Europe. L’éternel combat des immigrés pour leur liberté
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Une marche aura lieu le dimanche 21 juin 2026 à partir du 14h00 et au départ du Métro Barbès à Paris sous le slogan «Mettons un coup K.O. au racisme !», organisée à l’initiative de nombreuses organisations antiracistes, associations de défense des droits humains, syndicats, partis politiques et personnalités engagées en France contre le racisme et pour la défense des valeurs de liberté, d’égalité et de solidarité.
Les marcheurs dénonceront le racisme sous toutes ses formes, en France comme en Tunisie, et exprimeront leur solidarité avec Saadia Mosbah, condamnée à huit ans de prison, et avec Abdallah Said, détenu depuis plus d’un an et demi dans l’attente de son procès, «en raison de leur engagement en faveur des droits des personnes migrantes et de la solidarité humaine», précisent les organisateurs de la marche.
«Nous voulons également dénoncer les agressions racistes, les violences, les expulsions forcées, les traitements inhumains et les multiples violations des droits fondamentaux dont sont victimes les migrants subsahariens en Tunisie», ajoutent-ils, estimant que «les actes et crimes racistes visant les migrants subsahariens en Tunisie ont atteint un niveau de gravité alarmant» et qu’ils «prospèrent dans un climat d’impunité qui donne à leurs auteurs le sentiment qu’ils peuvent agir sans craindre de poursuites ni de sanctions.»
«La récente diffusion d’une vidéo montrant une femme noire victime d’un viol collectif sous les yeux de son mari a provoqué une profonde indignation. Cet acte d’une extrême gravité illustre jusqu’où peut conduire la déshumanisation de personnes déjà vulnérables. En tant qu’êtres humains, nous ne pouvons accepter que le racisme, la violence et l’impunité deviennent une réalité banalisée», lit-on encore dans l’appel à manifester.
Les associations organisatrices, à savoir le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT), l’Association démocratique des Tunisiens en France (ADTF), la Fédération des Tunisiens citoyens des deux rives (FTCR) et l’Union des travailleurs immigrés tunisiens (UTIT), dénoncent, également, dans leur appel, «la responsabilité des politiques migratoires menées entre l’Union européenne et la Tunisie.»
«Le soutien politique, financier et sécuritaire apporté par l’Union européenne aux autorités tunisiennes soulève de sérieuses questions quant à la responsabilité de chacun face aux violations des droits humains commises contre les migrants. Aucune politique migratoire ne saurait justifier des atteintes à la dignité humaine ni la remise en cause des droits fondamentaux», écrivent-elles, en soulignant la concomitance entre la signature du mémorandum d’entente entre la Tunisie et l’Union européenne et l’augmentation notable des reconduites à la frontière et des expulsions de ressortissants tunisiens depuis plusieurs États européens.
«Présentée comme un modèle de coopération efficace en matière de contrôle migratoire, la Tunisie est désormais érigée en exemple de réussite d’une politique fondée sur l’externalisation des frontières et l’accélération des retours. Derrière les discours sur la ‘‘gestion des flux migratoires’’, cette approche a pourtant des conséquences humaines, sociales et économiques lourdes pour les personnes concernées. Elle privilégie une logique de fermeture et de renvoi au détriment de la protection des droits fondamentaux, de la dignité des migrants et de la prise en compte des causes profondes des migrations. Nous refusons que la Tunisie serve de vitrine à une politique migratoire qui fait primer les impératifs sécuritaires sur le respect des droits humains», ajoute l’appel à la marche de solidarité avec les victimes du racisme en France, en Tunisie et partout dans le monde et «pour l’égalité des droits et la dignité de toutes les personnes».
I. B.
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Le ministère de l’Intérieur a annoncé avoir mis en place, depuis quatre mois, un nouveau mécanisme de regroupement des migrants irréguliers originaires d’Afrique subsaharienne souhaitant retourner volontairement dans leurs pays d’origine, rapporte Mosaïque FM.
