La réalisatrice et scénariste tunisienne Kaouther Ben Hania fera partie du jury international de la compétition officielle de la 83e Mostra de Venise, qui se tiendra du 2 au 12 septembre 2026. Le jury sera présidé par l’actrice, réalisatrice, scénariste et productrice américaine Maggie Gyllenhaal.
Cette désignation représente une nouvelle reconnaissance internationale pour Kaouther Ben Hania, l’une des figures les plus importantes du cinéma tunisien contemporain.
La cinéaste a consolidé sa réputation grâce à un style mêlant documentaire et fiction, abordant les thèmes de la violence, de l’injustice et de la condition individuelle au sein des systèmes de pouvoir. Son dernier film, ‘‘La Voix de Hind Rajab’’, présenté en compétition à la Mostra de Venise, a remporté le Lion d’argent, le Grand Prix du Jury et a été nommé à l’Oscar du meilleur film international.
Auparavant, ‘‘Les Filles d’Olfa’’ avait remporté l’Œil d’or, le prestigieux prix du documentaire décerné chaque année lors du Festival de Cannes, et avait été nommé à l’Oscar du meilleur documentaire, tandis que ‘‘L’Homme qui vendit sa peau’’ avait figuré parmi les cinq meilleurs films en lice pour le titre de meilleur film international.
Pour la Tunisie, la présence de Ben Hania au sein du jury de Venise confirme l’importance croissante du cinéma national sur la scène internationale, après une saison marquée par des sélections, des prix et des nominations qui ont offert une nouvelle visibilité à la production tunisienne et, plus généralement, au cinéma arabe et africain.
Outre Kaouther Ben Hania, le jury sera composé du compositeur et artiste britannique Daniel Blumberg, du professeur italien Francesco Casetti, du réalisateur et scénariste français Xavier Giannoli, de la réalisatrice et scénariste afghane Shahrbanoo Sadat et du réalisateur et producteur hongkongais Johnnie To.
Les entreprises communautaires sont un échec. Je l’expliquais déjà il y a des années et je le répète aujourd’hui… L’avantage même que leur accorde le décret présidant à leur création est l’une des causes de leur échec. Lorsque nous désignons ce type d’entreprise et le présentons comme une solution alternative pour la création de richesse et le développement local, au détriment du tissu économique constitué par d’autres types d’entreprises, nous condamnons non seulement un système économique existant à l’échec, mais aussi un nouveau système mort-né.
Sami Jallouli *
Au-delà de l’aspect législatif er réglementaires, analysons les raisons structurelles de cet échec :
1. La plupart de ces entreprises disposent de ressources d’autofinancement très limitées. Il est illogique de créer une société avec 50 associés et un capital qui n’excède parfois pas 20 000 dinars. Cela traduit une volonté de mutualiser les ressources sans modèle économique clair garantissant la pérennité de l’activité.
Même en cas de succès, la répartition des bénéfices entre un si grand nombre d’associés rendrait les rendements individuels négligeables, décourageant ainsi les actionnaires de développer l’entreprise et affaiblissant leur sens des responsabilités et leur propension à prendre des risques. Ceci conduit souvent à une négligence de la gestion ou à un abandon au premier obstacle…
2. L’une des principales raisons de l’échec de ce modèle réside dans son lien avec un agenda politique plutôt que commercial ou d’investissement. Historiquement, la Tunisie a une expérience douloureuse avec ce type d’organisation économique. Le mouvement coopératif (promu dans les années 1960 par Ahmed Ben Slah, Ndlr) et les tragédies qu’il a engendrées restent une plaie ouverte dans la conscience collective, plus de 50 ans après son échec.
3. Les banques abordent ces entreprises avec une extrême prudence, les considérant comme des projets politiques dépourvus de viabilité commerciale. La plupart des banques appartenant au secteur privé, elles rechignent à risquer les fonds de leurs partenaires sur un avenir incertain. En s’abstenant de financer ces entreprises, les banques privées les rendent dépendantes du soutien public, ce qui s’apparente à une recherche de rente et perpétue leur soumission au pouvoir central.
4. Bien que ces sociétés soient régies par un décret présidentiel, l’idée même que leur émergence soit liée à une décision politique imposée d’en haut constitue une faille majeure. L’expérience tunisienne avec des mécanismes de financement similaires, tels que la Banque de solidarité et le Fonds 26-26, en est un exemple frappant. Malgré leur dynamisme relatif, un pourcentage significatif des projets qu’ils ont financés a échoué, comme en témoigne le volume des prêts n’ayant pas été remboursés. Parce que ces sociétés privées sont liées à la vision du président, elles sont devenues les victimes d’un conflit entre ceux qui les soutiennent par simple loyauté et ceux qui les entravent pour des raisons politiques… ce qui engendre un climat d’investissement instable.
5. La plupart des fondateurs sont des jeunes ou des personnes sans emploi qui manquent d’expérience en matière de gestion de grandes entreprises, de logistique et de marketing. Ce manque d’expérience constitue un obstacle majeur pour toute entreprise naissante. Nommer des personnes sans emploi à la tête d’entreprises par décret politique, sans formation ni perfectionnement intensifs, représente un pari risqué pour leur avenir et pour les ressources publiques.
6. Quels que soient les efforts déployés par l’État pour promouvoir ces entreprises, elles se heurteront à une concurrence féroce de la part du secteur privé structuré, qui dispose de réseaux, d’une expertise technique et de circuits de distribution sophistiqués. Sans parler du manque de confiance au sein de leurs conseils d’administration et de la difficulté à prendre des décisions collectives… et, plus inquiétant encore, du risque que ces entreprises se transforment en groupes de pression, déviant de leurs objectifs économiques pour poursuivre des visées politiques…
Reconnaître l’échec d’un modèle économique n’est pas honteux ; la honte réside dans la persistance de cet échec… La Tunisie a besoin de réformes profondes et globales de son système économique… Et les entreprises communautaires ne sont clairement pas la réponse adéquate à ce besoin.
Une journée «Formation, insertion et partenariat automobile» s’est tenue le mardi 23 juin 2026 à l’hôtel Radisson Blu Tunis, dans le cadre d’une mobilisation conjointe tuniso-européenne pour renforcer l’employabilité et les compétences dans le secteur automobile en Tunisie.
La journée, organisée sous l’égide du ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Riadh Chaoued, s’est tenue en présence de Jacqueline Groth, cheffe de la coopération allemande auprès de l’ambassade de l’Allemagne, de Aude Galli, attachée de coopération auprès de la Délégation de l’Union européenne en Tunisie, de Mariem Elloumi, présidente de l’Association tunisienne de l’automobile (TAA), ainsi que de représentants des entreprises du secteur automobile, des structures publiques, des organisations professionnelles et des partenaires institutionnels.
La journée partenariat automobile s’inscrit dans le cadre du projet Pase co-financé par l’UE et le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et mis en œuvre par la GIZ Tunisie en partenariat avec le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle.
Cette initiative vise à renforcer les partenariats public-privé dans les domaines de la formation et de l’insertion professionnelle, à travers une meilleure compréhension des besoins et des attentes des acteurs publics et privés du secteur automobile ; la valorisation des mécanismes existants et des opportunités de coopération en matière de développement des compétences et de formation professionnelle; l’identification des besoins des entreprises en ressources humaines et en qualifications professionnelles; l’engagement concret de recrutement et d’insertion professionnelle (+ de 1600 postes d’emploi à pourvoir) ; le renforcement du dialogue entre les différents intervenants afin de favoriser l’émergence de nouveaux partenariats sectoriels durables; et la promotion des expériences réussies et des bonnes pratiques développées dans le cadre des projets soutenus par le ministère et la GIZ.
La rencontre a également été marquée par la signature de conventions de partenariat entre le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et la TAA, ainsi qu’entre six entreprises du secteur et l’Agence nationale pour l’emploi et le travail indépendant (Aneti), concrétisant des engagements pour plus de 1600 opportunités d’emploi dans le secteur automobile, traduisant ainsi une volonté de renforcer l’insertion professionnelle des chercheurs d’emploi et de rapprocher durablement les dispositifs de formation des besoins réels des entreprises.
À cette occasion, trois entreprises ont reçu le label “Entreprise Formatrice”, en reconnaissance de leur contribution au développement des compétences, à l’accueil des stagiaires et à l’accompagnement des parcours de formation professionnelle.
Cette initiative devrait contribuer à renforcer la visibilité des dispositifs publics d’appui à l’emploi et à la formation, à favoriser de nouveaux engagements de recrutement et d’insertion professionnelle, et à consolider la coopération entre les acteurs publics et privés au service du développement du capital humain et de la compétitivité du secteur automobile tunisien.
La Place du Maghreb Arabe, située au cœur de la ville historique de Kairouan, sera officiellement inaugurée le samedi 4 juillet 2026, au terme d’un processus de réaménagement urbain participatif et sensible au genre.
Cette action est menée conjointement par la Municipalité de Kairouan et Cities Alliance, avec le soutien de la Coopération suisse en Tunisie et d’Affaires mondiales Canada, et ce dans le cadre du programmeFemmedina, qui vise à intégrer systématiquement les besoins, les usages et les aspirations des femmes dans les processus de planification urbaine.
Bien plus qu’un simple projet d’aménagement, la transformation de la Place du Maghreb Arabe traduit une nouvelle manière de concevoir l’espace public dans les médinas tunisiennes : une approche fondée sur l’écoute des habitantes et habitants, la participation citoyenne, l’inclusion sociale et la prise en compte des besoins spécifiques des femmes.
À travers des ateliers de co-création, des marches exploratoires de sécurité, des cartographies communautaires sensibles au genre et des consultations de proximité, les femmes du quartier ; habitantes, commerçantes, artisanes et mères de famille, ont activement contribué à identifier les contraintes rencontrées dans l’espace public et à proposer des solutions adaptées à leurs besoins.
Ces consultations ont mis en évidence plusieurs défis liés à la sécurité, au manque d’espaces de rencontre, à l’accessibilité, à la faible visibilité des activités économiques féminines et à la qualité des aménagements urbains.
En réponse, les travaux ont permis d’améliorer l’éclairage public, d’installer du mobilier urbain, de créer des espaces de repos et de rencontre, de renforcer l’accessibilité universelle et de valoriser le potentiel économique, culturel et patrimonial du site.
Un cadre plus sûr pour les femmes
Située au cœur de la médina de Kairouan, la Place du Maghreb Arabe occupe une position stratégique dans la vie quotidienne des habitantes et habitants. Longtemps perçue principalement comme un espace de passage, elle retrouve aujourd’hui sa vocation de lieu de rencontre, d’échange, de convivialité et d’expression citoyenne.
La nouvelle place offre désormais un cadre plus sûr, plus accessible et plus accueillant pour les femmes, les familles, les jeunes et les personnes âgées. Elle contribue également à renforcer les liens sociaux, à encourager l’appropriation citoyenne de l’espace public et à redonner une visibilité accrue aux femmes dans la ville.
«Aujourd’hui, nous avons enfin un espace où les femmes, les familles et les jeunes peuvent se rencontrer, participer à des activités et profiter pleinement de leur ville», témoigne une participante aux ateliers de co-création.
À Kairouan, comme à Sousse, Mahdia et Msaken, Femmedina démontre qu’un urbanisme participatif et sensible au genre peut renforcer la qualité de vie, la sécurité, la cohésion sociale, la participation citoyenne, l’autonomisation économique des femmes et la durabilité des investissements publics.
L’expérience de Kairouan constitue ainsi une référence en matière de réaménagement participatif des espaces publics dans les médinas tunisiennes et ouvre la voie à la reproduction de ce modèle dans d’autres villes du pays.
De l’étincelle des premières lignes de montage à l’ère de l’électromobilité connectée, la Tunisie réaffirme avec conviction sa position de hub industriel stratégique et de partenaire de référence pour l’automobile mondiale.
Le 3 juin 2026 à Tunis, la Tunisian Automotive Association (TAA) a célébré un moment clé : «60 ans d’héritage, 10 ans d’accélération».
Cet événement a réuni institutions, industriels, partenaires nationaux et internationaux de l’écosystème automobile, ainsi que des représentants des médias, afin de rendre hommage à six décennies de savoir-faire industriel et à une décennie de structuration, de transformation et de rayonnement collectif. Il a également permis de tracer, ensemble, les contours d’une filière résolument tournée vers l’avenir.
