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TIF 2026 : le rendez-vous de la reconquête économique

Les 25 et 26 juin se tiendra, à Tunis, la 22e session du Tunisia Investment Forum – TIF 2026 – sous le patronage du ministère de l’Économie et de la Planification et en partenariat avec la Banque africaine de développement. Pour mémoire, « le TIF 2026 constitue une plateforme stratégique d’échanges, de networking et de développement de partenariats d’affaires, réunissant investisseurs internationaux, dirigeants d’entreprises, institutions publiques, partenaires de développement et acteurs économiques ». Fin de citation.

À l’évidence, l’économie nationale n’a pas pleinement profité au plan mondial, tout au long de ces 15 dernières années, du choc démocratique à cause du bouillonnement et de l’instabilité post-révolution, ballottée qu’elle était par la déferlante et les dissensions politiques. En dépit de leur importance et de leurs retombées sur la croissance dont les besoins en ressources financières et en investissements n’ont jamais été aussi élevés, les TIF n’ont pas soulevé les montagnes si l’on en juge par la faible évolution des IDE.

Le TIF 2026 vient à point nommé pour cocher toutes les cases d’une croissance atone, privée de carburant, d’oxygène et de sources de motivation. Il sonne à son heure pour replacer l’investissement, en chute libre, au cœur des préoccupations et de l’action gouvernementale, pour évacuer au plus vite nuages, attentisme et climat délétère, qui sont de nature à refroidir l’ardeur entrepreneuriale.

Le TIF 2026, de par son ambition, c’est plus qu’un appel d’air dans le ciel chargé du pays. C’est notre planche de salut dans un contexte mondial marqué par les tensions, l’explosion des prix, les guerres et les bouleversements géopolitiques. Il est chargé de signes, de symboles et de sens. Il brise d’abord un tabou, et ce n’est pas le moindre de sa signification, né d’un effroyable malentendu. Il met fin à une terrible confusion aux retombées peu recommandables et très préjudiciables pour le pays. Il apporte un cinglant démenti aux agitprops, les va-t-en-guerre contre toute forme d’investissements étrangers. Lesquels se sont emparés à tort du mot d’ordre « compter sur nous-mêmes » pour monter sur leurs grands chevaux, sabre au clair, pour fustiger, torpiller, cibler les IDE et toute forme de financement extérieur, dans l’espoir de les faire capoter : allez savoir pourquoi.

 

Le TIF 2026, de par son ambition, c’est plus qu’un appel d’air dans le ciel chargé du pays. C’est notre planche de salut dans un contexte mondial marqué par les tensions, l’explosion des prix, les guerres et les bouleversements géopolitiques.

 

Le TIF 2026 réaffirme avec subtilité notre attachement aux investissements étrangers et notre volonté d’accentuer notre insertion dans les chaînes d’approvisionnement et de valeur mondiales. Il met un point final aux gesticulations d’apprentis sorciers qui se sont récemment bruyamment  manifestés à l’occasion d’octroi, dans les règles de l’art et tout à l’avantage du pays, de concessions photovoltaïques à des sociétés étrangères. On ne comprend rien à ce déluge d’hostilité, d’incivilité et d’indécence, alors que le pays en tire un énorme bénéfice. Ils voulaient faire croire, contre toute évidence, que le pays n’a plus la maîtrise de son destin, qu’il capitule, mettant ainsi en péril notre souveraineté nationale alors que la réalisation de ces projets par ces mêmes sociétés – une goutte d’eau dans l’océan du Sahara tunisien – vise essentiellement à renforcer notre souveraineté énergétique, autant dire notre souveraineté nationale. Et ce n’est pas, une fois de plus, le moindre mérite du TIF 2026 que de remettre les pendules des IDE à l’heure d’une compétition internationale aux relents guerriers. N’en déplaise aux pseudo-experts dont la vacuité morale et intellectuelle mènera au naufrage de l’économie et à un suicide collectif.

Venons-en maintenant aux faits. L’organisation du TIF 2026 est certes nécessaire mais pas suffisante, elle ne saurait à elle seule constituer le point de départ d’une reprise de l’investissement et d’un redressement de l’économie nationale qui a nettement régressé sur le plan régional et mondial. Elle n’a d’efficacité que si elle est conçue et perçue comme l’aboutissement final, l’ultime étape d’un programme global de réformes structurelles à l’effet de délester l’économie de ses poids morts, de ses coûts cachés, de ses dysfonctionnements et de ses incohérences. Ultime objectif : améliorer autant que faire se peut l’environnement des entreprises et le climat des affaires. Il n’est aucun facteur qui ne soit à ce point déterminant : sécurité juridique de l’investissement, stabilité fiscale, législation du travail en ligne avec la marche du monde… C’est peu dire qu’il faut libérer les entreprises de l’emprise et des griffes de la bureaucratie administrative, qui n’envisage la révolution numérique qu’avec parcimonie et à dose homéopathique.

 

L’organisation du TIF 2026 est certes nécessaire mais pas suffisante, elle ne saurait à elle seule constituer le point de départ d’une reprise de l’investissement et d’un redressement de l’économie nationale qui a nettement régressé sur le plan régional et mondial.

 

De quoi avons-nous besoin pour nous attirer la sympathie, accélérer et renforcer l’accueil et l’installation d’investisseurs et de pourvoyeurs de fonds étrangers? Sans nul doute d’un apaisement général, d’un véritable consensus autour de la notion de valeur travail. Syndicat-patronat-État, même combat. Besoin aussi de construire sur des bases saines la confiance sans laquelle il serait vain d’espérer un réarmement industriel.

De quoi avons-nous besoin pour dissiper scepticisme, doute et hésitation des marchés et des investisseurs ? Sans doute aussi d’un mode de gouvernance qui scelle la réconciliation entre investissement privé et public, entre marché et État, qui donne plus de crédibilité au PPP toujours au point mort. Le principe de précaution de l’Administration et son cortège d’incertitude sont passés par là.

On ne s’avise pas à jouer dans la cour des grands, à vouloir rivaliser avec les meilleurs sans faire valoir une infrastructure et une logistique de tout premier plan. Port en eau profonde dont on n’arrête pas de parler sans jamais le réaliser, liaisons maritimes, aériennes, ferroviaires, et un réseau autoroutier de leur temps. Nos infrastructures sont à des années-lumière des standards mondiaux. On ne peut faire l’économie d’une connectivité à tous égards comparable à celle de nos compétiteurs. À défaut d’en faire la démonstration à l’occasion du TIF 2026, osons au moins l’annoncer avec force conviction, dans l’espoir d’honorer nos engagements.

De quels leviers avons-nous besoin pour soulever et porter au plus haut niveau les investissements à forte intensité technologique et à forte valeur ajoutée, ne serait-ce que pour limiter l’exode des cerveaux ? Sûrement pas de dumping social ou fiscal aux lendemains incertains. Pas plus que d’un code des changes désuet et de réglementation douanière d’une incroyable ambiguïté conçus au seul effet de sanctionner sans discernement, fût-ce de manière souvent peu orthodoxe. Il serait plus pertinent de mettre en avant l’argument de la qualité de vie, notamment dans l’arrière-pays : écoles privées, soins médicaux, loisirs, habitat, mobilité, sécurité… pour stimuler l’appétit des investisseurs aussi bien locaux qu’étrangers.

 

De quels leviers avons-nous besoin pour soulever et porter au plus haut niveau les investissements à forte intensité technologique et à forte valeur ajoutée, ne serait-ce que pour limiter l’exode des cerveaux ? Sûrement pas de dumping social ou fiscal aux lendemains incertains.

 

Et pour couronner le tout, il faut tout faire pour élever en permanence la courbe de satisfaction des 3 000 entreprises étrangères installées chez nous. Leur enracinement dans le pays sans chercher à se déployer ailleurs pour sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement est le meilleur message que l’on puisse envoyer en dehors pour valoriser et renforcer l’attractivité du site Tunisie.

Où en sommes-nous de tous ces arguments qui sont autant de supports et de leviers pour repositionner la Tunisie au cœur des chaînes mondiales d’approvisionnement et de valeur ? Le moment s’y prête. Il y a aujourd’hui, au vu du mouvement de recomposition des chaînes de valeur en Europe, une fenêtre d’opportunité pour l’économie tunisienne de monter en gamme et en grade, passer du statut d’atelier à celui d’usine de l’Europe tout en développant nos laboratoires de recherche. Passer du made in Tunisia au made by Tunisia.

En matière d’attractivité, il n’y a pas de mystère, pas plus qu’il n’y a de miracle. Nous avons perdu, ces quinze dernières années, beaucoup de temps qu’il faut rattraper au prix d’une accélération des réformes structurelles, d’une réhabilitation et d’une reconnaissance assumées des chefs d’entreprise nationaux. La crédibilité de l’État est certes déterminante, mais le statut réservé aux capitaines d’industrie locaux, leur notoriété et leur rayonnement à l’international ne le sont pas moins pour attirer les investisseurs et les financiers étrangers. Sans champions nationaux, il ne peut y avoir de puissantes locomotives pour tirer l’ensemble des wagons de l’économie nationale. Plus ils sont nombreux, solides et en confiance, plus grande sera la capacité d’expansion de l’économie. Et plus ils entraîneront dans leur sillage, via des partenariats stratégiques, investisseurs et financiers étrangers. Cela est d’autant plus vrai que les grands groupes privés ont fait preuve d’une extraordinaire résilience quand les entreprises publiques, qui tenaient par le passé le haut du pavé, sont aujourd’hui en état de mort cérébrale.

