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Antonio Tajani à Tunis : Le partenariat italo‑tunisien au cœur du Forum économique

Le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani est arrivé aujourd’hui à Tunis pour le Forum d’affaires tuniso-italien aux côtés de la cheffe du gouvernement Sarra Zaaafrani Zenzri au siège de l’Utica.

Environ 600 participants et représentants tunisiens italiens entreprises, associations patronales et institutions ont participé au forum.

Antonio Tajani a souligné l’importance stratégique du Forum économique italo‑tunisien, organisé à un moment crucial pour les échanges bilatéraux. Malgré des difficultés logistiques liées au port, les entreprises italiennes et tunisiennes affichent une volonté forte de coopération.

Antonio Tajani a rappelé les plus de soixante ans d’histoire commune entre les deux pays, depuis l’Antiquité de Carthage jusqu’aux liens contemporains qui voient de nombreux Italiens s’installer en Tunisie et vice versa, ainsi qu’une large pratique de la langue italienne parmi les Tunisiens. Ces proximités humaines et culturelles, a‑t‑il dit, confirment que le lien italo‑tunisien demeure solide et porteur.
Sur le plan politique, il a appelé à travailler ensemble pour créer de la valeur ajoutée et surmonter collectivement les obstacles qui entravent le développement des partenariats.

Du point de vue économique, il a rappelé les capacités de la Tunisie et évoqué la nécessité de projeter ce partenariat vers l’avenir, en particulier en direction du continent africain, « un enjeu commun » riche en ressources et opportunités, malgré des défis sociaux persistants.

M. Tajani a proposé la mise en place de guides pratiques pour faciliter les relations commerciales bilatérales et a identifié plusieurs secteurs prioritaires : tourisme, agriculture, énergie, et technologies. Il a salué l’avancée du projet Elmed et sa transition vers la phase de réalisation, estimant que ce projet et les centres d’innovation inaugurés récemment constituent des leviers pour la coopération technologique et industrielle.

Trois mots‑clés doivent, selon lui, guider cette coopération : formation, transfert technologique et compétitivité. Le gouvernement italien se dit prêt à accompagner la Tunisie sur l’aspect formation, y compris par des programmes de formation en Italie, afin d’encourager les jeunes tunisiens et italiens et de préparer l’avenir commun.

Il a également évoqué la possibilité de transformer une partie de la dette tunisienne en investissements (à hauteur de 70 millions d’euros évoqués) pour financer des projets structurants et créer des opportunités durables. Il a enfin rappelé que le sport, au‑delà de ses valeurs sociales, représente un secteur économique et d’investissement pertinent pour la Tunisie.

En conclusion, le ministre a réaffirmé la volonté d’établir un partenariat solide et durable entre l’Italie et la Tunisie, centré sur l’innovation, l’énergie et la formation, et tourné vers l’exploration des opportunités en Afrique et sur les marchés régionaux.

Antonio Tajani a clôturé sa visite par la découverte d’une rétrospective photographique sur les 70 ans de relations diplomatiques entre l’Italie et la Tunisie. L’exposition retrace sept décennies d’échanges politiques, économiques et humains entre les deux pays.

Plusieurs accords sont prévus  lors du forum : Ice signe avec Cepex pour l’échange d’informations et l’organisation conjointe d’événements visant à attirer des investissements ; Cdp, Sace et Simest concluront un partenariat avec la Chambre tuniso‑italienne de commerce et d’industrie pour soutenir l’internationalisation des entreprises en Tunisie ; la Ctici et l’Union Bancaire pour le Commerce et l’Industrie (Ubci) annonceront la création d’un desk Italie au sein de la banque. Comites Tunisie et Utica lanceront un recensement des compétences et des parcours de formation des jeunes italo‑tunisiens résidant en Tunisie pour faciliter leur insertion sur les marchés du travail tunisien et italien..

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Sarra Zaafrani Zenzri: « Ce forum doit servir de passerelle pour identifier de nouvelles opportunités d’investissement »

La cheffe du gouvernement Sarra Zaafrani Zenzri a inauguré aujourd’hui le Forum économique tuniso‑italien, en présence d’Antonio Tajani et d’une importante délégation italienne.

Coïncidant avec le 70e anniversaire des relations diplomatiques entre les deux pays, ce rendez‑vous, organisé par l’UTICA, l’APII et l’Agence italienne pour le commerce, met en lumière une coopération en pleine diversification : énergie (projet ELMED), agriculture et eau (initiative TANIT), industrie et numérique. La Tunisie, qui achève son plan de développement 2026‑2030, mise sur la modernisation du cadre d’investissement, la digitalisation et la montée en valeur ajoutée des filières pour attirer des investissements qualitatifs et conforter son rôle de plateforme entre l’Europe et l’Afrique.

Elle rappelle que les relations tuniso‑italiennes reposent sur des liens historiques profonds, une proximité géographique et des affinités culturelles en Méditerranée. Elles ont connu récemment un essor qualitatif, avec une diversification tangible des échanges dans des secteurs clés : économie, investissement, commerce, énergie, culture, enseignement supérieur et recherche. Cette dynamique a hissé la coopération bilatérale à un niveau d’exception, fondé sur le dialogue, le respect mutuel et des projets à forte valeur ajoutée.

Elle souligne lors de son allocution que la Tunisie complète actuellement l’élaboration de son plan quinquennal 2026‑2030, fruit d’une démarche ascendante et participative, de la localité jusqu’au niveau national. Ce plan vise à instaurer un modèle de développement équitable et résilient, appuyé sur un cadre institutionnel rénové et des priorités nationales claires. L’État s’emploie à améliorer le climat des affaires : modernisation du cadre législatif et institutionnel de l’investissement, simplification et digitalisation des procédures, amélioration des services publics, accès facilité aux fonciers d’investissement, formation professionnelle adaptée, et modernisation des infrastructures portuaires, douanières et logistiques.

Elle ajoute lors de son allocution que la coopération tuniso‑italienne se traduit déjà par des avancées concrètes. L’Italie demeure un investisseur majeur en Tunisie, notamment dans le secteur énergétique, et se classe au troisième rang des partenaires pour les IDE, avec plus de 1 072 entreprises à participation italienne et un stock d’investissement estimé à environ 3,7 milliards de dinars. Les échanges commerciaux ont atteint près de 20,5 milliards de dinars en 2025, poursuivant une croissance  +8% sur les quatre premiers mois de 2026 par rapport à la même période de 2025. Le tourisme illustre aussi ce partenariat : plus de 160 000 visiteurs italiens ont séjourné en Tunisie en 2025.

Au‑delà des chiffres, des projets structurants témoignent de l’ambition commune : le projet de ligne électrique ELMED, mené par la Société tunisienne de l’électricité et du gaz et TERNA, constitue la première interconnexion directe entre l’Afrique du Nord et l’Europe, renforçant la sécurité énergétique et favorisant le déploiement des énergies renouvelables. Le projet TANIT, intégré au plan Mattei pour l’Afrique, illustre par ailleurs une coopération dans les secteurs de l’agriculture et de l’eau, fondée sur le partage d’expertise et le développement durable.

Malgré ces avancées, le potentiel de la relation bilatérale reste sous‑exploité. Ce forum doit servir de passerelle pour identifier de nouvelles opportunités d’investissement notamment dans les énergies renouvelables, l’industrie des composants automobiles, les technologies de l’information et de la communication, et l’économie numérique. La stratégie nationale de l’industrie et du renouvellement à l’horizon 2035 vise à moderniser la gouvernance industrielle, promouvoir l’innovation et renforcer les pôles technologiques, facilitant l’intégration des entreprises tunisiennes dans les chaînes de valeur mondiales.
Nos priorités incluent la montée en valeur ajoutée de l’industrie  mécanique, électronique, composants automobiles et aéronautiques, industries pharmaceutiques, agroalimentaires, chimiques, technologies environnementales, économie bleue et services numériques — ainsi que le soutien aux PME par des incitations à la modernisation et à l’intégration régionale.
La Tunisie et l’Italie partagent aussi des enjeux environnementaux communs : gestion des ressources naturelles, sécurité alimentaire, lutte contre l’érosion côtière et la pollution marine, adaptation agricole aux changements climatiques et préservation de la biodiversité méditerranéenne. La coopération bilatérale peut produire des solutions innovantes, depuis la gouvernance de l’eau jusqu’à l’économie bleue et la modernisation des filières agricoles.

