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Le Conseil bancaire juge la grève «non justifiée» et annonce la déduction des jours d’arrêt des salaires et primes

Le Conseil bancaire et financier (CBF) a estimé lundi que l’appel à une grève sectorielle dans les banques et les institutions financières, prévue les 23, 24 et 25 juin à l’initiative de la Fédération générale des banques et des établissements financiers, était «non justifié». Selon le Conseil,  les augmentations salariales prévues par la réglementation en vigueur ont déjà été versées. Dans un communiqué, le CBF a indiqué que les établissements du secteur avaient appliqué les hausses de salaires prévues par le décret n°68 de 2026 du 30 avril dernier.
Il a averti qu’en cas de participation au mouvement social, les journées de grève seraient déduites des salaires, primes et avantages accordés aux employés concernés, conformément à la législation en vigueur.
Le Conseil a appelé les salariés à privilégier «l’intérêt général» et à faire preuve de «responsabilité», soulignant que le mouvement coïncide avec une période marquée par le versement des salaires et des pensions, le règlement des factures et de nombreuses opérations financières.
Le CBF a également insisté sur la nécessité de préserver la stabilité du système financier national et d’assurer la continuité des services essentiels, notamment les retraits aux guichets et distributeurs automatiques, l’exécution des ordres de paiement, le transport de fonds et l’approvisionnement des agences bancaires en liquidités, conformément à une circulaire de la Banque centrale de Tunisie.
De leur côté, des employés du secteur et des représentants syndicaux ont organisé lundi deux rassemblements de protestation devant le Conseil bancaire et financier et l’Union tunisienne des sociétés d’assurances, selon le site «Chaâb News», proche de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT).
Les manifestants ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une absence de réponse à leurs revendications sociales et salariales, malgré les bénéfices enregistrés par les banques. Ils ont également critiqué ce qu’ils qualifient d’atteinte à la liberté syndicale et au dialogue social.
La Fédération syndicale a appelé les agents et cadres du secteur à observer massivement la grève et à participer aux rassemblements prévus durant les trois journées d’action.

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Grève des banques : L’UGTT ouvre la porte à une suspension du mouvement sous condition

Alors que la grève générale de trois jours dans les banques et les assurances a débuté ce mardi 23 juin, la Fédération générale des banques et des institutions financières affiliée à l’UGTT se dit prête à désamorcer la crise. Son secrétaire général, Sami Salhi, affirme qu’une suspension, voire une annulation du mouvement reste possible si les autorités parviennent à relancer les négociations entre les parties.

Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les syndicats du secteur et les organisations patronales, après l’échec des dernières tentatives de médiation.

« Nous sommes prêts à suspendre la grève »

Intervenant sur Mosaïque FM, Sami Salhi a expliqué que la grève a été déclenchée après l’échec de toutes les démarches visant à reprendre les discussions avec le Conseil bancaire et financier ainsi qu’avec la Fédération tunisienne des sociétés d’assurance.

Selon lui, le principal point de blocage concerne les augmentations salariales réclamées pour l’année 2025. Le responsable syndical reproche aux représentants patronaux leur refus d’ouvrir des négociations sur cette revendication.

Il a également contesté le contenu du communiqué publié récemment par le Conseil bancaire et financier, estimant qu’il comporte des « contre-vérités ». D’après lui, les employeurs mettent en avant le décret n°68 relatif aux augmentations prévues pour les années 2026, 2027 et 2028, alors que les revendications syndicales portent exclusivement sur l’exercice 2025.

Malgré ce différend, Sami Salhi affirme que la Fédération reste attachée au dialogue et appelle le ministère des Affaires sociales à intervenir pour réunir les différentes parties autour d’une même table.

« Nous sommes prêts à suspendre ou à annuler la grève si une invitation au dialogue est lancée », a-t-il indiqué, estimant qu’une médiation rapide permettrait d’éviter une nouvelle escalade.

Le patronat maintient sa position

La sortie de Sami Salhi intervient quelques heures après la publication d’un communiqué du Conseil bancaire et financier annonçant l’application de retenues sur salaires pour les journées de grève observées par les employés du secteur.

L’organisation patronale considère que le mouvement social n’est pas justifié au regard des accords déjà conclus dans le cadre du décret n°68, qui prévoit des augmentations salariales échelonnées jusqu’en 2028.

Cette décision a contribué à durcir davantage le climat social à la veille du déclenchement de la grève.

Trois jours de paralysie annoncés

La grève générale de trois jours dans les banques et les compagnies d’assurance avait été confirmée après la rupture du dialogue entre les syndicats et les représentants patronaux.

La Fédération générale des banques et des institutions financières estime que les négociations sur les augmentations salariales de 2025 sont au point mort, tandis que les employeurs considèrent que le cadre des revalorisations salariales a déjà été défini dans les accords précédents.

Dans ce contexte, l’intervention du ministère des Affaires sociales apparaît désormais comme la principale voie susceptible de relancer les discussions et d’éviter un enlisement du conflit social qui affecte depuis ce mardi l’ensemble du secteur bancaire et assurantiel.

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Tunisie. Banques en grève : trois jours de blocage au pire moment pour les Tunisiens

La grève de trois jours déclenchée ce mardi 23 juin dans les banques, les établissements financiers et les assurances, place des milliers de Tunisiens devant une difficulté immédiate : accéder à leur argent au moment même où salaires et pensions…

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Grève des banques : vive polémique autour de la retenue sur les salaires, le syndicat dénonce des « menaces »

Dans la matinée de mardi 23 juin 2026, premier jour de la grève de trois jours dans le secteur bancaire et des assurances, le secrétaire général de la Fédération générale des banques, des institutions financières et des compagnies d’assurance, Sami Salhi, est revenu sur la polémique suscitée par le communiqué du Conseil bancaire évoquant une...

