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L’Italien Duferco lance un projet photovoltaïque en Tunisie

Le groupe italien Duferco a annoncé qu’il signera demain, mercredi 24 juin 2026, à Tunis, un protocole d’accord stratégique avec un important groupe tunisien, dont il n’a pas cité le nom, pour développer de l’énergie photovoltaïque, et ce dans le cadre du Forum d’affaires et de commerce Italie-Tunisie, qui se tiendra les 24 et 25 juin dans la capitale tunisienne.

Latif Belhedi

Cet événement, parrainé, côté italien, par le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale et l’Agence pour le commerce extérieur (ICE), s’inscrit dans un contexte d’accélération significative des relations économiques bilatérales.

Antonio Gozzi, président de Duferco Italia Holding, président de Federacciai et conseiller spécial de la Confindustria pour l’autonomie stratégique européenne, le plan Mattei et la compétitivité, a déclaré à l’Agenzia Nova, que «la question majeure de l’énergie est au cœur du projet, sur lequel nous travaillons chez Duferco, en partenariat avec un grand groupe tunisien», ajoutant qu’un accord sera signé avec un opérateur tunisien pour le développement des énergies renouvelables photovoltaïques.

Selon M. Gozzi, le projet a une dimension industrielle initiale, les parties «ayant déjà signé des contrats avec des entreprises italiennes consommatrices d’énergie en Tunisie».

Le développement des énergies renouvelables pourrait être lié à Elmed, le câble à courant continu promu par Terna et la Steg, reliant Partanna (Sicile) à Mlaabi (Cap Bon, Tunisie).

Cette infrastructure aura une puissance de 600 mégawatts et une longueur d’environ 220 kilomètres, dont environ 200 kilomètres de câble sous-marin.

De bonnes perspectives dans les deux sens

Pour Gozzi, Elmed peut ouvrir des perspectives dans les deux sens. «Si de l’énergie verte peut être réimportée en Italie, cela pourrait constituer une nouvelle opportunité», a-t-il observé. Parallèlement, a-t-il ajouté, «il pourrait y avoir une opportunité d’exporter de l’électricité vers la Tunisie, car les besoins tunisiens, comme tous les besoins énergétiques, vont croître significativement dans les années à venir». Le président de Duferco Italia Holding a également souligné le rôle potentiel des entreprises italiennes énergivores. «Le consortium d’entreprises italiennes énergivores que je préside, Interconnector, a déjà fait part de sa volonté de financer un tronçon de câble en cas de besoins de financement non couverts», a-t-il déclaré. «C’est une proposition très concrète», a-t-il ajouté.

Interconnector Energy Italia est le consortium qui rassemble de grandes entreprises énergivores désireuses de renforcer la sécurité et la compétitivité de l’approvisionnement en électricité.

Ce dossier énergétique s’appuie sur une relation industrielle déjà bien établie. Pour Gozzi, la Tunisie n’est pas seulement un débouché pour les entreprises italiennes, mais aussi une plateforme de production intégrée aux chaînes d’approvisionnement européennes. «La Tunisie est un pays où le développement industriel a été très intéressant dans divers secteurs, notamment pour les industries italiennes, de la pharmacie à la sidérurgie, en passant par la construction, le ciment et, bien sûr, le textile, secteur le plus traditionnel», a-t-il déclaré.

Les entreprises italiennes implantées en Tunisie, a-t-il ajouté, «sont désormais satisfaites» de leur implantation. Les données de l’Institut national de la statistique confirment également le renforcement de l’axe économique : au cours des cinq premiers mois de 2026, les échanges bilatéraux ont atteint 9,4 milliards de dinars, soit environ 2,8 milliards d’euros.

Bilatéralité et symétrie et non néocolonialisme

Le plan Mattei comprend également la formation professionnelle et la mobilité régulière, a également déclaré M. Gozzi, en rappelant l’accord conclu entre la Confindustria, Elis, la cellule de pilotage du Palazzo Chigi et l’Université Luiss pour recenser les initiatives de formation déjà en cours dans les pays partenaires.

Elis est une organisation à but non lucratif qui œuvre pour la formation et la mise en relation des jeunes, des entreprises, des écoles et des universités. «Nous ne pouvons pas prendre le risque que ces activités soient interprétées comme du néocolonialisme», a averti M. Gozzi, insistant sur la nécessité de la «bilatéralité» et de la «symétrie» dans les programmes de formation.

Le modèle, a-t-il précisé, ne se limite pas à la Tunisie : «Il est mis en œuvre en Algérie, au Maroc, au Gabon pour le cacao, en Côte d’Ivoire et en Éthiopie.»

Le Forum tuniso-italien, qui s’ouvrira demain à Tunis, intervient dans un contexte d’accélération significative des relations économiques bilatérales : en 2025, selon les données de l’ICE, les échanges commerciaux entre l’Italie et la Tunisie ont atteint 6,5 milliards d’euros, dont 3,4 milliards d’euros d’exportations italiennes.

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Tunisie | Vers une utilisation sûre des eaux usées traitées en agriculture

La Tunisie, avec le soutien de la FAO, renforce son système de sécurité sanitaire pour la réutilisation des eaux usées traitées en agriculture, une ressource considérée comme stratégique dans un pays confronté à un stress hydrique croissant.

Un atelier consacré à l’examen du plan d’amélioration progressive de l’utilisation sûre des eaux usées traitées s’est tenu à Sousse, dans le cadre de l’Initiative régionale sur la rareté de l’eau (WSI), promue par la FAO en collaboration avec le ministère tunisien de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche et l’Office national de gestion de l’eau (Onas).

Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un projet pilote mené à Zaouiet Sousse, fondé sur la planification de la sécurité sanitaire, une méthodologie visant à identifier, évaluer et maîtriser les risques tout au long de la chaîne : de la collecte au traitement des eaux usées, du transport au stockage, jusqu’à leur utilisation en agriculture irriguée. L’objectif est de garantir une réutilisation compatible avec la protection de la santé publique, de l’environnement, des sols et des cultures.

Selon les organisateurs, la méthode adoptée fédère les principaux acteurs de la gestion des ressources : services des eaux, installations d’assainissement, secteur agricole, autorités environnementales, techniciens locaux et utilisateurs finaux.

Le projet vise également à définir les actions prioritaires, les responsabilités opérationnelles, les besoins financiers et les outils de suivi afin de rendre la réutilisation des eaux traitées plus sûre et plus reproductible.

Sinan Bacha, coordinateur national du projet WSI, a souligné que la réutilisation des eaux usées traitées est une priorité de la stratégie nationale de l’eau à l’horizon 2050.

Le gouverneur de Sousse, Soufien Tanfouri, a insisté sur l’importance des volumes produits dans la région et sur la volonté d’étendre cette expérience à d’autres régions du pays.

Cette question est cruciale pour la Tunisie, où l’agriculture demeure le principal consommateur d’eau et où les ressources conventionnelles sont de plus en plus exposées à la sécheresse, à la pression démographique et aux effets du changement climatique.

Selon le Rapport national sur le secteur de l’eau 2024, l’Onas exploitait 127 stations d’épuration et traitait 295,7 millions de mètres cubes d’eaux usées, pour un volume de production de 309 millions de mètres cubes.

Toutefois, l’utilisation agricole des eaux usées traitées reste limitée : 11,3 millions de mètres cubes en 2024, soit 3,8 % du total des eaux usées traitées.

Renforcer la sécurité sanitaire est donc une étape indispensable pour accroître la confiance des agriculteurs et des consommateurs, améliorer la qualité des effluents et transformer cette ressource encore sous-utilisée en un outil d’adaptation à la rareté de l’eau.

La Banque mondiale a inscrit la collecte, le traitement et la réutilisation des eaux usées parmi les prochaines priorités de son programme décennal pour la sécurité et la résilience de l’eau en Tunisie.

Pour la FAO, l’expérience tunisienne s’inscrit dans une initiative régionale plus vaste au Proche-Orient et en Afrique du Nord, visant à promouvoir des solutions non conventionnelles et des pratiques agricoles plus résilientes. La Tunisie, la Jordanie et la Palestine figurent parmi les pays qui s’emploient à adapter cette méthodologie aux contextes arabes, avec le soutien des institutions nationales, d’experts et d’acteurs locaux.

I. B.

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L’AG Hammamet remporte la 13e Coupe de Tunisie de golf

L’Association de Golf de Hammamet (AGH) a remporté la 13e édition de la Coupe de Tunisie de golf organisée le weekend dernier au golf The Résidence Gammarth. L’AGH a conservé méritoirement le titre pour la 7e fois de suite et la 8e depuis l’instauration de cette compétition en 2014.

Ayant débuté la compétition en trombe terminant la première journée avec un total de 141 points et une imposante avance de 25 points sur son poursuivant immédiat, le Carthage Golf Club (116 pts), la formation hammamétoise, composée entre autres de Baha Boulakmine, Aziz Dardouri, Rabeh Bedoui, Renato Vaira, Ahlem Mzoughi, Ghaith Rhimi, Mtir Bouaoun et Tebra Guiga, a amélioré son avance terminant la seconde journée en tête avec beaucoup plus d’aisance avec un total de 291 points et un écart de 45 points, à deux petites longueurs sur son propre record de 47 points enregistré lors de la précédente édition.

Avec 246 points, le CG Carthage se classe en deuxième position, devant respectivement la GGA, l’AGK et le CGM. Les sociétaires de Carthage enlèvent, comme lors des deux dernières éditions, le trophée en net, en totalisant 371 points.

La victoire des Hammametois est double puisqu’en individuel le titre est revenu également au couple composé des deux internationaux Baha Boulakmine et Aziz Dardouri. C’est la 4e victoire individuelle de Boulakmine et la 3e de Dardouri.

En net, la doublette du CGC composée de Slim et Sophie Ben Ayed s’est adjugée le titre.

Palmarès :

Coupe de Tunisie :

Brut : 1- AG Hammamet: 291 pts; 2- Carthage GC : 246 pts; 3- Gammarth GC:     236 pts; 4- AG Kantaoui : 225 pts; 5- GC Monastir : 206 pts.