Cette mesure vise principalement les migrants présents dans le Grand Tunis, à Nabeul et dans d’autres régions du pays, qui rencontrent des difficultés pour rejoindre la région de Sfax, où se trouve le principal centre d’accueil dédié au programme de retour volontaire.
Cette annonce a été faite mardi 2 juin 2026, en marge d’une opération de transfert de migrants depuis Tunis vers le camp du kilomètre 21, situé dans la délégation d’El Amra, dans le gouvernorat de Sfax.
Selon un représentant du ministère de l’Intérieur chargé du point de regroupement à Tunis, un bus transportant 58 migrants en situation irrégulière a quitté la capitale dans la matinée en direction du camp d’El Amra.
Les personnes concernées doivent y finaliser les procédures administratives et logistiques nécessaires avant leur rapatriement dans le cadre du programme de retour volontaire.
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Le responsable a précisé que cette démarche repose exclusivement sur le principe du volontariat et concerne les migrants ayant exprimé leur souhait de rentrer dans leurs pays d’origine.
D’après les autorités, le ministère de l’Intérieur a commencé par mener des campagnes de sensibilisation auprès des migrants intéressés par le retour volontaire.
Face aux difficultés de déplacement rencontrées par plusieurs migrants installés hors de Sfax, les autorités ont ensuite décidé de créer un point de regroupement dans la capitale afin de faciliter leur prise en charge avant leur transfert vers le camp principal d’El Amra.
Le camp du kilomètre 21 est opérationnel depuis la mi-juin 2025. Il avait été aménagé après les opérations sécuritaires menées contre plusieurs camps informels de migrants installés dans la région de Sfax, devenue l’un des principaux points de départ des traversées clandestines vers l’Europe.
Depuis plusieurs mois, la question migratoire occupe une place centrale dans le débat public tunisien, notamment dans les régions du littoral sud-est où se concentrent d’importants groupes de migrants subsahariens.
Les autorités tunisiennes multiplient les opérations de démantèlement de camps anarchiques et affirment privilégier les solutions de retour volontaire, en coordination avec différentes structures nationales et internationales concernées par la migration.
Le programme de retour volontaire s’inscrit dans un contexte de pression migratoire persistante en Méditerranée centrale, alors que Tunis cherche à renforcer le contrôle des départs irréguliers tout en évitant une aggravation des tensions humanitaires et sociales dans certaines régions du pays.
Les autorités n’ont toutefois pas communiqué, à ce stade, le nombre total de migrants ayant bénéficié du programme de retour volontaire depuis le lancement du dispositif.
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Le camp de retour volontaire situé à « Kilometre 21 », dans la délégation d’El Amra dans le gouvernorat de Sfax, a enregistré ce vendredi 22 mai 2026 le plus grand nombre de départs en une seule opération depuis sa mise en service en juillet dernier, dans le cadre du projet d’intervention humanitaire pour le retour volontaire des migrants en situation irrégulière.
Selon le superviseur général du camp, cité par la radio Mosaïque, 243 migrants de nationalité ivoirienne ont quitté le site au cours de la journée. Leur transfert a été assuré via six bus mis à disposition par les autorités régionales de Sfax, en direction de l’aéroport de Tunis-Carthage, où ils doivent embarquer sur un vol spécial de la compagnie Tunisair à destination d’Abidjan, prévu dans la soirée vers 21h.
La même source indique que plus de 4 000 migrants en situation irrégulière ont, jusqu’à présent, regagné volontairement leurs pays d’origine depuis le lancement du programme, sur la base de leur consentement et dans le cadre de procédures coordonnées avec les représentations diplomatiques concernées.
Le responsable précise que l’accueil au sein du camp est organisé selon la situation administrative des personnes. Les détenteurs de passeports bénéficient généralement d’un séjour très court, souvent limité à une journée, tandis que les personnes ne disposant que de documents d’identité peuvent attendre plusieurs jours, voire jusqu’à deux semaines, le temps de finaliser les formalités de sortie en coordination avec les autorités compétentes.
Durant leur séjour, les migrants bénéficient de conditions d’accueil incluant hébergement, alimentation et suivi sanitaire, en collaboration avec le Croissant-Rouge tunisien, ainsi que des visites médicales régulières.
