Comme l’on s’y attendait, le fragile cessez-le-feu conclu à la mi-juin entre les États-Unis et l’Iran a définitivement volé en éclats. En effet, depuis le sommet de l’OTAN à Ankara, le président américain Donald Trump a annoncé, mercredi 8 juillet, que l’accord était « terminé ». Et ce, après une nouvelle vague de frappes américaines contre des installations militaires iraniennes et une riposte de Téhéran visant des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.
Cependant, Trump nous a habitués, depuis le début de cette guerre, à dire quelque chose à dire son contraire dix minutes plus part. Autrement dit, prenons cette déclaration avec des pincettes. Mais quelque part, il y a un monsieur qui devrait être très content de cette fin de cessez-le-feu: Netanyahou.
Revenons justement à cette annonce pour souligner qu’un Commandement central américain assure que près de 80 objectifs ont été frappés en Iran ces dernières heures, notamment des systèmes de défense antiaérienne, des postes de commandement, des batteries antimissiles et des vedettes rapides déployées dans le détroit d’Ormuz. Washington affirme avoir agi en réponse aux attaques iraniennes contre trois navires commerciaux empruntant cette voie maritime stratégique.
Les autorités iraniennes ont confirmé la mort d’un membre des Gardiens de la Révolution, Mohammad Reza Khazini, tué lors des bombardements à Mahshahr. En représailles, Téhéran affirme avoir ciblé 85 installations militaires américaines au Koweït et à Bahreïn à l’aide de missiles et de drones. L’armée koweïtienne a confirmé des attaques aériennes contre son territoire. Tandis que Bahreïn a signalé plusieurs explosions à proximité de la base de Cheikh Isa.
L’Iran accuse Washington d’avoir violé le protocole d’accord signé le 17 juin et promet des « mesures décisives » pour défendre ses intérêts. Dans le même temps, les États-Unis ont rétabli les sanctions visant les exportations de pétrole iranien, accentuant encore les tensions.
Au sommet de l’OTAN, les réactions sont contrastées. Le secrétaire général de l’Alliance, Mark Rutte, a jugé les frappes américaines « absolument nécessaires ». Tandis que le Premier ministre néerlandais, Rob Jetten, a appelé à maintenir une forte pression diplomatique afin d’éviter un nouvel embrasement régional.
Les marchés ont immédiatement réagi à cette nouvelle escalade. Le Brent a bondi de plus de 5 %, tout comme le pétrole américain WTI. Les investisseurs redoutant de nouvelles perturbations durables dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures.
Une nouvelle escalade militaire a éclaté entre les États-Unis et l’Iran, mettant en péril le fragile cessez-le-feu conclu le 17 juin. Washington a lancé une vaste série de frappes contre des cibles militaires iraniennes en représailles aux attaques contre des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz, tandis que Téhéran affirme avoir riposté en visant des installations militaires américaines au Bahreïn et au Koweït.
Le président américain Donald Trump a déclaré, lors d’un déplacement à Ankara, que le cessez-le-fe-feu était désormais « terminé », estimant qu’il était devenu « inutile de négocier » avec les autorités iraniennes. Malgré cette déclaration, des responsables américains ont indiqué que les canaux diplomatiques n’étaient pas totalement fermés.
Le commandement américain pour le Moyen-Orient (CENTCOM) a annoncé avoir mené des frappes contre plus de 80 objectifs militaires en Iran. Selon Washington, les opérations ont visé des systèmes de défense antiaérienne, des centres de commandement, des radars côtiers, des installations de missiles antinavires ainsi que plus de 60 embarcations des Gardiens de la révolution déployées autour du détroit d’Ormuz. Les États-Unis affirment que ces frappes répondaient aux attaques contre plusieurs navires marchands dans cette voie maritime stratégique.
Parallèlement, l’administration américaine a rétabli les sanctions sur les exportations de pétrole iranien, supprimant le régime dérogatoire qui permettait à Téhéran de vendre son pétrole sur le marché international. Cette décision a immédiatement ravivé les inquiétudes sur l’approvisionnement énergétique mondial.
L’Iran revendique des frappes contre des bases américaines
En réaction, les Gardiens de la révolution ont annoncé avoir lancé une opération combinant missiles et drones contre 85 installations militaires américaines situées au Bahreïn et au Koweït, en représailles aux frappes américaines. Les autorités iraniennes affirment également avoir abattu un drone américain de type MQ-9.
À ce stade, les États-Unis n’ont pas confirmé les dégâts revendiqués par l’Iran. En revanche, le Koweït a indiqué que ses systèmes de défense aérienne avaient été activés pour intercepter des missiles et des drones, tandis que Bahreïn a également signalé des attaques aériennes.
Les attaques contre les navires au cœur de la crise
La reprise des hostilités fait suite à plusieurs attaques contre des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz, notamment un pétrolier saoudien et un méthanier qatari. Les États-Unis accusent l’Iran d’avoir violé les engagements pris dans le cadre du cessez-le-feu, tandis que Téhéran dénonce une « violation flagrante » de l’accord par Washington.
Cette nouvelle flambée de violence intervient dans une zone stratégique par laquelle transite une part importante des exportations mondiales de pétrole, faisant bondir les cours du brut sur les marchés internationaux.
Le Koweït et le Qatar ont condamné les attaques iraniennes, estimant qu’elles compromettent les efforts diplomatiques engagés pour éviter une reprise généralisée du conflit. De son côté, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a jugé que la réaction américaine était « nécessaire » après les attaques contre les navires marchands.
Le conflit entre les États-Unis et l’Iran connaît une nouvelle phase d’escalade. Après une série de frappes américaines contre des installations militaires iraniennes, Téhéran affirme avoir riposté en visant des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.
Le fragile processus de désescalade entre Washington et Téhéran a volé en éclats. Dans la nuit de mardi 7 juillet à mercredi, les États-Unis ont lancé une nouvelle vague de frappes contre des objectifs militaires iraniens, en réponse à des attaques visant plusieurs navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz. Quelques heures plus tard, les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé avoir riposté par une opération combinant missiles et drones contre des installations militaires américaines situées à Bahreïn et au Koweït. Téhéran affirme avoir abattu un drone américain de type MQ-9 au cours de l’opération…
Le Commandement central américain (CENTCOM) a indiqué que les frappes menées contre l’Iran ciblaient des systèmes de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles antinavires ainsi que plusieurs dizaines d’embarcations rapides des Gardiens de la Révolution. Washington accuse Téhéran d’être responsable d’attaques contre plusieurs navires commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, l’une des voies maritimes les plus stratégiques pour le commerce mondial des hydrocarbures.
Cette opération s’accompagne également d’un durcissement des sanctions économiques américaines. Les États-Unis ont notamment annoncé la suppression d’une dérogation qui permettait à l’Iran de poursuivre une partie de ses exportations pétrolières dans le cadre des discussions engagées après le cessez-le-feu intérimaire.
Le détroit d’Ormuz au cœur de la confrontation
Au-delà de l’affrontement militaire, le contrôle du détroit d’Ormuz demeure le principal point de friction. Près d’un cinquième du pétrole mondial transite par ce passage maritime, ce qui en fait un enjeu majeur pour les marchés énergétiques.
Les autorités iraniennes continuent de défendre leur droit à exercer un contrôle sur cette zone stratégique. Tandis que Washington et les monarchies du Golfe réaffirment leur attachement à la liberté de navigation. Les récentes attaques contre des pétroliers et un méthanier alimentent les craintes d’une perturbation durable des chaînes d’approvisionnement énergétiques.
Cette nouvelle escalade intervient alors que les négociations indirectes entre les États-Unis et l’Iran, menées avec une médiation régionale, étaient déjà dans l’impasse. Téhéran estime que les frappes américaines et le durcissement des sanctions remettent en cause les engagements pris dans le cadre de l’accord provisoire. Alors que Washington conditionne toute reprise du dialogue à la fin des attaques contre la navigation commerciale.
Les conséquences dépassent largement le cadre militaire. Les marchés pétroliers ont immédiatement réagi par une hausse des cours, les investisseurs intégrant une prime de risque plus élevée liée à la sécurité des exportations d’hydrocarbures du Golfe. Les secteurs du transport maritime, de l’assurance et du fret demeurent particulièrement exposés à une prolongation des hostilités, alors que plusieurs compagnies réévaluent déjà leurs itinéraires dans la région.
