La chambre d’accusation de la cour d’appel de Tunis a émis mardi 9 juin 2026 des mandats d’arrêt contre cinq personnes, dont Ezzedine Beschaouch, ancien chef de la délégation spéciale de la municipalité de Carthage, âgé de 88 ans, son adjoint, Mohamed Ali Hammami, et le journaliste Zied El Hani, ancien conseiller à la même municipalité au moment des faits, et ce dans le cadre d’une affaire de détournement présumé de fonds publics et de transfert de propriété municipale.
Selon une source judiciaire citée par l’agence de presse officielle Tap, rapporte Diwan FM, les prévenus sont soupçonnés d’avoir délibérément abusé de leur position d’agents publics pour obtenir un avantage indu pour eux-mêmes ou pour autrui, portant ainsi atteinte à l’intérêt public.
La même source a ajouté que, dans cette affaire, Beschaouch, Hammami et El Hani auraient profité de leur position de responsables de la gestion des affaires de la municipalité de Carthage, dans le cadre de délégations spéciales, afin d’accélérer la cession d’un bien municipal à un prix sans rapport avec sa valeur réelle.
La même source a souligné que la vente avait été effectuée sans consultation des experts du ministère des domaines de l’État et des Affaires foncières, causant ainsi un préjudice financier à la municipalité en raison de l’écart important entre le prix stipulé dans l’acte de cession et la valeur réelle du bien au moment de la cession, telle qu’estimée par les experts désignés.
Les mandats d’arrêt émis contre les prévenus ont été exécutés par une équipe de sécurité, a ajouté la Tap.
Il convient de noter que Zied El Hani, journaliste, est détenu dans une autre affaire où il a été condamné provisoirement à un an de prison pour de présumées diffamations par voie de communication.
Né à Tunis en 1938, Ezzedine Beschaouch est épigraphiste, archéologue et historien spécialiste de l’Afrique romaine. Il a été ministre de la Culture de janvier à décembre 2011.
A la veille du coup d’envoi de la Coupe du monde de football, l’arbitre somalien Omar Artan a été interdit d’entrée aux Etats-Unis. La FIFA n’est pas intervenue en faveur de l’arbitre international.
« Ce sera la plus grande, la…
La Poste Tunisienne rappelle à ses clients détenteurs de cartes de paiement électroniques et du portefeuille numérique «e-Dinar» qu’elle n’a aucun lien avec certains sites web qui usurpent son identité et prétendent être partenaires afin d’obtenir leurs données personnelles à des fins d’hameçonnage et de piratage.
La Poste tunisienne réaffirme également qu’elle ne demande jamais les mots de passe ni les codes PIN de ses clients et confirme qu’elle engagera les poursuites judiciaires nécessaires contre toute personne usurpant son identité ou celle de ses produits.
La Tunisie vient de décrocher une distinction internationale de premier plan. La plage de Yasmine Hammamet a été classée première au monde dans le « Beautiful Beach Index 2026 » du géant international du tourisme TUI, devançant des destinations balnéaires réputées en Turquie, en Grèce, à Malte, à Chypre ou encore dans les Caraïbes.
Avec une note de 8,10 sur 10, la station balnéaire tunisienne s’impose comme la plage la plus belle de la planète. Et ce, selon cette étude fondée sur une méthodologie scientifique et non sur de simples avis de voyageurs.
Une première place obtenue grâce à la science
Pour établir son classement, TUI a analysé des centaines de plages à travers le monde à partir d’images satellites et d’outils de traitement d’images assistés par intelligence artificielle. Plusieurs critères ont été pris en compte, notamment la couleur et la luminosité de l’eau, la qualité visuelle du sable, l’équilibre du paysage côtier ainsi que le niveau d’urbanisation visible.
Selon les résultats de l’étude, Yasmine Hammamet s’est distinguée par ses eaux turquoise, son sable doré et son environnement côtier relativement préservé. Son littoral de près de quatre kilomètres offre également des conditions idéales pour les familles et les amateurs d’activités nautiques.
La Tunisie devant les géants du tourisme balnéaire
Cette consécration est d’autant plus remarquable que la Tunisie devance plusieurs destinations mondialement connues. La plage d’İçmeler Bay, à Bodrum en Turquie, arrive en deuxième position avec une note de 7,87 sur 10. Tandis que Reduit Beach, à Sainte-Lucie (Caraïbes), complète le podium.
Si la Turquie domine en nombre de plages présentes dans le Top 10; aucune destination n’a réussi à surpasser Yasmine Hammamet, qui s’impose comme la référence mondiale de l’année 2026.
Une vitrine exceptionnelle pour le tourisme tunisien
Cette distinction intervient dans un contexte de forte concurrence entre les destinations méditerranéennes. Elle constitue un formidable coup de projecteur pour la Tunisie, qui confirme ainsi son attractivité sur les principaux marchés émetteurs de touristes européens.
Au-delà de la performance symbolique, cette reconnaissance internationale pourrait renforcer davantage l’image du pays comme destination balnéaire de premier plan et contribuer à attirer de nouveaux visiteurs en quête de plages d’exception.
Sabri Lamouchi, choisi le 14 janvier pour prendre les commandes des Aigles de Carthage, veut relancer la dynamique de la sélection tunisienne. À l’approche de la World Cup 2026, le sélectionneur de 54 ans assume l’ampleur du défi mais affiche…
Face à l’ampleur du gaspillage alimentaire, estimé à 570 millions de dinars par an, les autorités tunisiennes accélèrent l’élaboration d’une stratégie nationale destinée à réduire les pertes tout au long de la chaîne alimentaire. Deux ateliers de travail sont prévus en juin afin de définir les axes d’intervention et les mécanismes de mise en œuvre de ce plan.
