Prada choisit Saint Levant, un profil qui bouscule les codes
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Sur le papier, une belle promesse de développement agricole. Mais dans les faits, cette stratégie soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. Car ces eaux, bien que « traitées », restent un cocktail potentiellement dangereux. Les destiner à l’agriculture, c’est jouer avec la santé des sols, des nappes phréatiques et, in fine, des consommateurs. Les normes de traitement seront-elles réellement contrôlées ? Les filières de production alimentaire seront-elles strictement encadrées ? Rien n’est moins sûr dans un pays où les contrôles environnementaux peinent souvent à s’imposer.
Mais ce n’est pas tout. La même eau servira aussi à arroser 1 100 hectares d’espaces verts et 1 400 hectares de terrains de golf – soit 40 millions de m³ –; tandis que 35 millions seront engloutis par l’industrie et 55 millions déversés dans des zones humides. Ces dernières, censées jouer un rôle d’assainissement naturel, deviendraient-elles de simples bassins de décantation supplémentaires, sous prétexte qu’elles « filtrent » ? On détourne leur fonction écologique pour les transformer en stations d’épuration biologiques, sans garantie sur leur capacité à absorber une telle charge.
Au final, la Tunisie promet de valoriser plus de 75 % de ses eaux usées. Un chiffre impressionnant, certes. Mais cette course au volume cache peut-être une réalité moins reluisante : faute de gestion rigoureuse, de transparence sur la qualité des traitements et de protection des écosystèmes, ces 450 millions de m³ pourraient bien devenir, dans vingt-cinq ans, un fardeau toxique plutôt qu’une ressource miracle. L’avenir nous dira si ce pari est celui du développement durable… ou celui d’une dangereuse illusion.
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L’Association Ibsar pour la culture et le loisir des personnes malvoyantes organise une série d’ateliers d’autonomisation juridique au profit des jeunes filles et femmes en situation de handicap.
Dans une publication diffusée sur sa page officielle, l’association précise cette initiative vise à encourager les bénéficiaires à participer activement à la vie publique, à renforcer leurs connaissances et leurs compétences, et à porter le taux de leur participation aux prochaines échéances politiques de 11 % à 20 %.
Ces ateliers s’inscrivent dans le cadre d’un projet d’une durée de 20 mois, soutenu par ONU Femmes et l’Union européenne.
Le projet a pour objectif de renforcer la participation des femmes en situation de handicap aux conseils locaux, en développant leurs capacités en matière de droits et de leadership, et en favorisant leur implication dans la vie publique et les processus de prise de décision.
Le premier atelier s’est tenu les 22, 23 et 24 juin 2026 au profit de jeunes filles et de femmes présentant des handicaps auditifs, visuels et moteurs. Le second s’est déroulé les 24, 25 et 26 juin 2026 et était destiné aux participantes en situation de handicap visuel et moteur.
Ces ateliers constituent la première étape d’un programme de formation intégré, qui sera complété par cinq autres ateliers pour chacun des groupes, afin d’assurer la continuité du processus d’autonomisation et de renforcement des capacités.
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La présidente de la Coordination nationale pour la défense des droits des personnes handicapées, Marwa Amara, a appelé ce mercredi à accélérer la publication des décrets d’application relatifs à un certain nombre de mesures sociales, à l’instar de l’article 32 de la loi de finances de 2026 relatif à la création d’un « Fonds de promotion des personnes handicapées », et de l’article 104 de la loi de finances, qui prévoit de permettre aux personnes en situation de handicap de bénéficier d’un avantage fiscal lors de l’importation de véhicules.
Amara a ajouté, dans une déclaration à l’Agence TAP, que l’absence de publication de ces textes réglementaires à ce jour leur a fait perdre leur importance, alors qu’ils étaient censés lever de nombreux obstacles auxquels sont confrontées les personnes en situation de handicap, garantir leur bien être et assurer leur autonomie de déplacement, selon son estimation.
Elle a précisé que l’article 32 de la loi de finances de l’année 2026 relatif à la création du « Fonds de promotion des personnes en situation de handicap » dans le but de financer des programmes d’inclusion économique et sociale de cette catégorie de personnes, ses modalités de gestion et ses conditions d’intervention devant être fixées par un arrêté gouvernemental. Elle a précisé que, bien que le mécanisme de financement du fonds soit entré en vigueur depuis le 1er janvier 2026 par le biais d’un prélèvement de 1 % sur certaines indemnités versées à la suite d’accidents de la circulation et du travail, l’arrêté gouvernemental régissant ses mécanismes de gestion et ses interventions n’a pas encore été publié, ce qui a empêché la mise en place du cadre juridique nécessaire au lancement effectif de ses activités.
Par ailleurs, la loi de finances pour l’année 2026 avait adopté une série de mesures visant à renforcer l’intégration des personnes en situation de handicap, parmi lesquelles la révision du régime des avantages fiscaux liés à l’acquisition de véhicules, conformément à l’article 104 de la loi de finances de 2026 relative à la révision de l’article 49 de la loi n° 123 de 2001.
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Le ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées a annoncé dans un communiqué l’ouverture des candidatures pour le Prix national des droits de l’enfant, édition 2025, destiné aux personnes, organisations, institutions publiques et privées ainsi qu’aux organismes qui se sont distingués par des actions créatives et artistiques contribuant au développement des capacités culturelles et créatives de l’enfant ainsi qu’à la prestation de services éminents dans le domaine des droits de l’enfant, de sa protection et de son développement, à condition que ces œuvres ne revêtent pas un caractère commercial.
Le ministère de la Famille a ajouté que, conformément au décret n° 3913 de 2014, daté du 17 octobre 2014, relatif à la création et à l’organisation du Prix national des droits de l’enfant, et modifié par le décret n° 779 de 2018, la période de dépôt des candidatures pour ce prix est fixée du 1er août au 31 août 2026.
Le département a insisté sur la nécessité que l’œuvre candidate soit réalisée au cours de la période comprise entre le 1er janvier 2025 et le 31 décembre 2025 et qu’elle respecte la vie privée, en précisant que les candidats individuels âgés de moins de 18 ans au 31 décembre 2025 se verront attribuer 10 points supplémentaires.
Elle a précisé que les dossiers de candidature à ce prix doivent être accompagnés d’un formulaire de candidature, d’une vidéo ne dépassant pas 5 minutes dans laquelle le candidat se présente et présente le travail proposé, ainsi que d’un résumé écrit sur le travail candidat, en s’appuyant sur les indicateurs figurant dans les critères et l’échelle d’évaluation, et qu’ils doivent être adressés au nom de la ministre de la Famille ou déposées directement au bureau central d’enregistrement du ministère.
Le ministère de la Femme a précisé que sont exclues de la candidature les œuvres visant à obtenir une promotion professionnelle ou un diplôme universitaire, ou celles réalisées dans le cadre des missions professionnelles confiées au candidat.
Toutes les candidatures ne remplissant pas les conditions mentionnées ou parvenant à l’administration après la date limite de dépôt des candidatures seront rejetées.
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Voici les principaux messages de cette tribune :
A quelques jours du sommet « AI for Good » qui s’ouvrira à Genève le 6 juillet, cette tribune témoigne du consensus scientifique croissant sur les risques importants que font peser les réseaux sociaux sur la santé des enfants, et du besoin d’encadrer ces plateformes pour en tirer le meilleur. Elle est aussi un appel, fondé sur la science, aux gouvernements et acteurs de la société civile du monde entier pour mieux protéger les enfants des risques liés à l’usage des réseaux sociaux.
La combinaison des données scientifiques, parlementaires et associatives converge. Les réseaux sociaux ont un impact important sur la santé et le développement du cerveau des enfants. Il en résulte que :
Face à ce constat, une action déterminante et collective est nécessaire pour maximiser les bénéfices liés à la technologie, mais aussi prévenir et empêcher les risques graves posés par les réseaux sociaux sur la santé des jeunes.
En France, l’Assemblée nationale en janvier puis le Sénat en mars ont adopté la PPL « majorité numérique » pour interdire les réseaux sociaux aux enfants de moins de 15 ans. De plus, la France mobilise une « coalition de volontaires » au niveau européen pour la mise en place d’une majorité numérique. Résultat : la commission elle-même souhaite désormais mettre en place une interdiction généralisée dans toute l’UE.
