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Europe. L’éternel combat des immigrés pour leur liberté

Tous les gouvernements européens, à commencer par la France, ne se cachent plus pour appeler à bouter les immigrés hors du pays, poussant le cynisme jusqu’à organiser un référendum comme en Suisse. Portée par le parti d’extrême droite Union démocratique…

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Le G7, un « club occidental »

Un G7 s’est ouvert à Evian (France) dans un contexte international marqué par l’intensification de la guerre en Ukraine et l’accord irano-américain. La situation au Moyen-Orient a justifié la présence notamment de l’émir du Qatar et du président des Emirats arabes unis. Il n’empêche, le G7 est l’incarnation d’un « club occidental », en décalage avec les nouveaux équilibres mondiaux et le mouvement global de désoccidentalisation du monde. Le XXIe siècle signe la fin du monopole de la puissance dont jouissait ce « Nord global ».

 

Le G7, reflet du monde occidental

Le G7 permet des échanges directs entre chefs d’Etat ou de gouvernement, dans un cadre diplomatique multilatéral assez informel (avec une administration légère et l’absence de secrétariat permanent), pour traiter de sujets globaux, pas seulement économique, comme à l’origine).

Née à la suite du premier choc pétrolier (1973), la pratique a d’abord consisté à réunir les chefs d’Etat ou de gouvernement des puissances occidentales les plus industrialisées lors de sommets annuels. Le président français d’alors, V. Giscard d’Estaing, est à l’origine de l’initiative de transformer les discussions informelles de Washington, dites G5 (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Allemagne, Japon), en sommet annuel sur les questions économiques et financières (1975). Celui-ci permettait de répondre aux limites du Conseil de sécurité de l’ONU, peu actif en matière économique et insuffisamment représentatif (absence de deux grandes puissances économiques mondiales, le Japon et l’Allemagne). Progressivement, le sommet s’élargit à l’Italie (G6) puis au Canada (G7), ainsi qu’au président de la Commission européenne.

 

Lire aussi : Les sept priorités pour le Sommet du G7 d’Évian ?

 

Ces sommets en forme de « directoire économique mondial » exercé par les pays industrialisés sont critiqués (par des Etats et des mouvements « altermondialistes » issus de la société civile) pour leur « déficit démocratique » et pour leur matrice idéologique néolibérale. En outre, plus de cinquante ans après sa création, le G7 ne correspond plus aux rapports de force mondiaux.

 

Le G7, symbole de la désoccidentalisation du monde

La crise financière de 2008-2009 (qui a surtout frappé les économies occidentales) a sapé un peu plus sa légitimité et justifié la création du G20  (en 1999) relativement plus ouvert et représentatif. Ce cadre de coordination intergouvernementale réunit puissances occidentales et puissances émergentes, d’abord au niveau des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales, puis, pour la première fois, au niveau des chefs d’Etat ou de gouvernement en 2008, lors du sommet exceptionnel de Washington. Ce forum intergouvernemental représente les deux tiers de la population de la planète, 85% de son commerce et 90% de son PIB.

Ce rééquilibrage des rapports de force mondiaux correspond à une redistribution de la puissance, à la fin du monopole du récit « occidental » du monde et à un glissement du pivot des relations internationales de la zone transatlantique vers l’espace transpacifique. La force motrice de l’économie mondiale bascule en Asie, où vit plus de la moitié de la population mondiale. En trois décennies, la rivalité entre Etats-Unis et URSS a cédé la place à la compétition sino-américaine. Une reconfiguration des relations internationales nourrie par une émancipation et une montée en puissance de certains pays du Sud, auxquelles ont du mal à s’adapter les stratégies et diplomaties occidentales.

Les indices d’un déclin de l’hégémonie et les signes de contestation de sa domination (matérielle, symbolique) se multiplient. Sur le plan démographique, près de 15% seulement de la population mondiale vit en Occident. Une tendance à la régression qui se vérifie aussi sur le plan économique, comme le montrent les prévisions de croissance du FMI et l’évolution du partage du PIB mondial (en parité de pouvoir d’achat). Le poids des pays occidentaux dans la croissance mondiale et dans le PIB mondial devrait continuer à baisser.

Derrière cette désoccidentalisation du monde, il y a aussi un monde fragmenté, déséquilibré, marqué par l’effacement de toutescroyances et références communes, comme en témoigne la marginalisation du droit international. Comme si la conscience d’appartenir à un même monde déclinait, ce, au moment même où l’existence d’un intérêt commun est particulièrement manifeste et concrète. ..

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Et si Israël était le grand perdant du « deal » américano-iranien ?

L’accord d’Islamabad a suscité en Israël colère et amertume. Tel-Aviv n’a obtenu satisfaction ni sur le nucléaire ni sur le sort des stocks d’uranium hautement enrichi ; encore moins sur sa liberté d’action militaire au Liban contre le Hezbollah.

 

« Une défaite stratégique », « On nous avait promis une victoire totale et nous avons un désastre total », « Benjamin Netanyahu se sera retrouvé devant le fait accompli ». Tels étaient les gros titres des médias israéliens, qu’ils soient de droite ou de gauche, pour une fois unanimes à dénoncer l’accord d’Islamabad. A savoir, un protocole d’accord avec l’Iran pour arrêter la guerre au Moyen-Orient sur tous les fronts, y compris au Liban.

C’est qu’aux yeux des Israéliens, l’accord conclu entre Washington et Téhéran est ainsi largement perçu comme une victoire de l’Iran. Pis, il renforce la République islamique tout en laissant sans réponse les exigences israéliennes.

« Le principal problème de cet accord, c’est que les questions importantes du point de vue d’Israël, celles liées au nucléaire, sont reportées à un avenir dont on ignore tout », conclut une ancienne responsable du renseignement israélien et spécialiste de l’Iran à l’Institut d’études de sécurité nationale (INSS).

Les sujets épineux en suspens

Certes, il ne s’agit pas d’un accord final, mais selon les informations fuitées par la presse américaine, le texte prévoit grosso modo un cessez-le-feu de 60 jours sur « tous les fronts », y compris le Liban, ainsi que le déblocage du détroit d’Ormuz. En échange, le blocus opéré par la Navy américaine depuis le 13 avril sera levé. Un allégement des sanctions à l’encontre de l’Iran est prévu, « selon l’avancement d’un accord et l’engagement continu et de bonne foi » de l’Iran.

En effet, dans le détail, le texte fixe les grandes lignes pour la paix mais laisse en suspens des questions plus épineuses. Comme ar exemple : l’avenir du programme nucléaire iranien; le sort des stocks d’uranium hautement enrichi; la levée progressive des sanctions américaines; et le dégel ou non des milliards de dollars d’actifs iraniens qui demeurent en suspens.

Sur ce dernier point, Tel-Aviv redoute que le possible remboursement à l’Iran de quelque 24 milliards de dollars gelés à l’étranger permette au régime de financer la reconstruction des installations militaires détruites ou endommagées lors des raids américains et israéliens depuis un an.

Humiliation publique

Pour rappel, dans l’accord-cadre concernant la guerre en Liban, à aucun moment Israël n’est mentionné. C0pomme si l’allié privilégié des Américains, le pays qui aura mené des frappes contre l’Iran de concert avec l’armée américaine, était relégué au statut négligeable de sous-traitant américain.

« Non seulement Trump a ignoré Israël, mais il a, de fait, décidé à la place d’Israël, sans le consulter ni même le prévenir », note pour sa part Michael Horowitz, un expert sécuritaire indépendant qui évoque clairement un « déclin de l’influence d’Israël à Washington ».

Un déclin manifeste dans un contexte de tension extrême entre les deux alliés. Donald Trump n’avait-il pas hésité, lors d’une une conversation téléphonique houleuse avec Premier ministre israélien sur le bombardement israélien du Sud de Beyrouth, à le traiter comme quantité négligeable ? « T’es complètement cinglé ! Qu’est-ce que tu fous ? Tu serais en prison sans moi. Je t’ai sauvé les fesses. Tout le monde te déteste maintenant. Tout le monde déteste Israël à cause de ça », lui aurait lancé le milliardaire républicain, faisant référence au procès pour corruption visant le Premier ministre israélien depuis 2020.

 

Lire aussi – Trump-Netanyahu : Divergences ou rupture ?

 

Avalant la couleuvre, le Premier ministre israélien a préféré encaisser le coup en silence mais l’humiliation est totale. D’autant plus que la fin prévue des hostilités intervient à quelques mois d’élections législatives cruciales pour l’avenir politique du Premier ministre Benjamin Netanyahu ; lui, qui a fait de la lutte contre la menace iranienne un fonds de commerce électoral. Lui qui crie sur tous les toits depuis trente ans que la République islamique est à deux doigts de se doter de l’arme nucléaire.

Fissures

Si Benjamin Netanyahu n’a pas encore réagi officiellement, les critiques ont fusé contre cet accord dans l’opposition. Ainsi, l’ancien Premier ministre, Naftali Bennett, principal rival de Netanyahu pour le prochain scrutin, a estimé que l’accord constituait un « tournant dangereux pour la sécurité d’Israël ».

Yaïr Golan, le chef du parti de gauche Les Démocrates, a lui affirmé que c’était « une mauvaise matinée pour Israël ». Il a déclaré que « ce  matin, les citoyens israéliens se réveillent en découvrant un accord conclu entre les États-Unis et l’Iran, négocié au-dessus de la tête d’Israël, sans son consentement ni sa participation ».

Même son de cloche du côté de Yaïr Lapid, le chef officiel de l’opposition centriste. « Le régime iranien survit, les programmes sur les missiles balistiques et le nucléaire iranien se poursuivent », a-t-il constaté, en déplorant qu’Israël ait été traité « en protectorat recevant des instructions concernant sa sécurité nationale » de la part des États-Unis. Il évoque un Premier ministre « faible, malade, isolé et sans influence ».

Pauvre Bibi, un homme à terre rattrapé par sa karma de boucher de Gaza ; mais, charité chrétienne oblige, il n’est pas décent de tirer sur une ambulance.

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Cinq choses à savoir sur Ibrahim Maza, nouvelle pépite des Fennecs

Dans le football moderne, les talents surgissent de plus en plus tôt, mais rares sont ceux qui arrivent avec une trajectoire aussi rapide et aussi surveillée. Et quand l’Algérie affronte l’Argentine, ce mercredi (17 juin) à 3h heure française, l’attention…

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Tribune – Après le sursaut souverain et l’alerte RH : L’IMIB comme boussole de la performance

Dans nos récentes contributions ici même, nous appelions d’abord à faire des banques publiques le levier de notre souveraineté numérique, avant de démontrer comment l’immobilisme RH menaçait de faire dérailler le bras armé financier de l’État dans le cadre du Plan 2026-2030. Il convient aujourd’hui de dépasser le stade du diagnostic. Face à l’acquisition frénétique de briques technologiques exogènes et au déni persistant du capital humain, le secteur financier tunisien doit opérer une rupture opérationnelle. L’Indice de Maturité IA Bancaire (IMIB) s’impose désormais comme une boussole capable de traduire nos alertes en un outil de pilotage de notre performance et de notre autonomie réelle.

