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Plan 2026-2030 : PME et artisans réclament moins de bureaucratie et plus de financements

Les représentants de la Fédération tunisienne des artisans et des PME ont plaidé, mardi, devant la commission des plans de développement et des grands projets à l’ARP, pour une simplification des procédures administratives, un meilleur accès au financement et une plus grande stabilité fiscale, dans le cadre des consultations sur le plan de développement 2026-2030.

Ils ont souligné que les PME, qui constituent l’essentiel du tissu économique national, sont confrontées à de nombreuses difficultés, notamment l’accès limité au crédit en raison des exigences élevées en matière de garanties bancaires. Les intervenants ont également dénoncé la lourdeur des procédures administratives et l’inadaptation de certaines législations aux évolutions économiques.

La fédération a par ailleurs alerté sur les effets négatifs des changements fréquents de la fiscalité, de la concurrence de l’économie informelle, de l’exportation de matières premières à faible valeur ajoutée et des insuffisances logistiques dans les régions de l’intérieur.

De leur côté, plusieurs députés ont appelé à des réformes concrètes pour améliorer le climat des affaires, faciliter le financement des PME et renforcer leur contribution à l’emploi, au développement régional et à la croissance économique.

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Plan de développement 2026-2030 : Moez Soussi salue l’ambition mais s’interroge sur les moyens

Invité d’Express FM mardi 23 juin 2026, l’économiste Moez Soussi a livré une première lecture du projet de Plan de développement 2026-2030. Si l’universitaire a reconnu l’importance du travail réalisé et la richesse du contenu, il a exprimé également plusieurs réserves, notamment sur le mode de financement des investissements, la place accordée au secteur privé...

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Plan de développement 2026-2030 : feu vert du gouvernement

Le gouvernement tunisien a franchi une étape décisive dans la définition de sa feuille de route économique. Réuni lundi 15 juin 2026 au Palais du gouvernement à La Kasbah, et présidé par la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, le Conseil des ministres a examiné et approuvé le projet de loi relatif au Plan de développement 2026-2030, document structurant qui engagera la politique économique et sociale du pays pour les cinq prochaines années.

Le document du Plan s’articule autour de trois parties principales : les orientations générales et les objectifs de développement, le développement territorial et les politiques de développement. Il fixe cinq grandes orientations stratégiques couvrant la justice sociale, l’équilibre territorial, le renforcement du tissu économique, la sécurité alimentaire, hydrique et énergétique, ainsi que la modernisation du cadre institutionnel.

Sur le plan méthodologique, ce Plan marque une première dans l’histoire de la planification tunisienne : il a été élaboré selon une approche ascendante, partant du niveau local vers le niveau régional, puis des districts, pour aboutir au plan national. Les rapports issus des conseils locaux, régionaux et de district ont ainsi alimenté les orientations définitives du document.

Réduire les disparités et moderniser l’économie

Parmi les priorités affichées figurent la réduction des taux de pauvreté et de vulnérabilité, le renforcement des systèmes de protection sociale et l’égalité des chances dans l’accès à l’éducation, à la santé, à l’emploi et au logement. Le Plan prévoit également le développement des infrastructures de base – ports, routes – ainsi que le soutien aux secteurs à forte valeur ajoutée et la promotion de l’innovation et de la recherche.

 

Lire aussi : Plan de développement 2026-2030… pour une économie forte, résiliente et équitable

 

La sécurité alimentaire, hydrique et énergétique constitue un autre axe central, avec un accent mis sur la durabilité des ressources en eau, le renforcement de l’indépendance énergétique et la préservation de l’environnement et de la biodiversité. La réforme des entreprises et structures publiques, ainsi que l’amélioration des performances de l’administration, complètent le dispositif.

Un mécanisme de suivi…

Pour assurer le suivi de la mise en œuvre, le texte prévoit un mécanisme d’évaluation périodique comprenant un rapport annuel intégré au budget économique et un rapport d’évaluation à mi-parcours. Ce dispositif vise à permettre des ajustements en fonction des évolutions conjoncturelles et des mutations géostratégiques mondiales identifiées dans le document comme facteurs de risque – notamment la volatilité des prix de l’énergie, des denrées alimentaires et des matières premières, ainsi que les transformations des marchés du travail.

Le projet de loi sera désormais soumis au circuit législatif en vue de son adoption définitive.

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Plan de développement 2026-2030 : pourquoi l’immobilisme RH va faire dérailler le bras armé financier de l’État

Le Plan de développement 2026-2030 de la Tunisie affiche des ambitions sectorielles claires, adossées à des indicateurs chiffrés et des trajectoires de croissance volontaristes. Pourtant, un angle mort systémique menace de gripper la mise en œuvre de ces projections. Ce talon d’Achille ne réside ni dans l’accès aux lignes de crédit, ni dans l’absence de visions technologiques, mais dans une faillite structurelle trop souvent passée sous silence : la gouvernance de notre capital humain.