 

Le jour où il n’y aurait plus de grains de sable à répétition de nature à enrayer la machine de l’investissement, ce jour-là, les investisseurs de tout bord choisiront d’eux-mêmes le site Tunisie…

 

C’est à ces conditions, au prix d’une révolution copernicienne, que le TIF 2026 préparera de nouveau la rentrée de la Tunisie dans le club des pays émergents, en nous faisant prendre un raccourci inéluctable. Qu’on se le dise. Le jour où il n’y aurait plus de grains de sable à répétition de nature à enrayer la machine de l’investissement, ce jour-là, les investisseurs de tout bord choisiront d’eux-mêmes le site Tunisie. D’autant que par son histoire, son passé, son climat, sa centralité aux confins de l’Europe, de l’Afrique et du M.-O., le pays a toujours été dans son rôle de fenêtre sur le monde. Un pays où il fait bon vivre, investir et travailler.

À quand la résurrection ?

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Quand un peuple vieillit… et vit une désespérance de vie trop longue

Nous avons gagné la bataille de la vie ; il nous reste à gagner celle de sa soutenabilité économique : car le véritable paradoxe tunisien n’est pas démographique. Il est économique.

Pendant des décennies, l’allongement de l’espérance de vie a été présenté comme le symbole ultime du progrès. Plus longtemps nous vivions, plus nous étions censés être heureux, prospères et en bonne santé. Cette conviction reposait sur une réalité statistique simple : partout où la richesse progressait durablement, l’espérance de vie augmentait. En 1980, un Américain vivait en moyenne 74 ans pour un PIB par habitant d’environ 12 500 dollars ; quarante ans plus tard, son revenu dépassait 63 000 dollars tandis que son espérance de vie atteignait près de 77 ans.

La Chine, quant à elle, est passée d’environ 66 ans d’espérance de vie et moins de 300 dollars de PIB par habitant à près de 78 ans et plus de 10 000 dollars de revenu par habitant, réalisant l’une des transformations économiques les plus spectaculaires de l’histoire contemporaine.

 

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À l’autre extrémité du spectre, des pays parmi les plus pauvres du monde, comme le Niger ou le Tchad, affichaient en 1980 une espérance de vie inférieure à 45 ans et un revenu annuel par habitant de quelques centaines de dollars seulement. Quarante ans plus tard, malgré des progrès sanitaires indéniables, leur capacité à financer les besoins d’une population vieillissante demeure limitée. La leçon est simple : vivre plus longtemps n’est une victoire durable que lorsque la richesse progresse au même rythme que la longévité.

C’est précisément le défi auquel la Tunisie est aujourd’hui confrontée. Avant de s’inquiéter de son vieillissement, il convient de mesurer le chemin parcouru :

  • En 1960, un Tunisien vivait en moyenne à peine plus de quarante ans. La mortalité infantile était très élevée, les familles comptaient souvent six ou sept enfants et les conditions sanitaires restaient précaires.
  • Soixante ans plus tard, le paysage est méconnaissable. L’espérance de vie a gagné plus de trente années. La mortalité infantile a été divisée par plus de dix. L’accès à l’éducation, aux soins, à l’eau potable, à l’électricité et aux infrastructures modernes s’est largement généralisé.
  • Le vieillissement de la population n’est donc pas un échec. Il constitue au contraire la preuve d’un succès historique.

 

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Nous avons gagné la bataille de la vie ; il nous reste à gagner celle de sa soutenabilité économique : car le véritable paradoxe tunisien n’est pas démographique. Il est économique. Chaque année, le pays forme des ingénieurs, des médecins, des chercheurs, des informaticiens et des cadres de qualité. Pourtant, une partie d’entre eux peine à trouver un emploi correspondant à ses qualifications, une autre accepte des postes très éloignés de sa formation, tandis que beaucoup choisissent l’émigration ou renoncent à entreprendre.

Ce phénomène n’est pas propre à la Tunisie. L’Irlande d’hier, la Grèce après la crise financière, le Portugal ou la Roumanie ont connu le même paradoxe : former des talents pour les voir créer de la richesse ailleurs. La différence entre les pays qui réussissent et ceux qui stagnent n’est pas la qualité de leurs universités. C’est leur capacité à transformer le savoir en entreprises, en innovation et en emplois.

La véritable question tunisienne n’est donc pas : « Formons-nous assez de compétences ? » Elle est : « Pourquoi tant de compétences réussissent-elles mieux ailleurs que chez nous ? ». Les réponses se trouvent dans les dédales que rencontre une compétence qui veut faire quelque chose et dont nous avons énuméré quelques-uns dans ce qui suit :

  • L’administratif : remplir un formulaire pour obtenir le droit de demander le formulaire suivant.
  • La bureaucratie : prouver que l’on existe à des administrations qui nous connaissent déjà.
  • Les autorisations : attendre plusieurs signatures pour faire ce qu’ailleurs une seule suffit à permettre.
  • Les délais : transformer l’urgence d’un projet en exercice de patience.
  • Les banques : demander des garanties à ceux qui cherchent justement les moyens de les créer.
  • Le financement : expliquer son projet à ceux qui préfèrent financer ce qui existe déjà.
  • La fiscalité : payer aujourd’hui les impôts sur les bénéfices que l’on espère réaliser demain.
  • La réglementation : apprendre les règles du jeu avant de découvrir qu’elles ont changé.
  • Les litiges : parfois durer plus longtemps que les projets eux-mêmes.
  • Les licences et agréments : démontrer sa compétence avant même d’avoir le droit de l’exercer.
  • Le foncier : trouver un terrain avant que le terrain ne trouve un problème.
  • Les devises : exporter facilement, rapatrier simplement… enfin, en théorie.
  • Les infrastructures administratives : apprendre que quelques kilomètres peuvent parfois coûter plusieurs heures.
  • Le chômage des diplômés : former des compétences que d’autres économies se feront un plaisir d’accueillir.

Et malgré tout cela, les entrepreneurs qui restent continuent de créer, les ingénieurs d’innover, les médecins de soigner, les chercheurs de trouver, et les jeunes de croire en leur pays. Mais un autre paradoxe apparaît avec l’allongement de l’espérance de vie. Alors que la Tunisie manque de compétences, d’expertise et de transmission du savoir, des milliers de femmes et d’hommes atteignent chaque année l’âge de la retraite alors qu’ils disposent encore de toute leur expérience, de leur réseau et de leur capacité d’action. Si hier, l’espérance de vie dépassait rarement l’âge de la retraite de quelques années, aujourd’hui, un retraité peut encore avoir devant lui quinze, vingt ou parfois vingt-cinq années de vie active ; n’en déplaise a MR PARKINSON.

 

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Le défi n’est donc plus seulement de financer cette longévité. Il serait heureux aussi d’en tirer parti. La Tunisie gagnerait à adapter sa législation, ses entreprises et ses institutions afin de permettre à ceux qui le souhaitent de continuer à transmettre, conseiller, entreprendre, former et innover. Car dans une société qui vieillit, l’expérience n’est pas une charge. C’est un capital.

Et si cela peut nous consoler, ceux qui partent n’oublient pas toujours ceux qui restent : chaque année, les Tunisiens de l’étranger transfèrent des milliards de dinars vers leur pays ; une des principales sources de devises de l’économie nationale qui constitue une richesse que les géologues pétroliers n’ont jamais découverte : ses compétences. Nous exportons des ingénieurs, des médecins, des chercheurs et des entrepreneurs. Ils nous renvoient des devises, des investissements, des réseaux et du savoir-faire.

Notre principal produit d’exportation n’est peut-être ni le pétrole, ni l’huile d’olive, ni les dattes, c’est de l’intelligence qui ne s’épuise pas lorsqu’on l’exploite, et encore faut-il lui donner une raison de rester… ou de revenir même après la retraite … En devises !

Ibtissem

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Le Japon va multiplier par 5 les frais de visa. Voici pourquoi

Le Japon s’apprête à revoir en profondeur le coût de ses visas, avec une hausse pouvant aller jusqu’à cinq fois les tarifs actuels à partir de 2026. 

Le Japon a officialisé une hausse des frais liés aux visas. La décision a été validée par le gouvernement le 19 juin 2026 et sera appliquée dès le 1er juillet 2026. Elle concernera l’ensemble des demandes déposées à partir de cette date.

L’annonce a été rendue publique par le ministre japonais des Affaires étrangères, Toshimitsu Motegi, lors d’un point de presse à Tokyo. Les autorités japonaises expliquent cette révision par la nécessité d’actualiser des tarifs restés inchangés depuis 1978, malgré l’évolution de l’inflation, des coûts de gestion et des taux de change.

Selon Tokyo, cette révision permet d’aligner les frais consulaires sur les réalités économiques actuelles et de mieux couvrir les dépenses liées au traitement des demandes de visas, en hausse depuis la reprise des mobilités internationales.

Cette mesure s’inscrit dans une dynamique plus large d’ajustement des politiques administratives du Japon face à la montée des flux entrants et à la modernisation de ses services publics.

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L’aéroport de Tozeur couvrira 100 % de ses besoins en électricité grâce à l’énergie solaire dès fin 2026

L’aéroport international de Tozeur-Nefta devrait couvrir l’intégralité de ses besoins en électricité grâce à une centrale solaire photovoltaïque de 4 mégawatts dont la mise en service est prévue à la fin de l’année 2026.

Le projet a franchi une nouvelle étape avec la signature, vendredi 19 juin, du contrat de réalisation entre l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME) et l’entreprise chargée des travaux. Cette initiative est menée au profit de l’Office de l’aviation civile et des aéroports (OACA) dans le cadre du Programme de transition énergétique dans les établissements publics (TEEP).