Cette trajectoire illustre une épopée humaine et technologique faite d’expertise, de résilience et d’alignement sur les standards internationaux, portée par une vision commune : celle d’un secteur stratégique national en position de force, pleinement engagé dans les défis de la mobilité de demain.
Face aux investisseurs mondiaux, aux capitaines d’industrie, aux équipementiers et aux acteurs de la mobilité de demain, ce rendez-vous ne s’est pas limité au bilan. Il s’est imposé comme un manifeste : celui d’un écosystème mature, résilient et interconnecté, ancré dans une histoire industrielle solide, propulsé par une décennie d’accélération souveraine, et résolument tourné vers un horizon ambitieux au service de la filière automobile tunisienne et de son rayonnement international.
Une saga industrielle
Chaque grande industrie possède sa partition originelle. Celle de la Tunisie automobile s’est ouverte depuis sa fondation en 1960. À l’origine, le geste ouvrier, précis, qui assemblait les premières lignes cinématiques. Puis, décennie après décennie, la montée en gamme technologique a transfiguré le tissu industriel national. Les lignes d’assemblage rudimentaires ont cédé la place à des unités de production avancées, des centres d’excellence où convergent mécatronique intelligente, injection plastique de haute précision, et architectures de câblages complexes.
Ce ne sont plus seulement des composants qui sortent des usines tunisiennes, mais les systèmes nerveux et les structures critiques des véhicules qui circulent sur les routes du monde. L’industrie nationale a réussi une intégration profonde dans les chaînes de valeur mondiales (global supply chains), où la réactivité, le respect des standards de qualité les plus exigeants et l’excellence opérationnelle ont forgé une réputation internationale indélébile. La Tunisie n’est plus un sous-traitant en périphérie ; elle est un maillon systémique, exportateur et compétitif, ancré au cœur de la dorsale automobile mondiale.
«Cette célébration a marqué un jalon fondateur dans l’histoire de l’industrie automobile tunisienne. Six décennies d’engagement, de savoir-faire et de résilience ont forgé un tissu industriel qui s’est imposé comme pilier de notre économie nationale et territoire de confiance pour les grands acteurs internationaux. La décennie de la TAA a été celle de la structuration de la filière, fédérer nos industriels et positionner notre pays sur la carte mondiale de l’industrie automobile. Une transformation collective au service d’un rayonnement de nos compétences. C’est notre plus grande fierté. Nous revenons sur cette histoire pour écrire ensemble les prochains chapitres», a déclaré Myriam Elloumi, présidente de la TAA.
Disruption et innovation en première ligne
En 2016, sous l’impulsion de visionnaires et de leaders industriels, la TAA voyait le jour avec une ambition claire : transformer une somme d’expertises isolées en un bloc écosystémique unifié et compétitif.
En dix ans, la TAA est devenue le catalyseur de la compétitivité tunisienne, le porte-voix d’une filière qui fédère aujourd’hui plus de 80 entreprises membres, représentant un poids économique déterminant dans l’emploi et la dynamique exportatrice du pays.
L’accélération menée par la TAA s’est matérialisée par des réalisations majeures, parmi lesquelles :
– le Pacte de Compétitivité : une alliance stratégique public-privé pour sanctuariser l’attractivité du site Tunisie et sécuriser les conditions d’investissement à long terme ;
– la Tunisian Automotive Management Academy (Tama) : véritable pépinière de talents, dédiée à la formation d’ingénieurs et de managers calibrés pour les exigences de l’excellence technologique automobile mondiale ;
– la transition énergétique : le virage engagé vers la durabilité des processus de fabrication et l’intégration de composants dédiés au véhicule électrique, positionnant la Tunisie dans la chaîne de valeur durable de la mobilité de demain.
«Depuis 2016, notre protocole d’accord avec la TAA et plus tard avec la Tama, a transformé un engagement commun en collaboration durable. Face à l’électrification et la digitalisation et la mobilité durable, la TAA est idéalement positionnée pour jouer un rôle moteur d’innovation et de passerelle internationale. Notre souhait est que la TAA renforce son rôle de passerelle entre l’industrie, les décideurs publics et les partenaires internationaux, et poursuit ce développement d’un écosystème automobile tunisien dynamique et tourné vers l’avenir», a déclaré Hildegard Müller, présidente de la VDA.
Par son action, la TAA a redéfini le sourcing international en démontrant que la Tunisie possède l’agilité requise pour absorber les chocs logistiques mondiaux tout en maintenant des standards de rentabilité et d’innovation élevés pour ses partenaires investisseurs.
«Ces dix ans se résument en un seul mot ‘‘convergence’’. Les forces de notre industrie existaient en ordre dispersé. Aujourd’hui, industriels, institutions et talents ont la capacité de parler d’une seule voix avec la TAA. Les exportations du secteur sont passées de 624 millions d’euros en 2010 à près de 4 milliards d’euros en 2025. Une croissance moyenne de 16% par an depuis 2018, avec des projections à 4,2 milliards d’euros fin 2026. Ce rayonnement résulte de partenariats stratégiques bâtis avec la VDA QMC, la FIEV et l’AAAM à l’échelle africaine, qui ont permis d’attirer les leaders mondiaux du câblage, de l’électronique embarquée et des systèmes de sécurité. Le secteur compte aujourd’hui 300 entreprises, et plus de 120 000 emplois directs, un hub automobile reconnu, agile et stratégique. Une reconnaissance internationale alignée avec les exigences des plus grands constructeurs mondiaux», a déclaré Imed Charfeddine, vice-président de la TAA.
Cap sur les mobilités de demain
Regarder vers l’avant, c’est décoder les signaux faibles d’une industrie en pleine mutation logicielle (Software-Defined Vehicles) et énergétique. La Tunisie est positionnée pour l’étape suivante : la transition vers l’électromobilité, l’intégration de l’intelligence artificielle dans les processus industriels et la souveraineté technologique durable.
Ce manifeste est une invitation ouverte aux donneurs d’ordre mondiaux : la Tunisie offre bien plus qu’une proximité géographique avec l’Europe. Au-delà du nearshoring, elle s’impose comme un choix de valeur, un bestshoring assumé mettant à disposition un écosystème mature, un vivier de compétences et d’ingénierie hautement qualifiée et une volonté politique et industrielle d’anticiper la transition énergétique et l’éco-responsabilité de la filière automobile.
«Aujourd’hui, l’enjeu est l’innovation : s’adapter à une industrie disruptive, portée par de nouveaux acteurs, de nouvelles technologies et de nouvelles exigences environnementales. La TAA accompagne cette transformation, notamment via un programme startups soutenu par l’AFD et la CDC, visant à dépasser le simple POC pour produire des prototypes industrialisables. Notre force reste notre communauté : talents tunisiens, ingénieurs, industriels nationaux et internationaux, tous engagés pour faire rayonner la Tunisie au-delà de ses frontières», a déclaré Lamia Fourati, vice-présidente de la TAA.
Cette célébration du 10e anniversaire de la TAA s’est affirmée comme un manifeste expérientiel majeur, une commémoration dédiée aux forces vives qui pilotent la transformation de la filière rythmée par des séquences immersives à haute intensité et la présence d’invités nationaux et internationaux de premier plan. Ce fut un grand rendez-vous où se sont scellées les alliances de demain.
Pour les analystes de marché, la Tunisie fait la démonstration de sa force : elle n’émet plus de promesses, elle déploie une capacité d’exécution éprouvée et s’impose comme un carrefour automobile névralgique reliant trois continents.
Le message adressé à l’écosystème mondial résonne comme un signal sans équivoque : connectez-vous à la trajectoire d’une filière en pleine accélération, résolument configurée pour une croissance durable, décarbonée et hautement compétitive.
L’avenir de la mobilité s’écrit aussi sur le sol tunisien. Et le futur y a déjà trouvé son ancrage.
Nous reproduisons ci-dessous le texte de l’hommage que l’auteur a rendu à son collègue, enseignant universitaire, chercheur et penseur politique Mohamed Chérif Ferjani, dans le cadre de la Foire du livre à Sousse, le 17 mai 2026, à l’occasion de la sortie de l’ouvrage collectif intitulé ‘‘Le religieux, l’humain et la laïcité’’, des ‘‘Mélanges’’ offerts à Ferjani, réunis par trois de ses collègues, récemment paru aux éditions Nirvana, à Tunis.
Moncef Ben Abdeljelil *
Mes cher-e-s collègues et ami-e-s Permettez -moi de vous remercier toutes et tous pour cette opportunité qui nous permet aujourd’hui et dans cet espace du livre de rendre hommage à un ami commun qui a un parcours académique et humain exceptionnel. Chérif nous réunit aujourd’hui et en ces moments délicieux pour parler de ses qualités humaines certes, comme l’a fait d’ailleurs Si Ben Baya avant moi, mais pour présenter surtout ce livre auquel ont contribué huit collègues dans la partie arabe et trente-quatre dans la partie francophone et magistralement préparé par un collègue et compagnon de longue date, Dr. Mohsen Ismaïl, bien que l’initiative fût prise par feu Mohamed Seffahi et Abdellatif Chaouite qui ont organisé une journée d’hommage à Chérif Ferjani à l’Université Lyon 2, le 20 mars 2025, et à laquelle j’ai participé.
Je tiens à le rappeler pour instruire les lecteurs qui vont trouver dans ce livre volumineux deux de mes contributions et pourraient ainsi poser des questions. C’est ainsi que ce livre que je vais brièvement présenter illustre une expression de reconnaissance, d’amitié et d’engagement intellectuel envers la personne de Chérif Ferjani.
Alors venons à cette figure emblématique ! Je souhaiterais l’approcher par ses composantes académiques qui m’auraient donné une idée sur le parcours que ce livre intitulé ‘‘Le religieux, l’humain et la laïcité’’ illustre amplement. Mohsen Ismaïl qui a choisi ce titre, a bien su formuler le parcours de Chérif.
Habilité à diriger les recherches en 1996, soit moins de dix ans après l’obtention de son doctorat en sciences politiques, de l’Université de Lyon 2, Chérif entame une carrière académique riche et impressionnante. Enseignement mis à part, il encadre au total 11 thèses, dont celle de ma propre fille Racha ; il publie 10 livres qui parcourent les champs de l’islam/le religieux, la laïcité et le politique en rapport aux droits humains. Son dernier livre intitulé ‘‘Le Néolibéralisme et la révolution conservatrice’’ provoque depuis sa parution un débat de grande envergure parmi les intellectuels de tous bords. Aussi la production de Chérif compte-t-elle plus de soixante-dix (71 recensés dans ces mélanges) articles publiés dans différentes publications scientifiques de renom.
C’est pour dire que nous sommes en présence de trois formes d’activités académiques : enseignement, encadrement des jeunes, construction de nouvelles perspectives intellectuelles par la publication de livres et l’invitation à repenser «l’établi» à travers les articles qui touchent encore aux mêmes champs d’exploration.
Le phénomène religieux face à la modernité
Il me semble ainsi que Chérif a présenté ce que lui a semblé une école qui remet en cause les fondements du phénomène religieux face à la modernité dans toutes ses représentations. Sa réflexion marie magistralement une excellente connaissance des sources arabe et des nouvelles théories des sciences humaines et sociales, d’où son approche sur laquelle je souhaiterais m’attarder.
Philosophe de souche, Chérif s’est attaqué au champ religieux prenant l’islam, le politique et le comparatisme religieux comme perspectives d’investigation. Sa réflexion de philosophe a constitué la trame transversale de sa pensée. Au-delà de celle-ci, si possibilité est, Chérif embarque de plein pied dans la sociologie, dans l’anthropologie, faisant de l’histoire interprétative même un cadre de référence.
A mon humble avis, Chérif s’est formé comme chercheur interdisciplinaire et a continué à s’assumer comme tel. Et ce faisant, il a découvert avec une sagesse irréfutable l’idée de l’humain pluriel, de la construction sociale et idéologique du religieux, l’essence du politique comme jeu des pouvoirs et le fondement de l’homme sur le principe de la liberté.