 

Comme nous l’affirmions récemment, l’un des plus grands dangers qui guettent nos structures publiques est leur propension à s’enfermer elles-mêmes dans des logiques bureaucratiques d’auto-préservation. Dans le secteur bancaire, cet enfermement prend une forme particulièrement insidieuse : celle du fétichisme de l’infrastructure. Pour s’auto-convaincre de leur modernisation, nos institutions affichent des budgets d’investissement spectaculaires : migration vers le Cloud, refonte des Core Banking Systems (CBS) ou déploiement de modules d’IA générative.

 

Lire aussi : Tribune – Banques publiques tunisiennes à l’horizon 2030 : le levier de la souveraineté numérique

 

Pourtant, un examen approfondi de l’efficience opérationnelle post-intégration révèle un paradoxe flagrant. Les coûts d’exploitation augmentent, les circuits décisionnels s’allongent et la valeur ajoutée réelle peine à se matérialiser. Ce dysfonctionnement structurel démontre que l’on ne brise pas l’immobilisme en achetant simplement de la technologie « Plug-and-Play ». Superposer des couches logicielles de pointe sur des processus organisationnels obsolètes et des architectures silotées ne fait qu’automatiser la bureaucratie existante. La technologie ne crée pas de la performance par sa seule présence ; elle ne fait qu’amplifier l’efficacité (ou l’inefficacité) de la structure qui l’accueille. Prétendre que l’urgence opérationnelle ou le manque de temps nous imposent d’installer ces outils à la hâte, sans audit préalable de notre réceptivité, revient à justifier le financement à fonds perdus d’une modernisation de façade.

 

Du mythe du rattrapage à la réalité de la maturité : qu’est-ce que l’IMIB ?

C’est précisément ici que se dissipe l’« illusion du rattrapage » que nous dénoncions il y a quelques jours. Vouloir enfermer le secteur financier tunisien dans une course effrénée pour combler un « retard numérique » théorique est une erreur stratégique. Cette vision pousse nos banques à acquérir des solutions exogènes standardisées à un rythme qu’elles ne peuvent absorber. Tout en occultant la seule question qui vaille : celle de notre capacité réelle d’assimilation. C’est pour rompre avec cette logique de consommation passive qu’intervient l’IMIB (Maturity Index for Banking Intelligence).

Que l’on ne s’y trompe pas : l’IMIB n’est pas une contrainte bureaucratique ou réglementaire de plus venant alourdir un secteur financier déjà sur-audité. Bien au contraire, il s’agit d’une police d’assurance contre le gaspillage de nos capitaux. Délaissant le contrôle de conformité formel pour une véritable culture de la preuve, l’IMIB est une matrice de diagnostic sectoriel qui évalue la viabilité d’une institution financière à travers quatre axes fondamentaux. A savoir :

La Maturité des Données (Data Readiness) : l’indice mesure l’intégrité, la traçabilité et la centralisation des données de la banque. Si les données sont silotées ou non qualifiées, l’IA la plus avancée ne produira que des prévisions erronées.

L’Autonomie Technologique (Vendor Lock-in Risk) : il jauge le degré de dépendance de la banque vis-à-vis des éditeurs étrangers. Une banque mature doit pouvoir auditer, paramétrer et faire évoluer ses modèles sans dépendre du bon vouloir technique ou tarifaire d’un tiers.

L’Agilité Managériale (Operational Agility) : il évalue la perméabilité des structures d’exécution. L’indice sanctionne la lourdeur des circuits de décision et valide la capacité de l’organisation à déployer des innovations en cycles courts.

La Rétention du Capital Humain (Talent Sustainability) : il audite la capacité de l’institution à intégrer, valoriser et stabiliser ses compétences critiques (Data Scientists, architectes Cloud, experts en cybersécurité) au sein de ses grilles managériales.

En mesurant ces dimensions, l’IMIB ne s’intéresse plus à ce qu’une banque dépense pour « rattraper » ses concurrents, mais à sa capacité structurelle et humaine à transformer un investissement technologique en levier de performance net.

 

Lire également — Plan de développement 2026-2030 : pourquoi l’immobilisme RH va faire dérailler le bras armé financier de l’État

 

La gouvernance des données et le risque de subordination algorithmique

Le cœur de la souveraineté financière nationale se joue désormais dans la couche invisible des flux de données. À l’ère de l’intelligence artificielle, se contenter d’un rattrapage de façade en externalisant aveuglément le stockage ou le traitement de ces informations critiques équivaut à une cession de souveraineté opérationnelle. Il ne s’agit pas ici de prôner une autarcie technologique ou un protectionnisme rétrograde – aucune institution au monde ne développe ses infrastructures de zéro -, mais bien de refuser une vassalisation algorithmique totale vis-vis des intégrateurs et géants de la Tech étrangers.

Si les modèles qui évaluent le risque de crédit, détectent la fraude ou modélisent le comportement des agents économiques tunisiens, sont des boîtes noires dont nous ne maîtrisons ni le code source, ni la logique décisionnelle, nos banques s’exposent à une vulnérabilité majeure. La maturité exige une maîtrise absolue de la chaîne de valeur de la donnée. L’IMIB permet d’auditer cette étanchéité en mesurant la capacité d’une banque à concevoir des modèles d’apprentissage adaptés aux spécificités de l’économie locale. Sans cette autonomie technique, le secteur financier national s’expose à un risque de subordination où les décisions de financement stratégiques seront dictées par des biais importés, totalement déconnectés des réalités de notre tissu entrepreneurial régional.

 

Le capital humain comme actif technologique n°1

L’indicateur le plus critique de l’IMIB, et le véritable point de convergence de toutes nos analyses précédentes, reste le facteur humain. Ici surgit souvent l’objection de la prudence administrative : face à l’argent public et aux risques de fraude, les structures pyramidales et les comités pléthoriques seraient des remparts nécessaires. C’est confondre le contrôle et la paralysie. La dilution généralisée de la responsabilité à travers des comités redondants n’a jamais protégé une institution ; elle protège simplement le gestionnaire contre le risque d’exercer sa signature, tout en étouffant l’innovation.

Il existe une contradiction intenable à vouloir introduire des technologies de rupture en maintenant ces circuits paralysés par la méfiance systémique. Les experts de la Tech, les architectes Cloud et les Data Scientists exigent de l’agilité, de l’autonomie et une trajectoire d’évolution dynamique. Face à l’exode massif de cette élite vers l’Europe ou le Golfe, invoquer le fatalisme macroéconomique du différentiel salarial est une capitulation managériale commode. Le salaire est souvent le prétexte du départ, mais le manque de considération, la lourdeur des processus et le sentiment d’inutilité professionnelle en sont les déclencheurs réels. En refusant de moderniser notre gouvernance des talents sous prétexte que nous ne pouvons pas rivaliser avec les devises étrangères, nous acceptons passivement de subventionner à fonds perdus la transformation numérique de l’Occident avec l’argent du contribuable tunisien.

L’heure n’est plus aux indignations stériles sur le conservatisme des structures, ni aux investissements cosmétiques dictés par les effets de mode. Les conseils d’administration de nos institutions financières doivent urgemment intégrer la maturité technologique et algorithmique au cœur de leurs rapports de gestion annuels, non pas comme un indicateur technique secondaire, mais comme le pilier central de leur viabilité économique à long terme.

 

Continuer à ignorer le diagnostic de vérité de l’IMIB, c’est condamner nos banques à financer à fonds perdus une modernisation de façade. Tout en acceptant passivement une dépendance technologique et managériale qui hypothèque notre souveraineté économique nationale.

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Les opinions exprimées dans cette tribune reflètent une analyse économique et technique personnelle et n’engagent que leur auteur. 

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Netanyahu échoue à saboter l’accord de paix irano-américain

Alors qu’une petite lumière a commencé à briller au bout du tunnel dans lequel la guerre contre l’Iran a plongé le monde, le premier ministre israélien se démène comme un diable pour l’éteindre. En d’autres termes, au moment où les Etats-Unis et l’Iran s’apprêtaient à signer un protocole d’accord qui mettrait fin aux hostilités, Netanyahu, désespéré de voir un apaisement dans les relations entre Téhéran et Washington, a eu recours au sabotage en bombardant la banlieue-sud de Beyrouth, la fameuse ‘Dhahya’.

Il semble acquis que Netanyahu a échoué dans ses tentatives de maintenir en l’état les hostilités entre Washington et Téhéran. Son échec de saboter la paix que le monde entier réclame, l’a plongé dans le désespoir. Il ne peut rien faire d’autre que ruminer, la mort dans l’âme, la peine et la haine qui le rongent.

En effet, les dernières informations, confirmées à Washington et Téhéran, indiquent que les deux partie sont arrivées à un Mémorandum d’accord qui sera signé le vendredi 19 juin à Genève. L’effet immédiat de ce Mémorandum sera l’arrêt de la guerre, la levée du blocus sur l’Iran et l’ouverture du détroit d’Ormuz à la navigation. Le Mémorandum prévoit également que les deux parties auront 60 jours pour arriver à un accord final concernant tous les problèmes en suspens : les sanctions contre l’Iran, les avoirs gelés de l’Iran, la question nucléaire et la paix dans la région.

Il serait instructif de passer en revue les événements qui ont précédé l’annonce officielle du Mémorandum d’accord entre les Etats-Unis et l’Iran.

La semaine dernière l’Iran a menacé de riposter contre Israël, si ce dernier s’attaque à la ‘Dhahya’. Trump, soucieux de signer un accord qui le sortirait du piège où il se débat depuis le 28 février, ordonna à Netanyahu de ne pas s’approcher de la capitale libanaise.

Mais Netanyahu ignora l’ordre de Trump et s’attaqua à la banlieue-sud de Beyrouth. L’Iran, comme il a menacé de le faire, a répliqué par une attaque directe contre Israël. Une première pour Téhéran, qui a lancé ses missiles contre Israël non pas parce que celui-ci a attaqué l’Iran, mais parce qu’il a attaqué Beyrouth.

Israël a de nouveau défié Trump et riposté contre l’Iran. Celui-ci a riposté de nouveau contre des cibles en Israël. A la suite de ces échanges, Israël a limité ses frappes au sud du Liban.

Ce cycle inédit dans la région a mis en évidence la volonté de l’Iran d’instaurer une nouvelle dynamique régionale. Le message iranien était clair : les attaques contre le Liban ne seraient plus sans conséquences pour Israël. Pour la première fois, un pays de la région tente d’imposer des contraintes militaires à Israël au-delà de ses frontières.

Sans surprise, Israël a perçu cela comme une atteinte directe à sa liberté de manœuvre imposée depuis longtemps à la région entière. Une perspective très inquiétante pour Israël qui considère la nouvelle équation que l’Iran est déterminé à mettre en place comme un danger à la pérennité de l’impunité dont ont toujours bénéficié les gouvernements successifs israéliens.

Pendant plusieurs jours, alors même que le Hezbollah et Israël continuaient d’échanger des tirs, Netanyahu s’est abstenu de frapper la banlieue sud de Beyrouth et de tester la nouvelle ligne rouge de l’Iran.

