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Ahmed Shamia : l’architecte de Gaza que son épouse fait revivre

Mort à Gaza en mai 2025, l’architecte palestinien, Ahmed Shamia devait rejoindre la France grâce au programme P.A.U.S.E. Son épouse, Sara Alqataa, lui consacre aujourd’hui une exposition à Paris pour faire vivre son œuvre et son regard sur l’architecture. En…

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Les valeurs des semi-conducteurs flambent grâce à l’essor de l’IA

Les fabricants de puces, à l’exception de Nvidia, ont enregistré des gains exceptionnels au cours du deuxième trimestre de 2026. Les investisseurs ayant accru leurs mises sur l’intelligence artificielle (IA). Ce qui a fait grimper la valeur boursière combinée de Micron Technology, Intel et AMD d’environ 2 000 milliards de dollars.

Ces trois sociétés se sont hissées parmi les plus grandes entreprises technologiques américaines en termes de capitalisation boursière, occupant respectivement les dixième, onzième et douzième places. Et ce, après avoir attiré l’attention d’investisseurs à la recherche d’opportunités au-delà de Nvidia. Lequel est le principal bénéficiaire de l’essor de l’IA, selon un rapport de CNBC publié ce jeudi.

Malgré le maintien de la première place de Nvidia dans le secteur en termes de capitalisation boursière et la poursuite d’une forte croissance de son chiffre d’affaires, son action n’a progressé que de 15 % au deuxième trimestre. À l’inverse, les résultats des autres grands acteurs du cloud computing ont été mitigés. En effet, l’action Meta a reculé d’environ 2 %. Tandis que celle d’Alphabet a bondi de 24 %, surpassant ainsi un groupe qui comprend également Amazon et Microsoft.

L’analyste de Barclays, Anshul Gupta, a noté que les investisseurs ont commencé à se détourner des géants de l’IA pour se concentrer sur les entreprises qui fournissent l’infrastructure et les technologies qui les soutiennent. Ce qui a provoqué une forte hausse des actions du secteur des semi-conducteurs.

L’action de Micron Technology, l’un des trois principaux fabricants mondiaux de puces mémoire, a bondi de plus de 240 % au cours du trimestre, ajoutant près de 920 milliards de dollars à sa capitalisation boursière. L’entreprise a profité d’une forte hausse des prix de la mémoire, alimentée par la demande des sociétés spécialisées dans l’intelligence artificielle. Ce qui a plus que quadruplé son chiffre d’affaires trimestriel. Sa marge brute a quant à elle atteint 84,9 %, contre 39 % un an auparavant.

Durant la même période, l’action d’Intel a bondi de 216 %, ajoutant environ 480 milliards de dollars à sa capitalisation boursière. L’entreprise a profité de la demande croissante de processeurs (CPU) liée à l’intégration accrue d’applications d’intelligence artificielle dans les appareils, ainsi que de ses investissements dans la construction de nouvelles usines de semi-conducteurs aux États-Unis.

AMD a vu sa capitalisation boursière augmenter d’environ 615 milliards de dollars après que le cours de son action a presque triplé. Bien que l’entreprise produise également des processeurs graphiques utilisés dans les applications d’intelligence artificielle, elle reste largement distancée par Nvidia dans ce domaine.

Les analystes estiment que les mouvements du marché au cours du trimestre pourraient refléter une sorte de « passage de témoin » dans le secteur de l’intelligence artificielle, avec des investissements affluant vers les entreprises qui fournissent des puces et des technologies complémentaires aux produits de Nvidia. Et ce, dans un contexte de paris sur le fait que l’expansion massive des dépenses consacrées aux centres de données d’IA profitera à un plus large éventail d’entreprises.

Cette hausse s’est étendue à d’autres secteurs de la chaîne d’approvisionnement des infrastructures d’IA : l’action du fabricant d’équipements réseau Marvell a bondi de près de 200 % et celle d’Arm de 134 %. L’ETF VanEck Semiconductor a également progressé de 71 % au cours du trimestre, signant ainsi sa meilleure performance trimestrielle depuis son lancement en 2000.

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Révolution de l’IA : fracture entre nations

L’essor de l’intelligence artificielle a profondément transformé les marchés mondiaux, au point que la capacité des pays à générer des rendements élevés pour les investisseurs est de plus en plus liée à leur position au sein de l’écosystème de l’IA. C’est ce qu’il ressort d’une vision de l’économiste Ruchir Sharma, président de Rockefeller International, publiée par Al Business.

M. Sharma explique que l’intelligence artificielle est devenue le sujet dominant sur les marchés mondiaux, surpassant toutes les autres technologies révolutionnaires précédentes par son impact sur les rendements et les investissements. La performance relative des principaux marchés boursiers au cours de l’année écoulée reflète clairement l’ampleur des investissements consentis par chaque pays dans le développement de son infrastructure ou de ses services d’IA.

Il estime que les États-Unis et la Chine ont tiré profit de leurs modèles d’IA déjà bien établis. Tandis que Taïwan et la Corée du Sud ont acquis une place prépondérante grâce à leur domination dans l’industrie des semi-conducteurs. Le Japon, quant à lui, a consolidé sa position grâce à un large éventail de compétences et de technologies liées à ce secteur. D’autres pays, comme la Malaisie, Singapour, le Mexique, le Vietnam et la Thaïlande, ont également bénéficié de cette situation. Et ce, notamment grâce à leur rôle dans les chaînes d’approvisionnement technologiques et les centres de données.

