Lese-Ansicht

Tunisie : L’inflation recule à 5,3 % en juin

Le taux d’inflation en Tunisie a ralenti à 5,3% en glissement annuel au mois de juin, contre 5,5% en mai, sous l’effet principalement d’un ralentissement de la hausse des prix des produits alimentaires, selon les données publiées dimanche par l’Institut national de la statistique (INS).

La progression des prix du groupe « Alimentation et boissons » s’est établie à 7,1% en juin, contre 8,2% le mois précédent. En revanche, les prix du tabac et ceux des loisirs et de la culture ont légèrement accéléré.

Sur un an, les prix des produits alimentaires ont augmenté de 7,1%, tirés notamment par la hausse de la viande ovine (+18,3%), de la viande bovine (+13,6%), de la volaille (+13,5%), des poissons frais (+11,7%) et des fruits frais (+11%). Les prix des huiles alimentaires (-5,5%) et des œufs (-3,1%) ont, en revanche, reculé.

Les prix des produits manufacturés ont progressé de 4,7% sur un an, soutenus par la hausse des prix de l’habillement et des chaussures (+9,2%), tandis que ceux des services ont augmenté de 4,3%, notamment en raison du renchérissement des services d’hébergement (+15,4%).

L’inflation sous-jacente, qui exclut les produits alimentaires et l’énergie, est ressortie à 4,9% en juin, contre 4,8% en mai.

Sur un mois, l’indice des prix à la consommation a augmenté de 0,2%, après une hausse des prix de l’habillement et des chaussures (+1,7%) et des restaurants, cafés et hôtels (+1%).

Les prix des produits alimentaires ont, en revanche, reculé de 0,9%, sous l’effet notamment de la baisse des prix de la volaille, des légumes frais, des œufs, des fruits frais et de la viande ovine.

L’article Tunisie : L’inflation recule à 5,3 % en juin est apparu en premier sur Le Temps News.

  •  

Tunisie : l’inflation ralentit à 5,3 %, mais les prix alimentaires restent sous pression

Le taux d’inflation en Tunisie a poursuivi son repli au mois de juin 2026 pour s’établir à 5,3 %, contre 5,5 % en mai et en avril, après avoir atteint 5 % en mars. C’est ce qu’il ressort des derniers indicateurs publiés dimanche soir par l’Institut national de la statistique (INS).

Selon l’INS, cette baisse s’explique principalement par le ralentissement du rythme de progression des prix du groupe alimentation et boissons, dont la hausse est revenue à 7,1 % en juin contre 8,2 % en mai. En revanche, les prix des produits du tabac ont légèrement accéléré, enregistrant une hausse de 1 % contre 0,8 % le mois précédent. Les prix du groupe loisirs et culture ont également progressé, passant de 4,3 % en mai à 4,4 % en juin.

Les produits alimentaires restent les principaux moteurs de la hausse des prix

En glissement annuel, les prix des produits alimentaires ont augmenté de 7,1 %. Cette évolution est principalement imputable à la flambée des prix de plusieurs produits de base, notamment :

  • La viande d’agneau : +18,3 % ;
  • La viande bovine : +13,6 % ;
  • Les volailles : +13,5 % ;
  • Le poisson frais : +11,7 % ;
  • Les fruits frais : +11 %.

À l’inverse, certains produits ont enregistré une baisse de leurs prix, notamment les huiles alimentaires (-5,5 %) et les œufs (-3,1 %).

Les produits manufacturés et les services continuent de renchérir

Les prix des produits manufacturés ont progressé de 4,7 % sur un an, sous l’effet principalement de la hausse des prix des vêtements et chaussures (+9,2 %) ainsi que des produits d’entretien (+4,7 %).

De leur côté, les prix des services ont augmenté de 4,3 %, une évolution largement attribuée à la hausse des tarifs des services hôteliers, en progression de 15,4 %.

L’inflation sous-jacente en légère hausse

L’inflation sous-jacente, calculée hors produits alimentaires et énergie, s’est établie à 4,9 % en juin 2026, contre 4,8 % un mois auparavant, traduisant une légère accélération des tensions inflationnistes hors composantes les plus volatiles.

Par ailleurs, les produits à prix libres ont enregistré une hausse annuelle de 6,3 %, contre seulement 1,3 % pour les produits à prix administrés. Pour les seuls produits alimentaires, les prix libres ont progressé de 8 %, alors que les produits alimentaires réglementés n’ont augmenté que de 0,2 %.

Les biens manufacturés et les services, principaux contributeurs à l’inflation

Selon l’INS, les produits manufacturés et les services demeurent les principaux contributeurs à l’inflation globale, avec une contribution respective de 1,8 point et 1,4 point.

En termes de système de tarification, les produits non alimentaires à prix libres ont constitué la première source de l’inflation, avec une contribution de 3 points, suivis des produits alimentaires à prix libres, qui ont contribué à hauteur de 2 points.

L’article Tunisie : l’inflation ralentit à 5,3 %, mais les prix alimentaires restent sous pression est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Diesel moins cher : la Tunisie parmi les moins chers d’Afrique

La baisse du prix du diesel, même modeste, peut avoir des effets économiques immédiats et significatifs dans de nombreux pays africains où ce carburant reste central pour la logistique, la production d’électricité et l’agriculture. C’est ce qu’il ressort du dernier rapport du Global Petrol Prices (juin 2026). 

 

La Tunisie parmi les cinq pays d’Afrique où le diesel coûte le moins cher

Selon GlobalPetrolPrices (données de juin 2026), la Tunisie figure parmi les cinq pays africains où le diesel est le moins cher. Cette position présente plusieurs avantages nationaux. A savoir, selon l’analyse du rapport, qu’elle devrait réduire directement les coûts de transport et d’acheminement des denrées. Tout en aidant à stabiliser les prix alimentaires, alléger les charges des petites entreprises et exploitations agricoles dépendantes du diesel, et diminuer la pression inflationniste qui pèse sur le pouvoir d’achat des ménages, notamment en milieu rural. Le coût moindre du carburant réduit aussi la facture de l’autoproduction d’électricité via les groupes électrogènes lors des coupures et peut améliorer la compétitivité des industries tunisiennes sur le marché régional et à l’export.

Le diesel est intimement lié aux chaînes d’approvisionnement : des équipements agricoles aux sites de production manufacturière, une baisse de son prix réduit les dépenses énergétiques et de transport des producteurs. Cela limite la nécessité de répercuter des hausses sur les consommateurs, atténuant ainsi les pressions inflationnistes et préservant le pouvoir d’achat, notamment dans les zones à faibles revenus où les dépenses alimentaires et de transport occupent une part importante du budget.

Sur le plan industriel, des coûts de carburant plus faibles renforcent la compétitivité locale. Les machines et engins fonctionnant au diesel, répandus dans l’agriculture, la construction et la fabrication, voient leurs coûts d’exploitation diminuer. De même qu’on note une amélioration des marges et la capacité des entreprises à rivaliser sur les marchés nationaux et à l’export.

