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Point de vue – Tunisie. Le racisme, signe d’un malaise social

Le racisme traverse une partie de la société tunisienne, inquiète de la présence dans le pays de migrants subsahariens en situation irrégulière. Ce racisme est-il conscient de la nature de l’identité tunisienne ? A-t-il des chances de résoudre les grands…

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À Nabeul, les vergers d’agrumes au bord de la rupture malgré des réserves hydriques au maximum

Le paradoxe est saisissant. À Nabeul, les barrages débordent presque, mais dans les vergers, les agrumes commencent à manquer d’eau. Dans les principales zones agrumicoles du gouvernorat — Soliman, Béni Khalled, Menzel Bouzelfa et Bou Argoub — la campagne agricole 2026 se déroule sous haute tension. Alors que les précipitations abondantes de ces derniers mois...

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Kaïs Saïed veut régulariser tous les migrants subsahariens ? C’est faux

Une publication partagée sur Facebook par la page « 30 Sec » a suscité de nombreuses réactions. La publication affirme, sous la mention « Urgent », que le président Kaïs Saïed aurait demandé « la protection immédiate des migrants africains en situation irrégulière, leur emploi et l’octroi d’une carte de séjour permanente ». La publication...

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Un nouveau grand cru pour rehausser l’offre des tables de prestige

A travers son Château Sainte Marguerite, le groupe Pernod Ricard, arrivé il y a 8 mois en Tunisie, pourrait trouver sa place dans l’offre des hôtels et restaurants.

Contrairement aux habitudes de consommation à l’international, la tendance en matière de vins en Tunisie serait, en termes de préférences, plus importante d’abord sur le rosé, suivie du blanc puis du rouge.

Cette affirmation provient du Country Manager du groupe Pernod Ricard pour la Tunisie, Valentin Tachaout, qui estime qu’il y a un «énorme potentiel» pour les vins étrangers dans le pays. Autre constat, celui du gap entre les vins premium produits localement et les vins étrangers, ce qui constitue «une opportunité exceptionnelle à saisir».

Cette appréciation a encouragé le groupe à introduire sur le marché le Château Sainte Marguerite, un rosé qui se positionne comme un grand cru classé Côte de Provence et qui a été présenté lors d’une soirée à l’hôtel The Nine Lifetyle Experience à Tunis, en présence de Jean-Paul Dumas, qui en est l’ambassadeur Monde et Mehdi Touhami, représentant des marques de Pernod Ricard en Afrique (photo ci-dessus).

Elégance et appétence

Ce produit, né de l’équilibre entre 3 cépages, pourrait contribuer à élever l’exigence et le raffinement des cartes des établissements haut de gamme en Tunisie, que ce soit les hôtels ou les restaurants.

Ce cru sera d’ailleurs accompagné d’un rituel de service puisque les ice buckets (ou seaux à glace) pour accompagner le service de ce vin ont été confectionnés en céramique en forme de marguerite et commandés auprès de potiers de Nabeul outre des verres personnalisés par un artiste reprenant l’image de la marguerite.

La promotion du produit se fera durant les mois d’été à Tunis, Hammamet, Sousse et Djerba auprès de 4 établissements partenaires. A consommer avec modération.

Publi-information

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Financement suisse disponible pour les entreprises tunisiennes: voici les critères de sélection

Un nouveau dispositif de financement vise à soutenir les entreprises tunisiennes ayant un lien économique avec la Suisse et déjà actives sur le marché, à travers un prêt compris entre 300 000 et 1 million de francs suisses, sans dilution du capital.

L’initiative est portée par le SECO Startup Fund, rattaché au Secrétariat d’État à l’Économie (SECO), dans une logique de soutien aux entreprises opérant dans les marchés émergents et générant un impact économique ou social. Ce mécanisme s’adresse à des entreprises déjà en phase de revenus, ce qui signifie qu’elles doivent avoir un modèle économique déjà opérationnel. Le dispositif se distingue par une approche non dilutive, ce qui permet aux entrepreneurs de financer leur croissance sans céder de parts de capital.