Net : 1- Carthage GC : 371 pts.  

Individuels :

Brut : Baha Boulakmine et Aziz Dardouri AGH ;

Net : Slim Ben Ayed et Sophie Ben Ayed CGC.

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RoboCare, une startup tunisienne au service de l’agriculture de précision en Afrique

RoboCare, la startup tunisienne spécialisée dans l’agriculture de précision et l’intelligence artificielle (IA) appliquée au secteur agricole, vient de bénéficier d’un investissement à six chiffres de 216 Capital. L’entrée de cette société de capital-risque en seed et pre-seed spécialisée dans les entreprises technologiques au capital de la startup tunisienne va lui permettre de contribuer au développement de l’agriculture de précision en Afrique et au Moyen-Orient

Face aux défis croissants du changement climatique, du stress hydrique et de l’augmentation des coûts de production agricole, les technologies de précision s’imposent comme un levier stratégique pour renforcer la productivité et la résilience des exploitations agricoles.

Fondée à Sfax, RoboCare développe une plateforme de pilotage agricole qui aide les agriculteurs à prendre de meilleures décisions grâce à l’exploitation intelligente de multiples sources de données : imagerie satellitaire, données drones, capteurs IoT, données météorologiques et expertise terrain.

Grâce à ses modèles d’IA, la solution permet de détecter précocement les maladies et les stress des cultures, d’optimiser l’utilisation des ressources et d’améliorer les performances des exploitations agricoles. Les résultats observés sur le terrain sont significatifs : jusqu’à 35 % d’économie d’eau ; jusqu’à 25 % de réduction des intrants agricoles ; et jusqu’à 20 % d’augmentation des rendements.

En combinant IA, agronomie et analyse de données, RoboCare permet aux agriculteurs d’améliorer leur productivité tout en réduisant leur impact environnemental.

L’un des principaux facteurs de différenciation de RoboCare réside dans son approche spécialisée des cultures stratégiques pour la région, notamment les oliviers, les céréales et les tomates industrielles.

Contrairement aux plateformes agricoles généralistes, RoboCare développe ses modèles à partir de données locales pour répondre aux spécificités des sols et des conditions climatiques rencontrées en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

Cette approche permet à la startup de proposer des recommandations agronomiques particulièrement adaptées aux besoins des exploitants agricoles et des acteurs de l’agribusiness de la région.

RoboCare accompagne déjà plusieurs milliers d’hectares sous monitoring intelligent et a généré des milliers d’alertes agronomiques permettant aux exploitants d’intervenir plus rapidement et plus efficacement.

La startup a également noué des partenariats avec plusieurs acteurs institutionnels et bénéficie d’une visibilité croissante auprès des écosystèmes AgriTech internationaux.

Grâce à ce financement, RoboCare prévoit d’accélérer son développement selon trois axes prioritaires : l’expansion commerciale vers de nouveaux marchés en Afrique et au Moyen-Orient ;  le renforcement de ses équipes commerciales afin d’accélérer l’adoption de sa solution auprès des grands acteurs de l’agribusiness ; et l’amélioration continue de ses modèles d’intelligence artificielle pour répondre à de nouveaux contextes agricoles.

Alors que l’agriculture représente un secteur clé pour la sécurité alimentaire et la croissance économique de nombreux pays africains et de la région Mena, RoboCare ambitionne de devenir l’un des acteurs de référence de la transformation numérique agricole à l’échelle régionale.

I.B. (avec communiqué)

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Grève bancaire | CBF et UGTT, chacun sa partition pour une même musique

Trois jours de grève dans les banques, les établissements financiers et les compagnies d’assurance, les 23, 24 et 25 juin 2026. Des retraités sans pension. Des fonctionnaires sans salaire. Et deux communiqués — l’un patronal, l’autre syndical — qui se répondent comme deux acteurs qui ont répété leur texte ensemble. Ce n’est pas une métaphore. C’est une lecture. (Photo : Les agents des banques manifestent devant le siège du CBF, à Tunis, lundi 22 juin).

Abdelwaheb Ben Moussa *

Le Conseil bancaire et financier (CBF) répond à ce que personne ne demande en affirmant, dans son communiqué du 22 juin, que la grève est «injustifiée» au motif que les augmentations salariales prévues par le Décret n°68 du 30 avril 2026 ont été intégralement versées. Problème : personne ne les conteste.

Le syndicat revendique les augmentations de 2025 — jamais accordées. Le CBF répond sur 2026. C’est le vieux procédé rhétorique de la substitution : remplacer le grief réel par un grief fictif plus facile à réfuter, puis triompher de cette réfutation comme si elle réglait le différend. Elle ne règle rien. Elle le déplace.

Deuxième problème : le Décret n°68 fixe un plancher légal — pas un plafond. D’autres secteurs soumis au même cadre ont négocié et obtenu des revalorisations supérieures à 5%. Le CBF est le seul acteur patronal à avoir transformé ce minimum légal en maximum indépassable. Ce choix est patronal, non légal. Et le communiqué entretient délibérément la confusion entre les deux — ce qui est, en soi, un aveu.

Troisième problème : invoquer «l’intérêt général» dans un secteur qui a dégagé 1,6 milliard de dinars de résultat net en 2024 — en hausse de 12% — sans reverser un centime de revalorisation aux salariés en 2025, c’est une posture. Pas un argument.

Le communiqué du CBF ne mentionne à aucun moment que le dialogue social est à l’arrêt depuis la nomination du nouveau président du CBF en 2023. Ni que la correspondance syndicale de janvier 2024 demandant la reprise des consultations est restée sans réponse pendant dix-huit mois. Ni que le refus d’appliquer l’article 412 alinéa 2 de la loi n°41/2024 du Code de commerce — relatif aux crédits accordés aux employés — constitue un dossier distinct et tout aussi bloqué.

On ne peut pas démontrer l’absence de motif social suffisant en ignorant méthodiquement les motifs. Un communiqué patronal a le droit d’être partial. La lecture qu’on en fait n’a pas cette latitude.

UGTT : revendications légitimes, stratégie discutable

La légitimité des revendications syndicales est réelle et documentée. Les données sont claires : résultat net sectoriel de 1,6 milliard de dinars, produit net bancaire de 8,035 milliards, performances en hausse continue — pendant que les employés des banques privées n’ont obtenu aucune revalorisation en 2025 alors que leurs collègues du secteur public en bénéficiaient. L’injustice est réelle.

Mais la légitimité d’une revendication n’immunise pas la stratégie qui la porte.

Premier point : choisir les 23, 24 et 25 juin — précisément les jours de versement des salaires et des pensions — n’est pas un hasard. C’est un choix tactique délibéré pour maximiser la pression patronale via la pression citoyenne. Syndicalement compréhensible. Socialement discutable. Les retraités et les fonctionnaires ne sont pas parties au conflit. Les transformer en levier de négociation mérite d’être nommé pour ce que c’est.

Deuxième point : face à dix-huit mois de silence patronal, la Fédération syndicale n’a pas publiquement documenté l’épuisement des mécanismes d’arbitrage et de médiation prévus par la convention sectorielle commune et par le Code du travail. L’escalade directe vers trois jours de grève sectorielle totale, sans étapes intermédiaires visibles, fragilise la posture syndicale sur le plan de la proportionnalité — même quand la cause est juste.

Troisième point : les revendications portent simultanément sur les augmentations 2025, l’article 412 et les charges fiscales de la loi de finances 2026. Chaque dossier est légitime. Leur accumulation dans un seul mouvement brouille le message public et offre au CBF la possibilité de noyer le débat dans la complexité technique. Une hiérarchisation plus lisible aurait servi les salariés mieux qu’un communiqué destiné aux seuls initiés.

Le scénario que personne ne veut nommer

Voici ce que les deux communiqués — patronal et syndical — ont en commun : ils ne proposent aucune sortie de crise. Ils positionnent. Ils imputent. Ils menacent. Mais ils ne résolvent pas.

C’est là que le recoupement implicite des deux positions devient visible : CBF et UGTT tirent chacun une partie de leur légitimité institutionnelle du conflit lui-même. Le CBF existe comme interlocuteur patronal incontournable précisément parce qu’il y a un syndicat à affronter. L’UGTT mobilise et fédère précisément parce qu’il y a un patronat à combattre. Dans ce système, la résolution durable du conflit représente un coût institutionnel que les deux parties ont un intérêt objectif — même inconscient — à différer.

Le résultat est connu : grève en novembre 2025, grève en juin 2026, aucun accord durable entre les deux. Ce n’est pas l’aggravation d’un conflit — c’est sa reproduction à l’identique. Le scénario est écrit d’avance. Chaque partie joue son rôle. Et les retraités, eux, attendent leur virement.

Ce que ni le CBF ni l’UGTT ne disent pas

Cette grève éclate au moment précis où le Plan de Développement national 2026–2030 est en cours d’examen au Parlement — un plan qui assigne aux banques publiques un rôle central dans le financement de la transformation économique du pays.

Un secteur bancaire qui entre en grève générale dans ce contexte, avec un dialogue social rompu depuis trois ans, envoie un signal que les autorités de tutelle — BCT, ministère des Finances, Présidence du gouvernement — ne peuvent pas se permettre d’ignorer. Ce n’est pas une affaire entre le CBF et l’UGTT. C’est une affaire d’État.

La vraie question n’est pas celle des 5%. C’est celle de savoir si la Tunisie dispose d’un modèle de dialogue social sectoriel capable de produire des accords durables — ou si elle est condamnée à rejouer indéfiniment le même scénario : blocage, escalade, grève, retenues sur salaires, accord minimal, nouveau blocage…

Un pays qui ambitionne de financer sa décennie de développement la plus déterminante ne peut pas gérer ses relations sociales bancaires comme si nous étions en 1995.

La réponse s’écrit dans les agences fermées. Et dans les réformes du dialogue social que personne, ni du côté patronal ni du côté syndical, n’a encore eu le courage de proposer. **

* Ingénieur informatique et cadre bancaire.