Cette conviction, si j’avais bien compris mon ami, aurait été consolidée par une excellente réalité que Chérif avait connue : celle de voyager en Asie, en Amérique et à travers le monde arabo-musulman.
Les configurations locales des cultures ne se soustrairaient jamais de l’universel. Gaza en fut un excellent exemple puisque la voix de l’humanité contre le sionisme n’a pas tardé de se consolider et de se développer même dans les pays de guerre.
La même réalité que nous venons d’évoquer s’est consolidée magistralement par les groupes d’étudiant-e-s et de chercheur-e-s que Chérif a connus : ils sont eux-mêmes de tous pays et cultures, Africains, Asiatiques, Européens et Arabes ; Musulmans, Chrétiens, Juifs, Hindous, gnostiques et agnostiques…
Une pareille expérience aussi riche que variée, aurait donné à notre collègue une vision d’ensemble de ce que l’humain serait dans ses dimensions locale et universelle. Cette situation magnifique d’échange aurait permis à Chérif un «travail de terrain» constant, d’où l’ancrage d’une approche interdisciplinaire dans ses travaux et dans sa vision. Tous ces chercheurs venants d’Afrique, d’Asie, et autres continents, seraient des informants dans le sens anthropologique du terme. L’enrichissement mutuel serait l’un des acquis que le directeur de recherche et le chercheur lui-même développent davantage au fil de leur échange.
Ce livre, ‘‘Le religieux, l’humain et la laïcité’’, contient deux parties. La première évoque les qualités humaines de l’homme, la deuxième s’attaque plutôt à l’aspect académique tant par la revue de ses réflexions que par d’autres considérations sur des problématiques proches ou similaires.
Penser autrement dans les enceintes académiques
Je me suis intéressé, me concernant, aux débuts de l’islam pour continuer à poser des questions essentielles sur les fondements de la réception de la nouvelle religion, réception qui évolue dans le temps, qui change, et qui interpelle l’historien des idées surtout. Aurais-je dit, peut-être, que tout ne fut que construction à la recherche d’une légitimité et d’un pouvoir donc.
Ceci n’est pas loin de ce que Chérif aurait dit aussi, mais je ne cherchais pas à m’aligner sur ses convictions ; j’aurais souhaité soulever des questions que les islamologues imprégnés des sciences humaines et sociales auraient appréciées.
C’est ainsi que ce livre en hommage à Chérif Ferjani regroupe un collège de chercheurs de tous bords pour réfléchir, à l’occasion, sur une thématique féconde et toujours d’actualité, le religieux, l’humain et la laïcité, à laquelle un ami de longue date a dédié toute sa carrière sinon toute sa vie active. Certes, toutes sa vie active, puisqu’il est l’un des rares qui a su résoudre cette grande faille, celle de parler un autre langage et penser autrement dans les enceintes académiques; Chérif tient une seule pensée et un langage unique dans la salle de classe, dans les conférences et en public, sans renoncer pourtant à la qualité scientifique de ses propos.
Je trouve, pour toutes ces raisons, que cet hommage est amplement mérité ! Et cette expression de reconnaissance est certainement louable. Merci Chérif pour nous avoir réunis ici et en ces moments ! Merci pour votre engagement académique qui fait plaisir et honneur ! Merci A Si Othman Babba, à Si Hechmi Ben Fredj et à toute l’équipe Perspectives-Al-Amel al-Tunsi pour cette initiative. Merci à Mohsen Isma’il pour avoir dirigé ce livre et réuni ces textes ! Merci à toutes celles et à tous ceux qui sont présents aujourd’hui pour célébrer ce beau livre qui continue à illustrer l’engagement des Editions Nirvana qui a toujours constitué un soutien sans faille. A tous les contributeurs mes souhaits les meilleurs pour la suite. Nous aurions peut-être une autre occasion de lire Chérif à qui je souhaite longue et sereine vie par ces temps de troubles !
* Professeur d’histoire de la pensée islamique ancienne, membre de l’Académie tunisienne des Sciences, des Lettres et des Arts, «Beit al-Hikma».
Dans cet article, l’auteur explore avec l’outil d’investigation extraordinaire que l’IA constitue, la contribution de nos ancêtres au développement de la civilisation humaine.Les résultats qui en sortent sont très instructifs, y compris pour les intellectuels les plus érudits et peuvent nous inspirer une certaine fierté qui contraste avec le racisme et le mépris dont sont souvent victimes les Arabes vivant en Europe à cause de leur race. La deuxième partie de l’article qui traite des causes du déclin de la civilisation arabo-musulmane et d’un possible renouveau dans un avenir plus ou moins est aussi sinon encore plus instructive.
Sadok Zerelli *
J’avais beau dénoncer dans mes derniers articles publiés par Kapitalis les faiblesses voire la menace que l’IA, avec le développement conjoint de la robotique, constitue pour l’existence même de l’humanité et que ChatGPT a lui-même reconnues puisqu’il a classé en premier ce risque parmi plusieurs autres causes possibles de la fin du monde (voir «Battre l’IA dans le jeu du » ni oui ni non» et «L’IA, une menace existentielle pour l’humanité ?»), il n’en demeure pas moins que l’IA constitue une encyclopédie universelle et un outil d’investigation avec qui aucun esprit humain ne peut rivaliser.
Ainsi, sur un sujet aussi vaste que le titre de cet article, qu’un chercheur en Histoire et civilisation humaine mettrait des années pour en faire le tour, les réponses de l’IA sont concises, précises et fort instructives, y compris pour les spécialistes en la matière et les intellectuels les plus érudits.
Personnellement, j’ai appris beaucoup sur la contribution de nos ancêtres à la civilisation humaine et je suis certain que tous les lecteurs et lectrices de Kapitalis en feront de même.
Afin de rendre compte le plus fidèlement possible du dialogue que j’ai eu à ce sujet avec ChatGPT, ci-dessous la transcription des questions que je lui avais posées et ses réponses intégrales
Moi : Quel est l’apport des Arabes à la civilisation humaine ?
ChatGPT : La question est vaste, car il faut distinguer les Arabes en tant que peuple et la civilisation arabo-musulmane, qui a réuni des Arabes, mais aussi des Persans, Berbères, Turcs, Kurdes, Juifs, Chrétiens, Syriens, etc.
Entre le VIIIᵉ et le XVe siècle, cette civilisation a joué un rôle majeur dans la transmission, l’enrichissement et la création du savoir humain.
Voici quelques contributions particulièrement importantes :
1. Les mathématiques :
– développement de l’algèbre par Muhammad ibn Musa al-Khwarizmi. Le mot «algèbre» vient de son ouvrage ‘‘Al-Jabr’’ ;
– diffusion du système de numération indo-arabe (les chiffres 0 à 9) qui a remplacé progressivement les chiffres romains en Europe ;
– le mot «algorithme» dérive du nom latinisé d’Al-Khwarizmi.
2. L’astronomie :
– construction d’observatoires et amélioration des instruments d’observation ;
– calcul plus précis des mouvements des planètes et des étoiles ;
– de nombreuses étoiles portent encore des noms d’origine arabe, comme Aldebaran, Altair ou Betelgeuse.
3. La médecine :
– Ibn Sina (Avicenne) a rédigé le ‘‘Canon de la médecine’’, utilisé dans certaines universités européennes pendant plusieurs siècles ;
– Al-Razi a décrit avec précision plusieurs maladies et insisté sur l’observation clinique ;
– développement des hôpitaux publics, de la pharmacie et de la formation médicale.
4. L’optique et les sciences expérimentales :
– Ibn al-Haytham est considéré comme l’un des pionniers de la méthode expérimentale. Ses travaux sur la lumière, la vision et la caméra obscure ont influencé la science européenne pendant des siècles.
5. La philosophie :
– les penseurs comme Ibn Rushd et Al-Farabi ont commenté et développé les œuvres de Aristote. Leurs écrits ont contribué à la redécouverte de la philosophie grecque en Europe médiévale.
6. La géographie et la navigation :
– cartographie plus précise du monde connu ;
– voyages et descriptions détaillées de nombreuses régions par des explorateurs comme Ibn Battuta ;
– amélioration de techniques de navigation utilisées ensuite par les marins européens.
7. La littérature et la poésie :
– développement d’une tradition poétique parmi les plus riches de l’histoire ;
– œuvres célèbres comme ‘‘Les Mille et Une Nuits’’ ;
– poètes tels que Al-Mutanabbi ou la légende de Qays ibn al-Mulawwah et Layla ont marqué durablement la culture mondiale.
8. L’architecture :
– création de styles architecturaux originaux caractérisés par les arcs, coupoles, mosaïques et motifs géométriques ;
– des monuments comme Alhambra, Grande Mosquée de Cordoue ou Mosquée des Omeyyades témoignent encore de cet héritage.
9. La transmission du savoir :
L’une des contributions les plus importantes a été la préservation et la traduction d’œuvres grecques, persanes et indiennes, notamment dans la Maison de la Sagesse à Bagdad. Une partie de ce savoir est ensuite passée vers l’Europe médiévale, contribuant au développement intellectuel qui a précédé la Renaissance.
Une nuance importante : les historiens soulignent aujourd’hui que les progrès de l’humanité sont le résultat d’échanges continus entre civilisations. Les savants de langue arabe ont hérité de connaissances grecques, persanes, indiennes et d’autres traditions, puis les ont développées avant qu’elles ne soient transmises à d’autres régions du monde. Leur contribution n’est donc pas isolée : elle constitue un maillon essentiel d’une chaîne mondiale du savoir.
C’est pourquoi beaucoup d’historiens considèrent la civilisation arabo-musulmane médiévale comme l’un des grands centres intellectuels de l’histoire humaine, au même titre que la Grèce antique, la Chine impériale ou l’Europe de la Renaissance.
Moi : Je relève que toutes ces contributions datent d’avant le XVe siècle. Comment expliques-tu le déclin de cette civilisation depuis ?
ChatGPT : C’est une question qui fait l’objet de débats entre historiens depuis longtemps. Il n’existe pas une cause unique du déclin relatif du monde arabe et de la civilisation islamique par rapport à l’Europe occidentale après le XVe siècle. Les chercheurs évoquent généralement une combinaison de facteurs.
1. Le déplacement des routes commerciales mondiales : à partir de la fin du XVe siècle, les grandes découvertes maritimes européennes modifient profondément l’économie mondiale. Les routes commerciales qui passaient par le Moyen-Orient perdent une partie de leur importance au profit des routes atlantiques reliant l’Europe, l’Afrique, les Amériques et l’Asie.
Des villes autrefois prospères comme Le Caire, Damas ou Bagdad voient leur rôle économique relatif diminuer.
2. Les invasions et les conflits : la destruction de Bagdad lors de l’attaque de Hulagu Khan en 1258 est souvent citée comme un choc majeur. Plus largement, plusieurs régions ont connu des guerres prolongées qui ont affaibli les institutions, le commerce et la production intellectuelle.
Cependant, cette explication seule est insuffisante : d’autres civilisations ont subi des invasions sans connaître un déclin durable.
3. L’évolution des institutions politiques : de nombreux historiens soulignent que les États de la région sont devenus plus centralisés et parfois moins favorables à l’autonomie des villes, des universités et des groupes marchands que certaines régions d’Europe.
En Europe, la concurrence entre plusieurs États a parfois favorisé l’innovation économique, militaire et scientifique. Aucun royaume n’y détenait durablement un monopole du pouvoir.
4. La révolution scientifique européenne : entre le XVIe et le XVIIe siècle, l’Europe connaît des transformations intellectuelles majeures avec des figures comme Galileo Galilei, Johannes Kepler et Isaac Newton.
Les institutions scientifiques modernes, les académies, l’imprimerie de masse et la méthode expérimentale se développent rapidement. Le monde islamique participe à certains échanges, mais ne devient plus le principal centre mondial d’innovation scientifique.
5. La révolution industrielle : le facteur probablement le plus décisif est la révolution industrielle née en Royaume-Uni au XVIIIe siècle.
L’industrialisation donne à l’Europe puis à l’Amérique du Nord une avance économique, militaire et technologique considérable. Beaucoup de régions du monde, y compris le monde arabe, la Chine et l’Inde, se retrouvent relativement distancées.