Selon les informations communiquées par l’OACA, cette centrale photovoltaïque sera installée au sein de l’aéroport international de Tozeur-Nefta. Elle constitue une première étape vers l’intégration des aéroports tunisiens dans une démarche de « aéroports verts », visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à renforcer l’utilisation des énergies renouvelables. Le projet est composé de deux volets. Le premier concerne l’installation des panneaux solaires, sous la supervision de l’ANME, grâce à un investissement étranger estimé à 8,5 millions de dinars. Le second porte sur la construction d’un poste de transformation électrique en moyenne tension et son raccordement au réseau de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG). Cette partie sera financée par l’OACA à hauteur d’environ 2,5 millions de dinars.

Outre la couverture totale des besoins énergétiques de l’aéroport de Tozeur-Nefta, la centrale permettra également de répondre à près de 45 % des besoins en électricité de l’aéroport international de Djerba-Zarzis.

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L’aéroport de Tozeur-Nefta aura sa centrale solaire

Un contrat pour la réalisation d’une centrale solaire photovoltaïque de 4 MW à l’aéroport international de Tozeur-Nefta a été signé le 19 juin 2026 au profit de l’Office de l’aviation civile et des aéroports (OACA).

Porté dans le cadre du programme national de transition énergétique des établissements publics piloté par l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME), ce projet vise à réduire la consommation énergétique des infrastructures publiques et à renforcer le recours aux énergies renouvelables.

Selon l’ANME, cette centrale contribuera à renforcer la souveraineté énergétique du pays et à promouvoir un transport aérien plus durable. Elle permettra également de couvrir une part importante des besoins en électricité des aéroports internationaux de Tozeur-Nefta et de Djerba-Zarzis.

Lors de la cérémonie de signature, le directeur général de l’ANME, Nafaâ Baccari, a qualifié le projet de « saut qualitatif » dans le domaine de l’autoproduction électrique au sein des entreprises publiques. Il a précisé qu’il s’agit de la plus grande centrale réalisée dans le cadre de ce programme national.

Au-delà de ses retombées économiques et opérationnelles, le projet devrait contribuer à la réduction des émissions de carbone et soutenir les objectifs de développement durable de la Tunisie.

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Afrique : Washington démonte les fondations de son influence

La stratégie africaine de l’administration de Donald Trump repose sur une équation complexe : privilégier les échanges commerciaux, les investissements et l’accès aux minerais stratégiques tout en réduisant, voire en supprimant, les instruments qui ont longtemps permis aux États-Unis d’exercer une influence politique sur le continent.

Quelques signaux récents montrent toutefois que certains responsables républicains ont pris conscience de cette contradiction. Frank Garcia a finalement prêté serment en tant que secrétaire adjoint d’État chargé des Affaires africaines après plusieurs mois de vacance du poste. Dans le même temps, des parlementaires ont déposé un projet de loi visant à renforcer les capacités africaines du département d’État, reconnaissant implicitement qu’une stratégie centrée sur les transactions économiques exige davantage de compétences diplomatiques, rapporte la revue Semafor.

Depuis son retour à la Maison-Blanche, rappelons-le, Donald Trump a cherché à rompre avec ce qu’il considère comme une dépendance excessive à l’aide publique au développement. Cette orientation s’est notamment traduite par le démantèlement de l’Agence américaine pour le développement international (USAID) et par l’adoption d’une politique de « diplomatie commerciale » privilégiant les intérêts économiques et stratégiques américains.

Lire aussi: L’USAID va suspendre son aide sous l’ordre de Trump

Cette logique n’est pas dénuée de cohérence. Washington estime que l’avenir des relations avec l’Afrique doit reposer davantage sur les investissements et les échanges que sur l’assistance. Toutefois, l’administration américaine semble avoir sous-estimé l’importance des mécanismes d’influence qui entouraient ces relations économiques.

Pendant plusieurs décennies, les États-Unis ont proposé aux pays africains un partenariat global associant aide au développement (APD), coopération sécuritaire, programmes universitaires, échanges professionnels et dialogue diplomatique. Même lorsqu’ils contestaient certaines pressions américaines, de nombreux dirigeants africains acceptaient ce cadre en raison des avantages multiples qu’il procurait. En réduisant cette offre à sa seule dimension transactionnelle, Washington espère pourtant conserver le même niveau d’influence.

Les limites de cette approche apparaissent déjà. Plusieurs initiatives américaines destinées à sécuriser l’accès aux minerais critiques et à d’autres ressources stratégiques se heurtent à des résistances croissantes. De plus en plus de gouvernements africains refusent des accords jugés déséquilibrés. Tandis que les opinions publiques se montrent elles aussi plus méfiantes. Au Kenya par exemple, des manifestations ont ainsi éclaté contre un projet américain de centre destiné à accueillir des personnes potentiellement exposées au virus Ebola.

À cette défiance s’ajoutent plusieurs décisions américaines mal perçues sur le continent. Les restrictions de visas se sont multipliées, plusieurs centres de traitement des demandes ont été fermés ou regroupés. Tandis que les initiatives visant à transférer certains migrants expulsés vers des pays africains ont alimenté le sentiment que l’Afrique est désormais principalement considérée sous l’angle migratoire et extractif.

Or, l’un des principaux atouts de l’influence américaine résidait précisément dans l’accès qu’offraient les États-Unis : universités, réseaux professionnels, programmes d’échanges, mobilité académique et circulation légale des personnes. En limitant ces canaux, Washington affaiblit un avantage que ses concurrents peinent encore à égaler.

Paradoxalement, la diplomatie transactionnelle exige davantage d’expertise que le modèle fondé sur l’aide. Les négociations portant sur les minerais critiques, les infrastructures, les technologies ou les questions de sécurité nécessitent une connaissance fine des réalités locales, des relations de long terme et des équilibres politiques nationaux. C’est précisément pour cette raison que la nomination de Frank Garcia et les efforts de renforcement des compétences africaines au sein du département d’État revêtent une importance particulière.

L’administration Trump affirme vouloir traiter l’Afrique comme un partenaire stratégique plutôt que comme un simple bénéficiaire d’aide internationale. Mais le contexte a profondément changé. La Chine, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, la Turquie et d’autres acteurs multiplient leurs investissements et leurs partenariats sur le continent, offrant aux États africains un éventail de choix sans précédent. Dans ce nouvel environnement, l’influence revient souvent à ceux qui acceptent d’investir dans la durée plutôt que dans la seule logique du contrat immédiat.

Dans ces conditions, le risque pour Washington n’est pas un retrait brutal d’Afrique, mais une érosion progressive de son influence au profit de puissances concurrentes engagées dans une stratégie de plus long terme.

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Projet Savoirs éco : Trois ans pour ancrer la culture économique en Tunisie

Le projet Savoirs éco, financé par l’Union européenne et mis en œuvre par Expertise France, clôture officiellement ses activités lors d’une cérémonie organisée le 19 juin 2026 à Tunis.

Lancé en février 2023 pour une durée de 43 mois et doté d’un budget de 4,5 millions d’euros, le projet a accompagné le développement d’un écosystème plus structuré, plus inclusif et plus performant de production de savoirs économiques en Tunisie afin de contribuer à un débat public davantage fondé sur l’analyse, l’évidence et la recherche.

Cette cérémonie a réuni des représentants des institutions tunisiennes, des partenaires techniques et financiers, des structures productrices de savoirs économiques, du monde académique ainsi que des acteurs de la société civile afin de revenir sur les acquis du projet et de valoriser les dynamiques engagées au cours des trois dernières années.

Les interventions d’ouverture ont été assurées par M. Tom Ashwanden, chef de coopération de l’Union européenne en Tunisie, M. Manuel Bufala, chargé d’affaires a.i. de l’ambassade de France, Mme Arbia Ben Othman, directrice des études doctorales au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, ainsi que M. Mohamed El Kadri Heni, directeur général de la coopération avec l’Union européenne au ministère de l’Économie et de la Planification.

Au cours de cette cérémonie, les partenaires ont unanimement souligné le caractère « transformatif » de l’expérience, fruit de trois années de collaboration étroite entre les acteurs institutionnels et académiques. Le projet a permis de consolider des dynamiques de coopération inédites et de renforcer les capacités nationales en matière d’analyse et de production de données économiques.

Au terme du projet, 24 structures productrices de savoirs économiques (SPSE), issues des institutions publiques, des centres de recherche universitaires et des think tanks de la société civile, ont bénéficié d’un accompagnement technique, méthodologique et financier destiné à renforcer leurs capacités de production, de diffusion et de valorisation de la connaissance économique.

La collaboration avec l’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives (ITCEQ) a constitué un pilier central du projet. En trois ans, l’institution a développé trois modèles économétriques, lancé une plateforme intégrée de données et organisé plus d’une dizaine de rencontres-débats dont les résultats ont été systématiquement valorisés sous forme de policy briefs. Ces réalisations ont été reconnues comme une contribution significative à la modernisation des outils d’analyse et de production de la connaissance économique en Tunisie.

Le projet a également accompagné l’Institut national de la statistique (INS) dans le renforcement de ses capacités de communication et de diffusion des résultats du Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) 2024. Un appui technique a été apporté en matière de valorisation des données statistiques et un renforcement de la coopération avec l’Insee a été opéré. Par ailleurs, des efforts conjoints ont été menés pour appuyer la réalisation et la diffusion d’enquêtes économiques, contribuant à améliorer la disponibilité et l’accessibilité de l’information statistique.

À la demande du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le projet a également soutenu l’élaboration du rapport Doing Research Assessment en Tunisie, première initiative de ce type dans la région MENA, ayant permis d’établir un diagnostic approfondi du système national de recherche en sciences sociales et économiques.