Un défi économique, social et environnemental
Le gaspillage alimentaire continue de peser lourdement sur l’économie tunisienne. Selon les données de l’Institut national de la consommation (INC), la valeur des aliments perdus ou jetés chaque année est estimée à 570 millions de dinars, soit près de 5% des dépenses mensuelles des ménages.
Dans ce contexte, l’INC organisera les 10 et 17 juin deux ateliers de travail consacrés à l’élaboration de la future stratégie nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire. Ces rencontres interviennent après un premier atelier tenu le 3 juin, dédié à l’analyse de la situation et à l’identification des priorités stratégiques.
Pour le directeur général de l’INC, Mohamed Chokri Rejeb, le gaspillage alimentaire représente aujourd’hui « un véritable fléau » aux répercussions multiples.
Des quantités importantes de denrées encore consommables sont perdues ou jetées à différentes étapes de la chaîne alimentaire, depuis la production agricole jusqu’à la consommation des ménages. Ce phénomène engendre non seulement des pertes financières considérables, mais accentue également la pression sur les ressources naturelles du pays.
L’INC souligne notamment que la production d’aliments qui ne parviennent jamais aux consommateurs mobilise inutilement des terres agricoles, des ressources hydriques et de l’énergie, tout en générant des émissions évitables de gaz à effet de serre.
Une stratégie nationale en cours de finalisation
Lancée en février 2025 sous l’égide du ministère du Commerce et du Développement des exportations, en partenariat avec l’INC et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, la stratégie nationale vise à mobiliser l’ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire.
Les prochains ateliers devront permettre de définir les piliers fondamentaux de cette stratégie, les mécanismes opérationnels de sa mise en œuvre ainsi que les outils de suivi et d’évaluation.
Le but affiché est de renforcer la sensibilisation des consommateurs, d’adapter le cadre réglementaire et de promouvoir des comportements de consommation plus durables afin de limiter les pertes alimentaires et leurs conséquences économiques, sociales et environnementales.
Le pain, le produit le plus gaspillé
Les statistiques de l’INC mettent en évidence l’ampleur du phénomène au sein des foyers tunisiens. Selon les données présentées par Darine Doggui, un ménage tunisien moyen gaspille chaque année environ 42 kilogrammes de pain.
Ce gaspillage représente à lui seul près de 100 millions de dinars par an, soit environ 300.000 dinars perdus quotidiennement. Les ménages jettent également en moyenne 6,5% des légumes achetés, 10% des céréales et pâtes ainsi que 16% du pain acquis.
Les chiffres montrent également une aggravation du gaspillage durant le mois de Ramadan. Les plats cuisinés arrivent en tête des aliments jetés avec un taux de 66,6%, suivis du pain (46%), des fruits (30%) et des sucreries (20%).
Au lendemain de l’humiliante gifle reçue face à la Belgique (5-0), le contraste était saisissant entre la préoccupante impréparation manifeste des Aigles, et l’aisance certes à domicile des Diables rouges. Samedi soir à Bruxelles, les internationaux tunisiens quittaient la pelouse…
Lors de la World Cup 2026 aux États-Unis, au Canada et au Mexique, les pays du Maghreb (Maroc, Algérie et Tunisie) abordent la compétition avec des ambitions différentes. Les Lions de l’Atlas visent un nouveau parcours historique, les Fennecs cherchent…
Deux jours après la lourde défaite de la Tunisie face à la Belgique (5-0) à Bruxelles, le président de la République, Kaïs Saïed, a reçu dimanche 7 juin au palais de Carthage les joueurs et le staff de l’équipe nationale, quelques heures avant leur départ pour le Mondial 2026.
À quelques jours de l’entrée en compétition des Aigles de Carthage, le chef de l’État a livré un message centré sur le dépassement de soi, la confiance et le refus de la résignation.
« Oubliez ce 5-0 »
Évoquant directement le revers subi face à la Belgique, Kaïs Saïed a appelé les joueurs à tourner rapidement la page.
« Oubliez ce 5-0 », leur a-t-il lancé, estimant que cette défaite devait au contraire leur donner une nouvelle impulsion, renforcer leur volonté et accroître leur détermination à gagner.
Le président a insisté sur la nécessité de transformer cet échec en source de motivation, plutôt que de le laisser devenir un frein psychologique à quelques jours du début de la compétition.
«La culture de la défaite est plus grave que la défaite»
Au cours de cette rencontre, Kaïs Saïed a affirmé que « le temps de la participation pour la participation est révolu », appelant les joueurs à aborder le Mondial avec un véritable esprit de défi et de victoire.
Il a rappelé que chaque membre de la délégation représente la Tunisie et porte ses couleurs devant le monde entier.
« Il ne faut jamais perdre de vue que vous représentez notre chère patrie, que vous portez le drapeau national et que vous vous battez pour le hisser toujours plus haut », a-t-il souligné.
Le chef de l’État a également estimé que « la culture de la défaite est plus grave que la défaite elle-même », appelant chacun à accomplir sa mission avec une « volonté de fer » et un esprit de conquête.
De l’Argentine 1978 au Mondial 2026
Revenant sur plusieurs moments marquants de l’histoire sportive tunisienne, Kaïs Saïed a évoqué des participations restées gravées dans la mémoire collective parce que leurs acteurs avaient réussi à « éblouir le monde ».
Le rappel renvoie notamment au Mondial 1978 en Argentine, lorsque la Tunisie avait battu le Mexique 3-1 à Rosario, signant la première victoire d’une sélection africaine et arabe dans l’histoire de la Coupe du monde.
Selon le président, la Tunisie demeure capable de relever les plus grands défis dès lors qu’elle croit en ses capacités et refuse toute forme de résignation.
Dans une formule imagée, il a conclu en affirmant qu’un résultat peut s’afficher sur un tableau lumineux, mais que l’essentiel est ce qui finit par s’écrire « en lettres d’or sur le tableau de l’Histoire ».