Mais dimanche 14 juin, à quelques heures seulement de« la signature électronique » par Washington et Téhéran d’un mémorandum mettant fin à la guerre et permettant le retour à la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, Netanyahu, pris d’hystérie face à ces développements, a tenté encore une fois de recourir au sabotage en bombardant de nouveau la banlieue-sud de Beyrouth.

Un diplomate américain impliqué dans les négociations a déclaré dimanche à Fox News : « Il s’agit d’une tentative manifeste d’Israël de saboter l’accord du président et de replonger les États-Unis dans la guerre. »

Cette « tentative manifeste » a manifestement échoué. Netanyahu qui a entrainé son ami Trump dans une guerre désastreuse, se trouve au pied du mur. Il est désormais incapable de forcer Washington à poursuivre la guerre, ni de la poursuivre tout seul.

L’Iran est le grand gagnant de la désastreuse mésaventure de Trump et Netanyahu. Sans doute, le pays a subi de grandes destructions et des milliers de morts, dont le guide Ali Khamnei. Mais il a montré aux Etats-Unis, à Israël et au monde le prix qu’aurait à payer quiconque tenterait de déstabiliser l’Iran ou de porter atteinte à sa souveraineté.

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Cinq choses à savoir sur Ayyoub Bouaddi, le surdoué des Lions de l’Atlas

Dans le football moderne, les prodiges sont partout. Mais les prodiges capables de parler avec aisance devant un jury, de décrocher leur bac avant l’âge habituel ou de faire l’unanimité des deux côtés de la Méditerranée sont plus rares. À…

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Est-ce la fin du conflit au Moyen-Orient ?

Washington et Téhéran ont finalisé, dimanche 14 juin, un protocole d’accord devant mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris au Liban. Toutefois, le dossier le plus épineux, notamment le programme nucléaire iranien, sera examiné ultérieurement. 

 Pouvait-il rêver d’un aussi beau cadeau pour fêter ses 80 ans ? Dimanche 14 juin, qui s’avère être le jour de son anniversaire, le président américain Donald Trump a enfin arraché à la dernière minute un accord historique avec l’Iran. Et ce, en dépit de la frappe israélienne menée sans avertissement le jour même contre un centre de commandement du Hezbollah, dans la banlieue sud de Beyrouth.

Sabotage

Pour les responsables iraniens, cette attaque démontre soit l’incapacité des États-Unis à contenir leur allié israélien; soit leur absence de volonté de faire respecter les engagements pris dans le cadre des discussions. Mais il est clair que le choix du timing démontre la volonté du gouvernement Netanyahou de torpiller tout rapprochement entre Washington et Téhéran sur le dos d’Israël.

Selon le site Axios, Donald Trump aurait adopté un ton sévère lors d’un entretien téléphonique avec Benjamin Netanyahou. Il aurait reproché au Premier ministre israélien son « manque de discernement » après la frappe menée à Beyrouth, estimant que cette opération avait perturbé les derniers préparatifs de l’accord en cours de négociation avec Téhéran et retardé sa signature.

La médiation pakistanaise à l’honneur

C’est le Pakistan, médiateur du conflit, qui a été le premier à annoncer officiellement la nouvelle, par la voix de son Premier ministre, Shehbaz Sharif, que les États-Unis et l’Iran étaient parvenus à un « accord de paix » mettant immédiatement fin à toutes les opérations militaires au Moyen-Orient, y compris au Liban.

« Maintenant que l’accord est conclu, les médiateurs faciliteront une série de réunions cette semaine. Ces discussions préalables à la mise en œuvre de l’accord jetteront les bases des pourparlers techniques et de la cérémonie officielle de signature ». Laquelle se tiendra selon lui à Genève, en Suisse, le 19 juin.

Pour sa part, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a déclaré dans la nuit de dimanche à lundi que l’accord avec les Etats-Unis mettait « fin immédiatement et définitivement à la guerre et aux opérations militaires sur les différents fronts, y compris au Liban ».

Quelques minutes plus tard, Trump confirma sur son réseau Truth Social que « L’accord avec la République islamique d’Iran est désormais finalisé. J’autorise pleinement la réouverture du détroit d’Ormuz sans droits de passage et, parallèlement, la levée immédiate du blocus naval américain. Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots ! », a ajouté le président américain, euphorique.

Quid de la « déclaration d’Islamabad » ?

Mais que contient le protocole d’accord ou le « mémorandum d’entente » qui porte le nom de « déclaration d’Islamabad », un geste de reconnaissance envers le Pakistan, pays médiateur du conflit entre les deux pays  et dont la signature se tiendra à Genève le 19 juin à 45 kilomètres d’Evian-les-Bains en France, ville où se déroulera un sommet du G7 en présence de Donald Trump et d’une délégation américaine du 15 au 17 juin ?

Selon la chaine américaine CNN, ce sera le vice-président américain, JD Vance, qui représentera les États-Unis et qui signera le texte. Lequel prévoit un cessez-le-feu de 60 jours sur « tous les fronts », y compris le Liban, le déblocage du détroit d’Ormuz « sans que l’Iran ne demande des taxes de passage » aux navires empruntant le corridor.

En échange, le blocus opéré par la Navy américaine depuis le 13 avril sera levé. Un allégement des sanctions à l’encontre de l’Iran est prévu, « selon l’avancement d’un accord et l’engagement continu et de bonne foi » de l’Iran.

Sur le sujet du nucléaire, l’accord devra « satisfaire toutes les exigences américaines ». Toujours selon CNN, Téhéran devra donc s’engager à ne pas chercher à obtenir l’arme nucléaire. Il devrait également renoncer à son stock d’uranium enrichi.

Reste la question du dégel ou non des milliards de dollars d’actifs iraniens qui demeurent en suspens. Toutefois, un haut responsable américain cité par l’agence de presse britannique Reuters a affirmé que l’accord en élaboration est « fondé sur les résultats ». Téhéran ne récupérerait pas ses avoirs gelés s’il ne remplit pas sa part de l’accord.

Quelles garanties ?

Au final, faut-il se réjouir de la conclusion de cet accord qui mettra fin à un conflit déclenché par les États-Unis et Israël le 28 février et qui a déjà fait plus de 7 000 morts, fragilisé les alliances régionales et porté un coup dur à l’économie mondiale ?

La réponse est suggérée par la BBC qui souligne que des questions subsistent sur plusieurs “points cruciaux, notamment la nature des restrictions imposées à l’enrichissement et le sort à réserver au stock d’uranium hautement enrichi que détient actuellement l’Iran.

« Certains de ces aspects seront sans doute réglés lors de négociations ultérieures et de discussions “techniques” menées durant la prolongation de 60 jours de la trêve actuelle. Mais s’il est une chose qui ressort clairement de décennies d’efforts pour tenter d’amadouer l’Iran et le contraindre à renoncer à ses ambitions nucléaires, c’est qu’il n’existe aucune garantie, n’en déplaise aux États-Unis », conclut le média britannique.

Des garanties pour prouver sa bonne foi ? « Le meilleur moyen de savoir si vous pouvez faire confiance à quelqu’un, c’est de lui faire confiance », dixit Ernest Hemingway.

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ZOOM – « J’adore l’inflation » – Quand le pyromane se déclare amoureux du feu

Lorsque le président Donald Trump déclare : « J’adore l’inflation », il ne livre pas seulement une provocation supplémentaire destinée à alimenter les chaînes d’information et les réseaux sociaux. Il offre, peut-être malgré lui, un condensé saisissant de l’époque que nous vivons : une époque où la souffrance économique des populations devient un objet de communication politique, où les chiffres remplacent les êtres humains et où les difficultés quotidiennes sont transformées en slogans.

L’inflation, dans les manuels d’économie, est un phénomène monétaire et macroéconomique. Dans la vraie vie, elle est une facture qui augmente, un panier de courses qui se vide, un salaire qui perd de sa valeur, une retraite qui s’effrite et une angoisse qui s’installe. Elle n’a rien d’un objet d’amour. Personne n’aime payer son pain plus cher. Personne n’aime voir le prix du logement s’envoler. Personne n’aime découvrir que ses économies valent moins aujourd’hui qu’hier. Mais il faut croire que certains responsables politiques contemplent l’inflation depuis les hauteurs climatisées des tours de verre, là où les hausses de prix ressemblent davantage à une ligne sur un graphique qu’à une épreuve quotidienne.

Cette déclaration possède quelque chose d’extraordinairement révélateur. Elle rappelle ces aristocrates d’un autre temps qui observaient les mauvaises récoltes depuis leurs salons dorés sans jamais apercevoir les visages de ceux qui souffraient de la faim. L’inflation est une taxe invisible qui frappe d’abord les plus modestes. Les ménages aisés peuvent absorber une hausse des prix. Les classes populaires, elles, la subissent de plein fouet. Dire que l’on « adore » l’inflation revient donc à déclarer son affection pour l’érosion silencieuse du pouvoir d’achat.

Le mot mérite qu’on s’y attarde : adorer

On peut adorer un paysage, une œuvre d’art, un enfant, un idéal ou un pays. Mais adorer l’inflation relève d’une étrange passion. C’est un peu comme si un médecin déclarait son amour pour les épidémies ou un pompier son admiration pour les incendies.

Le plus fascinant demeure cependant la logique qui sous-tend cette affirmation. Dans certains cercles financiers, l’inflation est parfois perçue comme un allié. Elle peut réduire le poids réel des dettes, soutenir certains actifs financiers et gonfler artificiellement les revenus nominaux des entreprises. Les marchés boursiers peuvent même, pendant un temps, s’en accommoder. Mais ce qui est bénéfique pour un portefeuille n’est pas forcément bénéfique pour une société.

Le drame de notre époque réside précisément dans cette confusion permanente entre la prospérité financière et le bien-être collectif. Lorsque Wall Street sourit, Main Street n’est pas toujours heureuse. Les indices boursiers peuvent battre des records pendant que les ménages comptent les centimes.

L’inflation est d’ailleurs une « créature » particulièrement ironique. Elle enrichit certains tout en appauvrissant d’autres. Elle récompense souvent ceux qui possèdent déjà des actifs et pénalise ceux qui vivent uniquement de leur travail. Elle agit comme une gigantesque machine de redistribution inversée, aspirant une partie de la richesse des plus vulnérables vers ceux qui sont les mieux protégés. Dans ce contexte, proclamer son amour pour l’inflation ressemble moins à une analyse économique qu’à une déclaration de classe.

Et pourtant, cette phrase s’inscrit parfaitement dans l’air du temps. Nous vivons dans une époque où l’outrance est devenue une stratégie de communication. L’objectif n’est plus de convaincre mais de provoquer. Il ne s’agit plus de construire un raisonnement mais de produire un choc médiatique. Chaque déclaration est conçue comme une grenade lancée dans l’espace public. Le problème est que les grenades verbales finissent parfois par exploser dans les mains de ceux qui les lancent.

Car l’inflation n’est pas une abstraction académique. Elle est un facteur de déstabilisation sociale. L’histoire économique regorge d’exemples montrant que les flambées de prix nourrissent la colère, l’instabilité et les fractures politiques. Les citoyens acceptent difficilement que leur niveau de vie recule pendant qu’on leur explique que tout va bien.

