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Tunisie : Le déficit énergétique franchit les 4,2 milliards de dinars en quatre mois

Le déficit de la balance commerciale énergétique de la Tunisie continue de se creuser. À fin avril 2026, il a atteint 4,222 milliards de dinars, contre 3,548 milliards un an plus tôt, soit une hausse de 19%, selon les dernières données publiées par l’Observatoire national de l’énergie et des mines. Malgré une progression des exportations énergétiques, la facture des importations demeure lourde dans un contexte marqué par la flambée des cours du pétrole.

Un déficit alourdi de 674 MD en un an

Les chiffres de l’Observatoire national de l’énergie et des mines montrent une aggravation du déficit énergétique au cours des quatre premiers mois de l’année.

En tenant compte de la redevance du gaz algérien exporté, le déficit de la balance commerciale énergétique s’est établi à 4,222 milliards de dinars à fin avril 2026, contre 3,548 milliards de dinars un an auparavant. En l’espace d’une année, le déficit s’est ainsi accru de 674 millions de dinars, soit une progression de 19%.

Cette évolution confirme la pression persistante exercée par la facture énergétique sur les échanges extérieurs du pays.

Les importations continuent de peser

Selon le rapport, les exportations des produits énergétiques ont progressé de 41% en valeur sur un an.

Cette hausse n’a toutefois pas suffi à compenser l’augmentation des importations énergétiques, qui ont elles-mêmes enregistré une progression de 23% en valeur durant la même période.

L’Observatoire rappelle que les échanges du secteur restent fortement dépendants de plusieurs facteurs externes, notamment les volumes échangés, l’évolution du taux de change dollar-dinar ainsi que les fluctuations des cours internationaux du pétrole.

L’effet de la flambée du Brent

L’évolution récente des prix du pétrole figure parmi les principaux facteurs expliquant l’aggravation du déficit.

Selon l’Observatoire, les cours du Brent ont fortement augmenté en avril 2026 par rapport à avril 2025, sous l’effet des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et des inquiétudes liées au transit pétrolier dans le détroit d’Ormuz.

Cette hausse des prix internationaux a directement influencé le coût des importations énergétiques tunisiennes, même si le dinar a enregistré une amélioration de 4% face au dollar américain sur la même période.

À lui seul, le déficit énergétique représente plus de la moitié du déficit commercial global de la Tunisie, estimé à 7,53 milliards de dinars à fin avril 2026. Cette situation confirme le poids déterminant de la facture énergétique dans les déséquilibres extérieurs du pays.

Alors que les recettes issues des exportations énergétiques progressent, la balance commerciale du secteur demeure largement déficitaire.

Le franchissement du seuil des 4,2 milliards de dinars de déficit dès les quatre premiers mois de l’année illustre les défis auxquels reste confrontée la Tunisie.3

Une dépendance énergétique qui se renforce

Au-delà de l’aggravation du déficit commercial, les indicateurs de sécurité énergétique continuent de se détériorer. Selon l’Observatoire national de l’énergie et des mines, le taux de couverture des besoins énergétiques par les ressources nationales est tombé à environ 38% à fin avril 2026, contre près de 42% un an auparavant.

Autrement dit, plus de six unités d’énergie consommées sur dix en Tunisie proviennent désormais des importations, ce qui accentue la vulnérabilité du pays aux fluctuations des cours internationaux du pétrole et du gaz.

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Électricité : La production progresse, mais la Tunisie reste dépendante des importations

La production nationale d’électricité a enregistré une hausse de 7% au cours des quatre premiers mois de 2026, atteignant 5945 GWh contre 5577 GWh un an plus tôt, selon les données publiées par l’Observatoire national de l’énergie et des mines. Cette progression intervient dans un contexte marqué par une augmentation de la demande, mais aussi par une dépendance persistante aux importations d’électricité, qui continuent de couvrir une partie des besoins du pays.

Une production en hausse, mais des importations toujours nécessaires

D’après le rapport de l’Observatoire, la production nationale d’électricité, y compris l’autoproduction à partir des énergies renouvelables, s’est établie à 5945 GWh à fin avril 2026, soit une progression de 7% par rapport à la même période de l’année précédente.

La production destinée au marché local a, quant à elle, augmenté de 3%. Malgré cette évolution positive, la Tunisie continue de recourir aux importations pour satisfaire sa consommation électrique. Les achats d’électricité, principalement en provenance d’Algérie, ont ainsi couvert 9% des besoins du marché local à fin avril.

La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) demeure l’acteur dominant du secteur, assurant à elle seule 92% de la production nationale.

Les énergies renouvelables progressent, mais restent limitées

Le rapport met également en lumière la place encore modeste des énergies renouvelables dans le mix électrique national.

À fin avril 2026, l’électricité produite à partir de sources renouvelables représentait 8,2% de la production totale. Ce taux demeure inférieur aux ambitions affichées en matière de transition énergétique, même si les investissements dans le solaire continuent de progresser.

L’Observatoire relève ainsi l’installation de près de 466 mégawatts de toitures photovoltaïques dans le secteur résidentiel, auxquels s’ajoutent 130 mégawatts raccordés en moyenne et haute tension dans les secteurs industriel, tertiaire et agricole.

Ces capacités supplémentaires témoignent d’un développement progressif de l’énergie solaire, sans pour autant modifier de manière significative l’équilibre global du système électrique.

Sur le front de la demande, les ventes d’électricité ont progressé de 3% entre fin avril 2025 et fin avril 2026. Les industriels demeurent les premiers consommateurs d’électricité du pays, représentant 61% de la demande totale des clients haute et moyenne tension.