Sur le plan régional, elle souligne que la Tunisie affirme son rôle de plateforme économique entre l’Europe et l’Afrique. Notre engagement dans la Zone de libre‑échange continentale africaine (ZLECAF) et notre adhésion à la COMESA témoignent de cette ambition. Des partenariats triangulaires réunissant savoir‑faire italien, compétences tunisiennes et opportunités africaines peuvent ouvrir des marchés importants dans les infrastructures, l’agriculture, l’eau, l’énergie, la santé, la formation et la numérisation.

La Mattei Initiative représente un cadre pertinent pour des projets respectueux des priorités nationales, de la souveraineté des États et axés sur la création de valeur locale. La Tunisie est prête à jouer un rôle actif comme plate‑forme d’investissement, de production et de formation, attirant des investissements qualitatifs afin de favoriser la création de richesse, la croissance et la justice sociale.

En conclusion, « ce forum doit s’inscrire comme une étape récurrente de dialogue et d’échanges pragmatiques entre acteurs tunisiens et italiens. Nous souhaitons qu’il contribue à concrétiser des projets communs, à approfondir une coopération stratégique et à ouvrir de nouvelles perspectives économiques, pour le bénéfice des peuples tunisien et italien ». conclut-elle.

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Slah Zouari : le budget 2027 doit suivre les priorités du plan 2026-2030

Le budget de développement pour l’année 2027 devra impérativement s’aligner sur les orientations stratégiques du plan de développement 2026/2030. C’est ce qu’a souligné ce mardi à Tunis le ministre de l’Équipement et de l’Habitat et chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, de l’Énergie et des Mines, Slah Zouari. Il s’exprimait de la sorte, lors d’une séance de travail consacrée à l’examen des propositions budgétaires de son département.

Le ministre a insisté sur le respect rigoureux des priorités adoptées afin de garantir l’efficacité des interventions de l’État et d’atteindre les objectifs fixés par le budget.

Un communiqué du ministère précise que M. Zouari a appelé à accélérer la finalisation des dossiers des projets proposés en vue de leur inscription dans le budget de la mission de l’Équipement et de l’Habitat pour 2027. Il a notamment exigé la préparation préalable des études de faisabilité, la libération définitive des emprises foncières, ainsi que la fixation précise des coûts des crédits et des délais d’exécution.

Cette séance de travail s’est déroulée conformément aux dispositions générales de la circulaire de la Cheffe du gouvernement n°2, datée du 14 avril 2026. Laquelle est relative à la préparation du budget de l’État pour l’année 2027. La réunion a également permis de passer en revue les principaux projets proposés pour l’exercice 2027 et de faire le point sur l’état d’avancement des chantiers en cours inscrits au budget 2026.

Enfin, notons que la réunion s’est tenue en présence du chef de cabinet, de directeurs de structures centrales et régionales ainsi que de plusieurs cadres du ministère.

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Keir Starmer | Du triomphe à la tragédie !

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé sa démission le lundi 22 juin 2026. Celui qui a été l’artisan de l’alternance de l’été 2024 qui a mis fin à 14 ans de domination des Conservateurs avec une éclatante victoire du Parti travailliste (411 des 650 sièges du Parlement) se retrouve aujourd’hui très impopulaire et très contesté et a été acculé de démissionner. Comment le triomphe s’est-il mué en tragédie ? 

Imed Bahri

Rares sont ceux qui qualifieraient Keir Starmer de figure dramatique bien que sa carrière politique ressemble à un parcours presque shakespearien : à peine onze ans pour entrer au Parlement, mener le Parti travailliste à une victoire électorale que beaucoup jugeaient impossible, puis, dans les deux dernières années, tout gâcher, écrit  Peter Walker dans The Guardian, considérant la chute de l’ex-Premier ministre comme le reflet d’une époque sans précédent où la loyauté des électeurs s’est atomisée, où l’hégémonie bipartite s’est fragmentée en cinq partis et où, pour la première fois, le Parti travailliste a dû faire face à une menace à sa gauche comme à sa droite.

Le Guardian rapporte que même les plus proches alliés et partisans de Starmer admettent qu’il a largement commis des erreurs. Aucun Premier ministre moderne n’a semblé aussi bien préparé pour le poste sur le papier et aussi fondamentalement incompétent dans la pratique.

«Starmer était incompétent à trois égards», a déclaré Anthony Seldon, l’historien qui a écrit les biographies de tous les Premiers ministres, de John Major à Rishi Sunak. Il poursuit : «Premièrement, il n’a jamais compris en quoi consistait le poste, que fait un Premier ministre ? Deuxièmement, il n’a jamais su ce qu’il voulait faire, surtout pas en matière de politique économique. Et troisièmement, il ne savait pas qui nommer. Une fois ces trois problèmes réunis, rien ne peut fonctionner. C’est juste une question de temps avant que tout ne s’effondre».

Fossé entre la campagne et la gouvernance

Pris comme un résumé, cela peut paraître dur mais il est difficile de nier l’impression générale d’un homme politique habile à conquérir la direction du Parti travailliste, puis à mener le parti à la victoire, avant d’être paralysé par les choix incessants du pouvoir, se cachant derrière un vocabulaire toujours plus fourni de missions, d’objectifs et de plans de changement.

Ce fossé entre la campagne et la gouvernance a été constaté avec inquiétude par certains collaborateurs directs de Starmer dans les derniers jours précédant le triomphe électoral des Travaillistes en juillet 2024, une victoire écrasante en termes de sièges, sinon de suffrage populaire.

Un membre du staff a raconté avoir demandé pourquoi aucun plan de gouvernement n’avait encore été présenté et s’être entendu répondre qu’il n’y en avait apparemment pas. «Après la victoire, nous nous attendions à une avalanche de mesures politiques majeures. Au lieu de cela, le Premier ministre sillonnait le Royaume-Uni à la rencontre des maires. Beaucoup disaient : Ce n’est pas possible. Ce n’est pas comme ça qu’on fait de la politique»

Certains imputent une partie de la responsabilité de ce démarrage raté à Sue Gray, issue de la haute fonction publique qui était la directrice de cabinet de Starmer, un autre exemple de personne très compétente mais un poste inadapté à ses talents.

Arrivé au 10 Downing Street sans aucun plan

D’autres estiment que la faute incombe davantage à Starmer, incapable d’adapter son approche, lui qui était chef de l’opposition tentant de reconstruire son parti après les élections désastreuses de 2019, à celle de Premier ministre en devenir. Il est donc arrivé au 10 Downing Street sans aucun plan.

David Runciman, politologue et auteur, a déclaré : «Starmer pensait que la tâche serait ardue et que le véritable enjeu était la discipline et l’optimisation des gains potentiels lors des prochaines élections. Mais en réalité, à partir du milieu de la précédente législature environ –quasiment dès la nomination de Kwasi Kwarteng comme chancelier de l’Échiquier par Liz Truss– le Parti travailliste était certain de remporter les élections suivantes, quoi qu’il arrive. Ils avaient deux ans pour se préparer, et ils ne l’ont pas fait».

Gray fut rapidement remplacé par Morgan McSweeney, artisan de la renaissance fulgurante et inattendue du Labour après le départ de Jeremy Corbyn, mais tout aussi inadapté au poste et dont le principal héritage fut la nomination désastreuse de Peter Mandelson comme ambassadeur à Washington qui est aujourd’hui empêtré dans l’affaire Epstein. 

Si Starmer est manifestement un homme politique différent de Boris Johnson, ils partagent néanmoins des similitudes, notamment les changements répétés et infructueux de leurs équipes dirigeantes, suivis d’une prise de conscience progressive. Le problème ne venait pas des conseillers, mais de l’homme à la tête du parti.

Autre écho de l’ère Johnson : les documents relatifs à la nomination de Mandelson révèlent que Starmer n’était pas le décideur, les décisions étant prises ailleurs, le Premier ministre se contentant d’entériner les décisions.

Un responsable travailliste affirme que Starmer a toujours eu à cœur de déléguer et de laisser une large marge de manœuvre à ses conseillers de confiance, une tendance qui lui a été profitable lorsqu’il dirigeait le Service des poursuites de la Couronne* (CPS) puis en tant que chef de l’opposition. Il ajoute : «Sauf que gouverner est différent et ce système n’a pas fonctionné. Il devient très difficile d’assurer la cohérence car on se retrouve avec des personnes différentes, aux opinions divergentes, détenant un pouvoir considérable et sans véritable raison de se rallier à une vision commune».

