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Pourquoi les banques offshore tunisiennes ont perdu un quart de leur taille… sans être en crise

Le chiffre peut surprendre. En un peu plus d’un an, le total des actifs des banques offshore installées en Tunisie est passé de 6,57 milliards de dinars à moins de 4,9 milliards de dinars. Une baisse de près de 26% qui pourrait faire penser à une crise du secteur. Pourtant, les statistiques de la Banque centrale de Tunisie racontent une tout autre histoire : celle de la fin d’un mécanisme qui gonflait artificiellement les bilans depuis plusieurs années.

Selon le Bulletin des statistiques financières de la BCT (BSF n°234), le total actif des banques offshore est passé de 6,572 milliards de dinars en décembre 2024 à 4,996 milliards en août 2025, avant de se stabiliser autour de 4,8 à 4,9 milliards de dinars début 2026.

Pourquoi les bilans avaient autant grossi

Durant plusieurs années, les banques offshore ont bénéficié d’un contexte monétaire particulièrement favorable. Détenant des liquidités en devises issues de leur clientèle non résidente, elles pouvaient les placer auprès de la Banque centrale dans un environnement de taux élevés.

Cette stratégie présentait un avantage évident : elle permettait de générer des revenus sans développer davantage l’activité bancaire traditionnelle. Les bilans se sont ainsi progressivement gonflés grâce à ces placements, donnant l’image d’un secteur plus important qu’il ne l’était réellement.

Les statistiques de la BCT montrent d’ailleurs qu’à la fin de l’année 2024, les créances des banques offshore sur la Banque centrale dépassaient encore le milliard de dinars.

Le tournant de 2025

L’année 2025 marque toutefois un changement de contexte.

Face au ralentissement de l’inflation, la Banque centrale a entamé un cycle d’assouplissement monétaire. Son taux directeur, qui avait atteint 8%, a été ramené à 7,5% en mars 2025 puis à 7% à la fin de l’année.

Avec des rendements devenus moins attractifs, les banques offshore ont progressivement réduit leurs placements auprès de la BCT et réorienté leurs liquidités vers d’autres supports, notamment les marchés financiers et interbancaires internationaux.

Résultat : les actifs du secteur se sont contractés rapidement, sans que cela traduise nécessairement une baisse équivalente de l’activité bancaire réelle.

Une taille plus proche de la réalité

La chute observée depuis 2025 ressemble donc davantage à une normalisation qu’à une dégradation.

Une fois retiré l’effet des placements auprès de la Banque centrale, le secteur offshore tunisien apparaît désormais dans des proportions plus proches de son activité économique réelle. Son cœur de métier reste le financement et les opérations avec les non-résidents, et non la gestion de liquidités placées auprès de la banque centrale.

Autrement dit, le recul de plus d’un quart du bilan consolidé ne signifie pas que les banques offshore ont perdu un quart de leur clientèle ou de leur activité. Il reflète surtout la disparition d’un facteur exceptionnel qui gonflait mécaniquement leurs actifs.

Toutes les banques offshore ne sont pas logées à la même enseigne

Le secteur offshore tunisien compte officiellement sept établissements : Citibank Offshore, Tunisian Foreign Bank (TF Bank), Tunis International Bank (TIB), Loan and Investment Company (LINC), North Africa International Bank (NAIB), Alubaf International Bank et Arab Banking Corporation Offshore.

Derrière les statistiques consolidées, les situations restent toutefois très différentes d’une banque à l’autre. Les établissements disposant d’une activité commerciale diversifiée semblent mieux armés pour évoluer dans un environnement de taux plus faibles.

Le cas de Loan and Investment Company (LINC) continue également d’interroger. L’établissement figure toujours dans la liste officielle des banques offshore publiée par la BCT alors qu’il n’exerce plus d’activité opérationnelle significative, illustrant la question plus large du devenir de certaines licences bancaires historiques.

La fin d’une rente discrète

Au-delà des chiffres, l’évolution observée depuis 2025 marque peut-être la fin d’un modèle.

Pendant plusieurs années, une partie de la rentabilité du secteur reposait sur la possibilité de capter des devises puis de les replacer auprès de la Banque centrale dans un environnement de taux élevés. Avec le retour à des conditions monétaires plus normales, cette source de revenus perd de son importance.

La question qui se pose désormais n’est donc plus celle de la taille apparente des bilans, mais celle de la capacité des banques offshore à développer une activité bancaire réelle et durable.

La baisse de leurs actifs n’est pas forcément un signal d’alerte. Elle ressemble davantage à un retour à la réalité.

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Face au silence de la BCT, la commission des Finances envisage d’avancer seule sur le Code des changes

La commission des Finances et du budget de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) pourrait franchir une nouvelle étape dans l’examen du projet de Code des changes sans attendre l’avis de la Banque centrale de Tunisie (BCT). Son président, Maher Ketari, a annoncé, mercredi 17 juin 2026, qu’un vote sera organisé lundi prochain afin de...

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TRE et tourisme : plus de 6,8 milliards de dinars générés au 10 juin

Les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger (TRE) et les recettes touristiques continuent de soutenir les équilibres extérieurs du pays. Selon les dernières données publiées par la Banque centrale de Tunisie (BCT), ces deux principales sources de devises ont poursuivi leur progression au cours des premiers mois de 2026, confirmant leur rôle central dans l’alimentation...

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Paiements numériques en Tunisie : la bascule s’accélère au premier trimestre 2026

La Tunisie franchit un cap décisif vers une économie sans cash. Au premier trimestre 2026, les paiements numériques enregistrent une progression généralisée sur tous les canaux, confirmant l’accélération de la transformation financière du pays. Selon le dernier Bulletin de la Banque centrale de Tunisie, l’e-paiement progresse de 28,4 % en volume, le mobile atteint 2,7 millions de transactions et les règlements interbancaires de gros montants dépassent 1 547 milliards de dinars. L’ensemble dessine une dynamique cohérente : celle d’une économie tunisienne qui bascule progressivement vers la dématérialisation des échanges.

L’e-paiement, moteur principal de la croissance digitale

Le paiement en ligne confirme son rôle de segment le plus dynamique. Avec 5,2 millions de transactions au T1 2026, contre 4,04 millions un an plus tôt, il enregistre une hausse de 28,4 % en volume et de 34,8 % en valeur, pour un total de 382,7 millions de dinars.

