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Plan de développement 2026-2030 : pourquoi l’immobilisme RH va faire dérailler le bras armé financier de l’État

Le Plan de développement 2026-2030 de la Tunisie affiche des ambitions sectorielles claires, adossées à des indicateurs chiffrés et des trajectoires de croissance volontaristes. Pourtant, un angle mort systémique menace de gripper la mise en œuvre de ces projections. Ce talon d’Achille ne réside ni dans l’accès aux lignes de crédit, ni dans l’absence de visions technologiques, mais dans une faillite structurelle trop souvent passée sous silence : la gouvernance de notre capital humain.

 

Le cas d’école des banques publiques est, à cet égard, des plus révélateurs. Supposées être le fer de lance de la politique financière de l’État et le principal vecteur d’exécution de la relance économique, nos institutions financières souveraines s’enferment aujourd’hui dans une crise de gestion des ressources humaines (RH) qui paralyse leur propre transformation.

 

L’illusion technologique face au défi de la souveraineté numérique

Une erreur d’évaluation fondamentale persiste dans le débat économique national : celle de confondre la modernisation d’une institution avec l’accumulation de ses dépenses technologiques. On ne compte plus les milliards investis dans l’acquisition de core banking étrangers ou les déclarations d’intention sur l’intégration de l’intelligence artificielle à l’horizon 2030.

Or, une véritable stratégie d’IA souveraine ne peut se réduire à l’achat de solutions clés en main sur étagère, qui ne font qu’accentuer notre dépendance technologique. La technologie sans les compétences internes pour la gouverner n’est qu’une illusion de rattrapage. En privilégiant l’intégration de boîtes noires externes, sans valoriser ni ancrer un socle d’expertise local, la gouvernance de nos banques publiques s’asphyxie. Injecter des budgets colossaux dans des outils de pointe tout en maintenant des grilles indiciaires, des modes de décision et des structures d’avancement d’un autre âge crée un décalage intenable. Le constat terrain est sans appel : nos structures financières s’enferment elles-mêmes dans leurs propres contradictions administratives.

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Le coût de l’immobilisme et l’effondrement de la « Tunisie Software »

Pour déclencher le sursaut économique dont le pays a besoin, l’émergence d’une Tunisie Software – un écosystème national fort, basé sur l’innovation, la maîtrise du code et l’intelligence artificielle – est un impératif de souveraineté. Les banques publiques devraient en être le premier client, le premier incubateur et le premier protecteur.

Malheureusement, dans un marché financier hautement concurrentiel, l’immobilisme en matière de gestion des ressources humaines produit l’effet inverse. C’est le risque managérial le plus coûteux pour la collectivité.

Pendant que les directions générales se figent dans une culture de l’évitement et un contrôle procédural stérile, les compétences clés s’échappent. Nos ingénieurs, nos experts de la data, nos analystes financiers et nos managers SI les plus brillants ne quittent pas seulement le secteur public pour des motifs strictement financiers. Ils fuient des structures où l’initiative est perçue comme un risque et le statu quo comme une protection.

Comment l’État peut-il piloter un plan de développement stratégique si son bras armé financier se vide méthodiquement de sa substance grise ? Comment assurer la transition d’un État gestionnaire vers un État stratège si nos fleurons bancaires perdent l’indépendance technique nécessaire pour maîtriser leurs propres choix technologiques ?

 

Faire sauter le triple verrou institutionnel

Le sursaut économique de la Tunisie ne se jouera pas dans le confort des rapports d’experts, mais sur le terrain de l’exécution opérationnelle. Pour que le Plan 2026-2030 se traduise par des résultats tangibles, la refonte de la gouvernance RH au sein des banques publiques doit cesser d’être une variable d’ajustement pour devenir le chantier prioritaire.

Il est désormais urgent de faire sauter ce triple verrou institutionnel qui lie la rigidité administrative, l’inertie décisionnelle et la fuite des cerveaux. Cela impose des ruptures claires :

– Substituer à la culture de l’évitement une véritable gouvernance de la performance, basée sur l’évaluation objective et la responsabilité managériale.