6. Le colonialisme : aux XIXe et XXe siècles, une grande partie du monde arabe passe sous domination ou influence européenne : Algérie, Tunisie, Égypte, Irak, etc.
Le colonialisme n’explique pas le début du déclin relatif, mais il a souvent freiné le développement autonome et laissé des institutions fragiles ou dépendantes.
7. Les défis contemporains : depuis le XXe siècle, plusieurs facteurs ont continué à peser : conflits régionaux ; instabilité politique ; dépendance à certaines ressources naturelles ; fuite des cerveaux ; faibles investissements dans la recherche dans plusieurs pays ; systèmes éducatifs parfois mal adaptés à l’innovation scientifique.
Une précision importante : parler de «déclin arabe» peut être trompeur. Certains pays de la région ont connu des progrès rapides dans certains domaines : éducation, santé, infrastructures, finance ou technologies. De plus, les écarts entre pays arabes sont très importants.
Enfin, l’histoire n’est pas linéaire. La Chine, l’Inde, le Japon ou l’Europe ont tous connu des périodes de grandeur suivies de périodes de recul relatif. Les historiens considèrent généralement que la domination scientifique et économique européenne des XIXe et XXe siècles est elle-même un phénomène historique particulier, et non un état permanent ou naturel.
En résumé, le déclin relatif du monde arabe résulte probablement d’une combinaison de facteurs : changements économiques mondiaux, transformations politiques, révolution scientifique et industrielle ailleurs, puis colonialisme et difficultés institutionnelles plus récentes. Aucun de ces facteurs, pris isolément, ne suffit à expliquer l’ensemble du phénomène.
Moi : Crois-tu à un renouveau de la civilisation arabo musulmane dans un avenir plus ou moins prévisible ?
ChatGPT : on peut répondre à cette question de façon nuancée : oui, un renouveau est possible dans certains domaines, mais il ne s’agit pas d’un «retour» simple à une ancienne grandeur, plutôt d’une recomposition moderne.
1. Il existe déjà des dynamiques de renouveau : dans plusieurs pays du monde arabo-musulman, on observe des progrès réels:
– éducation et universités en forte expansion (ex : Émirats arabes unis, Arabie saoudite, Qatar, Jordanie, Maroc) ;
– recherche et innovation en hausse dans certains centres (notamment en ingénierie, énergie, IA appliquée) ;
– développement d’infrastructures modernes et de villes globales comme Dubaï ou Riyad ;
– croissance de scènes culturelles (cinéma, littérature, musique contemporaine).
Cela ne constitue pas une «civilisation homogène», mais plutôt des trajectoires nationales différentes
2. Les conditions d’un véritable renouveau : les historiens et économistes soulignent généralement quelques facteurs clés : a) Éducation et production de savoir. Les périodes de grande influence historique (comme à l’époque de la Maison de la Sagesse) reposaient sur la traduction, la recherche et l’innovation. Aujourd’hui, cela suppose des universités solides, la liberté académique, et l’investissement massif en science et technologie.
b) Institutions stables :le développement durable dépend de la stabilité politique, l’État de droit et une administration efficace.
c) Intégration dans l’économie mondiale : les pays qui réussissent le mieux sont ceux qui diversifient leur économie au-delà des ressources naturelles (pétrole/gaz), comme on le voit partiellement dans les pays du Golfe.
3. Les obstacles actuels : il existe aussi des freins importants dans certaines régions : conflits prolongés (Syrie, Yémen, Libye) ; instabilité politique ; dépendance économique aux hydrocarbures ; fuite des talents vers l’Europe ou l’Amérique du Nord ; et les inégalités de développement entre pays.
4. Une erreur fréquente, penser en «civilisation unique» : parler de «la civilisation arabo-musulmane» comme bloc uniforme est historiquement simplificateur. Aujourd’hui, il y a des pays très avancés technologiquement, d’autres en crise profonde, et beaucoup de situations intermédiaires.
Le «renouveau» ne serait donc pas global et simultané, mais fragmenté et progressif.
5. Une perspective historique plus large : l’histoire montre qu’aucune civilisation ne domine durablement :la Chine a connu des cycles, l’Europe aussi,et le monde islamique médiéval également.
Les centres de gravité du savoir et de l’économie se déplacent avec le temps. Certains analystes pensent que le XXIᵉ siècle pourrait voir une multipolarité, où plusieurs régions (Asie, Europe, monde arabe, Afrique émergente) jouent des rôles complémentaires.
Un «renouveau» est donc possible, mais il ne ressemblera probablement pas à un retour au passé. Il serait plutôt technologique, économique, culturel, et surtout différent de la civilisation médiévale, adaptée au monde globalisé actuel.
Moi : Merci pour ces informations fort instructives
En guise de conclusion
Dans un podcast récent avec Elon Musk, le journaliste lui a demandé quelle est sa principale devise dans la vie qui lui a permis de réussir tout ce qu’il a entrepris et de devenir multimilliardaire et même le premier humain trillionnaire (avec l’entrée en bourse de SpaceX, sa fortune vient de dépasser les 1000 milliards de dollars), sa réponse est éloquente et devrait nous faire tous réfléchir : «Ma devise dans la vie est que le plus difficile n’est pas de trouver des réponses qu’on se pose mais de se poser les bonnes questions».
Il nous suffit de transposer à l’IA sa réponse et savoir lui poser les bonnes questions qui nous enrichissent et nous éclairent tant dans notre vie personnelle que professionnelle.
Dans des discussions avec des amis, j’ai comparé souvent l’invention de l’IA à l’invention de la voiture : on peut l’utiliser pour se rendre à son travail et gagner du temps ou faire des balades en famille, comme on peut l’utiliser pour se tuer dans un accident de de la route parce qu’on on ne sait bien conduire et l’utiliser correctement. Pareil pour l’IA : soit elle sera une merveilleuse source d’épanouissement et de culture générale pour les humains, soit elle causera leur perte.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé sa démission le lundi 22 juin 2026. Celui qui a été l’artisan de l’alternance de l’été 2024 qui a mis fin à 14 ans de domination des Conservateurs avec une éclatante victoire du Parti travailliste (411 des 650 sièges du Parlement) se retrouve aujourd’hui très impopulaire et très contesté et a été acculé de démissionner. Comment le triomphe s’est-il mué en tragédie ?
Imed Bahri
Rares sont ceux qui qualifieraient Keir Starmer de figure dramatique bien que sa carrière politique ressemble à un parcours presque shakespearien : à peine onze ans pour entrer au Parlement, mener le Parti travailliste à une victoire électorale que beaucoup jugeaient impossible, puis, dans les deux dernières années, tout gâcher, écrit Peter Walker dans The Guardian, considérant la chute de l’ex-Premier ministre comme le reflet d’une époque sans précédent où la loyauté des électeurs s’est atomisée, où l’hégémonie bipartite s’est fragmentée en cinq partis et où, pour la première fois, le Parti travailliste a dû faire face à une menace à sa gauche comme à sa droite.
Le Guardian rapporte que même les plus proches alliés et partisans de Starmer admettent qu’il a largement commis des erreurs. Aucun Premier ministre moderne n’a semblé aussi bien préparé pour le poste sur le papier et aussi fondamentalement incompétent dans la pratique.
«Starmer était incompétent à trois égards», a déclaré Anthony Seldon, l’historien qui a écrit les biographies de tous les Premiers ministres, de John Major à Rishi Sunak. Il poursuit : «Premièrement, il n’a jamais compris en quoi consistait le poste, que fait un Premier ministre ? Deuxièmement, il n’a jamais su ce qu’il voulait faire, surtout pas en matière de politique économique. Et troisièmement, il ne savait pas qui nommer. Une fois ces trois problèmes réunis, rien ne peut fonctionner. C’est juste une question de temps avant que tout ne s’effondre».
Fossé entre la campagne et la gouvernance
Pris comme un résumé, cela peut paraître dur mais il est difficile de nier l’impression générale d’un homme politique habile à conquérir la direction du Parti travailliste, puis à mener le parti à la victoire, avant d’être paralysé par les choix incessants du pouvoir, se cachant derrière un vocabulaire toujours plus fourni de missions, d’objectifs et de plans de changement.
Ce fossé entre la campagne et la gouvernance a été constaté avec inquiétude par certains collaborateurs directs de Starmer dans les derniers jours précédant le triomphe électoral des Travaillistes en juillet 2024, une victoire écrasante en termes de sièges, sinon de suffrage populaire.
Un membre du staff a raconté avoir demandé pourquoi aucun plan de gouvernement n’avait encore été présenté et s’être entendu répondre qu’il n’y en avait apparemment pas. «Après la victoire, nous nous attendions à une avalanche de mesures politiques majeures. Au lieu de cela, le Premier ministre sillonnait le Royaume-Uni à la rencontre des maires. Beaucoup disaient : Ce n’est pas possible. Ce n’est pas comme ça qu’on fait de la politique».
Certains imputent une partie de la responsabilité de ce démarrage raté à Sue Gray, issue de la haute fonction publique qui était la directrice de cabinet de Starmer, un autre exemple de personne très compétente mais un poste inadapté à ses talents.
Arrivé au 10 Downing Street sans aucun plan
D’autres estiment que la faute incombe davantage à Starmer, incapable d’adapter son approche, lui qui était chef de l’opposition tentant de reconstruire son parti après les élections désastreuses de 2019, à celle de Premier ministre en devenir. Il est donc arrivé au 10 Downing Street sans aucun plan.
David Runciman, politologue et auteur, a déclaré : «Starmer pensait que la tâche serait ardue et que le véritable enjeu était la discipline et l’optimisation des gains potentiels lors des prochaines élections. Mais en réalité, à partir du milieu de la précédente législature environ –quasiment dès la nomination de Kwasi Kwarteng comme chancelier de l’Échiquier par Liz Truss– le Parti travailliste était certain de remporter les élections suivantes, quoi qu’il arrive. Ils avaient deux ans pour se préparer, et ils ne l’ont pas fait».
Gray fut rapidement remplacé par Morgan McSweeney, artisan de la renaissance fulgurante et inattendue du Labour après le départ de Jeremy Corbyn, mais tout aussi inadapté au poste et dont le principal héritage fut la nomination désastreuse de Peter Mandelson comme ambassadeur à Washington qui est aujourd’hui empêtré dans l’affaire Epstein.
Si Starmer est manifestement un homme politique différent de Boris Johnson, ils partagent néanmoins des similitudes, notamment les changements répétés et infructueux de leurs équipes dirigeantes, suivis d’une prise de conscience progressive. Le problème ne venait pas des conseillers, mais de l’homme à la tête du parti.
Autre écho de l’ère Johnson : les documents relatifs à la nomination de Mandelson révèlent que Starmer n’était pas le décideur, les décisions étant prises ailleurs, le Premier ministre se contentant d’entériner les décisions.
Un responsable travailliste affirme que Starmer a toujours eu à cœur de déléguer et de laisser une large marge de manœuvre à ses conseillers de confiance, une tendance qui lui a été profitable lorsqu’il dirigeait le Service des poursuites de la Couronne* (CPS) puis en tant que chef de l’opposition. Il ajoute : «Sauf que gouverner est différent et ce système n’a pas fonctionné. Il devient très difficile d’assurer la cohérence car on se retrouve avec des personnes différentes, aux opinions divergentes, détenant un pouvoir considérable et sans véritable raison de se rallier à une vision commune».
D’autres ne partagent pas cet avis. Un proche ayant travaillé en étroite collaboration avec Starmer lorsqu’il était Premier ministre le décrit comme non seulement travailleur mais aussi efficace. Il déclare : «Il n’a pas le talent oratoire d’Obama mais rares sont ceux qui l’ont. Il possédait cependant de nombreux autres atouts pour ce poste, la plupart restés méconnus du public. Si vous recherchez un génie de la communication doté de toutes ces qualités, vous risquez d’attendre longtemps».
Ce proche précise qu’une grande partie du travail de Starmer reposait sur sa conviction profonde en l’équité. D’autres, cependant, affirment que l’une des principales raisons de son échec résidait dans l’absence d’un système de convictions politiques clairement défini.
