’expériences en cybersécurité entre gouvernements africains. Pas un comité consultatif — un protocole de réponse aux incidents qui transcende les frontières. Les attaques cyber les plus dévastatrices des dernières années en Afrique ont ciblé des infrastructures critiques — systèmes bancaires, réseaux énergétiques, plateformes de services publics. Elles ont été traitées dans l’isolement national alors qu’elles présentaient des signatures communes et auraient pu être anticipées par un partage précoce d’informations. Un Cert africain opérationnel — Centre d’alerte et de réponse aux incidents — est la réponse structurelle à ce déficit. Hammamet doit en poser les jalons.

Le troisième livrable est une feuille de route de coopération Sud-Sud en IA souveraine qui identifie les complémentarités entre écosystèmes africains et organise la mutualisation des ressources rares. Les data scientists spécialisés dans les langues africaines, les annotateurs de données, les experts en fine-tuning de modèles sur des corpus non occidentaux — ces profils sont rares et dispersés sur le continent. Une feuille de route de coopération Sud-Sud permettrait de les mobiliser collectivement, d’éviter que chaque pays les forme pour les voir partir, et de construire la masse critique nécessaire à une IA africaine qui ne soit pas une simple adaptation d’outils conçus ailleurs pour d’autres réalités.

Ce que la Tunisie doit en retirer

Accueillir n’est pas une position stratégique. C’est une opportunité — qui se transforme en position seulement si elle est saisie avec lucidité.

La Tunisie doit sortir de Hammamet avec trois engagements propres, distincts des conclusions collectives du sommet.

Le premier est d’inscrire ce sommet comme point de départ officiel d’un hub tunisien de certification et de gouvernance numérique africaine. La doctrine développée dans ces colonnes au fil des mois — la Tunisie comme couche intelligente entre l’Afrique et l’Europe, tiers de confiance numérique, architecte de la conformité des flux — trouve dans ce sommet sa première occasion de se traduire en mandat institutionnel concret. L’hôte du sommet africain de l’IA a une légitimité naturelle pour proposer d’en devenir le centre de gravité permanent.

Le deuxième engagement est de capitaliser sur la dynamique du sommet pour accélérer l’adoption de la stratégie IA souveraine nationale — dont le Plan 2026-2030, actuellement en cours d’examen parlementaire, doit sortir avec des engagements de transformation opérationnelle mesurables, pas seulement des objectifs de déploiement.

Ce que Hammamet produit en termes de standards et de bonnes pratiques doit alimenter directement les délibérations parlementaires en cours — pas atterrir dans un rapport de conférence qui dormira dans une bibliothèque ministérielle.

Le troisième engagement est de transformer la position d’hôte en position d’architecte — en proposant que Tunis devienne le siège permanent du secrétariat de coopération africaine en IA et cybersécurité. Ce n’est pas une revendication de prestige. C’est une décision stratégique qui ancre durablement la Tunisie dans l’écosystème continental du numérique, génère un flux permanent d’expertise et de relations, et donne à la doctrine du hub Afrique-Europe une incarnation institutionnelle réelle.

Ce que l’histoire des sommets africains enseigne

Les sommets africains sur le numérique ont rarement manqué d’ambition dans leurs thèmes ni de qualité dans leurs débats. Ce qui leur a manqué, systématiquement, c’est le mécanisme de suivi qui transforme les conclusions en décisions et les décisions en réalités.

La différence entre un sommet qui change quelque chose et un sommet qui documente l’état du problème tient à une seule variable : l’existence ou l’absence d’un organe de suivi doté d’un mandat clair, d’une échéance ferme et d’une responsabilité nominale. Sans cela, les meilleures résolutions restent des intentions — et les participants se retrouvent au prochain sommet à constater que les mêmes obstacles sont toujours là, formulés avec un vocabulaire légèrement différent.

Hammamet 2026 doit donc produire, avant de se clôturer, non seulement un communiqué final mais un mécanisme de redevabilité — qui désigne des responsables, fixe des échéances et prévoit une évaluation publique des engagements pris dans douze mois.

