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Le coût du gaspillage alimentaire en Tunisie atteint 570 MD

Face à l’ampleur du gaspillage alimentaire, estimé à 570 millions de dinars par an, les autorités tunisiennes accélèrent l’élaboration d’une stratégie nationale destinée à réduire les pertes tout au long de la chaîne alimentaire. Deux ateliers de travail sont prévus en juin afin de définir les axes d’intervention et les mécanismes de mise en œuvre de ce plan.

Un défi économique, social et environnemental

Le gaspillage alimentaire continue de peser lourdement sur l’économie tunisienne. Selon les données de l’Institut national de la consommation (INC), la valeur des aliments perdus ou jetés chaque année est estimée à 570 millions de dinars, soit près de 5% des dépenses mensuelles des ménages.

Dans ce contexte, l’INC organisera les 10 et 17 juin deux ateliers de travail consacrés à l’élaboration de la future stratégie nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire. Ces rencontres interviennent après un premier atelier tenu le 3 juin, dédié à l’analyse de la situation et à l’identification des priorités stratégiques.

Pour le directeur général de l’INC, Mohamed Chokri Rejeb, le gaspillage alimentaire représente aujourd’hui « un véritable fléau » aux répercussions multiples.

Des quantités importantes de denrées encore consommables sont perdues ou jetées à différentes étapes de la chaîne alimentaire, depuis la production agricole jusqu’à la consommation des ménages. Ce phénomène engendre non seulement des pertes financières considérables, mais accentue également la pression sur les ressources naturelles du pays.

L’INC souligne notamment que la production d’aliments qui ne parviennent jamais aux consommateurs mobilise inutilement des terres agricoles, des ressources hydriques et de l’énergie, tout en générant des émissions évitables de gaz à effet de serre.

Une stratégie nationale en cours de finalisation

Lancée en février 2025 sous l’égide du ministère du Commerce et du Développement des exportations, en partenariat avec l’INC et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, la stratégie nationale vise à mobiliser l’ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire.

Les prochains ateliers devront permettre de définir les piliers fondamentaux de cette stratégie, les mécanismes opérationnels de sa mise en œuvre ainsi que les outils de suivi et d’évaluation.

Le but affiché est de renforcer la sensibilisation des consommateurs, d’adapter le cadre réglementaire et de promouvoir des comportements de consommation plus durables afin de limiter les pertes alimentaires et leurs conséquences économiques, sociales et environnementales.

Le pain, le produit le plus gaspillé

Les statistiques de l’INC mettent en évidence l’ampleur du phénomène au sein des foyers tunisiens. Selon les données présentées par Darine Doggui, un ménage tunisien moyen gaspille chaque année environ 42 kilogrammes de pain.

Ce gaspillage représente à lui seul près de 100 millions de dinars par an, soit environ 300.000 dinars perdus quotidiennement. Les ménages jettent également en moyenne 6,5% des légumes achetés, 10% des céréales et pâtes ainsi que 16% du pain acquis.

Les chiffres montrent également une aggravation du gaspillage durant le mois de Ramadan. Les plats cuisinés arrivent en tête des aliments jetés avec un taux de 66,6%, suivis du pain (46%), des fruits (30%) et des sucreries (20%).

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Réduire le coût élevé du gaspillage alimentaire en Tunisie

Pour définir les piliers fondamentaux de la stratégie nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire en Tunisie, l’Institut national de la consommation (INC) a organisé un premier atelier le 3 juin 2026 et s’apprête à organiser deux autres ateliers les 10 juin et 17 juin 2026.

Le premier atelier, qui a réuni plusieurs représentants de la société civile aux côtés d’experts, était consacré à la finalisation du diagnostic et à l’identification des priorités stratégiques. Le deuxième et le troisième permettront de formuler les principes clés et les mécanismes opérationnels convenus, d’élaborer un plan de mise en œuvre et de mettre en place un mécanisme de suivi et d’évaluation de son application.

Perte annuelle estimée à 570 millions de dinars

En mai 2024, Darine Doggui, directrice ds recherches et analyses à l’INC, a confirmé que le gaspillage alimentaire en Tunisie représente 5 % des dépenses mensuelles des ménages et une perte annuelle à l’économie estimée à 570 millions de dinars.