Cette progression dépasse celle de la monétique globale (+11,7 %), traduisant un changement structurel des usages, souligne le Bulletin de la BCT. Cette croissance repose sur une infrastructure marchande en expansion rapide. La Tunisie compte désormais 1 288 sites e-commerce actifs, soit +28,2 % sur un an.

Dans le même temps, le parc de terminaux de paiement électronique atteint 45 000 unités, en hausse de 4,4 %, renforçant l’acceptation des paiements électroniques chez les commerçants.

Dans les points de vente physiques, la tendance est également haussière. Les transactions par carte ou sans contact atteignent 11,7 millions d’opérations (+21,4 %) pour 1 381,6 millions de dinars (+19,7 %).

Le paiement physique conserve un ticket moyen supérieur à celui de l’e-commerce, en cohérence avec la nature des achats réalisés en magasin.

Le mobile devient un levier central d’inclusion financière

Le paiement mobile s’impose comme l’un des moteurs les plus dynamiques de la période. L’application TunPay enregistre 2,7 millions de transactions au T1 2026, portées par 477 000 portefeuilles actifs, en hausse de 22,2 % sur un an.

L’écosystème se structure également avec 17 prestataires de services de paiement agréés (+34,5 %), renforçant l’interopérabilité et la concurrence. La répartition des usages montre une relative maturité du wallet : 65,6 % pour les paiements, 18,8 % pour les transferts, 10,7 % pour les dépôts (cash-in) et 4,8 % pour les retraits (cash-out).

Ce dernier segment attire particulièrement l’attention : sa hausse de 67,1 % pourrait refléter des frictions d’usage ou une dépendance persistante au cash dans certains circuits.

Par ailleurs, l’intégration de nouveaux services publics, comme le paiement des inscriptions scolaires via USSD et wallet, confirme le potentiel du mobile comme outil d’inclusion financière, notamment dans les zones sous-bancarisées.

Les échanges interbancaires gagnent en automatisation

La télécompensation interbancaire poursuit sa montée en puissance. Au T1 2026, 14,7 millions d’opérations ont été traitées pour 53,4 milliards de dinars, en hausse de 8,7 % en valeur. Les virements dominent largement avec 9,6 millions d’opérations et un taux de rejet quasi nul (0,1 %), signe de la robustesse du système.

Les prélèvements automatiques progressent de 26,4 %, illustrant la généralisation des paiements récurrents digitalisés. À l’inverse, le chèque poursuit son déclin structurel avec une baisse de 24,9 % en volume et un taux de rejet alarmant de 51,2 %, confirmant son recul comme instrument de paiement.

La lettre de change surprend toutefois par sa résilience, avec une hausse de 35,9 % en volume et de 23,5 % en montant, portée par les échanges interentreprises.

Sur les flux de très gros montants, le système Elyssa-RTGS traite 109 118 transactions (+8,4 %) pour 1 547,5 milliards de dinars (+9 %), confirmant la stabilité des infrastructures critiques.

Une architecture financière en pleine modernisation

Au-delà des chiffres, la Banque centrale met en avant plusieurs chantiers structurants. La refonte du système national de télécompensation vise à renforcer la résilience et la capacité de traitement du réseau interbancaire. La restructuration des opérateurs SIBTEL et SMT s’inscrit dans une réforme de gouvernance plus large du secteur des paiements.

Parallèlement, le déploiement du standard national White-EMV doit garantir l’interopérabilité des cartes sur tout le territoire. Enfin, la généralisation du label TunPay et l’intégration progressive des paiements administratifs visent à étendre l’usage du mobile au-delà des seuls services commerciaux.

Ces réformes traduisent une stratégie cohérente de modernisation portée par la Banque centrale de Tunisie. Elles confirment une trajectoire claire : celle d’un système financier en mutation rapide, tiré par la digitalisation, mais encore marqué par des disparités d’adoption entre canaux, secteurs et territoires.

Au premier trimestre 2026, la Tunisie ne s’est donc pas contentée d’expérimenter les paiements numériques : elle en a accéléré la généralisation.

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Source : Bulletin N°16 « Paiements en chiffres en Tunisie », PPCFR/DGPIF, Banque centrale de Tunisie, 1er trimestre 2026.

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Les transferts des Tunisiens résidents à l’étranger atteignent 3,6 milliards de dinars

Les transferts de fonds effectués par les Tunisiens résidents à l’étranger ont atteint 3.669 millions de dinars. Soit environ 3,6 milliards de dinars, à la fin du mois de mai 2026. C’est ce que révèlent les derniers indicateurs monétaires publiés par la Banque centrale de Tunisie.

Ce montant enregistre une progression de 4,5 % par rapport à la même période de l’année 2025, où ces transferts s’élevaient à 3,510 millions de dinars.

Exprimés en dollars américains, ces flux financiers représentent environ 1,267 milliard de dollars (soit près de 1,26 milliard de dollars), sur la base d’un taux de change moyen mensuel de 1 dollar = 2,894 dinars, enregistré à la fin du mois de mai dernier.

Ces transferts demeurent une source importante de devises pour l’économie tunisienne, contribuant au soutien des équilibres financiers extérieurs du pays.

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Eclairage – Quand Francfort serre la vis et que Tunis retient son souffle!

Les décisions de politique économique semblent naître loin des préoccupations quotidiennes des citoyens, dans des salles de réunion feutrées où les chiffres remplacent les émotions et où les équations paraissent l’emporter sur les réalités humaines. Pourtant, certaines de ces décisions traversent les frontières, franchissent les mers et finissent par s’inviter dans les foyers les plus modestes. La récente décision de la Banque centrale européenne de relever son principal taux directeur de 2 % à 2,25 % appartient à cette catégorie.

À première vue, il ne s’agit que d’un quart de point supplémentaire dans la mécanique complexe de la politique monétaire européenne. Mais derrière cette apparente technicité se cache un signal fort : l’Europe s’inquiète à nouveau de l’inflation. La flambée des prix de l’énergie provoquée par la guerre qui s’enlise entre l’Iran et ses adversaires régionaux ravive le souvenir des grands chocs pétroliers qui ont marqué l’histoire économique mondiale. Face à cette menace, la Banque centrale européenne choisit la prudence et durcit sa politique monétaire. Même si cela implique un ralentissement supplémentaire de l’activité économique.

Pour la Tunisie, cette décision n’est pas une information parmi d’autres. Elle constitue un avertissement silencieux. Car lorsque l’Europe tousse, la Tunisie attrape souvent un rhume. Et lorsque l’Europe ralentit, c’est toute une partie de l’économie tunisienne qui ressent les secousses.