L’accès à l’énergie constitue un autre volet : dans les régions où l’alimentation électrique publique est intermittente, les groupes électrogènes diesel restent une solution de secours. Un carburant moins cher réduit le coût de l’autoproduction d’électricité pour les ménages et les entreprises, leur permettant de maintenir l’activité lors de coupures de réseau.

Enfin, la stabilité ou la baisse des prix du diesel allège la pression sociale liée à l’inflation, offrant aux autorités un espace pour se concentrer sur des réformes économiques de long terme.

Top 10 pays africains aux prix bas du diesel

Graphique amélioré avec IA
Source : https://www.globalpetrolprices.com

 

L’article Diesel moins cher : la Tunisie parmi les moins chers d’Afrique est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

L’inflation aux États-Unis s’établit à 3,4 % en mai

L’accélération prévue par les analystes a été confirmée jeudi 25 juin par l’indicateur que la Réserve fédérale américaine (Fed) considère comme le plus informatif sur l’inflation, enregistrant son niveau le plus élevé depuis plus de deux ans et demi.

Plus précisément, dans sa partie structurelle (hors énergie et alimentation) sur laquelle la Fed se concentre, l’indice des dépenses de consommation personnelle (PCE) a légèrement accéléré pour atteindre 3,4 % en rythme annuel en mai, contre 3,3 % en avril. Sur une base mensuelle, l’indice PCE de base a progressé de 0,3 %, conformément aux estimations médianes des analystes.

La tendance était similaire pour l’indice PCE global (incluant l’alimentation et l’énergie), qui a accéléré en mai pour atteindre un taux annuel de 4,1 %, contre 3,8 %, atteignant son niveau le plus élevé depuis avril 2023.

Il est à noter cependant que, étant donné que la mesure de mai indiquait encore des prix du pétrole supérieurs à 100 dollars le baril, l’évolution de l’indice devrait montrer une désescalade notable…

L’attention se portera toutefois sur la rapidité avec laquelle la tendance déflationniste s’estompera et sur la composante structurelle de l’indice, qui ne prend de toute façon pas en compte les prix de l’énergie.

L’article L’inflation aux États-Unis s’établit à 3,4 % en mai est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Décryptage – La Banque centrale face au choix impossible

« Les banques centrales sont comme les médecins de l’économie : lorsqu’elles réussissent, personne ne les remarque ; lorsqu’elles échouent, tout le monde les accuse ». Cette formule, souvent reprise dans les cercles financiers, résume parfaitement le destin des autorités monétaires contemporaines. Invisibles dans les périodes de stabilité, elles deviennent les cibles privilégiées des critiques dès que les prix s’emballent, que la croissance ralentit ou que le chômage s’installe.

Aujourd’hui, la Réserve fédérale américaine, la célèbre Fed, se retrouve une nouvelle fois au centre de cette contradiction. Derrière les conférences de presse soigneusement scénarisées, derrière les graphiques colorés et les discours pesés au gramme près, se joue une bataille autrement plus importante : celle de sa crédibilité, de son indépendance et, finalement, de sa capacité à arbitrer entre deux maux dont aucun ne peut être véritablement accepté.

Car l’époque n’est plus celle des certitudes. Dans un monde traversé par les crises géopolitiques, les guerres commerciales, les fractures sociales, les tensions énergétiques et les bouleversements technologiques, les banques centrales, toutes – y compris la BCT – avancent désormais comme des funambules. À chaque pas, elles risquent de tomber d’un côté ou de l’autre du précipice. Elles sont, plus que jamais, sur le fil du rasoir.

Quand les mots deviennent un instrument de politique monétaire

Autrefois, les banques centrales parlaient peu. Elles cultivaient même une certaine opacité, convaincues que le mystère renforçait leur autorité. Cette époque semble appartenir à un autre siècle. Aujourd’hui, la communication est devenue un outil aussi important que le taux directeur lui-même. Chaque conférence de presse de la Fed est disséquée par les marchés mondiaux. Chaque phrase est analysée, interprétée, parfois surinterprétée. Les investisseurs cherchent dans le moindre mot un indice sur les décisions futures. Une simple nuance de langage peut provoquer des milliards de dollars de mouvements sur les marchés financiers.

Mais derrière cette volonté affichée de transparence se cache une réalité plus profonde. La Fed ne communique pas seulement pour expliquer ses décisions. Elle communique parce qu’elle ressent le besoin de défendre sa légitimité. Depuis la crise financière de 2008, puis la pandémie, puis le retour brutal de l’inflation, les critiques se sont multipliées. Certains l’accusent d’avoir créé des bulles spéculatives géantes. D’autres lui reprochent d’avoir laissé l’inflation s’installer. D’autres encore estiment qu’elle a favorisé Wall Street davantage que l’économie réelle.

La communication est ainsi devenue une forme de bouclier institutionnel. Plus les critiques augmentent, plus la banque centrale éprouve le besoin de justifier ses choix. Car derrière les débats économiques se profile une menace autrement plus sérieuse : celle de voir son indépendance remise en cause.

La crédibilité : le véritable capital d’une Banque centrale

Contrairement aux entreprises, les banques centrales ne produisent ni voitures, ni téléphones, ni services marchands. Leur principal actif est immatériel. Cet actif s’appelle la confiance. Une banque centrale efficace n’est pas seulement celle qui agit. C’est celle dont les décisions sont crues.

Lorsque les citoyens croient qu’elle luttera contre l’inflation, ils adaptent spontanément leurs comportements. Les entreprises limitent leurs hausses de prix. Les salariés modèrent leurs revendications salariales. Les investisseurs évitent les comportements spéculatifs excessifs.

L’essentiel de la politique monétaire moderne repose donc sur les anticipations. Or, lorsqu’une banque centrale perd sa crédibilité, ce mécanisme se dérègle. L’histoire économique regorge d’exemples dramatiques. De l’Amérique latine des années 1980 à certaines économies émergentes plus récentes, la perte de confiance dans les autorités monétaires a souvent conduit à des épisodes inflationnistes destructeurs.

C’est précisément ce spectre qui hante aujourd’hui les grandes banques centrales, notamment occidentales. Après avoir injecté des milliers de milliards de dollars dans l’économie mondiale durant les crises successives, elles savent qu’elles marchent désormais sur une ligne extrêmement étroite.

Le dilemme infernal : combattre l’inflation ou protéger l’emploi

Toute la difficulté réside dans une question apparemment simple. Faut-il privilégier la stabilité des prix ou l’emploi ? Sur le papier, la réponse semble évidente : il faut les deux. Dans la réalité, les choses sont infiniment plus complexes. Lorsque l’inflation augmente, la banque centrale relève ses taux d’intérêt.

