Lese-Ansicht

Le régime FCR dope les revenus du travail

Parmi les ressources en devises qui ont permis de sauver l’exercice budgétaire et extérieur de la Tunisie, nous trouvons les transferts des Tunisiens résidents à l’étranger (TRE). En 2025, les revenus du travail ont totalisé 11 444,6 MDT, de quoi soulager la pression sur la demande des financements bilatéraux et multilatéraux.

Mais ce que nous oublions souvent, c’est que ces revenus du travail ne sont pas exclusivement du cash. Ils peuvent prendre deux formes de transferts. La première est les apports en espèces, qui comportent les envois de fonds des travailleurs tunisiens à l’étranger (revenu secondaire), et la rémunération des salariés (revenu primaire). La seconde est l’apport en nature, qui comprend entre autres les véhicules importés dans le cadre du régime FCR (Franchise pour changement de résidence).

Les apports en espèces se sont élevés à 8 785,2 MDT, soit 76,8% du total des revenus du travail (83,1% en 2024). Cette évolution a été favorisée par la généralisation des solutions digitales de transfert d’argent qui ont permis d’accroître significativement la rapidité, la fiabilité et l’accessibilité des envois de fonds. Le reste des revenus est constitué d’importation de voitures sous le régime FCR, valorisé à 2 659,4 MDT. Cette formule exonère les TRE des différents droits et taxes douanières.

Leur contribution s’est accrue passant, d’une année à l’autre, de 16,9 à 23,2% du total suite principalement aux effets des mesures mises en œuvre en 2024, accordant des avantages aux Tunisiens résidents à l’étranger. En fait, l’article 24 de la loi de finances 2024 stipule que les Tunisiens résidant à l’étranger peuvent bénéficier d’une exonération totale ou partielle du paiement des droits et taxes exigibles une fois tous les dix ans lors de l’importation ou de l’achat sur le marché local d’une motocyclette, d’une voiture de tourisme ou d’une voiture à usage professionnel, y compris les véhicules tout-terrain, dont le poids total n’excède pas trois tonnes et demie (3,5 t).

La diaspora, dont la taille ne cesse de progresser, joue de plus en plus un rôle stratégique dans le développement économique du pays, en stabilisant la balance des paiements. C’est en partie un retour sur investissement dans l’enseignement et la formation.

L’article Le régime FCR dope les revenus du travail est apparu en premier sur Managers.

  •  

Les émissions sur le marché primaire dépassent 501 MDT

À la clôture du premier semestre 2026, le marché primaire affiche une physionomie répétée, marquée par une prédominance des titres de créances. Au total, les émissions s’élèvent à 501,199 MDT fin juin 2026, une baisse globale de 28,5% par rapport à la même période en 2025 (700,560 MDT).

Les émissions de titres de créances ont attient 490,200 MDT, dont 310 MDT mobilisés par les sociétés cotées et 180,200 MDT par celles hors cote. Bien qu’elles soient en repli de 16,84% par rapport au premier semestre 2025, ces émissions représentent plus de 97,8% de l’ensemble de l’activité du marché. L’opération la plus importante est celle à 250 MDT. Il y a aussi Amen Bank et Taysir Microfinance, avec 60 MDT chacune. Le compartiment des Sukuk est resté totalement atone sur cette période, n’enregistrant aucune opération.

Sur la Cote de la Bourse, la tendance majeure en matière de titres de capital ne s’est pas orientée vers l’appel public à l’épargne classique, mais plutôt vers la consolidation interne. L’opération phare de ce semestre est portée par Assurances Maghrebia. La compagnie a procédé à une incorporation de réserves d’un montant de 10 MDT. Cette stratégie reflète la volonté des entreprises cotées de renforcer leur structure financière et de rassurer les actionnaires dans un contexte macroéconomique serré.

Le compartiment Hors-Cote s’est distingué par une opération de restructuration, celle de la Sodek Sicar. La société a réduit son capital d’un montant de 0,548 MDT, matérialisé par l’annulation de 109 760 actions. Puis, une injection en numéraire de 0,999 MDT a été réalisée sans recours à l’appel public à l’épargne. Elle a été intégralement souscrite par un consortium de banques, à savoir la BH Bank, la STB Bank et la BNA Bank.