 

Le cas d’école des banques publiques est, à cet égard, des plus révélateurs. Supposées être le fer de lance de la politique financière de l’État et le principal vecteur d’exécution de la relance économique, nos institutions financières souveraines s’enferment aujourd’hui dans une crise de gestion des ressources humaines (RH) qui paralyse leur propre transformation.

 

L’illusion technologique face au défi de la souveraineté numérique

Une erreur d’évaluation fondamentale persiste dans le débat économique national : celle de confondre la modernisation d’une institution avec l’accumulation de ses dépenses technologiques. On ne compte plus les milliards investis dans l’acquisition de core banking étrangers ou les déclarations d’intention sur l’intégration de l’intelligence artificielle à l’horizon 2030.

Or, une véritable stratégie d’IA souveraine ne peut se réduire à l’achat de solutions clés en main sur étagère, qui ne font qu’accentuer notre dépendance technologique. La technologie sans les compétences internes pour la gouverner n’est qu’une illusion de rattrapage. En privilégiant l’intégration de boîtes noires externes, sans valoriser ni ancrer un socle d’expertise local, la gouvernance de nos banques publiques s’asphyxie. Injecter des budgets colossaux dans des outils de pointe tout en maintenant des grilles indiciaires, des modes de décision et des structures d’avancement d’un autre âge crée un décalage intenable. Le constat terrain est sans appel : nos structures financières s’enferment elles-mêmes dans leurs propres contradictions administratives.

Lire aussi – Plan de développement 2026-2030 : Kaïs Saïed place les priorités citoyennes au cœur de l’action

Le coût de l’immobilisme et l’effondrement de la « Tunisie Software »

Pour déclencher le sursaut économique dont le pays a besoin, l’émergence d’une Tunisie Software – un écosystème national fort, basé sur l’innovation, la maîtrise du code et l’intelligence artificielle – est un impératif de souveraineté. Les banques publiques devraient en être le premier client, le premier incubateur et le premier protecteur.

Malheureusement, dans un marché financier hautement concurrentiel, l’immobilisme en matière de gestion des ressources humaines produit l’effet inverse. C’est le risque managérial le plus coûteux pour la collectivité.

Pendant que les directions générales se figent dans une culture de l’évitement et un contrôle procédural stérile, les compétences clés s’échappent. Nos ingénieurs, nos experts de la data, nos analystes financiers et nos managers SI les plus brillants ne quittent pas seulement le secteur public pour des motifs strictement financiers. Ils fuient des structures où l’initiative est perçue comme un risque et le statu quo comme une protection.

Comment l’État peut-il piloter un plan de développement stratégique si son bras armé financier se vide méthodiquement de sa substance grise ? Comment assurer la transition d’un État gestionnaire vers un État stratège si nos fleurons bancaires perdent l’indépendance technique nécessaire pour maîtriser leurs propres choix technologiques ?

 

Faire sauter le triple verrou institutionnel

Le sursaut économique de la Tunisie ne se jouera pas dans le confort des rapports d’experts, mais sur le terrain de l’exécution opérationnelle. Pour que le Plan 2026-2030 se traduise par des résultats tangibles, la refonte de la gouvernance RH au sein des banques publiques doit cesser d’être une variable d’ajustement pour devenir le chantier prioritaire.

Il est désormais urgent de faire sauter ce triple verrou institutionnel qui lie la rigidité administrative, l’inertie décisionnelle et la fuite des cerveaux. Cela impose des ruptures claires :

– Substituer à la culture de l’évitement une véritable gouvernance de la performance, basée sur l’évaluation objective et la responsabilité managériale.

– Déplafonner et repenser la valorisation des compétences techniques et stratégiques internes pour aligner les institutions publiques sur les réalités du marché de l’emploi technologique et financier.

– Placer le capital humain au cœur de la stratégie d’entreprise en transformant les directions RH – aujourd’hui cantonnées à une gestion administrative des carrières et des échelons – en de véritables pôles de développement des talents, capables de piloter notre transition numérique.

Le diagnostic est posé et le temps presse. Si l’État tunisien veut véritablement déclencher son sursaut économique et garantir sa souveraineté numérique, il doit commencer par libérer ses propres institutions de leurs verrous internes. Sans une révolution profonde de notre gouvernance humaine, le plan 2026-2030 butera inévitablement sur le mur de l’exécution.

 

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Mention: Les propos et analyses développés dans cette tribune expriment les opinions personnelles de l’auteur et n’engagent en aucun cas les institutions publiques ou bancaires auxquelles il est professionnellement rattaché.

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