Les conditions d’accès exigent également un lien significatif avec la Suisse. Celui-ci peut prendre plusieurs formes: présence d’investisseurs suisses, partenariats commerciaux, fournisseurs, clients ou actionnaires liés au marché helvétique. Les entreprises doivent en parallèle être actives en Tunisie et démontrer un impact positif dans les marchés émergents.

Les montants proposés s’étendent de 300 000 à 1 000 000 CHF, avec des durées de remboursement flexibles allant de 2 à 5 ans. Ce positionnement place le dispositif comme une solution intermédiaire entre financement bancaire classique et capital-investissement. Pour les startups et PME tunisiennes, ce type de financement ouvre une fenêtre stratégique, notamment pour celles qui cherchent à accélérer leur développement international tout en conservant leur structure de capital.

Les informations et conditions de candidature sont disponibles via le lien officiel du programme SECO Startup Fund Application. Ce dispositif s’inscrit dans la continuité des initiatives économiques soutenues par les acteurs suisses en Tunisie, notamment via l’ambassade de Suisse en Tunisie, qui accompagne les dynamiques de coopération économique entre les deux pays.

 

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Tunisie–Suède : une vidéo célèbre l’amitié avant le choc sportif

Dans une ambiance résolument conviviale et sportive, une courte vidéo diffusée, mardi 9 juin 2026, par l’ambassade de Suède en Tunisie a mis en scène un moment symbolique fort à l’approche du match très attendu entre la Tunisie et la Suède. On y voit six personnes s’enlacer chaleureusement : trois arborant le maillot de l’équipe...

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Tunisie-Algérie: vers un nouveau câble sous-marin vers l’Italie?

L’Algérie et la Tunisie étudient la création d’une nouvelle liaison sous-marine en fibre optique vers l’Italie, destinée à renforcer leurs capacités de transmission de données et à sécuriser leurs échanges numériques avec l’Europe. L’information a été révélée à l’issue de la 4ᵉ session de la Commission technique mixte algéro-tunisienne sur les télécommunications, tenue à Tunis, selon les données rapportées par l’Agence Ecofin.

Cette réflexion intervient dans un contexte où les infrastructures numériques deviennent un enjeu stratégique majeur. Aujourd’hui, plus de 95% du trafic Internet mondial transite par des câbles sous-marins, ce qui en fait des points névralgiques pour les économies numériques. Toute rupture ou saturation peut provoquer des perturbations importantes sur les services financiers, les plateformes cloud ou encore les communications institutionnelles.

Dans ce cadre, Alger et Tunis cherchent moins à créer une simple connexion supplémentaire qu’à multiplier les routes d’acheminement des données. L’objectif est de réduire la dépendance à quelques corridors existants et d’améliorer la continuité de service en cas d’incident technique ou géopolitique.

Les deux pays disposent déjà de plusieurs accès internationaux. L’Algérie est connectée à l’Europe notamment via des liaisons vers l’Espagne et la France, tandis que la Tunisie bénéficie de plusieurs câbles sous-marins en Méditerranée et participe à des projets régionaux comme Medusa, un réseau de 8 760 km reliant plusieurs pays du bassin méditerranéen.

L’enjeu du futur câble vers l’Italie serait donc davantage stratégique que capacitaire. Il s’agirait d’ajouter une route directe supplémentaire vers les principaux hubs numériques européens, dans un contexte où la demande en bande passante augmente sous l’effet de la généralisation du cloud, de la digitalisation des services publics et de l’essor de l’intelligence artificielle.

Au-delà de l’infrastructure sous-marine, les discussions entre les deux pays ont également porté sur des sujets opérationnels comme la réduction des coûts du roaming mobile, la coordination des réseaux aux zones frontalières et le développement de solutions liées aux communications par satellite et à l’Internet des objets.

Cette dynamique s’inscrit dans une stratégie plus large visant à positionner l’Afrique du Nord comme un espace de transit numérique entre l’Europe et le continent africain, selon les informations rapportées par l’Agence Ecofin.