Le projet a par ailleurs contribué à structurer un écosystème plus favorable à la circulation des connaissances économiques. À travers la plateforme EcoTous, portée par l’IACE, plus de 100 contenus de vulgarisation économique ont été produits et diffusés, tandis que plusieurs espaces de dialogue ont permis de rapprocher chercheurs, décideurs publics et citoyens autour des grands enjeux économiques dans les régions de la Tunisie, notamment à Sousse, à Médenine, à Béja, au Kef et à Sfax.

Savoirs éco a également soutenu la production et la diffusion de contenus à forte valeur ajoutée. Au total, 68 policy briefs ont été élaborés dans le cadre du projet grâce notamment aux programmes de mentorat de la Fondation pour les études et recherches sur le développement international (Ferdi) et à des mécanismes d’appui compétitif destinés aux think tanks. Les travaux produits ont porté sur des thématiques stratégiques telles que la résilience macroéconomique, la gouvernance économique, la justice fiscale, le développement territorial, l’éducation, le climat ou encore le rôle des femmes dans le développement durable.

L’investissement dans le développement des compétences a constitué un axe majeur du projet. Ces actions ont accompagné le développement d’une expertise renforcée en recherche appliquée, production de connaissances et communication des résultats.

Enfin, la collaboration avec le Global Institute For Transitions (GI4T), en tant que think tank privé, a permis de renforcer les passerelles entre recherche appliquée et réflexion stratégique. Cette dynamique a abouti à la publication de l’ouvrage collectif « L’économie tunisienne 2026 : la Tunisie à l’ère des grandes ruptures », qui a proposé une lecture prospective des transformations économiques et des défis structurels du pays.

La cérémonie de clôture a donné la parole aux structures accompagnées et aux partenaires de mise en œuvre autour de trois grands axes : le renforcement de l’écosystème des producteurs de savoir économique, la production d’une connaissance rigoureuse et exploitable, ainsi que la diffusion de la recherche pour accroître son impact sur les politiques publiques.

À travers cette initiative, les partenaires ont réaffirmé leur engagement en faveur d’une gouvernance publique davantage fondée sur l’évidence, la recherche et le dialogue entre institutions, experts et citoyens au service du développement économique et social de la Tunisie

 

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De l’offrande à la biologie computationnelle: Histoire d’une conscience agricole

De l’offrande à la biologie computationnelle: Histoire d’une conscience agricolePar Par Dhia Bouktila. Professeur à l’Université de Monastir - Pendant des millénaires, les hommes ont offert des sacrifices pour obtenir la pluie. Aujourd'hui, des systèmes numériques analysent des milliards de données biologiques pour anticiper les rendements, détecter les risques sanitaires et guider les décisions agricoles. Entre ces deux réalités se déploie l'une des plus extraordinaires aventures de l'histoire humaine. Car l'agriculture n'est pas seulement une histoire de semences, de sols ou de récoltes. Elle est avant tout une histoire de la conscience humaine. Elle raconte la manière dont les sociétés ont tenté de comprendre le monde vivant, de réduire ...

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Hassen Laribi : les Tunisiens à l’étranger réclament des actes, pas de nouvelles promesses !

À l’approche du pic de la saison estivale, les autorités tunisiennes multiplient les annonces destinées à faciliter le retour des Tunisiens résidents à l’étranger (TRE). Mais sur le terrain, ces mesures peinent encore à convaincre. Dans une déclaration exclusive à L’Économiste Maghrébin, Hassen Laribi, conseiller en arbitrage et médiation internationale et président de la Fédération des travailleurs tunisiens à l’étranger (FTTE), estime que le principal problème réside dans l’absence de suivi, de concertation et de visibilité sur l’application effective des décisions annoncées.

Hassen Laribi souligne que les mesures destinées à soutenir les membres de la diaspora tunisienne devraient être préparées bien avant le début de la saison estivale. « On ne peut pas attendre les derniers moments, lorsque les Tunisiens de l’étranger commencent déjà à rentrer, pour prendre des décisions et espérer qu’elles produisent immédiatement leurs effets », affirme-t-il.

Il rappelle que la FTTE, avait déjà alerté les autorités sur cette question. Il estime d’ailleurs que les décisions relatives aux billets d’avion et aux traversées maritimes répondent en partie aux préoccupations soulevées par l’organisation et rejoignent les orientations exprimées par le président de la République ainsi que les annonces du gouvernement.

Cependant, il souligne un manque de visibilité quant à leur mise en œuvre concrète. « À ce jour, nous n’avons reçu aucun retour tangible. Aucun service social, aucun représentant officiel ne nous a contactés pour nous présenter les mécanismes mis en place ou les résultats obtenus », explique-t-il.

Une demande de transparence sur les bénéficiaires

A cet égard, Hassen Laribi estime que les autorités concernées devraient communiquer de manière transparente sur les bénéficiaires des mesures annoncées. Il appelle notamment les attachés sociaux, les représentations diplomatiques tunisiennes à l’étranger ainsi que le ministère des Affaires sociales à publier des données précises sur le nombre de personnes et de familles ayant réellement bénéficié des dispositifs d’aide. « Il faut pouvoir dire combien de familles ont été accompagnées, combien de Tunisiens à l’étranger ont reçu une aide concrète et dans quelles conditions. Aujourd’hui, ces informations ne sont pas accessibles », déplore-t-il.

Interrogé sur le rôle de la fédération dans le suivi et l’évaluation de ces mesures, Hassen Laribi considère que cette mission ne peut pas reposer uniquement sur les organisations de la société civile. Il estime que les consulats, les ambassades, les attachés sociaux ainsi que les responsables chargés des Tunisiens à l’étranger doivent instaurer un dialogue permanent avec les associations représentatives des communautés tunisiennes vivant en dehors des frontières nationales. « On ne peut pas atteindre efficacement ces communautés sans passer par les structures auxquelles elles font confiance », souligne-t-il.

D’ailleurs, précise-t-il, l’absence de concertation constitue aujourd’hui l’un des principaux obstacles à l’efficacité des politiques publiques destinées aux Tunisiens résidant hors du pays.

À ses yeux, la création d’espaces de dialogue réunissant institutions publiques et représentants de la société civile permettrait de transformer les décisions politiques en solutions concrètes adaptées aux réalités vécues par les communautés tunisiennes à l’étranger.

Restaurer la confiance par la crédibilité

Alors, notre interlocuteur affirme que la répétition annuelle des mêmes annonces risque d’éroder progressivement la confiance de la diaspora si les résultats ne sont pas visibles. « La solution est simple : il faut de la crédibilité. Chaque annonce doit être suivie d’une application réelle et vérifiable ».

Il cite en exemple certaines plateformes numériques développées par les institutions tunisiennes, qui sont effectivement utilisées par les voyageurs et dont les bénéfices sont facilement constatables. Les Tunisiens de l’étranger communiquent régulièrement avec la fédération, que ce soit via les réseaux sociaux, les courriels ou les échanges directs. Les retours du terrain permettent donc d’évaluer rapidement l’efficacité des dispositifs mis en place, argumente-t-il. Tout en insistant sur la nécessité d’une gestion fondée sur la sincérité, le professionnalisme et le sens des responsabilités.

« Les Tunisiens de l’étranger constituent un maillon essentiel de l’économie nationale. Ils méritent un traitement fondé sur la confiance et le respect des engagements pris à leur égard », estime-t-il.

Concernant les réformes structurelles nécessaires, Hassen Laribi plaide pour une approche à long terme. La préparation des saisons estivales ne devrait pas commencer quelques semaines avant l’arrivée des voyageurs, mais plusieurs années à l’avance, fait-il remarquer. « Il faut dès maintenant travailler sur les saisons 2027, 2028 et 2029 », dit-il. Cette planification devrait porter notamment sur les capacités de transport maritime et aérien, les périodes de forte affluence ainsi que les difficultés rencontrées par certaines catégories de voyageurs.

Des politiques construites avec la diaspora

Le président de la FTTE pense également que les décisions concernant la diaspora doivent être élaborées avec les principaux intéressés. « On ne peut pas concevoir des mesures destinées aux Tunisiens de l’étranger sans consulter ceux qui vivent réellement dans les pays concernés », souligne-t-il.

D’ailleurs, il n’a pas manqué de rappeler que les réalités diffèrent considérablement d’un pays à l’autre. En effet, les besoins des Tunisiens établis en France ne sont pas forcément les mêmes que ceux vivant en Italie, en Allemagne, dans les pays du Golfe ou en Afrique subsaharienne. Pour cette raison, il appelle à une consultation systématique des représentants associatifs et des compétences tunisiennes établies à l’étranger avant toute prise de décision.

« Le véritable problème reste le manque de communication »

In fine, Hassen Laribi revient sur ce qu’il considère comme la principale faiblesse du dispositif actuel : l’absence de communication régulière entre les institutions tunisiennes et les représentants de la diaspora. Pour lui, les responsables en poste à l’étranger devraient développer davantage leurs relations avec les associations locales afin de mieux comprendre les attentes des communautés tunisiennes.

« Lorsqu’une décision est prise sans concertation avec les acteurs de terrain, elle risque de ne pas répondre aux besoins réels. Les réformes efficaces sont celles qui reposent sur l’écoute, l’étude préalable et la participation des personnes concernées », conclut-il.

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Sfax : inauguration officielle de la station de dessalement d’eau de mer 

Le ministre de l’Agriculture Ezzeddine Ben Cheikh a présidé, jeudi 18 juin 2026, la cérémonie officielle d’inauguration de la station de dessalement d’eau de mer de Sfax.  D’une capacité initiale de production de 100.000 mètres cubes par jour, extensible à 250.000 mètres cubes par jour, cette infrastructure — réalisée dans le cadre d’un partenariat tuniso-japonais...