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Grève dans les banques : les jours d’arrêt de travail seront déduits des salaires et des primes

Le Conseil bancaire et financier (CBF) a estimé, lundi soir, que la grève annoncée dans le secteur bancaire pour les 23, 24 et 25 juin 2026 est « non justifiée », affirmant que l’ensemble des banques et établissements financiers ont déjà appliqué les augmentations salariales prévues au titre de l’année 2026.

Dans un communiqué publié à la suite de l’appel à la grève lancé par la Fédération générale des banques et des établissements financiers, le CBF précise que ces augmentations ont été versées conformément aux dispositions du décret n°68 du 30 avril 2026 relatif à la fixation des hausses salariales.

Le Conseil souligne que ce mouvement social intervient durant une période sensible, marquée notamment par le versement des salaires et des pensions, le paiement des factures ainsi que la réalisation de diverses opérations financières. Il appelle, à ce titre, les responsables syndicaux à privilégier l’intérêt général et à contribuer à la préservation de la stabilité du système financier national.

Le CBF insiste également sur la nécessité de garantir la continuité des services essentiels, notamment les opérations de retrait aux guichets et aux distributeurs automatiques de billets, l’exécution des ordres de paiement et des transactions bancaires, ainsi que les services de transport de fonds et l’approvisionnement des agences en liquidités, conformément aux recommandations de la Banque centrale de Tunisie.

Enfin, le Conseil rappelle que les dispositions légales encadrant l’exercice du droit de grève seront appliquées. Celles-ci prévoient notamment la retenue des jours de grève sur les salaires, les primes et les différents avantages accordés aux employés participant au mouvement.

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Grève bancaire | CBF et UGTT, chacun sa partition pour une même musique

Trois jours de grève dans les banques, les établissements financiers et les compagnies d’assurance, les 23, 24 et 25 juin 2026. Des retraités sans pension. Des fonctionnaires sans salaire. Et deux communiqués — l’un patronal, l’autre syndical — qui se répondent comme deux acteurs qui ont répété leur texte ensemble. Ce n’est pas une métaphore. C’est une lecture. (Photo : Les agents des banques manifestent devant le siège du CBF, à Tunis, lundi 22 juin).

Abdelwaheb Ben Moussa *

Le Conseil bancaire et financier (CBF) répond à ce que personne ne demande en affirmant, dans son communiqué du 22 juin, que la grève est «injustifiée» au motif que les augmentations salariales prévues par le Décret n°68 du 30 avril 2026 ont été intégralement versées. Problème : personne ne les conteste.

Le syndicat revendique les augmentations de 2025 — jamais accordées. Le CBF répond sur 2026. C’est le vieux procédé rhétorique de la substitution : remplacer le grief réel par un grief fictif plus facile à réfuter, puis triompher de cette réfutation comme si elle réglait le différend. Elle ne règle rien. Elle le déplace.

Deuxième problème : le Décret n°68 fixe un plancher légal — pas un plafond. D’autres secteurs soumis au même cadre ont négocié et obtenu des revalorisations supérieures à 5%. Le CBF est le seul acteur patronal à avoir transformé ce minimum légal en maximum indépassable. Ce choix est patronal, non légal. Et le communiqué entretient délibérément la confusion entre les deux — ce qui est, en soi, un aveu.

Troisième problème : invoquer «l’intérêt général» dans un secteur qui a dégagé 1,6 milliard de dinars de résultat net en 2024 — en hausse de 12% — sans reverser un centime de revalorisation aux salariés en 2025, c’est une posture. Pas un argument.

Le communiqué du CBF ne mentionne à aucun moment que le dialogue social est à l’arrêt depuis la nomination du nouveau président du CBF en 2023. Ni que la correspondance syndicale de janvier 2024 demandant la reprise des consultations est restée sans réponse pendant dix-huit mois. Ni que le refus d’appliquer l’article 412 alinéa 2 de la loi n°41/2024 du Code de commerce — relatif aux crédits accordés aux employés — constitue un dossier distinct et tout aussi bloqué.

On ne peut pas démontrer l’absence de motif social suffisant en ignorant méthodiquement les motifs. Un communiqué patronal a le droit d’être partial. La lecture qu’on en fait n’a pas cette latitude.

UGTT : revendications légitimes, stratégie discutable

La légitimité des revendications syndicales est réelle et documentée. Les données sont claires : résultat net sectoriel de 1,6 milliard de dinars, produit net bancaire de 8,035 milliards, performances en hausse continue — pendant que les employés des banques privées n’ont obtenu aucune revalorisation en 2025 alors que leurs collègues du secteur public en bénéficiaient. L’injustice est réelle.

Mais la légitimité d’une revendication n’immunise pas la stratégie qui la porte.

Premier point : choisir les 23, 24 et 25 juin — précisément les jours de versement des salaires et des pensions — n’est pas un hasard. C’est un choix tactique délibéré pour maximiser la pression patronale via la pression citoyenne. Syndicalement compréhensible. Socialement discutable. Les retraités et les fonctionnaires ne sont pas parties au conflit. Les transformer en levier de négociation mérite d’être nommé pour ce que c’est.

Deuxième point : face à dix-huit mois de silence patronal, la Fédération syndicale n’a pas publiquement documenté l’épuisement des mécanismes d’arbitrage et de médiation prévus par la convention sectorielle commune et par le Code du travail. L’escalade directe vers trois jours de grève sectorielle totale, sans étapes intermédiaires visibles, fragilise la posture syndicale sur le plan de la proportionnalité — même quand la cause est juste.

Troisième point : les revendications portent simultanément sur les augmentations 2025, l’article 412 et les charges fiscales de la loi de finances 2026. Chaque dossier est légitime. Leur accumulation dans un seul mouvement brouille le message public et offre au CBF la possibilité de noyer le débat dans la complexité technique. Une hiérarchisation plus lisible aurait servi les salariés mieux qu’un communiqué destiné aux seuls initiés.

Le scénario que personne ne veut nommer

Voici ce que les deux communiqués — patronal et syndical — ont en commun : ils ne proposent aucune sortie de crise. Ils positionnent. Ils imputent. Ils menacent. Mais ils ne résolvent pas.

