Mondial 2026 : les Lions de l’Atlas en pole position pour le deuxième tour
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L’équipe de Tunisie de football a connu une chute spectaculaire au classement Fifa, perdant 13 places d’un coup pour se retrouver 58e mondiale, suite à ses trois dernières lourdes défaites face à la Belgique en amical (0-5) et lors de ses deux premiers matches de groupe au Mondial 2026, face à la Suède (1-5) et le Japon (0-4).
Ce déclin des Aigles de Carthage, qui n’ont jamais volé aussi bas, ne s’est pas limité au niveau mondial, mais s’est également étendu au classement continental, où elle occupe désormais la 10e place en Afrique et la 5e dans le monde arabe, derrière le Maroc, l’Égypte, l’Algérie et le Qatar.
À l’inverse, l’équipe nationale marocaine a continué d’écrire l’histoire, se hissant à la 6e place mondiale, le meilleur classement jamais atteint par une équipe arabe et africaine, devant des équipes établies comme l’Allemagne, les Pays-Bas, le Portugal et la Belgique.
Cette performance souligne les progrès significatifs réalisés par le football marocain ces dernières années sur les plans du management, de la formation et des infrastructures.
Au sommet du classement mondial, l’équipe nationale argentine, championne du monde en titre, a conservé sa première place, tandis que l’Espagne et la France ont échangé les 3e et 4e places, sans changement d’identité du leader.
Rappelons que le meilleur classement Fifa de l’histoire de l’équipe nationale masculine de Tunisie est la 14e place, atteinte en avril et mai 2018. Depuis, elle n’a cessé de dégringoler, à l’image d’un football tunisien mal géré, pauvre en individualités et faible en moyens financiers.
I. B.
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La Tunisie est le 2e pays africain et 62e mondial affichant les meilleures performances en matière de transition énergétique en 2026, derrière la Namibie (1er, 61e) et devant le Gabon (3e, 66e), l’Afrique du Sud (4e, 69e), le Maroc (5e, 72e), Maurice (6e, 73e), le Cameroun (7e, 78e), le Nigeria (8e, 80e), l’Egypte (9e, 84e) et le Ghana (10e, 85e).
C’est ce qui ressort du classement publié jeudi 18 juin par le Forum économique mondial (WEF) avec le concours du cabinet de conseil Accenture.
«The Energy Transition Index (ETI) 2026» évalue les performances actuelles des systèmes énergétiques de 120 pays pour lesquels des données cohérentes sont disponibles, sur la base de 44 indicateurs répartis en trois dimensions de performance (sécurité, durabilité et équité) et cinq facteurs de préparation à la transition énergétique (réglementation et engagement politique, financements et investissements, innovation, infrastructures, et éducation et capital humain).
Les pays étudiés sont notés sur une échelle de 0 à 100 points pour chaque indicateur. Le score global est composé des scores de deux sous-indices que sont la performance du système énergétique et la préparation à la transition, pondérés respectivement à 60 % et 40 %.
I. B.
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Le Groupe suisse Cicor, spécialisé dans la fabrication de modules électroniques, l’assemblage de câbles, le surmoulage, et les systèmes électroniques complets, notamment pour l’aéronautique, a annoncé dans un communiqué daté du 16 juin 2026 la cession au cours de ce mois de son site de production tunisien situé à Borj Cédria, au sud de Tunis, employant environ 90 personnes, pour un montant de 1,3 million d’euros, auquel s’ajoutent les ajustements habituels.
«Les activités de production en Afrique du Nord seront regroupées sur les sites du Groupe à Berrechid et Temara, près de Casablanca, au Maroc », annonce encore Cicor dans son communiqué.
Le Groupe annonce la mise en œuvre de plusieurs autres «mesures d’intégration et d’efficacité supplémentaires» ainsi qu’«un programme d’augmentation de sa capacité et de sa productivité afin de répondre à une demande en forte croissance, notamment sur le marché de l’aérospatiale et de la défense.»
Cette «gestion rationalisée» , y compris la cession du site tunisien, entraînera la suppression d’environ 220 postes, soit 5 % des effectifs totaux de Cicor.
Le communiqué du groupe ne cite pas ne nom de l’acquéreur de son site tunisien.
Dans un article posté sur son blog, l’économiste Moktar Lamari a écrit que le groupe suisse, coté à la Bourse de Zurich, «vient de prendre une décision froide, chiffrée, et sans appel : la Tunisie, c’est fini. Le Maroc, c’est l’avenir». Il ajoute : «La logique est implacable : Cicor concentre désormais toutes ses activités nord-africaines au Maroc. Les clients tunisiens ? Ils restent clients de Cicor — mais les produits seront fabriqués à Casablanca. La Tunisie perd la production, le Maroc encaisse les commandes.» La vraie question selon lui c’est la suivante : «Combien d’autres Cicor silencieux ont déjà pris la même décision, sans communiqué de presse, sans Bourse de Zurich pour l’officialiser ? Combien de projets industriels ont discrètement bifurqué vers Casablanca, Tanger, ou Agadir — pendant que Tunis débattait d’autre chose ?»