À l’inverse, les marchés des pays peu présents dans le secteur de l’IA ou dépendants de secteurs plus vulnérables aux bouleversements technologiques ont reculé. C’est le cas de vastes régions d’Europe, ainsi que de pays comme l’Inde et les Philippines, qui subissent une pression croissante du fait de leur dépendance aux services technologiques susceptibles d’être affectés par le développement rapide de l’IA.

En outre, les données ont révélé que les entreprises spécialisées dans l’intelligence artificielle représentaient plus de 40 % de la capitalisation boursière des actions américaines. De même qu’elles ont contribué à plus de 80 % des rendements du marché cette année. Taïwan et la Corée du Sud ont également enregistré des niveaux de concentration plus élevés. Alors qu’en Chine, la dynamique s’est concentrée sur les entreprises technologiques de pointe et les secteurs émergents. Les secteurs traditionnels continuant de rencontrer des difficultés.

Par ailleurs, M. Sharma fait valoir que la vague actuelle d’IA diffère de la bulle Internet de la fin des années 1990. Alors que divers secteurs et marchés ont profité du boom d’Internet à l’époque, la vague actuelle d’IA détourne les capitaux des secteurs et des pays qui sont loin de cette transformation. Notamment des pays comme la Grande-Bretagne et l’Indonésie, qui subissent une fuite des investissements étrangers.

De plus, il souligne que les pays leaders ne bénéficient pas simplement d’une croissance passagère, mais possèdent des atouts solides. Avec essentiellement des investissements importants dans la recherche et le développement, ainsi que dans les technologies. Les dépenses moyennes en recherche et développement dans les pays à la pointe de l’IA dépassent 3 % du PIB. Soit plus de trois fois le niveau des pays en retard.

Il avertit toutefois que les positions de leader ne sont pas garanties. Aux États-Unis, l’écart de performance entre les actions des géants de la tech se creuse. Tandis que la quasi-totalité d’entre eux font face à une concurrence étrangère accrue, notamment de la part de la Chine. D’ailleurs, en Chine, des entreprises majeures comme Alibaba et Tencent cherchent encore un modèle clair pour tirer profit directement de l’intelligence artificielle. Alors que les PME du secteur technologique cotées sur des marchés émergents prospèrent. L’action d’Alibaba a chuté de 30 % cette année.

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IA et élevage en Afrique : la Banque mondiale pointée du doigt

Alors que la Banque mondiale triple ses investissements dans l’agriculture africaine, un nouveau rapport de l’“Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique“ (AFSA) et de l’IATP sonne l’alerte : derrière la promesse technologique de l’intelligence artificielle se cacherait un mécanisme d’endettement et de contrôle des petits éleveurs.

Intitulé « The Bank Takes the Lead », le rapport du Groupe de la Banque mondiale (GBM) s’est imposé comme le chef de file de la « Révolution verte » en Afrique, engageant 12 milliards de dollars dans des projets liés à l’élevage au cours de la dernière décennie. Au cœur de cette stratégie : l’initiative AgriConnect, qui place l’IA et les technologies en réseau au centre de la transformation rurale.

Le rapport souligne un changement de rhétorique majeur. Là où les agences de développement traditionnelles parlaient de “réduction de la pauvreté“, le GBM promeut désormais un modèle où l’IA transforme l’éleveur en « fontaine de données ». D’ailleurs, le président de la Banque mondiale, Ajay Banga, décrit un cercle qu’il juge vertueux : un éleveur utilise son téléphone pour diagnostiquer une maladie via une photo, générant ainsi une « piste de données ».

Pour l’institution de Bretton Woods, cette collecte massive d’informations est à même de créer un historique de crédit là où il n’en existait pas, ouvrant la porte aux banques et aux investisseurs privés.

Cependant, les auteurs du rapport y voient une menace pour l’indépendance des producteurs. L’utilisation de l’IA et des drones est présentée comme une alternative aux « services de vulgarisation traditionnels souvent défaillants », remplaçant l’expertise humaine locale par des algorithmes gérés par des géants de la tech et de la finance.

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Nouveau Kia Niro : l’hybride pour séduire les marchés en quête d’électrification

Avec une motorisation désormais exclusivement hybride en Europe, un design modernisé et un arsenal technologique enrichi, Kia fait évoluer son Niro. Le constructeur coréen entend conforter la place de ce SUV compact sur un marché où les modèles électrifiés gagnent progressivement du terrain, une évolution qui pourrait également intéresser les automobilistes tunisiens à mesure que...

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Le ministre de l’Économie vise une croissance d’environ 4,2 % avec le plan 2026-2030