Face à une conjoncture globale exigeante, les sociétés tunisiennes maintiennent leur préférence pour la dette, un comportement dicté en partie par les règles prudentielles des institutions financières. Cette tendance historique se traduit par une rareté des augmentations de capital et une faible sollicitation des actionnaires.

L’article Les émissions sur le marché primaire dépassent 501 MDT est apparu en premier sur Managers.

  •  

Investissement : changement de carte, mais pas de cap

En Tunisie, l’investissement reste en panne. Non pas faute de volonté politique ou d’efforts législatifs, mais plutôt en raison d’une incapacité chronique à transformer les réformes en réalisations tangibles.

 

La période 2021-2025 illustre cruellement ce paradoxe. Alors que le pays s’est doté d’une architecture institutionnelle inédite, censée placer le citoyen au cœur des choix économiques, les indicateurs d’exécution budgétaire et d’attractivité des territoires peinent toujours à décoller. Entre planification ambitieuse et blocages structurels, le bilan laisse entrevoir un échec partiel de la mise en œuvre, dont les racines plongent dans des décennies de politiques centralisées.

 

Une restructuration pour une gouvernance de proximité

Pour tenter de briser les carcans d’une administration jugée trop centralisée, l’État a engagé entre 2021 et 2025 une refonte majeure de son architecture territoriale. L’ambition affichée était claire : dépasser la logique administrative classique au profit d’une logique économique intégrée.

Le nouveau modèle s’est basé sur de nouvelles institutions. Il y a eu la mise en place du Conseil national des régions et des districts (CNRD), chargé de ratifier les plans de développement et d’exercer un contrôle budgétaire rigoureux. Parallèlement, les conseils locaux, régionaux et de districts ont été installés pour incarner cette nouvelle gouvernance de proximité.

Le pays a été officiellement redécoupé en cinq grands districts économiques, conçus comme des pôles de complémentarité. L’objectif était de briser l’émiettement administratif pour créer des synergies productives.

Ce dispositif a été complété par la promotion des entreprises communautaires, visant à ancrer le développement dans une logique d’économie solidaire et participative.

Indépendamment de l’efficacité de cette nouvelle approche, le passage de la théorie à la pratique s’est heurté au mur des lourdeurs bureaucratiques et de l’exécution défaillante.

 

Des chiffres accablants

Les réformes n’ont pas eu l’effet escompté sur le terrain. Les chiffres de l’investissement global sur la période sont éloquents: sur un total programmé de 80,654 milliards de dinars, seuls 49,387 milliards ont été effectivement décaissés, soit un taux de réalisation frustrant de 61,2 %.

Ce déficit d’exécution, qui prive l’économie d’un surcroît de croissance, trouve ses racines dans un triptyque de maux persistants : les freins bureaucratiques et la lenteur administrative, les difficultés d’accès au financement pour les porteurs de projets et le manque de suivi rigoureux et de pilotage stratégique.

Mais derrière cette moyenne nationale se cache une réalité beaucoup plus contrastée, révélant une fracture territoriale profonde en matière d’efficacité.

 

Fortes disparités régionales

Les données révèlent de profondes disparités régionales en matière d’attractivité et d’efficacité de concrétisation des projets. Le troisième district (Centre-est et ouest) affiche la meilleure dynamique industrielle et résidentielle avec 70,2 % de taux de réalisation (14,281 milliards de dinars exécutés sur 20,352 milliards de dinars programmés).

Le cinquième district (Grand Sud) a enregistré le taux le plus élevé d’exécution à 73,4 %, bien que sur une enveloppe globale plus faible (5,207 milliards de dinars).

Le deuxième district (Grand Tunis et Nabeul), le pôle économique majeur, a absorbé le plus gros volume financier absolu avec 15,562 milliards de dinars réalisés (taux d’exécution de 64,4 %).

Le premier district (Nord-ouest) a affiché un taux d’exécution de 52,7 % (6,621 milliards de dinars), dénonçant des difficultés structurelles à concrétiser ses investissements.