** Les analyses et propos contenus dans cette tribune n’engagent que l’auteur.

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Soudan | Al-Burhan courtise Washington

Le chef d’état-major de l’armée régulière soudanaise Abdel Fattah al-Burhan cherche à courtiser l’administration Trump après trois de guerre civile sanglante qui l’oppose aux Forces de soutien rapide (FSR) conduites par Hemedti Dagalo et qui sont responsables de génocide et de crimes de guerre. Cependant, cette volonté de se rapprocher avec Washington bute sur deux obstacles, d’abord les liens avec Téhéran qui a fourni des drones décisifs dans la reconquête du territoire par l’armée régulière mais aussi les liens de cette dernière avec des factions proches des Frères Musulmans. 

Imed Bahri

Bloomberg a publié une enquête de Simon Marks et Mohamed Al-Amin indiquant que l’armée soudanaise a réduit ses achats d’armes iraniennes. Cette enquête, citant des sources bien informées, précise que cette réduction des achats d’armes auprès de l’Iran s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par l’armée régulière pour obtenir le soutien des États-Unis lors des prochaines négociations visant à mettre fin à la guerre civile qui dure depuis trois ans.

Bloomberg indique que les drones et autres armements fournis par la République islamique à l’armée soudanaise ont contribué à la reconquête de territoires dans ce conflit qui a fait plus de 100 000 morts et qui implique des puissances étrangères.

Gagner les faveurs de Trump

    Cependant, le soutien apporté par l’Iran constitue un obstacle pour l’armée régulière soudanaise dans ses efforts pour gagner les faveurs du président Donald Trump.

    Les sources citées par Bloomberg, parmi lesquelles des diplomates régionaux et un haut responsable de la sécurité soudanaise, ayant tous requis l’anonymat, ont déclaré que l’armée soudanaise a informé les États-Unis qu’elle ne dépend plus de l’Iran pour son approvisionnement en armes et qu’elle souhaite démontrer sa fiabilité en tant que partenaire dans le processus de paix.

    Ce responsable de la sécurité a indiqué que l’armée soudanaise prend désormais conscience que son alliance avec l’Iran a permis à ses rivaux des FSR conduites par le génocidaire Hemedti Dagalo de la dépeindre comme une force extrémiste à motivation religieuse.

    Cette source a ajouté que la stratégie actuelle consiste à rétablir une coopération plus étroite avec les États-Unis et l’Arabie saoudite. Washington a imposé des sanctions l’année dernière au chef d’état-major de l’armée, Al-Burhan, l’accusant de déstabiliser le Soudan.

    Les États-Unis ont désigné les Frères musulmans soudanais comme une organisation terroriste étrangère, les identifiant comme le Mouvement islamique soudanais, dont les membres ont autrefois dirigé le pays. Sa branche armée est la Bataillon Al-Bara’ Ibn Malik, alliée à l’armée régulière soudanaise, que les États-Unis accusent de perpétrer des exécutions de masse de civils.

    Ce récent revirement met en lumière le conflit entre les efforts de paix au Soudan et la confrontation de Washington avec Téhéran. Les États-Unis mènent les efforts de médiation pour un cessez-le-feu dans la guerre civile soudanaise, tout en ayant mené simultanément une guerre contre l’Iran, la même puissance qui a armé l’armée soudanaise, ainsi que des forces supplétives au Moyen-Orient, notamment le Hezbollah au Liban et les Houthis au Yémen.

    Israël observe le revirement avec intérêt

    Bloomberg ajoute qu’Israël a manifesté un vif intérêt pour l’évolution de la situation au Soudan et la prise de distance de l’armée vis-à-vis de l’Iran. Le gouvernement soudanais soutenu par l’armée s’est engagé en 2020 à normaliser ses relations avec Israël. À l’époque, le conflit entre l’armée et les FSR n’avait pas encore éclaté.

    Cependant, un porte-parole du département d’État américain a déclaré que les islamistes au Soudan restent liés à l’Iran : «Les islamistes soudanais continuent d’entraver les efforts visant à obtenir un cessez-le-feu pour mettre fin à la guerre actuelle, maintiennent des liens avec le gouvernement iranien, notamment le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), et reçoivent de sa part un soutien technique»

    De son côté, la Bataillon Al-Bara’ Ibn Malik a nié tout lien avec l’Iran et a réaffirmé son engagement à opérer sous le commandement de l’armée. Le responsable soudanais a déclaré qu’Al- Burhan avait récemment pris des mesures pour mettre à la retraite des généraux de l’armée perçus comme trop favorables aux islamistes.

    L’armée soudanaise a renoué ses relations avec l’Iran fin 2023 après une interruption de près de sept ans, période durant laquelle Khartoum avait privilégié l’Arabie saoudite. Ce rapprochement avait conduit l’Iran à fournir des drones d’attaque au Soudan.

    Les efforts de médiation répétés des États-Unis et d’autres pays n’ont pas permis de mettre fin à la guerre que les Nations Unies ont qualifiée de pire crise humanitaire au monde. Les pourparlers impliquant des puissances régionales influentes sont au point mort en raison de désaccords sur le rôle que chaque camp devrait jouer au sein d’un éventuel gouvernement de transition.

    Deux responsables étrangers, connaissant bien les livraisons iraniennes précédentes, ont déclaré qu’aucun signe de soutien récent n’avait été constaté. Le responsable de la sécurité a ajouté que le gouvernement soudanais se tourne désormais vers la Turquie comme source d’assistance alternative.

    Le rôle des extrémistes religieux

    Des sources proches du dossier ont indiqué que la Turquie avait déjà fourni au Soudan des drones TB2 et des munitions. Cependant, le gouvernement soudanais a refusé de commenter ces informations ainsi que les exportations d’armes par des entreprises privées.

    Les États-Unis et d’autres pays accusent les FSR d’avoir commis un génocide pendant la guerre. Ces derniers décrivent régulièrement l’armée soudanaise comme gangrenée par des extrémistes religieux. L’armée soudanaise, des organisations de défense des droits humains et des experts de l’Onu ont affirmé que les Émirats arabes unis soutenaient les FSR. Abou Dhabi a démenti ces accusations à plusieurs reprises, affirmant ne soutenir aucun camp et qu’un cessez-le-feu immédiat et une transition politique étaient essentiels.

    Les FSR et l’armée ont toutes deux joué un rôle déterminant dans le régime dictature d’Omar el-Béchir au Soudan, renversé en 2019.

    Outre ses forces régulières, l’armée a mobilisé d’autres groupes combattants, notamment d’anciens militants pro-démocratie et des islamistes. Le département d’État américain affirme que les Frères musulmans ont fourni plus de 20 000 combattants.

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    Les différences conceptuelles entre accréditation, certification et labellisation

    Dans un environnement marqué par l’intensification de la concurrence, la mondialisation des échanges et l’exigence croissante de transparence, les entreprises sont amenées à démontrer leur capacité à satisfaire des exigences de qualité, de sécurité et de performance. L’accréditation, la certification et la labellisation constituent trois mécanismes complémentaires permettant d’instaurer la confiance entre les acteurs économiques et institutionnels. Bien que souvent associées, ces démarches poursuivent des finalités distinctes et s’appuient sur des référentiels spécifiques. Cet article propose une analyse comparative de ces trois notions, en mettant en évidence leurs caractéristiques, leurs domaines d’application et leurs contributions pour améliorer la performance organisationnelle.

    Mohamed Férid Herelli & Taoufik Halila *

    La maîtrise de la qualité est devenue un impératif stratégique pour toutes les organisations publiques et privées. Elle ne constitue plus seulement un avantage concurrentiel mais une condition essentielle de pérennité et de crédibilité. Dans ce contexte, différents dispositifs de reconnaissance ont émergé afin de garantir la compétence des organismes d’évaluation, la conformité des produits et services, ainsi que la valorisation des caractéristiques particulières auprès des parties prenantes.

    Parmi ces dispositifs figurent l’accréditation, la certification et la labellisation. Bien qu’ils relèvent tous de l’évaluation de la conformité, leurs objectifs, leurs mécanismes et leurs effets diffèrent sensiblement. Une clarification de ces concepts apparaît donc nécessaire afin d’éviter les confusions fréquemment observées dans les pratiques professionnelles.

    L’accréditation : reconnaissance de la compétence technique :

    L’accréditation constitue une reconnaissance formelle délivrée par une autorité compétente attestant qu’un organisme d’évaluation de la conformité possède les compétences techniques et organisationnelles nécessaires pour réaliser des activités spécifiques d’évaluation.

    Selon la norme ISO/CEI 17000, l’accréditation correspond à une confirmation par une tierce partie de la compétence d’un organisme à exécuter des tâches déterminées d’évaluation de la conformité.

    Elle concerne, notamment, les laboratoires d’essais et d’étalonnage ; les organismes d’inspection ; les organismes de certification ; et les laboratoires médicaux.

    L’accréditation vise essentiellement à garantir la fiabilité, l’impartialité et la compétence technique des organismes évaluateurs. Elle constitue ainsi le fondement de la confiance accordée aux résultats des activités d’évaluation de la conformité.

    En Tunisie l’accréditation est gérée par le Conseil national d’accréditation (Tunac), qui est l’organisme national chargé d’évaluer et de reconnaître la compétence des laboratoires, organismes d’inspection et organismes de certification. Le Tunac applique notamment les normes internationales ISO/IEC 17011 ; ISO/IEC 17025, ISO/IEC 17020, ISO/IEC 17021 ; ISO/IEC 17065 ; ISO/IEC 17043, ISO/IEC 17024 et d’autres.

    Le Tunac œuvre à ce que le système tunisien d’accréditation soit conforme aux documents applicables dans le cadre des accords bilatéraux / multilatéraux établis par : EA(European co-operation for Accreditation), Ilac (International Laboratory Accreditation Cooperation) et IAF (International Accreditation Forum) et selon son site, il est indiqué que 154 organismes ont été accrédités en Tunisie dont 14 non fonctionnels.

