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Mohamed Ali Nafti: « Le COMESA facilite la mobilité de la communauté d’affaires africaine »

Dans le cadre de la visite de la secrétaire générale du COMESA, Chileshe Mpundu Kapwepwe, la Tunisie réaffirme son engagement envers l’Afrique et sa volonté de promouvoir une intégration régionale accrue. C’est ce qui ressort de la conférence consacrée à sa venue, organisée à l’occasion de la 7e édition de la Foire régionale de la COMESA et de la Conférence d’affaires des femmes, qui se tiennent en Tunisie du 1er au 3 juillet 2026.

Lors de son allocution, le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, a souligné : “ Nous constatons une nouvelle illustration de notre détermination à construire l’Afrique que nous voulons. “Il a rappelé que ces journées ont permis une prise de conscience auprès de trois publics,  le grand public, la communauté d’affaires et les responsables politiques et diplomatiques,  autour d’initiatives telles que le COMESA et la ZLECAF, et ont mis en lumière l’importance de former les nouvelles générations de diplomates pour porter ce projet d’avenir.

“Notre action s’articule autour d’une feuille de route commune entre la COMESA, le ministère des Affaires étrangères et le ministère du Commerce et des Exportations », a ajouté M. Nafti. 

Il a constaté que le COMESA joue un rôle central en instaurant des mesures de confiance, en ouvrant de nouvelles voies pour réduire les tensions sur le continent et en facilitant la mobilité de la communauté d’affaires africaine, condition sine qua non au développement des échanges. Il a rappelé que, depuis son adhésion au COMESA en 2019, la Tunisie a augmenté de 50% ses exportations vers l’Afrique de l’Est et du Sud-Est et a diversifié ses produits.

Parmi les priorités retenues figurent l’innovation dans le commerce numérique, les plateformes de paiement, le développement du commerce électronique transfrontalier, la gouvernance numérique et une intelligence artificielle responsable. Des actions informelles entre le COMESA et la Tunisie ont été recommandées en vue du prochain sommet d’Harare, en mettant l’accent sur les énergies renouvelables, la sécurité alimentaire et l’agriculture intelligente face au climat, afin de mieux connecter près de 680 millions de personnes.

Mohamed Ali Nafti a conclu : “La Tunisie reste prête à renforcer les coopérations  et à travailler avec les jeunes générations pour faire émerger de nouvelles idées et partenariats. “

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Diplomatie tunisienne : les femmes, désormais 80% des nouvelles recrues

Près de quatre diplomates tunisiens sur dix sont aujourd’hui des femmes. Le chiffre, avancé vendredi par le chef de la diplomatie Mohamed Ali Nafti, illustre une dynamique qui s’accélère d’année en année : la dernière promotion de secrétaires des Affaires étrangères comptait 80% de femmes, contre 74% en 2025 et seulement la moitié l’année précédente.

C’est à l’occasion de la Journée internationale des femmes dans la diplomatie que ces données ont été dévoilées, lors d’une cérémonie tenue au siège de l’Académie diplomatique de Tunis. La rencontre, placée sous le signe de l’engagement des femmes au service de la paix et du développement, a réuni diplomates et représentants d’organisations internationales.

Dans son intervention, le ministre a tenu à inscrire cette évolution dans la durée. Il a rappelé que des femmes figuraient déjà dans la toute première délégation tunisienne envoyée à l’Assemblée générale des Nations unies, au lendemain de l’Indépendance — un choix qui, selon lui, traduisait l’attachement des fondateurs de l’État moderne au principe d’égalité entre citoyens et à l’émancipation féminine.

Mohamed Ali Nafti a également salué la mémoire des diplomates tunisiennes qui, depuis cette époque, ont œuvré à la défense de la souveraineté du pays, à la promotion de ses intérêts et à l’avancée du développement durable. Leurs héritières, a-t-il poursuivi, occupent désormais des fonctions à responsabilité, que ce soit au sein du ministère ou dans les instances internationales, où elles prennent part aux négociations, aux dialogues et à la recherche de consensus contribuant à la stabilité régionale et mondiale.