Enfin, le quatrième district (Centre-ouest et Sfax) a réalisé la contre-performance la plus alarmante avec seulement 46,8 % d’exécution (7,713 milliards de dinars réalisés sur plus de 16,468 milliards de dinars prévus), soulignant un blocage aigu des projets publics et privés dans cette zone.

Ce constat démontre que la nouvelle carte territoriale n’a pas suffi à fluidifier les canaux d’investissement. Les zones intérieures et semi-intérieures continuent de pâtir de handicaps structurels majeurs.

 

L’État bâtisseur

L’investissement public, prévu à hauteur de 35,163 milliards de dinars, affiche un taux d’exécution particulièrement bas de 47,8 %, avec seulement 16,814 milliards effectivement injectés.

Les infrastructures de base captent 35 % des fonds publics réalisés, suivies de près par les secteurs productifs (32 %) et le secteur social (18 %).

Le secteur de l’équipement et de l’habitat s’impose en leader avec 29 % des réalisations publiques, suivi de l’agriculture et des ressources hydrauliques (18 %), du transport (9,33 %), de l’environnement (8,75 %) et de l’éducation (6,6 %). Quant au secteur de la santé, il affiche une faiblesse chronique en raison du gel et du retard de construction de plusieurs hôpitaux régionaux.

Le deuxième district a surclassé le reste du pays en s’accaparant le plus grand volume financier en valeur absolue, profitant de mégaprojets d’infrastructure et de transport urbain liés à son statut de capitale économique. En revanche, les troisième et cinquième districts affichent les volumes d’investissements publics exécutés les plus faibles du pays.

 

La course à la rentabilité des opérateurs privés

Sur la même période, le secteur privé a injecté 32,573 milliards de dinars (71,6 % des prévisions), mais cette dynamique souffre d’une double concentration.

La première est géographique. Le capital privé fuit les zones intérieures. 67 % de la totalité des investissements privés se concentrent exclusivement dans le troisième et deuxième district, en raison de la disponibilité d’infrastructures logistiques modernes et d’une main-d’œuvre qualifiée. De plus, au sein d’un même district, les investissements s’agglutinent massivement dans les délégations côtières.

La seconde est sectorielle. Le privé délaisse les secteurs productifs complexes à haute valeur ajoutée. L’immobilier s’accapare à lui seul 53 % de l’investissement privé réalisé, dopé par l’expansion urbaine du littoral. L’industrie manufacturière capte 22,2 %, les services et le tourisme 15,5 %. Tandis que le secteur stratégique de l’agriculture ne récolte qu’un maigre 9,3 %.

 

Les fragilités structurelles du modèle tunisien

Certes, ces chiffres sont le résultat des politiques de développement mises en œuvre tout au long des dernières décennies et qui n’ont pas réussi à stabiliser le tissu social et économique des régions intérieures.

Malgré la succession des programmes de développement régionaux, le classement de l’Indicateur de Développement Régional (IDR) des gouvernorats et délégations est resté quasi statique, prouvant l’inefficacité des interventions centralisées traditionnelles.

La faible attractivité des régions intérieures s’explique par un tissu industriel embryonnaire et une dépendance exclusive envers une agriculture de subsistance ou des activités extractives à faible valeur ajoutée. Ce manque de diversification expose ces territoires à une forte vulnérabilité face aux chocs climatiques et aux fluctuations des marchés.

Le secteur privé s’est massivement détourné du nord-ouest (premier district) et du centre-ouest (quatrième district), créant une distorsion sur le marché de l’emploi. Cette concentration côtière des entreprises exportatrices alimente un exode rural persistant et prive les régions intérieures de leurs forces vives.

Le bilan de la période 2021-2025 met en évidence une contradiction majeure. Indépendamment du cadre législatif, les canaux d’exécution financiers et leur capacité à attirer le capital productif dans les zones prioritaires restent grippés. La prédominance de la spéculation immobilière dans l’investissement privé et la concentration des infrastructures publiques dans le Grand Tunis démontrent que la transition vers la justice spatiale nécessite plus qu’un découpage territorial. Elle exige une réorientation drastique des incitations financières et une débureaucratisation réelle de l’action publique.

