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Tunisie : Plus de 29 milliards de dinars en circulation, les indicateurs financiers de la BCT au vert

La masse des billets et monnaies en circulation en Tunisie continue d’augmenter à un rythme soutenu. Selon les derniers indicateurs monétaires et financiers publiés par la Banque centrale de Tunisie (BCT), le volume de liquidités en circulation a dépassé les 29,4 milliards de dinars au 25 mai 2026, contre 23,8 milliards à la même période de l’année dernière, soit une hausse de 23,3%.

Cette progression confirme une tendance observée depuis plusieurs mois, marquée par une augmentation continue de la circulation fiduciaire dans le pays. Les données de la BCT montrent également une amélioration de plusieurs indicateurs liés aux recettes en devises.

Les revenus du travail et les recettes touristiques en hausse

Le cumul des recettes touristiques et des revenus du travail a atteint 5,8 milliards de dinars au 20 mai 2026.

Dans le détail, les recettes touristiques ont franchi la barre des 2,4 milliards de dinars depuis le début de l’année, enregistrant une progression de 4% par rapport à la même période de 2025.

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Les revenus du travail, principalement les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger, ont pour leur part atteint 3,4 milliards de dinars, contre 3,2 milliards un an auparavant, soit une hausse de 4,9%.

Des réserves en devises en amélioration

Les avoirs nets en devises poursuivent également leur progression. Ils sont passés de 22,5 milliards de dinars au 26 mai 2025 à 25,4 milliards actuellement.

Selon les chiffres de la Banque centrale, ces réserves représentent désormais l’équivalent de 105 jours d’importation, contre 98 jours à la même date l’année précédente.

Ces indicateurs traduisent une amélioration relative des équilibres extérieurs du pays, portée notamment par les recettes touristiques et les transferts des Tunisiens à l’étranger, dans un contexte où la circulation des liquidités continue toutefois de croître fortement.

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Code des Changes : Le gouvernement temporise et écarte toute ouverture brutale

La commission des finances et du budget de l’Assemblée des représentants du peuple a examiné un projet encore en gestation portant sur la réforme du code des changes. Présenté par des responsables du ministère des Finances, ce chantier s’inscrit dans une refonte plus large du cadre économique. L’approche retenue mise sur une ouverture progressive, conciliant libéralisation et préservation des équilibres macroéconomiques.

Une réforme encore en phase de maturation

Devant les députés, les représentants du ministère ont insisté sur le caractère évolutif du projet, toujours en phase d’étude et de concertation. La multiplicité des acteurs concernés impose une démarche prudente, intégrée à une vision globale des réformes économiques et législatives en cours.

L’objectif affiché est clair : adapter le système des changes aux exigences d’une économie plus ouverte, sans fragiliser les fondamentaux financiers du pays. Les responsables ont ainsi rappelé que toute évolution devra tenir compte des engagements internationaux de la Tunisie, notamment en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Investissements et cadre juridique : vers plus de clarté

Le futur dispositif devrait introduire des règles mieux définies pour encadrer les investissements, qu’ils soient étrangers en Tunisie ou tunisiens à l’international. Pour ces derniers, une approche sélective est privilégiée : chaque projet est examiné individuellement, en fonction de sa rentabilité et de sa capacité à générer des retombées en devises pour l’économie nationale.

Dans cette logique, la réforme ambitionne de renforcer l’attractivité du site Tunisie en clarifiant le cadre juridique et en sécurisant les investisseurs. Elle s’inscrit également dans la continuité des mesures adoptées depuis 2018, notamment en faveur des start-up, autorisées à détenir des comptes en devises alimentés par leurs revenus à l’export et leurs opérations d’investissement.

Une libéralisation sous conditions

Le ministère des Finances a défendu une ligne prudente : la libéralisation totale du régime des changes n’est pas jugée compatible avec la conjoncture actuelle. L’ouverture devra ainsi évoluer au rythme des indicateurs économiques clés, tels que la production, l’investissement, les exportations et l’épargne.

L’enjeu principal reste la préservation de la stabilité monétaire et des réserves en devises, tout en évitant toute pression excessive sur la balance des paiements. D’où le choix assumé d’un processus graduel, fondé sur une évaluation continue des risques liés aux transactions extérieures.

Au final, cette réforme ciblée vise à répondre aux attentes des opérateurs économiques tout en maintenant la cohérence avec l’ensemble du dispositif législatif national. Un exercice d’équilibriste pour les autorités, entre impératif d’ouverture et exigence de stabilité.

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