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Le grand requin blanc réapparaît en Méditerranée

Une découverte aussi spectaculaire qu’inattendue vient de bouleverser la communauté scientifique. Au large de la Méditerranée, des plongeurs ont réussi à filmer ce qui pourrait être une première mondiale : un grand requin blanc adulte évoluant dans son habitat naturel sous les eaux méditerranéennes. « C’était vraiment quelque chose de spécial », ont confié les...

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Semaine de la diplomatie canadienne en Tunisie: 60 ans de présence, 60 ans de proximité

Le Canada célèbre cette année le 60ᵉ anniversaire de l’ouverture de son ambassade en Tunisie, première représentation canadienne au Maghreb. À l’occasion de la Semaine de la diplomatie canadienne, l’ambassade du Canada à Tunis met en lumière plus de six
décennies de relations bilatérales fondées sur l’amitié, la coopération et les échanges humains. Un programme célébrant 60 ans de présence canadienne en Tunisie. La Semaine s’ouvrira par une réception officielle réunissant partenaires tunisiens, communauté internationale et acteurs clés de la relation bilatérale, dans un esprit de célébration et de rapprochement. Tout au long de la Semaine, plusieurs initiatives seront mises en avant à l’ambassade afin de refléter les multiples visages que revêt la diplomatie:

Parcours visuel et culturel:

  • Les 13 drapeaux des provinces et territoires canadiens flotteront à l’extérieur de l’ambassade, au-dessus d’une mini-exposition photo retraçant 100 ans de mouvements artistiques au Canada.

  • Une exposition dédiée aux 60 ans de présence canadienne en Tunisie rappellera quelques moments marquants: visites officielles, participation tunisienne à Expo 67, premier vol direct Tunis-Montréal en 2014, etc.

Échanges économiques et commerciaux:

  • Une vitrine du commerce bilatéral présentera des produits et services illustrant la vitalité des échanges entre les deux pays et le Réseau tuniso-canadien des affaires (RTCA) tiendra un événement réunissant la communauté d’affaires tuniso-canadienne.

Mobilité, éducation et partenariats:

  • Le bureau d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) mènera des rencontres avec l’Alliance française et l’Université Centrale pour promouvoir les possibilités d’études et de migration au Canada.

  • Une activité «Art, design et diplomatie» réunira étudiants et enseignants autour du rôle de la diplomatie culturelle.

Coopération et développement:

  • Un marché solidaire mettra en avant des femmes artisanes tunisiennes, et de belles histoires de réussite de la coopération tuniso-canadienne seront mises en lumière.

Culture et défense:

  • Un concert jazz tuniso-canadien réunira la trompettiste Rachel Therrien et le pianiste Omar El Ouaer et une exposition présentera les engagements passés, présents et futurs des Forces armées canadiennes. 

L’exposition extérieure, installée tout au long de la Semaine sur les murs de l’ambassade, offrira au public l’occasion de découvrir la richesse des mouvements artistiques canadiens. Les expositions et activités organisées à l’intérieur de la chancellerie seront sur invitation seulement et viseront toute une série de publics variés.

Ensemble, de concert avec nos partenaires, nous espérons que cette Semaine pourra mettre en lumière toutes les facettes de la diplomatie tuniso-canadienne et la diversité des échanges qui unissent nos deux pays.

 

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Le couscous n’est jamais seulement un couscous

À travers les recettes familiales, les produits rapportés du pays d’origine ou les plats partagés sur les réseaux sociaux se joue bien plus qu’une simple histoire de goût. Transmission, mémoire, identité, attachement aux territoires : la cuisine raconte des parcours…

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Inflation — Ridha Chkoundali : une famille tunisienne a besoin d’au moins 5500 dinars par mois pour vivre dignement

Malgré un taux d’inflation qui demeure relativement stable, les signaux envoyés par l’économie tunisienne restent préoccupants. Invité à commenter les dernières données publiées par l’Institut national de la statistique (INS), l’économiste et universitaire Ridha Chkoundali a alerté, mardi 9 juin 2026, sur un changement de tendance de l’inflation, ainsi que sur les risques liés aux...