Hammamet peut être un tournant

Le contexte est favorable comme il l’a rarement été. Le Plan de développement 2026-2030 est en cours d’examen parlementaire et inscrit l’IA parmi ses axes stratégiques. Le momentum africain sur le numérique n’a jamais été aussi fort. La position géographique tunisienne entre l’Afrique et l’Europe n’a jamais été aussi pertinente. Et la qualité de l’écosystème d’ingénierie tunisien — mathématiciens, data scientists, experts en cybersécurité — n’a jamais été aussi reconnue au niveau continental.

La fenêtre est ouverte. Ce que les participants en feront dans les 72 heures déterminera si Hammamet est un tournant ou un communiqué de plus.

Un sommet ne vaut que par ce qu’il engage. Et ce qu’il engage ne vaut que par ce qui est fait le lendemain.

* Ingénieur informatique et cadre bancaire.

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Tirs policiers : l’Assemblée nationale adopte la présomption de légitime défense

L’Assemblée nationale a adopté en première lecture la proposition de loi instaurant une présomption de légitime défense pour les policiers et les gendarmes. Soutenu par le gouvernement, le texte divise profondément la classe politique et les organisations de défense des…

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Daech : le Maroc démantèle une cellule terroriste prête à frapper

Le Maroc a déjoué un projet d’attentat attribué à l’organisation État islamique (Daech). Les services de sécurité ont arrêté dix personnes soupçonnées d’appartenir à une cellule terroriste active dans plusieurs villes du royaume. Les enquêteurs ont notamment découvert un véhicule…

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Cybersécurité : la Tunisienne Nihel Ben Youssef distinguée à l’échelle internationale

Nihel Ben Youssef, universitaire tunisienne et experte en cybersécurité, a reçu le titre de Cybersecurity Woman of the Year 2026 dans la catégorie Volunteer. La cérémonie s’est tenue le 1er juillet 2026 à Vaduz, au Liechtenstein.

L’événement a rassemblé un nombre record de candidatures cette année. L’organisation United Cybersecurity Alliance, qui décerne chaque année ce prix destiné à mettre en lumière des femmes ayant marqué le secteur de la cybersécurité à l’échelle mondiale, a recensé 4980 dossiers déposés depuis 70 pays pour cette édition 2026.

La remise du prix s’est déroulée en présence de Hubert Büchel, ministre de l’Intérieur, de l’Économie et des Sports au Liechtenstein.

Cette distinction récompense un engagement bénévole de plus de quinze ans en faveur de l’écosystème numérique tunisien. Enseignante-chercheuse, Nihel Ben Youssef est cofondatrice et mentor de l’association SecuriNets, premier club de cybersécurité créé en Tunisie. Elle assure également la responsabilité du chapitre tunisien de l’OWASP, l’Open Worldwide Application Security Project, et occupe la fonction d’ambassadrice Industrie au sein de la section tunisienne de l’IEEE.

À travers ces fonctions, elle œuvre depuis plusieurs années à la promotion de la cybersécurité en Tunisie, au développement des compétences des jeunes talents du secteur et au renforcement de la communauté tunisienne spécialisée dans ce domaine stratégique.

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Tribune – Cybersécurité en Tunisie : l’heure de la performance opérationnelle

La Tunisie dispose aujourd’hui d’un cadre stratégique et institutionnel en matière de cybersécurité. La stratégie nationale 2020-2025 a posé les jalons. Le décret-loi de 2023 a structuré la gouvernance. L’Agence nationale de cybersécurité existe et fonctionne. Mais un cadre n’est pas une capacité. Et une agence n’est pas une performance. L’heure n’est plus à la planification – elle est à l’exécution mesurable.

Du texte aux actes : le vrai test commence maintenant

Il est devenu courant, dans les cercles spécialisés, de saluer les avancées institutionnelles de la Tunisie en matière de cybersécurité. Et elles sont réelles. La stratégie nationale 2020-2025 a défini des axes clairs : protection des systèmes d’information, renforcement de la résilience nationale, développement des compétences, amélioration de la gouvernance. Le décret-loi n°2023-17 a consacré la création d’une agence dédiée, dotée d’un mandat élargi couvrant l’audit, la coordination interinstitutionnelle, la réponse aux incidents et la protection des infrastructures critiques. Ce travail de structuration mérite d’être reconnu. Mais la cybersécurité ne se gouverne pas par décret. Elle se prouve par la performance.