    Par ailleurs et à l’occasion de la Journée mondiale d’accréditation, célébrée le 13 juin dernier sous le thème «Innovation, confiance et durabilité : le pouvoir de l’accréditation», il y a lieu de rendre hommage à l’équipe de Tunac pour les réalisations acquises depuis sa création et récemment d’avoir acquis une reconnaissance mondiale, qui ne manquera de renforcer la crédibilité de notre système national de qualité et d’accréditation.

    La certification : attestation de conformité 

    La certification est une procédure par laquelle une tierce partie indépendante atteste qu’un produit, un service, un système de management, un processus ou une personne satisfait à des exigences préalablement définies.

    Contrairement à l’accréditation, qui porte sur la compétence de l’évaluateur, la certification concerne l’objet évalué lui-même.

    Les certifications les plus répandues concernent, notamment, les systèmes de management de la qualité (ISO 9001) ; les systèmes de management environnemental (ISO 14001) ; les systèmes de management de la sécurité des denrées alimentaires (ISO 22000) ; et les compétences professionnelles.

    La certification contribue à renforcer la confiance des clients, à faciliter l’accès aux marchés, à améliorer la maîtrise des processus et à promouvoir une dynamique d’amélioration continue.

    La labellisation 

    Le label constitue un signe distinctif permettant d’identifier et de valoriser certaines caractéristiques d’un produit, d’un service ou d’une organisation. Il remplit principalement deux fonctions : d’identification et de garantie.

    Les labels peuvent être publics lorsqu’ils sont délivrés sous l’autorité de l’État ou privés lorsqu’ils sont gérés par des associations professionnelles, des organismes spécialisés ou des regroupements d’entreprises.

    Le label représente ainsi un outil de signalisation de la qualité destiné à réduire l’asymétrie d’information entre les producteurs et les utilisateurs.

    La labellisation consiste à attribuer un label sur la base d’un référentiel ou d’un cahier des charges préétabli.

    Cette démarche repose généralement sur l’élaboration d’un référentiel ; l’engagement formel du bénéficiaire ; les audits ou contrôles périodiques ; et l’évaluation de la satisfaction des utilisateurs.

    La labellisation constitue un outil efficace de différenciation et de valorisation de la qualité perçue. Elle participe également au renforcement de l’image de marque et à l’amélioration de la visibilité des organisations auprès de leurs parties prenantes.

    Comparaison entre accréditation, certification et labellisation

    L’analyse comparative réalisée met en évidence la complémentarité de l’accréditation, de la certification et de la labellisation au sein de l’infrastructure qualité. Bien que ces trois mécanismes participent à la construction de la confiance entre les acteurs économiques, institutionnels et sociaux, leurs finalités demeurent distinctes.

    L’accréditation constitue le niveau le plus élevé de reconnaissance en garantissant la compétence technique et l’impartialité des organismes d’évaluation de la conformité. La certification apporte quant à elle une preuve objective de conformité à des exigences définies dans des normes ou des référentiels reconnus. Enfin, la labellisation vise principalement à valoriser certaines caractéristiques qualitatives et à renforcer la visibilité des produits, services ou organisations auprès des parties prenantes.

    Au-delà de leurs différences, ces dispositifs contribuent conjointement à l’amélioration de la performance organisationnelle, à la maîtrise des risques, au renforcement de la crédibilité institutionnelle et à l’accroissement de la compétitivité. Leur mise en œuvre favorise également l’adoption d’une culture d’amélioration continue et de transparence, devenue indispensable dans un environnement économique caractérisé par des exigences croissantes en matière de qualité, de sécurité et de responsabilité.

    Ainsi, loin d’être des démarches concurrentes, l’accréditation, la certification et la labellisation apparaissent comme des outils complémentaires permettant aux organisations de démontrer leur engagement envers l’excellence et de consolider durablement la confiance de leurs partenaires, clients et autres parties prenantes.

    * Experts séniors en développement industriel, conseillers du Doyen de l’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT).

    Références bibliographiques :

    Article de Halila, T. & Herelli, M. F. paru dans Kapitalis.

    ISO/CEI 17000. Évaluation de la conformité — Vocabulaire et principes généraux. Genève : Organisation internationale de normalisation.

    ISO 9001:2015. Systèmes de management de la qualité — Exigences. Genève : Organisation internationale de normalisation.

    ISO 14001:2015. Systèmes de management environnemental — Exigences et lignes directrices pour son utilisation. Genève : Organisation internationale de normalisation.

    Organisation internationale de normalisation (ISO). Normes relatives à l’évaluation de la conformité et aux systèmes de management de la qualité.

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    Classement Fifa | La Tunisie dégringole de 13 places

    L’équipe de Tunisie de football a connu une chute spectaculaire au classement Fifa, perdant 13 places d’un coup pour se retrouver 58e mondiale, suite à ses trois dernières lourdes défaites face à la Belgique en amical (0-5) et lors de ses deux premiers matches de groupe au Mondial 2026, face à la Suède (1-5) et le Japon (0-4).

    Ce déclin des Aigles de Carthage, qui n’ont jamais volé aussi bas, ne s’est pas limité au niveau mondial, mais s’est également étendu au classement continental, où elle occupe désormais la 10e place en Afrique et la 5e dans le monde arabe, derrière le Maroc, l’Égypte, l’Algérie et le Qatar.

    À l’inverse, l’équipe nationale marocaine a continué d’écrire l’histoire, se hissant à la 6e place mondiale, le meilleur classement jamais atteint par une équipe arabe et africaine, devant des équipes établies comme l’Allemagne, les Pays-Bas, le Portugal et la Belgique.

    Cette performance souligne les progrès significatifs réalisés par le football marocain ces dernières années sur les plans du management, de la formation et des infrastructures.

    Au sommet du classement mondial, l’équipe nationale argentine, championne du monde en titre, a conservé sa première place, tandis que l’Espagne et la France ont échangé les 3e et 4e places, sans changement d’identité du leader.

    Rappelons que le meilleur classement Fifa de l’histoire de l’équipe nationale masculine de Tunisie est la 14e place, atteinte en avril et mai 2018. Depuis, elle n’a cessé de dégringoler, à l’image d’un football tunisien mal géré, pauvre en individualités et faible en moyens financiers.

    I. B.

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    CNSS | Les pensions de retraite versées avant la grève des banques

    La Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) a annoncé que le versement des pensions débutera ce lundi 22 juin 2026 et ce, avant la grève de trois jours qui sera menée, les 23, 24 et 25 juin, par les employés des banques, des établissements financières et des compagnies d’assurance.

    Ces derniers, regroupés au sein de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), avaient déjà observé une grève les 3 et 4 novembre 2025, pour les mêmes revendications, qui n’ont pas été satisfaites. Ils réclament une augmentation de salaire pour 2025 et l’ouverture de négociations avec le Conseil bancaire et financier (CBF) et la Fédération tunisienne des compagnies d’assurance (Ftusa) pour l’amélioration de leurs conditions générales de travail.

    I. B.

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    Tunisie | Maintien de la grève des banques et des établissements financiers

    Le département du secteur public et des entreprises publiques de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a publié, ce lundi 22 juin 2026, un communiqué où il tient le Conseil bancaire et financier (CBF) pleinement responsable des tensions et des troubles actuels dans le secteur, résultant de l’impasse des négociations. (Photo: Meeting des employés des banques le 3 novembre 2025 devant le siège de l’UGTT à Tunis).

    Le département a jugé légitime la grève prévue les 23, 24 et 25 juin par les employés des banques, des établissements financiers et des sociétés d’assurance, grève à laquelle ils affirment avoir été contraints par l’impasse où se sont trouvées les négociations et l’absence de toute véritable volonté de dialogue. Les dirigeants syndicaux ont appelé le CBF à assumer ses responsabilités nationales et à abandonner sa politique d’évitement en ouvrant un dialogue sérieux et responsable qui garantisse les droits et préserve l’équilibre.

    Les tensions actuelles dépassent le simple conflit sectoriel et soulèvent la question du respect des droits syndicaux et de l’avenir du dialogue social dans notre pays, ont conclu les syndicalistes dans leur communiqué.

    Rappelons que les employés du secteur bancaire et financier ont observé une première grève nationale les 3 et 4 novembre 2025, en soulignant, à l’appui de leur mouvement, la dégradation de leurs conditions sociales et la baisse de leur pouvoir d’achat. Mais leurs revendications, notamment les augmentations salariales, n’ont pas été satisfaites.

    I. B.

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    Mondial 2026 | La gifle des joueurs iraniens à la Fifa

    L’équipe nationale de l’Iran (20e au classement Fifa) a laissé un message poignant dans les vestiaires du SoFi Stadium de Los Angeles, dimanche 21 juin 2026, après son match nul et vierge contre la Belgique (9e) lors de la deuxième journée de la phase de groupes du Mondial 2026 qui se déroule aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique.

    Le message manuscrit, laissé par les joueurs iraniens dans les vestiaires après leur départ, disait : «Nous sommes arrivés à Los Angeles avec fierté, nous avons joué avec honneur et nous repartons avec dignité. Merci, Los Angeles, pour votre accueil. Merci à tous les Iraniens qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour l’Iran pendant ces 180 minutes.»

    Quand on sait que les autorités américaines de l’immigration ont décidé d’interdire à l’équipe iranienne de séjourner aux États-Unis avant et après les matchs pour des raisons de sécurité (sic !), comme si les joueurs iraniens étaient de dangereux terroristes, le contenu de cette lettre revêt toute sa signification : c’est un camouflet adressés aux organisateurs de la compétition, à savoir les dirigeants de la Fifa, Gianni Infantino et sa bande de corrompus, qui ont laissé leurs hôtes américains piétiner les principes même sur lesquels le Mondial de football a été bâti, à savoir la paix et la fraternité.