L’article Investissement : changement de carte, mais pas de cap est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Orientation universitaire: le mirage des diplômes face à l’emploi

En cette période où les familles tunisiennes vivent au rythme de l’orientation universitaire des nouveaux bacheliers, le choix d’un parcours académique doit résulter d’une réflexion lucide qui tient compte de la réalité du marché de l’emploi. Il y a une minorité d’excellents qui s’orientera vers la médecine ou les classes préparatoires, des voies aux débouchés historiquement sécurisés, et une majorité dont la trajectoire reste suspendue à des filières aux perspectives d’insertion beaucoup moins garanties.

Les derniers chiffres de l’INS mettent en lumière l’inefficience de l’appareil productif à intégrer le capital humain. Le chômage global baisse (15% fin mars 2026) tandis que le chômage des diplômés de l’enseignement supérieur explose, prenant +1,7% en trois mois pour atteindre 24,2%. Cette divergence démontre que la création nette d’emplois s’est faite essentiellement par des postes à faible qualification. L’économie tunisienne ne parvient pas à absorber les cohortes de diplômés sortant des universités.

L’asymétrie de genre est exacerbée. L’emploi des femmes a progressé en volume mais leur taux de chômage a culminé à 32%, contre seulement 14,2% pour les hommes diplômés. Les femmes accèdent donc à l’emploi en masse, vraisemblablement dans des segments moins qualifiés ou plus précaires. Une bonne partie des profils féminins qualifiés, et dont les conditions socioéconomiques le permettent, quitte le pays.

Cette inadéquation structurelle fait que l’offre de capital humain s’amplifie par de nouveaux diplômés alors que la demande des entreprises reste cantonnée à un modèle de croissance low-cost et faiblement productif. Tenez compte de ces réalités lorsque vous choisissez votre orientation. Un cycle court qui permet l’accès rapide au marché du travail est mieux qu’un parcours, plus prestigieux sur le papier, mais qui ne fait qu’augmenter le nombre des sans-emploi.

L’article Orientation universitaire: le mirage des diplômes face à l’emploi est apparu en premier sur Managers.

  •  

La souveraineté numérique africaine entre dépendance et opportunité

Selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, plus de 70% du trafic de données mondial est contrôlé par une poignée d’entreprises basées aux États-Unis et en Chine. Cette concentration du pouvoir numérique redessine les rapports de force à l’échelle planétaire.

Face à cette hégémonie, l’Union européenne tente de réduire l’écart avec les géants du numérique. Des dispositifs comme le Règlement général sur la protection des données lui ont permis de mieux encadrer les flux de données, de renforcer la responsabilité des plateformes et de garantir la vie privée des citoyens.

Dans ce paysage mondial, la place de l’Afrique interroge. Le continent ne disposerait que de moins de 2% de la capacité mondiale des centres de données. Structurellement désavantagé, il demeure largement dépendant de services cloud étrangers. Les données générées sur ses marchés sont souvent stockées, traitées et monétisées hors de ses frontières, privant ainsi l’Afrique d’une part substantielle de la valeur créée.

Pourtant, le potentiel est immense. La Société financière internationale estime que l’économie numérique africaine pourrait atteindre 712 milliards de dollars d’ici 2050, à condition que le continent ne se contente pas d’être un fournisseur de données brutes.

Les États africains disposent de leviers d’action. Ils peuvent légiférer, renforcer la coordination régionale et soutenir l’émergence de champions locaux. Le véritable risque réside dans la fragmentation des réponses nationales, trop isolées pour peser face aux géants mondiaux. La souveraineté numérique de l’Afrique ne pourra se construire que dans une dynamique collective, à l’échelle continentale.

 

L’article La souveraineté numérique africaine entre dépendance et opportunité est apparu en premier sur Managers.

  •  

1,2 milliard de dollars levé par les startups africaines au premier semestre 2026

Les pépites technologiques africaines ont levé plus de 415 millions de dollars en juin, portant le total des financements déclarés pour les six premiers mois de 2026 à 1,208 milliard de dollars, selon les données de Launch Base Africa. L’écosystème des startups du continent franchit ainsi, pour la troisième année consécutive, la barre du milliard de dollars au premier semestre.