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Tunisie. L’incarcération de neuf lycéens relance le débat sur la criminalisation de la triche au bac

À quelques heures de la fin de la session principale du baccalauréat 2026, une affaire survenue dans le gouvernorat de Siliana continue d’alimenter les discussions dans le pays, bien au-delà des salles d’examen.   Neuf candidats au bac ont été…

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Des hommes d’affaires brésiliens à la recherche d’opportunités d’investissement en Tunisie

En visite en Tunisie du 6 au 9 juin 2026, le président de la Chambre de commerce arabo-brésilienne, William Adib Dib, conduit une délégation d’hommes d’affaires brésiliens venue explorer de nouvelles opportunités de coopération, de partenariat et d’investissement entre la Tunisie et le Brésil. Une mission économique qui reflète l’intérêt croissant des entreprises brésiliennes pour le marché tunisien et plusieurs secteurs à fort potentiel.

La coopération économique entre la Tunisie et le Brésil pourrait franchir une nouvelle étape. Reçu lundi par le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, le président de la Chambre de commerce arabo-brésilienne, William Adib Dib, a réaffirmé la volonté de son institution de soutenir les efforts visant à renforcer les relations économiques entre les deux pays.

Selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères, la rencontre a permis de passer en revue l’état des échanges commerciaux et des partenariats économiques tuniso-brésiliens, ainsi que les perspectives de leur développement. Les discussions ont notamment porté sur les moyens d’accroître les échanges commerciaux, d’encourager les investissements et de favoriser les partenariats entre les opérateurs économiques des deux pays.

À cette occasion, Mohamed Ali Nafti a souligné l’importance du marché brésilien pour les exportations tunisiennes. Il a particulièrement mis en avant la décision du gouvernement brésilien d’exonérer de droits de douane les importations d’huile d’olive vierge depuis le 14 mars 2025, estimant que cette mesure est de nature à renforcer la présence des produits tunisiens sur ce marché de plus de 200 millions de consommateurs et à ouvrir de nouvelles perspectives aux exportateurs nationaux.

Le ministre a également salué le rôle de la Chambre de commerce arabo-brésilienne dans le rapprochement entre les milieux d’affaires des deux pays, notamment à travers la facilitation des échanges, l’accès aux marchés et la promotion des investissements.

Par ailleurs, il a mis en valeur la participation tunisienne à la 40e édition du Salon international de l’industrie alimentaire et des boissons, organisée à São Paulo du 18 au 21 mai 2026. Le pavillon tunisien y a accueilli 16 entreprises spécialisées notamment dans l’exportation d’huile d’olive et de dattes, deux produits phares de l’offre tunisienne à l’international.

Les deux parties ont également évoqué les perspectives de diversification de la coopération économique, en particulier dans les secteurs des industries agroalimentaires, des engrais et des énergies renouvelables. Elles ont souligné l’importance de renforcer le dialogue entre les acteurs économiques et d’organiser de nouvelles missions d’affaires ainsi que des forums économiques conjoints au cours des prochains mois.

La visite de William Adib Dib et de la délégation d’hommes d’affaires brésiliens s’inscrit dans cette dynamique de rapprochement économique, avec pour objectif d’identifier de nouvelles opportunités d’investissement et de bâtir des partenariats durables entre les entreprises tunisiennes et brésiliennes.

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DECRYPTAGE – Quand l’inflation ralentit mais que la vie continue de coûter plus cher

La Tunisie entre soulagement statistique et inquiétude quotidienne. Vivre deux réalités économiques parallèles ?

La première est celle des tableaux de bord, des rapports officiels, des courbes et des indicateurs. Dans cette réalité-là, la Tunisie de 2026 semble progressivement sortir d’une zone de fortes turbulences. La croissance économique retrouve des couleurs, les réserves en devises se renforcent, le déficit courant s’améliore et l’inflation, qui avait atteint des niveaux particulièrement préoccupants il y a quelques années, paraît désormais sous contrôle.