Le plan de développement 2026-2030 vise à atteindre un taux de croissance d’environ 4,2 % à prix constants, à réduire le taux de pauvreté à moins de 15 % et à hisser l’indice de développement humain (IDH) au niveau des pays à très haut développement humain, a indiqué le ministre de l’Economie et de la planification, Samir Abdelhafidh .
Intervenant au cours d’une séance d’audition conjointe des commissions permanentes des députés, tenue mardi, le ministre a ajouté que le plan vise également à porter l’indice de développement régional à 0,6 point d’ici 2030, tout en réduisant de 0,1 point l’écart entre les limites minimale et maximale de cet indice selon les gouvernorats.
Il a souligné que le plan de développement 2026-2030 repose sur de grandes orientations, notamment la modernisation du tissu économique, le développement des infrastructures, la garantie de la sécurité énergétique, hydrique et alimentaire, la préservation d’un environnement sain, la modernisation du cadre institutionnel, l’amélioration de l’efficacité des services publics et la garantie d’un développement social équitable et inclusif.
Dans le secteur de l’énergie, le plan vise à porter la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique à 35 % d’ici 2030, à améliorer l’efficacité énergétique en réduisant la consommation nationale d’énergie primaire de 30 %, outre la modernisation des réseaux électriques et l’augmentation du taux d’exploitation des eaux usées.
Le plan prévoit également la mise en place d’un système efficace et flexible de gestion des affaires publiques, afin de favoriser le développement économique et social et renforcer les droits des citoyens et des acteurs économiques.
Et de rappeler que le ministère a reçu 40 748 propositions de projets dans le cadre de l’élaboration du plan de développement, dont 34 715 projets soumis par les conseils locaux (85 % du total), 5 375 projets proposés par les conseils régionaux (13 %) et 658 projets soumis par les conseils provinciaux (2 %).

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Le textile tunisien :  laboratoire méditerranéen de la mode intelligente

Par Jamel BENJEMIA

Il est des industries qui ne fabriquent pas seulement des produits, elles façonnent des territoires, structurent des vies et tissent silencieusement la mémoire collective d’une nation. Le textile appartient à cette catégorie rare. Derrière chaque atelier, chaque métier à tisser, chaque bobine de fil, se cachent des générations de femmes et d’hommes, des savoir-faire transmis, des destins familiaux et une certaine idée du travail.

Pendant plus d’un demi-siècle, le textile tunisien a incarné l’une des plus grandes aventures industrielles et sociales du pays. Porté par la loi 70 et par la vision modernisatrice impulsée sous Hédi Nouira, il a permis l’émergence d’un tissu industriel dense, créateur de centaines de milliers d’emplois et profondément arrimé aux marchés européens. La Tunisie est ainsi devenue l’un des ateliers privilégiés de l’Europe, forgeant sa réputation sur la qualité de sa main-d’œuvre, sa proximité géographique et sa remarquable capacité d’adaptation.

Mais l’histoire économique ressemble à la mer Méditerranée : elle n’accorde aucun mouillage définitif. Les courants changent, les routes commerciales se déplacent, les certitudes d’hier deviennent parfois les fragilités de demain.

La mondialisation a profondément redessiné la géographie industrielle. Le Bangladesh, le Vietnam ou l’Éthiopie disputent désormais aux pays méditerranéens le terrain des coûts salariaux. Dans le même temps, les consommateurs réclament davantage de rapidité, de personnalisation, de durabilité, mais aussi d’authenticité et de sens.

Le vêtement n’est plus un simple assemblage de tissus. Il devient une expérience, une affirmation identitaire, parfois même un engagement éthique.

Dès lors, une interrogation majeure s’impose : la Tunisie doit-elle demeurer un atelier performant au service des marques étrangères ou ambitionner de devenir un laboratoire méditerranéen de la mode intelligente ?

La réponse dépasse largement le destin d’un secteur industriel. Elle engage la capacité de la Tunisie à passer du statut d’atelier performant à celui de créateur de valeur, d’idées et d’imaginaires.

Sortir du piège du bas coût

Le principal risque auquel est confronté le textile tunisien consiste à poursuivre une bataille déjà perdue, celle des coûts.

Aucune économie méditerranéenne ne pourra durablement rivaliser avec les salaires pratiqués dans certaines régions d’Asie ou d’Afrique subsaharienne. Chercher à préserver la compétitivité uniquement par la compression des coûts reviendrait à engager une course vers le moins-disant social dont personne ne sortirait vainqueur.

L’expérience asiatique mérite à cet égard d’être méditée avec attention.

La Chine, la Corée du Sud ou Taïwan ont certes débuté par la sous-traitance intensive. Mais elles ont rapidement compris qu’une nation ne s’enrichit pas durablement en cousant pour les autres ou en vendant exclusivement des heures de travail. Elles ont investi massivement dans le design, la recherche, les marques, la logistique, la technologie et la propriété intellectuelle.

La véritable richesse ne réside plus dans l’assemblage du vêtement, mais dans sa conception, son récit, son image et sa capacité à susciter le désir.

Plus encore, la maîtrise des marques, du design et de l’innovation constitue désormais un enjeu de souveraineté économique. Les pays qui abandonnent la conception aux autres finissent souvent par dépendre des décisions prises ailleurs. Or, dans un monde fragmenté par les tensions commerciales et les rivalités technologiques, produire sans concevoir revient à naviguer sans gouvernail.

Faire émerger une signature méditerranéenne

L’une des grandes faiblesses du textile tunisien demeure son invisibilité.

Chaque année, des millions de pièces confectionnées en Tunisie sont vendues en Europe sans que le consommateur final en ait conscience. Le pays produit, mais ne signe pas.

Or, dans l’économie contemporaine, la marque constitue un actif stratégique majeur.

La Tunisie dispose pourtant d’atouts singuliers : héritage andalou, artisanat séculaire, diversité des influences méditerranéennes, maîtrise de la broderie, du tissage et des fibres naturelles.

Pourquoi ne pas faire émerger un label international associant élégance méditerranéenne, qualité européenne et production responsable ?

Cette ambition n’a rien d’utopique. Feu Ezzedine Alaïa, génie absolu de la haute couture, avait démontré qu’un créateur tunisien pouvait puiser dans sa mémoire intime pour élaborer un langage esthétique universel. Son célèbre col Alaïa demeure l’illustration éclatante de cette alchimie entre enracinement local et rayonnement mondial.