– Déplafonner et repenser la valorisation des compétences techniques et stratégiques internes pour aligner les institutions publiques sur les réalités du marché de l’emploi technologique et financier.

– Placer le capital humain au cœur de la stratégie d’entreprise en transformant les directions RH – aujourd’hui cantonnées à une gestion administrative des carrières et des échelons – en de véritables pôles de développement des talents, capables de piloter notre transition numérique.

Le diagnostic est posé et le temps presse. Si l’État tunisien veut véritablement déclencher son sursaut économique et garantir sa souveraineté numérique, il doit commencer par libérer ses propres institutions de leurs verrous internes. Sans une révolution profonde de notre gouvernance humaine, le plan 2026-2030 butera inévitablement sur le mur de l’exécution.

 

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Mention: Les propos et analyses développés dans cette tribune expriment les opinions personnelles de l’auteur et n’engagent en aucun cas les institutions publiques ou bancaires auxquelles il est professionnellement rattaché.

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L’Afrique se réunit à Addis-Abeba pour parler création d’emplois

Le premier Forum africain de l’impact du développement (ADIF 2026), se tient les 11 et 12 juin 2026, à Addis Abeba, la capitale éthiopienne.

« Meilleures pratiques et solutions innovantes pour la création d’emploi en Afrique », c’est le thème centrale de l’ADIF 2026, qui est une initiative phare de la Commission économique pour l’Afrique des Nations unies (CEA) dont l’objectif est de réduire l’écart au niveau de la mise en œuvre de l’agenda de développement africain de 2063. A noter au passage que ledit agenda est actuellement dans sa “décennie d’accélération“ – mise en œuvre du deuxième plan décennal 2024-2033.

Cette rencontre portera sur l’une des priorités urgentes de l’Afrique : la création d’emplois pour la jeunesse africaine, dont les effectifs augmentent rapidement.

A l’heure où le continent est confronté à la nécessité de créer plus de 15 millions d’emplois par an, le forum mettra en lumière des approches pratiques, fondées sur des données probantes ainsi que des solutions adaptables à grande échelle pour relever ce défi, lit-on dans un communiqué de la CEA.

Pour ce faire, ce forum rassemblera nombre de décideurs, dirigeants du secteur privé, chercheurs, partenaires au développement et autres jeunes innovateurs avec pour objectif d’échanger les expériences et identifier des modèles efficaces à même d’être reproduits et appliqués à travers tout le continent.

Dans ce cadre, les discussions exploreront des pistes concrètes pour la création d’emplois dont le développement des compétences, l’entrepreneuriat, la transformation numérique, la croissance verte, l’industrialisation et la mise à profit des opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

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La Suisse appuie l’essor du commerce électronique en Tunisie

L’ambassadeur de Suisse en Tunisie Josef Renggli a participé cette semaine à l’événement d’ouverture des consultations nationales pour l’élaboration de la stratégie nationale de Commerce Électronique (2027-2031) de la Tunisie, en présence du ministre du Commerce et du Développement des exportations Samir Abid, et de la coordonnatrice résidente des Nations inies Tunisie Rana Taha.

Pilotées par le ministère du Commerce et du Développement des exportations avec l’assistance technique de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), ces trois journées réunissent les secteurs public et privé, la société civile et le milieu académique autour d’une ambition commune :

  • Structurer un écosystème numérique inclusif et compétitif ;
  • Renforcer la confiance dans les transactions électroniques ;
  • Accompagner la transformation digitale des MPME tunisiennes.

Soutenu par le Secrétariat d’État à l’économie (SECO), ce processus participatif illustre l’engagement durable de la Coopération suisse en faveur du développement économique de la Tunisie.

