Point de vue – Tunisie. Le racisme, signe d’un malaise social
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L’Union européenne s’apprête à franchir une étape majeure dans sa politique migratoire. À partir de ce vendredi 12 juin 2026, l’essentiel du nouveau Pacte européen sur la migration et l’asile entrera en application dans les États membres. Adoptée en 2024 après plusieurs années de négociations, cette réforme vise à harmoniser les procédures d’asile, renforcer les contrôles aux frontières extérieures de l’Union et instaurer un nouveau mécanisme de solidarité entre les pays européens. Une évolution qui devrait également se traduire par une accélération des procédures de retour pour les personnes déboutées du droit d’asile.
Le Pacte européen sur la migration et l’asile se compose de neuf règlements et d’une directive destinés à remplacer ou à réformer plusieurs dispositifs existants, notamment le système dit « Dublin », qui attribuait la responsabilité de l’examen d’une demande d’asile au premier pays d’entrée dans l’Union européenne.
L’objectif affiché par Bruxelles est de mettre en place un cadre commun permettant une gestion plus uniforme des demandes d’asile à l’échelle européenne. Les nouvelles règles instaurent notamment un filtrage systématique des migrants à leur arrivée aux frontières extérieures de l’Union. Durant cette phase, les autorités procéderont à l’identification des personnes, à la collecte de leurs données biométriques et à des vérifications sécuritaires avant l’orientation vers une procédure d’asile ou de retour.
Le fichier Eurodac, qui centralise les données relatives aux demandeurs d’asile et aux franchissements irréguliers des frontières, sera également renforcé afin de faciliter le suivi des parcours migratoires au sein de l’Union.
L’un des changements les plus significatifs concerne la création d’une procédure d’asile accélérée aux frontières pour certaines catégories de migrants. Les demandes considérées comme ayant peu de chances d’aboutir pourront être examinées directement dans des centres situés aux frontières extérieures de l’Union, sans que les personnes concernées soient admises sur le territoire national de manière classique.
Les autorités européennes estiment que cette mesure permettra de réduire les délais de traitement des dossiers et d’accélérer les décisions concernant les personnes ne remplissant pas les critères de protection internationale. Les procédures de retour devraient ainsi être davantage intégrées au processus d’examen des demandes d’asile.
Cette évolution explique pourquoi plusieurs observateurs anticipent une hausse du nombre d’expulsions dans les années à venir, les États membres disposant d’outils juridiques et administratifs plus rapides pour traiter les dossiers des personnes déboutées.
Le Pacte introduit également un mécanisme de solidarité destiné à mieux répartir la charge migratoire entre les États membres. Les pays situés aux frontières extérieures de l’Union, comme l’Italie, la Grèce ou l’Espagne, réclamaient depuis plusieurs années un partage plus équilibré des responsabilités en matière d’accueil des demandeurs d’asile.
Désormais, les autres États membres devront contribuer à cet effort soit en accueillant une partie des demandeurs d’asile, soit en apportant un soutien financier ou opérationnel aux pays sous pression migratoire. Ce principe de « solidarité flexible » constitue l’un des compromis majeurs ayant permis l’adoption du Pacte.
Si les institutions européennes présentent cette réforme comme un moyen de mieux maîtriser les flux migratoires tout en garantissant le droit d’asile, le Pacte reste fortement contesté. Certaines organisations de défense des migrants dénoncent un durcissement des politiques migratoires européennes et s’inquiètent du recours accru aux procédures à la frontière ainsi que du risque de restrictions supplémentaires pour les demandeurs d’asile.
À l’inverse, plusieurs gouvernements et responsables politiques considèrent que ces nouvelles règles permettront de renforcer le contrôle des frontières extérieures de l’Union et de limiter les mouvements secondaires de migrants entre les États membres.
Avec son entrée en vigueur prévue le 12 juin 2026, le Pacte européen sur la migration et l’asile marque l’une des réformes les plus importantes du système migratoire européen depuis plus d’une décennie.