En outre, des règlementations similaires sont engagées partout dans le monde : Australie, Indonésie, Espagne, Irlande, Royaume-Uni, Canada, etc.
Cet encadrement, nous devons le faire ensemble – les gouvernements, les sociétés civiles, les jeunes eux-mêmes et ceux qui les entourent au quotidien (parents, professeurs et éducateurs, etc.), les industriels, les institutions de santé publique – le tout avec l’appui de la recherche scientifique, soutenue notamment par l’OMS pour aider les gouvernements à avoir une compréhension claire et fondée sur les données de l’impact des plateformes numériques sur la santé des jeunes.
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Madame Claude (1923-2015) fut la plus célèbre proxénète de luxe de France. Dans les années 1960 et 1970, elle dirigea à Paris un vaste réseau de prostitution haut de gamme fréquenté par des hommes politiques, diplomates, hommes d’affaires et célébrités internationales.
Son organisation regroupait plusieurs centaines de jeunes femmes, les « Claudettes », sélectionnées pour leur élégance, leur discrétion et leur aisance dans les milieux mondains. Plusieurs témoignages ont évoqué l’utilisation – occasionnelle ? – de certaines Claudettes comme sources d’information – les premières databed – auprès de personnalités étrangères de passage à Paris.
À l’époque de Madame Claude, les relations sentimentales et sexuelles s’inscrivaient encore majoritairement dans le cadre traditionnel du couple hétérosexuel.
Dans les années 1970 et 1980, alors que le modèle de Madame Claude décline en France, des structures comparables continuent d’exister dans plusieurs capitales. Les années 1980 et 1990 voient apparaître de nouvelles figures comme Heidi Fleiss, la célèbre « Hollywood Madam », qui transpose à Los Angeles les mécanismes de la prostitution de luxe.
Dans les années 1990 et 2000, l’essor d’Internet bouleverse profondément ces réseaux. Dans ce domaine bien spécifique, les carnets d’adresses sont devenus des « databaises » auxquelles on accède par des mots de « passe »… (désolé les jeux de mots je ne pouvais pas les laisser passer !)…
Depuis, l’anonymat offert par les technologies numériques et la professionnalisation de certains intermédiaires ont ouvert progressivement la voie à des pratiques beaucoup plus opaques et controversées qui auraient fait perdre le Nord au vénéré KAMA SUTRA : la libération sexuelle, le développement des mariages homosexuels, la modification des modèles relationnels, et le pire, c’est que la tranche d’âge s’élargit vers le bas… Ainsi, les « Claudettes » sont devenues des « web-Claude et Claudettes voire Claudinettes » opérant aussi dans l’espace numérique. Même l’IA s’en est mêlée : nous dialoguons aujourd’hui avec un « Chat » et un « Claude ». Les amateurs de calembours y verront peut-être une malicieuse coïncidence.
L’histoire a montré que « the bedroom » a souvent constitué une extension discrète du champ de bataille politique. Des services secrets aux polices politiques de divers régimes, la collecte d’informations liées à la vie sexuelle de personnalités influentes a fréquemment servi d’instrument de pression, de recrutement ou de chantage. Les techniques varient – séduction, enregistrements clandestins, constitution de dossiers compromettants -, mais l’objectif demeure le même : transformer l’intimité en levier de pouvoir.
C’est à la lumière de ces précédents historiques que certains observateurs analysent aujourd’hui les mécanismes révélés par l’affaire Epstein qui secoue le monde.
Voilà ce que dit l’ordinateur sur ce célèbre monsieur :
Et comme ce SEXGOOGLE commençait à déborder de toutes parts, il a fini, le pauvre, par être arrêté à son retour de Paris pour trafic sexuel, le 6 juillet 2019, et retrouvé mort dans sa cellule le 10 août 2019, soit seulement 35 jours plus tard… Aurait-il été suicidé et par qui ? Pourquoi même décédé il continue de sévir et inquiète des années après ?
Et ce n’est qu’une partie de ce que révèlent les documents publiés à ce jour. Est-ce que l’objectif était moins financier que relationnel : accumuler de l’influence, des réseaux et des informations sur les élites qu’il filmait et pour le compte de qui ? Si la présence d’un nom dans ces documents ne constitue en rien une preuve d’implication criminelle, elle illustre l’extraordinaire capacité d’Epstein à graviter au sein des élites politiques, économiques et médiatiques mondiales.
Certains observateurs ont avancé l’hypothèse que le système Epstein a été créé dans des objectifs bien clairs :
Beaucoup incombent la responsabilité au Mossad dont on a vanté l’efficacité et qui a beaucoup perdu depuis qu’il n’a vu en Iran que des burkas et des barbus … Bof ! Ce serait lui donner une importance qu’il n’a plus. Parole de drone !
Wait and see …
Ibtissem
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Pourtant, le gouvernement libanais a signé le vendredi 26 juin à Washington un accord de paix avec Israël. C’est la forte pression des Etats-Unis qui a forcé le président Joseph Aoun à accepter un tel accord tout en sachant pertinemment qu’il restera lettre morte comme tous les précédents accords que l’entité sioniste a signés. Et de fait, moins de deux jours après son entrée en vigueur, Israël a repris ses bombardements au Liban, tuant les civils et détruisant les maisons sur la tête de leurs habitants. La dernière frappe remonte à dimanche 28 juin. La cible était un parc d’attractions à Nabatieh où le ministre libanais a fait état de morts et de blessés…
Il va sans dire que le Hezbollah a rejeté fermement l’accord et des milliers de manifestants ont défilé à Beyrouth et dans sa banlieue sud, dénonçant « l’accord honteux et la capitulation face à Israël »
Rien d’étonnant quand on sait que l’accord n’oblige Israël ni à se retirer du territoire libanais, ni même d’arrêter ses bombardements. Le seul élément de l’accord sur lequel Américains et Israéliens ont pesé de tout leur poids est l’obligation faite pour le gouvernement libanais de « procéder au désarmement de Hezbollah ».
Mais il est quand même étonnant que le secrétaire d’État américain Marco Rubio, qui a supervisé la signature de l’accord, puisse déclarer que « la situation au Liban était distincte du cessez-le-feu avec l’Iran », malgré le fait que le premier article du mémorandum d’entente entre les États-Unis et l’Iran stipule explicitement « le cessez-le-feu total au Liban. »
Le refus de Netanyahu d’accepter les dispositions de l’accord irano-américain et l’impuissance de Donald Trump à l’imposer au Premier ministre israélien sont la source du regain de tension entre Washington et Téhéran ces derniers jours, avec des tirs américains sur l’Iran et des représailles iraniennes sur des bases US au Koweit et à Bahrein…
Tiraillé entre les fortes pressions israélo-américaines d’une part et le risque d’une guerre civile d’autre part, le gouvernement libanais n’a eu rien à dire pour justifier sa signature que « l’objectif final de l’accord est le retrait des troupes israéliennes du Liban. ». Difficile pour les Libanais de croire à un tel objectif quand, en réalité, aucun calendrier n’est fixé fixé à cet effet et aucune garantie n’assure la fin de l’occupation.
Euphorique, Benjamin Netanyahu s’est vanté devant la presse que « l’accord avec le Liban permet à l’armée israélienne de rester au Liban aussi longtemps qu’elle le souhaite », ajoutant que « l’objectif principal de cet accord est d’extirper la présence du Hezbollah et de l’Iran du Liban. »
Les médias israéliens ne cachent pas leur satisfaction de l’accord, affirmant de leur côté que « l’annexe de l’accord relative à la sécurité maintient l’occupation et confère à l’armée une totale liberté d’action ».
Nul besoin d’être un analyste chevronné ni un devin pour se rendre à l’évidence que la véritable intention qu’Israël tente de dissimuler dans cet accord est le déclenchement d’une guerre civile au Liban. Car la clique génocidaire au pouvoir à Tel-Aviv sait pertinemment que l’accord ne manquera pas d’approfondir le fossé qui divise la société libanaise entre ceux qui veulent un accord de paix avec Israël à n’importe quel prix et ceux qui insistent sur la résistance à l’occupation israélienne à n’importe quel prix…
C’est une réalité visible à l’œil nu. Le gouvernement libanais et ceux qui le soutiennent tiennent à un arrêt des combats, même si Israël ne quitte pas le sud-Liban, et le Hezbollah, Amal et ceux qui les soutiennent exigent la fin de l’occupation avant tout accord.
Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, a qualifié l’accord de « nul et non avenu » et a affirmé que « le gouvernement libanais avait fait des concessions unilatérales et porté atteinte à la souveraineté du Liban. »
Quant à Nabih Berri, chef du mouvement Amal, il a rejeté tout aussi fermement l’accord, le qualifiant d’« incitation à la guerre civile ».
Il y a plus d’un demi-siècle, en 1975 plus exactement, Israël fomenta une guerre civile qui a mis quinze ans durant le Liban à feu et à sang. Il y a tout lieu de craindre que les génocidaires israéliens, avec la complicité de leurs soutiens à Washington, s’activent à replonger le Liban dans le même désastre.
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Son rapport dénonce un « génocide », mais aussi des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre dans l’enclave palestinienne, ainsi que des crimes de guerre en Cisjordanie.
La commission d’enquête de l’ONU affirme que plus de 20 000 enfants palestiniens ont été tués et plus de 44 000 blessés, seulement entre le 7 octobre 2023 et le 7 octobre 2025. Le président de la commission, Srinivasan Muralidhar, déclare que des preuves montrent que des enfants ont été intentionnellement tués par les forces israéliennes et que ces violences se poursuivent malgré le cessez-le-feu.
En outre, le rapport souligne que les enfants palestiniens à Gaza subissent des conséquences durables du conflit, notamment des blessures, des déplacements forcés, la faim, la perte d’accès aux soins et à l’éducation, ainsi que des arrestations et des mauvais traitements.
Elle accuse également les forces israéliennes d’avoir commis des violences sexuelles contre des enfants, ciblé des services de maternité et de néonatologie, et estime que le blocus de Gaza a contribué à une famine ayant causé des décès et une grave détérioration de la santé des enfants. Gaza compte désormais la plus forte concentration d’enfants amputés au monde. Beaucoup ont été opérés sans anesthésie. Les experts parlent de « traumatisme continu ». Non plus un choc, mais une exposition permanente à la violence, avec des effets susceptibles de se transmettre d’une génération à l’autre.
Selon la commission, ces actes portent atteinte à l’avenir de la société palestinienne. En conséquence, ce que révèle la destruction massive des enfants palestiniens, c’est une intention génocidaire.
Ce que subit la population civile de Palestine, dans sa globalité, procède d’une stratégie militaire et d’une volonté politique qui nourrissent l’hypothèse d’un génocide. Crime international le plus grave qui soit, celui-ci consiste dans un type d’acte (meurtre, atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale, soumission à des conditions de vie visant à provoquer la destruction physique) « commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, en tant que tel » (art. 2 de la Convention sur le génocide). Cette définition repose ainsi sur un élément matériel et un élément intentionnel (à savoir la volonté de destruction totale ou partielle dudit groupe).
Sur le premier point, de fait, une partie substantielle de la population de Gaza a été tuée, avec un bilan macabre estimé entre70 000 et 200 000 morts. Les survivants, eux, font face à une destruction systématique et intentionnelle de l’environnement et des infrastructures (sanitaires, scolaires, culturelles, d’eau et d’assainissement, etc.) nécessaires à la vie. Ils continuent à être ballottés, déplacés de manière forcée et donc illégale.
Quant à l’élément intentionnel, de fait, les déclarations d’un certain nombre de hauts responsables militaires ou politiques israéliens sont pour le moins troublantes. Ainsi, dans un discours télévisé aux accents messianiques, le Premier ministre Benyamin Netanyahou a évoqué le combat du « peuple de la lumière » contre le « peuple des ténèbres » ; son ministre de la Défense, Yoav Gallant, a affirmé que « nous combattons des animaux humains et nous agissons en conséquence ». L’un et l’autre sont visés par une demande de mandat du procureur de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
De son côté, celui qui est censé représenter une autorité morale, le président Isaac Herzog a déclaré que « c’est toute une nation qui est responsable. Ce n’est pas vrai, cette rhétorique selon laquelle les civils ne sont pas conscients et ne sont pas impliqués, c’est absolument faux. […] Nous nous battrons jusqu’à leur briser la colonne vertébrale ».
Ainsi, selon les enquêteurs de la commission onusienne, le ciblage délibéré d’enfants palestiniens à Gaza constitue un élément majeur permettant d’établir une intention génocidaire. En effet, le sort réservé aux enfants palestiniens est, selon la Commission, l’un des indices les plus révélateurs de l’intention de détruire les Palestiniens en tant que groupe humain. Derrière les crimes commis contre cette population, c’est la conscience de l’humanité qui est blessée à jamais.
L’article Les enfants palestiniens ciblés par l’armée israélienne est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.
Le 15 juillet prochain, la Tunisie s’apprête à rembourser le dernier grand Eurobond de son histoire récente, un emprunt de 700 millions d’euros contracté en 2019 sur les marchés financiers internationaux. Avec les intérêts, l’opération représentera une sortie de trésorerie avoisinant les 2,5 milliards de dinars.
Pour beaucoup de citoyens, cette échéance peut paraître abstraite. Pourtant, derrière cette somme se cache une histoire plus vaste : celle d’un pays qui tente de refermer un cycle d’endettement extérieur devenu de plus en plus difficile à soutenir, tout en cherchant un nouveau modèle de financement.
L’événement revêt une portée presque symbolique. Il marque l’achèvement d’une époque où la Tunisie pouvait encore se financer régulièrement auprès des investisseurs internationaux. Mais il ouvre également une interrogation plus profonde : après avoir réduit sa dépendance aux marchés étrangers, la Tunisie ne risque-t-elle pas de devenir prisonnière de ses propres ressources ? Car si le mur de la dette semble aujourd’hui reculer, il n’a nullement disparu. Il s’est simplement déplacé.
Lorsque l’on évoque la dette publique, le débat se focalise souvent sur les montants. On parle de milliards de dinars, de ratios rapportés au PIB ou encore de déficits budgétaires. Mais la dette est avant tout une question de temps. Emprunter signifie déplacer des ressources du futur vers le présent. C’est accepter que les générations de demain contribuent au financement des dépenses d’aujourd’hui.
Cette idée n’est pas nouvelle. Déjà au XVIIIe siècle, l’économiste écossais Adam Smith s’inquiétait des effets potentiellement destructeurs de l’endettement public excessif. Plus tard, John Maynard Keynes défendra au contraire l’idée qu’un État peut légitimement s’endetter lorsque l’économie traverse des périodes difficiles. Toute l’histoire économique moderne oscille entre ces deux visions.
La dette peut être un levier de développement lorsqu’elle finance l’investissement productif. Elle devient un fardeau lorsqu’elle sert principalement à couvrir des dépenses courantes sans créer de richesses supplémentaires. La Tunisie se trouve aujourd’hui précisément au cœur de cette interrogation.
La dette peut être un levier de développement lorsqu’elle finance l’investissement productif. Elle devient un fardeau lorsqu’elle sert principalement à couvrir des dépenses courantes sans créer de richesses supplémentaires. La Tunisie se trouve aujourd’hui précisément au cœur de cette interrogation.
À première vue, les nouvelles semblent encourageantes. Le pays continue d’honorer ses engagements extérieurs. Les échéances de juin 2026 ont été payées. Les remboursements dus à l’Afreximbank et au FMI ont été assurés. Les réserves en devises demeurent relativement confortables. Le risque d’un défaut souverain immédiat paraît éloigné. Pourtant, derrière cette image rassurante se cache une réalité plus complexe. La dette publique tunisienne devrait atteindre près de 157 milliards de dinars à la fin de l’année 2026. Cela représente plus de 83 % de la richesse nationale produite annuellement.