La délégation tunisienne devait s’envoler dimanche soir vers le Mexique, où elle poursuivra sa préparation avant son entrée en lice. Les Aigles de Carthage affronteront la Suède le 15 juin à Monterrey avec l’ambition de faire oublier le score de Bruxelles et d’écrire, à leur tour, une nouvelle page.
À quelques jours du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, la Tunisie et la Belgique se retrouvent ce samedi 6 juin pour l’un des matches amicaux les plus attendus de cette phase de préparation. Un « friendly »…
Le nombre de plateformes pétrolières américaines est en hausse pour la sixième semaine consécutive, marquant la plus forte progression en près de quatre ans.
Le nombre de plateformes de forage en activité dans les champs pétroliers américains a augmenté de deux cette semaine pour atteindre 431, selon les données publiées vendredi 5 juin par Baker Hughes Co. La dernière tendance à la hausse similaire dans l’exploration nationale remonte à la mi-2022, lorsque la demande énergétique avait commencé à se redresser après les confinements liés à la pandémie.
Cette tendance suggère que les producteurs de pétrole de schiste réagissent à la hausse continue des prix du pétrole, les raffineurs étrangers augmentant leurs achats de cargaisons américaines pour remplacer les approvisionnements pétroliers perturbés par le conflit, qui dure maintenant depuis près de 100 jours.
Selon Bloomberg, les contrats à terme sur le pétrole brut de référence américain ont bondi de 35 % depuis le début du conflit fin février, atteignant en moyenne près de 98 dollars le baril au cours des six dernières semaines.
La khomsa, la main protectrice, des vestiges de l’antique Carthage aux taxis de la Tunisie moderne, c’est une longue histoire méditerranéenne de protection, de foi, d’artisanat et de mémoire collective
Paolo Paluzzi
On la retrouve au-dessus des portes des maisons de la médina, accrochée aux rétroviseurs des taxis, gravée sur des bijoux de mariage en argent, peinte sur des poteries de Nabeul, brodée sur des trousseaux de naissance, ou encore transformée en ornement contemporain sur des téléphones et des souvenirs.
Il s’agit de la khomsa, la main à cinq doigts, qui demeure en Tunisie l’un des symboles les plus reconnaissables de protection contre le mauvais œil, mais aussi l’un des signes les plus riches de l’histoire culturelle du pays.
Symbole de protection contre le mauvais œil
Le mot vient de l’arabe «khamsa», qui signifie cinq. Cinq comme les doigts de la main, mais aussi, dans l’interprétation islamique populaire, comme les cinq piliers de l’islam.
En Occident, elle est souvent connue sous le nom de «Main de Fatma», en référence à Fatima Al-Zahra, fille du prophète Mohamed. Dans le monde juif séfarade et mizrahi, elle est également associée à la «main de Miriam». Au Maghreb, cependant, la khomsa est souvent antérieure aux définitions religieuses qui l’ont adoptée par la suite : c’est un talisman, un ornement, un souvenir de famille, un signe apotropaïque, un objet d’usage et de transmission.
Le British Museum décrit la khomsa comme une amulette courante au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, utilisée par les musulmans et les juifs pour conjurer «le mauvais œil».
La khomsa tunisienne s’inscrit dans une continuité symbolique s’étendant sur près de trois mille ans, qu’il ne faut pas interpréter comme une lignée linéaire et ininterrompue, mais comme une sédimentation d’images, de croyances et de gestes protecteurs.
Une survivance de la Carthage punique
Dans le monde punique, avant l’arrivée de l’islam en Ifriqiya, la main ouverte figurait déjà dans l’iconographie religieuse associée à Carthage et à la déesse Tanit, principale divinité féminine du panthéon carthaginois.
Le musée du Bardo conserve des collections puniques comprenant des ex-voto dédiés à Baal Hammon et Tanit, tandis que les collections des musées tunisiens témoignent de la place centrale de cet héritage dans l’histoire religieuse antique du pays.
La force de la khomsa réside précisément dans son caractère transculturel. À Carthage, elle symbolise la protection de la déesse mère. Dans la culture islamique populaire, elle devient la main de Fatma et se charge de références à la bénédiction, au foyer et à la famille. À Djerba, île où la présence juive est indissociable de l’histoire locale, la khomsa peut aussi être interprétée comme la main de Miriam. L’Unesco, en inscrivant Djerba sur la Liste du patrimoine mondial, décrit l’île comme un territoire marqué par la coexistence de différentes communautés et confessions, organisées selon un modèle d’habitat qui s’est développé autour du IXe siècle dans un environnement aride.
En Tunisie, la khomsa est avant tout un objet domestique. Elle est suspendue aux seuils des portes pour protéger la maison, près des berceaux pour préserver les nouveau-nés des regards envieux, et portée autour du cou des mariées comme un présent symbolisant leur passage à la vie conjugale. Sa présence n’est pas seulement religieuse, elle est aussi sociale. Elle symbolise la continuité entre les générations, notamment chez les femmes : la grand-mère qui offre, la mère qui préserve, la fille qui porte ou réinvente. La géographie de son artisanat s’étend sur tout le pays.
Un symbole de la continuité entre les générations
À Tunis, le point de référence est la médina et en particulier l’univers des orfèvres, avec la tradition des bijoux en argent travaillé. À Djerba, les mémoires juives et artisanales s’entremêlent dans un travail minutieux. À Nabeul, la main se fait céramique émaillée, souvent bleue et verte, pour les murs et les portes. À Sejnane, au nord, le langage des formes féminines en terre cuite, inscrit par l’Unesco en 2018 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, rappelle comment les motifs géométriques et protecteurs de la Tunisie rurale font partie d’un savoir transmis principalement par les femmes.