Entre harmonisation des procédures, renforcement des contrôles aux frontières et nouvelle répartition des responsabilités entre États membres, l’Union européenne espère répondre à la fois aux défis migratoires et aux tensions politiques qui ont marqué les dernières années. Reste à savoir si cette réforme parviendra à concilier efficacité administrative, solidarité européenne et respect des droits fondamentaux des personnes en quête de protection.
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La question des migrants subsahariens continue d’alimenter une tension grandissante en Tunisie, dans un climat marqué par la circulation massive de vidéos violentes sur les réseaux sociaux, l’absence de données officielles précises et la multiplication des discours contradictoires autour de la situation sur le terrain.
Depuis plusieurs semaines, de nombreuses séquences relayées sur Facebook, TikTok et d’autres plateformes montrent des agressions visant des migrants subsahariens dans différentes régions du pays. D’autres vidéos, largement partagées également, montrent des altercations impliquant des migrants accusés par certains internautes de menaces, de provocations ou d’actes de violence contre des Tunisiens. Dans plusieurs cas, l’authenticité, la date ou le contexte exact de ces contenus restent difficiles à vérifier, alimentant un climat de tension et de méfiance généralisée.
Des ONG tunisiennes et internationales alertent de leur côté sur un risque réel de dégradation de la situation. Des associations évoquent une montée des discours haineux et de la désinformation autour de la migration irrégulière, estimant que les réseaux sociaux jouent un rôle majeur dans l’exacerbation des tensions. Le média Nawaat évoquait récemment « une spirale de violences et de désinformation » autour de la question migratoire en Tunisie.
Parallèlement, les autorités tunisiennes mettent régulièrement en avant les opérations de retour volontaire menées avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Selon des chiffres relayés en mars 2026, plus de 21 000 migrants subsahariens auraient bénéficié du programme de retour volontaire depuis 2022.
Toujours selon ces données, 1 262 migrants auraient quitté la Tunisie via ce mécanisme depuis le début de l’année 2026, tandis que le gouvernement ambitionnerait d’atteindre 10 000 retours volontaires cette année. Les autorités tunisiennes insistent régulièrement sur leur refus de voir la Tunisie devenir « une terre d’installation » pour les migrants en situation irrégulière.
Mais malgré ces annonces, plusieurs zones d’ombre persistent. Aucun chiffre officiel consolidé n’existe actuellement concernant le nombre exact de migrants subsahariens présents sur le territoire tunisien. Les estimations varient fortement selon les sources, tandis que les données officielles demeurent fragmentaires.
Cette absence de statistiques précises contribue à alimenter les spéculations et les tensions dans l’opinion publique. Sur les réseaux sociaux, certaines publications évoquent une « explosion » du nombre de migrants, tandis que d’autres dénoncent une instrumentalisation politique et médiatique du dossier.
La situation rappelle également les graves tensions enregistrées à Sfax en 2023 après la mort d’un Tunisien lors d’affrontements avec des migrants subsahariens. Ces événements avaient été suivis de violences, d’expulsions et d’importantes opérations sécuritaires.
Plusieurs observateurs estiment aujourd’hui que le climat reste extrêmement fragile. Entre pression migratoire, crise économique, saturation des réseaux sociaux par les contenus polarisants et manque de communication chiffrée claire, le dossier migratoire demeure l’un des sujets les plus explosifs en Tunisie.
Dans ce contexte, ONG et acteurs de la société civile appellent à éviter les amalgames et les campagnes de haine, tout en réclamant davantage de transparence sur les chiffres réels de la migration irrégulière, les conditions de vie des migrants et les mécanismes de retour volontaire actuellement en place.
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La Tunisie subit les conséquences d’une route migratoire subsaharienne globale orientée vers l’Europe, alors qu’elle n’est ni le point de départ initial de ces populations ni leur destination finale recherchée. Elle est totalement étrangère aux facteurs de départ et ne doit sa centralité qu’à son attractivité de pont avec l’UE. Cela, Bruxelles le sait bien, mais dans sa stratégie d’externalisation de ses frontières, elle feint de l’ignorer. (Photo: La grande concentration de migrants subsahariens dans plusieurs régions de la Tunisie, y compris dans la capitale et ses environs, pose de gros problèmes sociaux, sanitaires et sécuritaires que les autorités ont du mal à gérer. La colère gronde parmi la population).