Le chef de la diplomatie est par ailleurs revenu sur l’engagement précoce de la Tunisie envers la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée en 2000, qui reconnaît le rôle des femmes non seulement comme bénéficiaires de protection, mais comme actrices à part entière de la construction de la paix. La Tunisie, a-t-il précisé, a été la première nation d’Afrique du Nord à se doter d’un plan d’action national pour appliquer ce texte, et la première de la région à en adopter un second, pour la période 2023-2027.

De son côté, Florence Basty, qui dirige le bureau d’ONU Femmes pour la Tunisie et la Libye, a salué un pays qu’elle considère comme précurseur en matière de droits des femmes, sur la scène régionale comme internationale. Son parcours depuis l’Indépendance, a-t-elle estimé, témoigne d’une influence durable des femmes tunisiennes dans la diplomatie multilatérale et les initiatives de paix à travers le monde.

Selon elle, les jeunes générations de diplomates perpétuent aujourd’hui cet héritage transmis par leurs aînées, tout en s’ouvrant à de nouvelles perspectives de responsabilité et d’influence. En plaçant les femmes au centre de ses priorités diplomatiques, a-t-elle ajouté, la Tunisie fait de leur participation pleine et égale un véritable choix stratégique, doublé d’une responsabilité assumée sur le plan international. Cette approche, a-t-elle conclu, trouve son ancrage dans l’agenda « Femmes, paix et sécurité » et dans la résolution 1325, référence centrale pour renforcer la place des femmes dans la prévention des conflits et la consolidation d’une paix durable.

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ZLECAf: la Tunisie et le Secrétariat général s’accordent sur un plan d’action conjoint

Source: MAE

La Tunisie entend accélérer son intégration au sein du marché unique africain, à l’heure où la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) entre dans sa phase opérationnelle. Cette orientation a été au centre des échanges tenus à Tunis lors de la visite du secrétaire général de la ZLECAf, Wamkele Mene, du 10 au 13 juin 2026.

Reçu jeudi par le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, le responsable africain a pris part à une séance de travail consacrée à l’avancement de la mise en œuvre de l’accord continental et aux perspectives de coopération avec la Tunisie. À l’issue des discussions, les deux parties ont convenu de l’élaboration d’un plan d’action conjoint. Celui-ci devra identifier les priorités de coopération pour les prochaines années et renforcer le suivi des projets liés à l’intégration économique africaine.

Cette initiative intervient dans un contexte où la ZLECAf cherche à passer du cadre juridique à une mise en œuvre effective. L’accord, opérationnel depuis 2021, constitue l’un des projets d’intégration les plus ambitieux au monde, avec un marché de près de 1,3 milliard de consommateurs et un produit intérieur brut cumulé estimé à plus de 3.400 milliards de dollars.

Malgré ce potentiel, les échanges intra-africains restent en deçà de leur niveau attendu. Les coûts logistiques élevés, les barrières non tarifaires et les contraintes de connectivité continuent de freiner la circulation des biens et des services à l’échelle du continent.

Pour la Tunisie, l’enjeu dépasse la seule ouverture commerciale. Le pays cherche à se positionner comme plateforme régionale de services, de logistique et d’investissement entre l’Afrique, l’Europe et la Méditerranée, en s’appuyant sur ses infrastructures portuaires et ses réseaux économiques existants.

Les discussions ont également porté sur les projets de corridors logistiques africains et sur la nécessité de renforcer la coordination entre le Secrétariat général de la ZLECAf et les institutions spécialisées basées en Tunisie. Objectif? Soutenir l’émergence de chaînes de valeur continentales plus intégrées et renforcer la compétitivité des économies africaines.

Wamkele Mene a salué l’engagement de la Tunisie dans le processus de mise en œuvre de la ZLECAf, rappelant que le pays figure parmi les premiers États africains à avoir signé et ratifié l’accord.

La visite a également mis en lumière les enjeux liés à l’inclusion économique des femmes et des jeunes, notamment à travers l’entrepreneuriat et le commerce transfrontalier.

En marge de son déplacement, le secrétaire général de la ZLECAf s’est rendu à l’Académie diplomatique internationale de Tunis, où il a présenté les avancées du projet continental, ses défis et ses perspectives en matière d’investissement et de commerce en Afrique.

Cette séquence diplomatique intervient à quelques semaines du Forum de l’investissement de Tunis, prévu les 25 et 26 juin 2026, qui devrait accorder une place centrale aux enjeux d’intégration africaine.

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