Le Moyen-Orient assiste à la formation d’un nouvel axe mené par l’Arabie saoudite. Ce nouveau bloc composé des principaux pays sunnites repose sur deux objectifs principaux : contenir la menace iranienne et restaurer l’influence sunnite dans les pays dominés par des groupes ou alliés de l’Iran et simultanément, freiner Israël devenu hégémonique et limiter ses aventures militaires. Pour sa part, Abou Dhabi préfère continuer à faire cavalier seul et poursuivre sa lune de miel avec Tel Aviv.(Photo : Les ministres des Affaires étrangères turc Hakan Fidan, pakistanais Ishaq Dar, égyptien Badr Abdel Ati et saoudien Faisal bin Farhan au Caire, le 21 juin 2026.)
Imed Bahri
La région du Golfe a été durement touchée par la guerre israélo-américaine contre l’Iran, ses exportations ont chuté et son sentiment de sécurité s’est amoindri, rappelle Anchal Vohra dans Foreign Policy. Cependant, ajoute la journaliste, certains des États de la région se montrent plus déterminés à coopérer sur les questions de politique régionale. Un nouveau bloc a émergé en dehors du Conseil de coopération du Golfe (CCG), regroupant l’Arabie saoudite et le Qatar, ainsi que des États en dehors du Golfe comme l’Égypte, le Pakistan et la Turquie. Les Émirats arabes unis ne font pas partie de ce bloc.
Certains de ces États sont sortis clairement vainqueurs de la guerre, tandis que d’autres ont simplement bénéficié d’une plus grande résilience. Malgré une apparence de rapprochement, de profonds désaccords persistent quant à la meilleure approche à adopter face à l’Iran et quant à l’opportunité de normaliser les relations avec Israël ou de se préparer à affronter ce qui est perçu comme une expansion hégémonique israélienne.
Vers un nouvel ordre régional dans le Golfe
Quoi qu’il en soit, il est clair que la guerre contre l’Iran a engendré un nouvel ordre régional dans le Golfe dont les répercussions s’étendent au monde musulman dans son ensemble.
Ce nouveau bloc repose sur deux objectifs principaux : contenir la menace iranienne et restaurer l’influence de ce bloc sunnite dans les pays dominés par des groupes ou alliés de l’Iran, comme la Syrie et le Liban et, simultanément, freiner Israël et limiter ses aventures militaires.
Un observateur régional a fait remarquer que la frappe israélienne sur Doha l’an dernier, visant des membres du Hamas, a suscité des inquiétudes parmi les États du Golfe, qui craignent d’être les prochains visés, contribuant ainsi à un rapprochement entre d’anciens rivaux comme l’Arabie saoudite et la Turquie.
L’arsenal nucléaire pakistanais constitue également un pilier de cette alliance, servant de moyen de dissuasion face à Israël dans le cadre de la coopération saoudo-pakistanaise en matière de défense.
Bien que ce bloc ne possède pas de nom officiel, il est désigné dans les médias israéliens par les termes d’«Alliance sunnite» ou d’«Otan islamique en expansion», il reflète un réalignement régional alimenté par une méfiance croissante entre Riyad et Abou Dhabi. Alors que les deux pays cherchent à réduire leur dépendance au pétrole, les Saoudiens et les Émiratis se disputent désormais les mêmes investissements étrangers.
Après le Printemps arabe, l’Arabie saoudite et les Émirats considéraient les Frères musulmans comme une menace commune et partageaient la même position sur la plupart des questions régionales. Aujourd’hui, cependant, leurs intérêts semblent diverger. Les Émirats estiment que la normalisation des relations et la paix avec Israël constituent la meilleure voie à suivre, tandis que Riyad a constitué ce bloc régional adoptant des positions plus critiques à l’égard d’Israël.
Cette alliance à cinq pays représente également une tentative saoudienne de consolider son rôle de leader dans la région.
Le retrait des Émirats de l’Opep a soulevé des questions quant à la position de l’Arabie saoudite en tant que chef de file officieux du cartel pétrolier. Riyad a décidé d’organiser un sommet régional réunissant les États arabes et l’Iran mais la date de cet événement et la participation des Émirats restent incertaines, même si l’on s’attend à ce qu’ils abordent ce sommet avec une extrême prudence.
L’Arabie saoudite a subi relativement moins d’attaques que ses voisins, mais son sentiment de sécurité n’en a pas été moins ébranlé.
Riyad a affirmé que la confiance, déjà fragile, qui s’était instaurée avec l’Iran suite à l’accord de rapprochement négocié par Pékin en 2023 s’est totalement effondrée.
Sur le plan économique, l’Arabie saoudite a profité de la forte hausse de la demande et des prix du pétrole. En mars, malgré la fermeture du détroit d’Ormuz, la valeur des exportations saoudiennes a atteint son plus haut niveau en trois ans. Hisham al-Ghannam, chercheur au Centre Carnegie pour le Moyen-Orient à Riyad, a indiqué que le bénéfice net d’Aramco avait bondi de 26% au premier trimestre, le prix du pétrole passant de 74$ à plus de 119$ le baril. L’oléoduc Est-Ouest, qui offre une voie d’exportation alternative via la côte de la mer Rouge, a fonctionné à pleine capacité, soit sept millions de barils par jour.
Toutefois, M. Al-Ghannam a ajouté que la croissance du PIB saoudien avait ralenti à 2,8%, contre 3,7% précédemment, en raison de la fermeture de certains puits de pétrole, malgré la réorientation des flux pétroliers. Les experts sont partagés quant aux perspectives économiques du royaume, mais la guerre l’a incité à renforcer ses infrastructures en mer Rouge.
Le Qatar joue les utilités diplomatiques
Le Qatar est un autre acteur de cette nouvelle alliance. En 2017, Doha était boycotté par Bahreïn, l’Égypte, l’Arabie saoudite et les Émirats mais elle est aujourd’hui considérée comme un acteur diplomatique majeur. Durant la guerre contre l’Iran, les contraintes géographiques du Qatar, l’incapacité de Washington à empêcher les frappes iraniennes dans le Golfe et les relations plus chaleureuses que Doha entretenait avec Téhéran avant le conflit ont conduit les dirigeants qataris à privilégier la voie diplomatique avec l’Iran.
Après l’échec des efforts de médiation pakistanaise, Doha s’est engagée résolument dans une médiation à la mi-mai. Fin juin et alors que des négociateurs américains et iraniens tenaient 18 heures de pourparlers dans un complexe hôtelier de luxe surplombant le lac des Quatre-Cantons en Suisse, on craignait qu’un échange de tirs entre Israël et le Hezbollah ne fasse dérailler les négociations, selon une source proche du dossier.
Hisham al-Ghannam a déclaré : «Alors même que de hauts responsables s’asseyaient à la table des négociations– référence au vice-président américain J.D. Vance, aux conseillers de Trump Steve Witkoff et Jared Kushner et au négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf– les tensions concernant le Liban étaient palpables». Le chercheur a salué les efforts des médiateurs qataris pour contenir la crise in extremis, ajoutant que le Qatar avait usé de son influence auprès de l’Iran pour inciter le Hezbollah à publier une déclaration acceptant un cessez-le-feu et avait également encouragé les Américains à faire pression sur Israël pour obtenir une désescalade.
Les autres pays du bloc dirigé par l’Arabie saoudite cherchent également à tirer profit de la guerre. L’Égypte espère bénéficier de la volonté de l’Arabie saoudite d’étendre ses infrastructures, après que Riyad a officialisé son projet de construction d’un pont la reliant à la péninsule du Sinaï, avec l’ambition de faire de la côte méditerranéenne égyptienne une porte d’entrée vers l’Europe.
La Turquie, quant à elle, souhaite accroître ses ventes d’armes, anticipant la persistance des préoccupations sécuritaires.
Le Pakistan, pour sa part, a bénéficié d’une couverture médiatique positive après des années de condamnation internationale pour son soutien aux réseaux terroristes.
Les Émirats ont également décidé d’améliorer leur système logistique et de réduire leur dépendance au détroit d’Ormuz. Même pendant la guerre, ils ont réussi à maintenir leurs exportations via le port de Fujairah et cherchent désormais à développer leurs ports orientaux sur le golfe d’Oman.