Ali Labib *
Pour obtenir la coopération des États tiers, l’Union européenne (UE) déploie une stratégie d’externalisation de la gestion de ses frontières fondée sur le principe de conditionnalité (mécanisme des «incitations et contraintes»). Ce dispositif articule des leviers positifs tels que l’aide au développement et la facilitation des visas professionnels ou étudiants et à des mesures coercitives. Ainsi, l’article 25 bis du Code des visas permet à l’UE de restreindre l’octroi de visas aux ressortissants des États jugés non coopératifs en matière de réadmission de leurs migrants en situation irrégulière.
Sous la pression constante du binôme franco-italien, la Tunisie fait face à une double exigence de Bruxelles : 1- assurer un verrouillage hermétique de ses côtes pour stopper les flux vers Lampedusa ; 2- signer des accords de réadmission.
Si la Tunisie se conforme au droit international en réadmettant ses propres nationaux, elle refuse par contre à réadmettre les ressortissants de pays tiers (subsahariens ou apatrides) sous le seul motif de leur transit par le territoire tunisien.
Cette politique révèle une contradiction majeure entre le droit interne de l’UE et les mécanismes qu’elle tente d’exporter. Au sein de l’espace européen, le Règlement de Dublin consacre le principe du premier pays d’entrée, imputant la responsabilité de la demande d’asile à l’État membre par lequel le migrant a pénétré clandestinement, générant une saturation structurelle en Italie, en Grèce ou en Espagne.
Pourtant, en qualifiant la Tunisie de «pays tiers sûr», l’UE applique une logique inverse : elle externalise une responsabilité fondée sur le transit géographique qu’elle s’avère elle-même incapable de gérer en interne, postulant que les demandeurs d’asile auraient dû formaliser leur démarche en Tunisie… qui, faut-il le rappeler, n’est pas membre de l’UE.
La grille de lecture européenne occulte les réalités physiques et géographiques de l’Afrique. Située à l’extrême nord du continent, la Tunisie ne partage aucune frontière directe avec l’Afrique subsaharienne. Mais en raison de sa proximité avec l’Europe (140 km des côtes italiennes), le pays subit une position de réceptacle terminal de réseaux migratoires transfrontaliers complexes. Les flux qui atteignent le littoral tunisien proviennent de routes sahariennes traversant l’Algérie et la Libye, elles-mêmes alimentées en amont par des hubs sahéliens majeurs, à l’instar d’Agadez au Niger.
Concrètement, la Tunisie sert, malgré elle, de pont naturel et subit l’accumulation de populations dont elle n’est ni le pays d’origine ni la destination finale.
Refusant d’assumer le rôle de «garde-frontière» de l’Europe ou d’héberger des centres de rétention pour non-nationaux, Tunis rappelle qu’elle ne peut pallier les politiques restrictives de l’UE ni gérer seule des crises globales.
Si la philosophie du système de Dublin était transposée à l’échelle internationale, la charge de l’asile incomberait aux premiers pays de sécurité limitrophes des zones de conflit, et non à un État de transit situé à des milliers de kilomètres.
Conditionner le soutien financier à la Tunisie à des impératifs purement sécuritaires constitue une réponse court-termiste, comparable à une tentative d’endiguer un flux en ignorant sa source. Pour obtenir une baisse structurelle des dynamiques migratoires, l’UE doit privilégier une approche régionale et multilatérale impliquant les pays d’origine et de transit (Niger, Mali, Tchad, Mauritanie, Algérie, Libye). L’action doit se faire en amont à travers la stabilisation politico-économique de la bande sahélienne ; le contrôle concerté des frontières sahariennes ; et le démantèlement des réseaux de passeurs dès les points de départ.