Une guerre lointaine qui se rapproche du quotidien tunisien

Les conflits géopolitiques ont ceci de particulier qu’ils semblent toujours éloignés jusqu’au jour où leurs conséquences apparaissent sur une facture d’électricité, un ticket de transport ou le prix d’un panier de courses.

Depuis plusieurs mois, la crise au Moyen-Orient exerce une pression croissante sur les marchés énergétiques mondiaux. Les investisseurs redoutent une perturbation durable des approvisionnements pétroliers. Les compagnies maritimes intègrent davantage de risques dans leurs coûts de transport. Les marchés financiers deviennent plus nerveux. Les entreprises reportent certains investissements.

Dans ce contexte, le pétrole redevient une source majeure d’inquiétude. Pour la Tunisie, pays importateur net d’énergie, chaque hausse durable du baril agit comme une fuite supplémentaire dans un navire déjà soumis à de fortes tensions. Le déficit énergétique se creuse, les besoins en devises augmentent et les finances publiques se trouvent davantage sollicitées.

Dans ce contexte, le pétrole redevient une source majeure d’inquiétude. Pour la Tunisie, pays importateur net d’énergie, chaque hausse durable du baril agit comme une fuite supplémentaire dans un navire déjà soumis à de fortes tensions.

Le citoyen tunisien n’a pas besoin de suivre quotidiennement les cours du Brent pour ressentir ces effets. Il les perçoit lorsque le coût du transport augmente, lorsque certains produits alimentaires deviennent plus chers ou lorsque les entreprises répercutent progressivement leurs coûts énergétiques sur leurs prix de vente. Ainsi, une guerre qui paraît lointaine finit par s’inviter dans le quotidien le plus ordinaire.

L’Europe ralentit : le premier client de la Tunisie achète moins

L’Europe n’est pas seulement un voisin géographique. Elle demeure le principal partenaire économique de la Tunisie. Les usines tunisiennes qui produisent des câbles automobiles, des composants électriques, des textiles ou des équipements mécaniques travaillent en grande partie pour des clients européens. Les hôtels du Sahel, de Djerba ou d’Hammamet accueillent principalement des visiteurs venus du continent européen. Les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger dépendent largement de la santé économique des pays européens. Lorsque la BCE augmente ses taux, elle cherche à ralentir la consommation et l’investissement afin de freiner l’inflation. Les ménages européens empruntent moins. Les entreprises deviennent plus prudentes. Les achats importants sont reportés.

La conséquence est simple : la croissance ralentit. Les nouvelles prévisions de la BCE ne prévoient désormais qu’une croissance de 0,8 % pour la zone euro. Derrière ce chiffre se cache une réalité préoccupante : l’économie européenne progresse à peine.

 

Lorsque la BCE augmente ses taux, elle cherche à ralentir la consommation et l’investissement afin de freiner l’inflation. Les ménages européens empruntent moins. 

 

Pour les entreprises tunisiennes tournées vers l’exportation, cela signifie potentiellement moins de commandes, moins de visibilité et davantage d’incertitudes. Derrière chaque pourcentage de croissance perdu en Europe, il y a parfois une usine tunisienne qui réduit ses heures supplémentaires, un entrepreneur qui reporte un investissement ou un jeune diplômé qui voit s’éloigner une opportunité d’embauche.

Le piège de la double contrainte

Ce qui rend la situation actuelle particulièrement délicate pour la Tunisie est l’apparition simultanée de deux phénomènes défavorables. D’un côté, la hausse des prix énergétiques augmente les coûts de production et pèse sur les finances publiques. De l’autre, le ralentissement européen réduit les perspectives de croissance extérieure.

Autrement dit, la Tunisie doit payer davantage pour importer son énergie tout en risquant de vendre moins à ses principaux partenaires commerciaux. Cette double contrainte est particulièrement difficile à gérer pour une économie qui cherche déjà à restaurer ses grands équilibres financiers.

Les réserves en devises deviennent plus précieuses. Le financement des importations devient plus sensible. Les marges budgétaires se réduisent. Dans ce contexte, chaque choc externe produit des effets amplifiés.

Le dilemme de la Banque centrale de Tunisie (BCT)

Pour les autorités monétaires tunisiennes, la période qui s’ouvre ressemble à un exercice d’équilibriste. La Banque centrale de Tunisie a déjà mené ces dernières années une politique de lutte contre l’inflation qui a contribué à ralentir progressivement la hausse des prix. Mais la nouvelle donne internationale complique davantage l’équation.

Si les grandes banques centrales maintiennent des taux élevés, les capitaux internationaux continuent à privilégier les marchés jugés les plus sûrs. Les monnaies des pays émergents subissent alors davantage de pression.

La Tunisie doit donc préserver la stabilité du dinar tout en évitant d’étouffer une croissance déjà modeste. Le problème est que les deux objectifs peuvent parfois entrer en contradiction. Des taux élevés permettent – souvent – de lutter contre l’inflation et de soutenir la monnaie. Mais ils freinent également l’investissement privé, l’accès au crédit et la création d’emplois.

À l’inverse, une politique plus souple soutiendrait l’activité économique mais pourrait alimenter des tensions inflationnistes si les prix internationaux de l’énergie continuent à augmenter. La Banque centrale se trouve ainsi confrontée à l’un des arbitrages les plus complexes de la politique économique moderne.

 

La Tunisie doit préserver la stabilité du dinar tout en évitant d’étouffer une croissance déjà modeste. Le problème est que les deux objectifs peuvent parfois entrer en contradiction…

 

La dette devient plus lourde dans un monde de taux élevés

Au-delà des questions monétaires, la décision de la BCE rappelle également que l’époque de l’argent presque gratuit appartient désormais au passé. Pendant plus d’une décennie, les grandes banques centrales ont maintenu des taux extrêmement faibles afin de soutenir la croissance après la crise financière mondiale puis après la pandémie. Aujourd’hui, le mouvement s’est inversé. L’argent coûte plus cher. Les investisseurs exigent des rendements plus élevés. Les emprunteurs doivent accepter des conditions plus strictes.

 

Pendant plus d’une décennie, les grandes banques centrales ont maintenu des taux extrêmement faibles afin de soutenir la croissance après la crise financière mondiale puis après la pandémie.