    I. B.

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    La Tunisie se prive de ses travailleurs qualifiés au profit de l’Europe  

    La Tunisie vient au deuxième rang mondial parmi les pays d’origine non membres de l’Union européenne (UE) dont les citoyens ont obtenu un visa de séjour en Allemagne en 2025 en tant que travailleurs étrangers qualifiés titulaires de certificats de formation professionnelle reconnus. Doit-on s’en féliciter et y voir un intérêt des opérateurs économiques allemands pour les techniciens tunisiens, ou plutôt s’en inquiéter, comme un indicateur de l’intensification de la migration de nos jeunes médecins, ingénieurs et techniciens, médicaux et autres ?   

    Latif Belhedi  

    D’après un document contenant la réponse du gouvernement à une question écrite relative à l’octroi de permis de séjour aux travailleurs étrangers, posée par un parti représenté au Bundestag (Parlement fédéral), l’Allemagne a accordé 2 829 visas de séjour à des Tunisiens dans cette catégorie l’année dernière, contre 3 589 visas pour les ressortissants vietnamiens, qui arrivent en tête de liste, rapporte l’agence Tap.

    Ces visas concernent notamment les travailleurs ayant suivi une formation professionnelle reconnue en Allemagne, recrutés pour occuper des emplois exigeant des compétences spécialisées, en particulier dans les secteurs technique, industriel, artisanal, logistique et des services.

    Les données montrent une augmentation constante du nombre de Tunisiens bénéficiant de ces visas ces dernières années, atteignant 1 847 en 2024, contre 779 en 2023 et 367 en 2022.

    Cette situation survient alors que la première économie de la zone euro est confrontée à des défis démographiques croissants liés au vieillissement de la population et au déclin de la population en âge de travailler, ce qui incite Berlin à renforcer sa politique de recrutement de travailleurs qualifiés hors UE.

    Grâce à cette «immigration choisie» ou «immigration à la carte», l’Allemagne, l’Italie et d’autres pays européens règlent leurs problèmes de manque de main d’œuvre jeune et qualifiée pour assurer la relance économique et, surtout, rétablir, par la contribution de ces derniers, le déficit des caisses sociales, mais que gagne au change la Tunisie qui forme cette précieuse force productive pour l’offrir sur un plateau à ses partenaires européens et s’en priver elle-même ?

    Il va falloir un jour poser cette problématique et non continuer à crier victoire parce que notre main d’œuvre est appréciée à l’étranger. Cette main d’œuvre, on aimerait plutôt la garder pour qu’elle contribue à la relance de l’économie nationale qui souffre d’une crise structurelle et peine à retrouver ses indicateurs de performances des années 1990-2010.

    A bon entendeur…

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    La Tunisie enquête sur la fraude fiscale dans le secteur du sel

    Des opérations de contrôle et d’analyses financières visent 14 entreprises d’exploitation des marais salants, suite à des soupçons de fraude fiscale de plusieurs centaines de millions d’euros. (Photo : Marais salant à Monastir).

    Depuis début 2026, la police fiscale a lancé une vaste enquête sur le secteur de la production et de l’exportation de sel, dans le cadre de sa révision de la gestion des ressources naturelles nationales.

    Une source haut placée au ministère des Finances a indiqué à l’agence de presse nationale Tap que les opérations de contrôle et les analyses financières concernent 14 entreprises d’exploitation des marais salants, majoritairement étrangères, réparties sur plus de 20 sites le long du littoral tunisien, notamment dans les gouvernorats de Sfax, Gabès, Zarzis, Monastir, Mahdia et Sousse.

    Les autorités examinent les mécanismes de production et de commercialisation du sel, un secteur très lucratif qui fait l’objet de soupçons de manipulation financière, de fraude fiscale et de pertes économiques importantes pour l’État.

    L’enquête, ouverte en début d’année, comprend un audit approfondi et continu de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.

    Les investigations ont déjà mis au jour un système présumé de transfert de bénéfices à l’étranger par le biais de pratiques de «prix de transfert». Selon une source au sein du ministère des Finances, certaines entreprises étrangères opérant en Tunisie vendent le sel extrait à des sociétés mères ou filiales étrangères à des prix inférieurs à sa valeur réelle, puis le revendent sur les marchés internationaux à des prix bien plus élevés.

    Ce mécanisme réduit artificiellement les recettes déclarées en Tunisie, privant ainsi les caisses de l’État de recettes fiscales et de devises importantes.

    Les pertes pour l’économie tunisienne sont estimées à plusieurs centaines de millions d’euros par an, avec des répercussions sur le déficit commercial et la balance des paiements.

    Pour lutter contre ce phénomène, les autorités appliquent les normes internationales de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), déjà intégrées au droit tunisien, qui exigent des critères scientifiques pour la détermination des prix des transactions entre entreprises liées. Les enquêteurs ont commencé à saisir et à vérifier des documents relatifs aux volumes de production, aux conditions de vente et aux flux financiers des vingt dernières années, afin de reconstituer les prix réels et d’identifier les sources potentielles de fraude fiscale.

    La police fiscale, créée en 2017 et opérationnelle depuis janvier 2018 sous le contrôle du pouvoir judiciaire, est chargée d’identifier les infractions fiscales et de recueillir des preuves. Elle peut agir sur mandat judiciaire ou d’office.

    La Tunisie produit environ deux millions de tonnes de sel par an, principalement destinées à l’exportation, notamment du sel de table et du sel industriel soluble. Une part importante de la production est contrôlée par des entreprises étrangères ou à capitaux étrangers. Le ministère des Finances a toutefois précisé que les audits en cours n’ont pas pour but de décourager les investissements étrangers, mais de garantir le respect des accords internationaux, la protection des ressources nationales et la transparence des relations avec les partenaires économiques.

    Fin 2025, l’Unité de recherche et de lutte contre la fraude fiscale avait recensé une fraude fiscale estimée à environ 1,8 milliard de dinars (environ 540 millions d’euros) dans la production et le commerce des boissons alcoolisées.

    I. B.

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    Salwa Jaouadi expose à Dar Sebastian à Hammamet

    L’artiste Salwa Jaouadi présente sa nouvelle exposition personnelle intitulée «Elle à l’infini : Autrement» à l’espace Dar Sébastian au Centre culturel international de Hammamet. Ouverte le 12 juin, l’exposition se poursuivra jusqu’au vendredi 26 juin 2026. Elle propose une immersion dans l’univers de la photographie plastique et de l’art numérique.

    À travers une série de compositions où les silhouettes féminines fusionnent avec des textures organiques et végétales, le travail explore les thèmes de la métamorphose, de la mémoire et de la matière sensible.

    «Cette escale à Dar Sébastian marque une étape importante que je serais ravie de partager avec le public», a déclaré l’artiste spécialisée dans la photographie et l’art numérique.

    Le corps féminin comme territoire de mémoire, la nature comme partenaire de création et la photographie comme espace de métamorphose. Tels sont les fils conducteurs de cette exposition…

    Le travail de Salwa Jaouadi explore la frontière entre la photographie et l’art digital. Ses thématiques de prédilection incluent la fusion du corps féminin avec la nature, l’identité, la mémoire, et la métamorphose. Ses œuvres sont réalisées à travers un long processus d’hybridation visuelle entre les éléments organiques, minéraux et humains.


    I. B.

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    Vient de paraître | Si Ezzahra m’était conté…

    Après son premier livre ‘‘Échos à travers les âges. Dialogues imaginaires avec des esprits pionniers’’, publié chez Contrastes Édition en mars 2025, Zouhaïr Ben Amor, enseignant universitaire, docteur en biologie marine et écrivain, vient de publier, chez le même éditeur, son deuxième livre ‘‘La maison qui parle’’.

    Ce roman est un témoignage rare, sensible et profondément enraciné dans la mémoire du village d’Ezzahra, anciennement appelé Saint-Germain, une banlieue balnéaire du sud de Tunis.

    Disponible dans les grandes librairies, ce roman en cinq actes retrace, dans un style romanesque et vivant, les principaux événements qui ont marqué ce village depuis plus d’un siècle.

    À travers les murs, les voix, les souvenirs et les émotions, ‘‘La maison qui parle’’ devient bien plus qu’un récit : une véritable traversée de l’histoire locale, un hommage aux générations qui ont façonné Ezzahra, et une invitation à renouer avec les racines d’un territoire vivant et profondément humain.

    Fort de plus de soixante-dix ans de présence active, dynamique et continue dans les milieux sociaux, politiques, artistiques et sportifs, l’auteur livre ici une œuvre de mémoire et d’attachement sincère à son village, mais qui, au-delà d’Ezzahra, parle à tous les lecteurs.

    I. B.

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    Mondial 2026 | Quand le football devient le plus grand casino du monde

    La Coupe du Monde 2026 ne se joue pas seulement sur les terrains nord-américains. Elle est le théâtre d’une transformation profonde de l’industrie des paris en ligne, devenant l’événement de paris sportifs «le plus important de l’histoire». Ci-dessous un panorama synthétique pour décrypter les dynamiques mondiales qui dessinent ce nouveau paysage.

    Fausto Giudice & François Vadrot

    L’ampleur inédite du marché avec des milliards en jeu : les projections pour cette édition sont sans précédent, portées par un tournoi élargi à 48 équipes et 104 matchs, soit 60% de «stock» de paris en plus. On observe une dichotomie frappante dans les estimations des volumes mondiaux :

    – le marché régulé et visible : rien qu’aux USA, les paris en ligne devraient atteindre 4,4 milliards de dollars, contre 1,8 milliard en 2022. D’autres analystes estiment le total global des mises (le handle) à plus de 50 milliards de dollars ;

    – le marché «océan» non régulé : des experts de Gaming Compliance International avancent un chiffre vertigineux de 593 milliards de dollars misés mondialement. Plus alarmant : 69% de ce montant (409 milliards) transiterait par des opérateurs non régulés et illégaux. Cette part illégale, qui prospère via les cryptomonnaies, représente un défi majeur pour les régulateurs, transformant l’événement en «Coupe du Monde du Crime» .