C’est là que le recoupement implicite des deux positions devient visible : CBF et UGTT tirent chacun une partie de leur légitimité institutionnelle du conflit lui-même. Le CBF existe comme interlocuteur patronal incontournable précisément parce qu’il y a un syndicat à affronter. L’UGTT mobilise et fédère précisément parce qu’il y a un patronat à combattre. Dans ce système, la résolution durable du conflit représente un coût institutionnel que les deux parties ont un intérêt objectif — même inconscient — à différer.

Le résultat est connu : grève en novembre 2025, grève en juin 2026, aucun accord durable entre les deux. Ce n’est pas l’aggravation d’un conflit — c’est sa reproduction à l’identique. Le scénario est écrit d’avance. Chaque partie joue son rôle. Et les retraités, eux, attendent leur virement.

Ce que ni le CBF ni l’UGTT ne disent pas

Cette grève éclate au moment précis où le Plan de Développement national 2026–2030 est en cours d’examen au Parlement — un plan qui assigne aux banques publiques un rôle central dans le financement de la transformation économique du pays.

Un secteur bancaire qui entre en grève générale dans ce contexte, avec un dialogue social rompu depuis trois ans, envoie un signal que les autorités de tutelle — BCT, ministère des Finances, Présidence du gouvernement — ne peuvent pas se permettre d’ignorer. Ce n’est pas une affaire entre le CBF et l’UGTT. C’est une affaire d’État.

La vraie question n’est pas celle des 5%. C’est celle de savoir si la Tunisie dispose d’un modèle de dialogue social sectoriel capable de produire des accords durables — ou si elle est condamnée à rejouer indéfiniment le même scénario : blocage, escalade, grève, retenues sur salaires, accord minimal, nouveau blocage…

Un pays qui ambitionne de financer sa décennie de développement la plus déterminante ne peut pas gérer ses relations sociales bancaires comme si nous étions en 1995.

La réponse s’écrit dans les agences fermées. Et dans les réformes du dialogue social que personne, ni du côté patronal ni du côté syndical, n’a encore eu le courage de proposer. **

* Ingénieur informatique et cadre bancaire.

** Les analyses et propos contenus dans cette tribune n’engagent que l’auteur.

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Grève des banques | Communiqué du Conseil bancaire et financier

Le Conseil bancaire et financier (CBF) a réagi fermement à l’appel à la grève sectorielle prévu pour les 23, 24 et 25 juin 2026, affirmant que les augmentations salariales ont déjà été versées et que des mesures réglementaires strictes seront appliquées.

Dans un communiqué publié ce lundi 22 juin 2026, le CBF a tenu à clarifier la situation suite à l’annonce de la grève par la Fédération générale des banques et des établissements financiers, qu’il qualifie d’« injustifiée sur les plans social et économique ».

Le CBF confirme que toutes les banques et institutions financières ont déjà procédé au versement des augmentations salariales au titre de l’année 2026, conformément au décret n° 68 du 30 avril 2026 concernant les salaires de base et les primes de transport.

Face au maintien du mot d’ordre de grève, le Conseil bancaire a rappelé que la loi sera appliquée avec rigueur. Ainsi, les jours de grève seront directement déduits des salaires mensuels, incluant toutes les primes financières et avantages en nature des agents grévistes.

La même source a aussi souligné que pour garantir la stabilité du système financier national, il est nécessaire d’assurer la continuité des services essentiels, citant les opérations de retrait aux guichets et la disponibilité des distributeurs automatiques de billets (DAB), l’exécution des ordres de paiement et des opérations bancaires courantes, ainsi que le transport de fonds et l’approvisionnement des agences.

Enfin, le Conseil déplore que cette grève coïncide avec une période cruciale de versement des salaires, des pensions et de règlement des factures, et appelle à la sagesse pour préserver les intérêts des citoyens et des entreprises.

Y. N.

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L’UGTT durcit le ton : banques et assurances à l’arrêt total

La Fédération générale des banques et des établissements financiers, relevant de l’UGTT, annonce une grève générale sectorielle de trois jours dans l’ensemble des banques, institutions financières et compagnies d’assurance du pays, les 23, 24 et 25 juin 2026.

Dans un communiqué publié lundi 22 juin, la fédération justifie cette décision par l’échec des négociations menées avec la partie patronale. Elle accuse le Conseil bancaire et financier (CBF) ainsi que la Fédération tunisienne des sociétés d’assurance d’avoir refusé le dialogue et les revendications relatives aux augmentations salariales au titre de l’année 2025.

Le syndicat dénonce également le refus d’appliquer certaines dispositions prévues par la législation en vigueur, notamment celles relatives aux employés du secteur bancaire, estimant que les discussions ont atteint une impasse.

Ainsi, la grève concernera l’ensemble des établissements bancaires, financiers et des compagnies d’assurance sur tout le territoire national. La centrale syndicale appelle l’ensemble des cadres, employés et agents à respecter strictement le mot d’ordre de grève et à contribuer à sa réussite. Et ce, afin de défendre les revendications professionnelles et sociales des travailleurs.

Par ailleurs, la fédération invite les salariés du Grand Tunis à participer massivement à un rassemblement prévu le mardi 23 juin 2026 à partir de 9 heures devant le siège de l’UGTT, place Mohamed Ali à Tunis. Les structures syndicales régionales ont également été appelées à assurer la mobilisation dans les différentes régions du pays.

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Banques et assurances : Le dialogue rompu, la grève de trois jours confirmée

Le bras de fer entre les syndicats et les organisations patronales du secteur financier s’intensifie. Faute d’accord sur les augmentations salariales et après plusieurs mois de négociations infructueuses, les employés des banques, établissements financiers et compagnies d’assurance observeront une grève générale de trois jours à partir du 23 juin.

La Fédération générale des banques, des établissements financiers et des compagnies d’assurance, relevant de l’UGTT, a confirmé ce lundi le maintien de la grève sectorielle prévue les 23, 24 et 25 juin 2026.