L’inflation possède un pouvoir corrosif que les statistiques peinent à mesurer. Elle détruit progressivement la confiance. Elle sape le contrat social. Elle crée le sentiment que les efforts ne paient plus. Elle nourrit l’impression que le système fonctionne pour quelques-uns et contre le plus grand nombre. Or une société peut survivre à un ralentissement économique. Elle peut traverser une récession. Elle peut même supporter un chômage temporairement élevé. Mais elle survit beaucoup plus difficilement à la disparition de la confiance.

C’est pourquoi cette déclaration dépasse largement la personne de Donald Trump. Elle révèle une dérive plus profonde : celle d’une élite politique mondiale qui parle de plus en plus souvent la langue des indicateurs et de moins en moins celle des citoyens.

Les prix augmentent ? On parle de statistiques.

Les ménages souffrent ? On évoque des ajustements.

Le pouvoir d’achat s’effondre ? On répond par des modèles économiques.

Et lorsque la colère monte, on produit une nouvelle formule choc destinée à occuper l’espace médiatique.

Pendant ce temps, les réalités demeurent têtues.

La mère de famille qui remplit son chariot ne se nourrit pas de slogans.

Le retraité qui voit sa pension perdre de sa valeur ne vit pas dans un tableau Excel.

Le salarié dont le revenu réel diminue ne consulte pas les indices boursiers avant de payer ses factures.

L’économie réelle possède cette particularité désagréable : elle finit toujours par rappeler aux théoriciens, aux financiers et aux communicants qu’elle concerne avant tout des êtres humains. Au fond, la phrase « J’adore l’inflation » restera peut-être comme l’une de ces petites formules qui résument une grande époque. Une époque où les responsables politiques rivalisent d’excentricité verbale pendant que les populations réclament simplement davantage de stabilité, de visibilité et de dignité économique.

L’histoire retiendra peut-être moins la provocation elle-même que ce qu’elle révèle : une inquiétante déconnexion entre ceux qui parlent de l’économie et ceux qui la vivent. Car lorsqu’un dirigeant en vient à déclarer son amour pour l’inflation, ce n’est peut-être pas l’inflation qui constitue le principal problème. C’est le regard qu’il porte sur ceux qui la subissent.

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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Trump promet encore une fois un accord « imminent » avec l’Iran

Le président américain avait promis, jeudi 11 juin, de frapper l’Iran « très fort ce soir ». Quelques heures plus tard, il a finalement assuré qu’un accord était imminent avec l’Iran. Pour  la 38ème fois depuis le début du conflit selon un décompte de CNN.

 

Est-ce pour sauver son Mondial 2026 co-organisé avec le Canada et le Mexique et dont un certain nombre de rencontres se déroule sur le sol américain avec des couacs à n’en plus finir, que, dans un ultime revirement de situation qui rappelle la volte-face spectaculaire opérée par le milliardaire républicain le 7 avril – quand il avait menacé (le matin) d’anéantir la « civilisation » iranienne tout entière, pour finalement annoncer le soir un cessez-le-feu – que le président américain Donald Trump annula enfin les frappes prévues contre l’Iran, évoquant la finalisation de points d’accord et la signature imminente d’un protocole de paix ?

Un « accord-cadre » dont on ignore le contenu exact. Et ce, d’autant plus que pour l’heure, aucune décision finale n’a été entérinée par Téhéran. Ainsi, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Esmaeil Baqaei, a déclaré aux médias d’État iraniens que, « jusqu’à présent, l’Iran n’a pas encore abouti à une conclusion définitive concernant l’accord ».

Lire aussi : Trump croit possible un accord entre Washington et Téhéran ce week-end

« Aucun texte n’a été approuvé pour un protocole d’accord initial avec les Etats-Unis », a renchéri l’agence de presse officielle Fars, citant une source présentée comme bien informée et proche de l’équipe de négociation iranienne.

Optimisme béat

En effet, à la surprise générale, et alors que le Moyen-Orient retenait son souffle dans l’attente du déluge de feu américain, Trump ayant menacé jeudi de frapper « très fort » l’Iran et de prendre le contrôle d’infrastructures pétrolières du pays, dont son principal terminal, l’île de Kharg qui abrite le plus grand terminal pétrolier de l’Iran, assurant environ 90 % de ses exportations de brut, il a pris, jeudi 11 juin, la décision d’annuler les frappes américaines prévues le jour même contre l’Iran avant d’assurer qu’un « très bon accord » avait été trouvé, évoquant même une possible signature en Europe dès « ce week-end ».

Le locataire de la Maison Blanche a également révélé que le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei – que l’on croyait mort ou défiguré selon les versions des uns et des autres -, avait validé ce qu’il aura qualifié « d’accord-cadre très solide » et « très détaillé » avec les États-Unis. « Les discussions et les derniers points ont été, sur le principe et dans les détails, approuvés par toutes les parties prenantes y compris les États-Unis, Israël, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, la Turquie, le Pakistan, Bahreïn, le Koweït, la Jordanie, l’Égypte et d’autres », a-t-il poursuivi, ajoutant que le blocus des ports iraniens resterait en place jusqu’à ce que la « transaction soit finalisée ».

« Nous venons de trouver un très bon accord pour mettre fin à la guerre avec l’Iran, et une fois les documents finalisés, ce qui devrait être fait dans les prochains jours, nous aurons probablement une signature, peut-être en Europe », a-t-il assuré en indiquant qu’il n’assisterait pas à cette signature, mais qu’elle aurait lieu en présence du vice-président J.D. Vance.

Flou artistique

Toutefois, notent les observateurs, le président américain n’a donné aucun détail sur le contenu de ce compromis. Sinon d’assurer que le détroit d’Ormuz sera immédiatement rouvert après la signature, et de marteler à maintes reprises que l’Iran ne se dotera jamais de l’arme nucléaire.

Et que penser des 450 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 % qui pourraient avoir été déplacés ou dispersés pour empêcher leur localisation exacte ? Les déclarations de Donald Trump sur le stock d’uranium iranien sont multiples et parfois contradictoires. Il a affirmé que ce stock restait enfoui sous des tonnes de gravats, tout en soutenant que les États-Unis finiraient par le récupérer et le détruire.

Appréhensions

Rappelons à cet égard que l’annonce surprise de Donald Trump concernant un accord imminent avec l’Iran a provoqué la stupeur à Tel-Aviv. Selon la chaîne israélienne N12, les autorités israéliennes n’avaient pas été informées par Washington de ce revirement diplomatique, alors que le président américain venait encore de menacer Téhéran de nouvelles frappes quelques heures auparavant.

D’après plusieurs médias israéliens et des sources citées par CNN, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a appris les déclarations de Donald Trump alors qu’il participait à une réunion de sécurité. Des responsables israéliens ont indiqué qu’ils n’avaient connaissance ni d’un accord imminent avec l’Iran ni d’une approbation iranienne d’un quelconque texte en négociation.

En effet, Israël reste par ailleurs méfiant à l’égard de toute entente entre Washington et Téhéran. Les dirigeants israéliens répètent à l’envie qu’un éventuel accord devra inclure « le démantèlement des capacités d’enrichissement nucléaire iraniennes, des restrictions sur le programme balistique de la République islamique ainsi que la fin de son soutien aux groupes armés alliés dans la région ».

Les Israéliens sont-ils pour autant rassurés ? En dépit des déclarations de l’administration américaine promettant de détruire l’uranium enrichi iranien, les responsables israéliens doutent de la portée réelle et de la fiabilité de ces promesses. Ils redoutent surtout que Donald Trump ne privilégie un accord rapide avec Téhéran, quitte à sacrifier certains intérêts stratégiques d’Israël.

Après tout, comme le rappelait avec ironie Jacques Chirac, un orfèvre en la matière, « les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ».

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Eclairage – Quand Francfort serre la vis et que Tunis retient son souffle!

Les décisions de politique économique semblent naître loin des préoccupations quotidiennes des citoyens, dans des salles de réunion feutrées où les chiffres remplacent les émotions et où les équations paraissent l’emporter sur les réalités humaines. Pourtant, certaines de ces décisions traversent les frontières, franchissent les mers et finissent par s’inviter dans les foyers les plus modestes. La récente décision de la Banque centrale européenne de relever son principal taux directeur de 2 % à 2,25 % appartient à cette catégorie.

À première vue, il ne s’agit que d’un quart de point supplémentaire dans la mécanique complexe de la politique monétaire européenne. Mais derrière cette apparente technicité se cache un signal fort : l’Europe s’inquiète à nouveau de l’inflation. La flambée des prix de l’énergie provoquée par la guerre qui s’enlise entre l’Iran et ses adversaires régionaux ravive le souvenir des grands chocs pétroliers qui ont marqué l’histoire économique mondiale. Face à cette menace, la Banque centrale européenne choisit la prudence et durcit sa politique monétaire. Même si cela implique un ralentissement supplémentaire de l’activité économique.

Pour la Tunisie, cette décision n’est pas une information parmi d’autres. Elle constitue un avertissement silencieux. Car lorsque l’Europe tousse, la Tunisie attrape souvent un rhume. Et lorsque l’Europe ralentit, c’est toute une partie de l’économie tunisienne qui ressent les secousses.

Une guerre lointaine qui se rapproche du quotidien tunisien

Les conflits géopolitiques ont ceci de particulier qu’ils semblent toujours éloignés jusqu’au jour où leurs conséquences apparaissent sur une facture d’électricité, un ticket de transport ou le prix d’un panier de courses.

Depuis plusieurs mois, la crise au Moyen-Orient exerce une pression croissante sur les marchés énergétiques mondiaux. Les investisseurs redoutent une perturbation durable des approvisionnements pétroliers. Les compagnies maritimes intègrent davantage de risques dans leurs coûts de transport. Les marchés financiers deviennent plus nerveux. Les entreprises reportent certains investissements.

Dans ce contexte, le pétrole redevient une source majeure d’inquiétude. Pour la Tunisie, pays importateur net d’énergie, chaque hausse durable du baril agit comme une fuite supplémentaire dans un navire déjà soumis à de fortes tensions. Le déficit énergétique se creuse, les besoins en devises augmentent et les finances publiques se trouvent davantage sollicitées.

Dans ce contexte, le pétrole redevient une source majeure d’inquiétude. Pour la Tunisie, pays importateur net d’énergie, chaque hausse durable du baril agit comme une fuite supplémentaire dans un navire déjà soumis à de fortes tensions.

Le citoyen tunisien n’a pas besoin de suivre quotidiennement les cours du Brent pour ressentir ces effets. Il les perçoit lorsque le coût du transport augmente, lorsque certains produits alimentaires deviennent plus chers ou lorsque les entreprises répercutent progressivement leurs coûts énergétiques sur leurs prix de vente. Ainsi, une guerre qui paraît lointaine finit par s’inviter dans le quotidien le plus ordinaire.