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La course au contrôle de l’IA est lancée: des risques désormais identifiés

Lors de l’ouverture de la conférence annuelle (2026) de l’Association Tunisienne des Investisseurs en Capital (ATIC), le ministère des TIC, lu par Tarak Triki, DG Smart Capital, a tenu à saluer la constance de l’engagement de l’association. Il a été souligné que l’ATIC s’impose désormais, année après année, comme un acteur structurant et essentiel de l’écosystème financier tunisien.

Le ministère a également mis en avant la pertinence du thème choisi pour cette édition 2026, à savoir l’intelligence artificielle (IA) et l’investissement durable. Selon les propos rapportés, ce choix s’inscrit parfaitement dans un contexte de transformation accélérée où l’IA n’est plus perçue comme une simple promesse théorique, mais comme une réalité professionnelle concrète transformant en profondeur la compétitivité des entreprises et les processus de décision.

Dans cette perspective, il a affirmé que le débat ne portait plus sur la nécessité d’adopter l’IA, celle-ci étant considérée comme acquise, mais plutôt sur la vitesse de son intégration, les modalités de sa gouvernance et les stratégies à déployer. L’allocution a insisté sur la volonté de la Tunisie de ne pas rester spectatrice de cette révolution technologique, mais de s’affirmer comme un acteur engagé, appelé à accélérer ses efforts pour s’aligner sur les mutations mondiales.

Enfin, l’intervention a souligné l’importance de renforcer la coordination entre tous les acteurs concernés et d’intensifier les actions déjà entreprises. Pour conclure, le ministère a annoncé qu’il rencontrerait les membres du bureau de l’ATIC à l’issue des travaux afin de leur transmettre les recommandations et conclusions issues de cette journée de réflexion.

L’intelligence artificielle à l’épreuve de la confiance

Lors de la conférence, la chercheuse et experte en intelligence artificielle Nozha Boujemaa est intervenue autour d’un thème central pour l’avenir des technologies; l’émergence d’une “IA de confiance”.

Dans une allocution dense et structurée, elle a appelé à un changement de paradigme dans la manière d’évaluer et de gouverner les systèmes d’intelligence artificielle, en soulignant le passage d’une logique d’éthique déclarative à une exigence de responsabilité objectivable et mesurable. Selon elle, les approches traditionnelles de l’éthique de l’IA, souvent fondées sur des principes généraux et contextuels, atteignent aujourd’hui leurs limites. L’enjeu n’est plus seulement d’afficher de bonnes intentions, mais de démontrer concrètement la maîtrise des systèmes déployés. La responsabilité est ainsi redéfinie comme une “capacité de rendre compte”, impliquant une compréhension complète des mécanismes internes des modèles et une capacité à en justifier les comportements. Au cœur de son intervention, une distinction structurante.

A dire vrai, la performance ne doit pas être confondue avec la confiance. La performance renvoie à l’efficacité d’un modèle dans des conditions contrôlées: rapidité, précision, taux de réussite. La confiance, elle, désigne la robustesse du système, c’est-à-dire sa capacité à maintenir un niveau de qualité stable dans des environnements variés, changeants et parfois imprévisibles. Un modèle peut ainsi afficher d’excellentes performances en phase de test tout en devenant instable une fois confronté à des usages réels. C’est pourquoi, selon l’experte, la robustesse doit désormais être considérée comme un indicateur quantifiable de la fiabilité.

Quels sont les risques réels? 

L’intervention a également mis en lumière les risques business associés à une IA insuffisamment maîtrisée. Une défaillance non anticipée peut rapidement devenir un risque réputationnel majeur, avec un impact direct sur la confiance des clients et, in fine, sur la viabilité économique des organisations. Dans cette perspective, la régulation n’est plus présentée comme une contrainte administrative, mais comme un levier de sécurisation et de compétitivité.

Elle a notamment alerté sur les effets possibles sur la santé mentale, lorsque les systèmes numériques comblent des “vides informationnels” par des contenus inadaptés ou nocifs. Elle a également rappelé que l’IA joue un rôle croissant dans la formation de l’opinion publique, posant ainsi des questions directes de souveraineté démocratique. Dans ce cadre, l’humain doit conserver le “dernier mot” dans les décisions critiques.

D’ailleurs, les risques associés aux systèmes d’intelligence artificielle insuffisamment fiables font aujourd’hui l’objet de cadres d’évaluation spécifiques. Parmi les références les plus reconnues figure celui élaboré par le National Institute of Standards and Technology, agence relevant du département du Commerce des États-Unis. Ce référentiel propose une approche structurée de la gestion des risques liés à l’IA en identifiant trois niveaux d’impact potentiels : les atteintes pouvant affecter les personnes, les préjudices susceptibles de toucher les entreprises, ainsi que les conséquences pouvant perturber les écosystèmes économiques, sociaux ou environnementaux. Cette classification illustre l’élargissement des enjeux de l’intelligence artificielle, dont les effets dépassent désormais le cadre strictement technologique pour toucher l’ensemble de la société.

Tester et anticiper les vulnérabilités

Parmi les outils évoqués figure le “red teaming”, une pratique issue de la cybersécurité qui consiste à tester activement les failles, biais et comportements indésirables des modèles avant leur déploiement.

Cette approche vise à anticiper les dérives potentielles des systèmes d’IA générative, plutôt que de les corriger a posteriori, dans un contexte où les risques liés aux biais et aux usages détournés sont de plus en plus documentés.

Enfin, l’experte a présenté l’approche “Value by Design”, qui consiste à intégrer les valeurs éthiques, sociales et économiques dès la phase de conception des algorithmes, sous forme de contraintes structurantes.

En un seul mot d’ordre! Maîtriser le cycle de vie de l’IA. 

 

 

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Violences sexuelles : le nouveau protocole autorise les soins d’urgence sans feu vert de la justice

Le nouveau protocole national de prise en charge des victimes de violences sexuelles sera officiellement soumis au mois de septembre au ministre de la Santé. Celui-ci donnera alors son feu vert pour sa mise en vigueur immédiate sur l’ensemble du territoire tunisien. C’est ce qu’annonce le Professeur Mohamed Allouche, chef du service de médecine légale à l’hôpital Charles-Nicolle. 

Ce document de référence vise avant tout à unifier les procédures médicales et psychologiques. Et ce, afin d’assurer une qualité de soins identique pour chaque citoyenne ou citoyen, quelle que soit sa localisation géographique. L’architecture du protocole repose sur des axes fondamentaux incluant l’accueil avec consentement éclairé. De même que des examens techniques rigoureux pour identifier les traces d’agressions physiques et de violences sexuelles.

Il intègre également la réalisation systématique de prélèvements pour le dépistage de maladies transmissibles et l’analyse de preuves génétiques ou toxicologiques selon les besoins spécifiques de chaque situation. Au-delà de l’aspect purement clinique, une prise en charge psychologique et sociale pluridisciplinaire, impliquant des psychologues, des assistantes sociales et des infirmiers, est prévue pour atténuer les séquelles profondes liées à ces traumatismes.

Élaboré dans le cadre du projet Sila avec le soutien de l’Union européenne et des coopérations belge et espagnole, ce texte définit un parcours clair pour la victime. Car il facilite le contact avec les délégués à la protection de l’enfance et les associations d’aide juridique. Une innovation majeure concerne le traitement des cas urgents. Puisque le protocole permettra désormais une prise en charge directe pour les agressions survenues depuis moins de 48 heures sans exiger une réquisition judiciaire préalable auprès de la police ou du procureur de la République.

Formation de médecins urgentistes dans six gouvernorats

Pour pallier à l’actuelle absence de services de médecine légale dans six gouvernorats du pays, des programmes de formation spécifiques sont destinés aux médecins urgentistes et aux gynécologues-obstétriciens. Et ce, afin qu’ils puissent appliquer ces nouvelles normes de manière autonome. Le Professeur Allouche souligne que l’examen dans les trois premiers jours est déterminant tant pour la collecte des preuves matérielles que pour l’efficacité du soutien psychologique précoce. Enfin, la généralisation de ce cadre structuré permettra de centraliser les données statistiques au niveau national. Ce qui s’avère indispensable pour élaborer des politiques de prévention et de lutte efficaces contre ce fléau social.

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Omar Rekik : l’impôt sur la fortune taxe le patrimoine, pas le revenu

L’impôt sur la fortune en Tunisie, c’est la promesse d’une justice fiscale. Mais sur le terrain, c’est l’épreuve des faits qui risque de parler : peut-être des recettes en berne, des contribuables exaspérés et une équité qu’il faudra construire. Car, la bonne intention ne suffit pas; seule la réalité des résultats nous départage. Voilà l’idée qui transparaît dans les propos de l’expert-comptable Omar Rekik*, lors d’une interview accordée à L’Economiste Maghrébin.

En somme, l’impôt sur la fortune en Tunisie, c’est la promesse d’équité… mais qui se heurtera à l’épreuve des faits. 

 

Dans le contexte tunisien, l’impôt sur la fortune peut-il être une source significative de recettes ? Ou son rendement sera-t-il limité par les difficultés d’identification et d’évaluation du patrimoine ?

Commençons par reconnaître l’intention, car elle est respectable : demander une contribution particulière aux patrimoines les plus élevés répond à un objectif d’équité. La vraie question n’est pas là. Elle est de savoir si cet impôt rapporte vraiment et l’expérience internationale invite à la prudence.

L’OCDE a recensé douze pays qui le prélevaient en 1990; ils n’étaient plus que quatre en 2017. Et son produit reste généralement compris entre 0,1 et 0,4 % du produit intérieur brut. Autrement dit, il pèse très peu dans les recettes d’un État.