L’illusion du tout-sécuritaire maritime : l’exemple de la Manche démontre les limites des investissements technologiques. Malgré les financements versés par le Royaume-Uni de plusieurs centaines de millions d’euros pour équiper le littoral français (drones, radars, patrouilles), les traversées clandestines en small boats de populations originaires du Moyen-Orient, d’Asie du Sud et d’Afrique de l’Est se poursuivent quotidiennement.
L’asymétrie des échelles géographiques : alors que l’effort de la France se concentre sur une frontière maritime ultra-localisée de quelques dizaines de kilomètres, l’exigence que l’UE veut imposer à la Tunisie concernerait un territoire disproportionné, combinant la surveillance de milliers de kilomètres de frontières terrestres désertiques en amont et un vaste littoral en aval.
L’asymétrie de la charge : la Tunisie subit les conséquences d’une route migratoire subsaharienne globale orientée vers l’Europe, alors qu’elle n’est ni le point de départ initial de ces populations ni leur destination finale recherchée. Elle est totalement étrangère aux facteurs de départ et ne doit sa centralité qu’à son attractivité de pont avec l’UE.
La limite intrinsèque du contrôle frontalier : à l’instar de la France, de l’Italie, de la Grèce et des États-Unis, aucun État ayant des frontières terrestres ne peut parvenir à un contrôle absolu de son territoire face à l’immigration clandestine.
* Chercheur en migrations
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Le ministère de la Sécurité intérieure, responsable des questions d’immigration, a déclaré au journal que la nouvelle politique ne sera finalement pas appliquée à tous les candidats à l’obtention d’une « carte verte », mais « au cas par cas ».
« Il s’agissait simplement d’un rappel aux employés de faire preuve de discernement » au moment de décider s’il convenait ou non d’exiger des candidats qu’ils quittent les États-Unis pour soumettre leur candidature depuis l’étranger, a expliqué le ministère.
A rappeler que, récemment, les services de citoyenneté et d’immigration des États-Unis (USCIS) ont annoncé que « désormais, tout ressortissant étranger résidant temporairement aux États-Unis et souhaitant obtenir une carte verte doit retourner dans son pays d’origine pour en faire la demande, sauf circonstances exceptionnelles ». Les titulaires de visas de courte durée, tels que les étudiants, les travailleurs saisonniers ou les touristes, « viennent aux États-Unis pour une courte période et pour une raison précise. Le système est conçu de sorte qu’ils quittent le pays à l’expiration de leur séjour. Leur séjour ne peut constituer une première étape vers l’obtention d’une carte verte », a expliqué Zach Kaler, porte-parole de l’USCIS.
De nombreuses associations de défense des droits des immigrants et des cabinets d’avocats ont exprimé leur surprise face à cette mesure, qui a semé la confusion parmi les demandeurs de carte verte. Le député démocrate Chai Garcia a qualifié cette nouvelle politique d’« injustifiée et cruelle ». « Elle obligera des milliers d’immigrants en situation régulière, y compris des conjoints de citoyens américains, à quitter leur domicile, leur famille et leur emploi pendant des semaines, voire des mois, pour obtenir une carte verte hors des États-Unis », a-t-il expliqué.
D’après le Washington Post, les États-Unis délivrent plus d’un million de cartes vertes chaque année. À ce jour, plus de la moitié des demandeurs résident déjà sur le sol américain.
L’article États-Unis : revirement majeur sur les cartes vertes est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.
Le député de l’assemblée des représentants du peuple (ARP) pour la région de Sfax, Tarak Mahdi, affirme l’existence de milliers de migrants en situation irrégulière actuellement employés sans documents dans plusieurs secteurs économiques, selon une intervention médiatique diffusée sur Jawhara FM.
Il appelle à renforcer le contrôle des conditions de travail et de logement afin de soutenir, selon lui, la stratégie de l’État visant le retour volontaire des migrants en situation irrégulière. Ces déclarations interviennent dans un contexte de forte sensibilité politique et sociale autour de la gestion des flux migratoires en Tunisie.