Le textile tunisien gagnerait ainsi à renouer avec sa géographie et son climat. Depuis des siècles, les peuples méditerranéens ont appris à vivre sous un soleil exigeant, à composer avec la chaleur, la sécheresse et l’intensité lumineuse.

Cette expérience pourrait devenir un formidable laboratoire d’innovation.

Pourquoi ne pas développer des vêtements spécialement conçus pour les régions soumises aux fortes chaleurs, capables de réguler la température corporelle, d’évacuer rapidement l’humidité ou de sécher en quelques minutes ? Pourquoi ne pas imaginer des tissus infroissables réduisant les besoins en repassage et, par conséquent, la consommation énergétique domestique ?

À l’heure où le réchauffement climatique redessine les modes de vie à l’échelle planétaire, la Tunisie pourrait devenir pionnière d’une nouvelle génération de vêtements adaptés aux climats extrêmes.

Demain, l’innovation textile ne consistera peut-être plus à suivre la mode, mais à aider l’humanité à mieux habiter une planète plus chaude.

Construire la mode intelligente

L’industrie textile mondiale entre dans une nouvelle révolution industrielle.

L’intelligence artificielle, l’analyse des données massives, la robotisation et la numérisation bouleversent déjà l’ensemble de la chaîne de valeur.

Demain, les algorithmes prédiront les tendances avant même qu’elles n’apparaissent sur les réseaux sociaux. Les logiciels anticiperont les ventes, réduiront les invendus et permettront la personnalisation des collections.

Le couturier de demain travaillera autant avec des stylistes qu’avec des data scientists.

Grâce à la qualité de ses ingénieurs, à ses compétences numériques et à la vitalité de sa jeunesse, la Tunisie dispose ici d’une opportunité historique.

Cela suppose toutefois la création d’écosystèmes associant universités, écoles de mode, centres de recherche, startups technologiques et industrielles.

Des pôles spécialisés pourraient émerger autour des textiles connectés, des fibres intelligentes, des tissus médicaux, des matériaux recyclés ou encore des vêtements destinés aux industries automobile et aéronautique.

Demain, l’aiguille dialoguera avec l’algorithme, le métier à tisser avec la donnée et l’inspiration créatrice avec l’intelligence artificielle.

Miser sur la proximité et la durabilité

Dans un monde marqué par les tensions géopolitiques, les ruptures logistiques et l’urgence climatique, la proximité redevient un avantage compétitif majeur.

L’Europe découvre aujourd’hui les limites d’une dépendance excessive à des chaînes d’approvisionnement lointaines.

La Méditerranée retrouve ainsi une centralité économique inattendue.

À quelques jours seulement des principaux marchés européens, la Tunisie dispose d’un atout géographique exceptionnel. Elle peut répondre rapidement aux commandes, produire en séries limitées et réduire considérablement les délais de livraison.

Parallèlement, les exigences environnementales remodèlent déjà l’industrie mondiale.

Les consommateurs européens ne recherchent plus seulement un vêtement, ils veulent connaître son histoire, son empreinte environnementale et les conditions humaines de sa fabrication.

En investissant massivement dans l’économie circulaire, les énergies renouvelables, le recyclage des fibres et la gestion durable de l’eau, la Tunisie pourrait devenir l’une des premières plateformes méditerranéennes de production textile décarbonée.

Coudre sa propre destinée

L’histoire économique enseigne qu’aucune nation ne progresse durablement en demeurant l’exécutante du génie des autres.

Durant plusieurs décennies, la Tunisie a admirablement rempli son rôle d’atelier manufacturier aux portes de l’Europe. Cette époque ne doit ni être reniée ni abandonnée aux poussières de l’histoire : elle a légué à la Tunisie bien davantage que des usines et des statistiques. Elle lui a transmis des gestes, des savoir-faire et cette intelligence de la main qui constitue souvent le premier visage du génie d’une nation.

Mais les grandes nations économiques sont celles qui savent transformer leurs héritages en tremplins plutôt qu’en refuges.

Le textile tunisien ne doit plus seulement confectionner des vêtements, il doit concevoir des idées, créer des marques, inventer des matières, produire de l’intelligence et exporter une vision méditerranéenne du monde.

Le véritable enjeu n’est plus de savoir combien de pièces la Tunisie peut fabriquer, mais combien d’innovation, de créativité et de sens elle peut incorporer dans chacune d’elles.

Car, au XXIᵉ siècle, les nations qui prospèrent ne sont plus nécessairement celles qui disposent des bras les moins coûteux, mais celles qui savent métamorphoser leur mémoire, leur culture et leur intelligence collective en richesse durable.

La Tunisie porte en elle cet héritage, cette intelligence de la main et cette créativité qui distinguent les peuples bâtisseurs. Il lui reste désormais à les convertir en vision industrielle, en innovation et en rayonnement international.

Pendant des décennies, elle a habillé l’Europe. Le siècle qui s’ouvre lui offre peut-être une destinée plus vaste : ne plus seulement confectionner des vêtements, mais imaginer les usages de demain, vêtir l’avenir et, fil après fil, tisser sa propre renaissance.

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Législative partielle à El Kabaria : six voix d’écart entre les deux favoris, un second tour s’impose

Les électeurs d’El Kabaria devront retourner aux urnes. L’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie) a annoncé, lundi 29 juin 2026, les résultats préliminaires de l’élection législative partielle organisée la veille dans cette circonscription du gouvernorat de Tunis. Arrivés en tête, Mohamed Salah Salemi et Chaker Bouthouri s’affronteront lors d’un second tour, aucun candidat n’ayant...