«Une philosophie fondamentale, c’est ce qui vous maintient uni lorsque tout s’effondre», a déclaré Runciman qui ajoute : «Margaret Thatcher en était l’exemple parfait. Mais chez Starmer, je n’ai rien perçu de tel, et cette philosophie n’a jamais émergé. Si votre raison d’être au gouvernement est de se croire plus compétents que les autres, cela ne fonctionne pas quand la situation dégénère».
Sur un point essentiel, Starmer se distingue nettement des quatre anciens occupants du 10 Downing Street sous les conservateurs après le Brexit. Theresa May, Johnson, Liz Truss et Rishi Sunak étaient tous des personnalités atypiques, parfois maladroites, voire misanthropes, bornées au point d’être excentriques, ou encore distantes et grincheuses.
Ennuyeux, robotique et déconnecté de la réalité
À l’inverse, tous ceux qui connaissent Starmer soulignent sa grande normalité. Issu d’un milieu modeste de banlieue, passionné de football et de pubs, il semble avoir été créé pour une étude de marché. On apprécie également sa sociabilité et son vaste cercle d’amis dont beaucoup sont en dehors du monde politique.
À la grande frustration de presque tous ceux qui ont travaillé avec Starmer, ce n’est pas cette personnalité qu’ils ont connue. Ils le décrivent comme non seulement ennuyeux et robotique mais aussi déconnecté de la réalité et –grâce à son titre de chevalier pour son travail au sein du CPS– très probablement aussi très snob.
Starmer avait déjà 52 ans lorsqu’il est entré au Parlement mais avec une carrière aussi brillante, il a immédiatement été pressenti comme un futur leader. Il lui a fallu quelques mois pour accéder au premier plan puis au cabinet fantôme** peu après.
C’était, bien sûr, sous Corbyn, une expérience éprouvante que Starmer a comparée plus tard à celle de jouer dans une équipe de football vouée à la relégation. Il a envisagé de démissionner à plusieurs reprises mais a estimé que le dossier du Brexit dont il était chargé était trop important pour être abandonné.
Après la démission de Corbyn suite à la défaite catastrophique aux élections de 2019, Starmer n’était pas initialement le favori. Les observateurs pensaient que les membres du Labour resteraient fidèles à la gauche du parti et choisiraient Rebecca Long-Bailey. Mais une campagne extrêmement bien organisée et les désormais célèbres dix promesses politiques de Starmer, intégrant des idées de gauche comme la nationalisation des services publics et la suppression des frais de scolarité, lui ont permis de remporter facilement l’élection. Commença alors ce que certains considèrent comme l’âge d’or de sa carrière politique, même si les germes de sa chute étaient déjà visibles.
La plupart des travaillistes voyaient en Starmer un Neil Kinnock ou un John Smith, quelqu’un qui s’attellerait à la tâche ardue de redresser un parti moribond et toxique mais qui n’accéderait jamais au pouvoir. Et pendant un temps, cela semblait tout à fait plausible.
Un peu plus d’un an après son accession à la tête du parti, Starmer envisagea brièvement de démissionner après la victoire du Parti conservateur de Johnson, galvanisé par l’effet positif de la vaccination contre la Covid-19, dans la circonscription travailliste de Hartlepool lors d’une élection partielle. L’écart que Starmer avait péniblement réduit dans les sondages nationaux s’est soudainement creusé à nouveau, offrant aux Conservateurs une avance de près de 20 points.
Mais la chance allait sourire à Starmer. Johnson s’est effondré, avant que Truss ne ruine l’image des conservateurs au-delà des efforts limités de Sunak pour la redresser. De même que les circonstances des élections de 2019 auraient pu être orchestrées pour favoriser Johnson, il en fut de même en 2024 pour le Labour.
Starmer avait néanmoins préparé son parti avec une brutalité bien connue de certains, y compris d’anciens collègues qui en ont fait les frais, mais surprenante pour d’autres, notamment publiquement, lorsqu’il a cherché à débarrasser le Labour de l’antisémitisme et du sentiment général que celui-ci avait été toléré sous Corbyn.
Quelques semaines après son accession à la tête du parti, il a limogé Long-Bailey de son cabinet fantôme à cause d’un tweet republié. Quelques mois plus tard, Corbyn perdait son soutien au groupe parlementaire. Des centaines de membres furent suspendus ou exclus.
Sous la direction de McSweeney, qui est passé du controversé think tank Labour Together à la tête de la campagne de Starmer pour diriger le parti, puis a été chargé de préparer les élections, le parti s’est fermement éloigné du populisme de gauche de Corbyn et les 10 promesses ont été largement oubliées.
En tant que méthode de remodelage du parti, son efficacité était indéniable. Cependant, le zèle avec lequel McSweeney et ses alliés ont purgé, rétrogradé, marginalisé ou dénigré les membres de l’aile gauche du Labour a sans doute contribué à affaiblir l’autorité de Starmer.
Une série de faux pas et de volte-face politiques
Cette campagne acharnée a également, comme on l’a vu, favorisé la création d’un parti déterminé à conquérir le pouvoir mais dont la stratégie pour l’exercer restait floue.
Il s’agit là d’une légère simplification. Le Labour de Starmer a mis en œuvre des propositions politiques assez radicales et planifiées de longue date, comme l’amélioration des droits des travailleurs et des locataires, ainsi que certaines avancées décidées une fois au pouvoir, telles que la suppression du plafond de deux allocations familiales.
Dès sa première semaine, le gouvernement a été miné par une série d’erreurs, à commencer par une polémique dommageable sur les cadeaux électoraux, suivie d’une série de faux pas et de volte-face politiques, notamment sur la réforme de la protection sociale et la réduction des allocations de chauffage hivernales pour les retraités.
Les efforts pour contrer Reform UK ont également échoué, avec un discours dur sur l’immigration culminant avec la référence de Starmer à une «île d’étrangers». Si cela n’a guère freiné le parti de Nigel Farage, un nombre croissant d’électeurs se sont tournés vers les Verts, se sentant activement indésirables par le Parti travailliste.
En même temps, certaines choses n’étaient pas de la faute de Starmer. Il n’aurait certainement pas souhaité la réélection de Donald Trump, et encore moins l’attaque américano-israélienne contre l’Iran, qui a porté un coup dur à une économie en voie de reprise.
Parallèlement, la gestion de Trump et de la situation internationale délicate est l’un des rares domaines où Starmer a manifestement brillé et s’est attiré les faveurs de la population. Il a d’abord gagné l’affection de Trump –comment, Starmer l’a admis en privé, cela restait un mystère même pour lui– avant de faire face aux insultes avec dignité.
Malgré tous les succès que les députés travaillistes pouvaient mettre en avant, ou encore la probité et le zèle de Starmer, les chiffres étaient implacables. Le Labour a chuté à seulement 17% des intentions de vote, se retrouvant parfois en quatrième position. La popularité de Starmer était si catastrophique que seule Liz Truss l’a empêché de devenir le Premier ministre le plus impopulaire de l’histoire moderne des sondages. Dans les groupes de discussion, on le comparait à une «méduse» ou à un «paillasson».
Aujourd’hui, Starmer vient de démissionner et le parti profondément, si patiemment reconstruit, est meurtri va devoir tout recommencer à zéro. Le «starmerisme», s’il a jamais existé, sera enterré, rapidement et définitivement. Son projet étant désormais terminé et Andy Burnham, maire de Manchester, prêt à prendre la relève, Starmer restera probablement dans les mémoires, selon Runciman, comme un homme accablé par le poids d’une majorité écrasante qu’il n’a jamais su gérer et qui n’a jamais réussi la transition entre son rôle de bon chef de l’opposition et celui de Premier ministre.
Selon Seldon, Starmer restera dans les mémoires comme le quatrième Premier ministre travailliste, après Attlee, Wilson et Blair, à remporter une victoire écrasante aux élections, mais le premier à n’en avoir pratiquement rien fait. Il a déclaré : «C’est un homme intègre, travailleur et sérieux, qui aurait pu réussir mais, et c’est là son erreur fatale, il n’a pas su apprendre à exercer la fonction».
*Le Service des poursuites de la Couronne (The Crown Prosecution Service au Royaume-Uni ou procureur de la Couronne dans le système canadien) est l’autorité indépendante chargée de mener les poursuites pénales au nom de l’État.
**Le cabinet fantôme (shadow cabinet) au Royaume-Uni est une équipe formée par le principal parti d’opposition. Chaque «ministre fantôme» est chargé de surveiller et de critiquer un membre spécifique du gouvernement officiel, tout en proposant des politiques alternatives.
En toute objectivité, indépendamment de ses qualités intrinsèques, l’équipe nationale des Etats-Unis de football possède les plus grandes chances de l’emporter. Elle a d’autant plus de chance que, après la calamiteuse campagne iranienne, Donald Trump en a un pressant besoin, et que son ami Gianni Infantino, le patron de la Fifa, ne le décevra certainement pas.
Dr Mounir Habablia *
Si on s’en réfère au précédent le plus célèbre de machination ayant conduit une équipe nationale du pays hôte au succès final, la Coupe du monde de 1966 en Angleterre, alors il ne faudra pas s’étonner si un tacle trop appuyé met un de ces jours le célèbre Lionel Messi hors de combat, privant l’Argentine, le candidat le plus sérieux à la victoire finale, d’un de ses meilleurs arguments.
Le fan le plus célèbre de l’équipe nationale de la République démocratique du Congo, le sosie de Patrice Lumumba, est finalement présent en Amérique pour soutenir son équipe nationale. On ne saura pas qui sponsorise son voyage. Après un premier refus, lié semble-t-il à l’Ebola, il a finalement obtenu son visa.
Le plus étonnant, sous Trump et le secrétaire d’Etat Marco Rubio, c’est finalement que les autorités américaines ne se soient pas souvenues que l’ancien Premier ministre élu congolais, assassiné au début des années 60 à l’instigation des Belges, des Français, de la CIA, fût une figure de proue du socialisme et du tiers-mondisme, comparable à Fidel Castro dont il fut d’ailleurs l’ami. Que se serait-il passé si un sosie de Che Guevara s’était présenté au consulat américain de Buenos Aires pour une demande de séjour ? On ne dira pas de la Havane puisque le célèbre révolutionnaire était argentin, et cela fait plus de 60 ans que le gouvernement américain n’assure aucune présence à Cuba, mis à part la célèbre caserne-prison de Guantanamo.
Une fois débarrassé de sa douloureuse épine iranienne, le président américain n’aura que l’embarras du choix entre envahir Cuba, le Groenland, ou pourquoi pas, le Mexique, et à ce titre, une victoire de sa sélection peut stimuler la fibre nationaliste yankee dans le sens qui servirait ce dessein.
Heureusement que l’Amérique actuelle a la mémoire courte. Qui sait, peut-être dans 60 ans, un sosie de Ali Khamenei, de Kadhafi, ou de Ben Laden, pourra-t-il assister au Superbowl.
Le groupe italien Duferco a annoncé qu’il signera demain, mercredi 24 juin 2026, à Tunis, un protocole d’accord stratégique avec un important groupe tunisien, dont il n’a pas cité le nom, pour développer de l’énergie photovoltaïque, et ce dans le cadre du Forum d’affaires et de commerce Italie-Tunisie, qui se tiendra les 24 et 25 juin dans la capitale tunisienne.
Latif Belhedi
Cet événement, parrainé, côté italien, par le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale et l’Agence pour le commerce extérieur (ICE), s’inscrit dans un contexte d’accélération significative des relations économiques bilatérales.
Antonio Gozzi, président de Duferco Italia Holding, président de Federacciai et conseiller spécial de la Confindustria pour l’autonomie stratégique européenne, le plan Mattei et la compétitivité, a déclaré à l’Agenzia Nova, que «la question majeure de l’énergie est au cœur du projet, sur lequel nous travaillons chez Duferco, en partenariat avec un grand groupe tunisien», ajoutant qu’un accord sera signé avec un opérateur tunisien pour le développement des énergies renouvelables photovoltaïques.
Selon M. Gozzi, le projet a une dimension industrielle initiale, les parties «ayant déjà signé des contrats avec des entreprises italiennes consommatrices d’énergie en Tunisie».
Le développement des énergies renouvelables pourrait être lié à Elmed, le câble à courant continu promu par Terna et la Steg, reliant Partanna (Sicile) à Mlaabi (Cap Bon, Tunisie).
