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Importations non prioritaires : La CONECT redoute un choc sur les PME, l’emploi et la santé

La nouvelle circulaire de la Banque centrale de Tunisie (BCT) sur le financement des importations de produits dits « non prioritaires » suscite une vive inquiétude dans le monde des affaires. La Confédération des Entreprises Citoyennes de Tunisie (CONECT) a mis en garde mercredi contre des conséquences potentiellement lourdes pour les PME, les chaînes d’approvisionnement et même la santé publique, appelant à un dialogue urgent avec les autorités.

Autofinancement à 100% : les PME en première ligne

Au cœur de la controverse, la circulaire n°2026-04 publiée le 26 mars impose aux importateurs de mobiliser 100% de la valeur de leurs achats sur fonds propres, sans possibilité de concours bancaire. La CONECT estime que cette exigence risque d’exclure de facto les petites et moyennes entreprises, qui représentent plus de 97% du tissu économique tunisien, contrairement aux grands groupes mieux armés financièrement.

Selon l’organisation patronale, cette contrainte pourrait accélérer la concentration du marché entre quelques acteurs dominants, au détriment d’une concurrence saine et de l’égalité des chances entre entreprises.

Santé publique et industrie : des effets collatéraux redoutés

La CONECT s’inquiète également de la présence, sur la liste des produits concernés, de certains articles à usage dermatologique et paramédical, parfois indispensables à des patients fragiles, y compris atteints de cancer. Leur raréfaction ou leur renchérissement pourrait, selon elle, créer un risque sanitaire direct pour les populations vulnérables.

Autre alerte : plusieurs intrants industriels, comme les emballages, abrasifs, matériaux de construction ou tensioactifs utilisés dans l’hygiène, figurent aussi parmi les produits visés. Pour la CONECT, la fragilisation des petits importateurs-distributeurs pourrait désorganiser tout un maillon logistique et pénaliser la production nationale ainsi que les exportations.

Emploi, contrebande et bureaucratie : le triple risque

L’organisation patronale avertit qu’un ralentissement de l’activité dans le commerce, la logistique et les services se traduirait mécaniquement par des suppressions d’emplois, touchant en priorité les jeunes et les travailleurs précaires.

Elle redoute aussi que la raréfaction de l’offre légale alimente les circuits parallèles et la contrebande, avec à la clé des pertes de recettes fiscales et douanières. À cela s’ajoute le risque d’un goulot d’étranglement administratif, en raison de la vérification stricte des codes douaniers et de l’exigence de fiches techniques ministérielles pour certaines dérogations.

Tout en reconnaissant la nécessité de préserver les réserves en devises, la CONECT plaide pour une approche plus graduelle et incitative, articulée autour du soutien aux exportations, de la production locale et d’une meilleure cohérence avec la future réforme du Code des changes.

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Importation de produits non prioritaires : La BCT ferme le robinet ?

La Banque centrale de Tunisie (BCT) durcit les conditions encadrant l’importation des produits jugés non prioritaires, dans une nouvelle tentative de contenir la pression sur les réserves en devises et de réduire le déficit commercial.

Dans une circulaire publiée aujourd’hui , l’institution d’émission a appelé les banques à faire preuve davantage de rigueur dans le financement de ces importations. Une orientation qui s’inscrit dans la continuité des mesures déjà mises en place ces dernières années pour limiter les achats à l’étranger de biens de consommation considérés comme non essentiels.

Préserver les équilibres extérieurs

Concrètement, les opérateurs concernés pourraient faire face à un accès plus restreint au financement bancaire, les contraignant à mobiliser davantage de fonds propres ou à réduire leurs volumes d’importation. Une évolution susceptible de peser sur certains circuits commerciaux, notamment dans les secteurs dépendants des produits importés.

À travers ce resserrement, la BCT réaffirme sa priorité : préserver les équilibres extérieurs en privilégiant les importations stratégiques, à l’instar des produits énergétiques, des céréales ou des médicaments.

Lire aussi : Réserves en devises : La Tunisie dépasse les 25 milliards de dinars

Cette décision intervient dans un contexte marqué par une vigilance accrue autour du niveau des réserves en devises, malgré une amélioration relative ces derniers mois. Elle traduit également un arbitrage assumé entre soutien à la consommation et impératifs macroéconomiques.

À court terme, cette orientation pourrait se traduire par une baisse des importations de biens non essentiels, mais aussi par des tensions sur certains produits et une possible répercussion sur les prix.

Quels produits sont concernés ?


La notion de produits “non prioritaires” renvoie principalement à des biens de consommation jugés non indispensables. Il s’agit notamment de certains produits cosmétiques, d’articles de luxe, de produits alimentaires importés pouvant être substitués localement, ainsi que de biens d’équipement ou de consommation à faible valeur stratégique. Cette classification, déjà utilisée par les autorités tunisiennes, vise à orienter les ressources en devises vers des importations jugées vitales pour l’économie.

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35 mille moutons importés pour l’Aïd, l’État tente de contenir la flambée des prix

À quelques mois de l’Aïd al-Adha, le gouvernement dégaine l’arme de l’importation pour éviter une nouvelle envolée des prix des moutons. Auditionnés mercredi 25 février 2026 par la Commission de l’agriculture à l’Assemblée des représentants du peuple, des représentants des ministères de l’Agriculture et du Commerce ont annoncé le lancement imminent d’un appel d’offres pour l’importation d’environ 20 mille têtes de moutons vivants, en plus de 15 mille têtes de moutons réfrigérés.

Objectif affiché : réguler le marché et contenir les prix des sacrifices à l’approche de l’Aïd al-Adha, période marquée chaque année par une tension accrue sur la demande. Selon le communiqué publié jeudi 26 février 2026 par l’Assemblée des représentants du peuple, les responsables ont attribué la hausse persistante des prix des viandes rouges et des moutons à la contraction du cheptel national.

Raréfaction des ressources

En cause, les effets cumulés des changements climatiques et des années successives de sécheresse qu’a connues la Tunisie. La raréfaction des ressources fourragères, l’augmentation des coûts d’alimentation animale et les difficultés financières des éleveurs ont progressivement réduit la taille du troupeau ovin, limitant l’offre sur le marché intérieur.

Face à cette situation structurelle, l’exécutif mise sur un double levier : l’importation pour combler le déficit ponctuel et le renforcement du contrôle des circuits de distribution pour lutter contre la spéculation et l’accaparement. Les deux ministères ont assuré travailler avec les institutions publiques, les sociétés coopératives et les structures professionnelles afin d’approvisionner les points de vente organisés, notamment ceux encadrés par le système de vente « au poids », à des tarifs étudiés censés préserver à la fois la marge de l’éleveur et le pouvoir d’achat du consommateur.

Le marché reste sensible aux rumeurs de pénurie

Les représentants gouvernementaux se sont également engagés à transmettre à la commission parlementaire des données précises sur les estimations du nombre de moutons disponibles pour la saison. Une information stratégique, alors que le marché reste sensible aux rumeurs de pénurie, souvent à l’origine de mouvements spéculatifs.

Reste à savoir si l’importation de 35 mille têtes suffira à peser réellement sur les prix dans un contexte de tension structurelle sur la filière. Car au-delà de l’effet conjoncturel pour l’Aïd, la question du redressement durable du cheptel national et de la résilience du secteur face aux chocs climatiques demeure entière.

Lire aussi : Les Tunisiens ont-ils boudé le mouton du sacrifice ?

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