Cette hausse renchérit le crédit, freine la consommation, ralentit l’investissement et réduit progressivement la demande. Les prix finissent par se stabiliser. Mais ce traitement produit également des effets secondaires. Les entreprises investissent moins. Les recrutements ralentissent. Le chômage progresse. L’activité économique perd de sa vigueur.

À l’inverse, lorsque la banque centrale soutient fortement l’économie par des taux faibles, elle stimule la croissance et l’emploi mais prend le risque d’alimenter les tensions inflationnistes. Ainsi, chaque décision ressemble à un arbitrage douloureux. La Fed ne choisit jamais entre le bien et le mal. Elle choisit entre deux souffrances.

Pourquoi les banques centrales redoutent davantage l’inflation

À première vue, cette préférence peut sembler injuste. Après tout, le chômage détruit des vies. Il fragilise les familles. Il nourrit les tensions sociales. Il peut même compromettre durablement les perspectives d’une génération entière. Pourquoi alors les banques centrales semblent-elles souvent plus préoccupées par l’inflation ?

La réponse est d’abord politique. Un chômeur souffre profondément, mais son malheur reste individuel. L’inflation, elle, touche simultanément toute la population. Chaque passage à la caisse devient un rappel permanent de la hausse des prix. Chaque facture d’électricité, chaque plein de carburant, chaque achat alimentaire transforme une abstraction économique en expérience quotidienne.

L’inflation possède donc une visibilité politique considérable. Elle nourrit rapidement le mécontentement populaire. Elle fragilise les gouvernements. Elle alimente les mouvements protestataires. Elle remet en question la crédibilité des institutions. Pour une Banque centrale, laisser s’installer une inflation durable revient souvent à signer son propre procès public.

 

Lire aussi: DECRYPTAGE – Quand l’inflation ralentit mais que la vie continue de coûter plus cher

 

Le chômage, même élevé, peut être attribué à des facteurs structurels, à la mondialisation, aux mutations technologiques ou aux tensions géopolitiques. L’inflation, en revanche, est presque toujours perçue comme un échec monétaire.

Le piège de la règle de Taylor

Pour justifier leurs décisions, les banques centrales invoquent fréquemment des règles théoriques. Parmi elles figure la célèbre règle de Taylor. Cette approche suggère qu’une banque centrale doit réagir plus fortement aux dérapages inflationnistes qu’aux fluctuations du chômage.

Pendant longtemps, cette doctrine a constitué une sorte de boussole intellectuelle. Mais les crises récentes ont révélé ses limites. Car les modèles économiques sont construits à partir du passé. Or le monde actuel est devenu extraordinairement imprévisible. Les pandémies paralysent les chaînes d’approvisionnement. Les guerres bouleversent les marchés énergétiques. Les tensions géopolitiques fragmentent le commerce mondial. Les changements climatiques affectent la production agricole. Les modèles traditionnels peinent à intégrer cette accumulation de chocs. La politique monétaire devient alors autant un exercice de jugement qu’un exercice de calcul.

Une leçon précieuse pour la Tunisie

Ces débats peuvent sembler lointains. Ils ne le sont pas. La Tunisie est elle aussi confrontée à un arbitrage extrêmement délicat entre stabilité des prix et soutien à l’activité. Depuis plusieurs années, l’économie tunisienne évolue dans un environnement marqué par une croissance faible, un chômage persistant, une inflation élevée et des tensions budgétaires importantes.

Dans ce contexte, la Banque centrale de Tunisie se trouve confrontée à une difficulté comparable à celle de la Fed, même si les échelles sont différentes. Relever les taux permet de limiter certaines pressions inflationnistes. Mais cela augmente également le coût du financement pour les entreprises. Or l’investissement privé est déjà insuffisant. Les PME rencontrent des difficultés croissantes. Les jeunes diplômés peinent à trouver des emplois stables. L’économie souffre d’un déficit chronique de création de richesse.

Plus encore, une partie significative de l’inflation tunisienne ne trouve pas son origine dans un excès de demande. Elle résulte de dysfonctionnements structurels : pénuries récurrentes, coûts logistiques élevés, faiblesse de la concurrence, dépendance énergétique, dépréciation du dinar et vulnérabilité aux chocs extérieurs.

Autrement dit, la politique monétaire seule ne peut résoudre le problème. Une hausse des taux ne fera pas apparaître davantage d’huile végétale, de café ou de médicaments sur les étagères. Elle ne supprimera pas les goulots d’étranglement logistiques. Elle ne restaurera pas instantanément la productivité.

L’héritage de Bernanke : savoir sortir des dogmes

L’un des personnages les plus fascinants de l’histoire économique récente demeure sans doute Ben Bernanke. Lorsque la crise des subprimes éclata, les recettes traditionnelles semblaient insuffisantes. Face au risque d’effondrement général, Bernanke décida d’explorer des territoires inconnus. Les achats massifs d’actifs, les politiques monétaires non conventionnelles et les interventions exceptionnelles ont profondément transformé le rôle des banques centrales. Cette expérience laisse un enseignement fondamental.

L’orthodoxie économique est utile en période normale. Mais les périodes exceptionnelles exigent parfois du courage intellectuel. Les banques centrales ne doivent pas devenir esclaves de leurs modèles. Elles doivent conserver la capacité d’innover lorsque les circonstances l’exigent.

Le véritable défi du XXIe siècle

Au fond, la question dépasse largement la seule inflation. Elle touche à la manière dont nos sociétés arbitrent entre stabilité économique et cohésion sociale (« Assabiya ou Asabiyya », selon Ibn Khaldoun). Une inflation incontrôlée détruit progressivement la confiance collective. Mais un chômage durable détruit tout autant l’espérance collective. L’un attaque la monnaie. L’autre attaque le tissu social. La mission des banques centrales consiste précisément à naviguer entre ces deux dangers.

La Fed, comme la Banque centrale de Tunisie, savent qu’il n’existe pas de solution parfaite. Seulement des compromis. Seulement des risques à hiérarchiser. Seulement des choix difficiles dont les conséquences se mesureront parfois des années plus tard. Voilà pourquoi les banquiers centraux ressemblent de plus en plus à des funambules. Sous leurs pieds, le fil est tendu entre inflation et chômage. À gauche, le gouffre de la perte du pouvoir d’achat.À droite, celui de l’exclusion économique.

Et tandis que les marchés, les gouvernements, les médias et les citoyens observent chacun de leurs mouvements, ils avancent lentement, conscients qu’un faux pas peut faire vaciller bien davantage qu’une institution : l’équilibre économique et social tout entier.

C’est là toute la tragédie de la politique monétaire moderne. Gouverner la monnaie n’est plus seulement une affaire de chiffres. C’est devenu un exercice d’équilibriste où se jouent simultanément la prospérité, la stabilité et parfois même la paix sociale. Sur ce fil du rasoir, la technique rencontre l’humain, et l’économie révèle finalement sa véritable nature : une science des choix impossibles.