La seconde réalité est celle que vivent les ménages. Elle se mesure moins en points de PIB qu’en dinars dépensés au marché. Elle s’observe dans l’hésitation d’une mère de famille devant l’étal du boucher, dans le calcul minutieux d’un retraité au moment de remplir son panier ou dans les sacrifices silencieux d’un salarié qui renonce à certaines dépenses pour préserver l’essentiel.

Entre ces deux réalités se dessine aujourd’hui l’un des grands paradoxes économiques tunisiens. Le 3 juin 2026, le Conseil d’administration de la Banque centrale de Tunisie a décidé de maintenir son taux directeur à 7 %. Une décision prudente qui reflète à la fois les progrès accomplis et les risques qui demeurent.

Quelques jours plus tard, les chiffres de l’inflation confirmaient une stabilisation à 5,5 %. Pourtant, dans les foyers tunisiens, le sentiment dominant reste celui d’une vie toujours plus chère. Cette contradiction n’est pas une illusion. Elle constitue au contraire l’un des principaux défis économiques et sociaux du pays.

 

Le retour progressif des équilibres macroéconomiques

Pendant plusieurs années, l’économie tunisienne a évolué sous la pression simultanée de crises multiples : pandémie, perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales, guerre en Ukraine, tensions énergétiques, sécheresse et ralentissement économique international. Dans un tel contexte, la priorité des autorités économiques est devenue la préservation des grands équilibres.

À cet égard, plusieurs signaux sont aujourd’hui encourageants. La croissance économique a atteint 2,6 % au premier trimestre 2026, contre seulement 1,6 % un an auparavant. Le secteur des services retrouve une certaine dynamique, l’agriculture bénéficie d’une amélioration relative de ses performances et plusieurs branches industrielles démontrent une capacité de résistance appréciable malgré un environnement encore complexe.

Le secteur extérieur offre également des motifs de satisfaction. Les recettes touristiques, les revenus des Tunisiens résidant à l’étranger et l’amélioration de la balance des services contribuent à limiter les effets du déficit commercial. Les réserves en devises dépassent désormais les cent jours d’importation, renforçant ainsi la résilience financière du pays.

Pour les économistes, ces évolutions constituent des indicateurs importants. Elles témoignent d’une économie qui, sans être sortie de toutes ses fragilités, semble avoir retrouvé une partie de sa stabilité. Mais une question demeure : cette amélioration est-elle ressentie par la population ?

Le grand malentendu de l’inflation

L’une des difficultés majeures des débats économiques réside dans la compréhension du phénomène inflationniste. Lorsque les médias annoncent que l’inflation « ralentit », beaucoup de citoyens ont l’impression que les prix devraient diminuer. Or ce n’est pas ce que signifie le chiffre. Une inflation de 5,5 % signifie que les prix continuent d’augmenter. Ils augmentent simplement moins vite qu’auparavant.

Cette nuance, qui paraît technique, est fondamentale. Prenons un exemple simple. Si un produit coûtait 100 dinars et que son prix augmentait de 10 %, il passerait à 110 dinars. Si l’année suivante l’inflation ralentit à 5 %, son prix ne revient pas à 100 dinars ; il monte à 115,5 dinars. Autrement dit, même lorsque l’inflation ralentit, la vie continue de devenir plus chère.

C’est précisément ce que vivent aujourd’hui les ménages tunisiens. Les statistiques indiquent une stabilisation de l’inflation globale. Mais cette stabilisation intervient après plusieurs années d’augmentation continue des prix. Le pouvoir d’achat a déjà subi une érosion importante et les ménages continuent d’en ressentir les conséquences.

Quand l’alimentation devient le cœur du problème

Là où le décalage entre les statistiques et le vécu devient le plus visible, c’est dans l’alimentation. Les chiffres publiés par l’INS révèlent une réalité particulièrement préoccupante : alors que l’inflation générale se situe à 5,5 %, les prix des produits alimentaires augmentent encore de 8,2 % sur un an. Plus inquiétant encore, plusieurs produits essentiels enregistrent des hausses à deux chiffres.

La viande ovine progresse de plus de 21 %, la volaille de près de 16 %, la viande bovine de plus de 14 %, tandis que les légumes, les fruits et le poisson continuent d’augmenter à des rythmes dépassant largement l’inflation moyenne.