    Les nouvelles forces en présence : technologies et marchés prédictifs

    Deux évolutions majeures redéfinissent l’expérience et l’économie des paris :

    – une industrie métamorphosée par le mobile et l’IA : le pari en direct (LiveBetting) depuis un smartphone est devenu la norme. En 2010, on misait depuis son ordinateur avant le match ; en 2026, on mise pendant le match, sur des micro-marchés créés en temps réel, avec des cotes ajustées par l’IA. L’industrie se prépare à ce moment comme à un «recrutement» massif : un seul tournoi peut générer plus de nouvelles inscriptions que le reste de l’année ;

    – l’irruption des «marchés prédictifs» : des plateformes comme Kalshi et Polymarket, qui permettent de parier sur tout événement (sport, politique), connaissent une ascension fulgurante. Pour la Coupe du Monde 2026, elles pourraient générer un volume supplémentaire de 5 à 10 milliards de dollars, marquant un «moment charnière» pour le secteur. Elles profitent d’un flou réglementaire aux USA (considérées comme des produits financiers et non des jeux d’argent) et attirent les parieurs des grands États comme la Californie ou le Texas, où les paris sportifs traditionnels sont illégaux.

    Une géographie des paris contrastée

    L’engouement pour les paris en ligne lors de ce Mondial est mondial, mais avec des spécificités fortes :

    – Amérique du Nord : c’est le grand marché. Aux États-Unis, 62% des fans prévoient de parier, et 29% d’entre eux le feront pour la première fois. La tendance est encore plus forte au Mexique (68%) ;

    – Amérique latine : des marchés récemment régulés comme le Brésil (66% des fans prévoient de parier) et le Pérou (85%) montrent un appétit exceptionnel ;

    – Afrique : la Coupe du Monde 2026 est un catalyseur pour un marché des paris en ligne en pleine explosion, porté par une jeunesse connectée, le mobile money et une ferveur footballistique inégalée.

    – Europe : des marchés matures comme le Royaume-Uni (60%) et l’Italie (64%) restent très actifs ;

    – Asie : la Chine interdit purement et simplement les paris en ligne, l’Inde, comme d’habitude, navigue entre deux eaux, cultivant le flou artistique.

    Le choix du parieur : confiance, rapidité et méthodes de paiement

    Pour attirer et fidéliser ces millions de parieurs, la bataille se joue sur des critères précis. Selon une étude de la plateforme de paiement Paysafe :

    – la confiance est primordiale pour 38% des parieurs, qui se tournent vers des marques réputées ;

    – juste derrière, la rapidité des retraits est cruciale pour 33% d’entre eux, passant avant la qualité des cotes ou des promotions ;

    les méthodes de paiement locales sont essentielles. Par exemple, au Brésil, le système de paiement instantané Pix est le moyen privilégié pour 48% des parieurs.

    La menace fantôme : le marché illégal et l’intégrité du sport

    L’ombre des paris illégaux plane sur ce Mondial. Le marché non régulé, qui représente déjà environ 45% du marché mondial des paris sportifs, atteint son pic lors des grands tournois. Ce phénomène est dangereux à plusieurs titres :

    – absence de protection : les parieurs n’ont aucune garantie, et les mécanismes de jeu responsable (comme l’auto-exclusion) sont ignorés ;

    – risque de blanchiment : les paris en ligne sont un vecteur de blanchiment d’argent, et les flux transfrontaliers compliquent les enquêtes ;

    – liens avec le streaming illégal : derrière 85 à 90% des streams illégaux se cachent des opérateurs de jeux illégaux, qui utilisent ce contenu pour attirer des clients, exposant les utilisateurs à des logiciels malveillants.

    En résumé, la Coupe du Monde 2026 est un laboratoire grandeur nature des paris sportifs modernes. Elle est marquée par des volumes financiers astronomiques, une hyper-technologisation de l’offre, l’émergence de nouveaux acteurs comme les marchés prédictifs, et une lutte d’influence permanente entre un marché régulé en pleine croissance et un marché illégal tentaculaire.

    L’Afrique : un marché encore modeste

    Le continent africain s’impose comme l’une des régions les plus dynamiques pour les paris sportifs en ligne. La valeur du marché était estimée à 1,85 milliard de dollars en 2024 et pourrait atteindre 2,36 milliards d’ici 2028. Le secteur pèserait au total près de 3 milliards de dollars en prenant en compte les flux officiels et non officiels.

    Ce boom est tiré par plusieurs facteurs structurels :

    – une population jeune et connectée, qui représente 70% de la population ;

    – l’essor du mobile money, avec plus de 1,1 milliard de comptes enregistrés en Afrique subsaharienne. Ce système permet de miser et retirer ses gains en quelques secondes depuis un simple téléphone, rendant les paris accessibles à tous. 94% des parieurs au Ghana, Nigéria, Kenya, Afrique du Sud, Tanzanie et Ouganda utilisent leur téléphone comme principal canal de jeu ;

    – une passion dévorante pour le football, qui représente à lui seul plus de 76,5% des mises sur le continent.

    Un Mondial 2026 sous le signe de l’Afrique

    Cette édition de la Coupe du Monde est historique pour l’Afrique avec la participation record de neuf nations : l’Afrique du Sud, l’Algérie, le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, l’Égypte, le Ghana, le Maroc, le Sénégal et la Tunisie. Le tournoi a d’ailleurs commencé avec une affiche mettant le continent à l’honneur : le match d’ouverture opposait le Mexique à l’Afrique du Sud (2-0].

    Cette forte représentation alimente logiquement un intérêt massif pour les paris, en particulier sur les performances de ces équipes. Un sondage montre d’ailleurs que les supporters placent le Maroc, le Sénégal et l’Algérie comme les meilleurs espoirs africains pour passer le premier tour.

    La bataille des régulateurs : entre convoitise fiscale et marché illégal

    Face à ce secteur florissant, les États africains tentent de mettre en place des cadres réglementaires pour capter les revenus fiscaux, dans un contexte de difficultés budgétaires. Une véritable «fièvre fiscale» s’empare du continent :

    – le Zimbabwe a augmenté sa taxe sur les jeux de 3% à 20% en janvier 2026 ;

    – la Gambie a instauré une taxe de 50% sur les gains, la plus élevée d’Afrique ;

    – le Gabon et d’autres pays comme le Sénégal, le Mali et la Côte d’Ivoire travaillent à une meilleure structuration du secteur via des intermédiaires techniques pour taxer exhaustivement les opérateurs.

    Cependant, ce marché reste marqué par une part importante d’activités informelles ou illégales. Le nombre de parieurs actifs est estimé à 400 millions, dont 300 millions misent de manière illégale, représentant environ 40% des flux totaux. Dans des pays comme la République Centrafricaine, l’absence totale de cadre légal crée une «zone grise» où des plateformes étrangères opèrent sans contrôle ni contribution fiscale. Les experts mettent en garde : une fiscalité trop lourde pourrait pousser encore plus d’opérateurs vers la clandestinité, privant les États de recettes et les parieurs de toute protection.

    Technologies de rupture et avenir du secteur

    Pour se démarquer, les opérateurs misent sur des stratégies adaptées au continent :

    – le «mobile-first» et les mises minimales : les plateformes performantes sont celles qui proposent des interfaces légères, des mises accessibles (moins de 10 dollars par mois pour la majorité des parieurs au Ghana et au Kenya), et s’intègrent directement aux opérateurs de mobile money comme MTN, Airtel ou Orange Money ;

    – l’intelligence artificielle : l’IA commence à transformer l’expérience de pari, proposant des «coachs numériques» qui analysent des millions de données pour conseiller les parieurs, comme le font les plateformes AccuratePredict (Nigéria) ou Sportsprediction (Ghana) ;

    – la puissance des influenceurs : les marques qui s’associent à des artistes et personnalités influentes du continent parviennent à capter jusqu’à 60% du marché dans certains pays.

    En somme, l’Afrique est un marché de paris en ligne à fort potentiel, où la Coupe du Monde 2026 agit comme un accélérateur de tendances. Le défi pour les années à venir sera de trouver un équilibre entre une régulation efficace, un développement économique responsable et la protection des consommateurs.

    Chine : un monopole d’État strictement physique

    En Chine continentale, les paris sportifs en ligne sont totalement interdits. La seule manière légale de participer à un jeu lié à la Coupe du Monde est de se rendre dans un point de vente physique de la Loterie sportive chinoise (China Sports Lottery) pour acheter un billet.

    Aucune plateforme en ligne n’est autorisée : tous les sites, applications ou comptes sur les réseaux sociaux proposant des paris en ligne sont illégaux et relèvent souvent d’arnaques.

    Répression numérique massive : pendant le Mondial 2026, les autorités multiplient les contrôles. Par exemple, le réseau social Xiaohongshu a déjà fermé plus de 40 000 comptes et supprimé des centaines de milliers de contenus liés aux paris illégaux.

    Cadre pénal strict : organiser ou participer à des paris en ligne peut entraîner des poursuites pénales, allant de l’amende à la peine de prison.

    Pour un résident chinois, parier en ligne sur la Coupe du Monde est impossible sans enfreindre la loi. L’unique alternative est le pari sportif physique, encadré et présenté comme un jeu d’intérêt public.

    L’Inde entre interdiction et réalité du marché

    En Inde, la situation est beaucoup plus floue. Il n’existe pas de loi fédérale uniforme interdisant ou autorisant clairement les paris sportifs en ligne. Le gouvernement central a toutefois pris des mesures strictes :

    – taxe de 28 % sur le montant total des mises (et non sur les seuls gains) pour les plateformes de jeux en ligne, ce qui a rendu le modèle économique très difficile pour les opérateurs locaux ;

    – blocage de plateformes étrangères : les autorités ont ordonné aux fournisseurs d’accès internet de bloquer des sites comme Polymarket ou Kalshi, considérés comme des marchés prédictifs illégaux ;

    – recours massif aux VPN : malgré ces blocages, des millions d’Indiens continuent de parier sur des sites étrangers en utilisant des outils de contournement. Le marché noir des paris en ligne est estimé à plusieurs milliards de dollars, et une grande partie des mises échappe à tout contrôle fiscal.