 

Pour la Tunisie, qui continue à rechercher des ressources financières afin de couvrir ses besoins budgétaires et refinancer ses engagements, cette évolution représente une contrainte supplémentaire. Chaque hausse des taux internationaux réduit un peu plus les marges de manœuvre financières de l’État. Dans un contexte où les besoins sociaux restent considérables et où les attentes de la population demeurent fortes, cette réalité complique encore davantage l’exercice budgétaire.

Le pouvoir d’achat, ultime victime des turbulences mondiales

Au bout de la chaîne économique, c’est souvent le citoyen qui absorbe une partie des chocs. Lorsque les coûts énergétiques augmentent, lorsque le transport devient plus cher, lorsque les entreprises voient leurs marges se réduire, les tensions finissent généralement par se répercuter sur les prix. La lutte contre l’inflation n’est donc pas seulement une question de statistiques. Elle touche directement la vie quotidienne des ménages.

Pour une famille tunisienne, quelques dinars supplémentaires sur les dépenses de transport, d’alimentation ou d’énergie peuvent représenter un arbitrage difficile entre plusieurs besoins essentiels. C’est précisément ce qui rend les crises inflationnistes si sensibles socialement. Elles ne frappent pas seulement les indicateurs économiques ; elles modifient les habitudes de consommation, les projets familiaux et parfois même les perspectives d’avenir.

Une leçon de souveraineté économique

Au fond, la décision de la BCE agit comme un révélateur. Elle montre combien l’économie tunisienne demeure exposée aux événements extérieurs : conflits géopolitiques, fluctuations énergétiques, ralentissements européens ou changements de politique monétaire dans les grandes puissances.

Chaque crise internationale rappelle la nécessité de construire davantage de résilience. Cela passe par une accélération des investissements dans les énergies renouvelables afin de réduire la dépendance énergétique. Cela implique également une diversification plus poussée des marchés d’exportation vers l’Afrique, l’Asie et le Moyen-Orient. Cela suppose enfin un effort soutenu pour améliorer la productivité, l’innovation et la compétitivité des entreprises tunisiennes. Car la véritable souveraineté économique ne consiste pas à s’isoler du monde. Elle consiste à être suffisamment solide pour ne pas subir passivement chacun de ses soubresauts.

 

Au fond, la décision de la BCE agit comme un révélateur. Elle montre combien l’économie tunisienne demeure exposée aux événements extérieurs : conflits géopolitiques, fluctuations énergétiques…

 

L’heure des choix

L’augmentation des taux de la Banque centrale européenne n’est pas un événement isolé. Elle s’inscrit dans une transformation plus profonde de l’économie mondiale, marquée par le retour des rivalités géopolitiques, l’incertitude énergétique et la fin progressive de l’ère de l’argent abondant.

Pour la Tunisie, cette nouvelle phase constitue un test de résistance.

Les prochains mois pourraient être marqués par davantage de volatilité, davantage de prudence des investisseurs et davantage de tensions sur les marchés énergétiques. Mais ils peuvent aussi devenir l’occasion d’accélérer les réformes longtemps différées.

L’histoire économique enseigne que les nations progressent rarement dans les périodes de confort. Ce sont souvent les moments d’adversité qui révèlent leur capacité d’adaptation.

La Tunisie se trouve aujourd’hui à l’un de ces carrefours. Entre les vents contraires venus de l’extérieur et les défis intérieurs qui persistent, elle doit apprendre à naviguer dans un monde devenu plus instable. Non pas en espérant que les tempêtes cessent, mais en construisant enfin le navire capable de leur résister.

 

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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Virements, lettres de change, chèques et cash : les réserves de Sofiene Weriemi

Les statistiques du premier trimestre 2026 publiées par la Banque centrale de Tunisie confirment la profonde mutation du paysage des paiements. Si le recul du chèque et la progression des virements apparaissent désormais incontestables, l’expert-comptable Sofiene Weriemi estime que plusieurs questions demeurent ouvertes, notamment sur la place persistante des espèces et sur la capacité des...

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Paiements : le virement domine, les lettres de change relèguent les chèques au 3e rang au premier trimestre 2026

Au premier trimestre 2026, le bouleversement inédit dans l’usage des moyens de paiement télécompensés révélé par la Banque centrale de Tunisie (BCT) s’est poursuivi. Le virement conforte sa position de premier moyen de paiement du pays, les lettres de change poursuivent leur montée en puissance et s’imposent désormais comme le deuxième instrument en termes de...

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Tunisie – Les paiements mobiles ont bondi de 67%

Les opérations réalisées par lettres de change ont poursuivi leur progression au premier trimestre 2026, selon le bulletin « Les paiements en chiffres en Tunisie » publié par la Banque centrale de Tunisie (BCT). Leur nombre a augmenté de 35,9 % sur un an pour atteindre 1,2 million d’opérations, tandis que leur valeur a progressé de 23,5 % à près de 13,9 milliards de dinars.

Cette dynamique contraste avec le recul continu des chèques, dont le nombre d’opérations a chuté de 24,9 % par rapport au premier trimestre 2025. La tendance confirme l’évolution graduelle des habitudes de paiement vers des instruments alternatifs et des solutions plus digitalisées.

La BCT souligne également la forte progression du paiement mobile. En effet, le nombre de transactions effectuées via ce canal a bondi de 67,1 % sur un an, confirmant l’adoption croissante des services financiers numériques.

Ceci étant, ce que la banque des banques ne mentionne pas, c’est le montant des billets et monnaie en circulation a lui aussi fortement augmenté.

Ces évolutions s’inscrivent dans un contexte plus large de modernisation des moyens de paiement en Tunisie, marqué par la montée des transactions électroniques et le développement des solutions dématérialisées.

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Tunisie : Le déficit courant recule à 2,7 milliards de dinars à fin avril

Le déficit courant de la Tunisie s’est légèrement réduit au cours des quatre premiers mois de 2026, selon les dernières données de la Banque centrale de Tunisie. L’amélioration de la balance des services et des revenus des facteurs a permis de compenser en partie l’aggravation du déficit commercial liée à la hausse de la facture énergétique.

Le déficit courant de la Tunisie s’est établi à 2,731 milliards de dinars à la fin du mois d’avril 2026, contre 2,957 milliards de dinars à la même période de l’année précédente, selon les indicateurs publiés par la Banque centrale de Tunisie (BCT) à l’issue de la réunion de son Conseil d’administration tenue le 3 juin.

Une amélioration malgré un déficit commercial plus lourd

Rapporté au produit intérieur brut (PIB), ce déficit représente 1,5%, contre 1,7% un an auparavant, confirmant une amélioration progressive des équilibres extérieurs du pays.