Ces chiffres ne sont pas anodins. Dans les pays développés, les dépenses alimentaires représentent généralement une part relativement limitée du budget des ménages. En Tunisie, comme dans de nombreux pays émergents, elles occupent une place beaucoup plus importante. Lorsque les prix alimentaires augmentent plus vite que les revenus, les ménages n’ont souvent d’autre choix que de réduire leur consommation ou de sacrifier d’autres dépenses essentielles. C’est ainsi que l’inflation cesse d’être un simple indicateur économique pour devenir un phénomène social.

L’Aïd et le révélateur du pouvoir d’achat

Certaines statistiques parlent aux économistes. D’autres parlent directement à la société. Les difficultés rencontrées cette année par de nombreuses familles pour acquérir un mouton à l’occasion de l’Aïd El-Kébir constituent sans doute l’un des indicateurs les plus révélateurs de l’état réel du pouvoir d’achat. Au-delà de sa dimension religieuse, l’Aïd représente un moment de cohésion sociale et familiale profondément ancré dans la culture tunisienne.

Lorsque des milliers de familles se trouvent contraintes de renoncer à cette tradition ou de la réduire considérablement, le phénomène dépasse largement la question économique. Il traduit un sentiment diffus de déclassement. Il rappelle que derrière les chiffres de l’inflation se cachent des réalités humaines, des arbitrages douloureux et parfois des frustrations profondes. L’économie n’est jamais uniquement une affaire de pourcentages. Elle touche directement aux modes de vie, aux habitudes et aux repères sociaux.

Les limites de la politique monétaire

Face à cette situation, la décision de la Banque Centrale de maintenir son taux directeur à 7 % apparaît cohérente. L’institution cherche à préserver sa crédibilité et à empêcher une nouvelle accélération de l’inflation. Elle agit conformément aux principes qui guident aujourd’hui la plupart des banques centrales à travers le monde. Mais cette décision met également en lumière les limites de l’outil monétaire.

Depuis plusieurs décennies, les économistes débattent du véritable pouvoir des banques centrales face aux chocs inflationnistes. Les monétaristes, inspirés notamment par les travaux de l’économiste Milton Friedman, considèrent que l’inflation est essentiellement un phénomène monétaire et que son contrôle passe par une gestion rigoureuse de la masse monétaire et des taux d’intérêt.

D’autres économistes, notamment les héritiers de la pensée de John Maynard Keynes, soulignent que certaines formes d’inflation proviennent de facteurs structurels sur lesquels les banques centrales disposent d’une influence limitée.

Le cas tunisien semble aujourd’hui illustrer cette seconde situation. La hausse des prix alimentaires est liée à des facteurs complexes : coûts de production, circuits de distribution, logistique, spéculation, dépendance énergétique, aléas climatiques et évolution des marchés internationaux. Aucune augmentation de taux d’intérêt ne peut produire davantage de viande, de légumes ou de poisson. Aucune décision monétaire ne peut, à elle seule, résoudre les problèmes structurels de productivité ou d’organisation des filières agricoles. La politique monétaire peut freiner l’incendie. Elle ne peut pas reconstruire la maison.

Les anticipations inflationnistes : le combat invisible

L’une des raisons qui expliquent la prudence de la Banque centrale réside dans un phénomène moins visible mais particulièrement important : les anticipations inflationnistes. Dans la pensée économique moderne, les prix d’aujourd’hui sont influencés par les attentes de demain. Si les producteurs pensent que leurs coûts vont augmenter, ils augmentent leurs prix immédiatement. Si les salariés craignent une poursuite de l’inflation, ils réclament des hausses salariales plus importantes. Si les commerçants anticipent de nouvelles tensions sur les marchés, ils ajustent leurs tarifs en conséquence.

Peu à peu, l’inflation se nourrit elle-même. C’est pourquoi les banques centrales accordent une importance croissante à leur crédibilité. Leur objectif n’est plus seulement de combattre l’inflation actuelle, mais aussi de convaincre les acteurs économiques que l’inflation future restera maîtrisée. Le maintien du taux directeur à 7 % s’inscrit précisément dans cette logique.