Le responsable ajoute que le centre reçoit quotidiennement entre 50 et 100 migrants candidats au retour volontaire, dans un cadre présenté comme structuré et humanitaire, visant à faciliter les procédures de retour dans des conditions organisées.
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Le député de l’assemblée des représentants du peuple (ARP) pour la région de Sfax, Tarak Mahdi, affirme l’existence de milliers de migrants en situation irrégulière actuellement employés sans documents dans plusieurs secteurs économiques, selon une intervention médiatique diffusée sur Jawhara FM.
Il appelle à renforcer le contrôle des conditions de travail et de logement afin de soutenir, selon lui, la stratégie de l’État visant le retour volontaire des migrants en situation irrégulière. Ces déclarations interviennent dans un contexte de forte sensibilité politique et sociale autour de la gestion des flux migratoires en Tunisie.
Selon Tarak Mahdi, des milliers de migrants sans statut légal seraient aujourd’hui actifs dans plusieurs secteurs économiques, notamment les restaurants, cafés, unités de production et chantiers de construction. Le parlementaire estime que cette présence s’accompagne de formes d’occupation informelle du territoire, notamment via des logements ou des entrepôts utilisés sans cadre légal conforme.
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Il affirme également que des mouvements récents de migrants ont été observés après le démantèlement de certains campements, avec une dispersion vers les grandes villes et quartiers résidentiels.
Le député évoque le démantèlement de camps installés dans certaines zones du sud et du centre du pays, qu’il considère comme un enjeu sécuritaire et territorial.
Il décrit ces espaces comme ayant développé des formes d’organisation interne permettant, selon lui, une autonomie partielle, ce qui justifierait l’intervention des autorités pour récupérer des terres exploitées sans autorisation.
Le député considère que l’emploi de migrants sans autorisation de travail et leur hébergement dans des conditions non réglementaires constituent des facteurs qui prolongeraient leur présence sur le territoire. Il appelle ainsi à une implication des citoyens et des acteurs économiques dans la limitation de ces pratiques, estimant que cela pourrait favoriser les retours volontaires vers les pays d’origine.
Selon lui, plusieurs milliers de départs volontaires auraient déjà été organisés, sans pour autant réduire durablement la pression migratoire.
La question migratoire reste un sujet sensible en Tunisie, notamment dans les régions de Sfax et du littoral, où se concentrent des dynamiques de transit et d’installation.
Les autorités tunisiennes affirment régulièrement mener des opérations de démantèlement de camps et de gestion des départs volontaires, tandis que des organisations de la société civile alertent sur les conditions humanitaires et juridiques de ces populations. Ce dossier continue ainsi de cristalliser des tensions entre impératifs sécuritaires, économiques et humanitaires.
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Le débat autour de l’externalisation de la politique migratoire européenne refait surface. Dans un récent article, le quotidien britannique The Guardian révèle que plusieurs pays européens soutiennent désormais l’idée de transférer des migrants déboutés du droit d’asile vers des « hubs » ou centres situés dans des pays tiers.
Selon le journal, cette approche a été discutée lors d’une réunion du Conseil de l’Europe tenue en Moldavie. Le texte adopté par plusieurs dizaines de pays européens évoque la possibilité de créer des centres de retour hors de l’Union européenne, y compris en Tunisie, pour accueillir des migrants en situation irrégulière ou des demandeurs d’asile rejetés.
Même si la Tunisie n’est pas officiellement désignée comme futur pays d’accueil, le pays est régulièrement cité dans les discussions européennes sur l’externalisation migratoire, au même titre que l’Albanie, le Rwanda, la Libye ou encore certains pays des Balkans.
Ces dernières années, Tunis a déjà été associé à plusieurs projets ou scénarios européens visant à limiter les arrivées de migrants vers les côtes italiennes. L’accord migratoire conclu en 2023 entre l’Union européenne et la Tunisie avait notamment renforcé la coopération sécuritaire et financière autour du contrôle des frontières et des départs clandestins.