Ce que les textes ne disent pas

Un dispositif de cybersécurité mature ne se mesure pas à la solidité de son cadre normatif. Il se mesure à sa capacité opérationnelle effective : la vitesse de détection d’une intrusion, le délai de réponse à un incident, le niveau de couverture réelle des infrastructures critiques, la qualité de la coordination interinstitutionnelle sous pression.
Or sur ces indicateurs essentiels, la Tunisie ne publie pas de données consolidées. Pas de tableaux de bord publics. Pas de rapports d’activité opérationnelle accessibles. Pas de métriques sur les délais de traitement des incidents ou le taux de couverture des systèmes sensibles. À titre de comparaison, l’ANSSI française publie annuellement un panorama de la cybermenace avec des données opérationnelles précises – un référentiel de transparence que les économies émergentes qui aspirent à la crédibilité numérique ont tout intérêt à adopter.
Cette opacité n’est pas anodine. Elle empêche toute évaluation sérieuse de la maturité réelle du dispositif. Et elle prive les acteurs économiques – investisseurs, opérateurs, partenaires internationaux – des signaux de confiance dont ils ont besoin. Un système qu’on ne mesure pas est un système qu’on ne pilote pas.

La digitalisation accélère. La menace aussi.

Le contexte aggrave l’urgence. La numérisation de l’administration et de l’économie tunisienne progresse. Les services publics migrent vers le digital. Les transactions financières se dématérialisent. Les infrastructures critiques s’interconnectent. Chaque pas vers le numérique est un pas vers une surface d’attaque plus large.
Le secteur bancaire en est l’illustration la plus éloquente. Première cible des cyberattaques à l’échelle mondiale, il concentre des données sensibles, des flux financiers en temps réel et une exigence de continuité absolue. En Tunisie, la numérisation bancaire progresse – mais la maturité cyber des établissements, publics comme privés, reste inégale et peu documentée. Une attaque réussie contre un acteur bancaire systémique ne serait pas un incident technique. Ce serait un choc de confiance à l’échelle de l’économie nationale.
Dans ce contexte élargi – banques, énergie, santé, administration – la cybersécurité n’est plus une fonction support. C’est un levier de performance publique et un facteur de compétitivité économique. La confiance des usagers dans les services numériques, la crédibilité de la Tunisie auprès des investisseurs étrangers, la résilience de l’économie face aux chocs numériques – tout cela dépend directement de la capacité opérationnelle du dispositif national. Or cette capacité reste, à ce jour, peu documentée et peu évaluée publiquement.

Trois chantiers qui ne peuvent plus attendre

Le passage d’une logique de planification à une logique de performance suppose des choix concrets et mesurables. Le premier chantier est celui de la transparence opérationnelle. L’Agence nationale de cybersécurité devrait publier annuellement des indicateurs clés : nombre d’incidents traités, délais moyens de réponse, taux de couverture des infrastructures critiques, résultats des exercices de simulation. Sans cette transparence, il est impossible de distinguer la progression réelle de l’effet d’annonce.
Le deuxième chantier est celui des SOC sectoriels. La surveillance du cyberespace national ne peut reposer sur un dispositif centralisé unique. Le secteur bancaire, en particulier, ne peut se permettre une cybersécurité de second rang : la donnée financière est souveraine, la continuité de service est non négociable et le risque systémique en cas de défaillance est immédiat. Aux côtés des secteurs énergétique et de santé, il doit disposer de centres opérationnels de sécurité dédiés, interconnectés et capables de réagir en temps réel.
Le troisième chantier est celui du capital humain. La cybersécurité est une compétence rare, coûteuse et volatile. Former des experts ne suffit pas si les conditions de rétention ne suivent pas. La fuite des compétences vers des marchés mieux rémunérés reste l’un des angles morts les plus dangereux du dispositif tunisien. Ce chantier est aussi un levier d’attraction : des projets cyber ambitieux, adossés à des outils de pilotage modernes comme l’IMIB (Indice de Maturité de l’Intelligence Bancaire ) constituent précisément le cadre qui retient et valorise les talents au lieu de les exporter.