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Un jeune homme retrouvé mort dans le canal de Medjerda à Grombalia

Le corps sans vie d’un jeune homme d’une vingtaine d’années a été retrouvé dans les eaux du canal de Medjerda, mobilisant les équipes de la protection civile au lever du jour. Les circonstances de ce décès demeurent, à ce stade, inconnues. Selon une source locale citée par Jawhara FM, la dépouille a été extraite des...

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Cybersécurité : l’alerte rouge sur la manipulation algorithmique

« L’intelligence artificielle (IA) n’est plus un simple outil d’assistance, mais un véritable phénomène de manipulation cognitive et comportementale à l’échelle mondiale », estime l’expert en cybersécurité et en IA, Oussama Lahmar. De ce fait, il appelle à l’instauration de la « résistance cognitive » face aux algorithmes, soulignant l’urgence de combler le retard législatif tunisien en la matière, un constat récemment corroboré par l’UNESCO, rapporte l’agence TAP.

Lors de la présentation d’une étude intitulée « L’intelligence artificielle, la drogue numérique qui vole nos esprits », l’expert a mis en garde contre la transformation de l’IA d’un outil technique en un « guide invisible » orientant aussi bien rationnellement qu’émotionnellement les comportements humains.

Le véritable danger, selon lui, réside dans la fragilité structurelle de ces systèmes : les statistiques récentes en cybersécurité révèlent que 73 % des grands modèles de langage (LLM) sont vulnérables aux « injections d’instructions » (prompt injection). Cette faille permet d’orienter délibérément les résultats présentés à l’utilisateur, ouvrant la voie à de nouveaux crimes numériques et à la manipulation de l’opinion publique sans trace humaine visible.

Tout utilisateur est un livre ouvert

L’expert a détaillé un modèle de manipulation en quatre étapes observables : la fascination, l’attraction, la conviction et enfin la manipulation. Face à l’accumulation de données comportementales qui transforme chaque utilisateur en un « livre ouvert » pour les algorithmes, Lahmar a estimé que l’avenir divisera l’humanité en deux catégories : « ceux qui contrôlent la technologie et ceux qui sont contrôlés par elle ».

Pour y échapper, il a écarté l’option du rejet technologique, lui préférant le développement d’une pensée critique et d’une formation technique approfondie. Il a plaidé pour l’adoption d’une charte encadrant une utilisation consciente de l’IA, incluant des législations strictes pour protéger les données psychologiques des citoyens et les catégories vulnérables (les enfants et les personnes âgées) contre les diagnostics et les orientations algorithmiques arbitraires.

Cet appel à la régulation fait écho aux conclusions d’une étude de l’UNESCO sur l’écosystème de l’IA en Tunisie, dont les résultats préliminaires ont été présentés en décembre 2025.

Selon Hichem Besbes, expert en télécommunications ayant participé à ces travaux, la Tunisie accuse un retard législatif par rapport aux normes internationales. Le diagnostic souligne la nécessité impérative de renforcer le système national de protection et de stockage des données, tout en valorisant les compétences locales.

Le pays affiche néanmoins des points positifs, notamment un engouement croissant des étudiants pour les filières technologiques, une hausse du volume des publications scientifiques spécialisées et une amélioration de la connectivité Internet.

Pour accompagner cette transition et combler les lacunes, le bureau régional de l’UNESCO pour le Maghreb prévoit d’élaborer, dès cette année 2026, un ensemble de programmes en Tunisie, toujours selon la TAP.

Son directeur, Charaf Ahmimed, a indiqué que ces initiatives incluront des sessions de formation à l’intention des enseignants de la formation professionnelle et des jeunes diplômés, visant à développer leurs compétences pour un usage sûr, éthique et maîtrisé de l’intelligence artificielle.

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Qui est Roberto Vannacci, le rival de Giorgia Meloni à l’extrême droite ?

Ancien général de l’armée italienne devenu figure de l’extrême droite, Roberto Vannacci s’impose comme l’un des principaux rivaux de Giorgia Meloni. Après son départ de la Ligue de Matteo Salvini, il a fondé le parti Futuro Nazionale. Il séduit désormais…

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Mélenchon : France Culture s’excuse après un montage audio « fallacieux »

Jean-Luc Mélenchon a reçu les excuses de la radio publique France Culture après la diffusion d’un montage audio jugé « fallacieux », associant des propos du leader de La France insoumise à ceux de Jean-Marie Le Pen. La France insoumise…

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La “Mobile ID” deviendra obligatoire pour les investisseurs dès le 1er juillet 2026

L’Instance tunisienne de l’investissement (TIA) annonce que l’utilisation de l’identité numérique sur mobile, baptisée « Mobile ID », sera rendue obligatoire à partir du 1er juillet 2026. Et ce, pour tous les investisseurs souhaitant déclarer leurs projets via les plateformes numériques agréées.

Dans un communiqué adressé aux investisseurs, la TIA précise que cette mesure s’inscrit dans le cadre de la poursuite de la digitalisation des services administratifs et de la simplification des procédures d’investissement. Elle vise également à renforcer la sécurité des transactions électroniques et à garantir la fiabilité de l’accès aux plateformes numériques.