Ce ratio n’est certes pas exceptionnel lorsqu’on le compare à certaines économies avancées. Le Japon dépasse largement les 200 % du PIB et plusieurs pays européens évoluent au-dessus des 100 %. Mais la comparaison est trompeuse. Les pays riches disposent généralement de banques centrales puissantes, de marchés financiers profonds, d’une monnaie fortement crédible et surtout d’un potentiel de croissance leur permettant d’absorber ces niveaux d’endettement.
La Tunisie ne bénéficie pas des mêmes marges de manœuvre. Son principal défi n’est donc pas tant la taille de sa dette que sa capacité à la financer durablement.
L’un des phénomènes les plus marquants de ces dernières années est passé relativement inaperçu dans le débat public. La dette tunisienne a changé de nature. Pendant longtemps, l’État s’est financé à l’étranger : Institutions internationales, Banques multilatérales, Marchés obligataires internationaux, Investisseurs étrangers… Aujourd’hui, cette architecture est profondément bouleversée.
Plus de la moitié de la dette publique est désormais détenue à l’intérieur du pays. Faute d’accès régulier aux marchés internationaux, l’État sollicite massivement les banques tunisiennes, les organismes publics et les ressources financières domestiques. Cette évolution est parfois présentée comme une reconquête de souveraineté… L’argument est séduisant.
Plus de la moitié de la dette publique est désormais détenue à l’intérieur du pays. Faute d’accès régulier aux marchés internationaux, l’État sollicite massivement les banques tunisiennes, les organismes publics et les ressources financières domestiques.
Moins dépendre des créanciers étrangers signifie moins subir les humeurs des agences de notation, des fonds spéculatifs ou des investisseurs internationaux. Mais cette lecture ne raconte qu’une partie de l’histoire. Car lorsqu’un État emprunte massivement sur son marché intérieur, il entre en concurrence directe avec les entreprises, les entrepreneurs et les investisseurs privés. L’argent qui finance le déficit public n’est plus disponible pour financer les projets productifs. C’est ce que les économistes appellent l’effet d’éviction. Et c’est probablement l’un des dangers les plus sous-estimés de la période actuelle.
Imaginons l’économie comme un organisme vivant. Les banques constituent son système circulatoire. Elles collectent l’épargne et la redistribuent sous forme de crédits. Lorsque cette circulation fonctionne correctement, les entreprises investissent, créent de l’emploi et stimulent la croissance. Mais lorsque l’État devient l’emprunteur dominant, une partie croissante de cette épargne est redirigée vers le financement du budget. Les banques privilégient alors souvent les titres publics, considérés comme moins risqués que les crédits aux entreprises.
La stabilité budgétaire obtenue à court terme pourrait se payer par un affaiblissement de la croissance à moyen terme. Autrement dit, la solution d’aujourd’hui pourrait devenir le problème de demain.
Progressivement, l’économie productive se retrouve privée d’une partie de son carburant financier. C’est précisément ce phénomène qui inquiète de nombreux économistes tunisiens aujourd’hui. La stabilité budgétaire obtenue à court terme pourrait se payer par un affaiblissement de la croissance à moyen terme. Autrement dit, la solution d’aujourd’hui pourrait devenir le problème de demain.
Face à cette situation, les autorités ont activé un autre levier : le financement direct par la Banque centrale. La Loi de Finances 2026 autorise un financement exceptionnel de 11 milliards de dinars à taux zéro sur quinze ans. Cette décision constitue probablement l’un des tournants les plus importants de la politique économique tunisienne depuis une décennie. Elle relance un débat qui traverse toute l’histoire de la pensée économique : peut-on financer un État en créant de la monnaie ?
Pour Milton Friedman, la réponse était presque toujours négative. Pour Keynes, la réponse dépendait du contexte économique. Pour les partisans contemporains des politiques monétaires non conventionnelles, la création monétaire peut constituer un outil utile lorsqu’elle évite un effondrement économique. Dans le cas tunisien, on le voit tous les jours, les arguments des deux camps se confrontent frontalement.
Les défenseurs de cette stratégie soulignent qu’elle permet d’éviter une crise de financement. Les critiques redoutent qu’elle ne fragilise progressivement la crédibilité monétaire et ne nourrisse des tensions inflationnistes futures. Pour l’instant, la stabilité relative des prix et du taux de change semble donner raison aux autorités. Mais l’histoire économique montre que les effets du financement monétaire apparaissent souvent avec retard.
Dans ce paysage parfois inquiétant, un élément apporte une forme de respiration : les réserves en devises demeurent relativement solides. Elles dépassent l’équivalent de cent jours d’importation. Cette performance mérite d’être soulignée. Elle repose largement sur deux piliers souvent sous-estimés : le premier est le tourisme. Le second est constitué par les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger.
Derrière les statistiques se cachent des millions de gestes individuels. Le travailleur tunisien installé à Paris, Montréal, Milan ou Doha qui envoie chaque mois une partie de son salaire à sa famille. Le touriste étranger qui choisit Hammamet, Djerba ou Sousse pour ses vacances. Ces flux représentent aujourd’hui bien plus qu’une simple source de devises. Ils constituent l’un des principaux amortisseurs économiques du pays. Sans eux, la pression sur le dinar serait nettement plus forte.
Ces flux représentent aujourd’hui bien plus qu’une simple source de devises. Ils constituent l’un des principaux amortisseurs économiques du pays. Sans eux, la pression sur le dinar serait nettement plus forte.
Mais aucun matelas de devises ne peut remplacer la croissance. C’est là que se situe le cœur du problème tunisien : L’économie devrait progresser d’environ 2,1 % en 2026. Cette croissance est insuffisante pour absorber le chômage, améliorer significativement le niveau de vie et réduire durablement le poids de la dette. L’économiste américain Hyman Minsky rappelait que les systèmes financiers deviennent les plus vulnérables lorsqu’ils semblent stabilisés.
La Tunisie risque précisément ce piège. Les échéances sont honorées, les indicateurs extérieurs tiennent, les équilibres immédiats sont préservés, … Mais l’économie réelle continue de manquer de dynamisme. Or aucune stratégie financière ne peut durablement compenser l’absence de croissance.
L’un des chiffres les plus révélateurs de la situation actuelle est probablement celui-ci : près de 93 % des recettes fiscales sont absorbées par trois postes : les salaires publics, les subventions et les intérêts de la dette. Autrement dit, il reste très peu d’espace budgétaire pour investir massivement dans les infrastructures, l’éducation, la recherche ou l’innovation. Cette rigidité budgétaire constitue aujourd’hui l’un des principaux freins à la transformation économique du pays. Chaque année, l’État mobilise une énergie considérable pour maintenir ses équilibres financiers. Mais cette énergie est de moins en moins disponible pour préparer l’avenir.
En réalité, le grand défi n’est plus 2026… Le véritable rendez-vous est fixé à 2027. Le remboursement du dernier Eurobond représentera un succès financier incontestable. Il démontrera la capacité de la Tunisie à respecter ses engagements internationaux malgré un contexte difficile. Mais cette victoire ne résoudra pas la question fondamentale. Comment financer durablement le développement économique lorsque les ressources budgétaires sont déjà fortement contraintes ? Comment relancer l’investissement privé ? Comment accroître la productivité ? Comment créer davantage de richesse sans accroître continuellement l’endettement ?
Une dette devient soutenable lorsque la société produit davantage de richesses que les engagements qu’elle contracte. À l’inverse, même une dette modérée peut devenir problématique lorsqu’elle s’accompagne d’une croissance insuffisante.
Voilà les interrogations qui détermineront la trajectoire du pays durant les prochaines années. Car au fond, le débat sur la dette n’est pas un débat comptable. C’est un débat sur la stratégie de développement. Une dette devient soutenable lorsque la société produit davantage de richesses que les engagements qu’elle contracte. À l’inverse, même une dette modérée peut devenir problématique lorsqu’elle s’accompagne d’une croissance insuffisante. Le paradoxe tunisien de 2026 tient précisément dans cette réalité. Le pays réussit aujourd’hui à franchir le mur financier qui semblait infranchissable il y a quelques années.
Mais derrière ce mur se dessine déjà un autre horizon, plus complexe et peut-être plus exigeant encore.