Ce que la maturité exige vraiment

La fenêtre d’opportunité dont dispose aujourd’hui la Tunisie pour consolider son dispositif de cybersécurité est réelle, mais elle a une durée de vie limitée. Il appartient désormais aux instances de gouvernance – autorités de régulation, directions générales des établissements publics, tutelles sectorielles – de prendre les décisions structurelles nécessaires pendant que les conditions politiques et institutionnelles le permettent encore.
La prochaine étape n’est pas une nouvelle stratégie. Ce n’est pas un nouveau texte législatif. C’est la démonstration (chiffrée, documentée, publique) que le dispositif en place est capable de détecter, de répondre et de protéger dans des délais acceptables face à des menaces réelles.
Dans un monde où les cyberattaques ne préviennent pas, la maturité d’un système de cybersécurité ne se proclame pas.
Elle se prouve.
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Les opinions exprimées dans cette tribune reflètent une analyse économique et technique personnelle et n’engagent que leur auteur. 

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Cybersécurité : l’alerte rouge sur la manipulation algorithmique

« L’intelligence artificielle (IA) n’est plus un simple outil d’assistance, mais un véritable phénomène de manipulation cognitive et comportementale à l’échelle mondiale », estime l’expert en cybersécurité et en IA, Oussama Lahmar. De ce fait, il appelle à l’instauration de la « résistance cognitive » face aux algorithmes, soulignant l’urgence de combler le retard législatif tunisien en la matière, un constat récemment corroboré par l’UNESCO, rapporte l’agence TAP.

Lors de la présentation d’une étude intitulée « L’intelligence artificielle, la drogue numérique qui vole nos esprits », l’expert a mis en garde contre la transformation de l’IA d’un outil technique en un « guide invisible » orientant aussi bien rationnellement qu’émotionnellement les comportements humains.

Le véritable danger, selon lui, réside dans la fragilité structurelle de ces systèmes : les statistiques récentes en cybersécurité révèlent que 73 % des grands modèles de langage (LLM) sont vulnérables aux « injections d’instructions » (prompt injection). Cette faille permet d’orienter délibérément les résultats présentés à l’utilisateur, ouvrant la voie à de nouveaux crimes numériques et à la manipulation de l’opinion publique sans trace humaine visible.

Tout utilisateur est un livre ouvert

L’expert a détaillé un modèle de manipulation en quatre étapes observables : la fascination, l’attraction, la conviction et enfin la manipulation. Face à l’accumulation de données comportementales qui transforme chaque utilisateur en un « livre ouvert » pour les algorithmes, Lahmar a estimé que l’avenir divisera l’humanité en deux catégories : « ceux qui contrôlent la technologie et ceux qui sont contrôlés par elle ».

Pour y échapper, il a écarté l’option du rejet technologique, lui préférant le développement d’une pensée critique et d’une formation technique approfondie. Il a plaidé pour l’adoption d’une charte encadrant une utilisation consciente de l’IA, incluant des législations strictes pour protéger les données psychologiques des citoyens et les catégories vulnérables (les enfants et les personnes âgées) contre les diagnostics et les orientations algorithmiques arbitraires.

Cet appel à la régulation fait écho aux conclusions d’une étude de l’UNESCO sur l’écosystème de l’IA en Tunisie, dont les résultats préliminaires ont été présentés en décembre 2025.

Selon Hichem Besbes, expert en télécommunications ayant participé à ces travaux, la Tunisie accuse un retard législatif par rapport aux normes internationales. Le diagnostic souligne la nécessité impérative de renforcer le système national de protection et de stockage des données, tout en valorisant les compétences locales.

Le pays affiche néanmoins des points positifs, notamment un engouement croissant des étudiants pour les filières technologiques, une hausse du volume des publications scientifiques spécialisées et une amélioration de la connectivité Internet.

Pour accompagner cette transition et combler les lacunes, le bureau régional de l’UNESCO pour le Maghreb prévoit d’élaborer, dès cette année 2026, un ensemble de programmes en Tunisie, toujours selon la TAP.

Son directeur, Charaf Ahmimed, a indiqué que ces initiatives incluront des sessions de formation à l’intention des enseignants de la formation professionnelle et des jeunes diplômés, visant à développer leurs compétences pour un usage sûr, éthique et maîtrisé de l’intelligence artificielle.