Pourquoi si peu ? Parce qu’un impôt sur la fortune ne vaut que par sa capacité à identifier le patrimoine et à lui donner une valeur. Et c’est là que la mécanique se grippe. L’assiette, c’est-à-dire ce qui entre réellement dans le calcul de l’impôt, est facile à établir pour un compte en banque, mais beaucoup moins pour un immeuble qui ne se vend pas tous les jours, un fonds de commerce, une part de société non cotée ou une collection : leur valeur ne se lit pas sur un relevé, elle se déclare, s’expertise et finit souvent par se discuter.

 

« En Tunisie, où une part importante du patrimoine n’est pas encore enregistrée et où l’informalité reste forte, la base que l’on parvient réellement à taxer sera étroite; alors que le coût pour gérer, vérifier et contester, lui, ne le sera pas ».

 

En Tunisie, où une part importante du patrimoine n’est pas encore enregistrée et où l’informalité reste forte, la base que l’on parvient réellement à taxer sera étroite; alors que le coût pour gérer, vérifier et contester, lui, ne le sera pas. À ce coût supporté par l’administration s’ajoute un coût privé, tout aussi réel pour le contribuable : faire évaluer ses biens; réunir et conserver les justificatifs; répondre aux demandes; et, parfois, contester. On voit alors le risque : un impôt coûteux pour l’administration comme pour le contribuable, et dont le rendement net peut rester faible une fois tous ces frais déduits.

Il faut d’ailleurs cesser de le regarder seulement comme une recette : en obligeant chacun à déclarer ce qu’il possède, il produit surtout de l’information sur les patrimoines. Sa principale production serait donc moins de la recette que de la donnée.

 

Quels seraient les effets sur l’investissement privé, la création d’entreprises et l’attractivité de la Tunisie ?

Le vrai sujet n’est pas le taux, qui reste modéré ; c’est le comportement que l’impôt encourage. Un impôt sur la fortune frappe le capital que l’on possède et non le revenu que l’on dépense : il pèse donc sur celui qui investit, immobilise et prend des risques et il épargne celui qui consomme.

Prenons un cas simple. Imaginons un placement qui rapporte 2 % par an et un impôt qui prélève chaque année 1 % de sa valeur : avant même l’impôt sur le revenu, la moitié du rendement est déjà partie. Quand un bien rapporte peu, prélever une fraction de sa valeur revient ainsi à entamer le capital lui-même.

 

« Un impôt sur la fortune frappe le capital que l’on possède et non le revenu que l’on dépense : il pèse donc sur celui qui investit, immobilise et prend des risques, et il épargne celui qui consomme ».

 

Un impôt sur le capital reste supportable tant que le rendement normal de l’actif suffit à l’absorber ; il devient distorsif dès lors que le contribuable doit vendre, désinvestir ou distribuer des dividendes pour le payer. L’investisseur réagit alors de façon prévisible : il préfère des placements liquides, peu visibles, ou logés hors du champ de l’impôt. Autrement dit une épargne défensive qui dort, plutôt que l’entreprise, l’emploi et l’innovation.

Le cas de l’entrepreneur est le plus parlant : sa fortune n’est souvent qu’une valeur sur le papier, celle de son outil de travail, qu’il n’a pas encore transformée en argent. Pour payer l’impôt, il peut être contraint de puiser dans la trésorerie de la société, voire de se verser des dividendes supérieurs aux bénéfices. Un effet que la Norvège a vu se produire concrètement. L’attractivité du pays, enfin, ne se joue pas dans un grand basculement, mais à la marge, décision par décision ; et à fiscalité comparable, le signal que l’on envoie compte souvent autant que le chiffre que l’on inscrit.

 

Plusieurs pays ont abandonné ou réformé cet impôt. Quelles leçons pour la Tunisie, notamment sur la fuite des capitaux ?

L’histoire récente est plutôt un avertissement qu’un encouragement et elle mérite d’être lue calmement. L’Allemagne a renoncé à son impôt sur la fortune après que sa Cour constitutionnelle eut jugé, en 1995, qu’évaluer les biens de manière inégale d’un contribuable à l’autre rompait l’égalité devant l’impôt. La Suède l’a supprimé en 2007 parce qu’il rapportait peu et faisait fuir les contribuables. L’Autriche et le Danemark l’avaient fait avant elle. La France, en 2018, a préféré le recentrer sur le seul immobilier, par souci d’attractivité.

Ces exemples ne disent pas que l’impôt est impossible ; ils rappellent qu’il devient fragile dès que l’évaluation des biens prête à discussion ou que les contribuables peuvent déplacer leur résidence. L’illustration la plus frappante est toute récente : après que la Norvège eut relevé son taux en 2022, plusieurs centaines de contribuables fortunés ont quitté le pays. Soit 261 en 2022 et 254 en 2023 selon le centre de recherche Civita. Le troisième homme le plus riche du pays s’installant en Suisse.

 

Pour la Tunisie, j’en retire une leçon simple : un impôt sur la fortune ne tient que s’il reste modéré, lisible et accompagné d’une coopération réelle entre administrations fiscales. Sans cela, il fait surtout partir la richesse qu’il espérait taxer.

 

L’Espagne illustre l’écueil inverse : la concurrence entre ses régions a vidé l’impôt de sa substance à Madrid. Ce qui a obligé l’État central à créer, en 2022, un impôt de solidarité pour combler le manque. Pour la Tunisie, j’en retire une leçon simple : un impôt sur la fortune ne tient que s’il reste modéré, lisible et accompagné d’une coopération réelle entre administrations fiscales. Sans cela, il fait surtout partir la richesse qu’il espérait taxer.

 

Au-delà du pour et du contre, à quelles conditions un tel impôt serait-il soutenable en Tunisie ? 

Plutôt que de se demander si l’on est pour ou contre, posons les conditions qui rendraient cet impôt soutenable. La première est la clarté juridique. En matière fiscale, ce qui est taxé et ce qui est exonéré doit être décidé par la loi et non par un commentaire administratif ou par une case de formulaire. Or, dès la première année, une note commune et un imprimé déclaratif déplacent en pratique le périmètre voté par le législateur. Cela fragilise l’ensemble et plaide pour que ces choix soient consolidés par un texte de même rang que la loi.

La deuxième condition est la méthode d’évaluation. Tant qu’il n’existe pas de règle de valorisation claire, opposable et discutée de façon contradictoire, l’impôt se transforme en négociation au cas par cas. Et la négociation devient une source d’insécurité pour tout le monde, le contribuable comme l’administration.

La troisième est la mesure. Le seuil et le tarif devraient être calibrés sur la réalité d’une économie dont le revenu par habitant reste quatre à sept fois inférieur à celui des pays qui maintiennent cet impôt, avec un rendez-vous régulier pour réexaminer le dispositif. Le souvenir de 2014, où un impôt foncier fut introduit puis abrogé dans l’année, invite à cette prudence.

J’y ajouterais une exigence de cohérence : on ne peut pas, la même année, exonérer largement les dépôts dans la loi et resserrer cette exonération dans la doctrine. Un impôt sur la fortune réussi est d’abord un impôt que chacun comprend. Faute de quoi il reste, trop souvent, un symbole qui coûte plus qu’il ne rapporte.

 

L’article 88 présente-t-il, au-delà du débat économique, un risque constitutionnel ?

Oui, et il est réel. En matière fiscale, la question n’est pas seulement de savoir si l’impôt est utile ou juste ; il faut aussi savoir qui a le droit d’en tracer les frontières. Sur ce point, notre droit est clair. La Constitution du 25 juillet 2022 réserve à la loi, par son article 75, le soin de fixer l’assiette des impôts, leurs taux et les modalités de leur recouvrement. Et son article 76 confirme la règle en renvoyant tout le reste au pouvoir réglementaire, c’est-à-dire à l’administration.

En clair, décider de ce qui est imposé ou exonéré appartient au législateur. C’est une règle de bon sens démocratique : celui qui paie l’impôt doit pouvoir retrouver ses obligations dans la loi, et non dans une instruction ou une case de formulaire. La difficulté apparaît précisément lorsque la note ou l’imprimé déplace, en pratique, ces frontières. Trois exemples le montrent. Pour l’exonération des participations professionnelles, ils introduisent un seuil de détention de 50 % que l’article 88 ne formule pas. Ils paraissent aussi resserrer, dans le développement administratif, l’exonération large que la loi attache aux fonds déposés. Et ils traitent comme exonérés certains produits financiers, notamment l’assurance-vie et les comptes épargne en actions, alors que la loi ne les nomme pas expressément. Aucun de ces choix n’est neutre, car ils touchent au cœur de ce que seul le législateur peut décider.

Et l’enjeu dépasse même notre seul droit interne. Parce qu’il atteint ce que les personnes possèdent, l’impôt sur la fortune met en jeu des droits fondamentaux que la Tunisie s’est engagée à respecter : le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qu’elle a ratifié, garantit l’égalité devant la loi et la non-discrimination, ainsi que le droit à un examen équitable des différends. Un impôt dont le montant dépend fortement de valeurs estimées au cas par cas, ou dont les frontières pratiques se déduisent d’une note plutôt que de la loi, doit donc être conçu avec une vigilance particulière au regard de l’égalité de traitement et des garanties procédurales.

 

« … l’impôt sur la fortune met en jeu des droits fondamentaux que la Tunisie s’est engagée à respecter : le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qu’elle a ratifié, garantit l’égalité devant la loi et la non-discrimination, ainsi que le droit à un examen équitable des différends ».