C’est le verre à moitié plein. La face plus sombre du tableau révèle toutefois un recul d’environ 17% des financements en glissement annuel. Les capitaux se recentrent désormais sur des entreprises à forte intensité capitalistique et à caractère infrastructurel, tandis que la dette et les instruments de financement mixte gagnent du terrain face aux fonds propres.

Les entreprises actives dans le secteur climatique ont concentré, à elles seules, plus de 385 millions de dollars, soit 93% du montant total déclaré durant le mois de juin. Cette surreprésentation traduit à la fois la lourdeur des besoins en capitaux des modèles d’énergies propres et leur adéquation avec les priorités des bailleurs internationaux et des institutions de financement du développement. Les segments de mobilité électrique, solaire hors réseau, captation de carbone et infrastructures de chaîne du froid ont attiré des investissements significatifs.

Reste à savoir si le chiffre de 1,208 milliard de dollars enregistré au premier semestre sera interprété, en fin d’année, comme le signe d’une reprise durable. Une large part de la réponse dépendra de la dynamique du second semestre. Plusieurs tours de table d’envergure sont encore dans les tuyaux et pourraient être bouclés d’ici décembre. Par ailleurs, le marché de la dette, porté par des instruments innovants et une meilleure intégration des institutions financières locales, pourrait connaître une croissance plus rapide que celui des fonds propres.

 

L’article 1,2 milliard de dollars levé par les startups africaines au premier semestre 2026 est apparu en premier sur Managers.

  •  

OPCVM: le seuil symbolique des 11 milliards de dinars franchi

V

Il n’aura fallu que six mois en 2026 pour que l’actif net total des OPCVM dépasse la barre symbolique des 11 milliards de dinars. L’épargne collective a clôturé le mois de juin avec un actif net de 11 205,9 MDT.  Depuis le début de l’année, la progression atteint 2 709,3 MDT, une hausse sans précédent.

Cette embellie est portée essentiellement par les véhicules obligataires dont l’actif net s’établit désormais à 9 362,8 MDT, en hausse de 2 109,4 MDT depuis janvier. Les OPCVM mixtes suivent loin derrière avec 1 803,4 MDT, tandis que les fonds actions ne pèsent que 39,6 MDT, un comportement de prudence persistante des épargnants tunisiens vis-à-vis des marchés actions. Le seul fonds monétaire disponible sur le marché est encore à ses débuts, avec un actif net de 0,1 MDT.

Sur le seul mois de juin, l’actif net global a progressé de 433,1 MDT, porté par les fonds obligataires (+267,3 MDT) et les fonds mixtes (+161,7 MDT). Ce rythme soutenu confirme l’appétit des investisseurs pour des produits offrant un rendement perçu comme plus stable et prévisible.

Plusieurs facteurs expliquent cette envolée historique. Il y a le réinvestissement des coupons obligataires, les émetteurs publics et privés ont massivement levé des capitaux sur le marché obligataire au cours des derniers exercices, offrant des rendements attractifs qui ont drainé l’épargne disponible. Idem pour les dividendes distribués par les sociétés cotées et qui sont généralement placés automatiquement dans les parts des fonds.

De plus, il y a une fuite vers la sécurité dans un contexte économique marqué par une inflation encore élevée et des incertitudes sur le marché boursier, les épargnants privilégient les placements obligataires, jugés moins risqués. Le maintien des taux d’intérêt à des niveaux élevés a permis de signer des rendements obligataires attractifs, renforçant l’attrait de ces produits.

Enfin, nous sommes en train d’évoquer une épargne parfaite pour ceux qui, face à la flambée des prix de l’immobilier et au durcissement des conditions de crédit, trouvent en ces véhicules un excellent moyen pour fructifier leur argent.

 

L’article OPCVM: le seuil symbolique des 11 milliards de dinars franchi est apparu en premier sur Managers.

  •  

Finances publiques: un mois de juillet sous le signe du désendettement extérieur

La dette demeure un sujet particulièrement important pour la Tunisie, surtout dans un contexte géopolitique régional instable.

Le calendrier de remboursement des emprunts internes ne semble pas bourré. Une seule échéance est au programme, celle du BTCT 52 semaines 17072026 pour 102 MDT.