=========

* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

L’article Décryptage – La Banque centrale face au choix impossible est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

La Banque centrale de Russie abaisse son taux d’intérêt 

La Banque centrale russe a abaissé, vendredi 19 juin, son taux directeur de 25 points de base à 14,25 %, déjouant les prévisions des analystes qui tablaient sur une baisse de 50 points de base, invoquant une politique budgétaire expansionniste et les risques liés à la baisse de la production de carburant.

« La politique budgétaire sur un horizon de trois ans sera plus accommodante que prévu initialement », a expliqué la Banque centrale dans un communiqué. Cette décision intervient alors que l’Ukraine intensifie ses attaques contre les infrastructures énergétiques russes, faisant grimper les prix de l’essence et provoquant des perturbations dans l’approvisionnement en carburant de certaines régions.

En outre, la Banque souligne que « les risques de hausse de l’inflation se sont accrus en raison de la baisse temporaire de la production de carburant ».

L’article La Banque centrale de Russie abaisse son taux d’intérêt  est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Point de vue – Tunisie. Inflation, laxisme économique et crise politique

L’inflation durablement excessive et la crise économique tunisienne mettent en évidence les limites d’un État qui oscille entre interventionnisme tatillon et inefficace et incapacité régulatrice. D’où les effets psychologiques, sociaux et politiques cumulés.   Il y a des moments dans…

L’article Point de vue – Tunisie. Inflation, laxisme économique et crise politique est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.

  •  

ZOOM – « J’adore l’inflation » – Quand le pyromane se déclare amoureux du feu

Lorsque le président Donald Trump déclare : « J’adore l’inflation », il ne livre pas seulement une provocation supplémentaire destinée à alimenter les chaînes d’information et les réseaux sociaux. Il offre, peut-être malgré lui, un condensé saisissant de l’époque que nous vivons : une époque où la souffrance économique des populations devient un objet de communication politique, où les chiffres remplacent les êtres humains et où les difficultés quotidiennes sont transformées en slogans.

L’inflation, dans les manuels d’économie, est un phénomène monétaire et macroéconomique. Dans la vraie vie, elle est une facture qui augmente, un panier de courses qui se vide, un salaire qui perd de sa valeur, une retraite qui s’effrite et une angoisse qui s’installe. Elle n’a rien d’un objet d’amour. Personne n’aime payer son pain plus cher. Personne n’aime voir le prix du logement s’envoler. Personne n’aime découvrir que ses économies valent moins aujourd’hui qu’hier. Mais il faut croire que certains responsables politiques contemplent l’inflation depuis les hauteurs climatisées des tours de verre, là où les hausses de prix ressemblent davantage à une ligne sur un graphique qu’à une épreuve quotidienne.

Cette déclaration possède quelque chose d’extraordinairement révélateur. Elle rappelle ces aristocrates d’un autre temps qui observaient les mauvaises récoltes depuis leurs salons dorés sans jamais apercevoir les visages de ceux qui souffraient de la faim. L’inflation est une taxe invisible qui frappe d’abord les plus modestes. Les ménages aisés peuvent absorber une hausse des prix. Les classes populaires, elles, la subissent de plein fouet. Dire que l’on « adore » l’inflation revient donc à déclarer son affection pour l’érosion silencieuse du pouvoir d’achat.

Le mot mérite qu’on s’y attarde : adorer

On peut adorer un paysage, une œuvre d’art, un enfant, un idéal ou un pays. Mais adorer l’inflation relève d’une étrange passion. C’est un peu comme si un médecin déclarait son amour pour les épidémies ou un pompier son admiration pour les incendies.

Le plus fascinant demeure cependant la logique qui sous-tend cette affirmation. Dans certains cercles financiers, l’inflation est parfois perçue comme un allié. Elle peut réduire le poids réel des dettes, soutenir certains actifs financiers et gonfler artificiellement les revenus nominaux des entreprises. Les marchés boursiers peuvent même, pendant un temps, s’en accommoder. Mais ce qui est bénéfique pour un portefeuille n’est pas forcément bénéfique pour une société.

Le drame de notre époque réside précisément dans cette confusion permanente entre la prospérité financière et le bien-être collectif. Lorsque Wall Street sourit, Main Street n’est pas toujours heureuse. Les indices boursiers peuvent battre des records pendant que les ménages comptent les centimes.

L’inflation est d’ailleurs une « créature » particulièrement ironique. Elle enrichit certains tout en appauvrissant d’autres. Elle récompense souvent ceux qui possèdent déjà des actifs et pénalise ceux qui vivent uniquement de leur travail. Elle agit comme une gigantesque machine de redistribution inversée, aspirant une partie de la richesse des plus vulnérables vers ceux qui sont les mieux protégés. Dans ce contexte, proclamer son amour pour l’inflation ressemble moins à une analyse économique qu’à une déclaration de classe.

Et pourtant, cette phrase s’inscrit parfaitement dans l’air du temps. Nous vivons dans une époque où l’outrance est devenue une stratégie de communication. L’objectif n’est plus de convaincre mais de provoquer. Il ne s’agit plus de construire un raisonnement mais de produire un choc médiatique. Chaque déclaration est conçue comme une grenade lancée dans l’espace public. Le problème est que les grenades verbales finissent parfois par exploser dans les mains de ceux qui les lancent.

Car l’inflation n’est pas une abstraction académique. Elle est un facteur de déstabilisation sociale. L’histoire économique regorge d’exemples montrant que les flambées de prix nourrissent la colère, l’instabilité et les fractures politiques. Les citoyens acceptent difficilement que leur niveau de vie recule pendant qu’on leur explique que tout va bien.

L’inflation possède un pouvoir corrosif que les statistiques peinent à mesurer. Elle détruit progressivement la confiance. Elle sape le contrat social. Elle crée le sentiment que les efforts ne paient plus. Elle nourrit l’impression que le système fonctionne pour quelques-uns et contre le plus grand nombre. Or une société peut survivre à un ralentissement économique. Elle peut traverser une récession. Elle peut même supporter un chômage temporairement élevé. Mais elle survit beaucoup plus difficilement à la disparition de la confiance.

C’est pourquoi cette déclaration dépasse largement la personne de Donald Trump. Elle révèle une dérive plus profonde : celle d’une élite politique mondiale qui parle de plus en plus souvent la langue des indicateurs et de moins en moins celle des citoyens.

Les prix augmentent ? On parle de statistiques.

Les ménages souffrent ? On évoque des ajustements.

Le pouvoir d’achat s’effondre ? On répond par des modèles économiques.

Et lorsque la colère monte, on produit une nouvelle formule choc destinée à occuper l’espace médiatique.

Pendant ce temps, les réalités demeurent têtues.

La mère de famille qui remplit son chariot ne se nourrit pas de slogans.

Le retraité qui voit sa pension perdre de sa valeur ne vit pas dans un tableau Excel.