Celui de la croissance, celui de la productivité, celui des réformes capables de transformer l’épargne nationale en investissement créateur de richesse et d’emplois. Car l’histoire économique enseigne une leçon immuable : les nations ne sortent jamais durablement de la dette par la dette elle-même. Elles en sortent par le travail, l’investissement, l’innovation et la confiance retrouvée dans l’avenir. Et c’est précisément sur ce terrain que se jouera le véritable destin économique de la Tunisie au cours de la décennie qui s’ouvre.
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* Dr. Tahar EL ALMI,
Economiste-Economètre.
Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,
Psd-Fondateur de l’Institut Africain
D’Economie Financière (IAEF-ONG)
L’article Décryptage – Le mur de la dette : la fin d’un cycle ou la dépendance sans fin ? est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.
Certains s’en souviennent peut-être. Le 29 juin 1965, il y a 61, ans disparaissait une des plus grandes figures de la lutte de libération nationale et des bâtisseurs de l’Etat tunisien de l’après indépendance. Un des compagnons de route du leader et premier président de la République, Habib Bourguiba. Un homme dont ce dernier a fait un de ses prochains compagnons de lutte (on le voit deuxième après la gauche avec Bourguiba, Ahmed Ben Salah et Abdallah Farhat, et de gauche à droite de notre photo). Et qui avait dit un jour de lui qu’il était « le modèle de l’intelligence, du dévouement et de la fidélité ».

Vous avez sans doute compris qu’il s’agit de Taieb Mehiri, décédé à la fleur de l’âge – il n’avait que 41 ans – après une vie consacrée à la lutte pour l’indépendance de la Tunisie. Autant dire qu’il avait intégré les rangs du Parti destourien à l’âge seulement de 14 ans (en 1938), dans la cellule de La Marsa où il a passé une grande partie de sa vie.
Il avait intégré les rangs du Parti destourien à l’âge seulement de 14 ans (en 1938), dans la cellule de La Marsa où il a passé une grande partie de sa vie.
Le militantisme ne cessera du reste de l’accompagner tout le long de sa vie, y compris dans son séjour pour des études de droit en France, et le mènera à assumer nombre de responsabilités au sein du parti du Destour. Dont celle de directeur, de secrétaire général adjoint et de membre du Bureau politique.
Et comme d’autres militants nationalistes, il a connu les arrestations et la prison pour ses activités politiques. Ainsi a-t-il été incarcéré à Zaarour (camp d’internement dans le gouvernorat de Bizerte), à Tataouine et à Remada. Ou encore à La Kasbah, à Tunis. Sans qu’il soit le moins du monde affecté. On dit de Taieb Mehiri qu’il avait cette devise popularisée, d’ailleurs, par Victor Hugo dans sa pièce Hernani en 1830 : « Vers les sommets par des chemins étroits ». En fait, rien ne pouvait l’arrêter du moment qu’il savait défendre une cause juste.
Il fut le premier ministre de l’Intérieur de la Tunisie indépendante, fonction dont il a assumé jusqu’à son décès. Participant aux efforts accomplis en vue d’asseoir une organisation efficace de l’administration à l’échelle nationale et régionale de ce département et à la formation des cadres du ministère de l’Intérieur.
Un véritable sens de l’organisation
Ce mois de juin 2026 est aussi l’occasion d’évoquer Taieb Mehiri au travers d’un autre événement : le retour triomphal de Habib Bourguiba, le 1er juin 1955, de son long exil : il a été arrêté par les autorités coloniales en janvier 1952 (on le voit, dans notre autre photo, veillant au grain, à bord d’une voiture dans le cortège à droite en compagnie de Habib Bourguiba, de Béchir Bellagha et du militant Mongi Slim, au centre).
Taieb Mehiri a été le principal organisateur de ce retour triomphal. Doté d’un véritable sens de l’organisation, il se charge de toute la logistique du retour du leader et du parcours effectué par le président Bourguiba du port de La Goulette jusqu’au Palais beylical de Carthage (l’actuel siège de la Beit El Hekma).
Il avait, à ce titre, négocié avec les autorités coloniales, qui étaient encore en charge de la police, les moindres détails de l’itinéraire et les déplacements de la foule venue accueillir le Combattant suprême. Une mission de sécurisation qu’il avait assumée avec des militants sincères comme Mahjoub Ben Ali ou encore Azzour Errebaï et Béchir Bellagha.
Il avait négocié avec les autorités coloniales, qui étaient en charge encore de la police, les moindres détails de l’itinéraire et les déplacements de la foule.
A un moment critique
L’homme avait d’ailleurs une réelle autorité parmi les militants destouriens en raison des missions sécuritaires réussies et qu’il n’avait cessé d’assurer. Beaucoup retiennent, à ce niveau, son rôle dans la lutte armée déclenchée en 1952.
Il était connu pour avoir notamment soutenu les fellaghas dans les combats qu’ils avaient menés contre l’armée et la gendarmerie dans les montagnes et les villages de l’intérieur. Transmettant les ordres du parti destourien, organisant des rencontres secrètes et veillant à la fourniture des armes et des munitions. Ce qui lui a valu d’être arrêté, en mai 1952, et déporté ; avant d’être libéré, en septembre 1952. Pour continuer encore la lutte et arrêté de nouveau après l’assassinat du leader syndical Farhat Hached, au cours de la même année, et libéré en 1954. Et diriger le parti destourien par intérim, à un moment critique où les autorités coloniales entendaient en finir avec la lutte pour l’indépendance de la Tunisie. Un moment que Bourguiba a appelé « le dernier quart d’heure ».
L’article Il y a 61 ans, décédait le grand militant Taieb Mehiri est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.
Et si le protocole d’accord arraché dans la douleur avec Téhéran constituait finalement le pire cauchemar du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou ? Ne se targuait-il pas d’avoir l’oreille du président américain et d’influer sur la politique étrangère de Washington, au point de bénéficier du privilège rarissime d’être reçu à sept reprises à la Maison Blanche ?
Mais c’était sans compter sur l’imprévisibilité de l’ancien promoteur immobilier, ni sur un principe fondamental de la Realpolitik qui gouverne les relations internationales : les alliances comme les choix géopolitiques obéissent d’abord au pragmatisme et à la défense des intérêts nationaux, bien davantage qu’aux affinités personnelles ou aux proximités idéologiques. Après tout, ne dit-on pas que « les États n’ont pas d’amis, seulement des intérêts » ? Bibi aurait tout intérêt à méditer cette maxime, souvent attribuée, à tort, au général de Gaulle.
Brimades et vexations publiques
Aujourd’hui, il ne reste plus grand-chose de cette relation autrefois présentée comme privilégiée entre les deux hommes. La proximité avec Washington, que Netanyahou exhibait comme une preuve de son poids politique et un argument électoral, semble s’être retournée contre lui. Ce qui constituait hier encore un signe de puissance apparaît désormais comme le révélateur de son érosion d’influence.
Trump n’avait-il pas hésité, lors d’une une conversation téléphonique houleuse avec Premier ministre israélien sur le bombardement israélien du Sud de Beyrouth, à le traiter comme quantité négligeable ? « T’es complètement cinglé ! Qu’est-ce que tu fous ? Tu serais en prison sans moi. Je t’ai sauvé les fesses. Tout le monde te déteste maintenant. Tout le monde déteste Israël à cause de ça », lui aurait lancé le milliardaire républicain, faisant référence au procès pour corruption visant le Premier ministre israélien depuis 2020.
Ajoutant à cela qu’afin de préserver l’accord en cours de négociation avec Téhéran, le président américain a en effet contraint le gouvernement Netanyahou à renoncer à des frappes de représailles contre l’Iran et exigé une modération de sa réponse aux tirs du Hezbollah, avant d’imposer un cessez-le-feu entre Israël et le mouvement chiite le 19 juin.
Par ailleurs, en signe de défiance, le président octogénaire aura également refusé que Tel-Aviv ait un droit de regard sur le protocole d’accord négocié par son administration avec l’Iran. La confiance ne semble plus régner entre les deux hommes ; loin de là.
Bref, « non seulement il a perdu la guerre avec l’Iran, mais il a aussi perdu Trump comme ami. Il est désormais isolé non seulement sur la scène internationale, mais enfermé dans un conflit majeur avec Trump », a asséné Aviv Bushinsky, ancien conseiller de Netanyahou.