D’autres ne partagent pas cet avis. Un proche ayant travaillé en étroite collaboration avec Starmer lorsqu’il était Premier ministre le décrit comme non seulement travailleur mais aussi efficace. Il déclare : «Il n’a pas le talent oratoire d’Obama mais rares sont ceux qui l’ont. Il possédait cependant de nombreux autres atouts pour ce poste, la plupart restés méconnus du public. Si vous recherchez un génie de la communication doté de toutes ces qualités, vous risquez d’attendre longtemps».

Ce proche précise qu’une grande partie du travail de Starmer reposait sur sa conviction profonde en l’équité. D’autres, cependant, affirment que l’une des principales raisons de son échec résidait dans l’absence d’un système de convictions politiques clairement défini.

«Une philosophie fondamentale, c’est ce qui vous maintient uni lorsque tout s’effondre», a déclaré Runciman qui ajoute : «Margaret Thatcher en était l’exemple parfait. Mais chez Starmer, je n’ai rien perçu de tel, et cette philosophie n’a jamais émergé. Si votre raison d’être au gouvernement est de se croire plus compétents que les autres, cela ne fonctionne pas quand la situation dégénère».

Sur un point essentiel, Starmer se distingue nettement des quatre anciens occupants du 10 Downing Street sous les conservateurs après le Brexit. Theresa May, Johnson, Liz Truss et Rishi Sunak étaient tous des personnalités atypiques, parfois maladroites, voire misanthropes, bornées au point d’être excentriques, ou encore distantes et grincheuses.

Ennuyeux, robotique et déconnecté de la réalité

À l’inverse, tous ceux qui connaissent Starmer soulignent sa grande normalité. Issu d’un milieu modeste de banlieue, passionné de football et de pubs, il semble avoir été créé pour une étude de marché. On apprécie également sa sociabilité et son vaste cercle d’amis dont beaucoup sont en dehors du monde politique. 

À la grande frustration de presque tous ceux qui ont travaillé avec Starmer, ce n’est pas cette personnalité qu’ils ont connue. Ils le décrivent comme non seulement ennuyeux et robotique mais aussi déconnecté de la réalité et –grâce à son titre de chevalier pour son travail au sein du CPS– très probablement aussi très snob.

Starmer avait déjà 52 ans lorsqu’il est entré au Parlement mais avec une carrière aussi brillante, il a immédiatement été pressenti comme un futur leader. Il lui a fallu quelques mois pour accéder au premier plan puis au cabinet fantôme** peu après.

C’était, bien sûr, sous Corbyn, une expérience éprouvante que Starmer a comparée plus tard à celle de jouer dans une équipe de football vouée à la relégation. Il a envisagé de démissionner à plusieurs reprises mais a estimé que le dossier du Brexit dont il était chargé était trop important pour être abandonné.

Après la démission de Corbyn suite à la défaite catastrophique aux élections de 2019, Starmer n’était pas initialement le favori. Les observateurs pensaient que les membres du Labour resteraient fidèles à la gauche du parti et choisiraient Rebecca Long-Bailey. Mais une campagne extrêmement bien organisée et les désormais célèbres dix promesses politiques de Starmer, intégrant des idées de gauche comme la nationalisation des services publics et la suppression des frais de scolarité, lui ont permis de remporter facilement l’élection. Commença alors ce que certains considèrent comme l’âge d’or de sa carrière politique, même si les germes de sa chute étaient déjà visibles.

La plupart des travaillistes voyaient en Starmer un Neil Kinnock ou un John Smith, quelqu’un qui s’attellerait à la tâche ardue de redresser un parti moribond et toxique mais qui n’accéderait jamais au pouvoir. Et pendant un temps, cela semblait tout à fait plausible.

Un peu plus d’un an après son accession à la tête du parti, Starmer envisagea brièvement de démissionner après la victoire du Parti conservateur de Johnson, galvanisé par l’effet positif de la vaccination contre la Covid-19, dans la circonscription travailliste de Hartlepool lors d’une élection partielle. L’écart que Starmer avait péniblement réduit dans les sondages nationaux s’est soudainement creusé à nouveau, offrant aux Conservateurs une avance de près de 20 points.

Mais la chance allait sourire à Starmer. Johnson s’est effondré, avant que Truss ne ruine l’image des conservateurs au-delà des efforts limités de Sunak pour la redresser. De même que les circonstances des élections de 2019 auraient pu être orchestrées pour favoriser Johnson, il en fut de même en 2024 pour le Labour.

Starmer avait néanmoins préparé son parti avec une brutalité bien connue de certains, y compris d’anciens collègues qui en ont fait les frais, mais surprenante pour d’autres, notamment publiquement, lorsqu’il a cherché à débarrasser le Labour de l’antisémitisme et du sentiment général que celui-ci avait été toléré sous Corbyn.

Quelques semaines après son accession à la tête du parti, il a limogé Long-Bailey de son cabinet fantôme à cause d’un tweet republié. Quelques mois plus tard, Corbyn perdait son soutien au groupe parlementaire. Des centaines de membres furent suspendus ou exclus.

Sous la direction de McSweeney, qui est passé du controversé think tank Labour Together à la tête de la campagne de Starmer pour diriger le parti, puis a été chargé de préparer les élections, le parti s’est fermement éloigné du populisme de gauche de Corbyn et les 10 promesses ont été largement oubliées.

En tant que méthode de remodelage du parti, son efficacité était indéniable. Cependant, le zèle avec lequel McSweeney et ses alliés ont purgé, rétrogradé, marginalisé ou dénigré les membres de l’aile gauche du Labour a sans doute contribué à affaiblir l’autorité de Starmer.

Une série de faux pas et de volte-face politiques

Cette campagne acharnée a également, comme on l’a vu, favorisé la création d’un parti déterminé à conquérir le pouvoir mais dont la stratégie pour l’exercer restait floue.

Il s’agit là d’une légère simplification. Le Labour de Starmer a mis en œuvre des propositions politiques assez radicales et planifiées de longue date, comme l’amélioration des droits des travailleurs et des locataires, ainsi que certaines avancées décidées une fois au pouvoir, telles que la suppression du plafond de deux allocations familiales.

Dès sa première semaine, le gouvernement a été miné par une série d’erreurs, à commencer par une polémique dommageable sur les cadeaux électoraux, suivie d’une série de faux pas et de volte-face politiques, notamment sur la réforme de la protection sociale et la réduction des allocations de chauffage hivernales pour les retraités.

Les efforts pour contrer Reform UK ont également échoué, avec un discours dur sur l’immigration culminant avec la référence de Starmer à une «île d’étrangers». Si cela n’a guère freiné le parti de Nigel Farage, un nombre croissant d’électeurs se sont tournés vers les Verts, se sentant activement indésirables par le Parti travailliste.

En même temps, certaines choses n’étaient pas de la faute de Starmer. Il n’aurait certainement pas souhaité la réélection de Donald Trump, et encore moins l’attaque américano-israélienne contre l’Iran, qui a porté un coup dur à une économie en voie de reprise.

Parallèlement, la gestion de Trump et de la situation internationale délicate est l’un des rares domaines où Starmer a manifestement brillé et s’est attiré les faveurs de la population. Il a d’abord gagné l’affection de Trump –comment, Starmer l’a admis en privé, cela restait un mystère même pour lui– avant de faire face aux insultes avec dignité.

Malgré tous les succès que les députés travaillistes pouvaient mettre en avant, ou encore la probité et le zèle de Starmer, les chiffres étaient implacables. Le Labour a chuté à seulement 17% des intentions de vote, se retrouvant parfois en quatrième position. La popularité de Starmer était si catastrophique que seule Liz Truss l’a empêché de devenir le Premier ministre le plus impopulaire de l’histoire moderne des sondages. Dans les groupes de discussion, on le comparait à une «méduse» ou à un «paillasson».

Aujourd’hui, Starmer vient de démissionner et le parti profondément, si patiemment reconstruit, est meurtri va devoir tout recommencer à zéro. Le «starmerisme», s’il a jamais existé, sera enterré, rapidement et définitivement. Son projet étant désormais terminé et Andy Burnham, maire de Manchester, prêt à prendre la relève, Starmer restera probablement dans les mémoires, selon Runciman, comme un homme accablé par le poids d’une majorité écrasante qu’il n’a jamais su gérer et qui n’a jamais réussi la transition entre son rôle de bon chef de l’opposition et celui de Premier ministre.

Selon Seldon, Starmer restera dans les mémoires comme le quatrième Premier ministre travailliste, après Attlee, Wilson et Blair, à remporter une victoire écrasante aux élections, mais le premier à n’en avoir pratiquement rien fait. Il a déclaré : «C’est un homme intègre, travailleur et sérieux, qui aurait pu réussir mais, et c’est là son erreur fatale, il n’a pas su apprendre à exercer la fonction».