Le salarié dont le revenu réel diminue ne consulte pas les indices boursiers avant de payer ses factures.

L’économie réelle possède cette particularité désagréable : elle finit toujours par rappeler aux théoriciens, aux financiers et aux communicants qu’elle concerne avant tout des êtres humains. Au fond, la phrase « J’adore l’inflation » restera peut-être comme l’une de ces petites formules qui résument une grande époque. Une époque où les responsables politiques rivalisent d’excentricité verbale pendant que les populations réclament simplement davantage de stabilité, de visibilité et de dignité économique.

L’histoire retiendra peut-être moins la provocation elle-même que ce qu’elle révèle : une inquiétante déconnexion entre ceux qui parlent de l’économie et ceux qui la vivent. Car lorsqu’un dirigeant en vient à déclarer son amour pour l’inflation, ce n’est peut-être pas l’inflation qui constitue le principal problème. C’est le regard qu’il porte sur ceux qui la subissent.

===============

* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

L’article ZOOM – « J’adore l’inflation » – Quand le pyromane se déclare amoureux du feu est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Donald Trump : « J’aime l’inflation »

Le président américain Donald Trump minimise l’inflation galopante provoquée par sa guerre contre l’Iran, insistant sur le fait que « les chiffres étaient exceptionnels ».

« J’aime ça », a-t-il déclaré à propos des nouvelles données montrant que l’inflation annuelle a atteint son plus haut niveau en trois ans. « J’aime l’inflation ». En effet, l’indice des prix à la consommation a progressé de 4,2 % en mai, soit la plus forte hausse depuis avril 2023, selon les données publiées par le département du Travail américain. En avril, l’indice avait augmenté de 3,8 % en rythme annuel.

Trump a balayé à plusieurs reprises les inquiétudes concernant la hausse des prix et son impact potentiel sur le moral des électeurs, affirmant que les coûts baisseront rapidement une fois la guerre terminée.

Selon CNN, Trump a réaffirmé, mercredi 10 juin 2026, que l’inflation se calmerait dès que la guerre avec l’Iran prendrait fin et que le pétrole recommencerait à circuler librement dans le détroit d’Ormuz. Cependant, Trump n’est jusqu’à présent pas parvenu à obtenir un cessez-le-feu permanent, malgré ses affirmations répétées pendant des mois selon lesquelles l’Iran était sur le point de conclure un accord.

L’article Donald Trump : « J’aime l’inflation » est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

USA : les prochaines données d’inflation seront « cruciales »

Les prochaine données sur l’inflation américaine, attendues cette semaine, pourraient être « cruciales » pour la direction générale des marchés financiers.

« En l’absence d’une résolution entre les États-Unis et l’Iran, nous pensons qu’une inflation supérieure aux attentes serait susceptible de constituer un catalyseur négatif pour les actions et pourrait déclencher une vente massive à court terme sur les indices ». C’est ce qu’ont indiqué les stratèges de Wolfe dans une note. « Les marchés se rapprochent effectivement d’un carrefour décisif, selon l’évolution des prix du pétrole ».

Ainsi,l’indice des prix à la consommation (IPC) du mois de mai doit être publié mercredi 10 juin, les analystes anticipant une hausse du chiffre global à 4,2 % sur les douze mois à fin mai, contre 3,8 % le mois précédent. En rythme mensuel, l’IPC devrait ralentir à 0,3 % contre 0,6 %.

A noter par ailleurs que les prix du Brent, référence mondiale du pétrole, ont effacé une partie de leurs gains antérieurs. Le contrat évolue désormais en dessous de ses récents sommets, mais reste bien au-dessus des niveaux d’avant-guerre. Les craintes se sont multipliées qu’un choc énergétique puisse alimenter une flambée des pressions inflationnistes à travers le monde, poussant potentiellement les banques centrales à relever leurs taux d’intérêt en réponse.

La Réserve fédérale américaine (Fed), par exemple, devrait désormais relever ses taux d’ici la fin de l’année, notamment après une publication solide des chiffres de l’emploi américain la semaine dernière.

« Les marchés américains entrent dans un mode hypersensible à l’égard des tendances de l’inflation et de l’emploi, alors que les prix du pétrole restent élevés », ont déclaré les analystes de Wolfe. Cependant, si les marchés franchissent sans mauvaise surprise les données d’inflation de cette semaine, « le flux d’informations se déplacera probablement à nouveau vers l’IA et l’introduction en bourse prévue de SpaceX. Ce qui devrait raviver les esprits animaux ».

L’article USA : les prochaines données d’inflation seront « cruciales » est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Ridha Chkoundali : « La politique monétaire seule ne suffira pas face à l’inflation »

Le taux d’inflation annuel en Tunisie est resté stable en mai 2026 à 5,5 %, un niveau identique à celui d’avril. Sur les cinq premiers mois de l’année, l’inflation atteint 5,2 %, en léger repli par rapport aux 5,7 % enregistrés sur la même période en 2025. Toutefois, cette stabilité masque une inversion de tendance : après une phase de ralentissement, l’inflation repart à la hausse, passant de 4,8 % en janvier 2026 à 5,5 % en mai, sous l’effet conjugué de tensions internes et externes.

 
Dans un post publié sur son compte officiel du réseau social Facebook, l’économiste Ridha Chkoundali souligne que le contexte inflationniste s’est modifié. Alors qu’en 2025 l’inflation avait reculé de 6 % en janvier à 5,4 % en mai, l’année 2026 enregistre une progression continue. Cette dynamique est alimentée par les répercussions de la guerre au Moyen-Orient, qui laisse présager de nouvelles hausses des prix, notamment pour les produits alimentaires et agricoles. L’augmentation du prix de l’énergie et des engrais, ainsi que la dépendance aux importations d’ammoniac transitant par le détroit d’Ormuz, pèsent sur les coûts de production.

Les produits de première nécessité enregistrent des hausses sensibles en mai 2026 : les viandes progressent de 18,2 %, les fruits de 11 %, les poissons de 10,6 %, les légumes de 9 %. Les biens non alimentaires ne sont pas épargnés : les vêtements augmentent de 9,6 %, les chaussures de 9 %, les loisirs et la culture de 6,5 %. Les frais d’éducation préscolaire et primaire s’élèvent de 6,7 %, ceux du secondaire de 6,3 %. Les services hôteliers bondissent de 15,6 %, rendant particulièrement coûteux tout recours à ces prestations en période estivale.

L’analyse sur les cinq premiers mois cumulés, comparée à la même période de 2025, confirme une accélération des prix pour les viandes (de 13,8 % à 14,9 %), les fruits (de 13,9 % à 15,6 %), l’éducation préscolaire et primaire (de 4 % à 6,7 %) ainsi que les services hôteliers (de 8,5 % à 13,6 %). Ces évolutions indiquent une poursuite attendue de la hausse, à défaut de mesures correctrices.