La khomsa est ainsi une sorte de petit atlas méditerranéen. Sa silhouette embrasse le monde phénicien-punique, Rome, les cultures amazighes, l’islam, le judaïsme nord-africain, l’artisanat ottoman et les influences coloniales européennes. C’est pourquoi elle perdure même dans la modernité urbaine. Elle n’est plus seulement une amulette de seuil ou un pendentif de mariage.
C’est un logo, un tatouage, un pendentif, un objet touristique, une icône du design.
Mais sa fonction symbolique reste inchangée : veiller sur ceux qui regardent, repousser le mal, protéger ceux qui entrent et ceux qui sortent. Dans un pays traversé par des millénaires de conquêtes, de migrations et d’échanges, la khomsa continue de transmettre une vérité essentielle sur la Tunisie : l’identité n’est pas un bloc figé, mais une stratification.
Une main ouverte qui a changé de noms, de croyances et de matières, mais qui demeure reconnaissable. Un petit signe, assez léger pour tenir dans la paume d’un enfant, et pourtant assez ancien pour embrasser Carthage, Djerba, la médina de Tunis et la Méditerranée.
La Tunisie entre progressivement dans une nouvelle phase démographique marquée par un ralentissement inédit de la croissance de sa population et un vieillissement accéléré de la société. C’est ce que révèle un document prospectif publié par Institut national de la statistique sur les projections démographiques à l’horizon 2054.
Intitulée « Projections de la population 2024-2054 », cette étude, élaborée en mai 2026 à partir des résultats du recensement général de la population et de l’habitat de 2024 ainsi que des données de l’état civil, montre que la transition démographique tunisienne a été « plus rapide et plus profonde » qu’attendu.
Selon l’INS, la population tunisienne s’élevait à 11,97 millions d’habitants en 2024, un chiffre inférieur aux précédentes estimations. Cette évolution s’explique notamment par la forte baisse du taux de fécondité, passé de plus de trois enfants par femme en 1994 à seulement 1,54 enfant en 2024, soit un niveau inférieur au seuil de renouvellement des générations.
Une légère hausse du nombre d’habitants
L’institut prévoit toutefois une légère hausse du nombre d’habitants dans les prochaines décennies. La population tunisienne devrait atteindre 12,16 millions d’habitants en 2030 puis environ 13,3 millions en 2054. Mais derrière cette progression apparente se cache un net ralentissement du rythme de croissance démographique, qui tomberait à seulement 0,03% à la fin de la période étudiée, rapprochant le pays d’une situation de quasi-stabilité démographique.
L’étude met également en garde contre une transformation profonde de la pyramide des âges. Les catégories jeunes devraient continuer à diminuer alors que la part des personnes âgées de 60 ans et plus augmentera de manière continue au cours des prochaines décennies.
Cette évolution devrait accentuer les besoins en matière de santé, de prise en charge de la dépendance et de protection sociale, tout en exerçant une pression croissante sur les systèmes de retraite et les politiques publiques liées au vieillissement.
Une « fenêtre démographique » entre 2030 et 2045
Le document souligne néanmoins l’existence d’une « fenêtre démographique » entre 2030 et 2045. Cette période correspondra à l’entrée en âge de procréer des générations nées entre 2000 et 2014, une phase durant laquelle la Tunisie avait enregistré un nombre relativement plus élevé de naissances.
Selon l’INS, cette dynamique pourrait entraîner une reprise limitée des naissances après plusieurs années de recul, à condition que les jeunes disposent de conditions économiques et sociales favorables leur permettant de concrétiser leurs projets familiaux.
Les projections démographiques montrent aussi une féminisation progressive de la population tunisienne. La part des femmes devrait passer de 50,7% de la population en 2025 à 52,2% en 2054. Cette évolution est attribuée à l’espérance de vie plus élevée des femmes ainsi qu’à la poursuite d’une émigration majoritairement masculine.
À travers ces projections, l’INS estime que la Tunisie devra adapter ses politiques publiques aux mutations démographiques à venir, notamment dans les domaines de l’emploi, de la santé, de la famille et de la protection sociale, afin de faire face aux défis liés au vieillissement de la population et au ralentissement durable de la croissance démographique.
À l’occasion de la Journée nationale et internationale de l’environnement, célébrée ce vendredi 5 juin 2026 par le ministère de l’Environnement sous le thème « Green Waves : Small Actions, Big Impacts », le ministre Habib Abid a mis en avant les principales réalisations et ambitions de la Tunisie en matière d’assainissement, de protection du littoral, de gestion des déchets et de préservation de la biodiversité. L’occasion de dresser un état des lieux marqué par des chiffres significatifs et des objectifs ambitieux à l’horizon 2030.
La Tunisie accélère ses efforts en matière de protection de l’environnement, de gestion des ressources en eau et de préservation de la biodiversité. C’est ce qu’a affirmé le ministre de l’Environnement, Habib Abid, en dressant un état des lieux des principaux chantiers engagés à l’échelle nationale.
Sur le volet de l’assainissement, le ministre a indiqué que le pays dispose aujourd’hui de 127 stations d’épuration, capables de traiter près d’un million de mètres cubes d’eaux usées par jour. Ce dispositif s’appuie sur un réseau de plus de 18.500 kilomètres de conduites et permet de couvrir environ 70 % de la demande nationale en matière d’assainissement.
Selon Habib Abid, le Plan 2026-2030 devrait permettre de porter ce taux à près de 80 %, grâce à de nouveaux investissements destinés à renforcer les infrastructures existantes et à étendre les services aux zones encore non couvertes.
Le ministre a également souligné l’importance de la valorisation des eaux traitées. Bien que leur qualité reste perfectible, elles représentent, selon lui, une ressource stratégique pour l’agriculture et un levier important pour la protection de l’environnement marin.