Dans son analyse, la Banque centrale souligne que cette évolution favorable a été soutenue par la bonne performance de la balance des services ainsi que des revenus des facteurs.

Ces deux composantes ont permis de limiter l’impact du creusement du déficit commercial, provoqué notamment par l’augmentation de la facture énergétique.

La hausse des importations d’énergie continue ainsi de peser sur les comptes extérieurs du pays, dans un contexte marqué par la dépendance énergétique de la Tunisie et la volatilité des marchés internationaux.

Un excédent en nette progression hors énergie

Les données de la BCT mettent également en évidence une amélioration significative de la balance courante hors énergie.

A fin avril 2026, celle-ci a dégagé un excédent de 1,461 milliard de dinars, contre 726 millions de dinars durant la même période de l’année précédente.

Cette progression traduit une meilleure capacité de l’économie tunisienne à générer des ressources extérieures lorsque l’impact des importations énergétiques est neutralisé.

Ces indicateurs interviennent alors que les autorités monétaires continuent de surveiller l’évolution des équilibres macroéconomiques, dans un contexte marqué par les défis liés à l’énergie, au commerce extérieur et au financement de l’économie.

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La BCT maintient son taux directeur à 7% face aux risques inflationnistes

Le Conseil d’administration de la Banque centrale de Tunisie (BCT) a décidé, mercredi 3 juin 2026, de maintenir son taux directeur à 7%, à l’issue d’une réunion consacrée à l’examen de la conjoncture économique, monétaire et financière aux niveaux national et international. L’institution justifie cette décision par la persistance des risques inflationnistes et un contexte international marqué par de fortes incertitudes.

Des pressions inflationnistes toujours présentes

Dans son communiqué, la BCT souligne que les pressions inflationnistes d’origine externe se sont récemment renforcées. L’institution estime que leur transmission aux prix sur le marché intérieur constitue un facteur de risque pour l’évolution future de l’inflation en Tunisie.

Face à cette situation, le Conseil d’administration considère qu’il est nécessaire de poursuivre une politique monétaire prudente afin de préserver la stabilité des prix et de contenir les anticipations inflationnistes.

La stabilité des prix comme priorité

La Banque centrale affirme que son orientation actuelle vise également à renforcer la résilience des équilibres macroéconomiques dans un environnement international jugé particulièrement incertain.

Elle indique suivre de près les évolutions économiques, monétaires et financières, tant sur le plan national qu’international, et se dit prête à prendre les mesures appropriées en fonction de l’évolution des perspectives d’inflation.

Un statu quo sur les taux

À l’issue de sa réunion, le Conseil d’administration a donc opté pour le maintien du principal taux directeur de la BCT à 7%, confirmant ainsi la poursuite de sa stratégie de prudence monétaire.

Cette décision était particulièrement attendue par les marchés financiers, les banques, les entreprises et les ménages, le taux directeur constituant l’un des principaux leviers de la politique monétaire tunisienne.

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Les transferts des Tunisiens à l’étranger frôlent les 3 milliards de dinars à fin avril

Les revenus du travail des Tunisiens ont poursuivi leur progression au cours des premiers mois de 2026. Selon les derniers indicateurs monétaires et financiers publiés vendredi par Banque centrale de Tunisie, les transferts cumulés ont atteint 2,9 milliards de dinars à fin avril, enregistrant une hausse de 5,2% par rapport à la même période de 2025. Les recettes touristiques et les réserves en devises affichent également une évolution positive, dans un contexte marqué par une baisse du refinancement bancaire.

Les données de la Banque centrale de Tunisie montrent que les recettes touristiques ont atteint 2 milliards de dinars durant les quatre premiers mois de l’année, contre 1,9 milliard de dinars un an auparavant, soit une progression de 4%.

Réserves en devises en hausse

Cette dynamique a contribué à l’amélioration des avoirs nets en devises, qui ont progressé de 10% sur un an. Au 7 mai 2026, les réserves dépassaient 25,1 milliards de dinars, correspondant à 103 jours d’importation, contre 22,8 milliards de dinars et 99 jours d’importation à la même période de 2025.

Dans le même temps, les services cumulés de la dette extérieure se sont établis à 2,5 milliards de dinars durant les quatre premiers mois de l’année.

Les billets et monnaies en circulation ont, eux aussi, poursuivi leur augmentation. Leur volume a dépassé 28,1 milliards de dinars au 7 mai 2026, en hausse de 18,8% sur un an.

Recul du refinancement bancaire

Les transactions interbancaires affichent également une nette progression. Leur montant global est passé de 3,1 milliards de dinars au 7 mai 2025 à près de 4 milliards de dinars actuellement, soit une hausse de 28%.

À l’inverse, le volume global du refinancement a enregistré une baisse sensible. Début mai 2026, il s’établissait à 11,2 milliards de dinars, contre 13,7 milliards de dinars une année auparavant, soit un recul de 18%.

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TUNPAY : Moez Hadidane donne plus de détails

La Banque centrale de Tunisie (BCT) franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de numérisation des paiements. Dans une note adressée aux banques, à l’Office national de la poste et aux établissements de paiement, l’institution a annoncé le lancement du label national unifié « TUNPAY », destiné à renforcer l’usage du paiement mobile à travers le pays.

Cette nouvelle identité visuelle, développée en coordination avecMonétique Tunisie vise à rendre les services de paiement électronique plus facilement identifiables par les citoyens et les commerçants. L’objectif affiché est double : instaurer davantage de confiance autour des paiements numériques et accélérer leur adoption à grande échelle.

Développer le paiement mobile en Tunisie

Le service s’inscrit dans la continuité des efforts engagés depuis plusieurs années pour développer le paiement mobile en Tunisie. Déjà accessible via plusieurs banques et établissements financiers, ce système permet d’effectuer des transferts d’argent, de payer des factures ou encore de régler des achats directement depuis un smartphone, sans avoir recours à l’argent liquide.

Avec TUNPAY, la BCT cherche désormais à unifier cet écosystème sous une même bannière afin de simplifier l’expérience utilisateur et de rendre les points d’acceptation plus visibles dans les commerces et les services du quotidien.

Intervenant sur les ondes D’Express FM, l’analyste financier Moez Hadidane a expliqué que cette initiative répond principalement à une volonté de promouvoir les portefeuilles électroniques et de réduire progressivement la circulation du cash dans l’économie tunisienne.