Sur une période longue de onze ans, de mai 2015 à mai 2026, les prix ont augmenté de 96 % en moyenne. Un bien à dix dinars en 2015 en vaut désormais vingt. Cette hausse s’est accentuée lors des cinq dernières années (+41 %) par rapport à la période 2015-2021 (+39 %). Durant les cinq premières années, les ménages pouvaient recourir au crédit bancaire ou au paiement échelonné. Depuis 2021, avec la nouvelle loi sur les chèques et le resserrement de la politique monétaire, ces options sont devenues moins accessibles, rendant l’inflation plus douloureuse.

L’impact sur le pouvoir d’achat est particulièrement visible sur les produits de base. Le prix de la viande d’agneau, par exemple, a grimpé de 188 % en onze ans, passant de 27 dinars le kilo en mai 2015 à 40 dinars en mai 2021, puis à 65 dinars en mai 2026. Les fruits ont augmenté de 163 % sur la même période : un kilo d’abricots vendu 2,5 dinars en 2015 valait 4 dinars en 2021, contre environ 7 dinars en 2026.

Face à cette trajectoire ascendante, la Banque centrale de Tunisie observe une position prudente. Elle a renoncé à réduire son taux directeur et n’exclut pas de l’augmenter lors de ses prochaines réunions. L’économiste Ridha Chkoundali relativise cette approche : l’inflation actuelle ne provient pas d’une surchauffe de la consommation des ménages, mais d’une offre insuffisante, d’un climat des affaires peu incitatif à l’investissement, ainsi que des emprunts excessifs de l’État à des fins essentiellement consommatrices. Il s’y ajoute une inflation importée liée aux tensions géopolitiques, notamment pour les engrais.

L’analyse des données de mai 2026 fait apparaître plusieurs évolutions structurelles. La stabilité de l’inflation générale cache une résurgence de l’inflation alimentaire, plus pénalisante pour les ménages tunisiens, en particulier les classes moyennes et modestes, chez qui la part des dépenses alimentaires dépasse le poids de ce poste dans la statistique officielle. L’inflation reste avant tout portée par les coûts de production, la faiblesse de l’offre locale, les problèmes d’approvisionnement et les perturbations du commerce international. Les hausses des prix des viandes, des poissons, des fruits et des légumes ne relèvent plus seulement de facteurs saisonniers mais de causes structurelles : cherté des aliments pour bétail, réduction du cheptel, sécheresse, coût de l’irrigation et de la main-d’œuvre, ainsi que problèmes de distribution.

Par ailleurs, l’inflation des services s’accélère, avec des hausses du loyer (5,7 %), des loisirs (6,5 %), de l’éducation de base (6,7 %) et des services hôteliers (15,9 %). Ce phénomène est plus difficile à inverser, car les services sont sensibles aux salaires, aux coûts d’exploitation et à la fiscalité.

L’écart entre la hausse des prix (+96 % depuis 2015) et l’évolution des salaires, qui n’a pas suivi le même rythme, explique le sentiment de dégradation du pouvoir d’achat, bien au-delà de ce qu’indique un taux d’inflation officiel de 5,5 %.

Pour le second semestre de 2026, un risque supplémentaire apparaît. La poursuite du conflit au Moyen-Orient pourrait provoquer trois chocs simultanés : hausse des prix du pétrole, renchérissement des engrais et de l’ammoniac, ainsi que l’augmentation mondiale des céréales et aliments pour bétail. Dans ce cas, l’inflation importée menacerait de l’emporter sur les facteurs internes.

Les indicateurs de mai 2026 indiquent ainsi non seulement un niveau d’inflation élevé, mais un changement de sa nature : retour à une tendance haussière après une année de baisse, concentration sur les produits alimentaires essentiels, ancrage accru de l’inflation des services, causes devenues structurelles, incapacité de la seule politique monétaire à y remédier et vulnérabilité aux tensions géopolitiques.

Au final, le défi pour les autorités tunisiennes ne consiste plus simplement à réduire l’inflation, mais à relancer la production et l’investissement pour améliorer l’offre locale. Faute de quoi l’inflation risque de s’installer durablement au-dessus de 5 %.

L’article Ridha Chkoundali : « La politique monétaire seule ne suffira pas face à l’inflation » est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Inflation — Ridha Chkoundali : une famille tunisienne a besoin d’au moins 5500 dinars par mois pour vivre dignement

Malgré un taux d’inflation qui demeure relativement stable, les signaux envoyés par l’économie tunisienne restent préoccupants. Invité à commenter les dernières données publiées par l’Institut national de la statistique (INS), l’économiste et universitaire Ridha Chkoundali a alerté, mardi 9 juin 2026, sur un changement de tendance de l’inflation, ainsi que sur les risques liés aux...

L’article Inflation — Ridha Chkoundali : une famille tunisienne a besoin d’au moins 5500 dinars par mois pour vivre dignement est apparu en premier sur Business News.

  •  

DECRYPTAGE – Quand l’inflation ralentit mais que la vie continue de coûter plus cher

La Tunisie entre soulagement statistique et inquiétude quotidienne. Vivre deux réalités économiques parallèles ?

La première est celle des tableaux de bord, des rapports officiels, des courbes et des indicateurs. Dans cette réalité-là, la Tunisie de 2026 semble progressivement sortir d’une zone de fortes turbulences. La croissance économique retrouve des couleurs, les réserves en devises se renforcent, le déficit courant s’améliore et l’inflation, qui avait atteint des niveaux particulièrement préoccupants il y a quelques années, paraît désormais sous contrôle.

La seconde réalité est celle que vivent les ménages. Elle se mesure moins en points de PIB qu’en dinars dépensés au marché. Elle s’observe dans l’hésitation d’une mère de famille devant l’étal du boucher, dans le calcul minutieux d’un retraité au moment de remplir son panier ou dans les sacrifices silencieux d’un salarié qui renonce à certaines dépenses pour préserver l’essentiel.

Entre ces deux réalités se dessine aujourd’hui l’un des grands paradoxes économiques tunisiens. Le 3 juin 2026, le Conseil d’administration de la Banque centrale de Tunisie a décidé de maintenir son taux directeur à 7 %. Une décision prudente qui reflète à la fois les progrès accomplis et les risques qui demeurent.

Quelques jours plus tard, les chiffres de l’inflation confirmaient une stabilisation à 5,5 %. Pourtant, dans les foyers tunisiens, le sentiment dominant reste celui d’une vie toujours plus chère. Cette contradiction n’est pas une illusion. Elle constitue au contraire l’un des principaux défis économiques et sociaux du pays.

 

Le retour progressif des équilibres macroéconomiques

Pendant plusieurs années, l’économie tunisienne a évolué sous la pression simultanée de crises multiples : pandémie, perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales, guerre en Ukraine, tensions énergétiques, sécheresse et ralentissement économique international. Dans un tel contexte, la priorité des autorités économiques est devenue la préservation des grands équilibres.