Selon Tarak Mahdi, des milliers de migrants sans statut légal seraient aujourd’hui actifs dans plusieurs secteurs économiques, notamment les restaurants, cafés, unités de production et chantiers de construction. Le parlementaire estime que cette présence s’accompagne de formes d’occupation informelle du territoire, notamment via des logements ou des entrepôts utilisés sans cadre légal conforme.
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Il affirme également que des mouvements récents de migrants ont été observés après le démantèlement de certains campements, avec une dispersion vers les grandes villes et quartiers résidentiels.
Le député évoque le démantèlement de camps installés dans certaines zones du sud et du centre du pays, qu’il considère comme un enjeu sécuritaire et territorial.
Il décrit ces espaces comme ayant développé des formes d’organisation interne permettant, selon lui, une autonomie partielle, ce qui justifierait l’intervention des autorités pour récupérer des terres exploitées sans autorisation.
Le député considère que l’emploi de migrants sans autorisation de travail et leur hébergement dans des conditions non réglementaires constituent des facteurs qui prolongeraient leur présence sur le territoire. Il appelle ainsi à une implication des citoyens et des acteurs économiques dans la limitation de ces pratiques, estimant que cela pourrait favoriser les retours volontaires vers les pays d’origine.
Selon lui, plusieurs milliers de départs volontaires auraient déjà été organisés, sans pour autant réduire durablement la pression migratoire.
La question migratoire reste un sujet sensible en Tunisie, notamment dans les régions de Sfax et du littoral, où se concentrent des dynamiques de transit et d’installation.
Les autorités tunisiennes affirment régulièrement mener des opérations de démantèlement de camps et de gestion des départs volontaires, tandis que des organisations de la société civile alertent sur les conditions humanitaires et juridiques de ces populations. Ce dossier continue ainsi de cristalliser des tensions entre impératifs sécuritaires, économiques et humanitaires.
L’article Migration irrégulière en Tunisie : Un député veut durcir le contrôle du travail et du logement est apparu en premier sur webdo.
Le débat autour de l’externalisation de la politique migratoire européenne refait surface. Dans un récent article, le quotidien britannique The Guardian révèle que plusieurs pays européens soutiennent désormais l’idée de transférer des migrants déboutés du droit d’asile vers des « hubs » ou centres situés dans des pays tiers.
Selon le journal, cette approche a été discutée lors d’une réunion du Conseil de l’Europe tenue en Moldavie. Le texte adopté par plusieurs dizaines de pays européens évoque la possibilité de créer des centres de retour hors de l’Union européenne, y compris en Tunisie, pour accueillir des migrants en situation irrégulière ou des demandeurs d’asile rejetés.
Même si la Tunisie n’est pas officiellement désignée comme futur pays d’accueil, le pays est régulièrement cité dans les discussions européennes sur l’externalisation migratoire, au même titre que l’Albanie, le Rwanda, la Libye ou encore certains pays des Balkans.
Ces dernières années, Tunis a déjà été associé à plusieurs projets ou scénarios européens visant à limiter les arrivées de migrants vers les côtes italiennes. L’accord migratoire conclu en 2023 entre l’Union européenne et la Tunisie avait notamment renforcé la coopération sécuritaire et financière autour du contrôle des frontières et des départs clandestins.
Le modèle des « pays tiers » ne concerne toutefois pas uniquement la Tunisie. The Guardian rappelle que plusieurs gouvernements européens explorent différentes pistes avec des États non membres de l’Union européenne. L’Italie a déjà tenté une expérience avec l’Albanie pour y transférer certains migrants secourus en Méditerranée.
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Le Royaume-Uni avait auparavant porté le controversé projet Rwanda, finalement bloqué après des batailles judiciaires et politiques.
En Tunisie, cette question demeure extrêmement sensible et polémique. Plusieurs organisations tunisiennes et internationales de défense des droits humains dénoncent régulièrement le risque de voir le pays devenir une plateforme de rétention ou de refoulement pour migrants destinés à l’Europe.