Si nous regardons les dernières années, nous constatons effectivement que la saison estivale est marquée par une sorte de trêve, qui permet au Trésor de préparer la rentrée et la fin de l’année. D’ailleurs, la réunion d’hier entre le ministère des Finances et les représentants des banques entre dans ce cadre. Avec le déficit budgétaire supplémentaire causé par la facture énergétique, la fin de l’année serait marquée par un programme d’endettement local additionnel.

Il reste aussi à signaler qu’une partie des emprunts syndiqués en devises contractés auprès des banques locales sera remboursée durant ce mois.

Sur le front de la dette extérieure, le principal rendez-vous est celui du remboursement de l’eurobond de 700 millions d’euros, une dette émise au taux de 6,375%. Ce montant équivaut, au taux de change actuel, à 2 340,520 MDT, soit plus de 10 jours d’importations (par rapport aux chiffres du 30 juin 2026).

Nous comprenons donc la raison pour laquelle les autorités ont veillé à assurer le financement de 500 millions de dollars auprès de l’Afreximbank. Cela devrait soutenir les avoirs en devises, un indicateur clé pour un pays comme le nôtre.

Il y aurait également le remboursement d’une tranche du financement accordé par le Fonds monétaire international (FMI), dans le cadre du Mécanisme élargi de crédit (MEDC) conclu pour la période 2016-2019. Ce remboursement est estimé à 26 MUSD.

À la fin de ce mois, nous pouvons dire que le dossier de la dette extérieure pour 2026 est quasiment clôturé. Il faudra maintenant continuer à mobiliser des ressources en devises, du moins dans le cadre du financement de projets. Il est crucial de terminer l’année avec un niveau confortable de réserves.

L’article Finances publiques: un mois de juillet sous le signe du désendettement extérieur est apparu en premier sur Managers.

  •  

Le Bitcoin, et les cryptos, pourraient bien changer de statut

Depuis quelques mois, l’actualité sur le Bitcoin se fait de plus en plus rare. Et il y a bien une raison : la crypto monnaie a perdu près de la moitié de sa valeur depuis qu’elle a atteint un record historique au-dessus de 123 000 dollars en juillet 2025. Son comportement historiques, marqué par des périodes de forte volatilité, montre que ceux qui y croient finissent par être récompensés, ce qui fait de cette chute libre un nouveau test pour la patiente des investisseurs.

Cette tendance intervient dans un contexte de faiblesse généralisée de plusieurs actifs, à un moment que les investisseurs réévaluent les risques et l’allocation de leurs trésoreries. Certes, il y a eu des prises de bénéfices. De plus, les anticipations selon lesquelles les taux d’intérêt pourraient rester plus élevés plus longtemps pourraient également rendre les investisseurs plus prudents vis-à-vis des actifs plus risqués. Il ne faut pas aussi oublier que certains investisseurs pourraient transférer leurs capitaux vers d’autres opportunités à fort potentiel de hausse, notamment les investissements liés à l’IA.

Toutefois, la baisse de cette fois incite sérieusement à reconsidérer les raisons pour lesquelles ils détiennent du Bitcoin. C’est un investissement complémentaire aux actifs plus traditionnels. C’est un outil de diversification du moment qu’il n’évolue pas toujours en tandem avec les actions, les obligations ou l’immobilier. Il permet d’améliorer les rendements. Il a la capacité de conserver sa valeur en période d’incertitude économique et de protéger les investisseurs contre l’inflation.

L’épisode actuel de volatilité rend difficile de considérer les crypto-monnaies comme une réserve de valeur fiable. Ils sont même difficiles à valoriser. Les analystes financiers les comparent aux objets de collection. Ils valent ce que les autres sont prêts à payer pour l’obtenir.

 

L’article Le Bitcoin, et les cryptos, pourraient bien changer de statut est apparu en premier sur Managers.

  •  

Près de 1,1 milliard de dinars d’intentions d’investissements dans l’industrie et les services

Les chiffres de l’APII, relatifs aux quatre premiers mois de 2026, ont confirmé une certaine accélération des intentions en matière d’investissements industriels et en services.