Cette décision intervient après l’échec des dernières tentatives visant à relancer les négociations avec le Conseil bancaire et financier ainsi qu’avec la Fédération tunisienne des sociétés d’assurance. Pour les syndicats, le dialogue social est désormais dans une impasse.

Plusieurs mois de tensions

Le conflit ne date pas d’aujourd’hui. Depuis plusieurs mois, les relations entre les partenaires sociaux du secteur bancaire et des assurances se détériorent autour de la question des augmentations salariales et du renouvellement des accords sociaux.

Une première alerte avait déjà été donnée en novembre 2025 avec une grève générale de deux jours largement suivie dans les banques et les institutions financières. Malgré plusieurs réunions et tentatives de rapprochement, aucun compromis n’a permis de mettre fin au différend.

Début juin, la fédération syndicale avait annoncé une nouvelle escalade en programmant une grève de trois jours, estimant que les négociations étaient au point mort.

Les augmentations salariales au cœur du conflit

Au centre du bras de fer figure l’application des augmentations salariales au titre de l’année 2025.

Les représentants syndicaux considèrent que l’interruption des négociations constitue une violation des engagements prévus par la convention collective sectorielle et par les mécanismes habituels du dialogue social.

La fédération juge également insuffisantes les propositions avancées par la partie patronale, qui porteraient sur des augmentations mensuelles comprises entre 70 et 100 dinars.

Pour les syndicats, ces montants ne reflètent ni l’évolution du coût de la vie ni les performances économiques enregistrées par les établissements financiers ces dernières années.

Les bénéfices du secteur alimentent les revendications

Les responsables syndicaux s’appuient notamment sur les résultats financiers du secteur pour défendre leurs revendications.

Selon les données évoquées lors des précédentes négociations, les banques tunisiennes ont enregistré en 2024 un résultat net global de 1,6 milliard de dinars, en hausse de près de 12% par rapport à l’année précédente.

Pour la fédération, ces performances démontrent la capacité du secteur à répondre aux revendications salariales des employés.

Un autre dossier continue également d’alimenter les tensions : celui des crédits accordés aux salariés des banques. Les syndicats dénoncent le refus de certaines mesures destinées à alléger les charges financières supportées par les employés du secteur.

Trois jours de perturbations en perspective

Sauf reprise de dernière minute des discussions, les banques, établissements financiers et compagnies d’assurance devraient connaître trois journées de fortes perturbations à partir de mardi.

Cette mobilisation pourrait marquer une nouvelle étape dans le conflit social qui oppose depuis plusieurs mois les syndicats aux organisations patronales. La fédération syndicale a d’ailleurs averti que d’autres mouvements de protestation pourraient suivre si aucune avancée concrète n’est enregistrée sur les revendications en suspens.

Les prochains jours s’annoncent donc décisifs pour un secteur stratégique de l’économie tunisienne, où le dialogue social semble aujourd’hui plus fragilisé que jamais.

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Retraites : lancement du versement des pensions à la veille de la grève des banques

La Caisse nationale de retraite et de prévoyance sociale (CNRPS) a annoncé, lundi 22 juin 2026, le démarrage du versement des pensions de retraite au titre du mois de juin. Dans un communiqué, la caisse indique que les pensions versées par virement bancaire ont commencé à être créditées dès ce lundi 22 juin 2026. Pour...

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CNSS | Les pensions de retraite versées avant la grève des banques

La Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) a annoncé que le versement des pensions débutera ce lundi 22 juin 2026 et ce, avant la grève de trois jours qui sera menée, les 23, 24 et 25 juin, par les employés des banques, des établissements financières et des compagnies d’assurance.

Ces derniers, regroupés au sein de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), avaient déjà observé une grève les 3 et 4 novembre 2025, pour les mêmes revendications, qui n’ont pas été satisfaites. Ils réclament une augmentation de salaire pour 2025 et l’ouverture de négociations avec le Conseil bancaire et financier (CBF) et la Fédération tunisienne des compagnies d’assurance (Ftusa) pour l’amélioration de leurs conditions générales de travail.

I. B.

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Tunisie | Maintien de la grève des banques et des établissements financiers

Le département du secteur public et des entreprises publiques de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a publié, ce lundi 22 juin 2026, un communiqué où il tient le Conseil bancaire et financier (CBF) pleinement responsable des tensions et des troubles actuels dans le secteur, résultant de l’impasse des négociations. (Photo: Meeting des employés des banques le 3 novembre 2025 devant le siège de l’UGTT à Tunis).

Le département a jugé légitime la grève prévue les 23, 24 et 25 juin par les employés des banques, des établissements financiers et des sociétés d’assurance, grève à laquelle ils affirment avoir été contraints par l’impasse où se sont trouvées les négociations et l’absence de toute véritable volonté de dialogue. Les dirigeants syndicaux ont appelé le CBF à assumer ses responsabilités nationales et à abandonner sa politique d’évitement en ouvrant un dialogue sérieux et responsable qui garantisse les droits et préserve l’équilibre.

Les tensions actuelles dépassent le simple conflit sectoriel et soulèvent la question du respect des droits syndicaux et de l’avenir du dialogue social dans notre pays, ont conclu les syndicalistes dans leur communiqué.

Rappelons que les employés du secteur bancaire et financier ont observé une première grève nationale les 3 et 4 novembre 2025, en soulignant, à l’appui de leur mouvement, la dégradation de leurs conditions sociales et la baisse de leur pouvoir d’achat. Mais leurs revendications, notamment les augmentations salariales, n’ont pas été satisfaites.

I. B.

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Banques et assurances : la grève des 23, 24 et 25 juin est maintenue

La Fédération générale des banques, des établissements financiers et des compagnies d’assurance, relevant de l’UGTT, a réaffirmé vendredi son attachement au droit syndical et au droit de grève, à quelques jours du mouvement sectoriel prévu les 23, 24 et 25 juin 2026. Cette mobilisation intervient dans un contexte de blocage des négociations sociales relatives aux augmentations salariales.