Dilemme
Mais comment réagit le dirigeant israélien face à ce désamour qu’il n’a pas vu venir ? Va-t-il, pour sauver la face, se rebiffer contre le « diktat » américain ou est-il plus sage de plier l’échine en attendant le passage de l’orage ? Placé devant un dilemme existentiel pour son pays ainsi que pour son avenir politique, il se mure pour le moment dans un silence pesant. En a-t-il d’ailleurs le choix ?
Un dilemme que le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, a parfaitement résumé lundi 22 juin au Parlement en ces termes : « soit un affrontement direct et destructeur avec notre plus grand allié, soit une capitulation servile face aux intérêts israéliens ».
Mais en attendant que le versatile président américain revienne à de meilleurs sentiments, Netanyahou devra justifier – devant l’opinion publique israélienne, à son électorat, et surtout devant son gouvernement composé de la coalition de droite, d’extrême droite et de partis ultra-orthodoxes avec à leur tête l’incontrôlable Bezalel Smotrich ou encore l’infréquentable Itamar Ben-Gvir – que lui qui se targue publiquement d’exercer une réelle influence sur les décideurs à Washington soit écarté brutalement et sans ménagement des accords avec l’Iran par l’homme qu’il désignait comme « le plus grand ami qu’Israël ait jamais eu à la Maison-Blanche ».
Il devra également justifier que l’homme qui a fait du conflit avec l’Iran le pilier central de la politique de sécurité d’Israël, finisse d’accepter que l’Iran, l’ennemi « existentiel » dont il en fait une fixation depuis plus de 30 ans, sorte du conflit affaibli militairement mais la tête haute pour avoir tenu tête à deux puissances nucléaires.
Enfin, sur le dossier libanais, Netanyahou semble plus que jamais tiraillé. Doit-il se plier aux exigences de Trump, qui presse Tsahal de mettre fin à ses frappes contre le Hezbollah, le bras armé de Téhéran, et de se retirer du Sud Liban, ou écouter son propre camp, qui appelle à tenir bon au nom des intérêts supérieurs d’Israël ? Cette ligne dure s’est d’ailleurs exprimée publiquement : « L’accord de Trump ne nous engage pas », a lancé le 22 juin sur les réseaux sociaux Itamar Ben-Gvir.
Le Premier ministre israélien semble avoir tranché en affirmant que les forces israéliennes resteraient dans les zones de sécurité du Liban, de la Syrie et de Gaza « aussi longtemps que nécessaire », et qu’elles « conservaient la liberté d’agir contre les attaques ». Mais en a-t-il les moyens ?
Reprise de main
« Toute action militaire israélienne perçue à Washington comme une tentative de saboter l’accord se heurtera très probablement à une réponse ferme de la part des États-Unis », a déclaré un chercheur spécialiste de l’Iran à l’Institut israélien d’études sur la sécurité nationale (INSS) dans un article publié dans le quotidien Israel Hayom.
« Contrairement à ce qui se passait sous l’administration Obama, lorsque Benjamin Netanyahou pouvait tenter de contourner la Maison Blanche en mobilisant le soutien du Congrès et de l’opinion publique américaine, ces options n’existent pratiquement plus aujourd’hui », a-t-il encore ajouté.
Aujourd’hui, le président américain semble avoir définitivement repris la main. Fini le temps où Benyamin Netanyahou pouvait composer par téléphone les équilibres stratégiques de Washington à sa convenance. L’influence israélienne, longtemps exercée dans l’ombre mais avec efficacité, paraît désormais nettement affaiblie.
L’article Chronique – Accord USA-Iran : Benjamin Netanyahou y laisse des plumes est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.
Il y a quelque chose de profondément paradoxal dans la Tunisie d’aujourd’hui. Chaque discours officiel célèbre l’investissement, l’initiative privée, l’entrepreneuriat, l’innovation et la création d’emplois. Chaque programme économique insiste sur la nécessité de renforcer le tissu productif national. Chaque responsable reconnaît que l’État ne peut plus être le principal employeur du pays et que l’avenir repose sur la capacité des entreprises à créer de la richesse.
Pourtant, sur le terrain, une autre réalité se dessine. Une réalité faite de trésoreries exsangues, de marges laminées, de procédures administratives complexes, de financements difficiles à obtenir, de retards de paiement chroniques et d’une concurrence parallèle qui semble parfois bénéficier d’une forme d’impunité économique.
Dans les ateliers de cuir de Monastir, dans les petites usines de textile du Sahel, dans les commerces de Sfax, dans les entreprises artisanales de Kairouan ou de Nabeul, le même sentiment revient avec insistance : celui d’être devenu un survivant plutôt qu’un entrepreneur.
La récente alerte lancée par Mehdi Barbouch, président de la Fédération tunisienne des artisans et petites et moyennes entreprises, ne constitue pas une simple revendication corporatiste. Elle traduit un malaise plus profond, celui d’un tissu économique qui a le sentiment de porter une charge devenue disproportionnée par rapport à ses capacités.
Au fond, la question est simple : comment une entreprise peut-elle continuer à produire, investir et recruter lorsqu’elle se trouve simultanément prise en étau entre une fiscalité pesante et une concurrence qui échappe aux règles ? C’est toute l’économie tunisienne qui se trouve résumée dans cette interrogation.
Les macroéconomistes aiment parler des grands agrégats : croissance, inflation, déficit budgétaire, balance commerciale ou dette publique. Pourtant, derrière ces chiffres se cachent des femmes et des hommes bien réels. Il y a ce chef d’atelier qui hésite à renouveler ses machines. Cette commerçante qui réduit ses stocks par peur d’une baisse de la demande. Ce petit industriel qui reporte un recrutement malgré des commandes suffisantes. Cet artisan qui travaille davantage pour payer ses dettes que pour développer son activité.
Toutes ces situations individuelles finissent par former une réalité collective. Or, depuis plusieurs années, les PME tunisiennes accumulent les chocs. La révolution, les crises politiques, la pandémie, l’inflation mondiale, la hausse des coûts énergétiques, les tensions sur les matières premières et le ralentissement économique ont laissé des traces profondes. Beaucoup d’entreprises n’ont jamais réellement retrouvé leur niveau d’activité d’avant 2020.
Leurs réserves financières se sont épuisées. Leurs capacités d’investissement se sont réduites. Leurs marges de sécurité ont disparu. Dans un tel contexte, chaque nouvelle contrainte produit un effet amplifié. Ce qui aurait été supportable dans une phase de croissance devient insoutenable dans un environnement de stagnation.
L’impôt est l’un des piliers de toute société moderne. Ibn Khaldoun nous le rappelle depuis plus de six cents ans. Sans fiscalité, il n’y a ni écoles, ni hôpitaux, ni infrastructures, ni sécurité, ni services publics. Mais l’histoire économique montre également qu’il existe une frontière subtile entre contribution et confiscation.
Lorsque les prélèvements deviennent excessifs par rapport aux capacités réelles des acteurs économiques, ils cessent de financer la croissance pour commencer à la freiner. La Tunisie semble aujourd’hui dangereusement « proche de cette limite ». Certains esprits éclairés (trop) pensent qu’on l’a dépassée. Le problème ne réside pas uniquement dans le taux d’imposition. Il réside dans l’accumulation. Impôts sur les bénéfices. Retenues à la source. Acomptes provisionnels. Cotisations sociales. Taxes diverses. Pénalités. Formalités administratives. Contrôles multiples. Chaque élément pris séparément peut sembler justifiable. Mais leur combinaison produit un effet de saturation. L’entreprise finit par consacrer une énergie considérable non pas à produire ou à innover, mais simplement à rester conforme.
Cette situation crée une forme de fatigue économique. Une fatigue qui ne se mesure ni dans les statistiques ni dans les bilans comptables. Mais qui se lit dans les regards de nombreux entrepreneurs. Ils ne parlent plus de croissance. Ils parlent de survie.