Le Qatar a été le pays le moins touché par les frappes iraniennes durant la guerre, même si des attaques ont visé une installation majeure. Un bombardement a paralysé l’usine de Ras Laffan, l’une des plus grandes usines de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde, réduisant la capacité d’exportation du Qatar d’environ 17%.
Cependant, les Émirats sont restés en dehors du bloc dirigé par l’Arabie saoudite. Le chercheur au Carnegie Middle East Center a déclaré que ce bloc existe «parce que le Conseil de coopération du Golfe lui-même a peu de chances de s’unir sur la question iranienne».
Ces derniers mois, les relations entre le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le président émirati, le cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyan, se sont considérablement détériorées, principalement en raison de désaccords sur le Yémen et le Soudan.
On ignore encore si les Émirats participeront à un éventuel sommet sur l’Iran organisé par l’Arabie saoudite. Les Émirats ont subi plus de 3 000 attaques de missiles et de drones iraniens –plus que le total cumulé des attaques contre les autres États membres du CCG– ce qui a durci leur position à l’égard de l’Iran. Ils privilégient une campagne militaire américaine de longue durée contre l’Iran afin d’affaiblir ses capacités avant la conclusion d’un cessez-le-feu.
Toutefois, le point de désaccord majeur entre les deux camps concerne Israël. «Il y a deux camps : l’un soutient Israël, l’autre fait preuve de prudence», a déclaré un responsable du Golfe lors d’un entretien téléphonique.
Les Émirats sont restés fidèles aux accords d’Abraham malgré les récents conflits à Gaza et au Liban, tandis que l’Arabie saoudite a éprouvé des difficultés à normaliser ses relations dans ce contexte. En avril, Axios a rapporté que les Émirats avaient reçu d’Israël, pendant la guerre, du matériel de défense notamment des systèmes de défense aérienne ce qui est un signe d’une coopération accrue en matière de défense entre les deux pays face aux futures menaces iraniennes.
Les Émiratis perçoivent l’Iran comme une menace plus importante que nombre de leurs voisins, y compris ceux qui se sont alignés sur l’Arabie saoudite. Les Émirats ont subi des attaques iraniennes sans précédent tout en bénéficiant du soutien d’Israël, tandis que l’Arabie saoudite cherche à contenir simultanément l’Iran et Israël. Il semble évident que la divergence des approches en matière de sécurité collective dans le Golfe déterminera l’avenir de la région et les Émirats resteront probablement en dehors de ce bloc.
Sociologue à l’université UMLP en Franche-Comté, Thierry Brugvin revient sur les grandes étapes des relations entre l’Iran, les États-Unis et les puissances occidentales. Dans cette tribune, il défend l’idée que la guerre de 2026 s’inscrit dans une histoire de plusieurs…
En pleines négociations sur un accord de paix avec Téhéran, l’administration américaine aurait empêché Israël de cibler deux des principaux négociateurs iraniens. Elle aurait même prévenu discrètement les autorités iraniennes du risque d’une tentative d’assassinat.
Jusqu’où ira le gouvernement Netanyahou pour faire dérailler le train des négociations actuelles entre Washington et Téhéran ? Selon des sources concordantes citées par le New York Times et confirmées par le Washington Post, le renseignement américain aurait suspecté Israël de chercher à éliminer deux hauts responsables iraniens au moment où Washington menait au printemps dernier des négociations sensibles avec Téhéran en vue d’un accord de paix provisoire. Il s’agissait du ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghtchi, ainsi que du président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf.
Le média newyorkais rapporte également que l’influent président du Parlement a été visé à plusieurs reprises. Il a d’ailleurs survécu à une frappe israélienne visant une réunion secrète de hauts responsables gouvernementaux dans un bunker sous une montagne, pendant le conflit de cette année, après avoir déjà échappé à une attaque lors de la guerre des douze jours de juin 2025.
D’après les sources du New York Times, Washington craignait qu’une attaque contre les négociateurs iraniens, directement impliqués dans les négociations diplomatiques, ne fasse échouer les délicates discussions engagées à partir d’avril en vue d’un accord de paix intérimaire entre les États-Unis et l’Iran et de raviver les hostilités. Et ce, d’autant plus qu’Israël avait fait de l’élimination de dirigeants iraniens un pilier central de sa stratégie depuis le début du conflit déclenché le 28 février par une frappe ayant tué le Guide suprême Ali Khamenei et plusieurs autres dirigeants.
Le Wall Street Journal (WSL) avait d’ailleurs déjà révélé en mars que Ghalibaf et Araghtchi figuraient sur une liste de cibles israélienne avant d’en être temporairement retirés au moment de l’ouverture des discussions avec Téhéran.
D’ailleurs, en avril dernier, à l’occasion d’un déplacement de Mohammad Bagher Ghalibaf à Islamabad pour rencontrer le vice-président américain JD Vance, les autorités iraniennes avaient demandé, par l’intermédiaire du Pakistan et du Qatar, des garanties de sécurité, craignant une tentative d’assassinat destinée à torpiller les négociations. C’est pour ces raisons, rapporte le New York times, que des chasseurs pakistanais auraient escorté l’avion transportant la délégation iranienne jusqu’au Pakistan puis lors du vol retour. Toujours selon la même source, une alerte faisant état d’une menace israélienne a conduit l’appareil à se poser en urgence à Mashhad, avant que la délégation ne rejoigne Téhéran par la route.
L’assassinat, une politique de d’Etat hébreu
Faut-il rappeler à cet égard que le Mossad avait dès les premiers mois de la guerre contre l’Iran ciblé plusieurs hauts responsables iraniens, y compris des personnalités considérées à Washington comme des interlocuteurs potentiels, telles qu’Ali Larijani, responsable de la sécurité nationale, ou encore l’ancien ministre des Affaires étrangères Kamal Kharazi, tués dans des frappes israéliennes alors qu’ils participaient aux échanges avec les États-Unis.
Or, pour éviter que l’imprévisible Premier ministre israélien ne passe à l’action derrière son dos, l’administration Trump serait même allée jusqu’à solliciter plusieurs pays de la région afin qu’ils avertissent discrètement les autorités iraniennes d’un risque d’opération israélienne visant leurs principaux négociateurs. Mais, comme Washington et Téhéran n’entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1980, cet avertissement aurait été transmis par des intermédiaires régionaux plutôt que directement.
Pourtant, et en dépit de ces menaces, les négociations se sont poursuivies : les hauts responsables iraniens participaient à des réunions au Qatar à la fin du mois de mai, puis en Suisse en juin, où ils ont rencontré J.D. Vance et la délégation américaine. Ces discussions, organisées à Islamabad avec une médiation partielle du vice-président américain, ont débouché sur l’accord-cadre conclu le 17 juin entre l’Iran et les États-Unis pour mettre fin à leur guerre. Les deux pays observent désormais un cessez-le-feu de 60 jours, censé permettre aux négociations d’aboutir à un accord définitif.
Divergences
Cela étant, pour certains observateurs, la décision américaine d’avertir Téhéran de ces risques d’assassinat est une nouvelle illustration de la divergence croissante entre les objectifs de guerre de Washington et d’Israël.
Israël et les États-Unis ont mené ensemble des frappes sur l’Iran depuis le 28 février 2026, dans l’objectif annoncé de faire chuter le régime. L’ancien guide suprême iranien, Ali Khamenei, ainsi qu’un grand nombre de personnalités du régime des ayatollahs avaient été assassinés par l’aviation israélienne dès le premier jour, et durant les jours qui ont suivi. Mais à mesure que le temps passait, et qu’il devenait clair que le régime de la République islamique n’était pas sur le point de tomber, les divergences entre les deux alliés n’ont fait que grandir. Alors que les États-Unis décrétaient un cessez-le-feu après quelque 40 jours de guerre, les signes d’un mécontentement israélien se multipliaient. La méfiance a grandi entre les Américains et Israéliens, tant et si bien que les seconds ont été écartés des pourparlers engagés avec l’Iran depuis mars.
« Cela illustre la divergence des objectifs de guerre entre les États-Unis et Israël, ainsi que la volonté fondamentale du Premier ministre israélien de torpiller toute négociation que les États-Unis pourraient conclure », a déclaré David Miller, ancien responsable du département d’État, ayant occupé le poste de conseiller pour des administrations républicaines et démocrates. Reste à savoir si Netanyahou peut prendre le risque d’aller jusqu’au bout d’une aventure à haut risque, quitte à braquer son terrible allié américain.