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La course au contrôle de l’IA est lancée: des risques désormais identifiés

Lors de l’ouverture de la conférence annuelle (2026) de l’Association Tunisienne des Investisseurs en Capital (ATIC), le ministère des TIC, lu par Tarak Triki, DG Smart Capital, a tenu à saluer la constance de l’engagement de l’association. Il a été souligné que l’ATIC s’impose désormais, année après année, comme un acteur structurant et essentiel de l’écosystème financier tunisien.

Le ministère a également mis en avant la pertinence du thème choisi pour cette édition 2026, à savoir l’intelligence artificielle (IA) et l’investissement durable. Selon les propos rapportés, ce choix s’inscrit parfaitement dans un contexte de transformation accélérée où l’IA n’est plus perçue comme une simple promesse théorique, mais comme une réalité professionnelle concrète transformant en profondeur la compétitivité des entreprises et les processus de décision.

Dans cette perspective, il a affirmé que le débat ne portait plus sur la nécessité d’adopter l’IA, celle-ci étant considérée comme acquise, mais plutôt sur la vitesse de son intégration, les modalités de sa gouvernance et les stratégies à déployer. L’allocution a insisté sur la volonté de la Tunisie de ne pas rester spectatrice de cette révolution technologique, mais de s’affirmer comme un acteur engagé, appelé à accélérer ses efforts pour s’aligner sur les mutations mondiales.

Enfin, l’intervention a souligné l’importance de renforcer la coordination entre tous les acteurs concernés et d’intensifier les actions déjà entreprises. Pour conclure, le ministère a annoncé qu’il rencontrerait les membres du bureau de l’ATIC à l’issue des travaux afin de leur transmettre les recommandations et conclusions issues de cette journée de réflexion.

L’intelligence artificielle à l’épreuve de la confiance

Lors de la conférence, la chercheuse et experte en intelligence artificielle Nozha Boujemaa est intervenue autour d’un thème central pour l’avenir des technologies; l’émergence d’une “IA de confiance”.

Dans une allocution dense et structurée, elle a appelé à un changement de paradigme dans la manière d’évaluer et de gouverner les systèmes d’intelligence artificielle, en soulignant le passage d’une logique d’éthique déclarative à une exigence de responsabilité objectivable et mesurable. Selon elle, les approches traditionnelles de l’éthique de l’IA, souvent fondées sur des principes généraux et contextuels, atteignent aujourd’hui leurs limites. L’enjeu n’est plus seulement d’afficher de bonnes intentions, mais de démontrer concrètement la maîtrise des systèmes déployés. La responsabilité est ainsi redéfinie comme une “capacité de rendre compte”, impliquant une compréhension complète des mécanismes internes des modèles et une capacité à en justifier les comportements. Au cœur de son intervention, une distinction structurante.

A dire vrai, la performance ne doit pas être confondue avec la confiance. La performance renvoie à l’efficacité d’un modèle dans des conditions contrôlées: rapidité, précision, taux de réussite. La confiance, elle, désigne la robustesse du système, c’est-à-dire sa capacité à maintenir un niveau de qualité stable dans des environnements variés, changeants et parfois imprévisibles. Un modèle peut ainsi afficher d’excellentes performances en phase de test tout en devenant instable une fois confronté à des usages réels. C’est pourquoi, selon l’experte, la robustesse doit désormais être considérée comme un indicateur quantifiable de la fiabilité.

Quels sont les risques réels? 

L’intervention a également mis en lumière les risques business associés à une IA insuffisamment maîtrisée. Une défaillance non anticipée peut rapidement devenir un risque réputationnel majeur, avec un impact direct sur la confiance des clients et, in fine, sur la viabilité économique des organisations. Dans cette perspective, la régulation n’est plus présentée comme une contrainte administrative, mais comme un levier de sécurisation et de compétitivité.

Elle a notamment alerté sur les effets possibles sur la santé mentale, lorsque les systèmes numériques comblent des “vides informationnels” par des contenus inadaptés ou nocifs. Elle a également rappelé que l’IA joue un rôle croissant dans la formation de l’opinion publique, posant ainsi des questions directes de souveraineté démocratique. Dans ce cadre, l’humain doit conserver le “dernier mot” dans les décisions critiques.