Cette infrastructure aura une puissance de 600 mégawatts et une longueur d’environ 220 kilomètres, dont environ 200 kilomètres de câble sous-marin.
Pour Gozzi, Elmed peut ouvrir des perspectives dans les deux sens. «Si de l’énergie verte peut être réimportée en Italie, cela pourrait constituer une nouvelle opportunité», a-t-il observé. Parallèlement, a-t-il ajouté, «il pourrait y avoir une opportunité d’exporter de l’électricité vers la Tunisie, car les besoins tunisiens, comme tous les besoins énergétiques, vont croître significativement dans les années à venir». Le président de Duferco Italia Holding a également souligné le rôle potentiel des entreprises italiennes énergivores. «Le consortium d’entreprises italiennes énergivores que je préside, Interconnector, a déjà fait part de sa volonté de financer un tronçon de câble en cas de besoins de financement non couverts», a-t-il déclaré. «C’est une proposition très concrète», a-t-il ajouté.
Interconnector Energy Italia est le consortium qui rassemble de grandes entreprises énergivores désireuses de renforcer la sécurité et la compétitivité de l’approvisionnement en électricité.
Ce dossier énergétique s’appuie sur une relation industrielle déjà bien établie. Pour Gozzi, la Tunisie n’est pas seulement un débouché pour les entreprises italiennes, mais aussi une plateforme de production intégrée aux chaînes d’approvisionnement européennes. «La Tunisie est un pays où le développement industriel a été très intéressant dans divers secteurs, notamment pour les industries italiennes, de la pharmacie à la sidérurgie, en passant par la construction, le ciment et, bien sûr, le textile, secteur le plus traditionnel», a-t-il déclaré.
Les entreprises italiennes implantées en Tunisie, a-t-il ajouté, «sont désormais satisfaites» de leur implantation. Les données de l’Institut national de la statistique confirment également le renforcement de l’axe économique : au cours des cinq premiers mois de 2026, les échanges bilatéraux ont atteint 9,4 milliards de dinars, soit environ 2,8 milliards d’euros.
Bilatéralité et symétrie et non néocolonialisme
Le plan Mattei comprend également la formation professionnelle et la mobilité régulière, a également déclaré M. Gozzi, en rappelant l’accord conclu entre la Confindustria, Elis, la cellule de pilotage du Palazzo Chigi et l’Université Luiss pour recenser les initiatives de formation déjà en cours dans les pays partenaires.
Elis est une organisation à but non lucratif qui œuvre pour la formation et la mise en relation des jeunes, des entreprises, des écoles et des universités. «Nous ne pouvons pas prendre le risque que ces activités soient interprétées comme du néocolonialisme», a averti M. Gozzi, insistant sur la nécessité de la «bilatéralité» et de la «symétrie» dans les programmes de formation.
Le modèle, a-t-il précisé, ne se limite pas à la Tunisie : «Il est mis en œuvre en Algérie, au Maroc, au Gabon pour le cacao, en Côte d’Ivoire et en Éthiopie.»
Le Forum tuniso-italien, qui s’ouvrira demain à Tunis, intervient dans un contexte d’accélération significative des relations économiques bilatérales : en 2025, selon les données de l’ICE, les échanges commerciaux entre l’Italie et la Tunisie ont atteint 6,5 milliards d’euros, dont 3,4 milliards d’euros d’exportations italiennes.
La Tunisie, avec le soutien de la FAO, renforce son système de sécurité sanitaire pour la réutilisation des eaux usées traitées en agriculture, une ressource considérée comme stratégique dans un pays confronté à un stress hydrique croissant.
Un atelier consacré à l’examen du plan d’amélioration progressive de l’utilisation sûre des eaux usées traitées s’est tenu à Sousse, dans le cadre de l’Initiative régionale sur la rareté de l’eau (WSI), promue par la FAO en collaboration avec le ministère tunisien de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche et l’Office national de gestion de l’eau (Onas).
Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un projet pilote mené à Zaouiet Sousse, fondé sur la planification de la sécurité sanitaire, une méthodologie visant à identifier, évaluer et maîtriser les risques tout au long de la chaîne : de la collecte au traitement des eaux usées, du transport au stockage, jusqu’à leur utilisation en agriculture irriguée. L’objectif est de garantir une réutilisation compatible avec la protection de la santé publique, de l’environnement, des sols et des cultures.
Selon les organisateurs, la méthode adoptée fédère les principaux acteurs de la gestion des ressources : services des eaux, installations d’assainissement, secteur agricole, autorités environnementales, techniciens locaux et utilisateurs finaux.
Le projet vise également à définir les actions prioritaires, les responsabilités opérationnelles, les besoins financiers et les outils de suivi afin de rendre la réutilisation des eaux traitées plus sûre et plus reproductible.
Sinan Bacha, coordinateur national du projet WSI, a souligné que la réutilisation des eaux usées traitées est une priorité de la stratégie nationale de l’eau à l’horizon 2050.
Le gouverneur de Sousse, Soufien Tanfouri, a insisté sur l’importance des volumes produits dans la région et sur la volonté d’étendre cette expérience à d’autres régions du pays.
Cette question est cruciale pour la Tunisie, où l’agriculture demeure le principal consommateur d’eau et où les ressources conventionnelles sont de plus en plus exposées à la sécheresse, à la pression démographique et aux effets du changement climatique.
Selon le Rapport national sur le secteur de l’eau 2024, l’Onas exploitait 127 stations d’épuration et traitait 295,7 millions de mètres cubes d’eaux usées, pour un volume de production de 309 millions de mètres cubes.
Toutefois, l’utilisation agricole des eaux usées traitées reste limitée : 11,3 millions de mètres cubes en 2024, soit 3,8 % du total des eaux usées traitées.
Renforcer la sécurité sanitaire est donc une étape indispensable pour accroître la confiance des agriculteurs et des consommateurs, améliorer la qualité des effluents et transformer cette ressource encore sous-utilisée en un outil d’adaptation à la rareté de l’eau.
La Banque mondiale a inscrit la collecte, le traitement et la réutilisation des eaux usées parmi les prochaines priorités de son programme décennal pour la sécurité et la résilience de l’eau en Tunisie.
Pour la FAO, l’expérience tunisienne s’inscrit dans une initiative régionale plus vaste au Proche-Orient et en Afrique du Nord, visant à promouvoir des solutions non conventionnelles et des pratiques agricoles plus résilientes. La Tunisie, la Jordanie et la Palestine figurent parmi les pays qui s’emploient à adapter cette méthodologie aux contextes arabes, avec le soutien des institutions nationales, d’experts et d’acteurs locaux.
L’Association de Golf de Hammamet (AGH) a remporté la 13e édition de la Coupe de Tunisie de golf organisée le weekend dernier au golf The Résidence Gammarth. L’AGH a conservé méritoirement le titre pour la 7e fois de suite et la 8e depuis l’instauration de cette compétition en 2014.
Ayant débuté la compétition en trombe terminant la première journée avec un total de 141 points et une imposante avance de 25 points sur son poursuivant immédiat, le Carthage Golf Club (116 pts), la formation hammamétoise, composée entre autres de Baha Boulakmine, Aziz Dardouri, Rabeh Bedoui, Renato Vaira, Ahlem Mzoughi, Ghaith Rhimi, Mtir Bouaoun et Tebra Guiga, a amélioré son avance terminant la seconde journée en tête avec beaucoup plus d’aisance avec un total de 291 points et un écart de 45 points, à deux petites longueurs sur son propre record de 47 points enregistré lors de la précédente édition.
Avec 246 points, le CG Carthage se classe en deuxième position, devant respectivement la GGA, l’AGK et le CGM. Les sociétaires de Carthage enlèvent, comme lors des deux dernières éditions, le trophée en net, en totalisant 371 points.
La victoire des Hammametois est double puisqu’en individuel le titre est revenu également au couple composé des deux internationaux Baha Boulakmine et Aziz Dardouri. C’est la 4e victoire individuelle de Boulakmine et la 3e de Dardouri.
En net, la doublette du CGC composée de Slim et Sophie Ben Ayed s’est adjugée le titre.
RoboCare, la startup tunisienne spécialisée dans l’agriculture de précision et l’intelligence artificielle (IA) appliquée au secteur agricole, vient de bénéficier d’un investissement à six chiffres de 216 Capital. L’entrée de cette société de capital-risque en seed et pre-seed spécialisée dans les entreprises technologiques au capital de la startup tunisienne va lui permettre de contribuer au développement de l’agriculture de précision en Afrique et au Moyen-Orient
Face aux défis croissants du changement climatique, du stress hydrique et de l’augmentation des coûts de production agricole, les technologies de précision s’imposent comme un levier stratégique pour renforcer la productivité et la résilience des exploitations agricoles.
Fondée à Sfax, RoboCare développe une plateforme de pilotage agricole qui aide les agriculteurs à prendre de meilleures décisions grâce à l’exploitation intelligente de multiples sources de données : imagerie satellitaire, données drones, capteurs IoT, données météorologiques et expertise terrain.
Grâce à ses modèles d’IA, la solution permet de détecter précocement les maladies et les stress des cultures, d’optimiser l’utilisation des ressources et d’améliorer les performances des exploitations agricoles. Les résultats observés sur le terrain sont significatifs : jusqu’à 35 % d’économie d’eau ; jusqu’à 25 % de réduction des intrants agricoles ; et jusqu’à 20 % d’augmentation des rendements.
En combinant IA, agronomie et analyse de données, RoboCare permet aux agriculteurs d’améliorer leur productivité tout en réduisant leur impact environnemental.
L’un des principaux facteurs de différenciation de RoboCare réside dans son approche spécialisée des cultures stratégiques pour la région, notamment les oliviers, les céréales et les tomates industrielles.
Contrairement aux plateformes agricoles généralistes, RoboCare développe ses modèles à partir de données locales pour répondre aux spécificités des sols et des conditions climatiques rencontrées en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.
Cette approche permet à la startup de proposer des recommandations agronomiques particulièrement adaptées aux besoins des exploitants agricoles et des acteurs de l’agribusiness de la région.
RoboCare accompagne déjà plusieurs milliers d’hectares sous monitoring intelligent et a généré des milliers d’alertes agronomiques permettant aux exploitants d’intervenir plus rapidement et plus efficacement.
La startup a également noué des partenariats avec plusieurs acteurs institutionnels et bénéficie d’une visibilité croissante auprès des écosystèmes AgriTech internationaux.
Grâce à ce financement, RoboCare prévoit d’accélérer son développement selon trois axes prioritaires : l’expansion commerciale vers de nouveaux marchés en Afrique et au Moyen-Orient ; le renforcement de ses équipes commerciales afin d’accélérer l’adoption de sa solution auprès des grands acteurs de l’agribusiness ; et l’amélioration continue de ses modèles d’intelligence artificielle pour répondre à de nouveaux contextes agricoles.
Alors que l’agriculture représente un secteur clé pour la sécurité alimentaire et la croissance économique de nombreux pays africains et de la région Mena, RoboCare ambitionne de devenir l’un des acteurs de référence de la transformation numérique agricole à l’échelle régionale.
Trois jours de grève dans les banques, les établissements financiers et les compagnies d’assurance, les 23, 24 et 25 juin 2026. Des retraités sans pension. Des fonctionnaires sans salaire. Et deux communiqués — l’un patronal, l’autre syndical — qui se répondent comme deux acteurs qui ont répété leur texte ensemble.Ce n’est pas une métaphore. C’est une lecture.(Photo : Les agents des banques manifestent devant le siège du CBF, à Tunis, lundi 22 juin).
Abdelwaheb Ben Moussa *
Le Conseil bancaire et financier (CBF) répond à ce que personne ne demande en affirmant, dans son communiqué du 22 juin, que la grève est «injustifiée» au motif que les augmentations salariales prévues par le Décret n°68 du 30 avril 2026 ont été intégralement versées. Problème : personne ne les conteste.
Le syndicat revendique les augmentations de 2025 — jamais accordées. Le CBF répond sur 2026. C’est le vieux procédé rhétorique de la substitution : remplacer le grief réel par un grief fictif plus facile à réfuter, puis triompher de cette réfutation comme si elle réglait le différend. Elle ne règle rien. Elle le déplace.