Dans un communiqué, la fédération a exprimé sa « profonde préoccupation » face aux pratiques et pressions qui auraient accompagné les préparatifs de cette grève sectorielle. Elle dénonce notamment des tentatives visant à influencer la liberté des employés dans le choix de leurs positions et dans l’expression de leur engagement syndical en toute indépendance.

Selon l’organisation syndicale, de telles pratiques constituent une atteinte au principe de la liberté syndicale ainsi qu’aux garanties encadrant l’exercice de l’action syndicale, telles que consacrées par la Constitution, la législation en vigueur et les normes internationales du travail.

La fédération a appelé à la mise en place de toutes les garanties juridiques et organisationnelles nécessaires afin de permettre aux travailleurs d’exercer leurs droits syndicaux dans un climat de liberté et de dignité. Elle a également exhorté ses adhérents à respecter les dispositions légales et réglementaires encadrant la grève et à y participer de manière « consciente et responsable ».

Pour rappel, la Fédération générale des banques, des établissements financiers et des compagnies d’assurance avait annoncé un mouvement de grève sectorielle de trois jours, du 23 au 25 juin 2026, pour protester contre l’enlisement des négociations sociales portant sur les revalorisations salariales.

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Tribune – Après le sursaut souverain et l’alerte RH : L’IMIB comme boussole de la performance

Dans nos récentes contributions ici même, nous appelions d’abord à faire des banques publiques le levier de notre souveraineté numérique, avant de démontrer comment l’immobilisme RH menaçait de faire dérailler le bras armé financier de l’État dans le cadre du Plan 2026-2030. Il convient aujourd’hui de dépasser le stade du diagnostic. Face à l’acquisition frénétique de briques technologiques exogènes et au déni persistant du capital humain, le secteur financier tunisien doit opérer une rupture opérationnelle. L’Indice de Maturité IA Bancaire (IMIB) s’impose désormais comme une boussole capable de traduire nos alertes en un outil de pilotage de notre performance et de notre autonomie réelle.

 

Comme nous l’affirmions récemment, l’un des plus grands dangers qui guettent nos structures publiques est leur propension à s’enfermer elles-mêmes dans des logiques bureaucratiques d’auto-préservation. Dans le secteur bancaire, cet enfermement prend une forme particulièrement insidieuse : celle du fétichisme de l’infrastructure. Pour s’auto-convaincre de leur modernisation, nos institutions affichent des budgets d’investissement spectaculaires : migration vers le Cloud, refonte des Core Banking Systems (CBS) ou déploiement de modules d’IA générative.

 

Lire aussi : Tribune – Banques publiques tunisiennes à l’horizon 2030 : le levier de la souveraineté numérique

 

Pourtant, un examen approfondi de l’efficience opérationnelle post-intégration révèle un paradoxe flagrant. Les coûts d’exploitation augmentent, les circuits décisionnels s’allongent et la valeur ajoutée réelle peine à se matérialiser. Ce dysfonctionnement structurel démontre que l’on ne brise pas l’immobilisme en achetant simplement de la technologie « Plug-and-Play ». Superposer des couches logicielles de pointe sur des processus organisationnels obsolètes et des architectures silotées ne fait qu’automatiser la bureaucratie existante. La technologie ne crée pas de la performance par sa seule présence ; elle ne fait qu’amplifier l’efficacité (ou l’inefficacité) de la structure qui l’accueille. Prétendre que l’urgence opérationnelle ou le manque de temps nous imposent d’installer ces outils à la hâte, sans audit préalable de notre réceptivité, revient à justifier le financement à fonds perdus d’une modernisation de façade.

 

Du mythe du rattrapage à la réalité de la maturité : qu’est-ce que l’IMIB ?

C’est précisément ici que se dissipe l’« illusion du rattrapage » que nous dénoncions il y a quelques jours. Vouloir enfermer le secteur financier tunisien dans une course effrénée pour combler un « retard numérique » théorique est une erreur stratégique. Cette vision pousse nos banques à acquérir des solutions exogènes standardisées à un rythme qu’elles ne peuvent absorber. Tout en occultant la seule question qui vaille : celle de notre capacité réelle d’assimilation. C’est pour rompre avec cette logique de consommation passive qu’intervient l’IMIB (Maturity Index for Banking Intelligence).

Que l’on ne s’y trompe pas : l’IMIB n’est pas une contrainte bureaucratique ou réglementaire de plus venant alourdir un secteur financier déjà sur-audité. Bien au contraire, il s’agit d’une police d’assurance contre le gaspillage de nos capitaux. Délaissant le contrôle de conformité formel pour une véritable culture de la preuve, l’IMIB est une matrice de diagnostic sectoriel qui évalue la viabilité d’une institution financière à travers quatre axes fondamentaux. A savoir :

La Maturité des Données (Data Readiness) : l’indice mesure l’intégrité, la traçabilité et la centralisation des données de la banque. Si les données sont silotées ou non qualifiées, l’IA la plus avancée ne produira que des prévisions erronées.

L’Autonomie Technologique (Vendor Lock-in Risk) : il jauge le degré de dépendance de la banque vis-à-vis des éditeurs étrangers. Une banque mature doit pouvoir auditer, paramétrer et faire évoluer ses modèles sans dépendre du bon vouloir technique ou tarifaire d’un tiers.

L’Agilité Managériale (Operational Agility) : il évalue la perméabilité des structures d’exécution. L’indice sanctionne la lourdeur des circuits de décision et valide la capacité de l’organisation à déployer des innovations en cycles courts.

La Rétention du Capital Humain (Talent Sustainability) : il audite la capacité de l’institution à intégrer, valoriser et stabiliser ses compétences critiques (Data Scientists, architectes Cloud, experts en cybersécurité) au sein de ses grilles managériales.

En mesurant ces dimensions, l’IMIB ne s’intéresse plus à ce qu’une banque dépense pour « rattraper » ses concurrents, mais à sa capacité structurelle et humaine à transformer un investissement technologique en levier de performance net.