Reste à savoir si le boucher de Gaza est réellement prêt à pousser cette stratégie jusqu’à son terme, au risque d’une confrontation ouverte avec son plus puissant et redoutable allié, les États-Unis de Trump.
Plusieurs grandes nations européennes acceptent désormais l’idée que les navires transitant par le détroit d’Ormuz devront payer des frais à l’Iran et à Oman, selon Bloomberg.
La possibilité de frais de service à la suite de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran est désormais considérée par certains pays de l’UE comme inévitable. Les États-Unis et les pays arabes du Golfe maintiennent que l’Iran et Oman ne peuvent imposer aucune redevance pour le détroit d’Ormuz. Les préoccupations portent sur le respect du droit maritime international et le risque de créer un précédent permettant à d’autres pays de percevoir des frais sur différentes voies navigables.
Tout en acceptant la perspective de coûts supplémentaires, les pays européens ont exhorté les responsables iraniens et omanais à ne pas discriminer les navires en fonction de leur nationalité, selon un rapport de Bloomberg.
A rappeler que, selon des sources confidentielles, Oman aurait indiqué aux responsables européens qu’un retour au statu quo d’avant-guerre dans le détroit d’Ormuz était impossible. Les navires transitant par cette voie navigable, qui constitue un point de passage stratégique pour les approvisionnements énergétiques du Golfe, pourraient se voir facturer des services liés à la dépollution du détroit et aux coûts de navigation.
Oman, qui entretient des alliances à la fois avec l’Occident et l’Iran, fait face à des pressions des deux côtés. Le sultanat borde la partie méridionale du détroit et a envoyé des messages publics contradictoires concernant ses intentions, tout en affirmant qu’il respectera le droit maritime international…
Le trafic maritime commercial à travers le détroit d’Ormuz a augmenté depuis que l’Iran et les États-Unis ont signé un accord de paix provisoire il y a environ deux semaines. Cet accord, combiné au soutien militaire américain aux navires, a porté les flux pétroliers transitant par ce point de passage depuis des pays, comme l’Arabie Saoudite, à plus de 10 millions de barils par jour, soit légèrement plus de la moitié des niveaux d’avant-guerre. L’Iran a également augmenté ses exportations de brut après que les États-Unis ont levé le blocus de ses ports.
Le marché mondial du pétrole devrait revenir à un état de surproduction. Et ce, à mesure que l’impact de la guerre avec l’Iran s’atténue et que le transit par le détroit d’Ormuz est rétabli. C’est ce qu’annonce Goldman Sachs Group Inc.
Si les achats de pétrole brut destinés à reconstituer les réserves stratégiques devraient réduire dans une certaine mesure la surabondance mondiale, ils ne compenseront que partiellement l’excédent prévu. Ainsi a déclaré Samantha Dart, co-responsable de la recherche mondiale sur les matières premières chez Goldman Sachs, dans une interview accordée à Bloomberg Television le 1er juillet. « Une fois que les flux à travers le détroit se seront normalisés, nous estimons que nous passerons à une situation de surproduction » a-t-elle expliqué. Le surplus devrait atteindre en moyenne un peu plus de 3 millions de barils par jour l’année prochaine…
A cet égard, notons que les cours de référence du pétrole brut se sont effondrés de près de 30 % au dernier trimestre, anéantissant tous les gains réalisés pendant le conflit. Alors même que les États-Unis et l’Iran étaient parvenus à un accord de paix provisoire et que le trafic maritime sur cette voie maritime commençait à se redresser. Au début de la crise, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a coordonné le déblocage d’une quantité record de 400 millions de barils de pétrole provenant des réserves stratégiques des pays développés. L’objectif était de contenir les prix et de garantir l’approvisionnement. Il est désormais impératif de reconstituer ces réserves.
L’analyse de Goldman Sachs, selon laquelle le marché se dirige à nouveau vers une situation de surproduction, rejoint l’avis de Morgan Stanley. En effet, ce dernier a revu à la baisse ses prévisions de prix à deux reprises en un peu plus de deux semaines. « Alors que l’attention se porte désormais sur 2027, le marché a bouclé la boucle et se retrouve à nouveau en situation de surproduction » ont indiqué les analystes de Morgan Stanley, dans une récente note.
Le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz a continué d’augmenter, malgré les attaques perpétrées contre deux navires ces derniers jours. L’Iran a par ailleurs réaffirmé son intention de contrôler le trafic maritime dans ce passage, possiblement en coopération avec Oman.
« C’est terminé »
Les exportations via le détroit d’Ormuz devraient revenir à la normale d’ici la fin du mois, estime Mme Dart. « Nous sommes convaincus que la situation sera rétablie d’ici la fin juillet » poursuit-elle.
Interrogée sur la proposition d’imposer des droits de transit aux navires, Dart de Goldman Sachs pense que les entreprises étaient moins préoccupées par les coûts que par l’incertitude réglementaire. « Lorsque je parle aux compagnies maritimes, la principale chose qu’elles me disent, c’est : « Je ne vois pas d’inconvénient à payer les péages, tant que les règles sont claires » » a-t-elle rapporté. Tout en faisant référence à la nécessité d’éviter toute violation des sanctions américaines.
Une taxe de transit informelle, évoquée par le passé, s’élevait à environ 1 dollar par baril, un coût qui, selon l’analyste, ne diffère pas sensiblement de la volatilité quotidienne habituelle des prix du pétrole. « Cela va-t-il vraiment augmenter significativement les coûts énergétiques ? Ce n’est pas évident. D’après mes discussions avec les compagnies maritimes, c’est l’impression que j’ai eue » conclut-elle.
Au final, le prix du Brent se négociait mercredi 1er juillet sous la barre des 73 dollars le baril. Au plus fort de la guerre, il avait dépassé les 126 dollars.
Oman a signifié à des responsables européens qu’il était impossible de rendre au détroit d’Ormuz son état d’avant-guerre et que les navires de passage pourraient devoir s’acquitter de droits de passage. C’est ce que rapporte Bloomberg, citant des sources proches du dossier.
Bien que les autorités omanaises aient clairement indiqué qu’elles se conformeraient toujours au droit maritime international, elles ont également souligné que des frais pourraient être facturés pour les services liés au nettoyage du détroit ou à l’assistance à la navigation, ont indiqué les sources à l’agence. Oman a commencé à analyser des systèmes similaires utilisés à des points de passage étroits dans d’autres parties du monde, comme le détroit de Malacca en Asie, ont indiqué les mêmes sources.
En effet, les États-Unis, l’Europe et les voisins d’Oman dans le Golfe sont de plus en plus préoccupés par la possibilité que le sultanat instaure, en collaboration avec l’Iran, un système de péage ou de redevance pour le détroit d’Ormuz, note Bloomberg.
L’imposition de taxes aux navires pourrait coûter des dizaines de milliards de dollars par an au secteur du transport maritime. Plusieurs gouvernements, dont ceux des États-Unis, du Royaume-Uni, de la France, de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, ont averti que cette mesure constituerait une violation du droit maritime.
D’ailleurs, le président français, Emmanuel Macron rencontrera, lundi 29 juin 2026, à Paris le dirigeant omanais, le sultan Haïtham ben Tariq, alors que les puissances mondiales intensifient leurs efforts pour garantir le maintien de la liberté de passage dans le détroit. Les deux dirigeants examineront « la sécurité des voies maritimes, qui dépend du libre passage et sans condition à travers le détroit d’Ormuz », estiment les analystes français…
« Oman se trouve pris entre le marteau et l’enclume, tentant de maintenir un équilibre entre l’Iran et les États-Unis », a déclaré Bader Al-Saif, professeur adjoint à l’Université du Koweït et chercheur principal au think tank britannique Chatham House. « Cette stratégie a plus ou moins fonctionné par le passé. Mais avec les deux camps en guerre et cherchant constamment à se surpasser, cette attitude d’Oman finira par se retourner contre lui »…
A noter enfin que le trafic pétrolier via le détroit d’Ormuz a augmenté depuis la signature d’un accord de paix intérimaire entre le président américain Donald Trump et l’Iran, entraînant une baisse significative des prix du pétrole brut. Mais le trafic reste bien inférieur aux niveaux d’avant-guerre et les navires sont toujours exposés à des dangers.