À cet égard, plusieurs signaux sont aujourd’hui encourageants. La croissance économique a atteint 2,6 % au premier trimestre 2026, contre seulement 1,6 % un an auparavant. Le secteur des services retrouve une certaine dynamique, l’agriculture bénéficie d’une amélioration relative de ses performances et plusieurs branches industrielles démontrent une capacité de résistance appréciable malgré un environnement encore complexe.

Le secteur extérieur offre également des motifs de satisfaction. Les recettes touristiques, les revenus des Tunisiens résidant à l’étranger et l’amélioration de la balance des services contribuent à limiter les effets du déficit commercial. Les réserves en devises dépassent désormais les cent jours d’importation, renforçant ainsi la résilience financière du pays.

Pour les économistes, ces évolutions constituent des indicateurs importants. Elles témoignent d’une économie qui, sans être sortie de toutes ses fragilités, semble avoir retrouvé une partie de sa stabilité. Mais une question demeure : cette amélioration est-elle ressentie par la population ?

Le grand malentendu de l’inflation

L’une des difficultés majeures des débats économiques réside dans la compréhension du phénomène inflationniste. Lorsque les médias annoncent que l’inflation « ralentit », beaucoup de citoyens ont l’impression que les prix devraient diminuer. Or ce n’est pas ce que signifie le chiffre. Une inflation de 5,5 % signifie que les prix continuent d’augmenter. Ils augmentent simplement moins vite qu’auparavant.

Cette nuance, qui paraît technique, est fondamentale. Prenons un exemple simple. Si un produit coûtait 100 dinars et que son prix augmentait de 10 %, il passerait à 110 dinars. Si l’année suivante l’inflation ralentit à 5 %, son prix ne revient pas à 100 dinars ; il monte à 115,5 dinars. Autrement dit, même lorsque l’inflation ralentit, la vie continue de devenir plus chère.

C’est précisément ce que vivent aujourd’hui les ménages tunisiens. Les statistiques indiquent une stabilisation de l’inflation globale. Mais cette stabilisation intervient après plusieurs années d’augmentation continue des prix. Le pouvoir d’achat a déjà subi une érosion importante et les ménages continuent d’en ressentir les conséquences.

Quand l’alimentation devient le cœur du problème

Là où le décalage entre les statistiques et le vécu devient le plus visible, c’est dans l’alimentation. Les chiffres publiés par l’INS révèlent une réalité particulièrement préoccupante : alors que l’inflation générale se situe à 5,5 %, les prix des produits alimentaires augmentent encore de 8,2 % sur un an. Plus inquiétant encore, plusieurs produits essentiels enregistrent des hausses à deux chiffres.

La viande ovine progresse de plus de 21 %, la volaille de près de 16 %, la viande bovine de plus de 14 %, tandis que les légumes, les fruits et le poisson continuent d’augmenter à des rythmes dépassant largement l’inflation moyenne.

Ces chiffres ne sont pas anodins. Dans les pays développés, les dépenses alimentaires représentent généralement une part relativement limitée du budget des ménages. En Tunisie, comme dans de nombreux pays émergents, elles occupent une place beaucoup plus importante. Lorsque les prix alimentaires augmentent plus vite que les revenus, les ménages n’ont souvent d’autre choix que de réduire leur consommation ou de sacrifier d’autres dépenses essentielles. C’est ainsi que l’inflation cesse d’être un simple indicateur économique pour devenir un phénomène social.

L’Aïd et le révélateur du pouvoir d’achat

Certaines statistiques parlent aux économistes. D’autres parlent directement à la société. Les difficultés rencontrées cette année par de nombreuses familles pour acquérir un mouton à l’occasion de l’Aïd El-Kébir constituent sans doute l’un des indicateurs les plus révélateurs de l’état réel du pouvoir d’achat. Au-delà de sa dimension religieuse, l’Aïd représente un moment de cohésion sociale et familiale profondément ancré dans la culture tunisienne.

Lorsque des milliers de familles se trouvent contraintes de renoncer à cette tradition ou de la réduire considérablement, le phénomène dépasse largement la question économique. Il traduit un sentiment diffus de déclassement. Il rappelle que derrière les chiffres de l’inflation se cachent des réalités humaines, des arbitrages douloureux et parfois des frustrations profondes. L’économie n’est jamais uniquement une affaire de pourcentages. Elle touche directement aux modes de vie, aux habitudes et aux repères sociaux.

Les limites de la politique monétaire

Face à cette situation, la décision de la Banque Centrale de maintenir son taux directeur à 7 % apparaît cohérente. L’institution cherche à préserver sa crédibilité et à empêcher une nouvelle accélération de l’inflation. Elle agit conformément aux principes qui guident aujourd’hui la plupart des banques centrales à travers le monde. Mais cette décision met également en lumière les limites de l’outil monétaire.

Depuis plusieurs décennies, les économistes débattent du véritable pouvoir des banques centrales face aux chocs inflationnistes. Les monétaristes, inspirés notamment par les travaux de l’économiste Milton Friedman, considèrent que l’inflation est essentiellement un phénomène monétaire et que son contrôle passe par une gestion rigoureuse de la masse monétaire et des taux d’intérêt.

D’autres économistes, notamment les héritiers de la pensée de John Maynard Keynes, soulignent que certaines formes d’inflation proviennent de facteurs structurels sur lesquels les banques centrales disposent d’une influence limitée.

Le cas tunisien semble aujourd’hui illustrer cette seconde situation. La hausse des prix alimentaires est liée à des facteurs complexes : coûts de production, circuits de distribution, logistique, spéculation, dépendance énergétique, aléas climatiques et évolution des marchés internationaux. Aucune augmentation de taux d’intérêt ne peut produire davantage de viande, de légumes ou de poisson. Aucune décision monétaire ne peut, à elle seule, résoudre les problèmes structurels de productivité ou d’organisation des filières agricoles. La politique monétaire peut freiner l’incendie. Elle ne peut pas reconstruire la maison.

Les anticipations inflationnistes : le combat invisible

L’une des raisons qui expliquent la prudence de la Banque centrale réside dans un phénomène moins visible mais particulièrement important : les anticipations inflationnistes. Dans la pensée économique moderne, les prix d’aujourd’hui sont influencés par les attentes de demain. Si les producteurs pensent que leurs coûts vont augmenter, ils augmentent leurs prix immédiatement. Si les salariés craignent une poursuite de l’inflation, ils réclament des hausses salariales plus importantes. Si les commerçants anticipent de nouvelles tensions sur les marchés, ils ajustent leurs tarifs en conséquence.

Peu à peu, l’inflation se nourrit elle-même. C’est pourquoi les banques centrales accordent une importance croissante à leur crédibilité. Leur objectif n’est plus seulement de combattre l’inflation actuelle, mais aussi de convaincre les acteurs économiques que l’inflation future restera maîtrisée. Le maintien du taux directeur à 7 % s’inscrit précisément dans cette logique.