 

Lire également — Plan de développement 2026-2030 : pourquoi l’immobilisme RH va faire dérailler le bras armé financier de l’État

 

La gouvernance des données et le risque de subordination algorithmique

Le cœur de la souveraineté financière nationale se joue désormais dans la couche invisible des flux de données. À l’ère de l’intelligence artificielle, se contenter d’un rattrapage de façade en externalisant aveuglément le stockage ou le traitement de ces informations critiques équivaut à une cession de souveraineté opérationnelle. Il ne s’agit pas ici de prôner une autarcie technologique ou un protectionnisme rétrograde – aucune institution au monde ne développe ses infrastructures de zéro -, mais bien de refuser une vassalisation algorithmique totale vis-vis des intégrateurs et géants de la Tech étrangers.

Si les modèles qui évaluent le risque de crédit, détectent la fraude ou modélisent le comportement des agents économiques tunisiens, sont des boîtes noires dont nous ne maîtrisons ni le code source, ni la logique décisionnelle, nos banques s’exposent à une vulnérabilité majeure. La maturité exige une maîtrise absolue de la chaîne de valeur de la donnée. L’IMIB permet d’auditer cette étanchéité en mesurant la capacité d’une banque à concevoir des modèles d’apprentissage adaptés aux spécificités de l’économie locale. Sans cette autonomie technique, le secteur financier national s’expose à un risque de subordination où les décisions de financement stratégiques seront dictées par des biais importés, totalement déconnectés des réalités de notre tissu entrepreneurial régional.

 

Le capital humain comme actif technologique n°1

L’indicateur le plus critique de l’IMIB, et le véritable point de convergence de toutes nos analyses précédentes, reste le facteur humain. Ici surgit souvent l’objection de la prudence administrative : face à l’argent public et aux risques de fraude, les structures pyramidales et les comités pléthoriques seraient des remparts nécessaires. C’est confondre le contrôle et la paralysie. La dilution généralisée de la responsabilité à travers des comités redondants n’a jamais protégé une institution ; elle protège simplement le gestionnaire contre le risque d’exercer sa signature, tout en étouffant l’innovation.

Il existe une contradiction intenable à vouloir introduire des technologies de rupture en maintenant ces circuits paralysés par la méfiance systémique. Les experts de la Tech, les architectes Cloud et les Data Scientists exigent de l’agilité, de l’autonomie et une trajectoire d’évolution dynamique. Face à l’exode massif de cette élite vers l’Europe ou le Golfe, invoquer le fatalisme macroéconomique du différentiel salarial est une capitulation managériale commode. Le salaire est souvent le prétexte du départ, mais le manque de considération, la lourdeur des processus et le sentiment d’inutilité professionnelle en sont les déclencheurs réels. En refusant de moderniser notre gouvernance des talents sous prétexte que nous ne pouvons pas rivaliser avec les devises étrangères, nous acceptons passivement de subventionner à fonds perdus la transformation numérique de l’Occident avec l’argent du contribuable tunisien.

L’heure n’est plus aux indignations stériles sur le conservatisme des structures, ni aux investissements cosmétiques dictés par les effets de mode. Les conseils d’administration de nos institutions financières doivent urgemment intégrer la maturité technologique et algorithmique au cœur de leurs rapports de gestion annuels, non pas comme un indicateur technique secondaire, mais comme le pilier central de leur viabilité économique à long terme.

 

Continuer à ignorer le diagnostic de vérité de l’IMIB, c’est condamner nos banques à financer à fonds perdus une modernisation de façade. Tout en acceptant passivement une dépendance technologique et managériale qui hypothèque notre souveraineté économique nationale.

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Les opinions exprimées dans cette tribune reflètent une analyse économique et technique personnelle et n’engagent que leur auteur. 

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L’aversion accrue au risque des banques privées tunisiennes

Dans cet article publié sur son blog, intitulé «Capitaliser sur la liquidité des banques privées pour financer l’économie», l’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE) propose une analyse approfondie des mécanismes qui freinent le financement des PME, décrypte les impacts macroéconomiques sur la croissance et l’inflation, et explore les pistes pour faire de la gestion des risques un véritable levier de relance.

Le rôle fondamental du système bancaire est de faire de l’intermédiation financière pour soutenir l’investissement productif et la création d’emplois. Pourtant, en Tunisie, un décalage marquant s’installe : alors que les banques publiques maintiennent un fort niveau d’engagement auprès des structures étatiques, les banques privées affichent un ratio crédits/dépôts particulièrement faible (67,4% à fin juin 2025), et ce, malgré un excellent niveau de liquidité réglementaire.

Pourquoi nos banques privées ne capitalisent-elles pas sur cet excès de liquidité pour financer le secteur privé ? Entre le poids des financements directs accordés au Trésor public, une aversion accrue au risque face à la conjoncture et le maintien de marges d’intermédiation élevées, les facteurs de ce blocage de l’offre sont multiples.

Dans son article, l’IACE propose une analyse approfondie des mécanismes qui grippent le financement des PME, décrypte les impacts macroéconomiques sur la croissance et l’inflation, et explore les pistes pour faire de la gestion des risques un véritable levier de relance.

Le Trésor public accapare les liquidités bancaires

    Les banques ont essentiellement pour rôle de faire de l’intermédiation financière entre agents à excédent d’épargne et agents à déficit, en utilisant l’épargne des premiers, généralement sous forme de dépôts à court et moyen terme, pour financer les besoins d’investissement des entreprises. Un excès d’intermédiation veut dire un risque élevé pour les banques en cas de panique et de retraits massifs de déposants.

    À l’opposé, une sous-intermédiation signifie un manque de financement qui risque de freiner la croissance de l’économie et la création d’emplois.

    En Tunisie, à première vue, le système bancaire paraît bien diversifié, comptant 23 banques résidentes, y compris d’importantes banques publiques (la STB, BH Bank, BNA, la BTS spécialisée dans les microcrédits, et la Banque de financement des PME), en plus de 13 banques privées et mixtes, et 3 banques islamiques. Mais leur encours de crédit au secteur privé laisse à désirer.