L’institution appelle ainsi les investisseurs n’ayant pas encore finalisé les démarches nécessaires à l’obtention de leur identité numérique à régulariser leur situation dans les plus brefs délais. L’objectif est d’éviter tout retard ou blocage dans le dépôt des déclarations de projets une fois la mesure entrée en vigueur.

La « Mobile ID » permet aux utilisateurs de prouver leur identité de manière numérique et d’accéder de façon sécurisée à plusieurs services administratifs en ligne. A cet égard, la TIA précise que ce dispositif contribue à accélérer les procédures et à réduire les déplacements administratifs.

L’Instance rappelle enfin que l’inscription à ce service est disponible via la plateforme électronique dédiée. De même qu’elle  invite l’ensemble des investisseurs à compléter cette démarche avant le 1er juillet 2026. Et ce, afin de garantir la continuité de leur accès aux services de déclaration des projets d’investissement.

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Le Chiffre. Rentrée littéraire 2026 : 461 romans annoncés

Pour cette rentrée littéraire 2026, ce sont pas moins de 461 romans qui paraîtront en France entre août et octobre, selon le décompte de Livres Hebdo. Une rentrée littéraire toujours foisonnante, marquée cette année par un regain d’intérêt pour les…

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Évasion de la Mornaguia : la Cour d’appel confirme jusqu’à soixante ans de prison pour les accusés

La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près la Cour d’appel de Tunis a confirmé, mardi 23 juin 2026, en toutes ses dispositions, les jugements de première instance ayant condamné cinq terroristes évadés de la prison de la Mornaguia à des peines allant jusqu’à soixante ans d’emprisonnement.  Les prévenus faisaient partie d’un groupe...

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Interview : Phillip Iveson, Director of Accommodation Product and Sourcing at TUI Group

Phillip Iveson, recently visited Tunisia with his senior leadership team to engage directly with key Tunisian partners. The meeting provided an opportunity to present the Group’s strategic outlook and reaffirm its growing commitment to the destination.

Phillip Iveson était récemment en Tunisie avec son équipe de direction afin de rencontrer directement ses principaux partenaires tunisiens. Cette rencontre a été l’occasion de présenter les perspectives stratégiques du Groupe et de réaffirmer son engagement croissant envers cette destination.

In an exclusive interview with Destination Tunisie, he discussed the purpose of his visit and the importance of Tunisia within TUI’s global portfolio. He also shared his perspectives on the Group’s announced growth ambitions and what these translate to on the ground in practical terms.

The conversation further explored the role of local partnerships in sustaining and developing the destination, as well as emerging shifts in customer behaviour towards Tunisia.
Looking ahead, he outlined the destination’s prospects, highlighting broadly positive forecasts for the summer season and the prevailing sense of optimism.

The discussion also touched on the increasing role of artificial intelligence in travel planning, product sourcing, and customer experience across the tourism industry.

Lors d’un entretien exclusif accordé à Destination Tunisie, il a évoqué l’objectif de sa visite et l’importance de la Tunisie au sein du portefeuille mondial de TUI. Il a également fait part de son point de vue sur les ambitions de croissance annoncées par le groupe et sur ce que celles-ci impliquent concrètement sur le terrain.

  • Objectif de la visite et potentiel de la Tunisie : Phillip Iveson explique que d’être venu sur place a permis de rencontrer les partenaires locaux et d’évaluer les offres disponibles. La Tunisie est perçue comme une opportunité de croissance grâce à de nombreux atouts : un climat idéal, des paysages magnifiques et une hospitalité exceptionnelle qui fidélise les clients d’année en année. La destination se démarque également par un excellent rapport qualité-prix.

  • Objectifs de croissance pour TUI : Le groupe prévoit une croissance significative sur la Tunisie pour les 3 à 5 prochaines années. Cette ambition reposera sur l’amélioration des produits hôteliers et le développement de partenariats solides.

  • Stratégie hôtelière et importance de l’authenticité : TUI recherche des hôteliers partenaires qui partagent sa vision d’une croissance durable. L’objectif est d’intégrer les marques du groupe (telles que Robinson, Magic Life, ou TUI Blue) ainsi que ses concepts familiaux. De plus, il souligne l’importance d’apporter une touche locale et authentique à l’expérience client, notamment grâce aux équipes sur place, une dimension très appréciée des voyageurs.

  • Gestion du contexte régional et logistique : Bien que les récents événements au Moyen-Orient aient initialement suscité de l’hésitation chez les voyageurs, TUI a su les rassurer (notamment en garantissant l’absence de surtaxes liées au carburant), ce qui a permis aux réservations de repartir à la hausse. Iveson observe également une tendance croissante pour les réservations de dernière minute, que le groupe gère de près avec ses partenaires.

  • Innovation et Intelligence Artificielle : L’entreprise intègre activement l’Intelligence Artificielle pour moderniser l’industrie. Par exemple, TUI utilise la recherche sémantique pour permettre aux clients d’exprimer leurs préférences de voyage plus naturellement (au lieu de simples dates de recherche). Cela améliore le taux de conversion et permet de collecter des données pertinentes.

  • Perspectives d’avenir : Pour conclure, il affirme que la Tunisie est idéalement positionnée pour bénéficier de la croissance mondiale du tourisme. Les relations de confiance développées avec les partenaires locaux depuis plus de 30 ans offrent une base très solide pour réussir ce développement.

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Le capital-investissement entre deux mondes. Un secteur qui se réinvente !