Deuxième problème : le Décret n°68 fixe un plancher légal — pas un plafond. D’autres secteurs soumis au même cadre ont négocié et obtenu des revalorisations supérieures à 5%. Le CBF est le seul acteur patronal à avoir transformé ce minimum légal en maximum indépassable. Ce choix est patronal, non légal. Et le communiqué entretient délibérément la confusion entre les deux — ce qui est, en soi, un aveu.
Troisième problème : invoquer «l’intérêt général» dans un secteur qui a dégagé 1,6 milliard de dinars de résultat net en 2024 — en hausse de 12% — sans reverser un centime de revalorisation aux salariés en 2025, c’est une posture. Pas un argument.
Le communiqué du CBF ne mentionne à aucun moment que le dialogue social est à l’arrêt depuis la nomination du nouveau président du CBF en 2023. Ni que la correspondance syndicale de janvier 2024 demandant la reprise des consultations est restée sans réponse pendant dix-huit mois. Ni que le refus d’appliquer l’article 412 alinéa 2 de la loi n°41/2024 du Code de commerce — relatif aux crédits accordés aux employés — constitue un dossier distinct et tout aussi bloqué.
On ne peut pas démontrer l’absence de motif social suffisant en ignorant méthodiquement les motifs. Un communiqué patronal a le droit d’être partial. La lecture qu’on en fait n’a pas cette latitude.
La légitimité des revendications syndicales est réelle et documentée. Les données sont claires : résultat net sectoriel de 1,6 milliard de dinars, produit net bancaire de 8,035 milliards, performances en hausse continue — pendant que les employés des banques privées n’ont obtenu aucune revalorisation en 2025 alors que leurs collègues du secteur public en bénéficiaient. L’injustice est réelle.
Mais la légitimité d’une revendication n’immunise pas la stratégie qui la porte.
Premier point : choisir les 23, 24 et 25 juin — précisément les jours de versement des salaires et des pensions — n’est pas un hasard. C’est un choix tactique délibéré pour maximiser la pression patronale via la pression citoyenne. Syndicalement compréhensible. Socialement discutable. Les retraités et les fonctionnaires ne sont pas parties au conflit. Les transformer en levier de négociation mérite d’être nommé pour ce que c’est.
Deuxième point : face à dix-huit mois de silence patronal, la Fédération syndicale n’a pas publiquement documenté l’épuisement des mécanismes d’arbitrage et de médiation prévus par la convention sectorielle commune et par le Code du travail. L’escalade directe vers trois jours de grève sectorielle totale, sans étapes intermédiaires visibles, fragilise la posture syndicale sur le plan de la proportionnalité — même quand la cause est juste.
Troisième point : les revendications portent simultanément sur les augmentations 2025, l’article 412 et les charges fiscales de la loi de finances 2026. Chaque dossier est légitime. Leur accumulation dans un seul mouvement brouille le message public et offre au CBF la possibilité de noyer le débat dans la complexité technique. Une hiérarchisation plus lisible aurait servi les salariés mieux qu’un communiqué destiné aux seuls initiés.
Le scénario que personne ne veut nommer
Voici ce que les deux communiqués — patronal et syndical — ont en commun : ils ne proposent aucune sortie de crise. Ils positionnent. Ils imputent. Ils menacent. Mais ils ne résolvent pas.
C’est là que le recoupement implicite des deux positions devient visible : CBF et UGTT tirent chacun une partie de leur légitimité institutionnelle du conflit lui-même. Le CBF existe comme interlocuteur patronal incontournable précisément parce qu’il y a un syndicat à affronter. L’UGTT mobilise et fédère précisément parce qu’il y a un patronat à combattre. Dans ce système, la résolution durable du conflit représente un coût institutionnel que les deux parties ont un intérêt objectif — même inconscient — à différer.
Le résultat est connu : grève en novembre 2025, grève en juin 2026, aucun accord durable entre les deux. Ce n’est pas l’aggravation d’un conflit — c’est sa reproduction à l’identique. Le scénario est écrit d’avance. Chaque partie joue son rôle. Et les retraités, eux, attendent leur virement.
Ce que ni le CBF ni l’UGTT ne disent pas
Cette grève éclate au moment précis où le Plan de Développement national 2026–2030 est en cours d’examen au Parlement — un plan qui assigne aux banques publiques un rôle central dans le financement de la transformation économique du pays.
Un secteur bancaire qui entre en grève générale dans ce contexte, avec un dialogue social rompu depuis trois ans, envoie un signal que les autorités de tutelle — BCT, ministère des Finances, Présidence du gouvernement — ne peuvent pas se permettre d’ignorer. Ce n’est pas une affaire entre le CBF et l’UGTT. C’est une affaire d’État.
La vraie question n’est pas celle des 5%. C’est celle de savoir si la Tunisie dispose d’un modèle de dialogue social sectoriel capable de produire des accords durables — ou si elle est condamnée à rejouer indéfiniment le même scénario : blocage, escalade, grève, retenues sur salaires, accord minimal, nouveau blocage…
Un pays qui ambitionne de financer sa décennie de développement la plus déterminante ne peut pas gérer ses relations sociales bancaires comme si nous étions en 1995.
La réponse s’écrit dans les agences fermées. Et dans les réformes du dialogue social que personne, ni du côté patronal ni du côté syndical, n’a encore eu le courage de proposer. **
* Ingénieur informatique et cadre bancaire.
** Les analyses et propos contenus dans cette tribune n’engagent que l’auteur.
Le chef d’état-major de l’armée régulière soudanaise Abdel Fattah al-Burhan cherche à courtiser l’administration Trump après trois de guerre civile sanglante qui l’oppose aux Forces de soutien rapide (FSR) conduites par Hemedti Dagalo et qui sont responsables de génocide et de crimes de guerre. Cependant, cette volonté de se rapprocher avec Washington bute sur deux obstacles, d’abord les liens avec Téhéran qui a fourni des drones décisifs dans la reconquête du territoire par l’armée régulière mais aussi les liens de cette dernière avec des factions proches des Frères Musulmans.
Imed Bahri
Bloomberg a publié une enquête de Simon Marks et Mohamed Al-Amin indiquant que l’armée soudanaise a réduit ses achats d’armes iraniennes. Cette enquête, citant des sources bien informées, précise que cette réduction des achats d’armes auprès de l’Iran s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par l’armée régulière pour obtenir le soutien des États-Unis lors des prochaines négociations visant à mettre fin à la guerre civile qui dure depuis trois ans.
Bloomberg indique que les drones et autres armements fournis par la République islamique à l’armée soudanaise ont contribué à la reconquête de territoires dans ce conflit qui a fait plus de 100 000 morts et qui implique des puissances étrangères.
Gagner les faveurs de Trump
Cependant, le soutien apporté par l’Iran constitue un obstacle pour l’armée régulière soudanaise dans ses efforts pour gagner les faveurs du président Donald Trump.
Les sources citées par Bloomberg, parmi lesquelles des diplomates régionaux et un haut responsable de la sécurité soudanaise, ayant tous requis l’anonymat, ont déclaré que l’armée soudanaise a informé les États-Unis qu’elle ne dépend plus de l’Iran pour son approvisionnement en armes et qu’elle souhaite démontrer sa fiabilité en tant que partenaire dans le processus de paix.
Ce responsable de la sécurité a indiqué que l’armée soudanaise prend désormais conscience que son alliance avec l’Iran a permis à ses rivaux des FSR conduites par le génocidaire Hemedti Dagalo de la dépeindre comme une force extrémiste à motivation religieuse.
Cette source a ajouté que la stratégie actuelle consiste à rétablir une coopération plus étroite avec les États-Unis et l’Arabie saoudite. Washington a imposé des sanctions l’année dernière au chef d’état-major de l’armée, Al-Burhan, l’accusant de déstabiliser le Soudan.
Les États-Unis ont désigné les Frères musulmans soudanais comme une organisation terroriste étrangère, les identifiant comme le Mouvement islamique soudanais, dont les membres ont autrefois dirigé le pays. Sa branche armée est la Bataillon Al-Bara’ Ibn Malik, alliée à l’armée régulière soudanaise, que les États-Unis accusent de perpétrer des exécutions de masse de civils.
Ce récent revirement met en lumière le conflit entre les efforts de paix au Soudan et la confrontation de Washington avec Téhéran. Les États-Unis mènent les efforts de médiation pour un cessez-le-feu dans la guerre civile soudanaise, tout en ayant mené simultanément une guerre contre l’Iran, la même puissance qui a armé l’armée soudanaise, ainsi que des forces supplétives au Moyen-Orient, notamment le Hezbollah au Liban et les Houthis au Yémen.
Israël observe le revirement avec intérêt
Bloomberg ajoute qu’Israël a manifesté un vif intérêt pour l’évolution de la situation au Soudan et la prise de distance de l’armée vis-à-vis de l’Iran. Le gouvernement soudanais soutenu par l’armée s’est engagé en 2020 à normaliser ses relations avec Israël. À l’époque, le conflit entre l’armée et les FSR n’avait pas encore éclaté.
Cependant, un porte-parole du département d’État américain a déclaré que les islamistes au Soudan restent liés à l’Iran : «Les islamistes soudanais continuent d’entraver les efforts visant à obtenir un cessez-le-feu pour mettre fin à la guerre actuelle, maintiennent des liens avec le gouvernement iranien, notamment le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), et reçoivent de sa part un soutien technique».
De son côté, la Bataillon Al-Bara’ Ibn Malik a nié tout lien avec l’Iran et a réaffirmé son engagement à opérer sous le commandement de l’armée. Le responsable soudanais a déclaré qu’Al- Burhan avait récemment pris des mesures pour mettre à la retraite des généraux de l’armée perçus comme trop favorables aux islamistes.
L’armée soudanaise a renoué ses relations avec l’Iran fin 2023 après une interruption de près de sept ans, période durant laquelle Khartoum avait privilégié l’Arabie saoudite. Ce rapprochement avait conduit l’Iran à fournir des drones d’attaque au Soudan.
Les efforts de médiation répétés des États-Unis et d’autres pays n’ont pas permis de mettre fin à la guerre que les Nations Unies ont qualifiée de pire crise humanitaire au monde. Les pourparlers impliquant des puissances régionales influentes sont au point mort en raison de désaccords sur le rôle que chaque camp devrait jouer au sein d’un éventuel gouvernement de transition.
Deux responsables étrangers, connaissant bien les livraisons iraniennes précédentes, ont déclaré qu’aucun signe de soutien récent n’avait été constaté. Le responsable de la sécurité a ajouté que le gouvernement soudanais se tourne désormais vers la Turquie comme source d’assistance alternative.
Le rôle des extrémistes religieux
Des sources proches du dossier ont indiqué que la Turquie avait déjà fourni au Soudan des drones TB2 et des munitions. Cependant, le gouvernement soudanais a refusé de commenter ces informations ainsi que les exportations d’armes par des entreprises privées.
Les États-Unis et d’autres pays accusent les FSR d’avoir commis un génocide pendant la guerre. Ces derniers décrivent régulièrement l’armée soudanaise comme gangrenée par des extrémistes religieux. L’armée soudanaise, des organisations de défense des droits humains et des experts de l’Onu ont affirmé que les Émirats arabes unis soutenaient les FSR. Abou Dhabi a démenti ces accusations à plusieurs reprises, affirmant ne soutenir aucun camp et qu’un cessez-le-feu immédiat et une transition politique étaient essentiels.
Les FSR et l’armée ont toutes deux joué un rôle déterminant dans le régime dictature d’Omar el-Béchir au Soudan, renversé en 2019.
Outre ses forces régulières, l’armée a mobilisé d’autres groupes combattants, notamment d’anciens militants pro-démocratie et des islamistes. Le département d’État américain affirme que les Frères musulmans ont fourni plus de 20 000 combattants.
Dans un environnement marqué par l’intensification de la concurrence, la mondialisation des échanges et l’exigence croissante de transparence, les entreprises sont amenées à démontrer leur capacité à satisfaire des exigences de qualité, de sécurité et de performance. L’accréditation, la certification et la labellisation constituent trois mécanismes complémentaires permettant d’instaurer la confiance entre les acteurs économiques et institutionnels. Bien que souvent associées, ces démarches poursuivent des finalités distinctes et s’appuient sur des référentiels spécifiques. Cet article propose une analyse comparative de ces trois notions, en mettant en évidence leurs caractéristiques, leurs domaines d’application et leurs contributions pour améliorer la performance organisationnelle.