    Les États indiens ont leur propre législation : certains interdisent tout jeu d’argent, d’autres le tolèrent. Cette fragmentation crée un flou juridique que les opérateurs illégaux exploitent pleinement.

    En Inde, parier en ligne sur le Mondial est théoriquement interdit sur les grandes plateformes étrangères, mais dans les faits, des millions d’utilisateurs le font via des contournements techniques, sans protection légale ni garantie de paiement.

    Source : Fausto Giudice.

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    Qantara Africa Books | Un pont littéraire entre l’Afrique du Sud et la Tunisie

    L’auteur, médecin tunisien installé à Johannesburg, en Afrique du Sud, est également romancier. Son premier roman ‘‘Sangoma, le guérisseur’’ a reçu le Prix Comar d’Or 2026. Fort de cette expérience, il a fondé Qantara Africa Books pour créer des passerelles durables entre les littératures africaines, méditerranéennes et internationales, et accompagner la circulation des œuvres romanesques entre entre Tunis, Johannesburg, Dakar, Lagos, Nairobi ou Le Cap. Il présente ici ce projet auquel il voudrait associer beaucoup d’acteurs culturels du nord et du sud du Sahara.   

    Hichem Ben Azouz *

    Dans un monde où les échanges culturels sont souvent orientés du Nord vers le Sud, il devient urgent d’imaginer de nouveaux espaces de circulation des idées, des récits et des imaginaires. C’est de cette conviction qu’est née Qantara Africa Books, une initiative basée à Johannesburg, en Afrique du Sud, dont l’ambition est de contribuer à la création de passerelles durables entre les littératures africaines, méditerranéennes et internationales.

    Le mot Qantara signifie «pont» en arabe. Il résume à lui seul notre vision. Un pont entre les langues. Un pont entre les pays. Un pont entre les écrivains. Un pont entre les lecteurs. Un pont entre les mémoires du continent africain.

    Pourquoi Qantara ?

    L’Afrique produit aujourd’hui une littérature d’une richesse exceptionnelle. Des écrivains du Maghreb, d’Afrique de l’Ouest, d’Afrique australe ou de l’océan Indien racontent des histoires profondément enracinées dans leurs réalités tout en abordant des questions universelles telles que l’identité, la migration, la mémoire, la spiritualité, les inégalités, la modernité, l’Afrique post-coloniale ou encore les fractures de l’histoire. Pourtant, ces littératures continuent souvent à s’ignorer entre elles.

    Un auteur tunisien connaît parfois mieux la littérature française que celle d’Afrique du Sud. Un lecteur sud-africain peut avoir accès à des romans américains ou britanniques sans jamais avoir entendu parler des écrivains contemporains tunisiens.
    Qantara Africa Books souhaite modestement contribuer à réduire cette distance.

    Favoriser les échanges littéraires

    Qantara Africa Books poursuit plusieurs objectifs complémentaires : favoriser les échanges littéraires intra-africains et encourager la découverte mutuelle entre les scènes littéraires du continent.

    L’Afrique est immense, diverse et plurielle. Pourtant, les échanges éditoriaux entre ses différentes régions demeurent limités. Nous croyons qu’il existe un immense potentiel de dialogue entre Tunis, Johannesburg, Dakar, Lagos, Nairobi ou Le Cap.

    Qantara, qui se donne pour mission d’accompagner la circulation des œuvres, ambitionne de soutenir la visibilité internationale des auteurs africains à travers la mise en relation avec des éditeurs ; la participation à des salons et festivals ; l’accompagnement de projets de traduction ; la promotion des œuvres auprès de nouveaux publics.

    La traduction constitue l’un des grands défis de la littérature africaine contemporaine. Des chefs-d’œuvre demeurent souvent confinés à leur langue d’origine. Nous souhaitons promouvoir les échanges entre l’arabe, le français, l’anglais et d’autres langues du continent afin que les histoires puissent franchir les frontières.

    Qantara souhaite travailler avec des maisons d’édition, des librairies, des universités, des centres culturels, des festivals littéraires et des organismes de coopération culturelle. Et son approche repose sur la collaboration plutôt que sur la compétition.

    La Tunisie possède une tradition littéraire remarquable. Elle compte des écrivains reconnus, des éditeurs courageux, des traducteurs talentueux et une nouvelle génération d’auteurs qui mérite une visibilité accrue.

    Depuis l’Afrique du Sud, nous souhaitons contribuer à faire connaître davantage ces voix auprès des lecteurs anglophones et des institutions culturelles d’Afrique australe.

    Nous sommes convaincus que les récits tunisiens ont beaucoup à apporter aux débats contemporains sur la mémoire, l’identité, la modernité, la spiritualité et les transformations sociales.

    Au-delà du livre, un véritable écosystème culturel

    Qantara ne se limite pas à l’édition. Nous nous intéressons également aux liens entre littérature, cinéma, histoire, patrimoine, tourisme culturel et mémoire collective.

    Nous croyons que les histoires ne vivent pas uniquement dans les livres. Elles vivent dans les villes. Dans les paysages. Dans les musées. Dans les langues. Dans les rencontres humaines.

    Notre ambition est donc de participer à la construction d’un véritable écosystème culturel reliant la Tunisie, l’Afrique du Sud et, à terme, les différentes régions du continent.

    Qantara Africa Books est encore une initiative jeune. Mais tous les ponts commencent par une première pierre.

    Nous invitons les écrivains, éditeurs, traducteurs, libraires, universitaires et acteurs culturels tunisiens qui partagent cette vision à entrer en dialogue avec nous.

    Les ponts ne se construisent jamais seuls. Ils se construisent pierre après pierre, rencontre après rencontre, livre après livre. Et peut-être qu’à une époque où les murs semblent parfois se multiplier, il est plus nécessaire que jamais de continuer à bâtir des ponts.


    * Médecin et romancier.

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    ‘‘Derrière le miroir’’ de Mohamed Aziza | Les mémoires d’un homme libre  

    Avec sa méfiance envers les stéréotypes, les prêts à penser et l’essentialisation de l’Autre, le diplomate et poète Mohamed Aziza nous offre dans ses mémoires une leçon de modestie, d’humanité et d’ouverture qui, en cette ère de repli identitaire et de guerre des civilisations, mérite d’être méditée et servir d’exemple.

    Ridha Kefi 

    J’ai connu Mohamed Aziza lorsqu’il a fait appel au jeune écrivain et journaliste que j’étais pour faire partie du comité d’organisation de la 1ère Université euro-arabe itinérante qui s’est tenue au Centre culturel international de Hammamet, en juillet 1986. Ce fut la première et la dernière session organisée en Tunisie, malgré le succès qu’elle connut à l’époque, et ce n’est pas par la faute de son initiateur qui a réussi, d’ailleurs, à en organiser beaucoup d’autres par la suite autour de la Méditerranée.

    Je me souviens du jour de l’ouverture comme si c’était aujourd’hui. Le Premier ministre Mohamed Mzali venait d’être limogé dans la soirée par Habib Bourguiba et le ministre de la Culture, Bechir Ben Slama, n’allait pas tarder à être remercié lui aussi. Et il a fallu tout l’entregent, la diplomatie et le bagou de Mohamed Aziza pour que l’événement ait finalement lieu, malgré la «courageuse» rétractation de certains responsables, soucieux de se démarquer politiquement d’une opération portée par un électron libre, un intellectuel indépendant abusivement rattaché au «clan Mzali».

    Heureusement que les honorables invités de la Tunisie n’ont rien senti de ces atermoiements et de ces micmacs tuniso-tunisiens. Ils ont eu droit à un accueil digne de leur rang et ont même passé de mémorables moments autour de la piscine de Dar Sebastian et dans les allées du jardin du CCIH, entre bougainvilliers, cyprès et bigaradiers, sans oublier les riches débats auxquels prirent part les intellectuels et les artistes les plus en vue de l’époque.

    Homme libre et citoyen du monde

    J’ai gardé depuis une grande admiration pour le diplomate, le poète (Shams Nadir comme il se surnomme) et l’agitateur culturel qu’a toujours été Mohamed Aziza, l’enfant de la médina de Tunis qui a tant donné à son pays, sans en être récompensé en retour et, surtout, sans en concevoir ni regret ni ressentiment.

    Rejeté par une classe politique nationale  embrigadée, calculatrice et aux idées étriquées, cet homme libre, qui se dit citoyen du monde, solidement enraciné dans la culture arabo-musulmane et africaine dont il a toujours tiré la sève de sa pensée, mais assoiffé d’humanisme et d’universalité, a côtoyé les grands esprits de son époque et s’est mêlé aux batailles idéologiques et artistiques des soixante dernières années, non pas en acteur politique engagé dans une chapelle – il n’a jamais appartenu à un parti ou fait partie d’une camarilla –, mais en intellectuel indépendant, et en poète rebelle habitant l’éclair.

    C’est ce parcours riche et exemplaire que Mohamed Aziza partage avec les lecteurs dans ses mémoires publiées sous le titre ‘‘Derrière le miroir’’ (éditions Maison du Livre, Tunis, 2026, 232 pages). Ce nomade ivre de grands espaces et assoiffé de rencontres passe en revue ses pérégrinations entre Tunis, Hammamet, Paris, Addis Abeba, Le Caire, Bagdad, Beyrouth, Alger, Rabat, Asilah, Marrakech, Dakar, Rome, Cordoue ou Madrid. Il raconte ses échanges avec certaines grandes figures de la culture contemporaine, de Louis Aragon à Léopold Sédar Senghor, en passant par Naguib Mahfouz, Aimé Césaire, Julio Cortazar, Alejo Carpentier, Carlos Fuentes, Edgar Morin, Amin Maalouf, Federico Mayor, Adonis ou autres André Miquel, toujours animé par ce qu’il appelle «l’attention à l’Autre, le désir toujours inassouvi de dialoguer, d’échanger et de trouver les voies de l’entente».

    Avec sa méfiance envers les stéréotypes et les prêts à penser, Mohamed Aziza nous offre dans ses mémoires une leçon de modestie et d’ouverture d’esprit qui, en cette ère de repli identitaire, mérite d’être méditée et suivie.