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Selon lui, le système offre également des avantages pratiques aux commerçants. Ces derniers peuvent intégrer le paiement électronique de manière relativement simple grâce à un QR Code fourni par un établissement de paiement et lié à leur téléphone mobile. Le client peut ensuite effectuer son règlement directement via son smartphone, sans installation d’équipements coûteux ou complexes.

Favoriser l’inclusion financière

Au-delà de l’aspect technologique, les autorités espèrent surtout favoriser l’inclusion financière, notamment pour les personnes peu bancarisées, tout en modernisant les habitudes de paiement dans un contexte où les transactions en espèces restent largement dominantes en Tunisie.

Dans son communiqué, la BCT estime que la généralisation du label TUNPAY constitue un levier essentiel pour structurer davantage le paiement mobile et soutenir le développement des services financiers numériques à l’échelle nationale.

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La BCT presse les banques de mieux financer les PME et l’économie réelle

La Banque centrale de Tunisie veut pousser les banques à s’impliquer davantage dans le financement de l’économie réelle, rapporte l’agence TAP. Son gouverneur, Fethi Zouhair Nouri, a annoncé, mercredi, la création d’un groupe de travail chargé de proposer, dans un délai d’un mois, une feuille de route opérationnelle.

Placée sous l’égide du Conseil bancaire et financier, cette structure devra définir des engagements concrets du secteur bancaire pour renforcer le financement de l’économie, soutenir les petites et moyennes entreprises et accompagner l’investissement productif.

Des engagements attendus des banques

L’annonce a été faite lors d’une réunion avec les premiers responsables des banques, consacrée au rôle du secteur bancaire dans le financement de l’économie nationale.

Fethi Zouhair Nouri a rappelé que les banques doivent continuer à préserver leur solidité financière, mais aussi contribuer davantage au financement des entreprises, des PME et des secteurs capables de créer de l’emploi.

Il a appelé le secteur bancaire à un repositionnement stratégique, dans un contexte encore marqué par l’incertitude.

« Le secteur bancaire tunisien doit passer de la prudence à l’engagement, et de la résilience à la croissance », a-t-il déclaré.

Transformer l’épargne en investissement

Le gouverneur de la BCT a également insisté sur la nécessité de renforcer la confiance entre les banques, les citoyens et les entreprises, à travers une meilleure qualité de service, plus de transparence tarifaire, des procédures simplifiées et un accompagnement plus efficace des clients.

Selon lui, le principal défi consiste désormais à transformer l’épargne en investissement productif au service de la croissance.

La Banque centrale a réaffirmé sa disposition à accompagner cette dynamique, notamment à travers le développement des paiements numériques, l’innovation financière et une meilleure transmission des conditions monétaires vers l’économie réelle.

Elle assurera, en coordination avec les banques, le suivi des principaux projets évoqués lors de cette réunion.

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Paiement mobile : La BCT lance le label “TUNPAY” pour unifier l’écosystème

La Banque Centrale de Tunisie a annoncé l’instauration d’un label national unique baptisé « TUNPAY », en coordination avec la Société Monétique Tunisie. Cette initiative vise à structurer et renforcer l’écosystème du paiement mobile en Tunisie, en misant sur une identité visuelle commune et une meilleure lisibilité pour les usagers.

Selon une note adressée aux banques, à La Poste Tunisienne et aux établissements de paiement, le label « TUNPAY » a vocation à devenir un repère national. Il permettra aux utilisateurs d’identifier facilement les points d’acceptation du paiement mobile, qu’il s’agisse de commerçants, d’agences ou d’agents.

Accélérer l’adoption du paiement digital

Les émetteurs de portefeuilles mobiles — banques, Poste et établissements spécialisés — sont appelés à adopter « TUNPAY » comme identité visuelle nationale. Il devra être intégré à l’ensemble de leurs supports digitaux ainsi qu’aux points d’acceptation sur le terrain. A travers cette démarche, l’institut d’émission ambitionne de stimuler l’usage du paiement mobile à grande échelle.

A ce titre, le paysage des paiements en Tunisie a connu un basculement majeur en 2025. Selon les données de la Banque centrale de Tunisie, l’usage du téléphone mobile pour régler des transactions a bondi. Les paiements via téléphone mobile ont progressé de 81% en nombre d’opérations sur l’ensemble de l’année 2025, atteignant 8,4 millions de transactions pour une valeur globale de 1769 millions de dinars.

Cependant, contrairement aux pays où les paiements sans contact dominent, le paiement mobile en Tunisie repose toujours sur un système plus rudimentaire, basé sur des transactions validées par codes de confirmation SMS via Tunisie Monétique.

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La BCT lance une version actualisée du billet de 5 dinars

La Banque centrale de Tunisie (BCT) a annoncé, vendredi 10 avril 2026, la mise en circulation immédiate d’un nouveau billet de cinq dinars (type 2022). Cette nouvelle émission ne bouleverse pas l’apparence générale de la coupure : elle conserve les mêmes motifs, les mêmes caractéristiques techniques et les mêmes éléments de sécurité que le billet déjà en usage. Les changements portent essentiellement sur la date d’émission et les signatures officielles.

Une actualisation discrète du billet

Selon la note adressée aux banques et à l’Office national des postes, la première modification concerne la date d’émission, désormais fixée au 25-07-2025, en remplacement du 20-03-2022, avec une impression en caractères plus visibles.

Le second changement touche aux signatures figurant sur le billet, qui deviennent celles du gouverneur de la BCT, Fethi Zouhaier Nouri, et du vice-gouverneur, Mourad Abdessalem.

Aucun retrait des anciens billets

La BCT insiste sur un point essentiel : les anciens billets de cinq dinars restent parfaitement valables.

Le nouveau billet circulera concurremment avec les autres billets de même dénomination et de même type déjà en circulation, tout en conservant son cours légal et son pouvoir libératoire. Aucun retrait immédiat des anciennes coupures n’est donc prévu.

Une opération classique de gestion fiduciaire

Cette émission s’inscrit dans les opérations régulières de la Banque centrale visant à renouveler les stocks fiduciaires et maintenir la qualité de la monnaie en circulation, sans modification des systèmes anti-contrefaçon.

En clair, pour le grand public, rien ne change dans l’usage quotidien du billet, si ce n’est une date plus récente et de nouvelles signatures officielles.

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Tunisie : Vers une refonte législative majeure du rôle de la BCT ?