Mais si la pression fiscale est lourde, elle devient presque insupportable lorsqu’elle coexiste avec un marché parallèle omniprésent. C’est là que réside l’une des plus grandes contradictions tunisiennes. L’entreprise formelle supporte toutes les charges. L’entreprise informelle en supporte peu ou pas. Et pourtant, les deux se retrouvent sur le même marché.
Le résultat est prévisible. Comment rivaliser avec un concurrent qui ne paie ni TVA, ni CNSS, ni impôt sur les bénéfices, ni coûts réglementaires ? Comment expliquer à un artisan qu’il doit respecter toutes ses obligations lorsque son voisin peut vendre le même produit à un prix inférieur de 20 %, 30 % ou parfois davantage simplement parce qu’il échappe au système ? Cette situation ne crée pas seulement une distorsion économique.
Elle crée une crise morale
Car derrière les chiffres se cache une question de justice. Les économistes institutionnalistes, bien après Ibn Khaldoun, à commencer par Douglass North (1), ont démontré que les économies prospères reposent sur des règles appliquées équitablement à tous. Lorsque les règles cessent d’être universelles, la confiance s’effondre. Et lorsqu’une société perd confiance dans ses institutions économiques, l’investissement recule inévitablement.
Le drame silencieux des entreprises qui meurent debout
Les statistiques officielles évoquent souvent plusieurs centaines de milliers d’entreprises actives. Mais les chiffres administratifs racontent rarement toute l’histoire. Beaucoup d’entreprises existent encore juridiquement. Leur patente est ouverte. Leur registre de commerce est valide. Leurs déclarations continuent parfois d’être déposées. Mais leur activité réelle est réduite à une fraction de ce qu’elle était autrefois. Elles survivent. Elles ne vivent plus. Elles attendent. Elles espèrent. Elles repoussent l’échéance.
Le danger est là. Une économie ne s’effondre pas nécessairement dans un fracas spectaculaire. Elle peut se dégrader lentement, presque silencieusement. Atelier après atelier. Commerce après commerce. Entreprise après entreprise. Jusqu’au jour où l’on découvre que les capacités de production ont disparu. Que les savoir-faire se sont perdus. Que les emplois se sont évaporés. Et que reconstruire coûte infiniment plus cher que préserver.
Parmi les paradoxes les plus frappants figure celui des relations entre les entreprises et l’administration. Certaines PME réalisent des travaux pour des organismes publics. Elles livrent. Elles exécutent leurs contrats. Elles respectent leurs engagements. Puis elles attendent. Parfois plusieurs mois. Parfois davantage.
Pendant ce temps, les échéances fiscales continuent de tomber avec une régularité implacable. L’entreprise doit payer un État qui ne l’a pas encore payée. Cette situation relève presque de l’absurde économique.
John Maynard Keynes rappelait qu’une entreprise ne disparaît pas nécessairement parce qu’elle perd de l’argent. Elle disparaît souvent parce qu’elle manque de liquidités. Autrement dit, parce qu’elle ne dispose pas de trésorerie suffisante pour faire face à ses obligations immédiates. Dans un pays où les difficultés de financement sont déjà importantes, les retards de paiement publics deviennent un facteur supplémentaire de fragilisation.
Il fut un temps où le cuir et la chaussure représentaient une fierté industrielle tunisienne. Les ateliers travaillaient pour les marchés européens. Les exportations progressaient. Les savoir-faire se transmettaient de génération en génération. Aujourd’hui, de nombreux ateliers ont disparu. D’autres fonctionnent en dessous de leurs capacités. Certains ont définitivement fermé leurs portes. Bien sûr, les transformations du commerce mondial expliquent une partie du phénomène.
Mais la concurrence des circuits parallèles a joué un rôle majeur. Le secteur de la chaussure raconte finalement une histoire plus large. Celle d’une économie qui voit progressivement certains de ses piliers historiques s’éroder sous l’effet combiné de la mondialisation, de l’informalité et des fragilités internes.
Au fond, le débat dépasse largement les PME. Il concerne l’avenir du modèle économique tunisien. Chaque année, des milliers de jeunes arrivent sur le marché du travail. L’administration publique ne peut plus les absorber. Les finances publiques ne le permettent plus. Les entreprises privées deviennent donc le principal espoir de création d’emplois.
Mais comment demander aux PME de recruter davantage lorsque leur principale préoccupation est de préserver leur propre survie ? Comment espérer davantage d’investissement lorsque les entrepreneurs peinent déjà à maintenir leur activité ? Comment attirer les jeunes vers l’initiative privée si ceux qui entreprennent donnent l’impression de mener un combat permanent ?
L’histoire économique est pourtant claire. Aucun pays ne s’est enrichi durablement sans un secteur privé dynamique. Aucun miracle économique n’a été construit contre les entrepreneurs. Tous ont été construits avec eux.
La véritable urgence tunisienne n’est peut-être pas budgétaire. Elle est institutionnelle. Il s’agit de reconstruire la confiance. Une confiance qui passe par une fiscalité plus équilibrée. Par une lutte effective contre les circuits parallèles. Par une administration plus rapide. Par des délais de paiement raisonnables. Par un accès au financement mieux adapté aux réalités des PME. Par une digitalisation intelligente qui simplifie plutôt qu’elle ne complique. Car derrière chaque entreprise qui ferme se cache un drame humain.
Des salariés qui perdent leur revenu. Des familles qui perdent leur stabilité. Des jeunes qui perdent un espoir d’emploi. Des territoires qui perdent une partie de leur vitalité économique. La Tunisie possède encore un formidable potentiel entrepreneurial. Des artisans talentueux. Des PME résilientes. Des entrepreneurs capables d’innover malgré les difficultés.
Mais aucune économie ne peut demander indéfiniment à ses forces productives de porter seules le poids de ses déséquilibres. Car lorsque produire devient un acte de résistance, lorsque respecter les règles devient un désavantage concurrentiel, lorsque l’entrepreneur se transforme en survivant, le danger n’est plus seulement celui de quelques faillites supplémentaires. C’est celui d’un pays qui risque, progressivement, de décourager ceux dont il a pourtant le plus besoin : ceux qui créent la richesse, investissent dans l’avenir et donnent du travail aux autres. Et lorsqu’une nation commence à perdre ses bâtisseurs, elle finit toujours par compromettre une partie de son propre avenir.
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Références :
(1) Douglass C. North (1920–2015) est un économiste américain, colauréat du Prix Nobel d’économie en 1993. Il est le père fondateur de la nouvelle économie institutionnelle. Ses travaux majeurs, tels que Institutions et Le processus du développement économique, reposent sur deux piliers : Les institutions : Il les définit comme des « contraintes conçues par l’homme » (lois, droits de propriété, coutumes) qui structurent les interactions. L’intérêt personnel : Il explique que le développement et l’innovation naissent d’un calcul individuel. Ses recherches démontrent que la croissance économique à long terme dépend de la création d’institutions incitatives protégeant l’innovation, un concept qu’il a notamment utilisé pour expliquer l’émergence de la Révolution industrielle en Grande-Bretagne
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* Dr. Tahar EL ALMI,
Economiste-Economètre.
Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,
Psd-Fondateur de l’Institut Africain
D’Economie Financière (IAEF-ONG).
L’article Décryptage – Quand produire devient un acte de résistance est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.
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La Tunisie rencontre depuis 2023 des difficultés à mobiliser les financements extérieurs prévus dans ses budgets et ne parvient pas à capter les ressources attendues dans le cadre de l’emprunt extérieur, dans un contexte de rupture des négociations avec le Fonds monétaire international (FMI), a indiqué l’économiste Ridha Chkoundali.
Selon l’économiste, à qui on a posé la question « Le financement de l’Etat sans le FMI : jusqu’où est-ce possible », les montants effectivement obtenus au titre de l’emprunt extérieur n’atteignent pas le tiers des enveloppes programmées dans les lois de finances récentes. Cette situation s’expliquerait, toujours selon Ridha Chkoundali, par « la réticence des bailleurs de fonds à accorder des financements à des économies ne disposant pas de programmes de réformes adossés à un accord avec le FMI ».
Et l’économiste de rappeler que « le FMI demeure, pour de nombreux États et investisseurs privés, une référence en matière de confiance dans les programmes économiques », conditionnant ainsi l’accès aux financements internationaux.