Concernant la propreté des plages, les efforts ont été renforcés cette année. Après un programme ayant concerné 133 plages en 2025, le ministère est passé à 152 plages en 2026. La campagne de nettoyage a été lancée dès le 1er juin afin de préparer la saison estivale et d’améliorer la qualité du littoral tunisien.
Parallèlement, plusieurs grands projets d’aménagement et de protection du littoral sont en cours. Le ministère mène notamment des interventions destinées à lutter contre l’érosion côtière et à préserver les écosystèmes marins les plus vulnérables.
La gestion des déchets constitue également un axe majeur de la stratégie environnementale. Habib Abid a révélé que près de 37 000 tonnes de déchets ont été collectées dans le cadre des opérations menées récemment, soit une hausse de 30 % par rapport aux volumes habituellement enregistrés. Face à cette progression, le ministère entend désormais accentuer les efforts de valorisation et de recyclage afin de transformer ces déchets en ressources économiques.
Face à la lenteur persistante de nombreux chantiers publics, la cheffe du gouvernement Sarra Zaâfrani Zenzri a choisi le ton de la fermeté. Lors d’un Conseil des ministres restreint consacré au suivi des projets de développement, elle a placé la responsabilité des gestionnaires publics au cœur de l’action gouvernementale, tout en dressant la liste des grands projets stratégiques que l’exécutif entend accélérer dans les différentes régions du pays.
La réunion tenue jeudi au Palais du gouvernement de la Kasbah marque une nouvelle étape dans la volonté affichée de l’exécutif d’accélérer la réalisation des projets publics. Plus qu’un simple exercice de suivi administratif, le Conseil des ministres restreint a été l’occasion pour la cheffe du gouvernement de rappeler que les retards et les blocages ne seront plus considérés comme de simples dysfonctionnements bureaucratiques.
Une réponse à des blocages récurrents
En évoquant explicitement la reddition des comptes et l’engagement de la responsabilité des auteurs de manquements professionnels, Sarra Zaâfrani Zenzri adresse un message clair à l’ensemble de l’administration : l’avancement des projets devient désormais un indicateur majeur de performance publique.
Le discours gouvernemental s’articule autour d’un constat implicite : de nombreux projets structurants continuent de souffrir d’obstacles administratifs, fonciers, techniques ou procéduraux qui ralentissent leur concrétisation.
Pour y remédier, la cheffe du gouvernement a insisté sur plusieurs leviers. Elle a notamment appelé à la simplification des procédures administratives, à la réduction des délais de passation des marchés publics et à la suppression de certaines autorisations jugées contraignantes.
L’accent mis sur les études préalables – techniques, foncières et environnementales – traduit également la volonté d’éviter les interruptions de chantier qui ont longtemps affecté plusieurs projets d’infrastructure et d’équipement public.
Cette approche s’accompagne d’un renforcement du suivi de terrain. Les responsables centraux, régionaux et locaux sont désormais appelés à assurer un contrôle quotidien de l’état d’avancement des réalisations, tandis qu’une plateforme numérique nationale doit permettre un suivi en temps réel des projets.
Santé, transport, énergie : les grands chantiers sous surveillance
La présentation effectuée par le ministre de l’Économie et de la Planification a mis en lumière une série de projets considérés comme prioritaires par l’État.
Dans le secteur de la santé, plusieurs infrastructures majeures figurent parmi les dossiers suivis de près, notamment l’hôpital universitaire Roi Salmane à Kairouan ainsi que les hôpitaux multidisciplinaires de Sidi Bouzid et de Gafsa. À cela s’ajoutent plusieurs établissements régionaux destinés à renforcer l’offre sanitaire dans les zones de l’intérieur.
Les infrastructures de transport occupent également une place centrale. Le pont de Bizerte, l’autoroute Tunis-Jelma, la première tranche du Réseau ferroviaire rapide et la modernisation des lignes ferroviaires constituent autant de projets dont l’achèvement est présenté comme un levier de développement économique et d’intégration territoriale.
Le Conseil a également examiné l’avancement de projets énergétiques stratégiques, à commencer par l’interconnexion électrique entre la Tunisie et l’Italie à travers le projet ELMED. L’extension des réseaux de gaz et d’électricité ainsi que l’usine de triple superphosphate de Mdhilla figurent également parmi les dossiers suivis par l’exécutif.
Des projets répartis sur l’ensemble du territoire
L’une des caractéristiques de la liste présentée lors du Conseil réside dans sa dimension territoriale. Les projets évoqués concernent aussi bien les régions côtières que les gouvernorats de l’intérieur.
Les nouveaux barrages prévus à Saïda, Kalâa Kebira, Mellègue supérieur, Tessa et Khalled illustrent la priorité accordée aux ressources hydriques et à la sécurité de l’approvisionnement en eau. Les programmes de protection du littoral et de modernisation des stations d’épuration témoignent quant à eux d’une attention particulière aux enjeux environnementaux.
La transformation numérique à travers le programme GovTech, les projets liés à l’éducation et à la formation professionnelle ainsi que la restauration de monuments emblématiques du patrimoine national, dont les mosquées Zitouna et Okba Ibn Nafaâ, complètent un portefeuille de projets particulièrement diversifié.
Au-delà de l’énumération des chantiers en cours, la réunion de la Kasbah met en évidence une orientation politique plus large : faire de l’exécution des projets publics un critère central d’évaluation de l’administration.
Le tabagisme est responsable de plus de 13 200 décès par an en Tunisie, soit près d’un décès sur cinq au niveau national. Environ la moitié des décès liés au tabac surviennent chez les moins de 70 ans.