Le dollar s’est légèrement apprécié lundi 29 juin, restant en voie de réaliser son plus fort gain mensuel en près d’un an; et ce, dans un contexte de tensions avec l’Iran.
L’euro s’est établi à 1,1387 dollar après avoir atteint la semaine dernière son plus bas niveau en 13 mois face à la monnaie américaine. Et il se dirige vers une baisse mensuelle de 2,3 %. La livre sterling a reculé de 0,1 % à 1,3198 dollar, enregistrant une baisse mensuelle de 2 %. Le dollar australien, sensible à l’appétit pour le risque, s’établissait à 0,6885 dollar américain, en baisse de 0,1 % en début de séance. Et il s’oriente vers une baisse mensuelle de 4,1 %. Le dollar néo-zélandais est resté quasiment inchangé à 0,5635 dollar américain, enregistrant une baisse mensuelle de 5,9 %. Quant au yen, il s’échangeait à 161,75 contre le billet vert. La monnaie japonaise continuant de baisser et approchant son plus bas niveau en 40 ans.
Par ailleurs, l’indice du dollar, qui mesure la performance de la devise américaine par rapport à un panier de devises comprenant le yen et l’euro, a légèrement progressé pour atteindre 101,36.
Au final, l’indice est actuellement en voie d’atteindre une hausse de 2,5 % en juin. Ce qui représenterait sa plus forte progression mensuelle depuis juillet de l’année dernière.
Depuis la création d’Israël, l’histoire nous enseigne que ce pays n’a jamais respecté un seul accord qu’il a signé avec ses voisins. Même après avoir perpétré un génocide à Gaza et que ses complices américains lui ont fait signer un cessez-le-feu, il a continué et continue encore impunément de bombarder les survivants sous leurs tentes, dressées au milieu des ruines !
Pourtant, le gouvernement libanais a signé le vendredi 26 juin à Washington un accord de paix avec Israël. C’est la forte pression des Etats-Unis qui a forcé le président Joseph Aoun à accepter un tel accord tout en sachant pertinemment qu’il restera lettre morte comme tous les précédents accords que l’entité sioniste a signés. Et de fait, moins de deux jours après son entrée en vigueur, Israël a repris ses bombardements au Liban, tuant les civils et détruisant les maisons sur la tête de leurs habitants. La dernière frappe remonte à dimanche 28 juin. La cible était un parc d’attractions à Nabatieh où le ministre libanais a fait état de morts et de blessés…
Il va sans dire que le Hezbollah a rejeté fermement l’accord et des milliers de manifestants ont défilé à Beyrouth et dans sa banlieue sud, dénonçant « l’accord honteux et la capitulation face à Israël »
Rien d’étonnant quand on sait que l’accord n’oblige Israël ni à se retirer du territoire libanais, ni même d’arrêter ses bombardements. Le seul élément de l’accord sur lequel Américains et Israéliens ont pesé de tout leur poids est l’obligation faite pour le gouvernement libanais de « procéder au désarmement de Hezbollah ».
Mais il est quand même étonnant que le secrétaire d’État américain Marco Rubio, qui a supervisé la signature de l’accord, puisse déclarer que « la situation au Liban était distincte du cessez-le-feu avec l’Iran », malgré le fait que le premier article du mémorandum d’entente entre les États-Unis et l’Iran stipule explicitement « le cessez-le-feu total au Liban. »
Le refus de Netanyahu d’accepter les dispositions de l’accord irano-américain et l’impuissance de Donald Trump à l’imposer au Premier ministre israélien sont la source du regain de tension entre Washington et Téhéran ces derniers jours, avec des tirs américains sur l’Iran et des représailles iraniennes sur des bases US au Koweit et à Bahrein…
Tiraillé entre les fortes pressions israélo-américaines d’une part et le risque d’une guerre civile d’autre part, le gouvernement libanais n’a eu rien à dire pour justifier sa signature que « l’objectif final de l’accord est le retrait des troupes israéliennes du Liban. ». Difficile pour les Libanais de croire à un tel objectif quand, en réalité, aucun calendrier n’est fixé fixé à cet effet et aucune garantie n’assure la fin de l’occupation.
Euphorique, Benjamin Netanyahu s’est vanté devant la presse que « l’accord avec le Liban permet à l’armée israélienne de rester au Liban aussi longtemps qu’elle le souhaite », ajoutant que « l’objectif principal de cet accord est d’extirper la présence du Hezbollah et de l’Iran du Liban. »
Les médias israéliens ne cachent pas leur satisfaction de l’accord, affirmant de leur côté que « l’annexe de l’accord relative à la sécurité maintient l’occupation et confère à l’armée une totale liberté d’action ».
Nul besoin d’être un analyste chevronné ni un devin pour se rendre à l’évidence que la véritable intention qu’Israël tente de dissimuler dans cet accord est le déclenchement d’une guerre civile au Liban. Car la clique génocidaire au pouvoir à Tel-Aviv sait pertinemment que l’accord ne manquera pas d’approfondir le fossé qui divise la société libanaise entre ceux qui veulent un accord de paix avec Israël à n’importe quel prix et ceux qui insistent sur la résistance à l’occupation israélienne à n’importe quel prix…
C’est une réalité visible à l’œil nu. Le gouvernement libanais et ceux qui le soutiennent tiennent à un arrêt des combats, même si Israël ne quitte pas le sud-Liban, et le Hezbollah, Amal et ceux qui les soutiennent exigent la fin de l’occupation avant tout accord.
Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, a qualifié l’accord de « nul et non avenu » et a affirmé que « le gouvernement libanais avait fait des concessions unilatérales et porté atteinte à la souveraineté du Liban. »
Quant à Nabih Berri, chef du mouvement Amal, il a rejeté tout aussi fermement l’accord, le qualifiant d’« incitation à la guerre civile ».
Il y a plus d’un demi-siècle, en 1975 plus exactement, Israël fomenta une guerre civile qui a mis quinze ans durant le Liban à feu et à sang. Il y a tout lieu de craindre que les génocidaires israéliens, avec la complicité de leurs soutiens à Washington, s’activent à replonger le Liban dans le même désastre.
Les États-Unis et l’Iran ont convenu de cesser leurs attaques réciproques, selon un haut responsable américain cité par Axios. Les deux parties devraient se rencontrer mardi 30 juin à Doha, au Qatar.
Cette évolution survient alors que le cessez-le-feu est mis à l’épreuve seulement 11 jours après son entrée en vigueur, suite à de nouvelles attaques et à la menace du président Donald Trump que les États-Unis pourraient reprendre la guerre et « finir le travail ».
Axios affirme que la nouvelle flambée de violence dans la région a été provoquée par des interprétations différentes du mémorandum d’entente visant à mettre fin à la guerre, principalement concernant les conditions relatives au détroit d’Ormuz.
Le média américain rappelle que, lors des négociations qui se sont tenues en Suisse, la délégation américaine, conduite par le vice-président J.D. Vance, a convenu avec l’Iran de créer une « ligne directe » entre l’armée américaine et les Gardiens de la révolution afin de coordonner la navigation dans le détroit d’Ormuz.
Les pourparlers du 30 juin, initialement prévus en Suisse et portant sur le programme nucléaire iranien, ont été déplacés et modifiés en raison de la récente escalade des tensions. L’ordre du jour se concentre désormais sur le détroit d’Ormuz…
L’armée américaine a attaqué l’Iran, vendredi 26 juin, en réponse à une frappe de drone iranienne contre un cargo dans le détroit d’Ormuz, mettant ainsi à l’épreuve le fragile accord de paix conclu les deux pays.
À peine un jour après l’attaque d’un navire marchand près des côtes omanaises, l’Iran a réaffirmé vendredi son droit à contrôler la navigation dans le détroit d’Ormuz, tout en mettant en garde les monarchies du Golfe contre tout alignement sur les positions américaines. Cette nouvelle passe d’armes diplomatique intervient alors que l’accord préliminaire conclu récemment pour mettre fin à la guerre entre Washington et Téhéran montre déjà des signes de fragilité.