I. B.
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Soixante-dix ans après les indépendances du Maroc et de la Tunisie, le colloque international «Décolonisations et mémoires des indépendances maghrébines (1956–2026)», tenu à Paris les 8 et 9 juin 2026, a constitué un moment majeur de réflexion historique sur les héritages coloniaux et leurs prolongements contemporains. Accompagné de l’exposition «Décolonisations en miroir : France/Afrique du Nord (1930–1970)», cet événement scientifique a proposé une lecture croisée des trajectoires de la France, de l’Algérie, du Maroc et de la Tunisie.
Abdelhamid Larguèche *

Plus qu’une simple commémoration, cette rencontre a invité à penser les décolonisations comme des processus connectés, où les histoires des deux rives de la Méditerranée demeurent profondément imbriquées.
Au début des années 1930, l’empire colonial français atteint son extension maximale. L’Exposition coloniale internationale de 1931 à Paris célèbre alors la puissance impériale et diffuse un imaginaire fondé sur la mission civilisatrice et la hiérarchie des peuples.
Les cartes coloniales, les affiches de propagande et les représentations exotiques du Maghreb révèlent une géographie politique façonnée par la domination européenne. Ces images participaient à une entreprise plus vaste : naturaliser l’ordre colonial et effacer les réalités historiques et culturelles des sociétés colonialisées. Pourtant, cet âge d’or impérial portait déjà les germes de sa propre contestation.
Paradoxalement, la capitale française devient également le lieu où se forgent les élites anticoloniales. Étudiants, intellectuels et militants maghrébins y élaborent les premiers discours nationalistes modernes. Parmi les figures majeures émergent Abdelaziz Thaalbi, Habib Bourguiba ou encore Messali Hadj, dont les parcours témoignent de l’interconnexion des espaces politiques méditerranéens
En Tunisie, la publication de ‘‘La Tunisie martyre’’ de Thaalbi en 1920 marque un tournant majeur du nationalisme moderne. La fondation du Destour puis du Néo-Destour structure progressivement la revendication souveraine. C’est à Paris que se forgent les idées de souveraineté qui renverseront l’ordre impérial.
Au Maroc, le Dahir berbère de 1930 cristallise les résistances contre le protectorat. En Algérie, Messali Hadj fonde l’Étoile nord-africaine (ENA) dès 1926 à Paris, ouvrant la voie au nationalisme indépendantiste algérien.
L’Étoile nord-africaine, dirigée par Messali Hadj, revendique l’indépendance de l’Algérie et la défense des droits des Nord-Africains. Elle marque la naissance d’un nationalisme organisé parmi les colonialisés vivant en France.
La Seconde Guerre mondiale bouleverse l’ordre colonial. Les soldats maghrébins participent à la libération de la France, mais les promesses d’égalité restent sans lendemain.
Le 8 mai 1945 constitue un tournant majeur : alors que l’Europe célèbre la victoire sur le nazisme, les massacres de Sétif et Guelma annoncent la crise définitive de l’empire colonial. Ces événements marquent l’effondrement de l’illusion réformiste et ouvrent l’ère des guerres d’indépendance.
Entre 1954 et 1962, le Maghreb connaît des trajectoires différenciées vers l’indépendance. L’Algérie s’engage dans une guerre longue et violente qui transforme profondément la société française elle-même.
En Tunisie, l’indépendance obtenue en 1956 sous la conduite de Bourguiba ne met pas immédiatement fin à la présence française. La bataille de Bizerte de 1961 et l’évacuation des bases militaires en 1963 pachèvent la souveraineté nationale.
Les indépendances ne mettent pas un terme aux conflits : ceux-ci se déplacent désormais sur le terrain de la mémoire. En France, la guerre d’Algérie demeure longtemps désignée comme les «événements». En Algérie, un récit national héroïque se construit autour du FLN et des martyrs de la révolution.
Peu à peu émergent des mémoires longtemps invisibles : harkis, pieds-noirs, Juifs maghrébins, appelés français ou civils déplacés. L’ouverture des archives transforme aujourd’hui profondément les écritures de l’histoire.
L’exposition rappelle également le rôle fondamental des images dans la décolonisation du regard. Le cinéma maghrébin a constitué un espace essentiel de reconquête symbolique. Des œuvres comme ‘‘La Bataille d’Alger’’ de Gillo Pontecorvo ou ‘‘Chronique des années de braise’’ de Lakhdar Hamina ont contribué à faire de l’histoire coloniale un patrimoine universel de la lutte pour la liberté.
Au-delà des blessures et des silences, le colloque a montré que les décolonisations ne relèvent pas seulement du passé : elles constituent un enjeu majeur du présent. Les questions migratoires, la francophonie, les archives, les débats sur les réparations ou les reconnaissances mémorielles continuent de structurer les relations entre la France et le Maghreb.
L’exposition s’achève sur une convictionforte : reconnaître la douleur de l’autre ne signifie pas renoncer à sa propre histoire.Au contraire, cette reconnaissance constitue peut-être la condition d’une mémoire véritablement partagée entre les deux rives de la Méditerranée.
* Historien.
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