Après 8 ans de silence, la conférence annuelle de l’Association tunisienne des investisseurs en capital (ATIC) a fait son come-back en juin 2026, comme un signal fort dans un paysage économique en pleine recomposition.

Sur le thème « Intelligence artificielle et investissement durable », l’événement n’a pas ressemblé à une simple rencontre professionnelle. Il a plutôt pris des airs de repositionnement assumé, presque de déclaration d’intention, à un moment où le financement de l’économie tunisienne cherche de nouveaux équilibres.

Dans la salle, un constat revenait avec insistance. Le capital-investissement n’est plus seulement un outil de financement. Il devient une manière d’accompagner les entreprises dans leur transformation, parfois même dans leur survie.

Derrière les discours, les chiffres de 2025 ont donné le ton. Le secteur a mobilisé 709 millions de dinars (MDT) et investi davantage encore autour de 740 MDT, dans plus de deux cents entreprises. Plus de cinq mille emplois ont été préservés ou créés, des indicateurs qui montrent autant la vitalité du secteur que la pression économique du moment.

Mais un autre mouvement s’installe, plus discret et pourtant déterminant. Le capital-retournement prend de l’ampleur. Près de quatre investissements sur dix concernent désormais des entreprises en difficulté. L’image est claire. Le secteur n’est plus seulement tourné vers la croissance, il s’ancre aussi dans la réparation du tissu économique.

Nécessité de prolonger les dispositions de 2019

Cette dynamique s’accompagne d’une inquiétude partagée. Les incitations fiscales mises en place en 2019 arrivent à échéance fin 2026. Pour les professionnels du secteur, le calendrier est serré et les conséquences potentiellement lourdes. Le capital-investissement fonctionne sur le temps long, parfois cinq à sept ans. Sans visibilité au-delà de cette échéance, l’équation devient fragile. D’où une demande insistante pour prolonger ces dispositifs jusqu’en 2031.

Pendant que le débat fiscal occupe les esprits, une autre transformation avance plus silencieusement mais avec une portée tout aussi profonde. L’intelligence artificielle commence à redessiner les métiers de l’investissement. Le sourcing ne dépend plus uniquement des réseaux ou de l’intuition des acteurs. Il s’appuie désormais sur l’analyse de masses de données, parfois invisibles à l’œil humain. Recrutements accélérés, changements dans les directions, signaux faibles issus de l’activité numérique des entreprises, tout devient matière à lecture et à anticipation.

Quid de la gouvernance structurée de l’IA ?

La due diligence elle aussi change de nature. Elle n’est plus un moment figé avant l’investissement. Elle devient un suivi permanent, presque vivant. Les entreprises en portefeuille sont observées en continu à travers des flux d’informations qui croisent données financières, juridiques, sociales et environnementales. Une vigilance constante s’installe, portée par les outils numériques, mais toujours interprétée par l’humain.

Cette montée en puissance de la technologie ne se fait pas sans résistance. Les acteurs du secteur évoquent des freins bien concrets. Les coûts d’adoption, l’absence de gouvernance structurée autour de l’IA et les questions de sécurité des données ralentissent encore son intégration. Pourtant, une ligne de fond se dessine. L’outil peut accélérer, mais la décision doit rester humaine, ancrée dans le contexte et l’expérience.

À travers ces transformations, trois priorités se dégagent. Rendre le pays plus attractif pour les investisseurs internationaux. Développer des investissements à impact, intégrant les critères environnementaux et sociaux. Et mieux irriguer les régions, en renforçant le rôle des structures locales de financement.

Au fil des échanges, une impression s’est imposée. Le capital-investissement tunisien entre dans une phase de bascule. Pris entre la nécessité de stabilité fiscale et l’accélération technologique, il cherche un nouvel équilibre. Un équilibre où la donnée et l’algorithme prennent de plus en plus de place, sans pour autant effacer la décision humaine qui reste, pour l’instant, au centre du jeu.

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Percée des fruits et légumes tunisiens en Italie

Les exportations tunisiennes de fruits et légumes frais vers l’Italie ont connu un rebond spectaculaire en 2025, atteignant une valeur de 134 millions de dinars contre 85 millions en 2024, soit une croissance annuelle de 60 %, selon des données publiées vendredi par le Centre de promotion des exportations (Cepex). Cette dynamique traduit la compétitivité retrouvée de l’offre agricole tunisienne sur ce marché historiquement stratégique, estime le centre.

Signe qui ne trompe pas, plusieurs entreprises tunisiennes spécialisées dans la production agricole participent au salon Mercato Agroalimentare di Milano (SogeMi), qui se tient les 18 et 19 juin à Milan, en Italie. Cette mission est organisée par le bureau du Cepex à Milan et le consulat général de Tunisie à Milan, en partenariat avec l’APIA, le GIFruits et le Groupement interprofessionnel des légumes (GIL).

La participation à ce salon, qui accueille près de 25 000 visiteurs, vise à ancrer durablement les primeurs tunisiennes dans les circuits de la grande distribution italienne. Un million de tonnes de fruits et légumes y transitent chaque année sur 80000 m2, répartis entre 130 grossistes dans deux structures emblématiques, dont une toute nouvelle inaugurée récemment, pour un chiffre d’affaires global de près de 20 millions d’euros en 2025.

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La course au contrôle de l’IA est lancée: des risques désormais identifiés

Lors de l’ouverture de la conférence annuelle (2026) de l’Association Tunisienne des Investisseurs en Capital (ATIC), le ministère des TIC, lu par Tarak Triki, DG Smart Capital, a tenu à saluer la constance de l’engagement de l’association. Il a été souligné que l’ATIC s’impose désormais, année après année, comme un acteur structurant et essentiel de l’écosystème financier tunisien.