L’Europe ralentit : le premier client de la Tunisie achète moins

L’Europe n’est pas seulement un voisin géographique. Elle demeure le principal partenaire économique de la Tunisie. Les usines tunisiennes qui produisent des câbles automobiles, des composants électriques, des textiles ou des équipements mécaniques travaillent en grande partie pour des clients européens. Les hôtels du Sahel, de Djerba ou d’Hammamet accueillent principalement des visiteurs venus du continent européen. Les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger dépendent largement de la santé économique des pays européens. Lorsque la BCE augmente ses taux, elle cherche à ralentir la consommation et l’investissement afin de freiner l’inflation. Les ménages européens empruntent moins. Les entreprises deviennent plus prudentes. Les achats importants sont reportés.

La conséquence est simple : la croissance ralentit. Les nouvelles prévisions de la BCE ne prévoient désormais qu’une croissance de 0,8 % pour la zone euro. Derrière ce chiffre se cache une réalité préoccupante : l’économie européenne progresse à peine.

 

Lorsque la BCE augmente ses taux, elle cherche à ralentir la consommation et l’investissement afin de freiner l’inflation. Les ménages européens empruntent moins. 

 

Pour les entreprises tunisiennes tournées vers l’exportation, cela signifie potentiellement moins de commandes, moins de visibilité et davantage d’incertitudes. Derrière chaque pourcentage de croissance perdu en Europe, il y a parfois une usine tunisienne qui réduit ses heures supplémentaires, un entrepreneur qui reporte un investissement ou un jeune diplômé qui voit s’éloigner une opportunité d’embauche.

Le piège de la double contrainte

Ce qui rend la situation actuelle particulièrement délicate pour la Tunisie est l’apparition simultanée de deux phénomènes défavorables. D’un côté, la hausse des prix énergétiques augmente les coûts de production et pèse sur les finances publiques. De l’autre, le ralentissement européen réduit les perspectives de croissance extérieure.

Autrement dit, la Tunisie doit payer davantage pour importer son énergie tout en risquant de vendre moins à ses principaux partenaires commerciaux. Cette double contrainte est particulièrement difficile à gérer pour une économie qui cherche déjà à restaurer ses grands équilibres financiers.

Les réserves en devises deviennent plus précieuses. Le financement des importations devient plus sensible. Les marges budgétaires se réduisent. Dans ce contexte, chaque choc externe produit des effets amplifiés.

Le dilemme de la Banque centrale de Tunisie (BCT)

Pour les autorités monétaires tunisiennes, la période qui s’ouvre ressemble à un exercice d’équilibriste. La Banque centrale de Tunisie a déjà mené ces dernières années une politique de lutte contre l’inflation qui a contribué à ralentir progressivement la hausse des prix. Mais la nouvelle donne internationale complique davantage l’équation.

Si les grandes banques centrales maintiennent des taux élevés, les capitaux internationaux continuent à privilégier les marchés jugés les plus sûrs. Les monnaies des pays émergents subissent alors davantage de pression.

La Tunisie doit donc préserver la stabilité du dinar tout en évitant d’étouffer une croissance déjà modeste. Le problème est que les deux objectifs peuvent parfois entrer en contradiction. Des taux élevés permettent – souvent – de lutter contre l’inflation et de soutenir la monnaie. Mais ils freinent également l’investissement privé, l’accès au crédit et la création d’emplois.

À l’inverse, une politique plus souple soutiendrait l’activité économique mais pourrait alimenter des tensions inflationnistes si les prix internationaux de l’énergie continuent à augmenter. La Banque centrale se trouve ainsi confrontée à l’un des arbitrages les plus complexes de la politique économique moderne.

 

La Tunisie doit préserver la stabilité du dinar tout en évitant d’étouffer une croissance déjà modeste. Le problème est que les deux objectifs peuvent parfois entrer en contradiction…

 

La dette devient plus lourde dans un monde de taux élevés

Au-delà des questions monétaires, la décision de la BCE rappelle également que l’époque de l’argent presque gratuit appartient désormais au passé. Pendant plus d’une décennie, les grandes banques centrales ont maintenu des taux extrêmement faibles afin de soutenir la croissance après la crise financière mondiale puis après la pandémie. Aujourd’hui, le mouvement s’est inversé. L’argent coûte plus cher. Les investisseurs exigent des rendements plus élevés. Les emprunteurs doivent accepter des conditions plus strictes.

 

Pendant plus d’une décennie, les grandes banques centrales ont maintenu des taux extrêmement faibles afin de soutenir la croissance après la crise financière mondiale puis après la pandémie.

 

Pour la Tunisie, qui continue à rechercher des ressources financières afin de couvrir ses besoins budgétaires et refinancer ses engagements, cette évolution représente une contrainte supplémentaire. Chaque hausse des taux internationaux réduit un peu plus les marges de manœuvre financières de l’État. Dans un contexte où les besoins sociaux restent considérables et où les attentes de la population demeurent fortes, cette réalité complique encore davantage l’exercice budgétaire.

Le pouvoir d’achat, ultime victime des turbulences mondiales

Au bout de la chaîne économique, c’est souvent le citoyen qui absorbe une partie des chocs. Lorsque les coûts énergétiques augmentent, lorsque le transport devient plus cher, lorsque les entreprises voient leurs marges se réduire, les tensions finissent généralement par se répercuter sur les prix. La lutte contre l’inflation n’est donc pas seulement une question de statistiques. Elle touche directement la vie quotidienne des ménages.

Pour une famille tunisienne, quelques dinars supplémentaires sur les dépenses de transport, d’alimentation ou d’énergie peuvent représenter un arbitrage difficile entre plusieurs besoins essentiels. C’est précisément ce qui rend les crises inflationnistes si sensibles socialement. Elles ne frappent pas seulement les indicateurs économiques ; elles modifient les habitudes de consommation, les projets familiaux et parfois même les perspectives d’avenir.

Une leçon de souveraineté économique

Au fond, la décision de la BCE agit comme un révélateur. Elle montre combien l’économie tunisienne demeure exposée aux événements extérieurs : conflits géopolitiques, fluctuations énergétiques, ralentissements européens ou changements de politique monétaire dans les grandes puissances.

Chaque crise internationale rappelle la nécessité de construire davantage de résilience. Cela passe par une accélération des investissements dans les énergies renouvelables afin de réduire la dépendance énergétique. Cela implique également une diversification plus poussée des marchés d’exportation vers l’Afrique, l’Asie et le Moyen-Orient. Cela suppose enfin un effort soutenu pour améliorer la productivité, l’innovation et la compétitivité des entreprises tunisiennes. Car la véritable souveraineté économique ne consiste pas à s’isoler du monde. Elle consiste à être suffisamment solide pour ne pas subir passivement chacun de ses soubresauts.

 

Au fond, la décision de la BCE agit comme un révélateur. Elle montre combien l’économie tunisienne demeure exposée aux événements extérieurs : conflits géopolitiques, fluctuations énergétiques…

 

L’heure des choix

L’augmentation des taux de la Banque centrale européenne n’est pas un événement isolé. Elle s’inscrit dans une transformation plus profonde de l’économie mondiale, marquée par le retour des rivalités géopolitiques, l’incertitude énergétique et la fin progressive de l’ère de l’argent abondant.

Pour la Tunisie, cette nouvelle phase constitue un test de résistance.

Les prochains mois pourraient être marqués par davantage de volatilité, davantage de prudence des investisseurs et davantage de tensions sur les marchés énergétiques. Mais ils peuvent aussi devenir l’occasion d’accélérer les réformes longtemps différées.

L’histoire économique enseigne que les nations progressent rarement dans les périodes de confort. Ce sont souvent les moments d’adversité qui révèlent leur capacité d’adaptation.

La Tunisie se trouve aujourd’hui à l’un de ces carrefours. Entre les vents contraires venus de l’extérieur et les défis intérieurs qui persistent, elle doit apprendre à naviguer dans un monde devenu plus instable. Non pas en espérant que les tempêtes cessent, mais en construisant enfin le navire capable de leur résister.

 

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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Quand la politique migratoire de Trump s’invite au Mondial 2026

Un arbitre somalien refoulé à son entrée aux États-Unis, les joueurs iraniens obligés d’entrer et sortir des États-Unis « le jour même » de leurs matchs : la politique migratoire américaine perturbe le déroulement du Mondial 2026 dont un certain nombre de rencontres se dispute aux Etats-Unis.

 

Déjà décriée pour la brutalité des méthodes de l’ICE, la police migratoire américaine, la politique migratoire de Washington s’invite désormais à la grand-messe du football mondial qui s’ouvre ce jeudi 11 juin. Une compétition écartelée entre 16 stades, parfois séparés de près de 4 000 kilomètres, de Guadalajara (Mexique) à Vancouver (Canada), de Los Angeles à Boston (Etats-Unis). Mais derrière la fête sportive, certains en subissent les effets : la Somalie, l’Iran, l’Irak et le Sénégal en paient d’ores et déjà le prix.

Vexations

En effet, cette politique sensée marquer le second mandat de Donald Trump a déjà provoqué des premiers remous avant même le coup d’envoi du premier match. Entre le staff de la sélection iranienne qui n’a obtenu ses visas qu’à la dernière minute et s’est retrouvé forcé de loger au Mexique sur fond de conflit au Moyen-Orient ; l’attaquant star de l’Irak, Aymen Hussein, retenu près de sept heures à son atterrissage à Chicago et interrogé « comme un terroriste », tandis que le photographe officiel de la sélection, Talal Salah, s’est vu refuser l’entrée sur le territoire malgré un visa valide. Ou encore la sélection du Sénégal en train de se faire fouiller par le Bureau des douanes et de la Protection des frontières directement sur le tarmac.

Faudra-t-il alors parler de racisme et de discrimination quand la Somalie, un pays autrefois qualifié par Trump de « pays de merde », a dû défendre « l’intégrité » de son arbitre refoulé samedi 6 juin par Washington ? La question mérite d’être posée  quand l’on constate l’embarras manifeste de la Fifa qui explique dans un communiqué officiel qu’elle « n’intervient pas dans les procédures d’immigration du pays hôte, y compris dans l’octroi des visas ». Et ce pour justifier les tensions internationales consécutives aux effets de la présidence Trump.

« Sans l’engagement et l’implication » de Donald Trump, il aurait été « impossible d’organiser une Coupe du monde aux États-Unis », a affirmé le président de la Fifa mercredi 10 juin à Mexico, à la veille du début du tournoi. Lui qui, quelques mois plus tôt, remettait obséquieusement au président américain, le Prix Fifa pour la paix, à l’occasion du tirage au sort de la Coupe du monde. Une distinction créée spécialement pour le milliardaire républicain.

Le calvaire de l’arbitre somalien

Et c’est l’exemple de l’arbitre somalien, Omar Abdulkadir Artan – refoulé par la police américaine des frontières à son entrée à Miami en provenance d’Istanbul, le forçant à renoncer au Mondial – qui illustre le mieux les couacs de la politique migratoire chère à M. Trump.