Entre stabilité financière et stabilité sociale

L’histoire économique regorge d’exemples où les équilibres financiers ont été restaurés sans que les tensions sociales ne disparaissent pour autant. La raison est simple. La stabilité macroéconomique constitue une condition nécessaire au développement, mais elle n’est pas une condition suffisante. Une inflation maîtrisée ne garantit pas automatiquement une amélioration du niveau de vie. Une croissance économique ne garantit pas nécessairement une meilleure répartition des richesses. Des réserves en devises plus élevées ne signifient pas automatiquement un panier moins cher pour les ménages. Le véritable défi consiste à transformer les progrès macroéconomiques en amélioration tangible des conditions de vie. Or c’est précisément sur ce terrain que se jouera l’avenir économique de la Tunisie au cours des prochaines années.

Le défi de la prospérité partagée

Les débats économiques contemporains convergent de plus en plus vers une même interrogation : comment faire en sorte que la stabilité produise du bien-être ? Après plusieurs années consacrées à la restauration des équilibres, la Tunisie entre progressivement dans une nouvelle phase. L’enjeu n’est plus seulement de contenir l’inflation ou de protéger les réserves de change.

Il s’agit désormais d’améliorer la productivité agricole, de réduire les coûts de distribution, de renforcer la concurrence, de lutter contre les rentes et les comportements spéculatifs, de stimuler l’investissement et d’accroître les revenus réels des ménages. Autrement dit, il s’agit de faire en sorte que les performances de l’économie nationale se traduisent concrètement dans la vie quotidienne des citoyens.

Car au bout du compte, les populations ne jugent pas une économie à travers les communiqués des banques centrales ou les statistiques des comptes nationaux. Elles la jugent à travers leur capacité à vivre dignement, à nourrir leur famille, à préparer l’avenir de leurs enfants et à préserver leurs habitudes de vie.

 

La Tunisie de 2026 semble avoir remporté une partie importante de la bataille de la stabilité. Mais la bataille du pouvoir d’achat, de l’inclusion économique et de la prospérité partagée reste encore devant elle. Et c’est probablement cette bataille-là qui déterminera la véritable réussite du redressement économique en cours.

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(**)Références :

https://www.ins.tn/

https://www.bct.gov.tn/bct/siteprod/actualites.jsp?id=1251

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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Paiement digital : FLOUCI s’intègre à Shopify, une première en Tunisie

 Flouci, l’entreprise fintech spécialisée dans le développement de solutions financières digitales, annonce le lancement de son plugin de paiement pour Shopify, une première en Tunisie permettant aux marchands d’activer un moyen d’encaissement en ligne directement sur leur boutique.

Une nouvelle solution pour simplifier le paiement en ligne

Une solution Flouci pour Shopify permet aux e-commerçants tunisiens d’intégrer une solution de paiement directement sur leur boutique en ligne et d’accepter des paiements par cartes nationales et internationales et wallets (comme la wallet Flouci). Cette intégration a été conçue pour être simple et rapide à mettre en place, sans développement technique ni intervention d’un développeur, permettant aux marchands de configurer leur solution d’encaissement de manière autonome et en quelques clics.

Un écosystème e-commerce élargi

Avec ce lancement, Flouci complète son écosystème de solutions de paiement destinées aux plateformes e-commerce. L’entreprise propose déjà des plugins compatibles avec WooCommerce, PrestaShop et Converty, permettant aux marchands utilisant ces différentes plateformes d’intégrer facilement une solution d’encaissement en ligne. L’ajout de Shopify permet désormais de couvrir les principales plateformes e-commerce utilisées en Tunisie et d’offrir aux marchands une solution cohérente quel que soit leur environnement technique.

Une solution de paiement régulée par la Banque Centrale

Flouci opère en tant que facilitateur de paiement autorisé par la Banque Centrale de Tunisie. La solution est conforme aux standards de sécurité PCI DSS (depuis novembre 2023) et s’inscrit dans le cadre réglementaire applicable aux services de paiement électroniques en Tunisie, garantissant la sécurité et la conformité des transactions effectuées via la plateforme.