*Le Service des poursuites de la Couronne (The Crown Prosecution Service au Royaume-Uni ou procureur de la Couronne dans le système canadien) est l’autorité indépendante chargée de mener les poursuites pénales au nom de l’État.

**Le cabinet fantôme (shadow cabinet) au Royaume-Uni est une équipe formée par le principal parti d’opposition. Chaque «ministre fantôme» est chargé de surveiller et de critiquer un membre spécifique du gouvernement officiel, tout en proposant des politiques alternatives.

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Mondial Fifa | Sous Trump et Rubio, la coupe est vide

En toute objectivité, indépendamment de ses qualités intrinsèques, l’équipe nationale des Etats-Unis de football possède les plus grandes chances de l’emporter. Elle a d’autant plus de chance que, après la calamiteuse campagne iranienne, Donald Trump en a un pressant besoin, et que son ami Gianni Infantino, le patron de la Fifa, ne le décevra certainement pas.

Dr Mounir Habablia *  

Si on s’en réfère au précédent le plus célèbre de machination ayant conduit une équipe nationale du pays hôte au succès final, la Coupe du monde de 1966 en Angleterre, alors il ne faudra pas s’étonner si un tacle trop appuyé met un de ces jours le célèbre Lionel Messi hors de combat, privant l’Argentine, le candidat le plus sérieux à la victoire finale, d’un de ses meilleurs arguments.

Le fan le plus célèbre de l’équipe nationale de la République démocratique du Congo, le sosie de Patrice Lumumba, est finalement présent en Amérique pour soutenir son équipe nationale. On ne saura pas qui sponsorise son voyage. Après un premier refus, lié semble-t-il à l’Ebola, il a finalement obtenu son visa.

Le plus étonnant, sous Trump et le secrétaire d’Etat Marco Rubio, c’est finalement que les autorités américaines ne se soient pas souvenues que l’ancien Premier ministre élu congolais, assassiné au début des années 60 à l’instigation des Belges, des Français, de la CIA, fût une figure de proue du socialisme et du tiers-mondisme, comparable à Fidel Castro dont il fut d’ailleurs l’ami. Que se serait-il passé si un sosie de Che Guevara s’était présenté au consulat américain de Buenos Aires pour une demande de séjour ? On ne dira pas de la Havane puisque le célèbre révolutionnaire était argentin, et cela fait plus de 60 ans que le gouvernement américain n’assure aucune présence à Cuba, mis à part la célèbre caserne-prison de Guantanamo.

Une fois débarrassé de sa douloureuse épine iranienne, le président américain n’aura que l’embarras du choix entre envahir Cuba, le Groenland, ou pourquoi pas, le Mexique, et à ce titre, une victoire de sa sélection peut stimuler la fibre nationaliste yankee dans le sens qui servirait ce dessein.

Heureusement que l’Amérique actuelle a la mémoire courte. Qui sait, peut-être dans 60 ans, un sosie de Ali Khamenei, de Kadhafi, ou de Ben Laden, pourra-t-il assister au Superbowl. 

* Médecin de libre pratique.  

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ARP : levée d’immunité pour dix députés

La séance plénière tenue à huis clos au sein de l’Assemblée des représentants du peuple a approuvé, ce mardi, les demandes de levée d’immunité parlementaire visant dix députés. Et ce, tout en reportant l’examen d’un dossier concernant un autre élu pour des raisons organisationnelles. Le dossier a été renvoyé à la commission compétente. C’est ce que déclare Yosri Boubb, membre de la commission du règlement intérieur.

Au total, la séance a examiné 21 dossiers concernant 11 députés. Ces affaires sont principalement liées à des infractions électorales antérieures à l’actuelle législature.

A  et égard, les précisions fournies montrent que les députés concernés ont, pour la plupart, renoncé volontairement à leur droit constitutionnel de se prévaloir de l’immunité parlementaire. Ils ont exprimé leur volonté de se présenter devant la justice afin que leurs dossiers soient tranchés dans le cadre des procédures judiciaires en vigueur.

Cette séance intervient à la suite de la réunion du Bureau du Parlement, tenue le 4 juin, qui avait décidé de renvoyer les demandes de levée d’immunité à la plénière pour décision finale, conformément au règlement intérieur de l’institution.

En effet, l’article 27 du règlement intérieur prévoit que les demandes de levée d’immunité sont examinées sur la base d’un rapport établi par la commission compétente. Ce rapport est distribué à l’ensemble des membres avant la tenue de la séance plénière.

Lors de la séance, le rapport est présenté, puis le député concerné peut être entendu s’il le souhaite, ou se faire représenter par l’un de ses collègues. La décision finale est ensuite prise à la majorité des membres présents. Le président du Parlement est chargé de notifier la décision aux parties concernées.

Conformément au même article, les séances consacrées à l’examen des demandes de levée d’immunité se tiennent à huis clos.

Par ailleurs, l’article 28 du règlement intérieur stipule que si une demande de levée d’immunité est rejetée, un nouveau recours ne peut être introduit pour les mêmes faits ayant déjà fait l’objet d’un refus.

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Cinq choses à savoir sur Anasse Kazib, cheminot candidat aux présidentielles

Cheminot et militant syndical à la gouaille sans pareil, Anasse Kazib a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle 2027. Après avoir dynamité les codes de l’extrême-gauche française et s’être imposé dans le paysage audiovisuel, l’aiguilleur de la SNCF veut mener…

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Youssef Badr : « L’égalité des chances est un mythe »

Youssef Badr, magistrat, ancien porte-parole du ministère de la Justice et fondateur de l’association La Courte Échelle, publie Pour une justice aux 1 000 visages. Dans cet entretien, il revient sur son parcours, déconstruit le mythe de l’égalité des chances…

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Soudan | Al-Burhan courtise Washington

Le chef d’état-major de l’armée régulière soudanaise Abdel Fattah al-Burhan cherche à courtiser l’administration Trump après trois de guerre civile sanglante qui l’oppose aux Forces de soutien rapide (FSR) conduites par Hemedti Dagalo et qui sont responsables de génocide et de crimes de guerre. Cependant, cette volonté de se rapprocher avec Washington bute sur deux obstacles, d’abord les liens avec Téhéran qui a fourni des drones décisifs dans la reconquête du territoire par l’armée régulière mais aussi les liens de cette dernière avec des factions proches des Frères Musulmans. 

Imed Bahri

Bloomberg a publié une enquête de Simon Marks et Mohamed Al-Amin indiquant que l’armée soudanaise a réduit ses achats d’armes iraniennes. Cette enquête, citant des sources bien informées, précise que cette réduction des achats d’armes auprès de l’Iran s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par l’armée régulière pour obtenir le soutien des États-Unis lors des prochaines négociations visant à mettre fin à la guerre civile qui dure depuis trois ans.

Bloomberg indique que les drones et autres armements fournis par la République islamique à l’armée soudanaise ont contribué à la reconquête de territoires dans ce conflit qui a fait plus de 100 000 morts et qui implique des puissances étrangères.

Gagner les faveurs de Trump

    Cependant, le soutien apporté par l’Iran constitue un obstacle pour l’armée régulière soudanaise dans ses efforts pour gagner les faveurs du président Donald Trump.

    Les sources citées par Bloomberg, parmi lesquelles des diplomates régionaux et un haut responsable de la sécurité soudanaise, ayant tous requis l’anonymat, ont déclaré que l’armée soudanaise a informé les États-Unis qu’elle ne dépend plus de l’Iran pour son approvisionnement en armes et qu’elle souhaite démontrer sa fiabilité en tant que partenaire dans le processus de paix.

    Ce responsable de la sécurité a indiqué que l’armée soudanaise prend désormais conscience que son alliance avec l’Iran a permis à ses rivaux des FSR conduites par le génocidaire Hemedti Dagalo de la dépeindre comme une force extrémiste à motivation religieuse.

    Cette source a ajouté que la stratégie actuelle consiste à rétablir une coopération plus étroite avec les États-Unis et l’Arabie saoudite. Washington a imposé des sanctions l’année dernière au chef d’état-major de l’armée, Al-Burhan, l’accusant de déstabiliser le Soudan.

    Les États-Unis ont désigné les Frères musulmans soudanais comme une organisation terroriste étrangère, les identifiant comme le Mouvement islamique soudanais, dont les membres ont autrefois dirigé le pays. Sa branche armée est la Bataillon Al-Bara’ Ibn Malik, alliée à l’armée régulière soudanaise, que les États-Unis accusent de perpétrer des exécutions de masse de civils.