Ainsi, l’arbitre somalien a confié au New York Times avoir été interrogé pendant onze heures par les services de sécurité à qui il a présenté la documentation officielle de la Fifa mais aussi son CV d’arbitre professionnel. Les agents ont également consulté des informations en ligne sur son parcours. « J’avais tous les papiers en règle. J’avais le bon visa », a déclaré le meilleur arbitre africain en 2025 au média américain. « Je pense qu’ils ont un problème avec mon pays ».

Le summum de l’absurde

Et que dire des joueurs iraniens obligés d’entrer et sortir des États-Unis le jour même de leurs matchs ? Dans ce Mondial co-organisé par les États-Unis, le Mexique et le Canada, l’équipe iranienne doit disputer ses trois rencontres de la phase de groupes aux États-Unis, dont la première le 15 juin à Los Angeles. Ils ont obtenu des visas, mais selon l’ambassadeur iranien au Mexique, qui s’exprimait samedi lors d’une conférence de presse à Tijuana, camp de base de la délégation iranienne, la sélection devra entrer et sortir des États-Unis « le jour même » de ses matchs.

Réaction du président de la Fédération Mehdi Taj – qui fait partie selon les médias iraniens d’une quinzaine de membres de l’encadrement s’étant vu refuser des visas américains : « Dans quel endroit du monde une équipe nationale n’est autorisée par le pays hôte à ne rentrer que la veille de ses matchs » ?

Sport et politique

Au fond, le football n’est-il pas censé rassembler et transcender les clivages politiques ? Pourtant, jamais sans doute le sport et la politique n’ont semblé aussi étroitement imbriqués. Dès lors, faut-il aller jusqu’à boycotter cette Coupe du monde, voire retirer aux États-Unis l’organisation des matchs prévus sur leur sol pour les délocaliser vers le Mexique ou le Canada ? Une mesure certes radicale, mais qui mérite désormais d’être envisagée.

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Quand la politique migratoire de Trump s’invite au Mondial 2026

Un arbitre somalien refoulé à son entrée aux États-Unis. Les joueurs iraniens obligés d’entrer et sortir des États-Unis « le jour même » de leurs matchs. La politique migratoire américaine perturbe le déroulement du Mondial 2026 dont un certain nombre de rencontres se disputent aux Etats-Unis.

 

Déjà décriée pour la brutalité des méthodes de l’ICE- la police migratoire américaine-, la politique migratoire de Washington s’invite désormais à la grand-messe du football mondial qui s’ouvre ce jeudi 11 juin. Une compétition écartelée entre 16 stades, parfois séparés de près de 4 000 kilomètres, de Guadalajara à Vancouver, en passant par Los Angeles jusqu’à Boston. Mais derrière la fête sportive, certains en subissent déjà les méfaits : la Somalie, l’Iran, l’Irak et le Sénégal paient d’ores et déjà le prix fort.

Vexations

En effet, cette politique censée marquer le  second mandat de Donald Trump a déjà provoqué ses premiers remous; et ce, avant même le coup d’envoi du premier match. Entre le staff de la sélection iranienne qui n’a obtenu ses visas qu’à la dernière minute et s’est retrouvé forcé de loger au Mexique sur fond de conflit au Moyen-Orient. Puis l’attaquant star de l’Irak, Aymen Hussein, retenu près de sept heures à son atterrissage à Chicago et interrogé « comme un terroriste ». Tandis que le photographe officiel de la sélection, Talal Salah, s’est vu refuser l’entrée sur le territoire, malgré un visa valide. Ou encore la sélection du Sénégal en train de se faire fouiller par le Bureau des douanes et de la Protection des frontières directement sur le tarmac.

Faudra-t-il alors parler de racisme et de discrimination quand la Somalie, un pays autrefois qualifié par Trump de « pays de merde » a dû défendre « l’intégrité » de son arbitre refoulé samedi par Washington ? La question mérite d’être posée  quand l’on constate l’embarras manifeste de la FIFA qui explique dans un communiqué officiel qu’elle « n’intervient pas dans les procédures d’immigration du pays hôte, y compris dans l’octroi des visas ». Et ce, pour justifier les tensions internationales consécutives aux effets de la présidence Trump.

« Sans l’engagement et l’implication » de Donald Trump, il aurait été « impossible d’organiser une Coupe du monde aux États-Unis », a d’ailleurs affirmé le président de la FIFA mercredi à Mexico, à la veille du début du tournoi. Lui, qui, quelques mois plus tôt, remettait obséquieusement au président américain, le Prix Fifa pour la paix, à l’occasion du tirage au sort de la Coupe du monde. Une distinction créée spécialement pour le milliardaire républicain.

Le calvaire de l’arbitre somalien

Et c’est l’exemple de l’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan- refoulé par la police américaine des frontières samedi à son entrée à Miami en provenance d’Istanbul, le forçant à renoncer au Mondial- qui illustre le mieux les couacs de la politique migratoire chère à M. Trump.

Ainsi, l’arbitre somalien a confié au New York Times avoir été interrogé pendant onze heures par les services de sécurité à qui il a présenté la documentation officielle de la Fifa mais aussi son CV d’arbitre professionnel. Les agents ont également consulté des informations en ligne sur son parcours.

«  J’avais tous les papiers en règle. J’avais le bon visa »,  a déclaré le meilleur arbitre africain en 2025 au média américain. « Je pense qu’ils ont un problème avec mon pays ».

Le summum de l’absurde

Et que dire des les joueurs iraniens obligés d’entrer et sortir des États-Unis le jour même de leurs matchs ?

Dans ce Mondial co-organisé par les États-Unis, le Mexique et le Canada, l’équipe iranienne doit disputer ses trois rencontres de la phase de groupes aux États-Unis, dont la première le 15 juin à Los Angeles. Ils ont obtenu des visas, mais selon l’ambassadeur iranien au Mexique, qui s’exprimait samedi lors d’une conférence de presse à Tijuana, camp de base de la délégation iranienne, la sélection devra entrer et sortir des États-Unis « le jour même » de ses matchs.

Réaction du président de la Fédération Mehdi Taj, qui fait partie selon les médias iraniens d’une quinzaine de membres de l’encadrement s’étant vu refuser des visas américains : « Dans quel endroit du monde une équipe nationale n’est autorisée par le pays hôte à ne rentrer que la veille de ses matchs » ?

Sport et politique

Au fond, le football n’est-il pas censé rassembler et transcender les clivages politiques ? Pourtant, jamais sans doute le sport et la politique n’ont semblé aussi étroitement imbriqués. Dès lors, faut-il aller jusqu’à boycotter cette Coupe du monde, voire retirer aux États-Unis l’organisation des matchs prévus sur leur sol pour les délocaliser vers le Mexique ou le Canada ? Une mesure certes radicale, mais qui mérite désormais d’être envisagée.

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Plan de développement 2026-2030 : pourquoi l’immobilisme RH va faire dérailler le bras armé financier de l’État

Le Plan de développement 2026-2030 de la Tunisie affiche des ambitions sectorielles claires, adossées à des indicateurs chiffrés et des trajectoires de croissance volontaristes. Pourtant, un angle mort systémique menace de gripper la mise en œuvre de ces projections. Ce talon d’Achille ne réside ni dans l’accès aux lignes de crédit, ni dans l’absence de visions technologiques, mais dans une faillite structurelle trop souvent passée sous silence : la gouvernance de notre capital humain.

 

Le cas d’école des banques publiques est, à cet égard, des plus révélateurs. Supposées être le fer de lance de la politique financière de l’État et le principal vecteur d’exécution de la relance économique, nos institutions financières souveraines s’enferment aujourd’hui dans une crise de gestion des ressources humaines (RH) qui paralyse leur propre transformation.

 

L’illusion technologique face au défi de la souveraineté numérique

Une erreur d’évaluation fondamentale persiste dans le débat économique national : celle de confondre la modernisation d’une institution avec l’accumulation de ses dépenses technologiques. On ne compte plus les milliards investis dans l’acquisition de core banking étrangers ou les déclarations d’intention sur l’intégration de l’intelligence artificielle à l’horizon 2030.

Or, une véritable stratégie d’IA souveraine ne peut se réduire à l’achat de solutions clés en main sur étagère, qui ne font qu’accentuer notre dépendance technologique. La technologie sans les compétences internes pour la gouverner n’est qu’une illusion de rattrapage. En privilégiant l’intégration de boîtes noires externes, sans valoriser ni ancrer un socle d’expertise local, la gouvernance de nos banques publiques s’asphyxie. Injecter des budgets colossaux dans des outils de pointe tout en maintenant des grilles indiciaires, des modes de décision et des structures d’avancement d’un autre âge crée un décalage intenable. Le constat terrain est sans appel : nos structures financières s’enferment elles-mêmes dans leurs propres contradictions administratives.

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Le coût de l’immobilisme et l’effondrement de la « Tunisie Software »

Pour déclencher le sursaut économique dont le pays a besoin, l’émergence d’une Tunisie Software – un écosystème national fort, basé sur l’innovation, la maîtrise du code et l’intelligence artificielle – est un impératif de souveraineté. Les banques publiques devraient en être le premier client, le premier incubateur et le premier protecteur.

Malheureusement, dans un marché financier hautement concurrentiel, l’immobilisme en matière de gestion des ressources humaines produit l’effet inverse. C’est le risque managérial le plus coûteux pour la collectivité.

Pendant que les directions générales se figent dans une culture de l’évitement et un contrôle procédural stérile, les compétences clés s’échappent. Nos ingénieurs, nos experts de la data, nos analystes financiers et nos managers SI les plus brillants ne quittent pas seulement le secteur public pour des motifs strictement financiers. Ils fuient des structures où l’initiative est perçue comme un risque et le statu quo comme une protection.

Comment l’État peut-il piloter un plan de développement stratégique si son bras armé financier se vide méthodiquement de sa substance grise ? Comment assurer la transition d’un État gestionnaire vers un État stratège si nos fleurons bancaires perdent l’indépendance technique nécessaire pour maîtriser leurs propres choix technologiques ?

 

Faire sauter le triple verrou institutionnel

Le sursaut économique de la Tunisie ne se jouera pas dans le confort des rapports d’experts, mais sur le terrain de l’exécution opérationnelle. Pour que le Plan 2026-2030 se traduise par des résultats tangibles, la refonte de la gouvernance RH au sein des banques publiques doit cesser d’être une variable d’ajustement pour devenir le chantier prioritaire.

Il est désormais urgent de faire sauter ce triple verrou institutionnel qui lie la rigidité administrative, l’inertie décisionnelle et la fuite des cerveaux. Cela impose des ruptures claires :

– Substituer à la culture de l’évitement une véritable gouvernance de la performance, basée sur l’évaluation objective et la responsabilité managériale.

– Déplafonner et repenser la valorisation des compétences techniques et stratégiques internes pour aligner les institutions publiques sur les réalités du marché de l’emploi technologique et financier.

– Placer le capital humain au cœur de la stratégie d’entreprise en transformant les directions RH – aujourd’hui cantonnées à une gestion administrative des carrières et des échelons – en de véritables pôles de développement des talents, capables de piloter notre transition numérique.