Ridha Chkoundali assure que « la question du recours au FMI relève avant tout d’un choix politique et non d’un choix économique », rappelant ainsi en substance que la rupture des négociations et certaines orientations idéologiques vis-à-vis des institutions internationales ont influencé les décisions récentes en matière de financement extérieur.
Est-ce une fatalité ?
Concernant les alternatives au financement externe classique, l’économiste a évoqué le recours à l’emprunt intérieur ainsi qu’au financement direct auprès de la Banque centrale. Toutefois, ces options peuvent avoir, selon lui, des effets négatifs sur l’investissement privé et sur le niveau général des prix.
Dans ce cadre, Ridha Chkoundali a relevé que le coût de l’endettement intérieur est, selon ses propos, plus élevé que celui de l’endettement extérieur. Il explique que la Tunisie n’a pas enregistré, depuis la révolution, un taux de croissance supérieur à 2 %, ce qui limite la capacité de l’économie à supporter un endettement dont le coût excéderait ce niveau de croissance.
Sur le plan de la gouvernance économique, l’économiste a insisté sur l’absence de coordination entre la politique monétaire et la politique budgétaire. La Banque centrale se concentre sur la maîtrise de l’inflation, tandis que l’État privilégie les objectifs de croissance, sans articulation suffisante entre les deux politiques, regrette-t-il.
De ce point de vue, il estime que les approches monétaires de lutte contre l’inflation, fondées sur la demande, ne seraient pas adaptées au contexte tunisien. Selon lui, les tensions inflationnistes seraient davantage liées à des contraintes d’offre et à des limites de production et d’investissement, analyse-t-il.
D’ailleurs, l’économiste, tout en rappelant que, dans les pays développés, l’augmentation des taux d’intérêt peut attirer les capitaux grâce à des marchés financiers développés, souligne que cela ne serait pas le cas en Tunisie, où le marché financier reste limité.
D’où son plaidoyer pour « une réorientation des politiques économiques vers l’offre, à travers des mesures d’incitation à l’investissement, une réduction de la fiscalité et une augmentation des dépenses d’investissement public », car, estime l’économiste, les politiques monétaires et budgétaires actuelles restent insuffisamment coordonnées.
In fine, Ridha Chkoundali souligne que la soutenabilité du financement de l’État dépend, selon lui, de la capacité à définir des choix économiques cohérents et à renforcer la qualité de la négociation avec les institutions financières internationales, plutôt que d’une rupture avec celles-ci.
L’article Financement public : des alternatives au FMI, mais des marges de manœuvre réduites est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.
Donald Trump a la rancune tenace. Car non content de s’immiscer ouvertement dans les affaires internes d’un pays ami, la Grande-Bretagne en l’occurrence, il a annoncé, dimanche 21 juin, la démission du Premier ministre britannique, Keir Starmer, bien qu’aucune annonce officielle n’ait été faite alors par ce dernier. Il l’accuse au passage d’avoir échoué sur certains dossiers. « Il a lamentablement échoué sur deux dossiers très importants : L’IMMIGRATION ET L’ÉNERGIE (OUVREZ LES GISEMENTS DE PÉTROLE DE LA MER DU NORD !). Je lui souhaite bonne chance. Je peux vous dire que nous n’avons pas affaire à Winston Churchill », a-t-il ironisé.
Un geste indélicat qui relèverait d’une « vengeance personnelle», estime Guillaume Lavoie, professeur d’études stratégiques et diplomatiques à l’université de Québec.
« Quelqu’un qui suit la politique britannique n’est pas particulièrement surpris du départ éventuel à court terme du Premier ministre britannique dont les assises dans son parti vacillent de partout. Maintenant qu’un leader étranger décide d’aller faire cette espèce de déclaration tonitruante, le mot en latin pour ça, c’est “cheap” », a-t-il déclaré aux ondes de LCN.
« Le message du président américain en dirait davantage sur sa propre personne que sur la situation politique britannique », estime l’universitaire. Tout en ajoutant que « c’est une vengeance personnelle de bas étage parce que M. Starmer, comme Mme Meloni d’ailleurs, la Première ministre italienne, n’avaient pas suivi Donald Trump les yeux fermés dans le conflit iranien et dans d’autres choses », a-t-il encore souligné.
Guillaume Lavoie estime également que ce type d’attaques envers des chefs d’État « envoie un signal négatif à l’international et finit par ternir les relations ».
« Il n’y a pour Trump aucune loyauté, aucun sens de l’État et de plus en plus dans les chancelleries du monde entier, on comprend qu’il ne soit pas un partenaire ni fiable ni honorable. Et cela se reflète négativement sur la posture des États-Unis », a-t-il ajouté, implacable.
Pourquoi tant de ressentiment de la part du milliardaire républicain envers son homologue britannique ? A cause du refus du désormais ex-Premier ministre d’aider les USA en Iran. « Starmer n’était pas là et les Britanniques n’ont pas apprécié son absence. Starmer a dit : ‘Nous serons là dès que vous aurez gagné’. J’ai répondu : ‘Nous n’aurons pas besoin de vous quand nous aurons gagné’», a ainsi ironisé Donald Trump.
Rappelons que Starmer a confirmé lundi 22 juin lors d’un point de presse sa démission officielle en tant que Premier ministre et en sa qualité de chef du parti travailliste. Il demeurera toutefois en poste le temps qu’un successeur soit nommé par le parti. Le travailliste Andy Burnham a confirmé lundi qu’il se présenterait pour succéder au Premier ministre démissionnaire, et obtenu le ralliement du seul autre candidat déclaré, l’ex-ministre de la Santé, Wes Streeting.
« J’ai parlé à Sa Majesté le roi ce matin pour l’informer de ma décision. Je demanderai au Comité exécutif national du Parti travailliste d’établir un calendrier prévoyant l’ouverture des candidatures le 9 juillet, et leur clôture avant la fin de la pause estivale », le 1er septembre, a précisé le dirigeant de 63 ans devant les caméras.
« En cas d’élection interne, cela garantira qu’un nouveau chef soit en place avant la reprise des travaux du Parlement en septembre (…) Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour assurer une passation de pouvoir dans les règles », a-t-il ajouté.
Et de conclure, la voie étranglée par l’émotion : « Toutes les décisions que j’ai prises ont eu pour objectif de faire passer en premier le pays que j’aime. C’est pourquoi je vais démissionner de mon poste de président du Parti travailliste ».
Mais pourquoi le Premier ministre a-t-il fini par jeter l’éponge ? Avec une hausse importante du coût de la vie, et le plus haut taux de chômage depuis 2013, on lui reproche souvent son bilan économique désastreux. À cela s’ajoutent plusieurs fautes politiques notables. Comme d’avoir nommé Peter Mandelson en tant qu’ambassadeur à Washington, son allié s’est avéré être un proche du criminel sexuel Jeffrey Epstein. Sans oublier la démission de Wes Streeting, son ministre de la Santé, le mois dernier, lequel a dénoncé un manque de moyen et « avoir perdu confiance » dans le leadership du Premier ministre.
Son successeur serait probablement Andy Burnham, la personnalité politique préférée des Britanniques, selon l’institut YouGov. Devenu maire du Grand Manchester en 2017, il a relevé le pari de la reconversion d’une ville durement frappée par la désindustrialisation. Sous son impulsion, Manchester a retrouvé une centralité économique, regagné du poids dans l’équilibre territorial britannique et renforcé son attractivité internationale. Ses soutiens y voient la preuve qu’il pourrait transposer cette méthode à l’échelle nationale. Défenseur d’un État plus interventionniste, il plaide notamment pour la renationalisation de secteurs en difficulté, des transports à l’eau en passant par l’électricité. Ses adversaires, eux, lui reprochent de rester un homme de terrain, efficace à l’échelon local mais dépourvu d’envergure et de la vision stratégique qu’exige le poste de Premier ministre.
Reste qu’avec le départ de Keir Starmer, contraint de quitter le pouvoir en cours de mandat, le Royaume-Uni s’apprête à voir défiler son septième Premier ministre en dix ans ; un symptôme d’une instabilité politique inédite dans l’histoire contemporaine de la Perfide Albion.
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