    Ce récent revirement met en lumière le conflit entre les efforts de paix au Soudan et la confrontation de Washington avec Téhéran. Les États-Unis mènent les efforts de médiation pour un cessez-le-feu dans la guerre civile soudanaise, tout en ayant mené simultanément une guerre contre l’Iran, la même puissance qui a armé l’armée soudanaise, ainsi que des forces supplétives au Moyen-Orient, notamment le Hezbollah au Liban et les Houthis au Yémen.

    Israël observe le revirement avec intérêt

    Bloomberg ajoute qu’Israël a manifesté un vif intérêt pour l’évolution de la situation au Soudan et la prise de distance de l’armée vis-à-vis de l’Iran. Le gouvernement soudanais soutenu par l’armée s’est engagé en 2020 à normaliser ses relations avec Israël. À l’époque, le conflit entre l’armée et les FSR n’avait pas encore éclaté.

    Cependant, un porte-parole du département d’État américain a déclaré que les islamistes au Soudan restent liés à l’Iran : «Les islamistes soudanais continuent d’entraver les efforts visant à obtenir un cessez-le-feu pour mettre fin à la guerre actuelle, maintiennent des liens avec le gouvernement iranien, notamment le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), et reçoivent de sa part un soutien technique»

    De son côté, la Bataillon Al-Bara’ Ibn Malik a nié tout lien avec l’Iran et a réaffirmé son engagement à opérer sous le commandement de l’armée. Le responsable soudanais a déclaré qu’Al- Burhan avait récemment pris des mesures pour mettre à la retraite des généraux de l’armée perçus comme trop favorables aux islamistes.

    L’armée soudanaise a renoué ses relations avec l’Iran fin 2023 après une interruption de près de sept ans, période durant laquelle Khartoum avait privilégié l’Arabie saoudite. Ce rapprochement avait conduit l’Iran à fournir des drones d’attaque au Soudan.

    Les efforts de médiation répétés des États-Unis et d’autres pays n’ont pas permis de mettre fin à la guerre que les Nations Unies ont qualifiée de pire crise humanitaire au monde. Les pourparlers impliquant des puissances régionales influentes sont au point mort en raison de désaccords sur le rôle que chaque camp devrait jouer au sein d’un éventuel gouvernement de transition.

    Deux responsables étrangers, connaissant bien les livraisons iraniennes précédentes, ont déclaré qu’aucun signe de soutien récent n’avait été constaté. Le responsable de la sécurité a ajouté que le gouvernement soudanais se tourne désormais vers la Turquie comme source d’assistance alternative.

    Le rôle des extrémistes religieux

    Des sources proches du dossier ont indiqué que la Turquie avait déjà fourni au Soudan des drones TB2 et des munitions. Cependant, le gouvernement soudanais a refusé de commenter ces informations ainsi que les exportations d’armes par des entreprises privées.

    Les États-Unis et d’autres pays accusent les FSR d’avoir commis un génocide pendant la guerre. Ces derniers décrivent régulièrement l’armée soudanaise comme gangrenée par des extrémistes religieux. L’armée soudanaise, des organisations de défense des droits humains et des experts de l’Onu ont affirmé que les Émirats arabes unis soutenaient les FSR. Abou Dhabi a démenti ces accusations à plusieurs reprises, affirmant ne soutenir aucun camp et qu’un cessez-le-feu immédiat et une transition politique étaient essentiels.

    Les FSR et l’armée ont toutes deux joué un rôle déterminant dans le régime dictature d’Omar el-Béchir au Soudan, renversé en 2019.

    Outre ses forces régulières, l’armée a mobilisé d’autres groupes combattants, notamment d’anciens militants pro-démocratie et des islamistes. Le département d’État américain affirme que les Frères musulmans ont fourni plus de 20 000 combattants.

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    EXCLUSIF. « Maroc, la force de la stabilité », le livre événement

    Le Courrier de l’Atlas publie en exclusivité des extraits de « Maroc, la force de la stabilité » aux Editions Le Cherche-Midi, le nouvel ouvrage de Sébastien Boussois qui sort le 25 juin prochain. L’auteur y analyse les ressorts qui…

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    Participation de Mohamed Ali Nafti au Conseil de la Ligue des États arabes

    Le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’Étranger, Mohamed Ali Nafti, participe ce lundi le 22 juin 2026 à Amman à la 165ᵉ session ordinaire du Conseil de la Ligue des États arabes, au niveau ministériel. La réunion devra définir les axes de l’action arabe commune et les mécanismes de renforcement de la coopération régionale, avec un accent particulier sur le soutien à la cause palestinienne et la réponse aux défis sécuritaires, économiques et humanitaires actuels.

    En marge du Conseil, Mohamed Ali  Nafti tiendra une série d’entretiens bilatéraux avec plusieurs ministres arabes pour faire le point sur les relations tuniso‑arabes, explorer des pistes de coopération économique et diplomatique, et coordonner les positions sur des dossiers régionaux prioritaires. C’est ce qu’a révélé le communiqué du ministère des Affaires étrangères.

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    Le Maroc en force au sein des principaux organes continentaux de l’Union africaine

    Le Maroc a renforcé son positionnement au sein de l’Union africaine à l’issue des consultations régionales tenues au niveau de l’Afrique du Nord, se voyant confier plusieurs responsabilités de premier plan dans des organes et structures stratégiques de l’organisation. Ainsi,…

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    Rodez: enquête après des propos racistes dans une discothèque

    Le parquet a ouvert une enquête après la diffusion sur les réseaux d’une vidéo où l’on entend : « Marine au pouvoir, les Arabes à l’abattoir ! » dans une boîte de Rodez. L’enquête a été ouverte pour « provocation…

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    La Tunisie ne peut plus reporter les réformes urgentes

    Les tendances et courbes socio-économiques en Tunisie, ajoutées à la volatilité de la situation mondiale, soulignent l’extrême urgence des réformes à tous les niveaux et dans tous les secteurs. Et ce n’est pas le lourd fardeau administratif et fiscal que l’Etat impose aux contribuables et aux entreprises qui va beaucoup y aider, ni la frilosité des décideurs publics face au coût social de ces réformes.

    Elyes Kasri *

    Il est incontestable que la Tunisie ne peut assurer sa survie qu’en engageant, dans les meilleurs délais, un vaste programme de réformes multisectorielles.

    Le principal obstacle aux réformes semble être la frilosité de l’opinion publique et la crainte par les décideurs d’un rejet social des réformes qui font normalement peur car la nature humaine appréhende l’inconnu surtout si cette crainte est exacerbée par le souvenir de nombreuses réformes qui ont fini par être détournées et n’ont pas donné les résultats escomptés et dans certains cas tout à fait le contraire.

    Compte tenu de l’importance et même pour certains de la dimension disproportionnée de l’appareil de l’Etat et du secteur public dont certaines activités, devenues systématiquement déficitaires, ont été affublées à tort et au prix fort d’une qualification de stratégiques, la première responsabilité pour atténuer les craintes des sacrifices et des risques de détournement revient à l’Etat qui doit donner l’exemple et apprendre à vivre selon les moyens disponibles en réduisant ses coûts avec le réalisme et les sacrifices que la conjoncture nationale et internationale exige.

    Le binôme infernal de la taxation et de l’endettement

    Autrement, ce sera l’exacerbation du binôme infernal de la taxation et de l’endettement qui ne peut qu’asphyxier les citoyens et l’économie nationale avec le risque sérieux d’hypothéquer la souveraineté et l’indépendance nationales avec l’évocation de la Commission financière internationale de 1869 suivie douze ans plus tard par la colonisation étrangère en 1881.

    La grille disparate des salaires et autres avantages aussi bien dans la fonction publique, le secteur public et la multitude d’institutions, gagneraient à faire l’objet d’un audit transparent et objectif pour mettre fin au slogan éculé de l’Etat pourvoyeur d’emplois et des droits acquis soit par corporatisme ou pendant des années de vaches grasses qui n’ont plus lieu d’être maintenues à coup d’endettement et de déséquilibre intenable entre les budgets de fonctionnement (avec un effet marginal sinon inexistant sur la productivité comme le prouvent les statistiques et indicateurs depuis quinze ans) et les budgets d’investissement censés être créateurs d’emplois et de richesse mais qui faute de moyens sont rabotés à l’extrême.