Le diagnostic est posé et le temps presse. Si l’État tunisien veut véritablement déclencher son sursaut économique et garantir sa souveraineté numérique, il doit commencer par libérer ses propres institutions de leurs verrous internes. Sans une révolution profonde de notre gouvernance humaine, le plan 2026-2030 butera inévitablement sur le mur de l’exécution.

 

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Mention: Les propos et analyses développés dans cette tribune expriment les opinions personnelles de l’auteur et n’engagent en aucun cas les institutions publiques ou bancaires auxquelles il est professionnellement rattaché.

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Dominique de Villepin et le monde arabe : ce qu’il faut savoir

Officiellement, il n’est pas encore candidat. Cela ne l’empêche pas d’être déjà en campagne. Dans une droite française travaillée par les questions identitaires, ce Rbati poursuit sa route vers l’Elysée en cultivant sa singularité et son lien avec le monde…

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Quand Ivanka Trump déclenche la « révolte des flamants roses » en Albanie ! 

Colère et manifestations inédites en Albanie suite à un projet de tourisme de luxe porté par Ivanka, la fille du président américain, sur une île d’Albanie, une réserve protégée, dont les flamands roses sont devenus l’emblème. 

Décidément, là où les Trump passent, ils ne laissent dans leur sillage que désordre, désolation et gabegie. Ainsi, marchant sur les pas de son illustre paternel qui caressait l’idée folle de transformer la bande de Gaza en « Riviera du Moyen-Orient », Ivanka Trump a, à son tour, suscité la polémique en jetant son dévolu sur la réserve naturelle de Vjosa-Narta, en Albanie, avec l’idée d’y développer un vaste complexe hôtelier.

 

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Parfum de corruption 

Mais le projet s’est heurté à une forte mobilisation populaire : depuis le samedi 6 juin, des milliers de manifestants se réunissent chaque soir dans les rues de Tirana pour défendre cet espace protégé. Un mouvement que certains surnomment déjà la « révolte des flamants roses » et qui s’insurge contre la politique d’un gouvernement qui vend ses terres.

Par ailleurs, Edi Rama, le Premier ministre albanais, est accusé de corruption. Aurait-il accordé un traitement de faveur à la famille Trump ? Ce dernier défend ce projet comme une étape importante dans la transformation du pays. L’Albanie aspirant à devenir une destination touristique de référence et ainsi tourner la page de son passé lié à l’URSS.

Pour sa part, le parquet spécialisé en matière de lutte contre la corruption et le crime organisé d’Albanie a ouvert des enquêtes sur l’origine des fonds utilisés pour acheter les titres de propriété des terrains concernés par le projet ainsi que sur la manière dont le cadre légal a été modifié pour permettre la signature de contrats sans appel d’offres.

Un coup de cœur coûteux 

Tout serait parti d’un coup de cœur lors d’une croisière en Méditerranée. « Nous étions sur le bateau d’un ami et nous nous sommes arrêtés pour nager. En fait, c’est comme ça qu’on l’a découverte et on est resté captivé », racontait récemment la fille de Donald Trump.

Or ce qui aurait pu rester un simple souvenir de vacances s’est transformé en un projet à plusieurs millions de dollars. Ainsi, avec son mari Jared Kushner, elle lance alors les démarches pour concrétiser ce projet, qui reçoit le feu vert des autorités albanaises fin 2024. Objectif : faire émerger sur cette île préservée une immense station balnéaire composée de cinq hôtels de luxe de 1000 chambres avec à la clé un investissement pharaonique de 5 milliards de dollars. Le hic c’est que le chantier se dresse sur les lagunes de Zvërnec et de l’île de Sazan ; deux sites à la biodiversité protégée.

Une catastrophe écologique 

En effet, le projet s’implante au delta du fleuve Vjosë, en Albanie, réputé pour être le dernier fleuve sauvage d’Europe et lieu refuge des oiseaux migrateurs. La lagune de Nartë, où compte s’implanter le complexe hôtelier, abrite une rare colonie de pélicans frisés et des espèces menacées comme la grenouille d’eau albanaise et des tortues caouannes; ainsi que des oiseaux migrateurs, dont des flamants roses qui sont devenus l’emblème de la contestation populaire  à l’échelle nationale.

« Le problème ne concerne pas seulement la transparence de ce processus, mais aussi le fait que tout cela s’est déroulé au mépris total de l’importance environnementale de cette zone », explique Denisa Kasa, militante de l’association albanaise de protection de l’environnement.

« Le chantier pourrait durer de 10 à 15 ans avec des dizaines, voire des centaines d’engins, et énormément d’ouvriers. En d’autres termes, la nature ne sera absolument pas préservée ». C’est ce qu’affirme notamment un militant écologique. Le symbole de ce soulèvement, ce sont les flamants roses, car le projet menacerait une zone où ils trouvent refuge.

La rue se rebiffe 

Sauf qu’entre-temps, le sujet est devenu explosif. Samedi dernier, la tension est montée d’un cran, lorsqu’une altercation a éclaté entre des habitants de la région et des agents privés, chargés de sécuriser le début des travaux. L’image d’un manifestant traîné sur plusieurs mètres a fait le tour du pays. Depuis, la contestation rassemble chaque jour des foules immenses dans les rues de la capitale. Certains brandissaient des drapeaux albanais rouges, d’autres arboraient des flamants roses gonflables ou découpés dans du papier, symbole de cet écosystème menacé. Avec le mot d’ordre d’exiger l’arrêt immédiat des travaux et l’abandon pur et simple de ce projet cher au couple Trump.

Morale de l’histoire : le scandale aura pris une dimension nationale; d’écologiste, le mouvement est devenu politique.

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DECRYPTAGE – Quand l’inflation ralentit mais que la vie continue de coûter plus cher

La Tunisie entre soulagement statistique et inquiétude quotidienne. Vivre deux réalités économiques parallèles ?

La première est celle des tableaux de bord, des rapports officiels, des courbes et des indicateurs. Dans cette réalité-là, la Tunisie de 2026 semble progressivement sortir d’une zone de fortes turbulences. La croissance économique retrouve des couleurs, les réserves en devises se renforcent, le déficit courant s’améliore et l’inflation, qui avait atteint des niveaux particulièrement préoccupants il y a quelques années, paraît désormais sous contrôle.

La seconde réalité est celle que vivent les ménages. Elle se mesure moins en points de PIB qu’en dinars dépensés au marché. Elle s’observe dans l’hésitation d’une mère de famille devant l’étal du boucher, dans le calcul minutieux d’un retraité au moment de remplir son panier ou dans les sacrifices silencieux d’un salarié qui renonce à certaines dépenses pour préserver l’essentiel.

Entre ces deux réalités se dessine aujourd’hui l’un des grands paradoxes économiques tunisiens. Le 3 juin 2026, le Conseil d’administration de la Banque centrale de Tunisie a décidé de maintenir son taux directeur à 7 %. Une décision prudente qui reflète à la fois les progrès accomplis et les risques qui demeurent.

Quelques jours plus tard, les chiffres de l’inflation confirmaient une stabilisation à 5,5 %. Pourtant, dans les foyers tunisiens, le sentiment dominant reste celui d’une vie toujours plus chère. Cette contradiction n’est pas une illusion. Elle constitue au contraire l’un des principaux défis économiques et sociaux du pays.

 

Le retour progressif des équilibres macroéconomiques

Pendant plusieurs années, l’économie tunisienne a évolué sous la pression simultanée de crises multiples : pandémie, perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales, guerre en Ukraine, tensions énergétiques, sécheresse et ralentissement économique international. Dans un tel contexte, la priorité des autorités économiques est devenue la préservation des grands équilibres.

À cet égard, plusieurs signaux sont aujourd’hui encourageants. La croissance économique a atteint 2,6 % au premier trimestre 2026, contre seulement 1,6 % un an auparavant. Le secteur des services retrouve une certaine dynamique, l’agriculture bénéficie d’une amélioration relative de ses performances et plusieurs branches industrielles démontrent une capacité de résistance appréciable malgré un environnement encore complexe.

Le secteur extérieur offre également des motifs de satisfaction. Les recettes touristiques, les revenus des Tunisiens résidant à l’étranger et l’amélioration de la balance des services contribuent à limiter les effets du déficit commercial. Les réserves en devises dépassent désormais les cent jours d’importation, renforçant ainsi la résilience financière du pays.

Pour les économistes, ces évolutions constituent des indicateurs importants. Elles témoignent d’une économie qui, sans être sortie de toutes ses fragilités, semble avoir retrouvé une partie de sa stabilité. Mais une question demeure : cette amélioration est-elle ressentie par la population ?

Le grand malentendu de l’inflation

L’une des difficultés majeures des débats économiques réside dans la compréhension du phénomène inflationniste. Lorsque les médias annoncent que l’inflation « ralentit », beaucoup de citoyens ont l’impression que les prix devraient diminuer. Or ce n’est pas ce que signifie le chiffre. Une inflation de 5,5 % signifie que les prix continuent d’augmenter. Ils augmentent simplement moins vite qu’auparavant.

Cette nuance, qui paraît technique, est fondamentale. Prenons un exemple simple. Si un produit coûtait 100 dinars et que son prix augmentait de 10 %, il passerait à 110 dinars. Si l’année suivante l’inflation ralentit à 5 %, son prix ne revient pas à 100 dinars ; il monte à 115,5 dinars. Autrement dit, même lorsque l’inflation ralentit, la vie continue de devenir plus chère.

C’est précisément ce que vivent aujourd’hui les ménages tunisiens. Les statistiques indiquent une stabilisation de l’inflation globale. Mais cette stabilisation intervient après plusieurs années d’augmentation continue des prix. Le pouvoir d’achat a déjà subi une érosion importante et les ménages continuent d’en ressentir les conséquences.

Quand l’alimentation devient le cœur du problème

Là où le décalage entre les statistiques et le vécu devient le plus visible, c’est dans l’alimentation. Les chiffres publiés par l’INS révèlent une réalité particulièrement préoccupante : alors que l’inflation générale se situe à 5,5 %, les prix des produits alimentaires augmentent encore de 8,2 % sur un an. Plus inquiétant encore, plusieurs produits essentiels enregistrent des hausses à deux chiffres.

La viande ovine progresse de plus de 21 %, la volaille de près de 16 %, la viande bovine de plus de 14 %, tandis que les légumes, les fruits et le poisson continuent d’augmenter à des rythmes dépassant largement l’inflation moyenne.

Ces chiffres ne sont pas anodins. Dans les pays développés, les dépenses alimentaires représentent généralement une part relativement limitée du budget des ménages. En Tunisie, comme dans de nombreux pays émergents, elles occupent une place beaucoup plus importante. Lorsque les prix alimentaires augmentent plus vite que les revenus, les ménages n’ont souvent d’autre choix que de réduire leur consommation ou de sacrifier d’autres dépenses essentielles. C’est ainsi que l’inflation cesse d’être un simple indicateur économique pour devenir un phénomène social.

L’Aïd et le révélateur du pouvoir d’achat

Certaines statistiques parlent aux économistes. D’autres parlent directement à la société. Les difficultés rencontrées cette année par de nombreuses familles pour acquérir un mouton à l’occasion de l’Aïd El-Kébir constituent sans doute l’un des indicateurs les plus révélateurs de l’état réel du pouvoir d’achat. Au-delà de sa dimension religieuse, l’Aïd représente un moment de cohésion sociale et familiale profondément ancré dans la culture tunisienne.