La hausse de la production nationale constitue un signal positif pour le secteur électrique tunisien. Néanmoins, la dépendance aux importations, la faible part des énergies renouvelables et le poids croissant de la demande industrielle rappellent que les défis liés à la sécurité énergétique et à la transition vers des sources de production plus durables demeurent au cœur des enjeux du pays.

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Le carburant propulse les prix des importations américaines

Les prix des importations américaines ont augmenté plus que prévu en mai, sous l’effet de fortes hausses des prix des carburants et des biens d’équipement, ce qui a entraîné la plus forte augmentation annuelle en près de quatre ans.

Les prix à l’importation ont augmenté de 1,9 % le mois dernier, après une hausse révisée à la hausse de 2,0 % en avril, a annoncé mardi 16 juin le Bureau des statistiques du travail américain. Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient une augmentation de 1,0 % des prix à l’importation (hors droits de douane), après une hausse de 1,9 % annoncée précédemment pour avril.

Au cours des douze mois précédant mai, les prix à l’importation ont augmenté de 6,7 %. Il s’agit de la plus forte hausse annuelle depuis août 2022, après une augmentation de 4,2 % en avril. La guerre israélo-américaine a fait flamber les prix du pétrole, alimentant les pressions inflationnistes. Washington et Téhéran ont annoncé dimanche être parvenus à un accord sur les modalités d’un cessez-le-feu et de la réouverture du détroit d’Ormuz, même si cet accord reste conditionné à la fin des hostilités au Liban.

L’inflation à la consommation a augmenté à son rythme le plus rapide en trois ans en mai, tandis que les prix à la production ont enregistré leur plus forte hausse en plus de 3 ans, selon les données gouvernementales publiées la semaine dernière. La hausse des pressions inflationnistes et la solidité du marché du travail ont accru les chances d’une hausse des taux d’intérêt par la Réserve fédérale, mais les économistes estiment que le seuil d’un nouveau resserrement reste élevé.

Les responsables de la banque centrale américaine devaient entamer mardi une réunion de politique monétaire de deux jours. Les analystes prévoient que la Fed maintiendra son taux directeur inchangé dans une fourchette de 3,50 % à 3,75 %, mais pourrait adopter une politique moins accommodante. Les prix des carburants importés ont augmenté de 12,5 % le mois dernier, après une hausse de 18,6 % en avril. Les biens d’équipement importés ont progressé de 1,3 %. La forte activité d’investissement dans le domaine de l’intelligence artificielle contribue à cette hausse.

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Commerce extérieur : Un déficit qui se creuse, mais des signaux de résilience à l’export

Le commerce extérieur tunisien a terminé le premier trimestre 2026 sur un déficit de -5232,7 millions de dinars, contre -5049,5 MD un an plus tôt, selon les dernières données de l’Institut National de la Statistique. Malgré cet alourdissement, certains indicateurs montrent une dynamique plus encourageante, notamment du côté des exportations, en progression plus rapide que prévu.

L’énergie reste le principal point noir

Le creusement du déficit provient avant tout de la facture énergétique, qui représente à elle seule -2990,4 MD, soit plus de la moitié du déséquilibre global. Viennent ensuite les matières premières et demi-produits (-1601,4 MD), les biens d’équipement (-977 MD) et les biens de consommation (-462,2 MD).

À l’inverse, l’alimentation dégage un excédent de +798,3 MD, porté notamment par les performances de l’huile d’olive. Le taux de couverture s’améliore légèrement à 75,7%, contre 75,2% à la même période de 2025.

Les exportations tirées par l’huile d’olive et l’industrie

Sur les trois premiers mois de l’année, les exportations ont progressé de 6,1%, atteignant 16.266,8 MD. La hausse est particulièrement marquée dans les industries mécaniques et électriques (+10,6%) ainsi que dans l’agroalimentaire (+16,1%), grâce à l’envolée des ventes d’huile d’olive (1.991,6 MD contre 1.442,3 MD en 2025).

Le secteur énergétique affiche également une progression de +6,2%, soutenue par les produits raffinés. En revanche, les mines, phosphates et dérivés (-20,3%) ainsi que le textile-habillement-cuir (-5%) reculent, ce qui freine la performance globale.

L’Europe confirme son poids stratégique

L’Union européenne reste de loin le premier débouché de la Tunisie, absorbant 71,5% des exportations avec 11.628,1 MD au premier trimestre. Les ventes progressent notamment vers la France (+10,6%), l’Italie (+4%) et l’Allemagne (+3,3%), alors qu’elles reculent vers les Pays-Bas (-15,9%) et la Grèce (-29,8%).

Du côté des pays arabes, la poussée est spectaculaire avec l’Égypte (+52,9%) et l’Arabie saoudite (+80,6%), tandis que les échanges fléchissent avec le Maroc, l’Algérie et la Libye.

Les importations progressent sur tous les fronts

Les importations augmentent de 5,5% à 21.499,5 MD, sous l’effet d’une hausse généralisée de tous les groupes de produits : alimentaire, équipement, énergie, biens de consommation et demi-produits. Hors Europe, la montée des achats en provenance de la Turquie (+6,3%) et surtout de l’Inde (+39,5%) contraste avec le recul des importations depuis la Russie (-61,6%) et la Chine (-7,3%).

Le tableau reste contrasté : la Tunisie continue de subir le poids structurel de l’énergie dans sa balance commerciale, mais la bonne tenue des exportations industrielles et agroalimentaires laisse entrevoir un socle de résilience.

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