 

La jurisprudence comparée n’oblige pas la Tunisie, mais elle balise le terrain avec précision. Saisie de l’impôt français sur la fortune lui-même, la Cour européenne des droits de l’homme l’a jugé compatible avec le droit de propriété, au prix d’une réserve nette : un tel impôt n’est admis que s’il demeure proportionné et ne tourne pas à la confiscation. La même idée d’égalité devant l’impôt avait conduit, en 1995, la Cour constitutionnelle allemande à invalider un impôt sur la fortune assis sur des valeurs estimées de manière inégale d’un contribuable à l’autre. La convergence est nette : la solidité d’un impôt sur le capital se mesure autant à sa base légale et à son égalité qu’à son taux.

Le devoir de payer l’impôt, que rappelle l’article 15 de la Constitution, trouve sa contrepartie dans la légalité fiscale : les règles du jeu doivent être posées par la loi et votées par la représentation nationale. Tant que ce n’est pas le cas, le dispositif reste exposé à une critique sérieuse, sur le terrain de la légalité, de la constitutionnalité comme des droits fondamentaux du contribuable. La question, au fond, n’est pas seulement fiscale, elle est démocratique : qui décide de ce que l’on taxe, le Parlement ou l’administration ? La réponse devrait aller de soi : faire dire par la loi ce que la note a voulu dire.

Propos recueillis par Talel BAHOURY

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*Rekik InTax Advisory · Tax Advisory | Transfer Pricing | Compliance &Reporting
Omar REKIK, ADIT · Expert-comptable membre de l’OECT · LL.M. Droit fiscal et contentieux administratif
Tél : +216 29 669 366 · o.rekik@rekikintaxadvisory.com

Document préparatoire à des fins d’entretien et d’analyse. Les positions exprimées engagent leur auteur et ne constituent ni un avis juridique ou fiscal individualisé ni une consultation. Les références internationales sont auditables et présentées selon la norme ISO 690. © Rekik InTax Advisory 2026.

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Ramadanes Paroles d’experts: réfléchir sur la sincérité de la marque alors que l’IA devient incontournable

«Ramadan 2026 était différent. Il l’était par ses campagnes, ses messages, sa proximité, sa charge émotionnelle. Il l’était aussi par son retour à l’essentiel alors que chacun devait se démarquer», attestait Fatma Abbès, responsable marketing IAT. Elle faisait partie des experts qui s’étaient attardés sur les stratégies, performances et le décryptage des campagnes du ramadan 2026 à l’occasion d’un panel modéré par Sana Mouldi, consultante et enseignante marketing, à la faveur de la 2e édition des ‘Ramadanes’Comm’, le 2 avril 2026.

C’était le consommateur et les chiffres qui décidaient

Selon Fatma Abbès, la nouveauté résidait dans le fait que l’IA était désormais dans la prod et le contenu et que ‘demander à GPT’ était aussi de la proximité. Et c’est pour cela que les campagnes pub avaient été très créatives, surtout les campagnes sur insight produit.
Mohamed-Salah Ben Slamia, CEO de Muse Agency, explorait les apports de la contradiction: «On pouvait marquer les esprits aussi bien avec un bon spot qu’avec un spot qui avait mal tourné! C’était le consommateur et les chiffres qui en décidaient. Et les estimations prouvaient que le Tunisien n’était pas le même selon sa situation en Tunisie. Et donc, réaliser un spot était génial mais il fallait constamment prendre en compte la personne à laquelle vous vous adressiez».

Ce qui faisait dire à Sawssen Toumi, responsable marketing Lloyd Assurances, que les campagnes étaient assez engageantes mais qu’il fallait prendre le temps de les décortiquer, réfléchir sur le fait de communiquer: «D’une année à l’autre, il fallait innover, être créatif, déployer de la réflexion et de l’audace en même temps. Réfléchir à l’après-ramadan».

Mohamed-Salah Ben Slamia rétorquait que la différentiation et l’audace devaient être accompagnées d’un retour vers l’essentiel: «Pourquoi, pour qui, faisait-on de la pub? Qu’est-ce que le consommateur avait envie d’apprendre? Nous devions comprendre ses besoins et proposer quelque chose qui lui ressemblait, où il ressentait de l’émotion. Il devait sentir que la marque était sincère. Et les nouvelles générations avaient besoin d’un autre message».

Plus on utilisait l’IA, plus on avait de l’expertise

Sendy Zardy, CEO de ComGuru, revenait sur l’outil devenu de plus en plus omniprésent dans la com et la pub: «L’évolution ne s’était jamais arrêtée et l’IA s’était imposée dans la production de contenu, à tel point que le consommateur ne pouvait plus faire la différence. Tout le monde devait s’adapter à l’IA comme outil et partenaire».

Fatma Abbès ajoutait un autre facteur: «L’efficacité d’un spot ne résidait pas seulement dans la visibilité, mais dans la création de résonance et la provocation de l’émotion. Nous avions fait l’exercice avec l’IA mais j’avais senti que la différence était dans les détails lors de ce ramadan, car l’IA seule tendait à donner des spots standard».

Sendy Zardy citait l’exemple de la campagne ‘Malla Makrouna’ qui était la troisième à être réalisée avec l’IA: «J’avais constaté l’évolution d’une année à l’autre. Le tout était de toucher un nouveau public, rajeunir la marque avec des outils tendance. Il était clair que plus on utilisait l’IA, plus on avait de l’expertise, plus on comprenait, plus on contrôlait».

Sawssen Toumi parlait également d’évolution: «Le choix des textes était risqué. Question de dosage. On pouvait faire de l’humour mais on ne devait pas toucher à la marque. On constatait que la notoriété de l’image s’améliorait d’année en année mais il y avait une part du spot que nous devions réaliser avec l’IA».

Mohamed-Salah Ben Slamia soulignait cependant que l’utilisation de l’IA s’imposait dès que le budget/timing était limité: «L’IA était un outil qui permettait indéniablement de gagner du temps mais, pour moi, l’humain restait au centre des choses; surtout de la perspective régionale».

Pour Sendy Zardy, il ne faisait aucun doute que l’IA s’installait durablement et qu’elle allait faire plus de bien que de mal. Et pour Fatma Abbès, la tendance IA était là et il fallait doser, choisir et savoir exploiter son potentiel.

 

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Ramadanes parcours inspirants: hommage aux 7 mousquetaires de l’écosystème marques/agences/médias

«C’était un moment symbolique au cours duquel nous avons honoré des parcours inspirants par leur conviction et la qualité de leur travail; des personnalités qui ont brillé au sein de la communauté. Nous avons célébré leurs trajectoires et leur avons exprimé toute notre gratitude pour leur contribution marquante à l’évolution de notre secteur», avait déclaré Lamia Tritar, CEO d’Iceberg Agency, présidente de l’ATPMC et organisatrice de la 2e édition des «Ramadanes’Comm», tenue le 2 avril 2026. L’événement avait été l’occasion de rendre hommage à sept personnalités de l’écosystème marques-agences-médias en Tunisie.

Sept parcours, sept sources d’inspiration

La remise des distinctions avait été ponctuée des témoignages des personnalités honorées.

Salah Attia, professeur de toute une génération et passeur de savoir, était revenu sur son parcours: «J’ai commencé à 21 ans dans la formation professionnelle, puis j’ai lancé des marques, organisé des milliers de séminaires et accompagné de nombreuses entreprises dans tous les secteurs. Parmi toutes ces réalisations, la transmission du savoir est ce à quoi j’ai le plus tenu».

Fondateur d’Emrhod, membre de l’INS et président de chambre nationale, Nabil Belaam avait, pour sa part, évoqué «un parcours de plusieurs décennies de travail entamé en 1986», consacré à mieux connaître les Tunisiens à travers les études et les enquêtes, tout en observant l’évolution d’un pays qu’il juge de plus en plus passionnant.

Mawaheb Ben Amor, directrice marketing forte de 26 ans d’expérience, avait rappelé sa passion constante pour le marketing, la communication et la créativité, soulignant avoir toujours considéré que ce métier allait au-delà des marques et devait avant tout donner du sens aux actions entreprises.

Hosni Krid-Gargouri, enseignante et experte en marketing et communication, avait estimé qu’un parcours inspirant se construit souvent à travers les difficultés. Forte de 25 années d’expérience, elle avait insisté sur l’importance de s’entourer des bonnes personnes, qu’elle considère comme la plus grande richesse.

Expert en marketing et communication, Mohamed-Salah Ben Slamia avait rappelé que «le travail finit toujours par payer». Passionné de publicité depuis son plus jeune âge, il avait évoqué la création de son agence Muse à Sousse en 2009, malgré les préjugés selon lesquels il fallait être installé à Tunis pour réussir dans le secteur.

Pionnier de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et de la communication interne, Tarek Chabir était revenu sur ses débuts dans ce domaine dès 2006 au sein d’une entreprise de 200 collaborateurs, à une époque où ce type de fonction était encore peu développé en Tunisie. Il avait profité de l’occasion pour appeler à une meilleure reconnaissance de ce métier.

Enfin, Sahar Mechri, directrice exécutive de Managers, créatrice du premier réseau d’affaires féminin et enseignante, avait tenu à souligner que son parcours était avant tout le fruit d’un travail collectif, mené avec son équipe et de nombreux partenaires ayant contribué à concrétiser cette vision.

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Le Maroc mise sur l’IA pour transformer ses hôpitaux avec une nouvelle alliance santé-technologie

La Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé (FM6SS) et ABA LIFE, pôle santé d’ABA Technology, ont annoncé la création d’une joint-venture dédiée au développement d’infrastructures de santé basées sur l’intelligence artificielle et les technologies numériques. L’objectif est de soutenir la modernisation du système de santé marocain en intégrant des solutions numériques dans la recherche, le diagnostic et l’organisation des soins.