Mohamed Férid Herelli & Taoufik Halila *
La maîtrise de la qualité est devenue un impératif stratégique pour toutes les organisations publiques et privées. Elle ne constitue plus seulement un avantage concurrentiel mais une condition essentielle de pérennité et de crédibilité. Dans ce contexte, différents dispositifs de reconnaissance ont émergé afin de garantir la compétence des organismes d’évaluation, la conformité des produits et services, ainsi que la valorisation des caractéristiques particulières auprès des parties prenantes.
Parmi ces dispositifs figurent l’accréditation, la certification et la labellisation. Bien qu’ils relèvent tous de l’évaluation de la conformité, leurs objectifs, leurs mécanismes et leurs effets diffèrent sensiblement. Une clarification de ces concepts apparaît donc nécessaire afin d’éviter les confusions fréquemment observées dans les pratiques professionnelles.
L’accréditation : reconnaissance de la compétence technique :
L’accréditation constitue une reconnaissance formelle délivrée par une autorité compétente attestant qu’un organisme d’évaluation de la conformité possède les compétences techniques et organisationnelles nécessaires pour réaliser des activités spécifiques d’évaluation.
Selon la norme ISO/CEI 17000, l’accréditation correspond à une confirmation par une tierce partie de la compétence d’un organisme à exécuter des tâches déterminées d’évaluation de la conformité.
Elle concerne, notamment, les laboratoires d’essais et d’étalonnage ; les organismes d’inspection ; les organismes de certification ; et les laboratoires médicaux.
L’accréditation vise essentiellement à garantir la fiabilité, l’impartialité et la compétence technique des organismes évaluateurs. Elle constitue ainsi le fondement de la confiance accordée aux résultats des activités d’évaluation de la conformité.
En Tunisie l’accréditation est gérée par le Conseil national d’accréditation (Tunac), qui est l’organisme national chargé d’évaluer et de reconnaître la compétence des laboratoires, organismes d’inspection et organismes de certification. Le Tunac applique notamment les normes internationales ISO/IEC 17011 ; ISO/IEC 17025, ISO/IEC 17020, ISO/IEC 17021 ; ISO/IEC 17065 ; ISO/IEC 17043, ISO/IEC 17024 et d’autres.
Le Tunac œuvre à ce que le système tunisien d’accréditation soit conforme aux documents applicables dans le cadre des accords bilatéraux / multilatéraux établis par : EA(European co-operation for Accreditation), Ilac (International Laboratory Accreditation Cooperation) et IAF (International Accreditation Forum) et selon son site, il est indiqué que 154 organismes ont été accrédités en Tunisie dont 14 non fonctionnels.
Par ailleurs et à l’occasion de la Journée mondiale d’accréditation, célébrée le 13 juin dernier sous le thème «Innovation, confiance et durabilité : le pouvoir de l’accréditation», il y a lieu de rendre hommage à l’équipe de Tunac pour les réalisations acquises depuis sa création et récemment d’avoir acquis une reconnaissance mondiale, qui ne manquera de renforcer la crédibilité de notre système national de qualité et d’accréditation.
La certification : attestation de conformité
La certification est une procédure par laquelle une tierce partie indépendante atteste qu’un produit, un service, un système de management, un processus ou une personne satisfait à des exigences préalablement définies.
Contrairement à l’accréditation, qui porte sur la compétence de l’évaluateur, la certification concerne l’objet évalué lui-même.
Les certifications les plus répandues concernent, notamment, les systèmes de management de la qualité (ISO 9001) ; les systèmes de management environnemental (ISO 14001) ; les systèmes de management de la sécurité des denrées alimentaires (ISO 22000) ; et les compétences professionnelles.
La certification contribue à renforcer la confiance des clients, à faciliter l’accès aux marchés, à améliorer la maîtrise des processus et à promouvoir une dynamique d’amélioration continue.
La labellisation
Le label constitue un signe distinctif permettant d’identifier et de valoriser certaines caractéristiques d’un produit, d’un service ou d’une organisation. Il remplit principalement deux fonctions : d’identification et de garantie.
Les labels peuvent être publics lorsqu’ils sont délivrés sous l’autorité de l’État ou privés lorsqu’ils sont gérés par des associations professionnelles, des organismes spécialisés ou des regroupements d’entreprises.
Le label représente ainsi un outil de signalisation de la qualité destiné à réduire l’asymétrie d’information entre les producteurs et les utilisateurs.
La labellisation consiste à attribuer un label sur la base d’un référentiel ou d’un cahier des charges préétabli.
Cette démarche repose généralement sur l’élaboration d’un référentiel ; l’engagement formel du bénéficiaire ; les audits ou contrôles périodiques ; et l’évaluation de la satisfaction des utilisateurs.
La labellisation constitue un outil efficace de différenciation et de valorisation de la qualité perçue. Elle participe également au renforcement de l’image de marque et à l’amélioration de la visibilité des organisations auprès de leurs parties prenantes.
Comparaison entre accréditation, certification et labellisation
L’analyse comparative réalisée met en évidence la complémentarité de l’accréditation, de la certification et de la labellisation au sein de l’infrastructure qualité. Bien que ces trois mécanismes participent à la construction de la confiance entre les acteurs économiques, institutionnels et sociaux, leurs finalités demeurent distinctes.
L’accréditation constitue le niveau le plus élevé de reconnaissance en garantissant la compétence technique et l’impartialité des organismes d’évaluation de la conformité. La certification apporte quant à elle une preuve objective de conformité à des exigences définies dans des normes ou des référentiels reconnus. Enfin, la labellisation vise principalement à valoriser certaines caractéristiques qualitatives et à renforcer la visibilité des produits, services ou organisations auprès des parties prenantes.
Au-delà de leurs différences, ces dispositifs contribuent conjointement à l’amélioration de la performance organisationnelle, à la maîtrise des risques, au renforcement de la crédibilité institutionnelle et à l’accroissement de la compétitivité. Leur mise en œuvre favorise également l’adoption d’une culture d’amélioration continue et de transparence, devenue indispensable dans un environnement économique caractérisé par des exigences croissantes en matière de qualité, de sécurité et de responsabilité.
Ainsi, loin d’être des démarches concurrentes, l’accréditation, la certification et la labellisation apparaissent comme des outils complémentaires permettant aux organisations de démontrer leur engagement envers l’excellence et de consolider durablement la confiance de leurs partenaires, clients et autres parties prenantes.
* Experts séniors en développement industriel, conseillers du Doyen de l’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT).
Références bibliographiques :
Article de Halila, T. & Herelli, M. F. paru dans Kapitalis.
ISO/CEI 17000. Évaluation de la conformité — Vocabulaire et principes généraux. Genève : Organisation internationale de normalisation.
ISO 9001:2015. Systèmes de management de la qualité — Exigences. Genève : Organisation internationale de normalisation.
ISO 14001:2015. Systèmes de management environnemental — Exigences et lignes directrices pour son utilisation. Genève : Organisation internationale de normalisation.
Organisation internationale de normalisation (ISO). Normes relatives à l’évaluation de la conformité et aux systèmes de management de la qualité.
L’équipe de Tunisie de football a connu une chute spectaculaire au classement Fifa, perdant 13 places d’un coup pour se retrouver 58e mondiale, suite à ses trois dernières lourdes défaites face à la Belgique en amical (0-5) et lors de ses deux premiers matches de groupe au Mondial 2026, face à la Suède (1-5) et le Japon (0-4).
Ce déclin des Aigles de Carthage, qui n’ont jamais volé aussi bas, ne s’est pas limité au niveau mondial, mais s’est également étendu au classement continental, où elle occupe désormais la 10e place en Afrique et la 5e dans le monde arabe, derrière le Maroc, l’Égypte, l’Algérie et le Qatar.
À l’inverse, l’équipe nationale marocaine a continué d’écrire l’histoire, se hissant à la 6e place mondiale, le meilleur classement jamais atteint par une équipe arabe et africaine, devant des équipes établies comme l’Allemagne, les Pays-Bas, le Portugal et la Belgique.
Cette performance souligne les progrès significatifs réalisés par le football marocain ces dernières années sur les plans du management, de la formation et des infrastructures.
Au sommet du classement mondial, l’équipe nationale argentine, championne du monde en titre, a conservé sa première place, tandis que l’Espagne et la France ont échangé les 3e et 4e places, sans changement d’identité du leader.
Rappelons que le meilleur classement Fifa de l’histoire de l’équipe nationale masculine de Tunisie est la 14e place, atteinte en avril et mai 2018. Depuis, elle n’a cessé de dégringoler, à l’image d’un football tunisien mal géré, pauvre en individualités et faible en moyens financiers.
La Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) a annoncé que le versement des pensions débutera ce lundi 22 juin 2026 et ce, avant la grève de trois jours qui sera menée, les 23, 24 et 25 juin, par les employés des banques, des établissements financières et des compagnies d’assurance.
Ces derniers, regroupés au sein de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), avaient déjà observé une grève les 3 et 4 novembre 2025, pour les mêmes revendications, qui n’ont pas été satisfaites. Ils réclament une augmentation de salaire pour 2025 et l’ouverture de négociations avec le Conseil bancaire et financier (CBF) et la Fédération tunisienne des compagnies d’assurance (Ftusa) pour l’amélioration de leurs conditions générales de travail.
Le département du secteur public et des entreprises publiques de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a publié, ce lundi 22 juin 2026, un communiqué où il tient le Conseil bancaire et financier (CBF) pleinement responsable des tensions et des troubles actuels dans le secteur, résultant de l’impasse des négociations.(Photo: Meeting des employés des banques le 3 novembre 2025 devant le siège de l’UGTT à Tunis).
Le département a jugé légitime la grève prévue les 23, 24 et 25 juin par les employés des banques, des établissements financiers et des sociétés d’assurance, grève à laquelle ils affirment avoir été contraints par l’impasse où se sont trouvées les négociations et l’absence de toute véritable volonté de dialogue. Les dirigeants syndicaux ont appelé le CBF à assumer ses responsabilités nationales et à abandonner sa politique d’évitement en ouvrant un dialogue sérieux et responsable qui garantisse les droits et préserve l’équilibre.
Les tensions actuelles dépassent le simple conflit sectoriel et soulèvent la question du respect des droits syndicaux et de l’avenir du dialogue social dans notre pays, ont conclu les syndicalistes dans leur communiqué.
Rappelons que les employés du secteur bancaire et financier ont observé une première grève nationale les 3 et 4 novembre 2025, en soulignant, à l’appui de leur mouvement, la dégradation de leurs conditions sociales et la baisse de leur pouvoir d’achat. Mais leurs revendications, notamment les augmentations salariales, n’ont pas été satisfaites.
L’équipe nationale de l’Iran (20e au classement Fifa) a laissé un message poignant dans les vestiaires du SoFi Stadium de Los Angeles, dimanche 21 juin 2026, après son match nul et vierge contre la Belgique (9e) lors de la deuxième journée de la phase de groupes du Mondial 2026 qui se déroule aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique.
Le message manuscrit, laissé par les joueurs iraniens dans les vestiaires après leur départ, disait : «Nous sommes arrivés à Los Angeles avec fierté, nous avons joué avec honneur et nous repartons avec dignité. Merci, Los Angeles, pour votre accueil. Merci à tous les Iraniens qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour l’Iran pendant ces 180 minutes.»
Quand on sait que les autorités américaines de l’immigration ont décidé d’interdire à l’équipe iranienne de séjourner aux États-Unis avant et après les matchs pour des raisons de sécurité (sic !), comme si les joueurs iraniens étaient de dangereux terroristes, le contenu de cette lettre revêt toute sa signification : c’est un camouflet adressés aux organisateurs de la compétition, à savoir les dirigeants de la Fifa, Gianni Infantino et sa bande de corrompus, qui ont laissé leurs hôtes américains piétiner les principes même sur lesquels le Mondial de football a été bâti, à savoir la paix et la fraternité.