Entre janvier et avril 2026, le secteur industriel a enregistré une augmentation de 18% des investissements déclarés par rapport à la même période de l’année précédente. Cette dynamique s’accompagne d’une hausse encore plus marquée des emplois déclarés, qui progressent de 31,7%. Au total, 745 projets ont été recensés, représentant 754,6 MDT d’investissement et la création de 12 934 emplois potentiels.

Trois secteurs concentrent l’essentiel de cette progression, à savoir les industries agroalimentaires avec 312,9 MDT, les industries mécaniques et électriques avec 217,5 MDT et les industries diverses avec 128,5 MDT.

Les investissements totalement exportateurs ont augmenté de 65,1%, un bond expliqué par les performances des industries mécaniques et électriques (269,4 MDT) et des industries agroalimentaires (90 MDT).

La ventilation par nationalité montre que les investissements tunisiens ont progressé de 6,4%, à 525,8 MDT. La véritable augmentation concerne les projets 100% étrangers et ceux en partenariat, qui totalisent ensemble 228,7 MDT, soit une augmentation impressionnante de 91% par rapport à 2025.

L’investissement dans les zones de développement régional a bondi de 117%, passant de 174,1 MDT en 2025 à 377,8 MDT en 2026. Cela indique une meilleure répartition géographique des projets et une potentielle réduction des disparités territoriales si cela continue dans les années à venir.

Le secteur des services n’est pas en reste. Sur la même période, les activités de services connexes à l’industrie enregistrent une hausse de 57,4% des investissements. Cette progression est tirée par deux sous-secteurs: le transport (+71,7%) et la formation professionnelle (+161,5%), signe d’un besoin croissant en compétences et en logistique industrielle.

Au total, les services ont vu les intentions d’investissement atteindre 343 MDT jusqu’à fin avril 2026, contre 253,9 MDT sur la même période en 2025. Les investissements 100% étrangers ont totalisé 11,2 MDT, ceux mixtes 20,5 MDT.

Les chiffres sont bons, mais il reste qu’ils soient concrétisés sur le terrain. C’est le plus dur.

 

L’article Près de 1,1 milliard de dinars d’intentions d’investissements dans l’industrie et les services est apparu en premier sur Managers.

  •  

Les Suisses optent pour la stabilité et rejettent le plafond migratoire

La Suisse, l’un des pays les plus riches d’Europe, a connu hier l’un des votes les plus importants et controversés, comparé même au Brexit de 2016. Portée par le parti conservateur de droite, l’Union démocratique du centre, la proposition stipulait que la population ne devait pas dépasser 10 millions d’ici à 2050. En cas de dépassement pendant deux ans consécutifs, le pays devait mettre fin à la libre circulation avec l’UE. Il y a des craintes que l’immigration pèse sur les services publics et fait augmenter les loyers.

Pour rappel, ce n’est pas la première action de ce parti politique en la matière. En 2014, il a réussi sa tentative et les Suisses ont accepté l’instauration de contingents pour limiter l’immigration. La Suisse compte déjà 9,1 millions d’habitants et sa croissance démographique est plus rapide que celle de l’UE environnante. Les étrangers représentent près de 28% de la population totale, et les projections officielles estiment que celle-ci atteindra 10 millions d’ici le début des années 2040. La proposition a été rejetée, envoyant un signal que la majorité des Suisses privilégient la stabilité économique et les liens avec l’Union européenne. Bien évidemment, un plafonnement de la population aurait limité l’accès aux travailleurs étrangers, ce qui nuirait à l’économie et tendrait les relations avec Bruxelles. La demande qui émane de l’UE est essentielle pour le pays, dont les exportations totales ont dépassé 310 milliards d’euros en 2025. Après la décision des États-Unis d’appliquer une surtaxe forfaitaire de 10% sur l’ensemble des importations helvétiques, les relations économiques avec l’espace commun sont plus que jamais cruciales.

 

L’article Les Suisses optent pour la stabilité et rejettent le plafond migratoire est apparu en premier sur Managers.

  •  

Tunisie : la flambée des prix libres alimente l’inflation

L’analyse à long terme de l’économie tunisienne révèle une pression inflationniste quasi permanente depuis plus d’une décennie. Entre janvier 2015 et mai 2026, le taux d’inflation mensuel moyen s’est établi à 0,5 %, traduisant une augmentation constante et linéaire du coût de la vie.