La réaction iranienne fait suite à une déclaration commune des États-Unis et des six pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG), dénonçant les prétentions de Téhéran à imposer des droits de passage aux navires empruntant cette voie maritime stratégique. Dans ce contexte, le secrétaire d’État américain Marco Rubio et les États du Golfe ont réclamé une navigation « libre, inconditionnelle et sans restriction », rejetant toute tentative iranienne d’exercer un contrôle ou de percevoir des péages.
Sur le réseau X, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a répondu que « la sécurité de la navigation dans le détroit d’Ormuz ne peut être garantie par des arrangements ambigus, des itinéraires parallèles ou des mécanismes décisionnels ignorant le rôle de l’Iran en tant qu’État riverain ».
Une attaque qui ravive les inquiétudes
Cette montée de tension survient après qu’un cargo battant pavillon singapourien a été touché jeudi 25 juin lors de sa traversée du détroit. Selon l’armateur Evergreen, le navire a subi des dommages au niveau de la passerelle mais a pu poursuivre sa route sans victime parmi l’équipage. L’incident a conduit l’Organisation maritime internationale (OMI) à suspendre temporairement son programme d’évacuation des centaines de navires restés bloqués dans le Golfe depuis le début de la guerre, le 28 février dernier. L’agence onusienne souhaite obtenir de nouvelles garanties de sécurité avant de reprendre ses opérations…
Les marchés restent prudents
Malgré ces tensions, les marchés pétroliers ont poursuivi leur détente. Les cours du brut ont reculé, les opérateurs estimant que les exportations énergétiques du Golfe reprennent progressivement. Le géant saoudien Saudi Aramco a ainsi relancé ses chargements de pétrole à Ras Tanura, le plus grand terminal pétrolier du monde, après près de quatre mois d’interruption.
Les expéditions d’engrais, elles aussi fortement perturbées par le conflit, recommencent à quitter la région. Toutefois, les analystes estiment qu’un retour à la normale reste éloigné en raison des risques sécuritaires persistants, des infrastructures endommagées et de centaines de navires encore immobilisés…
« Allié inconditionnel d’Israël et de son Premier ministre, le président américain pourrait signer la mort politique de Benyamin Netanyahou et sa défaite aux prochaines élections, après avoir hâtivement mis fin à la guerre et conclu un accord avec Téhéran », écrit le média américain, The Atlantic.
Et si le protocole d’accord arraché dans la douleur avec Téhéran constituait finalement le pire cauchemar du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou ? Ne se targuait-il pas d’avoir l’oreille du président américain et d’influer sur la politique étrangère de Washington, au point de bénéficier du privilège rarissime d’être reçu à sept reprises à la Maison Blanche ?
Mais c’était sans compter sur l’imprévisibilité de l’ancien promoteur immobilier, ni sur un principe fondamental de la Realpolitik qui gouverne les relations internationales : les alliances comme les choix géopolitiques obéissent d’abord au pragmatisme et à la défense des intérêts nationaux, bien davantage qu’aux affinités personnelles ou aux proximités idéologiques. Après tout, ne dit-on pas que « les États n’ont pas d’amis, seulement des intérêts » ? Bibi aurait tout intérêt à méditer cette maxime, souvent attribuée, à tort, au général de Gaulle.
Brimades et vexations publiques
Aujourd’hui, il ne reste plus grand-chose de cette relation autrefois présentée comme privilégiée entre les deux hommes. La proximité avec Washington, que Netanyahou exhibait comme une preuve de son poids politique et un argument électoral, semble s’être retournée contre lui. Ce qui constituait hier encore un signe de puissance apparaît désormais comme le révélateur de son érosion d’influence.
Trump n’avait-il pas hésité, lors d’une une conversation téléphonique houleuse avec Premier ministre israélien sur le bombardement israélien du Sud de Beyrouth, à le traiter comme quantité négligeable ? « T’es complètement cinglé ! Qu’est-ce que tu fous ? Tu serais en prison sans moi. Je t’ai sauvé les fesses. Tout le monde te déteste maintenant. Tout le monde déteste Israël à cause de ça », lui aurait lancé le milliardaire républicain, faisant référence au procès pour corruption visant le Premier ministre israélien depuis 2020.
Ajoutant à cela qu’afin de préserver l’accord en cours de négociation avec Téhéran, le président américain a en effet contraint le gouvernement Netanyahou à renoncer à des frappes de représailles contre l’Iran et exigé une modération de sa réponse aux tirs du Hezbollah, avant d’imposer un cessez-le-feu entre Israël et le mouvement chiite le 19 juin.
Par ailleurs, en signe de défiance, le président octogénaire aura également refusé que Tel-Aviv ait un droit de regard sur le protocole d’accord négocié par son administration avec l’Iran. La confiance ne semble plus régner entre les deux hommes ; loin de là.
Bref, « non seulement il a perdu la guerre avec l’Iran, mais il a aussi perdu Trump comme ami. Il est désormais isolé non seulement sur la scène internationale, mais enfermé dans un conflit majeur avec Trump », a asséné Aviv Bushinsky, ancien conseiller de Netanyahou.
Dilemme
Mais comment réagit le dirigeant israélien face à ce désamour qu’il n’a pas vu venir ? Va-t-il, pour sauver la face, se rebiffer contre le « diktat » américain ou est-il plus sage de plier l’échine en attendant le passage de l’orage ? Placé devant un dilemme existentiel pour son pays ainsi que pour son avenir politique, il se mure pour le moment dans un silence pesant. En a-t-il d’ailleurs le choix ?
Un dilemme que le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, a parfaitement résumé lundi 22 juin au Parlement en ces termes : « soit un affrontement direct et destructeur avec notre plus grand allié, soit une capitulation servile face aux intérêts israéliens ».
Mais en attendant que le versatile président américain revienne à de meilleurs sentiments, Netanyahou devra justifier – devant l’opinion publique israélienne, à son électorat, et surtout devant son gouvernement composé de la coalition de droite, d’extrême droite et de partis ultra-orthodoxes avec à leur tête l’incontrôlable Bezalel Smotrich ou encore l’infréquentable Itamar Ben-Gvir – que lui qui se targue publiquement d’exercer une réelle influence sur les décideurs à Washington soit écarté brutalement et sans ménagement des accords avec l’Iran par l’homme qu’il désignait comme « le plus grand ami qu’Israël ait jamais eu à la Maison-Blanche ».
Il devra également justifier que l’homme qui a fait du conflit avec l’Iran le pilier central de la politique de sécurité d’Israël, finisse d’accepter que l’Iran, l’ennemi « existentiel » dont il en fait une fixation depuis plus de 30 ans, sorte du conflit affaibli militairement mais la tête haute pour avoir tenu tête à deux puissances nucléaires.
Enfin, sur le dossier libanais, Netanyahou semble plus que jamais tiraillé. Doit-il se plier aux exigences de Trump, qui presse Tsahal de mettre fin à ses frappes contre le Hezbollah, le bras armé de Téhéran, et de se retirer du Sud Liban, ou écouter son propre camp, qui appelle à tenir bon au nom des intérêts supérieurs d’Israël ? Cette ligne dure s’est d’ailleurs exprimée publiquement : « L’accord de Trump ne nous engage pas », a lancé le 22 juin sur les réseaux sociaux Itamar Ben-Gvir.
Le Premier ministre israélien semble avoir tranché en affirmant que les forces israéliennes resteraient dans les zones de sécurité du Liban, de la Syrie et de Gaza « aussi longtemps que nécessaire », et qu’elles « conservaient la liberté d’agir contre les attaques ». Mais en a-t-il les moyens ?
Reprise de main
« Toute action militaire israélienne perçue à Washington comme une tentative de saboter l’accord se heurtera très probablement à une réponse ferme de la part des États-Unis », a déclaré un chercheur spécialiste de l’Iran à l’Institut israélien d’études sur la sécurité nationale (INSS) dans un article publié dans le quotidien Israel Hayom.
« Contrairement à ce qui se passait sous l’administration Obama, lorsque Benjamin Netanyahou pouvait tenter de contourner la Maison Blanche en mobilisant le soutien du Congrès et de l’opinion publique américaine, ces options n’existent pratiquement plus aujourd’hui », a-t-il encore ajouté.