La Commission des finances et du budget de l’Assemblée des représentants du peuple a tenu, mercredi, une séance consacrée à l’examen d’une version amendée de deux propositions de loi visant à modifier la loi de 2016 encadrant le statut de la Banque centrale de Tunisie. Cette audition a permis aux initiateurs du texte de détailler une réforme présentée comme une réponse à un contexte économique particulièrement contraint.

Les auteurs de la proposition ont dressé un diagnostic marqué par l’aggravation des déséquilibres macroéconomiques. Ils évoquent notamment la hausse des besoins de financement, l’augmentation du coût de l’endettement extérieur et la persistance du déficit de la balance des paiements. À cela s’ajoute, selon eux, une marge de manœuvre réduite des politiques économiques classiques.

Un manque de coordination entre politique monétaire et politique économique

Ils estiment par ailleurs que l’application de la loi actuelle a révélé plusieurs limites, dont un manque de coordination entre politique monétaire et politique économique globale, ainsi qu’une difficulté à mobiliser des ressources internes à des conditions soutenables.

Le projet de réforme propose ainsi de redéfinir le rôle de la Banque centrale en élargissant ses missions. Outre la stabilité des prix, l’institution serait appelée à soutenir la politique économique de l’État, notamment en matière de croissance et d’emploi, tout en veillant à la stabilité du système financier et du taux de change.

Parmi les mesures phares figure le renforcement de la coordination entre politique monétaire et politique budgétaire afin de réduire le coût de financement du budget et contenir l’endettement. Le texte prévoit également le développement des instruments d’intervention de la Banque centrale, notamment via l’utilisation des titres publics pour refinancer les banques.

Acquérir une partie de la dette publique

Une disposition particulièrement sensible concerne la possibilité pour la Banque centrale d’acquérir une partie de la dette publique. L’objectif affiché est de faire baisser les taux d’intérêt, actuellement situés entre 9 % et 10 %, à des niveaux proches de 1 %, afin d’alléger la charge sur les finances publiques.

Le projet inclut aussi un renforcement du rôle de supervision macroprudentielle de la Banque centrale, avec un meilleur accès aux données nécessaires à la stabilité financière, tout en respectant la législation sur la protection des données. Il propose également de mieux encadrer juridiquement les modalités de financement du Trésor, à travers des seuils stricts et des limites temporelles.

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Sur le plan institutionnel, les initiateurs du texte suggèrent un encadrement plus rigoureux du recours à l’endettement extérieur, avec un rôle accru du Parlement et une clarification des responsabilités. Ils proposent aussi de revoir les conditions de nomination et de révocation du gouverneur afin de renforcer la gouvernance.

Des mesures exceptionnelles sont également envisagées, notamment la régularisation de certaines obligations d’État utilisées comme garanties, la création d’une ligne de financement d’urgence pour les entreprises travaillant avec l’État, ainsi que le soutien au financement de la recherche scientifique.

Les besoins de financement pour 2026

Les données avancées lors des débats illustrent l’ampleur des défis : les besoins de financement pour 2026 sont estimés à 27 milliards de dinars, tandis que le service de la dette a fortement augmenté depuis 2011 pour dépasser 23 milliards de dinars aujourd’hui. Le taux d’endettement avoisine, quant à lui, les 80 % du PIB.

Les promoteurs de la réforme ont également défendu les résultats des mécanismes de financement direct adoptés récemment, affirmant qu’ils ont contribué à la stabilisation du dinar et à la baisse de l’inflation, tout en reconnaissant leur caractère temporaire.

Face à ces propositions, plusieurs députés ont exprimé des réserves. Certains ont souligné que la crise actuelle dépasse les seules questions de financement et renvoie à des faiblesses structurelles du modèle économique. D’autres ont mis en garde contre un risque de dérive inflationniste si la Banque centrale venait à financer indirectement le déficit budgétaire.

Préserver l’indépendance de la BCT

La question de l’indépendance de la Banque centrale a également été au cœur des préoccupations. Plusieurs intervenants ont insisté sur la nécessité préserver ce principe, considéré comme essentiel pour maintenir la crédibilité de la politique monétaire.

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Les échanges ont aussi porté sur les risques liés à une augmentation de la masse monétaire, à la pression sur les réserves en devises et à la concurrence entre l’État et le secteur privé pour l’accès au financement.

En réponse, les initiateurs ont assuré que leur démarche vise avant tout à améliorer la coordination des politiques économiques, sans remettre en cause l’indépendance de la Banque centrale. Ils ont insisté sur le fait que les mesures proposées reposent principalement sur une meilleure gestion de la dette plutôt que sur une création monétaire excessive.

Au terme de la séance, la Commission a qualifié ce projet de réforme de moment clé pour repenser le cadre monétaire et financier du pays. Elle a décidé de solliciter l’avis de la Banque centrale de Tunisie, ainsi que celui du Conseil de la concurrence, via le ministère du Commerce, afin d’évaluer la cohérence et les impacts du dispositif proposé.

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Importations non prioritaires : La CONECT redoute un choc sur les PME, l’emploi et la santé

La nouvelle circulaire de la Banque centrale de Tunisie (BCT) sur le financement des importations de produits dits « non prioritaires » suscite une vive inquiétude dans le monde des affaires. La Confédération des Entreprises Citoyennes de Tunisie (CONECT) a mis en garde mercredi contre des conséquences potentiellement lourdes pour les PME, les chaînes d’approvisionnement et même la santé publique, appelant à un dialogue urgent avec les autorités.

Autofinancement à 100% : les PME en première ligne

Au cœur de la controverse, la circulaire n°2026-04 publiée le 26 mars impose aux importateurs de mobiliser 100% de la valeur de leurs achats sur fonds propres, sans possibilité de concours bancaire. La CONECT estime que cette exigence risque d’exclure de facto les petites et moyennes entreprises, qui représentent plus de 97% du tissu économique tunisien, contrairement aux grands groupes mieux armés financièrement.

Selon l’organisation patronale, cette contrainte pourrait accélérer la concentration du marché entre quelques acteurs dominants, au détriment d’une concurrence saine et de l’égalité des chances entre entreprises.

Santé publique et industrie : des effets collatéraux redoutés

La CONECT s’inquiète également de la présence, sur la liste des produits concernés, de certains articles à usage dermatologique et paramédical, parfois indispensables à des patients fragiles, y compris atteints de cancer. Leur raréfaction ou leur renchérissement pourrait, selon elle, créer un risque sanitaire direct pour les populations vulnérables.