Ce constat alarmant a été dressé à Tunis par des médecins et des experts tunisiens, algériens et libyens, réunis pour la première édition du forum «Tabagisme au Maghreb : débats sur un défi commun», organisé par la plateforme tunisienne Med.tn. Au cœur des discussions : la nécessité d’élaborer une réponse régionale à cette addiction qui, selon les spécialistes, reste très répandue dans les pays du Maghreb, touchant particulièrement la population masculine et de plus en plus les adolescents et les jeunes adultes dès leur plus jeune âge.
En Tunisie, le cardiologue Dhaker Lahidheb a souligné, dans une déclaration à Diwan FM, que près d’un homme adulte sur deux fume, soulignant que plus de la moitié des patients souffrant d’infarctus aigus dans le pays sont des fumeurs, insistant sur l’impact du tabac sur les maladies cardiovasculaires et la nécessité d’élargir l’accès aux programmes de sevrage tabagique, notamment aux substituts nicotiniques tels que les patchs et les gommes à mâcher.
Les données présentées lors du forum sont conformes au modèle d’investissement pour la lutte antitabac élaboré par le ministère tunisien de la Santé en collaboration avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud) et le Secrétariat de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac.
Selon une étude publiée en 2021 à partir des données disponibles, le tabac est responsable de plus de 13 200 décès par an en Tunisie, dont 49 % surviennent avant l’âge de 70 ans, tandis que 18 % des décès sont liés au tabagisme passif.
Un coût économique important
Le coût économique estimé pour la seule année 2019 s’élevait à environ deux milliards de dinars tunisiens (600 millions d’euros), soit 1,8 % du produit intérieur brut : 146 millions de dinars pour les dépenses de santé et environ 1,9 milliard de dinars pour les pertes de productivité dues aux décès prématurés, aux maladies et aux arrêts de travail.
Au cours du forum, l’épidémiologiste algérienne Souad Bouaoud a insisté sur la prévention, soulignant la priorité d’empêcher les mineurs de fumer leur première cigarette. Parmi les outils suggérés figuraient un renforcement de l’application des réglementations existantes, une taxation plus dissuasive et des contrôles plus efficaces sur la vente de produits contenant de la nicotine aux jeunes.
Le pneumologue libyen Hachem Belkhir a proposé la création d’une association maghrébine spécialisée dans la lutte contre le tabagisme, chargée d’élaborer des stratégies communes entre les pays de la région et de promouvoir la coordination en matière de collecte de données, de prévention et de recherche.
Selon Diwan FM, M. Belkhir a également évoqué la possibilité d’utiliser des outils d’analyse avancés, notamment l’intelligence artificielle, pour élaborer des politiques plus ciblées.
La discussion a également abordé la question des produits alternatifs aux cigarettes traditionnelles, notamment les cigarettes électroniques. Certains intervenants ont préconisé d’explorer des approches de réduction des risques pour les fumeurs adultes incapables d’arrêter de fumer. D’autres ont appelé à la prudence, soulignant que les données sur les effets à long terme des nouveaux produits restent incomplètes. L’OMS considère les cigarettes électroniques et les dispositifs à base de nicotine comme nocifs pour la santé et non sans risques, notamment pour les adolescents et les jeunes adultes.
Les experts ont enfin mis en avant la coopération entre la Tunisie, l’Algérie et la Libye comme un outil indispensable pour lutter contre ce phénomène qui dépasse les frontières nationales : campagnes coordonnées, échange de données sanitaires, renforcement du soutien aux services d’aide à l’arrêt du tabac et politiques fiscales permettant de limiter le recours aux circuits parallèles et à la contrefaçon.
Selon le modèle OMS-Pnud, une mise en œuvre renforcée des mesures prévues par la Convention-cadre pour la lutte antitabac pourrait prévenir plus de 55 500 décès en Tunisie au cours des quinze prochaines années et générer des bénéfices économiques estimés à 5,7 milliards de dinars (1,7 million d’euros).
Les hackers (pirates informatiques) iraniens utilisent avec habilité une nouvelle arme redoutable : les modèles d’intelligence artificielle (IA) américains. L’usage de l’IA ne se limite pas au hacking. Les Gardiens de la révolution l’ont intégrée à leurs missiles et drones. L’IA est aussi utilisée dans le travail des services de sécurité mais aussi à des fins de propagande.
Imed Bahri
Selon une enquête du Financial Times (FT), des programmes comme ChatGPT, Gemini et d’autres outils d’IA occidentaux ont considérablement renforcé les cyber-opérations iraniennes, leur permettant de développer des logiciels malveillants, de concevoir des courriels d’hameçonnage en hébreu et en arabe avec une précision quasi parfaite et de lancer des attaques avec une rapidité et une ampleur sans précédent, selon des experts en cybersécurité et des entreprises technologiques.
«Nous constatons des indices montrant qu’ils utilisent l’IA à chaque étape dans les opérations de piratage. Cela leur a vraiment permis de passer à la vitesse supérieure», a déclaré un analyste d’une grande entreprise de cybersécurité sous couvert d’anonymat en raison de la sensibilité du sujet.
Cette évolution a permis à l’Iran, qui vit sous une trêve fragile avec Israël et les États-Unis depuis début avril, de maintenir une pression numérique sur ses adversaires plus avancés en recherchant constamment des vulnérabilités et en réduisant ses propres faiblesses internes.
Téhéran utilise également l’IA pour créer de fausses identités convaincantes afin de tromper des cibles aux États-Unis et en Israël.
Les Émirats arabes unis, qui ont subi des milliers d’attaques de missiles et de drones pendant la guerre, affirment être confrontés quotidiennement à plus d’un demi-million de cyberattaques, facilitées par ChatGPT d’OpenAI.
Parallèlement, les Israéliens reçoivent des vagues successives de courriels d’hameçonnage et de messages frauduleux, certains les incitant à coopérer avec les services de renseignement iraniens.