Aujourd’hui, le président américain semble avoir définitivement repris la main. Fini le temps où Benyamin Netanyahou pouvait composer par téléphone les équilibres stratégiques de Washington à sa convenance. L’influence israélienne, longtemps exercée dans l’ombre mais avec efficacité, paraît désormais nettement affaiblie.
Les prix du pétrole ont reculé pour une quatrième session consécutive, jeudi 25 juin, tombant à leurs niveaux les plus bas d’avant la guerre contre l’Iran.
Cette baisse est due au fait que les inquiétudes concernant les perturbations des approvisionnements en brut au Moyen-Orient continuent de s’atténuer, portées par une normalisation du trafic dans le détroit d’Ormuz.
Les contrats à terme sur le Brent expirant en août ont ainsi chuté ce jeudi matin de 1,8 % à 72,42 $ le baril. Tandis que les contrats à terme sur le West Texas Intermediate (WTI) ont reculé de 1,5 % à 69,27 $ le baril.
Les deux contrats sont tombés à leur niveau le plus bas depuis le 27 février, soit la veille du début du conflit entre les États-Unis et l’Iran. Les prix avaient déjà chuté de près de 4 % lors de la session précédente, effaçant ainsi la majeure partie de la prime de risque géopolitique qui s’était accumulée pendant la guerre.
Le marché restait concentré sur le détroit d’Ormuz, artère névralgique du commerce mondial de l’énergie, par laquelle transite environ un cinquième de la consommation mondiale de pétrole.
Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a indiqué que les flux de brut à travers ce passage maritime étaient proches de la normale, avec environ 20 millions de barils ayant traversé le détroit au cours des dernières 24 heures sous protection militaire. Des rapports s’appuyant sur des données de navigation ont montré que davantage de navires reprenaient leur transit par le détroit après des semaines de perturbations. Alors que plusieurs pétroliers précédemment bloqués dans le Golfe avaient repris leur route…
Ce dernier recul marque un retournement spectaculaire par rapport au début de l’année, lorsque la fermeture et les perturbations du trafic dans le détroit d’Ormuz avaient propulsé le Brent au-dessus de 120 $ le baril au plus fort de la crise.
Malgré la récente vague de ventes, les analystes ont averti que des risques demeuraient. Toute nouvelle montée des tensions entre l’Iran et les États-Unis pourrait rapidement raviver les craintes d’une rupture d’approvisionnement.
A noter du reste que les stocks commerciaux de brut américains ont diminué de 6,1 millions de barils au cours de la semaine terminée le 19/06, à 412,1 millions de barils, leur niveau le plus bas depuis janvier 2025. Soit un recul plus important qu’attendu par les analystes…
La Russie envisage d’interdire ses exportations de diesel afin d’éviter des pénuries sur son territoire en raison de l’intensification des attaques ukrainiennes contre les raffineries du pays. Cette mesure pourrait exercer une pression supplémentaire sur les approvisionnements internationaux en carburant, déjà mis à rude épreuve par les perturbations causées par la guerre en Iran.
L’éventuelle interdiction des ventes de diesel sur les marchés étrangers s’ajoutera aux restrictions existantes sur les flux d’essence et de kérosène, a déclaré mardi 23 juin le vice-Premier ministre russe, Alexandre Novak, lors d’une réunion gouvernementale avec le président Vladimir Poutine.
Actuellement, les exportations de diesel russe ne sont interdites qu’aux négociants et autres vendeurs qui ne produisent pas leur propre carburant.
Si la Russie décide de mettre en œuvre une interdiction totale, cela pourrait exercer une pression à la hausse sur les prix mondiaux du diesel, car le pays est un important exportateur de ce carburant. L’année dernière, il a exporté 907 000 barils de diesel par jour à l’international, soit 11 % de l’offre totale, selon les données compilées par Bloomberg à partir des données de Vortexa.
Les contrats à terme sur le diesel européen se sont redressés après les pertes précédentes et la prime par rapport au pétrole brut a bondi jusqu’à 5,9 %, atteignant 39,32 dollars le baril.
Cette interdiction potentielle intervient après l’intensification des attaques de drones ukrainiens contre les raffineries, qui ont fait chuter la production de pétrole brut russe à son plus bas niveau en 20 ans début juin. Depuis le début de l’année, les drones ukrainiens ont attaqué les raffineries du pays au moins 47 fois, contre 82 attaques pour l’ensemble de l’année 2025, selon Bloomberg.
A noter que la Russie est le deuxième exportateur mondial de gazole après les États-Unis; sachant que la Turquie et le Brésil sont ses principaux clients. Ses exportations quotidiennes de gazole ont chuté en mai à leur plus bas niveau en six mois, selon les données de Vortexa.
Les économies mondiales se tournent déjà vers des alternatives énergétiques au-delà du Moyen-Orient. Car la guerre en Iran exerce une pression irréversible sur l’industrie pétrolière. C’est ce qu’a déclaré, lundi 22 juin à CNN, Karen Yang, chercheuse à l’Université Columbia.
« Les pays accordent désormais une plus grande importance à la sécurité énergétique. Et ils cherchent donc à diversifier leurs approvisionnements, tant pétroliers qu’énergétiques en général. Dans de nombreuses régions, cela se traduira par une transition vers les énergies renouvelables, notamment dans les transports et les véhicules électriques. Il faudra également revoir la composition du mix énergétique. Ce qui aura une incidence sur les volumes de gaz naturel exportés du Moyen-Orient » explique-t-elle.
De ce fait, de nombreux pays se tourneront vers leurs propres ressources énergétiques et vers ce qui est facilement accessible. « L’objectif est […] de ne pas dépendre d’une seule source. Notamment en ce qui concerne le pétrole, mais aussi pour tout type d’énergie » poursuit-elle.
En outre, l’accord initial entre les États-Unis et l’Iran autorise les navires commerciaux à traverser le détroit d’Ormuz en toute sécurité pendant 60 jours sans frais. Cependant, Mme Yang avertit que si l’Iran établissait des droits de passage dans le détroit une fois l’accord américain expiré, cela enverrait le message que certains pays pourraient exercer des pressions sur le commerce mondial en empruntant d’autres voies maritimes stratégiques…
D’ailleurs, Karen Yang note que les voisins iraniens du Golfe s’apprêtent à investir dans des oléoducs pour contourner le détroit d’Ormuz.
La guerre américano-israélienne contre l’Iran a, entre autres, ébranlé les valeurs refuges vers lesquelles les investisseurs se tournaient traditionnellement en période de conflits armés majeurs. Ni le dollar ni l’or et encore moins les obligations d’État, considérés comme des valeurs refuges, n’ont, cette fois-ci, confirmé leur réputation.
Alors que la guerre semble toucher à sa fin, Morgan Stanley a publié, samedi 20 juin, quelques conclusions sur l’évolution des marchés pendant le conflit. Ainsi, les marchés boursiers ont absorbé le choc relativement rapidement. Les craintes de droits de douane massifs annoncés par Trump en avril 2025 avaient provoqué une chute des actions d’environ 20 %. Cette fois-ci, cependant, malgré la guerre et les risques importants pesant sur la croissance mondiale, le repli a été plus modéré, se limitant à 9 %.
À la mi-avril, les marchés et la Bourse grecque avaient « déclaré » la fin de la guerre. Après tout, la plupart des chocs géopolitiques de ces dernières années n’ont pas eu d’impact durable sur les marchés boursiers. En effet, si de tels événements provoquent une volatilité immédiate et intense, les marchés ont tendance à se redresser relativement vite, souvent avant même la fin des conflits. Les événements géopolitiques engendrent des ventes massives à court terme, mais ils modifient rarement la tendance de fond des marchés.
Les marchés se concentrent en définitive sur les fondamentaux, tels que les bénéfices des entreprises, les taux d’intérêt et la croissance économique, plutôt que sur l’actualité. Les événements géopolitiques suscitent la peur (une hausse de l’indice de volatilité VIX), qui s’estompe une fois que la nouvelle réalité est intégrée aux prix.
Les investisseurs intègrent souvent le risque dans leurs cours avant même le début d’un conflit. Une fois l’événement survenu, l’incertitude diminue et les marchés se redressent avant même la fin du conflit.
Obligations d’État
De leur côté, les obligations d’État sont traditionnellement considérées comme une valeur refuge en période de conflit. Selon le modèle classique, elles servent de protection lorsque les marchés boursiers chutent. En mars, cette relation a été perturbée.