Entre stabilité financière et stabilité sociale

L’histoire économique regorge d’exemples où les équilibres financiers ont été restaurés sans que les tensions sociales ne disparaissent pour autant. La raison est simple. La stabilité macroéconomique constitue une condition nécessaire au développement, mais elle n’est pas une condition suffisante. Une inflation maîtrisée ne garantit pas automatiquement une amélioration du niveau de vie. Une croissance économique ne garantit pas nécessairement une meilleure répartition des richesses. Des réserves en devises plus élevées ne signifient pas automatiquement un panier moins cher pour les ménages. Le véritable défi consiste à transformer les progrès macroéconomiques en amélioration tangible des conditions de vie. Or c’est précisément sur ce terrain que se jouera l’avenir économique de la Tunisie au cours des prochaines années.

Le défi de la prospérité partagée

Les débats économiques contemporains convergent de plus en plus vers une même interrogation : comment faire en sorte que la stabilité produise du bien-être ? Après plusieurs années consacrées à la restauration des équilibres, la Tunisie entre progressivement dans une nouvelle phase. L’enjeu n’est plus seulement de contenir l’inflation ou de protéger les réserves de change.

Il s’agit désormais d’améliorer la productivité agricole, de réduire les coûts de distribution, de renforcer la concurrence, de lutter contre les rentes et les comportements spéculatifs, de stimuler l’investissement et d’accroître les revenus réels des ménages. Autrement dit, il s’agit de faire en sorte que les performances de l’économie nationale se traduisent concrètement dans la vie quotidienne des citoyens.

Car au bout du compte, les populations ne jugent pas une économie à travers les communiqués des banques centrales ou les statistiques des comptes nationaux. Elles la jugent à travers leur capacité à vivre dignement, à nourrir leur famille, à préparer l’avenir de leurs enfants et à préserver leurs habitudes de vie.

 

La Tunisie de 2026 semble avoir remporté une partie importante de la bataille de la stabilité. Mais la bataille du pouvoir d’achat, de l’inclusion économique et de la prospérité partagée reste encore devant elle. Et c’est probablement cette bataille-là qui déterminera la véritable réussite du redressement économique en cours.

=========================

(**)Références :

https://www.ins.tn/

https://www.bct.gov.tn/bct/siteprod/actualites.jsp?id=1251

=========================

* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

L’article DECRYPTAGE – Quand l’inflation ralentit mais que la vie continue de coûter plus cher est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Tunisie : la flambée des prix libres alimente l’inflation

L’analyse à long terme de l’économie tunisienne révèle une pression inflationniste quasi permanente depuis plus d’une décennie. Entre janvier 2015 et mai 2026, le taux d’inflation mensuel moyen s’est établi à 0,5 %, traduisant une augmentation constante et linéaire du coût de la vie.

 

Après une période de relative stabilité en 2015-2016 (autour de 0,3 % par mois), l’indice des prix a connu une première accélération en 2018, avant d’être temporairement freiné par la crise sanitaire du Covid-19 en 2020 (0,4 %). C’est l’année 2022 qui s’impose comme le point culminant de cette crise. Sous l’effet du choc mondial sur les matières premières et l’énergie, la moyenne mensuelle a grimpé à 0,8 %, enregistrant un pic historique absolu en avril 2022 avec une hausse brutale de 1,4 % en un seul mois. Bien que les années 2024 et 2025 aient amorcé une trajectoire de désinflation, les données de l’année 2026 rappellent la persistance des tensions avec un rebond de la moyenne mensuelle à 0,5 %.

Le poids immuable de la saisonnalité

Au-delà des cycles macroéconomiques, l’inflation en Tunisie répond à un schéma saisonnier cyclique très net, rythmé par les habitudes de consommation et le calendrier social. Deux cycles qui impactent le budget des ménages peuvent être identifiés. Le premier concerne le mois d’avril, souvent corrélé avec la hausse de la demande sur les produits alimentaires (périodes de fêtes et/ou de Ramadan) et d’octobre qui coïncide avec la rentrée scolaire et universitaire.

Le second cycle est celui de février et d’août, qui correspondent aux soldes d’hiver et d’été et une offre élevée des produits agricoles frais.

 

 

Le gap “libre vs encadré“

Au mois de mai 2026, l’inflation globale se stabilise à 5,5 % en glissement annuel, loin du sommet de 10,4 % atteint au début de l’année 2023. Toutefois, ce chiffre masque une profonde fracture structurelle selon le régime de tarification.

Les prix des produits administrés affichent une grande stabilité avec seulement 1,2 % de hausse sur un an. À l’opposé, les produits à prix libres s’envolent de 6,7 %. Ce phénomène est particulièrement exacerbé dans le secteur alimentaire, où l’alimentation encadrée ne progresse que de 0,2 %, tandis que l’alimentation libre subit une hausse vertigineuse de 9,3 % sur un an. Le bouclier tarifaire de l’État protège donc les produits de base, mais le mécanisme de marché libre expose les consommateurs à une forte volatilité.

Le choc des protéines et de l’habillement au cœur du quotidien

L’analyse sectorielle de mai 2026 met en évidence les secteurs qui pénalisent le plus le pouvoir d’achat des Tunisiens. Les articles d’habillement et chaussures affichent la plus forte hausse annuelle avec 9,1 %, suivis de près des produits alimentaires à 8,2 %.

Au sein du panier alimentaire, c’est une véritable crise des protéines animales qui se dessine. Le prix de la viande ovine explose de +21,8 % sur un an (dont 9,7 % sur le seul mois de mai), talonné par la volaille (15,6 %) et la viande bovine (+14,1 %). Les produits frais comme les légumes (12,2 %) et le poisson (11,9 %) maintiennent également une forte pression. Seuls quelques rares produits, à l’image des huiles alimentaires (-6,1 %) et des œufs (-4,6 %), apportent une contribution négative venant atténuer l’indice.

L’inflation sous-jacente s’enracine

Pour les institutions financières, le point de vigilance majeur reste l’inflation sous-jacente, qui se maintient à un niveau élevé de +4,8 % en mai 2026. L’analyse des contributions montre que l’inflation n’est plus seulement une crise agricole ou énergétique passagère. Elle s’est solidement diffusée à l’ensemble de l’économie.

Les produits manufacturés mènent la marche en contribuant à hauteur de 1,7 % à l’inflation globale, suivis du secteur des services à 1,4 %. Dans cette dernière catégorie, ce sont les services d’hébergement et l’hôtellerie qui agissent comme un accélérateur majeur, affichant une progression de 15,9 % sur un an. L’inflation s’est ainsi transformée en un phénomène structurel endogène, solidement ancré dans le tissu industriel et commercial du pays.

L’article Tunisie : la flambée des prix libres alimente l’inflation est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  
❌