D’ailleurs, les risques associés aux systèmes d’intelligence artificielle insuffisamment fiables font aujourd’hui l’objet de cadres d’évaluation spécifiques. Parmi les références les plus reconnues figure celui élaboré par le National Institute of Standards and Technology, agence relevant du département du Commerce des États-Unis. Ce référentiel propose une approche structurée de la gestion des risques liés à l’IA en identifiant trois niveaux d’impact potentiels : les atteintes pouvant affecter les personnes, les préjudices susceptibles de toucher les entreprises, ainsi que les conséquences pouvant perturber les écosystèmes économiques, sociaux ou environnementaux. Cette classification illustre l’élargissement des enjeux de l’intelligence artificielle, dont les effets dépassent désormais le cadre strictement technologique pour toucher l’ensemble de la société.

Tester et anticiper les vulnérabilités

Parmi les outils évoqués figure le “red teaming”, une pratique issue de la cybersécurité qui consiste à tester activement les failles, biais et comportements indésirables des modèles avant leur déploiement.

Cette approche vise à anticiper les dérives potentielles des systèmes d’IA générative, plutôt que de les corriger a posteriori, dans un contexte où les risques liés aux biais et aux usages détournés sont de plus en plus documentés.

Enfin, l’experte a présenté l’approche “Value by Design”, qui consiste à intégrer les valeurs éthiques, sociales et économiques dès la phase de conception des algorithmes, sous forme de contraintes structurantes.

En un seul mot d’ordre! Maîtriser le cycle de vie de l’IA. 

 

 

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Sécurité aux frontières : Tunis, Tripoli et Alger resserrent la coordination

Face à la persistance des réseaux de contrebande, des filières de migration irrégulière et des menaces terroristes dans l’espace saharo-maghrébin, la Tunisie, la Libye et l’Algérie poursuivent le renforcement de leur coopération sécuritaire. Réunis mardi 16 juin 2026 à Tripoli, les responsables des trois pays ont tenu la deuxième réunion du groupe de travail tripartite...

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Faux PV de contravention en Tunisie: une arnaque par SMS qui piège les automobilistes et vise leurs données bancaires

Une nouvelle vague de SMS frauduleux imitant des avis d’infraction au code de la route circule actuellement en Tunisie, dans une opération de phishing particulièrement construite. Le message, qui se présente comme une notification officielle de contravention, affirme qu’une infraction routière a été enregistrée et invite la victime à régler rapidement une amende en ligne via un lien.

Le scénario repose sur une mécanique simple: créer un sentiment d’urgence. Le SMS mentionne un prétendu numéro de dossier, évoque une infraction détectée par un système de surveillance automatisé et impose un délai très court pour éviter des pénalités financières. Dans certains cas, des montants et des pourcentages de retard sont même ajoutés pour renforcer la pression psychologique et pousser à une réaction immédiate.

En réalité, aucune administration tunisienne n’a confirmé l’envoi de ce type de notification par SMS. Aucun organisme officiel ne procède au recouvrement d’amendes de cette manière, encore moins via des liens envoyés depuis des numéros inconnus ou étrangers. Donc, il est bon de rappeler que les communications officielles passent par des canaux sécurisés et des domaines institutionnels clairement identifiés, notamment en “.gov.tn”. Tout message demandant un paiement immédiat via un lien externe doit donc être considéré comme suspect.

Le piège se trouve précisément dans ce lien. Il redirige vers un site qui imite l’apparence d’un portail de paiement officiel, où l’utilisateur est invité à saisir ses informations personnelles et bancaires. Une fois ces données entrées, elles peuvent être exploitées pour des opérations de fraude et de vol de fonds. 

Les signaux d’alerte sont pourtant nombreux. L’utilisation de numéros étrangers, des domaines internet non officiels, ou encore des formulations administratives approximatives sont autant d’indices révélateurs d’une tentative d’escroquerie. Dans certains cas, les fraudeurs vont jusqu’à demander de répondre au SMS pour “activer” le lien, une technique destinée à contourner les filtres anti-spam des téléphones.