Lorsque des milliers de familles se trouvent contraintes de renoncer à cette tradition ou de la réduire considérablement, le phénomène dépasse largement la question économique. Il traduit un sentiment diffus de déclassement. Il rappelle que derrière les chiffres de l’inflation se cachent des réalités humaines, des arbitrages douloureux et parfois des frustrations profondes. L’économie n’est jamais uniquement une affaire de pourcentages. Elle touche directement aux modes de vie, aux habitudes et aux repères sociaux.

Les limites de la politique monétaire

Face à cette situation, la décision de la Banque Centrale de maintenir son taux directeur à 7 % apparaît cohérente. L’institution cherche à préserver sa crédibilité et à empêcher une nouvelle accélération de l’inflation. Elle agit conformément aux principes qui guident aujourd’hui la plupart des banques centrales à travers le monde. Mais cette décision met également en lumière les limites de l’outil monétaire.

Depuis plusieurs décennies, les économistes débattent du véritable pouvoir des banques centrales face aux chocs inflationnistes. Les monétaristes, inspirés notamment par les travaux de l’économiste Milton Friedman, considèrent que l’inflation est essentiellement un phénomène monétaire et que son contrôle passe par une gestion rigoureuse de la masse monétaire et des taux d’intérêt.

D’autres économistes, notamment les héritiers de la pensée de John Maynard Keynes, soulignent que certaines formes d’inflation proviennent de facteurs structurels sur lesquels les banques centrales disposent d’une influence limitée.

Le cas tunisien semble aujourd’hui illustrer cette seconde situation. La hausse des prix alimentaires est liée à des facteurs complexes : coûts de production, circuits de distribution, logistique, spéculation, dépendance énergétique, aléas climatiques et évolution des marchés internationaux. Aucune augmentation de taux d’intérêt ne peut produire davantage de viande, de légumes ou de poisson. Aucune décision monétaire ne peut, à elle seule, résoudre les problèmes structurels de productivité ou d’organisation des filières agricoles. La politique monétaire peut freiner l’incendie. Elle ne peut pas reconstruire la maison.

Les anticipations inflationnistes : le combat invisible

L’une des raisons qui expliquent la prudence de la Banque centrale réside dans un phénomène moins visible mais particulièrement important : les anticipations inflationnistes. Dans la pensée économique moderne, les prix d’aujourd’hui sont influencés par les attentes de demain. Si les producteurs pensent que leurs coûts vont augmenter, ils augmentent leurs prix immédiatement. Si les salariés craignent une poursuite de l’inflation, ils réclament des hausses salariales plus importantes. Si les commerçants anticipent de nouvelles tensions sur les marchés, ils ajustent leurs tarifs en conséquence.

Peu à peu, l’inflation se nourrit elle-même. C’est pourquoi les banques centrales accordent une importance croissante à leur crédibilité. Leur objectif n’est plus seulement de combattre l’inflation actuelle, mais aussi de convaincre les acteurs économiques que l’inflation future restera maîtrisée. Le maintien du taux directeur à 7 % s’inscrit précisément dans cette logique.

Entre stabilité financière et stabilité sociale

L’histoire économique regorge d’exemples où les équilibres financiers ont été restaurés sans que les tensions sociales ne disparaissent pour autant. La raison est simple. La stabilité macroéconomique constitue une condition nécessaire au développement, mais elle n’est pas une condition suffisante. Une inflation maîtrisée ne garantit pas automatiquement une amélioration du niveau de vie. Une croissance économique ne garantit pas nécessairement une meilleure répartition des richesses. Des réserves en devises plus élevées ne signifient pas automatiquement un panier moins cher pour les ménages. Le véritable défi consiste à transformer les progrès macroéconomiques en amélioration tangible des conditions de vie. Or c’est précisément sur ce terrain que se jouera l’avenir économique de la Tunisie au cours des prochaines années.

Le défi de la prospérité partagée

Les débats économiques contemporains convergent de plus en plus vers une même interrogation : comment faire en sorte que la stabilité produise du bien-être ? Après plusieurs années consacrées à la restauration des équilibres, la Tunisie entre progressivement dans une nouvelle phase. L’enjeu n’est plus seulement de contenir l’inflation ou de protéger les réserves de change.

Il s’agit désormais d’améliorer la productivité agricole, de réduire les coûts de distribution, de renforcer la concurrence, de lutter contre les rentes et les comportements spéculatifs, de stimuler l’investissement et d’accroître les revenus réels des ménages. Autrement dit, il s’agit de faire en sorte que les performances de l’économie nationale se traduisent concrètement dans la vie quotidienne des citoyens.

Car au bout du compte, les populations ne jugent pas une économie à travers les communiqués des banques centrales ou les statistiques des comptes nationaux. Elles la jugent à travers leur capacité à vivre dignement, à nourrir leur famille, à préparer l’avenir de leurs enfants et à préserver leurs habitudes de vie.

 

La Tunisie de 2026 semble avoir remporté une partie importante de la bataille de la stabilité. Mais la bataille du pouvoir d’achat, de l’inclusion économique et de la prospérité partagée reste encore devant elle. Et c’est probablement cette bataille-là qui déterminera la véritable réussite du redressement économique en cours.

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(**)Références :

https://www.ins.tn/

https://www.bct.gov.tn/bct/siteprod/actualites.jsp?id=1251

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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Majid Embarech : « Entre la France et l’Algérie, la rupture est impossible »

Entre crises mémorielles ravivées depuis 2005 et coopérations sécuritaires plus discrètes, la relation Paris-Alger reste marquée par une alternance de tensions et de rapprochements. Maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université Côte d’Azur et chercheur au CMMC (Nice), Majid…

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Le Liban, les démangeaisons de Netanyahu et la réponse de l’Iran

Il était évident dès le départ que les négociations directes entre Israël et le Liban, non seulement n’allaient aboutir à aucune sorte d’apaisement entre les deux pays, mais qu’elles ne manqueraient pas d’engendrer une aggravation de la situation dans toute la région.

Tout le monde sait, et les responsables du gouvernement libanais en premier, que les Américains qui se sont posés en « intermédiaires », sont partie prenante plutôt qu’un arbitre neutre. Que les responsables américains, quand il s’agit d’Israël, non seulement tournent le dos à toute autre considération, mais ignorent même l’intérêt de leur propre peuple. Pourtant, le président du Liban Michel Aoun et son Premier ministre se sont pliés aux pressions américaines de s’engager dans des négociations directes avec leur pire ennemi.

Pire encore, ils ont accepté de négocier avec leur ennemi « sous le feu », c’est-à-dire négocier alors que les bombes israéliennes continuent de tuer les Libanais par centaines et de détruire leurs villages par dizaines.

La seule « concession » que Trump a pu arracher à Netanyahu est que la banlieue sud de Beyrouth, la fameuse ‘Dhahya’, soit épargnée. Une concession obtenue après que l’Iran a menacé de bombarder le nord d’Israël au cas où celui-ci attaquerait la ‘Dhahya’.

Mais les démangeaisons de Netanyahu pour plus de guerre, plus de morts, plus de destruction se sont avérées plus fortes que les pressions américaines et les menaces iraniennes : il a bombardé la banlieue sud de Beyrouth. Et l’Iran a répondu aussitôt en lançant des missiles sur des cibles militaires en Israël, après avoir ordonné aux Israéliens vivant à proximité d’évacuer les lieux…Netanyahu qui n’attendait que ça, a répondu par des bombardements en Iran, escomptant que Trump le rejoigne dans la guerre. Jusqu’à présent, Trump n’a pas rejoint son allié, mais les Houthis sont entrés en scène en lançant une série de missiles sur Israël et en interdisant la mer Rouge aux navires israéliens…

Nul ne sait comment les choses vont évoluer dans les prochaines heures et les prochains jours. Nul ne sait si l’on est au bord de la guerre totale ou s’il s’agit d’une tentative désespérée de Netanyahu de provoquer une reprise des hostilités entre les Etats-Unis et l’Iran. Mais une chose est certaine : l’économie mondiale que la prise en charge par l’Iran du détroit d’Ormuz a mise à genoux et une éventuelle fermeture de Bab el Mendeb par les Houthis engendreraient l’asphyxie économique de la planète. Ce qui se traduirait par l’aggravation des conditions de vie, déjà précaires, des milliards d’êtres humains, y compris la majorité des Américains qui ne cachent plus leur fureur contre leurs dirigeants et ceux d’Israël…

Dans son podcast, « Judging Freedom », diffusé le 1er juin, le juge Andrew Napolitano a demandé à l’ancien diplomate britannique Alastair Crooke si les Israéliens et les milliardaires en Amérique se souciaient réellement de la fermeture du détroit d’Ormuz et des conséquences néfastes pour l’économie américaine, et par extension pour l’économie mondiale ?

Crooke a répondu : « Les milliardaires qui soutiennent si ardemment Israël, possèdent une fortune telle que beaucoup considéreraient une récession, voire une dépression, comme une opportunité d’acquérir des terres agricoles et d’autres biens. »

Tout est dit. Les 10 % d’Américains qui possèdent 90 % des richesses du pays sont majoritairement de grands défenseurs d’Israël. C’est parmi eux que se trouvent ceux qui ont conçu, planifié et soutenu toutes guerres de l’Amérique, du Vietnam à l’Iran, en passant par l’Afghanistan et l’Irak. Car la guerre, loin de les affecter, est une aubaine qui accroîtrait leurs richesses…

Le drame est que cette infime minorité a le pouvoir de manipuler à sa guise l’opinion publique américaine pour lui faire accepter toutes ses décisions politiques, y compris celles très dommageables pour les intérêts de la grande majorité, comme la guerre contre l’Irak hier et contre l’Iran aujourd’hui. Toutefois, ce pouvoir de manipulation se réduit de jour en jour à mesure que les millions d’Américains prennent de plus en plus conscience que les responsables des malheurs de leur pays sont les hordes enragées au pouvoir à Tel-Aviv encore capables de mener par le bout du nez la plus grande puissance du monde.

Charley Reese, chroniqueur vedette de C-SPAN (Cable-Satellite Public Affairs Network) et d’autres médias a écrit en 2005 : « Les principaux instigateurs de la guerre en Irak sont les mêmes que d’habitude : des Américains qui, depuis longtemps, prétendent défendre les intérêts des États-Unis alors qu’en réalité, ils servent les intérêts israéliens. »

La même vérité écrite il y a plus de 20 ans, s’applique à la réalité que le monde vit aujourd’hui. Il suffit de remplacer « Irak » par « Iran ».

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Le gouvernement insiste avec une nouvelle loi contre le racisme et l’antisémitisme

Porté par Aurore Bergé, un nouveau projet de loi contre le racisme et l’antisémitisme sera présenté le 1er juillet. Un texte qui reprend certaines propositions du controversé projet de loi Yadan.   Le gouvernement contre-attaque. Après le rejet massif de…

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