Communiqué

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La Tunisie selon la BAD : Une reprise fragile sur fond de contraintes structurelles persistantes

Le rapport Perspectives économiques en Afrique 2026 de la Banque africaine de développement (BAD), publié en mai 2026, consacre une note pays à la Tunisie ainsi que plusieurs mentions transversales dans ses chapitres thématiques. La lecture croisée de ces passages dessine le portrait d’une économie en redressement modéré, encore lestée par des fragilités structurelles profondes. Avertissement préalable, […]

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Tunisie : La BAD prévoit une croissance de 2,1% en 2026 et 2,8% en 2027

La croissance économique de la Tunisie devrait atteindre 2,1% en 2026 avant de progresser à 2,8% en 2027, selon les prévisions publiées mardi par la Banque africaine de développement dans son rapport « Perspectives économiques en Afrique 2026 ». Présenté à Brazzaville lors des Assemblées annuelles du Groupe de la BAD, le document affiche des projections plus optimistes que celles récemment avancées par le Fonds monétaire international (FMI), qui table également sur une croissance de 2,1% en 2026 mais prévoit un ralentissement à 1,6% dès 2027.

Cette divergence illustre les différentes lectures des perspectives économiques tunisiennes dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, la volatilité des prix de l’énergie et les pressions sur les finances publiques.

La BAD plus optimiste que le FMI pour 2027

Selon le rapport « Perspectives économiques en Afrique 2026 », la Banque africaine de développement prévoit une croissance du PIB tunisien de 2,1% en 2026 puis une accélération à 2,8% en 2027.

Ces prévisions contrastent avec celles du Fonds monétaire international, qui a maintenu en avril dernier sa projection de 2,1% pour 2026 tout en anticipant un net ralentissement de la croissance tunisienne à 1,6% en 2027.

Le FMI estime notamment que l’économie tunisienne reste fortement exposée aux chocs liés aux prix de l’énergie et des matières premières, dans un contexte mondial jugé particulièrement instable.

Une inflation attendue en baisse progressive

Dans son rapport, la Banque africaine de développement prévoit également une poursuite du recul de l’inflation en Tunisie.

Le taux d’inflation devrait atteindre 5,7% en 2026 avant de baisser légèrement à 5,4% en 2027, selon les projections de l’institution panafricaine.

Ces données figurent dans le rapport intitulé « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté ».

Une croissance encore inférieure aux objectifs du gouvernement

Les prévisions de la BAD restent toutefois inférieures aux hypothèses retenues par le budget de l’État tunisien, qui table sur une croissance de 3,3% en 2026.

L’économie tunisienne avait enregistré une croissance de 2,5% en 2025, selon les chiffres publiés par l’Institut national de la statistique. Au premier trimestre 2026, la croissance s’est établie à 2,6% en glissement annuel, selon les dernières données de l’INS.

Le FMI alerte sur les risques énergétiques et budgétaires

Dans sa mise à jour des perspectives régionales, le Fonds monétaire international avait mis en garde contre la vulnérabilité persistante de la Tunisie face aux fluctuations des prix énergétiques et aux déséquilibres macroéconomiques. L’institution évoque également des risques accrus sur les finances publiques, le taux de change ainsi que sur certains secteurs économiques comme le tourisme, le commerce et le transport.

Le FMI recommande par ailleurs une gestion économique prudente, le maintien de politiques monétaires restrictives pour contenir l’inflation ainsi qu’une accélération des réformes structurelles afin de renforcer la résilience de l’économie tunisienne face aux chocs extérieurs.

Lire aussi :

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La BAD en Tunisie : 6,2 milliards de dinars de financement répartis sur 35 projets

La Banque africaine de développement confirme son engagement financier en Tunisie à travers un portefeuille de plusieurs milliards de dinars couvrant des secteurs stratégiques comme les infrastructures, l’énergie, l’eau et l’emploi. Invitée de l’émission « Midi Eco », sur Mosaique fm, Malinne Blomberg a dressé un état des lieux des principaux projets soutenus par l’institution financière africaine depuis son implantation dans le pays.