Des ONG accusent également l’Union européenne de transférer progressivement la gestion migratoire vers des pays du sud de la Méditerranée, sans garanties suffisantes concernant les droits fondamentaux des migrants.
De leur côté, les autorités tunisiennes ont à plusieurs reprises affirmé que la Tunisie ne serait ni un pays d’installation ni une terre de substitution pour les migrants irréguliers cherchant à rejoindre l’Europe.
Le sujet continue ainsi d’alimenter un vif débat politique, médiatique et diplomatique, alors que l’Europe durcit progressivement sa politique migratoire face à la pression croissante des arrivées clandestines en Méditerranée.
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Un échange tendu sous la coupole parlementaire a ravivé, ce lundi 13 avril 2026, le débat sur les dérives du discours politique en Tunisie. Lors d’une séance d’audition du ministre de l’Intérieur, l’intervention du député Tarek Mehdi a déclenché une vague de réactions indignées, notamment sur la question des migrants en situation irrégulière.
Au cœur de la controverse, des propos faisant référence, de manière indirecte, à une affaire de violence sexuelle visant une migrante. Cette évocation a immédiatement suscité des critiques de la part d’acteurs de la société civile, qui dénoncent un usage jugé inapproprié et dangereux d’un sujet aussi sensible.
Dans un communiqué publié le jour même, l’organisation Campagne contre la criminalisation du travail de la société civile a exprimé sa « solidarité pleine et inconditionnelle » avec la victime évoquée. Elle condamne un discours qui, selon elle, instrumentalise une agression grave en dehors de tout cadre juridique ou humanitaire, contribuant ainsi à banaliser la violence et à porter atteinte à la dignité des femmes.
L’organisation estime que ce type de prise de parole ne relève pas d’un simple dérapage isolé, mais traduit un recul préoccupant du niveau du débat public. Elle pointe en particulier la responsabilité des institutions législatives, censées garantir la protection des droits et libertés, et non servir de tribune à des propos susceptibles d’alimenter les discriminations ou de fragiliser les acquis en matière de droits des femmes.
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Le communiqué insiste également sur les effets délétères d’une telle rhétorique. Évoquer des crimes de nature sexuelle sans cadre précis ni précautions éthiques contribuerait, selon ses auteurs, à minimiser leur gravité et à reproduire une forme de violence symbolique à l’encontre des survivantes. Une telle approche risquerait en outre d’éroder la confiance des victimes envers les institutions, renforçant les mécanismes de silence et de peur.
Au-delà de la polémique immédiate, la campagne met en lumière la vulnérabilité accrue de certaines catégories de femmes, en particulier les migrantes originaires d’Afrique subsaharienne. À l’intersection de plusieurs facteurs de fragilité — statut migratoire, origine, genre et conditions socio-économiques — ces dernières seraient exposées à des formes multiples de discrimination et de violences.
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Un nouveau cap sera franchi le 8 avril 2026 à Tunis avec le lancement officiel de la deuxième phase du projet « THAMM+ OFII », consacré à la promotion d’une migration professionnelle légale et encadrée. Financée par Union européenne, cette initiative est mise en œuvre par Office français de l’immigration et de l’intégration en partenariat avec le ministère tunisien de l’Emploi et de la Formation professionnelle.
Ce programme vise à structurer les flux de mobilité professionnelle entre la Tunisie et la France, en conciliant les attentes des compétences tunisiennes avec les besoins du marché du travail français, notamment dans des secteurs en tension.
La première phase du projet, déployée entre 2022 et 2025, affiche des résultats jugés encourageants. Plus de 500 bénéficiaires ont pu accéder à des opportunités d’emploi en France, principalement dans des domaines confrontés à une pénurie de main-d’œuvre, tels que l’agriculture, les soins, l’industrie ou encore le tourisme et la restauration. Parallèlement, près de 1000 personnes ont bénéficié de formations complémentaires visant à améliorer leur employabilité.