Le modèle des « pays tiers » ne concerne toutefois pas uniquement la Tunisie. The Guardian rappelle que plusieurs gouvernements européens explorent différentes pistes avec des États non membres de l’Union européenne. L’Italie a déjà tenté une expérience avec l’Albanie pour y transférer certains migrants secourus en Méditerranée.
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Le Royaume-Uni avait auparavant porté le controversé projet Rwanda, finalement bloqué après des batailles judiciaires et politiques.
En Tunisie, cette question demeure extrêmement sensible et polémique. Plusieurs organisations tunisiennes et internationales de défense des droits humains dénoncent régulièrement le risque de voir le pays devenir une plateforme de rétention ou de refoulement pour migrants destinés à l’Europe.
Des ONG accusent également l’Union européenne de transférer progressivement la gestion migratoire vers des pays du sud de la Méditerranée, sans garanties suffisantes concernant les droits fondamentaux des migrants.
De leur côté, les autorités tunisiennes ont à plusieurs reprises affirmé que la Tunisie ne serait ni un pays d’installation ni une terre de substitution pour les migrants irréguliers cherchant à rejoindre l’Europe.
Le sujet continue ainsi d’alimenter un vif débat politique, médiatique et diplomatique, alors que l’Europe durcit progressivement sa politique migratoire face à la pression croissante des arrivées clandestines en Méditerranée.
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La Tunisie poursuit son programme de retour volontaire des migrants en situation irrégulière en coopération avec l’Organisation internationale pour les migrations. Depuis 2022, plus de 22.000 personnes ont été rapatriées vers leurs pays d’origine, selon les chiffres dévoilés lundi par les autorités tunisiennes et l’OIM.
Le chef de mission de Organisation internationale pour les migrations en Tunisie, Azouz Samri, a annoncé que 22.377 migrants en situation irrégulière ont bénéficié du programme de retour volontaire et de réintégration depuis son lancement en 2022.
Parmi eux, 2103 migrants principalement originaires d’Afrique subsaharienne, ont été rapatriés au cours de l’année 2026 (1614 en 2022 ; 2.557 en 2023 ; 7250 migrants en 2024 ; 8853 migrants en 2025). L’organisation prévoit également d’assurer prochainement le retour d’environ 400 migrants supplémentaires.
Ces déclarations ont été faites à l’occasion d’une rencontre tenue au siège du ministère des Affaires étrangères entre Azouz Samri et le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti.
Selon un communiqué du ministère, la réunion a permis d’évaluer les résultats du programme de retour volontaire et de réintégration destiné aux migrants en situation irrégulière.
Le ministre a salué les efforts déployés par l’OIM pour organiser ces opérations dans le respect des droits humains et de la dignité des migrants.
Il a également insisté sur la nécessité d’accélérer le rythme des retours volontaires tout en renforçant l’accompagnement social, logistique et sanitaire afin d’assurer des conditions de réintégration durables dans les pays d’origine.
Le responsable tunisien a par ailleurs plaidé pour une meilleure coordination entre les différentes parties prenantes et pour la mise en place de mécanismes encourageant le retour volontaire, dans une logique de développement solidaire et de création d’opportunités économiques.
La rencontre a aussi porté sur plusieurs programmes de coopération entre la Tunisie et Organisation internationale pour les migrations liés au développement et à l’insertion économique.
Parmi eux figure le projet « Helma », destiné à renforcer l’insertion sociale et professionnelle des jeunes les plus exposés à la migration irrégulière ainsi que des catégories vulnérables, grâce à des formations adaptées et au développement des compétences.
Les discussions ont également évoqué le projet « Mobi-TRE », qui vise à mobiliser les investissements et l’expertise de la diaspora tunisienne afin de soutenir le développement économique des régions de l’intérieur et de favoriser la création d’emplois durables pour les jeunes.
De son côté, le chef de mission de l’OIM a salué l’approche tunisienne dans la gestion de la migration irrégulière.
Selon lui, cette stratégie repose sur la protection des droits des migrants, la lutte contre la traite des êtres humains et le démantèlement des réseaux de criminalité organisée liés à la migration clandestine.
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