Les hackers iraniens expérimentent l’IA depuis des années mais les modèles les plus récents et les plus performants les rendent bien plus dangereux.
«Tout est automatisé», explique Gil Messing de la société israélienne de cybersécurité Check Point, qui ajoute: «Ils utilisent tous les outils disponibles pour accélérer leurs efforts en matière d’IA».
Les attaques iraniennes consistent souvent à inciter les victimes à cliquer sur des liens malveillants. Or, établir une relation de confiance sous une fausse identité peut prendre des semaines de conversation.
«Si vous êtes à Téhéran et que vous essayez de vous faire passer pour un recruteur d’une entreprise de défense, il est très difficile de communiquer avec quelqu’un pendant un mois comme si vous viviez réellement en Californie», a déclaré un analyste en cybersécurité.
Un jeu du chat et de la souris sans fin
Peu avant le déclenchement de la guerre fin février, Google a découvert que le groupe de pirates informatiques APT42, soutenu par l’État iranien, utilisait le modèle Gemini précisément à cette fin.
Les entreprises occidentales ont tenté d’empêcher les Iraniens d’utiliser ces modèles mais la détection de nouveaux comptes est devenue un jeu du chat et de la souris sans fin.
«Lorsque nous détectons une activité malveillante, nous prenons des mesures immédiates, notamment la désactivation des comptes et la suppression des accès ou la restriction des fonctionnalités utilisées à mauvais escient», a déclaré OpenAI dans un communiqué.
L’entreprise a ajouté que ses modèles les plus avancés ne sont pas largement disponibles et qu’elle continue de détecter et de perturber les tentatives des hackers liés à l’Iran d’exploiter ses services.
L’entreprise a expliqué que des entités iraniennes utilisaient ses modèles à des fins telles que la recherche, la traduction, le débogage de code et l’écriture de scripts, soulignant que les modèles protégés ne confèrent pas de «nouvelles capacités cybernétiques surhumaines».
L’année dernière, Google a constaté que les pirates informatiques iraniens utilisaient ses robots intelligents bien plus fréquemment que leurs homologues russes, nord-coréens ou chinois, pourtant plus avancés.
Le groupe APT42 a notamment utilisé Gemini pour étudier comment brouiller les avions de chasse américains F-35.
Cependant, l’intégration de l’IA dans le domaine militaire iranien ne se limite pas à la cyberguerre.
Une analyse du FT portant sur près de 300 études militaires iraniennes menées au cours des cinq dernières années a révélé des recherches sur l’utilisation de l’IA pour améliorer la guerre électronique, accélérer la prise de décision dans les salles d’opérations et optimiser le guidage des drones et le ciblage sous-marin.
Nicole Grajewski, spécialiste des affaires militaires iraniennes à Sciences Po Paris, a déclaré : «L’Iran souhaite rester au même niveau que les armées les plus avancées».
Les progrès technologiques occidentaux ont également permis à l’Iran de rattraper son retard sur ses adversaires. Face à la maîtrise limitée de l’anglais et du russe au sein des services de sécurité iraniens, Google Traduction a permis aux Iraniens d’étudier plus rapidement les recherches militaires occidentales, selon Farzin Nadimi, spécialiste des affaires militaires iraniennes au Washington Institute.
À l’inverse, le recours par Washington à l’IA dans sa campagne contre l’Iran lui a permis de mener des frappes à un rythme beaucoup plus rapide, affirment les experts.
Les États-Unis s’appuient sur la plateforme de commandement de terrain MavenSmart de Palantir et sur le modèle génératif Cloud d’Anthropic pour analyser les renseignements, suggérer des cibles et fournir un retour d’information en temps réel pendant les combats.
L’Iran, affaibli par les sanctions économiques, reste largement en retard sur les États-Unis dans ce domaine. Cependant, le pays a fait preuve d’une capacité d’innovation considérable.
Certains experts estiment que l’Iran a remporté un succès notable dans la guerre de propagande numérique, les comptes officiels publiant régulièrement des vidéos générées par IA se moquant du président américain Donald Trump, qui deviennent virales.
Téhéran affirme également avoir intégré l’IA à ses missiles et drones. Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) affirme posséder des missiles de croisière dotés de systèmes de guidage, de navigation et d’évitement basés sur l’IA.
Nademi estime que le CGRI est théoriquement capable d’utiliser ces technologies mais on ignore s’il les a déjà employées au combat.
Cependant, certains indices laissent penser que l’Iran a pu utiliser des formes rudimentaires d’IA pour planifier ses frappes dans le Golfe. Le ciblage répété des premières frappes suggère l’implication de l’IA, selon Grajewski. Elle a ajouté que l’Iran pourrait également avoir utilisé l’intelligence artificielle à des fins d’analyse prédictive et pour localiser les forces américaines avant de les cibler.
Parallèlement, l’Iran développe une plateforme nationale d’IA capable de rester opérationnelle même en cas de déconnexion du pays d’Internet.
Cette plateforme a été développée par l’Université de technologie Sharif de Téhéran, un établissement soumis à de sévères sanctions occidentales en raison de ses liens avec l’armée.
«Investir dans l’IA est un véritable programme de modernisation de la sécurité nationale», a déclaré Alex Leslie, consultant chez Recorded Future, spécialiste de l’utilisation de l’IA en Iran. Il a ajouté que cet investissement vise également à aider l’Iran à contourner les sanctions économiques et à atténuer les effets des perturbations liées à la guerre, affirmant : «C’est un impératif stratégique».
Des frappes israéliennes et américaines menées début avril ont gravement endommagé le centre de données hébergeant l’infrastructure de la plateforme ainsi que les laboratoires de recherche en IA de l’Université Sharif.