Selon les informations issues des communiqués des deux acteurs, cette nouvelle structure ambitionne de déployer ses premières solutions de santé intelligente dès octobre 2026 au Maroc, avant une extension progressive vers d’autres pays africains. Le projet vise à connecter la recherche médicale, la pratique clinique et l’innovation technologique dans un même écosystème. Dans les faits, la plateforme entend intervenir sur l’ensemble de la chaîne sanitaire. Elle couvre la recherche en intelligence artificielle appliquée à la médecine, le développement de la télémédecine, la biosurveillance, la gestion des urgences ainsi que l’appui aux startups spécialisées dans la santé numérique. L’enjeu est d’améliorer la performance des services de soins tout en renforçant leur capacité d’anticipation face aux crises sanitaires.

Le projet repose sur une logique de transformation en profondeur des pratiques médicales. Une partie importante concerne la formation des professionnels de santé aux outils d’intelligence artificielle, avec un objectif annoncé de plus de 100 000 praticiens formés. La télémédecine est également appelée à jouer un rôle central dans la réduction des délais d’accès aux soins et l’extension de la couverture médicale. Au-delà des hôpitaux, la joint-venture ambitionne aussi de structurer un écosystème industriel autour des technologies de santé. Le développement de solutions locales, la création de brevets et l’accompagnement de startups HealthTech, MedTech et Biotech sont présentés comme des leviers pour renforcer l’innovation et réduire la dépendance technologique.

 

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La Coupe du monde ou le désir de reconnaissance

Par Amin Ben Khaled Quand les nations périphériques jouent plus qu’un trophée Tous les quatre ans – désormais sur une scène élargie à quarante-huit nations –, le football accomplit ce que les institutions internationales peinent à réaliser : il suspend, pour quelques semaines, la hiérarchie ordinaire du monde. Des États dont le nom n’apparaît ni...

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Incident du Barrage de Mellègue : aucune victime ni dégât

Dans une déclaration exclusive accordée à L’Économiste Maghrébin, Tarek Makhzoumi, membre du bureau exécutif de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP), chargé des ressources naturelles et des études stratégiques, est revenu sur l’incident survenu récemment au barrage de Mellègue.

Il estime que la situation est désormais totalement maîtrisée et ne présente aucune conséquence ni humaine ni matérielle. « Ce qui s’est produit concerne l’ouverture de la vanne supérieure du barrage, ce qui a provoqué un écoulement important des eaux. Mais la situation a rapidement été contrôlée », a-t-il expliqué, soulignant qu’il s’agit d’un incident « sans dégâts ».

Le responsable a précisé que le débit d’eau a été stabilisé après l’intervention des équipes techniques, permettant d’éviter toute perte significative ou dommage sur les zones environnantes. « L’eau continue de s’écouler normalement dans l’oued et rien n’a été perdu », a-t-il ajouté.

Situation sous contrôle et absence de dégâts

Tarek Makhzoumi a insisté sur le fait qu’aucune victime ni aucun dégât matériel n’a été enregistré. « Heureusement, il n’y a eu ni pertes humaines ni dégâts matériels », a-t-il affirmé, évoquant une situation rapidement prise en charge.

Il a également indiqué que les opérations de maintenance et de réparation seront engagées afin de remettre en état la vanne concernée et rétablir son fonctionnement normal.

Impact limité sur la campagne agricole

Abordant la situation agricole, le responsable de l’UTAP a précisé que la saison en cours reste globalement satisfaisante, malgré quelques difficultés en début de campagne liées notamment à un déficit en intrants et à certaines maladies ayant touché les cultures.

Concernant les dernières précipitations, il a indiqué qu’elles ont eu un impact globalement positif sur les rendements, notamment pour les céréales, en particulier le blé dur et le blé tendre.

« Les pluies récentes ont été bénéfiques et n’ont pas causé de dégâts significatifs, notamment dans les zones de Nabeul et du nord-ouest », a-t-il précisé. Tout en ajoutant que les estimations de production restent en cours d’évaluation au niveau des structures régionales.

Une campagne jugée globalement satisfaisante

Malgré certaines contraintes, notamment au début de la saison, Tarek Makhzoumi a estimé que la campagne agricole demeure globalement encourageante. Les services spécialisés poursuivent actuellement la collecte des données pour affiner les prévisions de récolte à l’échelle nationale.

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Sephora investit-elle vraiment dans l’ESG ou seulement dans son image?

“Ce que l’on ne mesure pas, on ne peut pas l’améliorer”,  disait Peter Drucker, professeur, consultant américain en management d’entreprise, auteur et théoricien.

Dans l’industrie de la beauté, cette phrase résonne de plus en plus comme une règle de survie. Les marques ne vendent plus seulement des produits, elles vendent aussi des engagements. Et derrière les promesses écologiques et responsables, une question revient toujours: combien cela coûte réellement, et est-ce que les entreprises jouent  vraiment le jeu de la transparence?

Sephora, acteur majeur mondial de la distribution de produits cosmétiques et filiale du groupe LVMH, illustre parfaitement cette tension entre communication ESG et réalité des chiffres.

L’un des axes les plus visibles concerne la consommation énergétique. Selon Sephora Newsroom, “Sephora stands with the planet”,  ses opérations aux États-Unis fonctionnent avec 100% d’électricité renouvelable, incluant les magasins, les entrepôts et les bureaux.

Cette transition repose sur des achats d’énergie verte, des contrats d’approvisionnement à long terme et des investissements dans l’efficacité énergétique, notamment l’éclairage LED et la modernisation des systèmes de climatisation et de chauffage.

Même si aucun montant précis n’est rendu public, ce type de transformation implique généralement des investissements lourds, surtout dans un réseau physique de grande taille comme celui de Sephora.

Le recyclage comme vitrine concrète de l’engagement

Autre chantier important, la gestion des déchets liés aux emballages cosmétiques. Avec son programme Beauty (Re)Purposed lancé en Amérique du Nord, Sephora s’attaque à un problème structurel de l’industrie beauté, celui des packagings difficiles à recycler. Le dispositif permet aux clients de déposer leurs emballages vides en magasin. Ces déchets sont ensuite collectés et transformés via des partenariats spécialisés. Selon les données communiquées par la marque et ses partenaires, plus de 100 000 pounds de déchets d’emballages ont été collectés, soit environ 45 tonnes. Ce programme n’est pas seulement symbolique. Il implique des coûts logistiques, la mise en place de points de collecte dans des centaines de magasins et la gestion de la chaîne de traitement des déchets. Mais là encore, aucun budget global n’est communiqué.

Pourquoi Sephora investit vraiment dans l’ESG               

Derrière les engagements environnementaux, la logique est avant tout business.

Première pression, celle des régulateurs. Les règles sur les plastiques, la traçabilité des ingrédients et la responsabilité des entreprises se durcissent dans plusieurs marchés. Les enseignes doivent anticiper plutôt que subir. Deuxième facteur, le risque réputationnel. Dans un secteur exposé comme la beauté, la moindre accusation de greenwashing peut avoir un impact direct sur la confiance des consommateurs. Troisième élément, plus stratégique encore, la transformation du modèle économique. L’ESG devient un outil de différenciation commerciale. Les labels, les programmes de recyclage et les engagements environnementaux influencent désormais les décisions d’achat en magasin.

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Exportateurs: de nouvelles solutions de financement proposées pour le marché africain… Détails

La Tunisie s’apprête à lancer les procédures de réalisation d’un centre commercial africain multisectoriel qui accueillera notamment une représentation de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), un projet destiné à faciliter l’accès des entreprises tunisiennes aux marchés africains et à renforcer les mécanismes de financement du commerce.

Cette annonce a été au cœur d’une réunion tenue le 17 juin entre le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid, et une délégation d’Afreximbank. Les discussions ont porté sur les préparatifs de ce projet, considéré comme l’un des leviers de la stratégie tunisienne de renforcement de sa présence économique sur le continent.

Selon le ministère, le futur centre devra servir de plateforme dédiée aux échanges commerciaux, aux services et à l’accompagnement des entreprises opérant en Afrique. Il permettra également de rapprocher les acteurs économiques tunisiens des solutions de financement, des garanties et des mécanismes d’appui proposés par Afreximbank. Lors de la rencontre, le ministre a souligné le rôle de la banque dans le financement des projets économiques, notamment ceux des petites et moyennes entreprises, ainsi que dans le développement du commerce intra-africain. Il a également rappelé l’engagement de la Tunisie dans les initiatives africaines d’intégration économique, notamment la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).

Le responsable a mis en avant plusieurs projets structurants portés par la Tunisie dans cette dynamique, dont le corridor commercial continental africain. Dans ce cadre, la zone franche logistique et commerciale de Ben Guerdane ainsi que le poste frontalier de Ras Jedir sont appelés à jouer un rôle de porte d’entrée vers la Libye et plusieurs pays d’Afrique subsaharienne.

Les échanges ont également porté sur le système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), destiné à faciliter les transactions commerciales en monnaies locales entre pays africains. La Tunisie avait été le premier pays d’Afrique du Nord à rejoindre ce dispositif en février 2024. De son côté, la délégation d’Afreximbank a réaffirmé sa volonté d’élargir sa coopération avec la Tunisie dans les secteurs public et privé. La banque a notamment exprimé sa disponibilité à accompagner les entreprises tunisiennes exportatrices dans leur développement sur le continent et à soutenir leur accès à de nouveaux marchés africains. Créée pour promouvoir le commerce et l’investissement en Afrique, Afreximbank compte aujourd’hui 52 États membres. L’institution figure parmi les principaux bailleurs de fonds du continent et intervient notamment dans le financement du commerce, le développement des exportations, l’industrialisation et les projets favorisant l’intégration économique africaine.

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