    Le lourd fardeau administratif et fiscal

    Tant que l’État ignorera le lourd fardeau administratif et fiscal qu’il impose aux contribuables et aux entreprises, toute velléité de réforme et d’appel aux sacrifices sonnera creux et souffrira d’un manque si ce n’est d’une absence totale de crédibilité et de réceptivité.

    Entretemps, les tendances et courbes socio-économiques soulignent l’extrême urgence des réformes à tous les niveaux et dans tous les secteurs avec la vision et le courage nécessaires.

    Le monde, en pleine volatilité avec des indices de crise généralisée, n’attendra pas les frileux et les sanctionnera lourdement.

    * Ancien diplomate.  

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    L’Iran renforce son influence sur le Hezbollah

    Vendredi 19 juin 2026, Israël et le Hezbollah se sont mis d’accord sur un cessez-le-feu. Les États-Unis ont fait pression sur l’État hébreu car les Iraniens ont exigé que le nouvel accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran englobe le Liban. Lequel a failli être mis en péril par le regain de violences au Liban ces derniers jours.

    Imed Bahri

    Cet épisode montre que l’importance stratégique du Hezbollah demeure intacte pour la République islamique mais plus encore, le nouveau leadership à Téhéran, dominé par les Gardiens de la révolution, a renforcé l’influence qu’il exerce sur le mouvement chiite libanais qui commence à se relever après la débandade de l’automne 2024 ayant vu décimer l’ensemble de son état-major politique et militaire et à sa tête son ancien dirigeant Hassan Nasrallah. 

    Le Financial Times rapporte dans son enquête sur le groupe chiite libanais que depuis un an et demi, Mohsen Abou Zeinab était désabusé. Ce charpentier, fervent partisan du Hezbollah, se disait humilié par la retenue du parti face aux attaques israéliennes quotidiennes. Cependant, lorsque la guerre a repris le 2 mars, il a vu «une occasion de rectifier le tir et de rappeler à Israël que nous n’accepterons pas son agression».

    Cet homme de 47 ans raconte avoir perdu sa maison, son village natal et plusieurs proches sous les bombardements israéliens, mais ajoute : «J’ai le sentiment que le Hezbollah a repris le dessus».

    Une confiance retrouvée

    Cette confiance retrouvée reflète l’état d’esprit qui règne au sein du Hezbollah et parmi ses sympathisants suite à l’accord intérimaire conclu entre Washington et Téhéran. L’Iran a imposé un cessez-le-feu au Liban comme condition préalable à cet accord. 

    Il s’agissait d’une démonstration de soutien remarquable de la part des parrains du Hezbollah à Téhéran.

    Près de deux ans après avoir subi l’attaque la plus dévastatrice de son histoire de la part de son ennemi traditionnel, Israël, le Hezbollah est sorti de ce dernier conflit nettement plus confiant.

    Analystes, experts, diplomates et responsables estiment que ses performances sur le terrain, conjuguées à une confiance retrouvée en Iran même, ont contribué à faire remonter le moral au sein du Hezbollah. 

    Ceci est dû en grande partie à la priorité accordée par Téhéran à la guerre au Liban. Le conflit a mis à l’épreuve la fragilité du cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran et est devenu un point de pression crucial autour duquel s’articulent les efforts diplomatiques concernant le conflit dans sa globalité.

    Le Hezbollah revitalisé

    Les interventions iraniennes ont revitalisé le groupe chiite, notamment après le lancement par Téhéran de missiles balistiques sur Israël ce mois-ci en représailles à une attaque israélienne sur Beyrouth, une première pour l’Iran qui intervient directement dans la défense du Hezbollah. Les partisans du parti ont salué cette initiative, eux qui considéraient auparavant l’Iran comme un pays qui les néglige.

    «Le Hezbollah est sorti de cette guerre plus déterminé», a déclaré Nicholas Blanford, expert du Hezbollah à l’Atlantic Council. Il a ajouté : «Je ne dirais pas qu’il est devenu plus fort mais il est devenu plus déterminé. Les relations entre le Hezbollah et l’Iran se sont clairement resserrées. Pour la première fois, les Iraniens sont intervenus pour aider le Hezbollah. D’habitude, c’est plutôt l’inverse !». Une source proche du parti a déclaré : «Il nous faut maintenant attendre de voir comment le Hezbollah et l’Iran exploiteront cette confiance retrouvée».

    La guerre totale entre Israël et le Hezbollah en 2024 a décimé une grande partie des rangs et de l’arsenal militaire du parti chiite et son secrétaire général Hassan Nasrallah a été tué.

    À l’époque, beaucoup, au Liban comme à l’étranger, considéraient le parti comme totalement vaincu, d’autant plus qu’il n’avait jamais riposté pendant les quinze mois de frappes israéliennes quasi quotidiennes.

    Les forces israéliennes ont continué de cibler ce qu’elles qualifiaient d’infrastructures du Hezbollah, tuant des centaines de combattants et de civils, malgré un accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024.

    Cependant, après son entrée en guerre aux côtés de l’Iran le 2 mars, le Hezbollah a renversé la situation.

    Profitant de l’accalmie précédente, le Hezbollah s’est reconstitué et réorganisé avec l’aide de conseillers iraniens, une évolution qui a surpris de nombreux officiers israéliens qui ne s’attendaient pas à ce que ses capacités militaires restent aussi importantes.

    L’apport des drones kamikazes

    Le groupe a eu de plus en plus recours à des drones kamikazes inspirés de ceux utilisés lors de la guerre d’Ukraine. Ces drones se sont révélés plus efficaces pour pénétrer les défenses israéliennes au Sud-Liban et dans le Nord d’Israël.

    Mercredi 17 juin, l’armée israélienne a annoncé qu’un de ces drones avait touché cinq soldats israéliens au Sud-Liban dont un grièvement blessé.

    Le Hezbollah a également continué de lancer des roquettes de manière intermittente sur Israël. Ces attaques ont tué quatre civils israéliens et 28 soldats et ont fait des dizaines de blessés.

    Ces opérations ont clairement démontré que le Hezbollah ne reviendrait pas à la politique de retenue qu’il avait adoptée entre les deux guerres.

    Selon les experts, cela est dû en grande partie à l’influence iranienne croissante au sein de l’organisation, notamment dans son appareil militaire et sécuritaire, une influence qui semble vouée à perdurer. Ils ajoutent que des membres des Gardiens de la révolution se sont profondément infiltrées dans la structure organisationnelle du Hezbollah.

    Téhéran s’estime victorieux

    La guerre américano-israélienne contre l’Iran a représenté la plus grave crise qu’ait connue la République islamique depuis des décennies mais le régime de Téhéran estime en être sorti victorieux.

    Des experts et des proches du parti affirment que l’Iran souhaite clairement que le Hezbollah reste armé. Cela rend le parti moins enclin à faire des concessions sur le plan intérieur libanais où les critiques à l’égard de son rôle ont refait surface avec force.

    Le gouvernement libanais, fortement soutenu par la communauté internationale, souhaite désarmer le Hezbollah et mène également des négociations à Washington avec Israël sous supervision américaine.

    Le Hezbollah s’oppose à ces négociations auxquelles il ne participe pas et considère tout accord conclu entre les deux gouvernements comme une «trahison»

    Le gouvernement libanais contourné

    Le gouvernement libanais s’était engagé à empêcher le Hezbollah d’opérer dans les zones pilotes* du sud et à poursuivre ses efforts de désarmement du groupe. Mais l’accord américano-iranien stipule un cessez-le-feu total, ce qui a compromis les efforts initiaux de Beyrouth.

    La confiance du Hezbollah a également été renforcée par l’initiative directe de Donald Trump.

    Plus tôt ce mois-ci, le président américain a déclaré avoir discuté avec le Hezbollah via des intermédiaires, une première pour un président américain étant donné que le mouvement est classé terroriste par Washington.  «Ils considèrent cela comme une victoire majeure», a confié une source proche du Hezbollah.

    En dépit de cela, les relations entre le Hezbollah et le gouvernement libanais restent tendues.

    Des responsables du Hezbollah ont toutefois affirmé publiquement ces derniers jours qu’ils ne cherchaient pas à renverser le gouvernement. «Parler de désarmement est désormais quasiment impossible», a déclaré Blanford.

    Les prochaines actions du Hezbollah dépendront probablement du comportement d’Israël.

    Depuis l’annonce de l’accord, Israël a poursuivi ses frappes aériennes tandis que le Hezbollah a riposté en tirant sur les forces israéliennes.

    La question la plus importante demeure la présence des forces israéliennes au Sud-Liban, où elles contrôlent actuellement des centaines de kilomètres carrés après avoir détruit des dizaines de villages.