Une expérience de paiement familière pour les utilisateurs

Flouci est déjà utilisé par des utilisateurs en Tunisie pour effectuer leurs paiements au quotidien via son application mobile, avec près de 500 000 téléchargements et plus de 140 000 comptes ouverts. Cette adoption permet aux marchands d’intégrer une solution de paiement déjà connue d’une partie de leurs clients, contribuant ainsi à fluidifier l’expérience de paiement en ligne et à renforcer la confiance lors des transactions.

Une solution pensée pour les besoins des marchands

Ce nouveau plugin s’inscrit dans la volonté de Flouci de proposer des solutions permettant aux entreprises de simplifier l’accès au paiement en ligne. Il permet aux marchands de mettre en place un moyen d’encaissement sur leur boutique sans complexité technique, de gérer leurs paiements de manière digitale et d’activer rapidement une solution adaptée aux usages e-commerce. Cette approche s’inscrit dans une vision plus large : la solution aide les commerçants à s’affranchir du système peu fiable du paiement à la livraison et à mieux gérer leur logistique.

À propos de Flouci

Flouci (By Kaoun) est une entreprise fintech basée à Tunis, Tunisie, spécialisée dans le développement de solutions financières digitales visant à faciliter l’accès aux services financiers pour les particuliers et les entreprises et à accompagner la transformation numérique des paiements.

Site web : https://flouci.com/
Lien de téléchargement : https://onelink.to/flouci

Communiqué

 

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Fiat dévoile les Grizzly et Grizzly Fastback, son nouveau tandem familial pour conquérir le segment C

Après avoir signé son retour sur le segment des véhicules familiaux accessibles avec la Grande Panda, Fiat poursuit son offensive avec deux nouvelles propositions : les Grizzly et Grizzly Fastback. Dévoilés à travers une première image officielle, ces deux modèles viendront renforcer la présence de la marque sur le segment C, l’un des plus stratégiques...

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Virements, lettres de change, chèques et cash : les réserves de Sofiene Weriemi

Les statistiques du premier trimestre 2026 publiées par la Banque centrale de Tunisie confirment la profonde mutation du paysage des paiements. Si le recul du chèque et la progression des virements apparaissent désormais incontestables, l’expert-comptable Sofiene Weriemi estime que plusieurs questions demeurent ouvertes, notamment sur la place persistante des espèces et sur la capacité des...

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IPSI : après 30 ans d’attente, une licence en médias numériques voit le jour

Le Conseil des universités vient d’approuver la création d’une nouvelle licence nationale « Médias et narrations numériques » à l’Institut de presse et des sciences de l’information (IPSI). C’est la première nouvelle formation de ce niveau ouverte par l’établissement depuis trois décennies.

La même instance a simultanément validé la réhabilitation des deux licences nationales existantes, en journalisme et en communication. L’IPSI dispose ainsi d’un portefeuille de trois licences nationales.

La nouvelle formation cible les métiers liés aux plateformes et aux systèmes de communication numérique, un secteur en profonde mutation. L’Institut la présente comme un axe central de sa stratégie d’adaptation aux évolutions de l’environnement médiatique et communicationnel. L’annonce a été faite par la direction de l’IPSI le 7 juin 2026.

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Sabri Lamouchi : « On veut être fier de notre Coupe du monde »

Sabri Lamouchi, choisi le 14 janvier pour prendre les commandes des Aigles de Carthage, veut relancer la dynamique de la sélection tunisienne. À l’approche de la World Cup 2026, le sélectionneur de 54 ans assume l’ampleur du défi mais affiche…

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Désabusé par le « blocage systémique », Hassen Jarboui envisage de quitter le Parlement

La démission de Hassen Jarboui de la présidence de la Commission de l’agriculture, de la sécurité alimentaire, du commerce et des services connexes continue de faire des vagues. Invité lundi sur Diwan FM, le député est revenu en détail sur les raisons de son départ, dressant un réquisitoire sévère contre ce qu’il décrit comme un...

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