Autre alerte : plusieurs intrants industriels, comme les emballages, abrasifs, matériaux de construction ou tensioactifs utilisés dans l’hygiène, figurent aussi parmi les produits visés. Pour la CONECT, la fragilisation des petits importateurs-distributeurs pourrait désorganiser tout un maillon logistique et pénaliser la production nationale ainsi que les exportations.

Emploi, contrebande et bureaucratie : le triple risque

L’organisation patronale avertit qu’un ralentissement de l’activité dans le commerce, la logistique et les services se traduirait mécaniquement par des suppressions d’emplois, touchant en priorité les jeunes et les travailleurs précaires.

Elle redoute aussi que la raréfaction de l’offre légale alimente les circuits parallèles et la contrebande, avec à la clé des pertes de recettes fiscales et douanières. À cela s’ajoute le risque d’un goulot d’étranglement administratif, en raison de la vérification stricte des codes douaniers et de l’exigence de fiches techniques ministérielles pour certaines dérogations.

Tout en reconnaissant la nécessité de préserver les réserves en devises, la CONECT plaide pour une approche plus graduelle et incitative, articulée autour du soutien aux exportations, de la production locale et d’une meilleure cohérence avec la future réforme du Code des changes.

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La BCT temporise et maintient son taux directeur à 7% malgré un regain des tensions inflationnistes

Face à une inflation repartie légèrement à la hausse en février et à des risques externes liés à la flambée des prix de l’énergie, la Banque centrale de Tunisie (BCT) a choisi de laisser son taux directeur inchangé à 7%, tout en réaffirmant sa vigilance.

La BCT a opté pour le statu quo monétaire. Réuni lundi, le Conseil d’administration de l’institution a décidé de maintenir son taux directeur à 7%, privilégiant une posture de prudence alors que le processus de désinflation marque un léger essoufflement.

Dans son communiqué, la BCT insiste sur sa disponibilité à mobiliser ses instruments si les tensions sur les prix venaient à s’accentuer, avec pour objectif de préserver la trajectoire baissière de l’inflation.

Inflation : un coup d’arrêt au reflux des prix

Après plusieurs mois de ralentissement, la désinflation a observé une pause en février 2026. Le taux d’inflation est remonté à 5%, contre 4,8 % en janvier, sous l’effet d’une nouvelle poussée des produits alimentaires frais. Ceux-ci ont progressé à un rythme annuel de 11,4%, contre 10,3% un mois plus tôt, confirmant la persistance de fortes tensions sur les prix agricoles.

En parallèle, les produits à prix administrés sont restés globalement stables, avec une inflation limitée à 0,8%, portée par le maintien du gel sur plusieurs produits stratégiques. L’inflation sous-jacente, indicateur particulièrement surveillé par la Banque centrale, a quant à elle légèrement reculé à 4,8%, contre 4,9% précédemment, signe d’une modération partielle hors éléments volatils.

Les équilibres extérieurs offrent un répit

Sur le front extérieur, les indicateurs continuent d’envoyer des signaux plus rassurants. Le déficit courant s’est nettement contracté pour revenir à 309 millions de dinars, soit 0,2% du PIB, contre 1,388 milliard de dinars un an plus tôt.

Cette amélioration s’explique notamment par la réduction du déficit commercial, allégé de 733 millions de dinars sur un an, pour s’établir autour de 2,8 milliards de dinars à fin février. La bonne tenue des recettes touristiques ainsi que la progression soutenue des transferts des Tunisiens à l’étranger ont également contribué à renforcer les comptes extérieurs.

Même tendance du côté des réserves en devises, qui se sont consolidées à 25,1 milliards de dinars, représentant 106 jours d’importation, contre 23 milliards et 101 jours un an auparavant.

Le Moyen-Orient et l’énergie, nouveaux foyers d’inquiétude

Si la situation intérieure semble relativement maîtrisée, la BCT pointe une montée des risques importés. La guerre au Moyen-Orient, accompagnée d’une flambée des prix de l’énergie et des engrais, ravive les pressions inflationnistes à l’échelle mondiale.

Les cours des matières premières et des principaux produits de base ont fortement rebondi en mars après plusieurs mois d’accalmie. Pour l’institution monétaire, la persistance de cette crise énergétique pourrait rapidement se diffuser aux coûts de production puis aux prix à la consommation.

La Banque centrale estime ainsi que la durée et l’intensité des tensions géopolitiques régionales seront déterminantes pour la trajectoire future de l’inflation en Tunisie, mais aussi pour les prochains arbitrages de politique monétaire.

En maintenant son taux à 7%, la BCT envoie donc un double message : ne pas freiner la stabilisation économique en cours, tout en gardant la main prête à agir si le choc externe se propage davantage aux prix domestiques.

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Tunisie : Le TMM glisse à 6,99 % en février, la détente se confirme

Le taux moyen du marché monétaire (TMM) poursuit son repli et s’établit à 6,99 % en février 2026, contre 7,08 % en janvier. Les données publiées par la Banque Centrale de Tunisie (BCT) confirment ainsi la poursuite de la détente amorcée depuis plusieurs mois. Ce mouvement s’inscrit dans un contexte de stabilisation monétaire et de maîtrise progressive des tensions inflationnistes.

Une décrue graduelle depuis le pic de 2023

Le TMM avait culminé à 8,05% en mars 2023, point haut d’un cycle de resserrement monétaire. Il est ensuite redescendu à 8% entre mai et septembre 2023, avant de s’établir à 7,99% au quatrième trimestre de la même année.

Durant l’année 2024, le taux a évolué dans une fourchette relativement stable, oscillant entre 7,96% et 7,99%. La tendance baissière s’est ensuite réaffirmée au début de 2025 : 7,5% entre avril et août, puis 7,49% de septembre à décembre.

La barre des 7% est désormais franchie, marquant un nouveau palier dans l’assouplissement progressif des conditions monétaires.

Un taux directeur maintenu inchangé

Lors de sa réunion du 11 février 2026, le Conseil d’administration de la Banque Centrale de Tunisie a décidé de maintenir le taux directeur à 7,00%.

L’institution a réaffirmé sa priorité : consolider le processus de désinflation afin de ramener l’inflation vers sa moyenne de long terme.

La baisse continue du TMM reflète ainsi l’orientation prudente de la politique monétaire, combinant stabilité du taux directeur et ajustement graduel des conditions de liquidité sur le marché interbancaire.

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