    Un navigateur ivre d’espaces

    De la Télévision tunisienne dont il fut l’un des fondateurs, à l’Organisation de l’Unité africaine, à l’Unesco, à l’Université euro-arabe itinérante, à l’Académie de poésie, à l’Observatoire de la Méditerranée qu’il a dirigé à la demande de son ami, l’ancien chef de la diplomatie italienne Franco Frattini, l’auteur du ‘‘Silence des sémaphores’’ (1972) et du ‘‘Planisphère intime’’ (2018), pour ne citer que deux de ses ouvrages poétiques, a mené sa barque avec la passion d’un navigateur ivre d’espaces et d’embruns, comme Ulysse, mais sans prêter l’oreille aux chants des sirènes politiques et idéologiques.

    Dans sa vie d’homme comme dans son œuvre de poète, il a interrogé inlassablement les deux plus grands mystères auquel est confrontée l’humanité : «les deux infinis qui se retrouvent dans toute chose, l’infini grand et l’infini petit» (Pascal dixit). Lesquels, selon Mohamed Aziza, «déterminent notre bref passage dans le règne du vivant qui se conclut inéluctablement par l’effacement de la trace de nos pas sur le sable du rivage d’une terre dont nous ne sommes que des passagers locataires».  

    Je ne peux conclure cette note de lecture des mémoires de Mohamed Aziza sans une tendre pensée pour Xavière Ulysse, la compagne de 60 ans de vie commune, dont il a accompagné douloureusement la maladie jusqu’à sa mort le 14 mars 2025 et au souvenir de laquelle il a consacré plusieurs passages émouvants de son livre : «La maladie qui a frappé ma compagne réduisant, peu à peu, ses facultés cognitives et sa mobilité jusqu’à la clouer, muette et absente, sur un lit médicalisé», écrit-il, avec la sobriété qui sied à l’évocation des grandes douleurs. Et d’ajouter ce passage où beaucoup de lecteurs ayant vécu des expériences similaires se retrouveront : «Dure épreuve pour le malade et pour celui qui le veille, priant de toutes ses forces pour que l’être aimé diminué ne connaisse pas les affres de la douleur qui constitue, à mes yeux, un scandale métaphysique car si la mort peut apparaître comme la fin naturelle de la vie et comme le seul examen que personne n’a jamais raté, aucune croyance ne saurait justifier l’existence gratuite et sadique de la douleur.»

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    La Calabre mise sur la main d’œuvre qualifiée tunisienne   

    Quelques jours avant l’ouverture du Forum italo-tunisien des affaires et de l’entrepreneuriat, prévu les 23 et 24 juin au siège de l’Utica à Tunis, avec la participation du ministre des Affaires étrangères et vice-président du Conseil des ministres italien, Antonio Tajani, la région de Calabre, à la pointe sud-ouest  de l’Italie, a annoncé la création d’un pôle de formation continue en Tunisie pour un investissement de 7,4 millions d’euros.

    «La Calabre perçoit la Méditerranée comme un espace de développement et d’opportunités», a déclaré le président de la Région Calabre, Roberto Occhiuto.  Confirmant le rôle central croissant de la Tunisie dans la stratégie italienne pour la Méditerranée et la volonté de renforcer les liens économiques, éducatifs et d’emploi entre les deux rives, il a souligné que la création de ce pôle représente «la première étape d’une stratégie encore plus ambitieuse».

    D’une durée prévue de 36 mois, le projet «Pôle de formation en Tunisie – Une coopération entre pairs» est financé par le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, par l’intermédiaire de l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS), avec le cofinancement de la Région Calabre et des partenaires participants.

    Développement des compétences et insertion professionnelle

    Cette initiative vise à créer dans le gouvernorat de Tunis une structure permanente capable de mettre en relation les institutions, les universités, les entreprises et les services de l’emploi, afin de favoriser le développement des compétences et l’insertion professionnelle.

    Ce programme bénéficiera directement à plus de 3 100 jeunes, étudiants, femmes, formateurs et professionnels des systèmes éducatifs et professionnels tunisiens.

    L’objectif est de contribuer au développement socio-économique du pays et, simultanément, de consolider la stabilité de la région euro-méditerranéenne grâce à de nouvelles opportunités de formation et d’insertion professionnelle en Italie, afin de pallier la pénurie de main-d’œuvre.

    Dans le futur, la région de Calabre envisage de mettre en place des centres d’emploi pilotes en Tunisie afin de favoriser des circuits réguliers et qualifiés pour la mise en relation de l’offre et de la demande d’emploi, en identifiant précisément les compétences recherchées par les entreprises calabraises en Tunisie, a expliqué M. Occhiuto, cité par Agenzia Nova.

    Le pôle fonctionnera selon deux axes principaux. Le premier volet concerne la formation professionnelle dans les secteurs du bâtiment et des travaux publics, de l’agriculture, de l’agroalimentaire, du tourisme et de l’hôtellerie, tous stratégiques pour les économies tunisienne et calabraise.

    Des centres italiens d’emploi pilotes en Tunisie

    Le second volet porte sur l’enseignement supérieur, à travers des programmes élaborés conjointement par les universités calabraises et tunisiennes dans les domaines de l’ingénierie, de l’agroalimentaire, des professions de santé et de la médiation linguistique.

    Cette initiative s’inscrit dans le cadre plus large du Plan Mattei pour l’Afrique du gouvernement italien, qui considère la formation et le développement des compétences comme des outils essentiels pour promouvoir une croissance partagée et une gestion maîtrisée des flux migratoires.

    Dans ce contexte, la Tunisie confirme sa position de partenaire clé de l’Italie en Méditerranée, non seulement sur les plans économique et commercial, mais aussi en matière de coopération académique et de développement du capital humain.

    La tenue simultanée du Forum économique organisé par Utica, qui réunira à Tunis des institutions et des entreprises des deux pays en présence du ministre Tajani, souligne la volonté de transformer la coopération italo-tunisienne traditionnelle en un partenariat structuré et durable, fondé sur l’investissement, le transfert de compétences et la création d’emplois. Dans ce contexte, la Calabre ambitionne de jouer un rôle de passerelle naturelle entre l’Italie et le littoral méridional de la Méditerranée, en faisant de l’éducation un levier de développement partagé et d’intégration économique régionale.

     I. B.

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    La Tunisie au Mondial | Le renard, le corbeau, et le fromage hollandais

    Il est évident que les scores catastrophiques prévisibles de l’équipe de Tunisie lors de cette Coupe du monde 2026 ne sont que le chant du signe d’un football national qui enfantait jadis des joueurs talentueux et qui, aujourd’hui, est à l’agonie. (Illustration : image générée par IA).

    Dr Mounir Hanablia *

    Je viens de vivre une première expérience, celle de suivre un match de l’équipe nationale tunisienne de football, non pas devant le petit écran, un exercice que j’ai jugé évitable pour des raisons évidentes, mais à travers les commentaires en direct du correspondant de The Guardian au Mondial. Et encore ! Ce serait faire entorse à la vérité de faire croire que je me sois éveillé spécialement pour l’évènement. Simplement les hasards de mon cycle nycthéméral ont fait que je me sois trouvé disponible afin de suivre le déroulement de la rencontre à travers des réflexions britanniques.

    Je n’ai pas été déçu et pour peu que mon état physiologique me le permette, je suivrai de la même manière la partie contre la Maison Orange.

    Mais pour en revenir au déroulement de la rencontre, voilà qu’après 4 minutes, les gars se sont retrouvés menés au score, et selon les commentaires, à courir derrière un adversaire insaisissable. Avec près de 60% de possession, les Nippons ont fini par doubler la mise à la 31e minute; juste après l’apparition dans les commentaires d’une vidéo très drôle de l’acteur Alan Partridge ( Dan ! Dan ! Dan ! Daaaaaaaaan !) pour rappeler le calvaire de Hervé Renard, s’époumonant le long de sa ligne de touche à rameuter ses troupes.

    La deuxième mi-temps a été moins intense, la Tunisie ayant parfois donné l’impression de colmater la brèche. Cela n’a pas empêché les diables nippons (un corbeau attitré va m’accuser de racisme) de scorer à deux reprises et de mettre à l’heure leur différence de buts face aux Suédois sévèrement étrillés par une équipe Orange pressée de se qualifier.

    Les commentaires les plus significatifs de notre observateur ont concerné inévitablement Maître Renard, chemise blanche et voyageur selon le destin déchiffré par la mère d’une lectrice.

    Le commentateur s’est interrogé si Bora Milutinovic, un autre globe-trotter du football, ne serait pas le nouvel entraîneur de l’équipe tunisienne pour son dernier match, celui du retour, Carlos Queiroz étant, lui, déjà occupé ailleurs.

    Concernant le Japon, appelé probablement à rencontrer le Brésil ou le Maroc en cas de qualification, il paraît que la fédération a établi un plan de travail en mettant en place un championnat copié sur la Bundesliga allemande, avec pour objectif le titre mondial à l’orée des années 2050.

    La Tunisie a formé des générations de footballeurs talentueux. Mais tout comme au Brésil, ce temps est terminé. Il n’y a plus de terrains vagues constituant des viviers de recrutement où les jeunes donnent libre court à leur talent, et ces derniers préfèrent désormais passer le plus clair de leur temps sur leurs i phones ou dans les publinets. Et les écoles de football qui éclosent à travers le pays sont soumises à la loi de la rentabilité financière, autrement dit elles ne sont accessibles qu’à une certaine catégorie de la population, celle pour qui le ballon rond ne constitue pas un avenir financier. Quant aux grands clubs, le népotisme qui y règne est de notoriété publique. Il est donc évident que les scores catastrophiques prévisibles de l’équipe nationale lors de cette Coupe du monde ne sont que le chant du signe d’un football à l’agonie, et que cette leçon ne vaudra pas à Maître Renard un fromage Hollandais, en dépit de tous les corbeaux du Monde.      

    * Médecin de libre pratique.

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