Cette campagne de faux avis de contraventions s’inscrit dans un phénomène beaucoup plus large. Ces derniers jours, plusieurs formes d’arnaques numériques ont été signalées en Tunisie, allant du phishing bancaire aux faux conseillers qui contactent les victimes pour obtenir des codes de validation ou des informations sensibles. Selon la dernière alerte, l’Agence nationale de cybersécurité met en garde contre la multiplication de ces tentatives d’hameçonnage qui ciblent directement les données personnelles et bancaires des citoyens. Les autorités rappellent que les institutions officielles ne demandent jamais de mots de passe, de codes bancaires ou de paiements urgents via des messages non sécurisés. La Poste tunisienne a également alerté récemment sur des tentatives de piratage visant les cartes de paiement et les informations sensibles des utilisateurs, confirmant l’ampleur du phénomène.

Dans ce contexte, les recommandations restent inchangées: ne jamais cliquer sur un lien reçu par SMS sans vérification, ne jamais saisir ses données bancaires sur un site non officiel et supprimer immédiatement tout message suspect. Derrière ces faux avis de contraventions routières, c’est une stratégie d’escroquerie numérique bien organisée qui se déploie, exploitant la confiance et la rapidité de réaction des utilisateurs.

 

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Cybersécurité : une nouvelle menace vise les données personnelles et bancaires

L’Agence nationale de la cybersécurité (ANCS) a mis en garde les citoyens contre un site internet frauduleux qui usurpe l’identité d’institutions financières en reproduisant l’apparence et le contenu de leurs plateformes officielles.

Selon l’Agence, cette opération de fraude de cybersécurité vise à tromper les utilisateurs et à les inciter à renseigner des données personnelles et sensibles à travers des formulaires suspects. Les informations collectées peuvent notamment concerner les coordonnées bancaires, les identifiants de connexion ou d’autres données confidentielles.

Face à cette menace, l’ANCS appelle les citoyens à faire preuve de la plus grande vigilance et à éviter toute interaction avec ce site. Elle recommande également de ne communiquer aucune information personnelle, bancaire ou mot de passe sur des plateformes dont l’authenticité n’est pas clairement établie.

Afin de prévenir les risques d’escroquerie en ligne, l’Agence préconise plusieurs mesures de précaution. Elle invite notamment les internautes à vérifier attentivement l’adresse des sites web avant de saisir des données personnelles et à ne pas cliquer sur les liens reçus par courrier électronique, SMS ou applications de messagerie lorsqu’ils proviennent de sources non fiables.

L’ANCS rappelle également qu’il ne faut jamais partager ses mots de passe, codes confidentiels ou informations bancaires via des sites non officiels. Elle recommande de s’assurer de la présence du domaine officiel de l’institution concernée et d’accéder à ses services uniquement par les canaux de communication reconnus.

Enfin, l’Agence exhorte les citoyens à signaler immédiatement tout site ou message suspect susceptible de chercher à collecter frauduleusement des données personnelles ou financières.

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Tunis El Manar brille à l’international grâce à la durabilité et la cybersécurité

Deux enseignantes-chercheuses de l’Université de Tunis El Manar se sont distinguées à l’échelle internationale en 2026 pour leurs contributions respectives à l’innovation pédagogique et à la cybersécurité. L’institution universitaire tunisienne a officialisé l’annonce en saluant les parcours de la docteure Sawssen Turki et de la docteure Nihel Ben Youssef.

La docteure Sawssen Turki, qui exerce en tant que maître-assistant à l’Institut Supérieur des Technologies Médicales de Tunis, a obtenu le Prix Jean Demal de l’innovation pédagogique 2026. Cette récompense internationale vient couronner ses travaux académiques centrés sur l’intégration des concepts de développement durable et de durabilité au sein des programmes de formation des ingénieurs.

Dans un domaine différent, la docteure Nihel Ben Youssef, maître-assistant à l’Institut Supérieur d’Informatique, a été nommée finaliste du prix mondial Cybersecurity Woman of the Year 2026, dans la catégorie récompensant le volontariat. Cette nomination internationale met en avant ses activités bénévoles ainsi que son rôle dans le développement et la structuration de la communauté des professionnels de la cybersécurité.

Pour la direction de l’Université de Tunis El Manar, ces résultats individuels s’intègrent dans la politique globale de l’établissement. La gouvernance de l’université associe ces distinctions à ses objectifs d’employabilité des étudiants et d’impact sociétal, en conformité avec le quatrième Objectif de développement durable de l’ONU dédié à la qualité de l’éducation.

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