 

Après une période de relative stabilité en 2015-2016 (autour de 0,3 % par mois), l’indice des prix a connu une première accélération en 2018, avant d’être temporairement freiné par la crise sanitaire du Covid-19 en 2020 (0,4 %). C’est l’année 2022 qui s’impose comme le point culminant de cette crise. Sous l’effet du choc mondial sur les matières premières et l’énergie, la moyenne mensuelle a grimpé à 0,8 %, enregistrant un pic historique absolu en avril 2022 avec une hausse brutale de 1,4 % en un seul mois. Bien que les années 2024 et 2025 aient amorcé une trajectoire de désinflation, les données de l’année 2026 rappellent la persistance des tensions avec un rebond de la moyenne mensuelle à 0,5 %.

Le poids immuable de la saisonnalité

Au-delà des cycles macroéconomiques, l’inflation en Tunisie répond à un schéma saisonnier cyclique très net, rythmé par les habitudes de consommation et le calendrier social. Deux cycles qui impactent le budget des ménages peuvent être identifiés. Le premier concerne le mois d’avril, souvent corrélé avec la hausse de la demande sur les produits alimentaires (périodes de fêtes et/ou de Ramadan) et d’octobre qui coïncide avec la rentrée scolaire et universitaire.

Le second cycle est celui de février et d’août, qui correspondent aux soldes d’hiver et d’été et une offre élevée des produits agricoles frais.

 

 

Le gap “libre vs encadré“

Au mois de mai 2026, l’inflation globale se stabilise à 5,5 % en glissement annuel, loin du sommet de 10,4 % atteint au début de l’année 2023. Toutefois, ce chiffre masque une profonde fracture structurelle selon le régime de tarification.

Les prix des produits administrés affichent une grande stabilité avec seulement 1,2 % de hausse sur un an. À l’opposé, les produits à prix libres s’envolent de 6,7 %. Ce phénomène est particulièrement exacerbé dans le secteur alimentaire, où l’alimentation encadrée ne progresse que de 0,2 %, tandis que l’alimentation libre subit une hausse vertigineuse de 9,3 % sur un an. Le bouclier tarifaire de l’État protège donc les produits de base, mais le mécanisme de marché libre expose les consommateurs à une forte volatilité.

Le choc des protéines et de l’habillement au cœur du quotidien

L’analyse sectorielle de mai 2026 met en évidence les secteurs qui pénalisent le plus le pouvoir d’achat des Tunisiens. Les articles d’habillement et chaussures affichent la plus forte hausse annuelle avec 9,1 %, suivis de près des produits alimentaires à 8,2 %.

Au sein du panier alimentaire, c’est une véritable crise des protéines animales qui se dessine. Le prix de la viande ovine explose de +21,8 % sur un an (dont 9,7 % sur le seul mois de mai), talonné par la volaille (15,6 %) et la viande bovine (+14,1 %). Les produits frais comme les légumes (12,2 %) et le poisson (11,9 %) maintiennent également une forte pression. Seuls quelques rares produits, à l’image des huiles alimentaires (-6,1 %) et des œufs (-4,6 %), apportent une contribution négative venant atténuer l’indice.

L’inflation sous-jacente s’enracine

Pour les institutions financières, le point de vigilance majeur reste l’inflation sous-jacente, qui se maintient à un niveau élevé de +4,8 % en mai 2026. L’analyse des contributions montre que l’inflation n’est plus seulement une crise agricole ou énergétique passagère. Elle s’est solidement diffusée à l’ensemble de l’économie.

Les produits manufacturés mènent la marche en contribuant à hauteur de 1,7 % à l’inflation globale, suivis du secteur des services à 1,4 %. Dans cette dernière catégorie, ce sont les services d’hébergement et l’hôtellerie qui agissent comme un accélérateur majeur, affichant une progression de 15,9 % sur un an. L’inflation s’est ainsi transformée en un phénomène structurel endogène, solidement ancré dans le tissu industriel et commercial du pays.

L’article Tunisie : la flambée des prix libres alimente l’inflation est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  
❌