Le ministère a également mis en avant la pertinence du thème choisi pour cette édition 2026, à savoir l’intelligence artificielle (IA) et l’investissement durable. Selon les propos rapportés, ce choix s’inscrit parfaitement dans un contexte de transformation accélérée où l’IA n’est plus perçue comme une simple promesse théorique, mais comme une réalité professionnelle concrète transformant en profondeur la compétitivité des entreprises et les processus de décision.

Dans cette perspective, il a affirmé que le débat ne portait plus sur la nécessité d’adopter l’IA, celle-ci étant considérée comme acquise, mais plutôt sur la vitesse de son intégration, les modalités de sa gouvernance et les stratégies à déployer. L’allocution a insisté sur la volonté de la Tunisie de ne pas rester spectatrice de cette révolution technologique, mais de s’affirmer comme un acteur engagé, appelé à accélérer ses efforts pour s’aligner sur les mutations mondiales.

Enfin, l’intervention a souligné l’importance de renforcer la coordination entre tous les acteurs concernés et d’intensifier les actions déjà entreprises. Pour conclure, le ministère a annoncé qu’il rencontrerait les membres du bureau de l’ATIC à l’issue des travaux afin de leur transmettre les recommandations et conclusions issues de cette journée de réflexion.

L’intelligence artificielle à l’épreuve de la confiance

Lors de la conférence, la chercheuse et experte en intelligence artificielle Nozha Boujemaa est intervenue autour d’un thème central pour l’avenir des technologies; l’émergence d’une “IA de confiance”.

Dans une allocution dense et structurée, elle a appelé à un changement de paradigme dans la manière d’évaluer et de gouverner les systèmes d’intelligence artificielle, en soulignant le passage d’une logique d’éthique déclarative à une exigence de responsabilité objectivable et mesurable. Selon elle, les approches traditionnelles de l’éthique de l’IA, souvent fondées sur des principes généraux et contextuels, atteignent aujourd’hui leurs limites. L’enjeu n’est plus seulement d’afficher de bonnes intentions, mais de démontrer concrètement la maîtrise des systèmes déployés. La responsabilité est ainsi redéfinie comme une “capacité de rendre compte”, impliquant une compréhension complète des mécanismes internes des modèles et une capacité à en justifier les comportements. Au cœur de son intervention, une distinction structurante.

A dire vrai, la performance ne doit pas être confondue avec la confiance. La performance renvoie à l’efficacité d’un modèle dans des conditions contrôlées: rapidité, précision, taux de réussite. La confiance, elle, désigne la robustesse du système, c’est-à-dire sa capacité à maintenir un niveau de qualité stable dans des environnements variés, changeants et parfois imprévisibles. Un modèle peut ainsi afficher d’excellentes performances en phase de test tout en devenant instable une fois confronté à des usages réels. C’est pourquoi, selon l’experte, la robustesse doit désormais être considérée comme un indicateur quantifiable de la fiabilité.

Quels sont les risques réels? 

L’intervention a également mis en lumière les risques business associés à une IA insuffisamment maîtrisée. Une défaillance non anticipée peut rapidement devenir un risque réputationnel majeur, avec un impact direct sur la confiance des clients et, in fine, sur la viabilité économique des organisations. Dans cette perspective, la régulation n’est plus présentée comme une contrainte administrative, mais comme un levier de sécurisation et de compétitivité.

Elle a notamment alerté sur les effets possibles sur la santé mentale, lorsque les systèmes numériques comblent des “vides informationnels” par des contenus inadaptés ou nocifs. Elle a également rappelé que l’IA joue un rôle croissant dans la formation de l’opinion publique, posant ainsi des questions directes de souveraineté démocratique. Dans ce cadre, l’humain doit conserver le “dernier mot” dans les décisions critiques.

D’ailleurs, les risques associés aux systèmes d’intelligence artificielle insuffisamment fiables font aujourd’hui l’objet de cadres d’évaluation spécifiques. Parmi les références les plus reconnues figure celui élaboré par le National Institute of Standards and Technology, agence relevant du département du Commerce des États-Unis. Ce référentiel propose une approche structurée de la gestion des risques liés à l’IA en identifiant trois niveaux d’impact potentiels : les atteintes pouvant affecter les personnes, les préjudices susceptibles de toucher les entreprises, ainsi que les conséquences pouvant perturber les écosystèmes économiques, sociaux ou environnementaux. Cette classification illustre l’élargissement des enjeux de l’intelligence artificielle, dont les effets dépassent désormais le cadre strictement technologique pour toucher l’ensemble de la société.

Tester et anticiper les vulnérabilités

Parmi les outils évoqués figure le “red teaming”, une pratique issue de la cybersécurité qui consiste à tester activement les failles, biais et comportements indésirables des modèles avant leur déploiement.

Cette approche vise à anticiper les dérives potentielles des systèmes d’IA générative, plutôt que de les corriger a posteriori, dans un contexte où les risques liés aux biais et aux usages détournés sont de plus en plus documentés.

Enfin, l’experte a présenté l’approche “Value by Design”, qui consiste à intégrer les valeurs éthiques, sociales et économiques dès la phase de conception des algorithmes, sous forme de contraintes structurantes.

En un seul mot d’ordre! Maîtriser le cycle de vie de l’IA. 

 

 

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