Au-delà des chiffres, le projet a également contribué à renforcer les passerelles entre employeurs français et travailleurs tunisiens, à travers l’organisation de sessions de recrutement et de missions exploratoires. Il a aussi permis de sensibiliser un large public aux opportunités offertes par la migration professionnelle légale, tout en mettant en avant l’enjeu du retour des compétences.
THAMM+ s’inscrit dans le cadre plus large du partenariat « Talent Partnership », lancé en 2023 entre la Tunisie et l’Union européenne, qui ambitionne de promouvoir une approche intégrée de la mobilité professionnelle et de soutenir la coopération économique entre les deux rives de la Méditerranée.
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Pour la période 2026-2030, cette nouvelle phase entend capitaliser sur les acquis et élargir le périmètre d’intervention. Cinq secteurs prioritaires ont été identifiés : l’agriculture, les soins, le transport et la logistique, l’industrie, ainsi que le tourisme et la restauration.
Le projet mise également sur le développement d’outils d’anticipation des besoins du marché du travail, notamment à travers une cellule de veille mise en place en 2023 pour suivre les métiers en tension. La digitalisation des services administratifs et le renforcement de la coordination entre les différents acteurs figurent aussi parmi les axes stratégiques.
À travers cette nouvelle étape, les autorités misent sur une migration professionnelle mieux organisée, susceptible de générer des bénéfices mutuels, tant pour l’économie tunisienne que pour ses partenaires européens.
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Le Parlement européen a franchi un nouveau cap dans sa politique migratoire. Réuni ce jeudi 26 mars 2026, il a approuvé la création de « hubs de retour », des centres destinés à accueillir, en dehors de l’Union européenne, des migrants en situation irrégulière avant leur expulsion vers leurs pays d’origine.
Ce dispositif s’inscrit dans le cadre du Pacte européen sur la migration et l’asile et traduit une orientation de plus en plus assumée : gérer les flux migratoires loin des frontières européennes.
Concrètement, ces « hubs » pourraient être installés dans des pays tiers, notamment en Afrique. Ils accueilleraient des migrants déboutés du droit d’asile dans l’UE, en attendant leur reconduite. La mesure permettrait ainsi aux États européens de transférer une partie de la gestion migratoire vers des partenaires extérieurs.
Soutenu par les groupes conservateurs, le texte a suscité de vives critiques de la part d’ONG et de formations politiques de gauche, qui dénoncent des risques de violations des droits humains et une forme de « délocalisation » des obligations internationales de l’Europe.
Si aucun pays n’a été officiellement désigné pour accueillir ces centres, la Tunisie apparaît, de facto, comme un acteur concerné. Depuis l’accord signé en 2023 avec la Commission européenne, Tunis est déjà engagée dans un partenariat renforcé en matière de lutte contre la migration irrégulière. La création de « hubs de retour » pourrait accentuer cette dynamique.
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Jusqu’ici, les autorités tunisiennes ont toujours affiché leur refus de devenir une « plateforme de rétention » pour migrants. Mais face aux nouvelles orientations européennes, cette position pourrait être mise à l’épreuve.
Cependant, dans ce contexte, la Tunisie pourrait se retrouver sous une pression croissante pour accepter l’implantation de telles structures sur son territoire, en contrepartie d’un appui financier européen conséquent.
Par ailleurs, ce dispositif est susceptible d’entraîner une augmentation du nombre de migrants présents en Tunisie, y compris des ressortissants n’entretenant aucun lien direct avec le pays.
Une telle évolution soulèverait également des enjeux politiques et sociaux internes, au risque de raviver les tensions liées à la question migratoire, déjà perceptibles dans plusieurs régions.
Pour Tunis, la situation est délicate. D’un côté, la coopération avec l’Europe offre des ressources financières et un appui logistique. De l’autre, elle pose la question de la souveraineté et du rôle que la Tunisie est prête à jouer dans la politique migratoire européenne.
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Der tunesische Innenminister Kamel Fekih war am 15. und 16. April 2024 bei Innenminister Gerhard Karner für Arbeitsgespräche in Österreich. Im Zentrum der Gespräche standen Mehr
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