Un portefeuille de 6,2 milliards de dinars

Selon Malinne Blomberg, la BAD est présente en Tunisie depuis 1968 et demeure l’un des principaux partenaires financiers du pays.

L’institution dispose actuellement d’un portefeuille estimé à 6,2 milliards de dinars répartis sur 35 projets dans plusieurs secteurs prioritaires.

Ces financements concernent notamment le transport, les infrastructures routières, l’énergie, la transition énergétique, l’agriculture ainsi que les programmes liés à la création d’emplois.

La responsable a précisé que ces projets s’inscrivent dans les priorités définies par les autorités tunisiennes et visent à accompagner le développement économique et social du pays.

Routes, autoroutes et pistes rurales au cœur des investissements

Dans le secteur du transport, la BAD affirme avoir contribué à la modernisation de plus de 70% du réseau routier tunisien.

Selon les chiffres avancés par Malinne Blomberg, les financements de l’institution ont participé au développement d’environ 4000 kilomètres d’autoroutes ainsi que de 2000 à 3000 kilomètres de pistes rurales.

Ces investissements visent notamment à améliorer la connectivité entre les régions et à soutenir l’activité économique dans les zones de l’intérieur.

Eau, assainissement et développement durable

La directrice régionale de la BAD en Tunisie a également évoqué les projets liés au secteur de l’eau et de l’assainissement.

L’institution financière a contribué au financement de 268 stations de production d’eau ainsi que de 35 stations d’épuration à travers le pays.

Dans les zones rurales, ces projets ont permis à plusieurs milliers de personnes d’améliorer leur accès à l’eau courante.

Malinne Blomberg a enfin indiqué que la BAD poursuivra son accompagnement de la Tunisie à travers de nouveaux projets axés sur le développement durable, la résilience climatique et l’amélioration des infrastructures, avec pour objectif de soutenir la croissance économique et renforcer l’inclusion sociale dans différentes régions du pays.

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Plan de développement 2026-2030 : Saïed veut bâtir un modèle venu des citoyens

Le président de la République, Kaïs Saïed, a reçu dans l’après-midi du 10 mars au palais de Carthage la cheffe du gouvernement, Sarrah Zaâfrani Zenzri, ainsi que le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh.

La rencontre a porté sur le projet préliminaire du plan de développement 2026-2030.

Un plan construit à partir des propositions des citoyens

Selon la présidence, le chef de l’État a indiqué que ce plan sera élaboré à partir des attentes et des demandes des citoyens, contrairement aux approches précédentes où les plans de développement étaient conçus de manière centralisée.

Il a expliqué que le système électoral des conseils locaux, conseils régionaux et conseils des régions, jusqu’au Conseil national des régions et des districts, constituera le cadre dans lequel seront rassemblés les projets proposés par les citoyens.

Éducation, santé, transport : le rôle central de l’État rappelé

Le président de la République a également évoqué le rôle central de l’État dans le domaine social, notamment dans les secteurs de l’éducation, de la santé, du transport et du logement.

Selon lui, ces domaines ont été négligés par le passé, tandis que certaines institutions et entreprises publiques ont été fragilisées par la corruption et par des politiques ayant conduit à leur dévalorisation avant leur cession à bas prix.

Travail et répartition équitable des richesses

Le chef de l’État a également insisté sur le droit au travail dans des conditions décentes et avec un salaire équitable, affirmant que les efforts se poursuivront malgré les difficultés afin que ce droit constitutionnel se concrétise.

Il a en outre souligné que la répartition équitable des richesses constitue un objectif central, estimant que la Tunisie dispose de nombreuses ressources mais que certaines politiques passées ont reposé sur des choix jugés injustes ou dictés par des pressions extérieures.

Enfin, le président a indiqué que les indicateurs économiques et les pourcentages, malgré leur importance, doivent se traduire concrètement dans la vie quotidienne des citoyens dans toutes les régions, et non rester de simples chiffres annoncés lors de conférences ou dans les bulletins d’information.

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