Toutefois, il est peu probable qu’Israël et les États-Unis parviennent à maîtriser la situation. Gil Messing a déclaré : «Il s’agit d’un pays développé et doté d’outils de pointe. Il est prêt à payer le prix fort pour obtenir ce qu’il y a de mieux».
Après trois saisons riches en succès, deux titres de champion et désormais deux Coupes de Tunisie, Yan Sasse quitte officiellement l’Espérance sportive de Tunis.
Le Brésilien a fait ses adieux à un public conquis, refermant ainsi un chapitre mémorable marqué par 102 rencontres officielles et une dimension artistique qui aura fait vibrer le stade de Radès.
L’Espérance de Tunis a rendu un vibrant hommage à Yan Sasse, qui « appartient à une catégorie rare qui parvient à laisser une empreinte durable grâce à un mélange de talent, de générosité et d’émotions partagées avec les supporters ».
Ci dessous la note diffusée par le club pour remercier Yan pour ces trois belles saisons sous le maillot de l’Espérance :
À l’issue de la rencontre face à l’US Ben Guerdane, disputée lors de la dernière journée du championnat, l’attaquant brésilien avait lui-même annoncé qu’il venait de disputer son ultime match de Ligue 1 sous les couleurs sang et or. Restait alors un dernier rendez-vous à honorer : La Coupe de Tunisie. Une dernière bataille, un dernier trophée à aller chercher.
Hier soir, la boucle s’est refermée de la plus belle des manières. Coupe de Tunisie en mains, entouré de ses coéquipiers et célébré par tout un stade, Yan Sasse a vécu des adieux à la hauteur de son passage à l’Espérance. L’émotion était palpable lorsque le public sang et or a repris à plusieurs reprises les chants qui lui étaient dédiés. Un moment fort, sincère et chargé de reconnaissance entre un joueur et des supporters qui auront appris à l’apprécier au fil des saisons.
Arrivé au terme de son contrat, le natif de Porto Alegre s’apprête désormais à ouvrir un nouveau chapitre de sa carrière. Il quitte Tunis après trois saisons pleines durant lesquelles il aura apporté toute sa créativité, sa technique et cette touche brésilienne qui faisait souvent la différence dans les moments importants.
Sous les couleurs de l’Espérance, Yan Sasse aura disputé 102 rencontres officielles, dont 81 en tant que titulaire. Il laisse derrière lui un bilan remarquable de 27 buts et 16 passes décisives, tout en affichant une moyenne de 66 minutes jouées par match. Des chiffres qui témoignent de son importance dans le dispositif sang et or au cours des trois dernières années.
Au-delà des statistiques, son passage restera associé à une période particulièrement riche en succès. Avec l’Espérance, il a remporté deux titres de champion de Tunisie, deux Coupes de Tunisie et une Supercoupe de Tunisie. Il aura également participé aux plus grandes aventures continentales du club, atteignant notamment la finale de la Ligue des Champions de la CAF, les demi-finales de l’African Football League et prenant part à la Coupe du Monde des Clubs organisée aux États-Unis.
Joueur spectaculaire, capable d’éclairer une rencontre par un geste technique ou une inspiration soudaine, Yan Sasse aura souvent incarné cette dimension artistique qui fait la beauté du football. Son professionnalisme, son engagement et son attachement aux couleurs sang et or lui ont permis de nouer une relation privilégiée avec le public espérantiste.
Aujourd’hui, les chemins se séparent, mais les souvenirs demeureront. Les buts, les célébrations, les trophées soulevés et les émotions partagées resteront gravés dans la mémoire des supporters.
À l’approche de la saison estivale 2026, le ministère de l’Environnement s’apprête à lancer une vaste campagne nationale de nettoyage manuel et mécanique des plages tunisiennes, ciblant plus de 150 plages touristiques et publiques à travers le pays.
L’annonce a été faite par Nabil Mokhtar, responsable du projet de nettoyage mécanique des plages, dans une déclaration à la radio nationale ce lundi 1er juin 2026.
Une superficie totale estimée à 6.500 hectares
Selon les données communiquées, les interventions concerneront une superficie totale estimée à 6.500 hectares. Le programme couvrira 55 plages touristiques ainsi que 97 plages publiques, dans le cadre des préparatifs engagés par les autorités en prévision de l’afflux estival des vacanciers tunisiens et étrangers.
Le responsable a précisé que les opérations seront menées à la fois manuellement et à l’aide d’équipements mécaniques spécialisés, afin d’assurer un nettoyage plus efficace du littoral.
Un enjeu environnemental et touristique
Cette campagne intervient alors que les questions liées à la propreté des plages et à la pollution du littoral reviennent chaque été au cœur des préoccupations des citoyens et des professionnels du tourisme.
La qualité environnementale des plages constitue en effet un facteur clé pour l’image touristique de la Tunisie, notamment dans les zones balnéaires qui accueillent chaque année des centaines de milliers de visiteurs, particulièrement en provenance d’Europe, d’Algérie et de Libye.
Au-delà des opérations de nettoyage, Nabil Mokhtar a insisté sur la responsabilité collective dans la préservation du littoral tunisien.
« Les efforts de l’État ne suffisent pas sans une prise de conscience citoyenne », a-t-il souligné, appelant les estivants à adopter des comportements plus respectueux de l’environnement.
Le défi des déchets estivaux
Chaque saison estivale, plusieurs plages tunisiennes font face à une accumulation importante de déchets plastiques, canettes, emballages alimentaires et autres détritus abandonnés après les journées de forte affluence.
Les associations environnementales alertent régulièrement sur les conséquences de cette pollution sur l’écosystème marin, mais aussi sur l’attractivité touristique des régions côtières.
Les autorités misent ainsi sur cette campagne pour améliorer l’état des plages avant le pic de fréquentation attendu dès la fin du mois de juin.