    Le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré mardi que le maintien de l’occupation du Sud par Israël constituait une violation de l’accord, tandis que le Hezbollah a affirmé qu’il poursuivrait le combat tant que l’occupation se poursuivrait.

    Netanyahu a annoncé que l’armée israélienne resterait à l’intérieur de la «zone de sécurité» au Sud-Liban «aussi longtemps que nécessaire pour protéger les habitants du Nord d’Israël». Il a ajouté : «L’Iran voulait que nous nous retirions de là et cela ne s’est pas produit. J’ai été très ferme sur cette question et je pense que nos amis américains respectent cette fermeté et cette détermination».

    En revanche, le projet d’accord publié mercredi par les États-Unis stipule que Washington et Téhéran garantiraient «l’intégrité territoriale et la souveraineté du Liban»

    La base populaire du Hezbollah a été la plus durement touchée par les opérations israéliennes au Sud-Liban. Près de 4 000 personnes ont été tuées, près d’un million déplacées et des dizaines de villages détruits, affectant de manière disproportionnée la communauté chiite du Liban.

    Nombreux sont ceux qui ont été contraints de fuir vers d’autres régions du Liban où diverses communautés locales accusent le Hezbollah d’avoir déclenché une guerre non désirée.

    Dans bien des cas, cette colère s’est étendue à l’ensemble de la communauté chiite.

    Cependant, la loyauté au sein de la base populaire du Hezbollah n’est pas entamée. Le parti a longtemps exploité les peurs sectaires pour cultiver son image de protecteur de la communauté chiite. «Ils nous ont rendu notre fierté», a déclaré Mohsen Abou Zeinab. 

    *Les zones pilotes dans le Sud-Liban sont des zones où les Forces armées libanaises (FAL) déploient un contrôle exclusif pour exclure les acteurs non étatiques.

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    Tunisie | Les avocats se mobilisent pour l’indépendance de la justice

    Le mouvement de protestation des avocats en Tunisie a été ponctué, le 18 juin 2026, par une grève générale nationale largement observée, accompagnée de manifestations devant le Palais de justice de Tunis et de rassemblements dans les principaux tribunaux du pays, témoignant une fois de plus des tensions qui affectent le système judiciaire tunisien.

    Cette manifestation, organisée par l’Ordre national des avocats, s’inscrit dans un mouvement de protestation plus large lancé le 18 mai, visant à obtenir une réforme du système judiciaire et des conditions d’exercice de la profession.

    Lors de la manifestation dans la cour du Palais de justice de Tunis, les journalistes n’ont pas été autorisés à couvrir le sit-in, ce qui a limité leur capacité à documenter directement l’initiative, sauf depuis l’extérieur du bâtiment.

    La grève de jeudi a été accompagnée du port traditionnel du brassard rouge par les avocats et de manifestations physiques dans les tribunaux de Bizerte, Béja, Jendouba, El Kef, Siliana et Tunis.

    Les revendications portent sur une révision du cadre législatif et réglementaire régissant la profession, une amélioration du service public de la justice, un renforcement de l’indépendance du pouvoir judiciaire et la garantie de procès équitables.

    Les avocats demandent également la modernisation des conditions de travail et une réforme du système de sécurité sociale et de retraite de la profession, afin d’assurer sa viabilité financière.

    Le doyen du barreau, Boubaker Belthabet, a qualifié la participation à la grève de «totale», soulignant que l’initiative avait été respectée dans tous les tribunaux sans aucune infraction.

    Dans une déclaration à la radio Diwan FM, en marge de l’assemblée générale des avocats, M. Belthabet a expliqué que cette protestation s’inscrit dans le cadre des décisions adoptées par le Conseil du barreau le 13 mai et constitue la première étape d’un mouvement initié au niveau régional. Selon le doyen, «les revendications de la profession ne portent pas uniquement sur des intérêts institutionnels, mais visent à ouvrir un dialogue sur les réformes nécessaires pour garantir une justice indépendante dans les faits, et non pas seulement en paroles». L’Ordre des avocats considère l’amélioration du fonctionnement du système judiciaire comme un élément essentiel de l’État de droit et estime que les défis actuels nécessitent un dialogue avec les autorités.

    Cette mobilisation intervient à un moment particulièrement délicat pour le système judiciaire tunisien. Depuis l’été 2022, avec la dissolution du Conseil supérieur de la magistrature et la réorganisation subséquente de l’appareil judiciaire initiée par le président Kaïs Saïed, la question de l’indépendance de la justice est devenue l’un des points les plus controversés du débat politique et institutionnel.

    Les organisations nationales et internationales ont exprimé à plusieurs reprises leurs inquiétudes quant aux garanties offertes aux magistrats et au respect de la séparation des pouvoirs.

    Me Belthabet a annoncé que «l’assemblée générale annuelle des avocats, prévue le 11 juillet, ainsi que les réunions du Conseil de l’Ordre, seront consacrées à l’évaluation de l’évolution de ce différend et à l’adoption des mesures qui en découleront, conformément aux mécanismes démocratiques propres à la profession».

    Le bâtonnier a également dénoncé l’existence de «campagnes de diffamation systématiques», menées principalement sur les réseaux sociaux et par certains médias, affirmant que de telles attaques n’ébranleront pas la détermination des avocats. Il a réaffirmé que les positions officielles de la profession ne peuvent être exprimées que par les instances légitimes qui la représentent et a exclu toute tentative de division interne.

    Concernant une éventuelle médiation, le bâtonnier a déclaré qu’«à ce jour, aucune initiative, officielle ou informelle, n’a été proposée pour résoudre la crise». L’Ordre, a-t-il ajouté, reste ouvert à tout dialogue sérieux susceptible d’ouvrir la voie à des négociations et de contribuer à la réforme du système judiciaire tunisien.

    La protestation des avocats met ainsi en lumière les tensions persistantes qui entourent le fonctionnement de la justice en Tunisie et pourrait constituer une nouvelle épreuve pour les relations entre les institutions et l’un des ordres professionnels les plus influents du pays.

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    Surpopulation carcérale : la France une nouvelle fois épinglée par le Conseil de l’Europe

    À la suite d’une nouvelle réunion, le Conseil de l’Europe constate, une nouvelle fois, l’insuffisance des mesures engagées par la France pour réduire la surpopulation carcérale.   Les réunions se succèdent, mais la situation continue de s’aggraver. Le Comité des…

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    Tunis | Les femmes diplomates à l’honneur à l’Académie internationale

    Dans le cadre de la célébration de la Journée Internationale des Femmes dans la Diplomatie, le Ministère des Affaires Etrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’Etranger a organisé, ce 19 juin 2026, au siège de l’Académie Diplomatique Internationale de Tunis, en coopération avec le bureau d’ONU Femmes en Tunisie, une confrontation intitulé « Les femmes dans la diplomatie : un engagement continu et un travail soutenu au service de la paix et du développement inclusif ».x

    À l’ouverture des travaux de cette rencontre, à laquelle ont notamment pris part Mme Selma Malika Haddadi, Vice-Présidente de la Commission de l’Union Africaine, Mme Hanna Tetteh, Représentante Spéciale du Secrétaire Général des Nations Unies pour la Libye, ainsi que des membres du corps diplomatique et Mme Rana Taha, Coordinatrice Résidente des Nations Unies en Tunisie, M. Mohamed Ali Nafti, Ministre des Affaires Etrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’Etranger, a prononcé une allocution dans laquelle il a rappelé le rôle pionnier de la Tunisie en matière de droits des femmes et de leur autonomisation dans tous les domaines. Il est revenu sur l’histoire de l’engagement des femmes tunisiennes dans la diplomatie et a salué les efforts qu’elles n’ont cessé de déployer, depuis l’indépendance, pour défendre la souveraineté nationale, consolider ses fondements, servir les intérêts du pays et porter haut les couleurs de la Tunisie sur la scène diplomatique internationale.

    Il a également souligné que cette manifestation coïncide avec le 70ᵉ anniversaire de la création du Ministère des Affaires Etrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’Etranger.

    M. le Ministre a, en outre, réaffirmé l’engagement de la diplomatie tunisienne, conformément aux orientations de Son Excellence le Président de la République, le Professeur Kaïs Saïed, à renforcer le rôle des femmes, dans le respect du principe de l’égalité des chances, afin de favoriser leur participation effective à la vie publique.