    En effet, le crédit aux entreprises privées dans le secteur de l’industrie n’a augmenté que de 0,1% en 2023 avant de tourner en négatif (-0,3%) en 2024, alors que pour les services, le taux d’augmentation a été respectivement de 2,7% et 2,6 %.

    Le Rapport de supervision bancaire 2024, publié par la BCT, explique ce phénomène par «un ralentissement continu de la demande de financement en rapport avec la persistance de la conjoncture économique difficile et ses répercussions sur les entreprises».

    Toutefois, la faiblesse de la demande de crédits n’explique pas tout, ce qui nécessite une analyse du côté de l’offre du système bancaire.

    Les ressources des banques proviennent essentiellement des dépôts. Sur ce plan, le taux de transformation crédits/dépôts a connu une tendance à la baisse, de 120% avant la pandémie en 2019 (ce qui correspond au maximum réglementaire permis par la BCT), pour atteindre 101,4% en 2023, et la baisse a continué durant la période 2024-2025 selon les données du Bulletin des statistiques financières de la BCT (octobre 2025). Toutefois, ce ratio reste élevé en Tunisie à 96,2% en août 2025, grâce à la dominance des banques publiques, alors que dans des pays où le secteur bancaire appartient essentiellement au privé, comme la France et le Maroc, ce taux est de 91,4% et 89,2%, respectivement.

    Ceci nous conduit au cœur du problème tunisien : les banques publiques continuent à prêter aux entreprises et offices étatiques, ce qui explique un ratio crédit/dépôts pour les trois principales banques publiques de l’ordre de 101,7 % à la fin de décembre 2023 et 97,3 % fin juin 2025.

    À l’opposé, il en va de même pour les trois principales banques privées où le ratio a été nettement plus faible, baissant de 69,4% à 67,4%, durant la même période.

    Ce niveau alarmant pose la question : pourquoi le ratio de transformation est-il trop faible chez nos banques privées, surtout que la liquidité est suffisante.

    En fait, l’indicateur de taux de couverture de liquidité (Liquidity Coverage Ratio-LCR), défini comme étant le ratio du stock d’actifs liquides de haute qualité sur les sorties nettes de trésorerie sur un horizon de 30 jours dans une situation de tension (la valeur estimée des retraits massifs des clients de la banque + les engagements de financement que la banque doit honorer – les entrées de fonds attendues), doit dépasser 100 % selon les accords de Bâle III, suite à la crise financière de 2008.

    En Tunisie, ce minimum réglementaire est largement dépassé, atteignant 138,3% à fin 2025 pour les trois principales banques privées.

    Par conséquent, on peut affirmer avec certitude que nos banques privées ne capitalisent pas sur l’excès de liquidité disponible pour offrir plus de crédit aux entreprises privées.

    Retrait des banques du financement de l’économie productive

    La première explication de cette énigme est la loi n° 10-2024 du 7 février 2024, qui a demandé à la BCT d’accorder des facilités au profit du Trésor public pour un montant de 7 milliards de dinars, une demande qui a été renouvelée avec la loi de finances 2025 et le projet de loi de finances pour 2026,qui a autorisé la BCT à accorder au Trésor public des facilités de financement d’un montant record de 11 milliards de dinars, à zéro intérêt, avec 3 ans de période de grâce et une durée de remboursement de 15 ans. Il est clair que de tels montants limitent la capacité de la BCT d’accorder autant de financement aux banques qu’auparavant.

    La deuxième explication réside dans l’aversion accrue au risque des banques privées dans un contexte économique marqué par une croissance faible, une incertitude élevée et un volume important de créances douteuses.

    Face à des procédures de recouvrement longues et coûteuses, les banques adoptent une politique de crédit plus restrictive, privilégient les garanties réelles (hypothèques, cautions personnelles) et limitent leur exposition aux PME, perçues comme plus risquées.

    La troisième explication tient au maintien de marges d’intermédiation élevées. Les banques peuvent soit orienter leurs ressources vers le financement de l’État à travers la souscription aux Bons du Trésor, soit conserver une marge bancaire de l’ordre de 4 % ou plus. Cela se traduit par des taux d’intérêt du crédit aux PME avoisinant 11 %, alors que le TMM est autour de 7 %, ce qui renchérit le coût du financement pour le secteur privé et freine l’investissement productif. Ces contraintes sur l’offre de crédit ne sont pas sans conséquences sur la dynamique macroéconomique.

    La croissance économique reste par ailleurs faible, de l’ordre de 2,5% en 2025, même si elle a connu une augmentation par rapport à 1,4% en 2024.

    Pour les prix, toutefois, l’impact reste ambigu. D’un côté, le manque de crédit et, par conséquent, le renchérissement de son coût, poussent les entreprises à augmenter les prix. Mais d’un autre côté, la baisse de la demande globale limite une telle tendance, surtout que l’économie tunisienne s’est trouvée ces dernières années dans un contexte de taux d’intérêt élevés, dus à la politique monétaire restrictive de la Banque centrale. Ce qui explique le ralentissement du taux d’inflation de 9,3% en 2023 à 7,0% en 2024, et à 5,3% en 2025.

    La Banque centrale doit encourager les banques privées à renforcer leurs capacités de gestion du risque, tout en veillant à ce que cette prudence ne se traduise pas par un retrait du financement de l’économie productive.

    L’objectif est de promouvoir une approche équilibrée, où une meilleure évaluation et gestion des risques permettrait justement de faciliter l’accès au crédit pour les entreprises opérant dans les secteurs porteurs, plutôt que de le restreindre. En ce sens, l’enjeu n’est pas d’opposer gestion du risque et financement de l’économie, mais de faire de la première un levier pour soutenir le second.

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    FTAPME : le recul des chèques, signe de modernisation et non de crise économique

    Selon une lecture publiée par la page officielle de la Fédération tunisienne des artisans et des petites et moyennes entreprises (FTAPME), la baisse marquée de l’usage des chèques en Tunisie ne reflète pas un ralentissement de l’activité économique. Les données du premier trimestre 2026, appuyées par les statistiques de la Banque centrale de Tunisie, indiquent plutôt une transformation structurelle des moyens de paiement et une accélération de la digitalisation du système financier.