Face à l’escalade des tensions au Moyen-Orient, qui a fait grimper les prix du pétrole et ravivé les craintes d’inflation, obligations et actions ont chuté de concert, ne parvenant pas à diversifier les portefeuilles au moment où les investisseurs en avaient le plus besoin. La conclusion est simple : un portefeuille fondé sur une seule corrélation « fixe » entre actifs peut s’avérer plus vulnérable qu’il n’y paraît.
Le dollar
Quant au dollar, il ne s’est pas comporté comme une valeur refuge classique. Normalement, il se renforce lorsque les investisseurs recherchent la sécurité ou lorsque les taux d’intérêt américains sont plus avantageux que ceux pratiqués à l’étranger. Cependant, pendant la majeure partie des six premières semaines du conflit, le dollar est apparu étroitement lié au pétrole, progressant souvent en même temps que le prix de cette matière première. Et même après la forte baisse des prix du pétrole suite à l’annonce du cessez-le-feu, le dollar a chuté davantage que ce que beaucoup auraient anticipé au regard des normes historiques.
L’or
Mais l’or n’a pas été non plus une valeur refuge. Traditionnellement, l’or est également considéré comme une « valeur refuge ». Cette fois-ci, cependant, il s’est comporté davantage comme un actif liquide à haut risque, chutant souvent au même rythme que les actions. De nombreux investisseurs s’en débarrassant pour accroître leurs liquidités dans un contexte de resserrement des conditions financières.
Il convient de noter que la part de l’or dans les réserves de change, détenues par les banques centrales pour soutenir la stabilité financière et gérer leurs monnaies en période de crise, a augmenté. Lorsque l’or représente une part importante de ces réserves, il peut devenir une source de liquidités en période de tensions.
Bien qu’on soit habitué à ses sorties extravagantes, à ses affirmations contradictoires et à ses gymnastiques mentales, Donald Trump ne cesse de surprendre.
Ces derniers jours, un soulagement général régnait après la signature du ‘’Memorandum of Understanding (MoU)’’ par les présidents américain et iranien. Trump a même réussi à surprendre agréablement le monde par des affirmations et des commentaires inédits que personne n’attendait de lui. Peut-être même lui-même était-il à mille lieues de penser qu’il les prononcerait un jour. Qu’on en juge.
Donald Trump s’en est pris avec virulence à Netanyahu, allant jusqu’à défendre le Liban contre Israël : « Ce n’est pas parce que vous voulez tuer une personne que vous pouvez vous permettre de bombarder tout un bloc d’habitations ». Tout en exigeant du Premier ministre israélien d’arrêter sa guerre contre le Liban. Une exigence exprimée, par ailleurs, clairement dans le premier des 14 points du MoU.
Plus inattendu encore. Trump, à la surprise générale, a affirmé dans un point de presse que « tout le monde possède des missiles, les Iraniens ont aussi le droit d’en posséder ».
C’en était trop pour Israël dont les éléments les plus extrémistes ne se réfèrent plus au président américain qu’avec les adjectifs de « maudit » et de « traitre ».
La tension entre Israël et les Etats-Unis a atteint des sommets sans précédent le 18 juin. Ce jour-là, lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, le vice-président J.D. Vance a déclaré :« Les membres du gouvernement israélien devraient comprendre que le président Trump est le seul chef d’État au monde qui a encore de la sympathie envers Israël. Le message que je leur adresse est double. Premièrement, Donald J. Trump est le seul chef d’État au monde à avoir encore de la sympathie à la nation israélienne, et il se trouve qu’il est à la tête de la superpuissance mondiale. Si j’étais au gouvernement israélien, je ne m’en prendrais pas au seul allié puissant qui me reste dans le monde.
Deuxièmement, vous devez comprendre que pendant ces trois derniers mois, les deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre patrie ont été fabriquées par des Américains et financées par l’argent du contribuable américain. » C’est la première fois qu’un langage aussi sévère est utilisé par un haut responsable américain pour s’adresser à Israël.
Le même vice- président s’est envolé deux jours plus tard à Genève pour entamer des négociations avec le président du parlement iranien sur l’accord final qui devrait mettre fin à la guerre entre l’Iran et les Etats-Unis.
Mais alors que les deux délégations étaient en pleines négociations en présence des intermédiaires pakistanais et qatari, voilà Donald Trump qui revient à la charge et surprend le monde, mais cette fois très désagréablement.
Trump change encore une fois son fusil d’épaule. Il oublie Netanyahu, son occupation du Liban et les massacres perpétrés par l’armée israélienne contre les civils libanais, et s’en prend de nouveau à l’Iran qu’il menace de « frappes plus sévères encore que la dernière fois. » Pourquoi ? Parce que l’Iran a menacé de « refermer le détroit d’Ormuz, si Israël n’arrête pas ses attaques contre le Liban et ne se retire pas du sud du pays », comme il est expressément ordonné par le premier point du MoU, que Trump a signé à Versailles lors de la réunion du G-7…
Les nouvelles menaces de Trump contre l’Iran ne semblent pas avoir l’effet ardemment désiré par Israël, c’est-à-dire à l’arrêt des négociations et à l’abandon du MoU. Les Iraniens ne comptent plus le nombre de fois où Trump les a menacés de « ne plus avoir de pays ». C’est même devenu une source d’humour et d’inspiration de sketches conçus à l’aide de l’Intelligence Artificielle qui pullulent sur les réseaux sociaux.
Dans un message publié sur X, Ghalibaf, le chef de la délégation iranienne aux négociations de Genève a balayé d’un revers de main les menaces de Trump. « Quand comprendront-ils que leurs menaces n’ont aucun effet sur nous ? Nous ne prenons pas les menaces américaines au sérieux. »
Jusqu’à présent, l’accalmie irano-américaine n’a pas été affectée par les menaces, usées jusqu’à la corde à force d’être répétées. Les négociations continueront, en attendant la prochaine sortie de Trump dont nul ne peut prévoir le contenu, y compris l’intéressé lui-même.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ismail Baghai, a déclaré que les discussions avec les États-Unis en Suisse avaient permis de réaliser des progrès sur la levée des sanctions et les exportations de pétrole.
« La vente du pétrole iranien, la délivrance des licences nécessaires aux exportations de pétrole et la levée des restrictions ou du gel des avoirs iraniens figuraient parmi les questions discutées en détail », a-t-il déclaré. Tout en poursuivant que ces questions « devraient, en règle générale, entrer bientôt dans la phase de mise en œuvre ».
A cet égard, notons que des négociations techniques entre l’Iran et les États-Unis se tiennent, lundi 22 juin, en Suisse, dans le but de discuter des mécanismes de mise en œuvre du Mémorandum d’Islamabad et de la mise en place des groupes techniques concernés, selon l’agence de presse iranienne Isna.
La délégation iranienne est dirigée par le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi. Des représentants du Pakistan et du Qatar participent également aux pourparlers. Tandis que la principale équipe de négociation iranienne, dirigée par Mohammad Baqer Qalibaf, est rentrée à Téhéran.
L’Iran relance ses exportations depuis Kharg
Dans le même temps, Bloomberg a rapporté que les vendeurs de pétrole brut iranien à la Chine ont considérablement baissé leurs prix depuis que la République islamique a recommencé à exporter des millions de barils de pétrole suite à un accord de paix intérimaire avec les États-Unis. Selon le média, citant des sources directement impliquées dans les transactions, les négociants et les courtiers proposent des cargaisons au comptant de pétrole brut iranien léger pour livraison en juillet avec une décote de 2,50 à 5 dollars par baril par rapport au Brent, le cours de référence international.
Avant l’accord, la réduction était d’environ 1 dollar par baril. Quant aux données de suivi maritime de Bloomberg, elles indiquent qu’au moins 11 pétroliers transportant un total de 20 millions de barils de pétrole ont quitté le port de Chabahar ces derniers jours.
L’Iran a également relancé ses expéditions depuis l’île de Kharg, son principal terminal d’exportation, après une interruption d’environ six semaines due au blocus naval américain, qui a été levé dans le cadre de l’accord intérimaire. Cette évolution marque une augmentation significative des exportations par rapport à il y a quelques semaines, lorsque le blocus empêchait Téhéran de vendre son pétrole sur les marchés internationaux, le privant ainsi de revenus cruciaux.