    Il a également rappelé le rôle central joué par la diplomatie tunisienne dans le parrainage de la résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies sur les femmes, la paix et la sécurité, convaincue que les femmes ont non seulement droit à la protection et à la prévention, mais qu’elles ont également un rôle essentiel à jouer dans la construction de la paix et de la sécurité.

    Il a mis en avant les efforts déployés par la Tunisie pour soutenir la mise en œuvre de cette résolution à l’échelle du continent africain, conformément à la Déclaration de Tunis sur les femmes, la paix et la sécurité en Afrique, adoptée lors du dernier sommet de l’Union Africaine, à la suite du Forum Africain de haut niveau accueilli par la Tunisie en décembre 2025.

    La conférence a été marqué par l’organisation de trois tables rondes, consacrées successivement au « rôle des femmes dans la diplomatie internationale au service de la paix et de la sécurité », « les femmes comme pilier fondamental de la coopération internationale en faveur du développement inclusif » et « les femmes dans la diplomatie tunisienne : sept décennies d’engagement ».

    En marge de cette rencontre, une exposition documentaire a également été organisée afin de mettre en lumière les pionnières de la diplomatie tunisienne et de retracer leurs parcours.

    Communiqué MAE

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    Audrey Millet : « Mon livre a disparu des Relay dès que le nom de Bernard Arnault a été connu »

    « `html L’historienne Audrey Millet publie la première biographie critique du patron de LVMH depuis plus de vingt ans. À peine quelques jours après sa parution, l’ouvrage Bernard Arnault, son univers impitoyable, signé par Audrey Millet et publié aux éditions…

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    Pour Israël, la défaite en Iran est une opportunité

    L’appui inconditionnel de l’Occident donne pendant longtemps à Israël l’illusion d’être un acteur qui fait l’histoire à sa guise au Moyen-Orient. Pourtant, Israël n’a ni démographie, ni profondeur stratégique, ni environnement géopolitique, ni idéologie à vocation universelle sur lesquels repose la puissance. L’Occident lui a prêté sa puissance utilisée pour bâtir un régime d’apartheid et pour perpétrer un génocide qui ont placé Israël au-dessus du droit international.

    «Tous les pays détestent Israël», aurait dit Trump à Netanyahou. Les lobbys qui ont acheté les élites dirigeantes occidentales sont efficaces, mais il y a toujours des limites à l’efficacité qu’Israël a dépassées en ignorant les intérêts économiques des Américains et des Européens.

    Entre le détroit d’Ormuz et Israël, les Américains ont choisi le détroit d’Ormuz. On dit que l’Amérique a deux religions : le christianisme et le pragmatisme. Israël a commis une erreur historique en croyant que les Etats-Unis seront leur meilleur allié qui les protègeront, alors que le seul allié qui est susceptible de protéger Israël est paradoxalement la paix avec les Palestiniens.

    L’Etat colonial a deux perspectives devant lui, et deux seulement : le scénario algérien où les pieds-noirs ont dû quitter le pays dans la précipitation, ou le scénario sud-africain où les Blancs ont accepté de s’intégrer dans la société locale.

    C’est à ce dernier scénario que pense l’éditorialiste israélien Gideon Lévy, qui, dans son article publié le 18 juin 2026 et dont la traduction est reproduite ci-dessus,  invite ses compatriotes à se réveiller, leur indiquant que le désastre face à l’Iran doit être l’occasion pour se réconcilier avec la réalité.

    Lahouari Addi

    «Ce qui nous est arrivé en Iran n’était pas un désastre, mais une opportunité»

    La défaite d’Israël en Iran n’est pas un désastre : c’est l’occasion d’affronter la vérité. La guerre en Iran a révélé la vérité à Israël. Son armée, soi-disant toute-puissante, n’a rien accompli de significatif, si ce n’est sa propre ruine politique. Tout pays rationnel tirerait la même conclusion : il faut cesser de vivre par l’épée et uniquement par l’épée.

    Gideon Levy

    Le refrain, tant à droite qu’à «gauche» (sans compter le Premier ministre Benjamin Netanyahou) : une défaite israélienne, un désastre diplomatique, Trump nous a tourné le dos et Steven Witkoff est un «Jewboy». La nation déplore une calamité, une défaite et un quasi-Holocauste.

    Les Bennett’s s’empressent d’intervenir et promettent une solution. Ils rétabliront les relations avec les États-Unis et ramèneront Israël sur les champs de bataille pour achever le travail. Telle est leur seule promesse en cette journée particulièrement propice.

    Mais il ne s’agit ni d’un désastre ni d’un Holocauste. Dans la guerre contre l’Iran, Israël a traversé ce que les psychologues appellent un «test de réalité», au cours duquel la vérité lui a été révélée. Et cela pourrait bien être l’évolution la plus positive de ces dernières années, à condition que le pays en tire les bonnes conclusions. Ce soi-disant désastre pourrait bien se transformer en une opportunité historique.

    Lors d’une de ses précédentes catastrophes, celle de 1973, Israël avait su tirer les leçons et ouvrir un nouveau chapitre révolutionnaire de son histoire : celui de la paix. Le fiasco avec l’Iran nous oblige aujourd’hui à reprendre nos esprits une seconde fois, mais pour l’instant, personne n’est là pour mener cette réorientation.

    Un peu de réalisme : un petit pays de 10 millions d’habitants ne peut pas se battre contre le monde entier, même si nous sommes les fils du peuple élu, qui sait tout et fait tout mieux que les autres. Israël ne peut pas renverser des régimes, ni dans la lointaine Téhéran, ni dans la proche Gaza, ni même à Ramallah, juste à côté. Nous ne sommes pas les seuls dans ce cas ; même les États-Unis n’y parviennent pas.

    Nous regarder dans le miroir

    Ils ne peuvent pas forcer des organisations à déposer les armes ni éradiquer les convictions politiques du cœur des gens. L’époque où l’Amérique était à notre merci est révolue. Reconnaître cette réalité nous offre l’occasion, au milieu de la succession de guerres récentes, de nous regarder dans le miroir : l’armée soi-disant toute-puissante de ce pays n’a réussi à obtenir aucun résultat significatif, si ce n’est la ruine politique.

    Tout pays rationnel en tirerait la même conclusion : il faut cesser de vivre par l’épée et uniquement par l’épée. L’histoire récente en a apporté suffisamment de preuves. Peut-être que toutes ces guerres futiles étaient nécessaires pour nous ouvrir les yeux et nous faire comprendre qu’aucune guerre choisie par Israël ne s’est jamais bien terminée.

    Il ne reste que peu de temps pour parvenir à cette conclusion. Retirez les troupes de tout le Liban, avant qu’elles ne déclenchent une nouvelle guerre inutile contre l’Iran. Mettez immédiatement un terme à la folie qui sévit en Cisjordanie, avant qu’elle ne se retourne elle aussi contre nous. Accordez un peu de répit à l’armée et à l’armée de l’air, laissez-les respirer. Permettez aux soldats de profiter de leurs réductions militaires et de déjeuner dans les fast-foods de la rue Ibn Gvirol à Tel-Aviv.

    Libérez les milliers d’otages palestiniens qui croupissent dans les prisons du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, et commencez à vous comporter comme des êtres humains envers les Palestiniens, avant que le monde ne nous y oblige. Et décidez où nous allons, ce que nous voulons : deux États, un seul État démocratique ou un seul État d’apartheid suicidaire. Il n’y a pas de quatrième option et il n’y en aura jamais.

    Israël ne peut pas désarmer le Hezbollah

    Cette semaine, on a appris que l’armée israélienne demandait au gouvernement de parvenir à un accord avec le gouvernement libanais avant que l’armée ne soit contrainte de se retirer des zones occupées, la queue entre les jambes.

    On a là, au moins, un cas de sobriété partielle. Après tout, l’accord avec le gouvernement libanais aurait pu être conclu plus tôt, mais Israël avait besoin de l’épreuve de la guerre pour se rendre compte qu’il ne peut pas désarmer le Hezbollah, et qu’il n’y parviendra jamais.

    Les Forces de défense israéliennes (FDI), au moins, commencent à le comprendre. Il en va de même pour le Hamas, la résistance à l’occupation de la Cisjordanie et le régime iranien.

    Le fait qu’Israël soit mégalomane ne signifie pas qu’il soit capable d’agir selon ses propres critères mégalomaniaques, en croyant que des bombardements ici et là serviront ses intérêts. Ce qui nous est arrivé en Iran n’était pas un désastre, mais une opportunité. Nous avons regardé la vérité droit dans les yeux – et elle a baissé les yeux. C’est maintenant à notre tour de baisser les nôtres.

    Source : Haaretz.

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