    Un recul du chèque compensé par la montée des autres moyens de paiement

    Entre le premier trimestre 2023 et celui de 2026, l’utilisation des chèques en Tunisie a chuté de manière importante, passant de 11,45 millions à environ 3,39 millions d’opérations. Cette évolution a alimenté l’idée d’un possible ralentissement économique.

    Cependant, les autres indicateurs montrent une dynamique inverse. Les virements bancaires ont progressé de 15,7 %. Les effets de commerce ont connu une hausse exceptionnelle de plus de 200 %. Tandis que les paiements électroniques et mobiles ont enregistré des croissances significatives, respectivement de plus de 34 % et 67 %. Le commerce électronique continue également de se développer avec une augmentation du nombre de plateformes actives. Ainsi, les transactions économiques ne diminuent pas : elles changent simplement de support et de canal.

    Lire aussi — Tunisie : les paiements mobiles ont bondi de 67 %

    Une activité économique qui continue de circuler dans le système bancaire

    Les données de compensation bancaire confirment cette dynamique globale. Les virements atteignent près de 19,58 milliards de dinars en valeur. Tandis que les effets de commerce enregistrent également une progression notable, tant en volume qu’en valeur.

    Ces chiffres montrent que la circulation de la liquidité dans l’économie tunisienne reste active. Le système financier ne subit pas une contraction de l’activité, mais une recomposition de ses outils de paiement. Cette évolution s’inscrit dans une tendance plus large de modernisation et de digitalisation, portée par la Banque centrale de Tunisie et par les transformations des comportements économiques des entreprises et des particuliers.

    Une lecture économique qui dépasse la seule réforme des chèques

    Toujours selon la lecture publiée par la Fédération tunisienne des artisans et des petites et moyennes entreprises, attribuer les difficultés économiques actuelles à la seule réforme du chèque serait une analyse réductrice.

    L’économie tunisienne fait face depuis plusieurs années à des contraintes structurelles profondes : difficultés d’accès au financement, niveaux élevés des taux d’intérêt, retards de paiement, pression fiscale et poids de l’économie informelle. Ces facteurs existaient bien avant la réforme du chèque et continuent d’influencer la dynamique des entreprises.

    Lire également — Tunisie : quand l’inflation et la pression fiscale annulent l’effet des augmentations salariales

    Dans ce contexte, la baisse de l’utilisation du chèque s’inscrit davantage dans un processus de modernisation du système financier que dans une cause directe de ralentissement économique. Elle s’accompagne au contraire d’une montée des paiements électroniques, du mobile banking et des virements bancaires.

    Les données disponibles, ainsi que l’analyse de la FTAPME, convergent vers un même constat : la Tunisie ne connaît pas un ralentissement économique causé par la disparition progressive des chèques, mais une mutation profonde de ses moyens de paiement.

    Le défi principal ne réside donc pas dans un retour en arrière, mais dans l’accompagnement de cette transition par des solutions de financement adaptées aux PME, capables de soutenir l’investissement, la liquidité et la croissance économique.

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    Tunisie : Grève de trois jours annoncée dans les banques et les assurances

    Le secteur bancaire et celui des assurances connaîtront une grève générale les 23, 24 et 25 juin 2026. Les syndicats dénoncent la rupture des négociations sociales et réclament l’application des augmentations salariales au titre de 2025.

    Un bras de fer social qui s’inscrit dans la durée

    Cette nouvelle montée de tension intervient dans la continuité d’un conflit social engagé depuis plusieurs mois dans les banques, les institutions financières et les compagnies d’assurance.

    En novembre 2025, le secteur avait déjà connu une grève générale de deux jours à la suite de l’échec des négociations salariales entre les organisations syndicales et patronales. Malgré plusieurs tentatives de reprise du dialogue depuis, aucun accord durable n’a permis de désamorcer les tensions.

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    Des revendications centrées sur les salaires

    Selon le Secrétaire général de la fédération des banques et institutions financières relevant de l’UGTT, Sami Salhi, une conférence de presse tenue ce mardi au siège de la centrale syndicale, a débouché sur cette mobilisation, qui vise à obtenir la reprise des négociations sociales et l’application des augmentations salariales pour 2025.

    La partie syndicale estime que la suspension des discussions constitue une violation de la législation en vigueur ainsi que de la convention collective sectorielle.

    Elle juge également que les propositions patronales actuellement avancées — comprises entre 70 et 100 dinars d’augmentation mensuelle — restent largement insuffisantes au regard des performances financières du secteur.

    Un secteur bancaire jugé très rentable

    Les syndicats s’appuient sur les résultats récents des établissements bancaires pour appuyer leurs revendications. Selon les données de supervision bancaire disponibles de la Banque centrale de Tunisie, le résultat net du secteur avait atteint 1,6 milliard de dinars en 2024, en hausse de 11,9%, avec un produit net bancaire global de 8 035 millions de dinars.

    Pour la fédération, ce niveau de rentabilité rend difficilement acceptable une revalorisation limitée à 70-100 dinars par mois.

    Un autre point de blocage sur les crédits aux employés

    Le communiqué syndical évoque également un différend lié à l’application de l’article 412 du Code de commerce relatif aux crédits accordés aux employés des banques.

    La fédération accuse certaines parties patronales de refuser des mesures visant à alléger les charges financières supportées par les salariés du secteur, malgré les bénéfices enregistrés par les établissements bancaires.

    Vers de nouvelles actions de protestation

    La fédération prévient enfin qu’une série de mouvements de protestation pourrait suivre cette grève, en cas d’absence d’accord sur les revendications en cours.

    Les employés du secteur bancaire et financier réaffirment leur rejet de toute proposition jugée insuffisante et maintiennent la pression sur les organisations patronales et les autorités de régulation.

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