Lors du Symposium national sur l’agriculture, consacré à la «Sécurité alimentaire face aux changements climatiques», Mme Doggui a indiqué qu’une famille tunisienne moyenne gaspille 42 kilogrammes de pain par an, soit environ 900 000 miches par jour (113 000 tonnes), pour une valeur de près de 300 000 dinars par jour et de 100 millions de dinars par an.

Les familles gaspillent également 6,5 % des légumes qu’elles achètent, 10 % des céréales et des pâtes, et 16 % du pain.

Par ailleurs, Mme Doggui a révélé que le gaspillage alimentaire des familles pendant le Ramadan concerne notamment les plats cuisinés (66,6 %), le pain (46 %), les sucreries (20 %) et les fruits (30 %).

Mohamed Chokri Rejeb, directeur général de l’INC a déclaré à l’agence Tap que «le gaspillage alimentaire représente un véritable fléau aux conséquences multiples, posant un défi économique, environnemental et social majeur au pays.»

Il a souligné que la poursuite des efforts de réduction du gaspillage alimentaire exigeait le développement de nouvelles méthodes et actions dans le cadre d’une stratégie nationale de réduction du gaspillage alimentaire, accompagnée d’un plan d’action concret et réalisable et d’un plan de communication destiné à tous les groupes et acteurs concernés et utilisant des méthodes de communication modernes.

Pression sur l’économie et épuisement des ressources

Le responsable a expliqué que des millions de tonnes d’aliments encore consommables sont perdues ou jetées chaque année tout au long de la chaîne alimentaire, de la production agricole à la consommation des ménages, insistant sur le fait que ce phénomène engendre des pertes considérables pour l(économie nationale et exerce une pression insoutenable sur les ressources naturelles du pays.

Le directeur général de l’INC a souligné que la production d’aliments gaspillés et non consommés entraîne un épuisement gratuit des terres, de l’eau et de l’énergie, et contribue également à des émissions inutiles de gaz à effet de serre.

La mise en œuvre de mesures décisives pour réduire le gaspillage est essentielle à la préservation des ressources naturelles, de plus en plus rares, a-t-il insisté, et d’ajouter : «La Tunisie souffre actuellement d’un stress hydrique sévère. Chaque litre d’eau utilisé pour produire des aliments et qui finit à la poubelle représente une ressource précieuse et irremplaçable.»

La réduction de ces pertes est devenue une nécessité urgente pour soutenir l’économie nationale, d’autant plus que le gaspillage alimentaire est coûteux pour tous les acteurs de la filière, des agriculteurs et fabricants aux distributeurs et, en fin de compte, au consommateur final.

Maîtriser ce phénomène permettrait donc d’améliorer la gestion des ressources et de renforcer la compétitivité des secteurs agricole et agroalimentaire tunisiens.

Étapes clés de l’élaboration de la stratégie

M. Rejeb a passé en revue plusieurs mesures clés mises en œuvre ces dernières années par l’INC. Ces mesures comprenaient l’estimation de l’ampleur du gaspillage afin de mesurer précisément le phénomène et d’identifier les principaux outils d’action.

Des campagnes de sensibilisation et d’éducation ont été organisées, à destination des enfants comme des adultes, afin d’inculquer dès le plus jeune âge une culture du respect des ressources. Ces campagnes comprenaient également la mobilisation et la participation, par le biais d’ateliers et de séminaires, afin d’impliquer et de fédérer les acteurs économiques et sociaux.

Parallèlement, une charte de lutte contre le gaspillage alimentaire a été signée, témoignant de l’engagement collectif de diverses parties prenantes à promouvoir une consommation plus responsable.

Ces programmes ont abouti au lancement, en février 2025, de la Stratégie nationale de réduction du gaspillage alimentaire, sous l’égide du ministère du Commerce et du Développement des exportations et en coopération avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

La réunion de lancement de la stratégie s’est tenue le 28 octobre 2025, en présence des membres du comité de pilotage, composé de représentants des ministères, des organismes administratifs et des organisations de la société civile œuvrant pour la réduction du gaspillage alimentaire.

La deuxième réunion du Comité de pilotage s’est tenue le 13 mai 2026. Cette réunion était consacrée à l’examen du rapport préliminaire sur le diagnostic du gaspillage alimentaire en Tunisie, au recueil des observations et recommandations des différentes parties prenantes, à l’approbation des orientations générales et à la discussion des prochaines étapes, notamment celles relatives à l’organisation d’ateliers stratégiques.

I. B. (avec Tap).

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Maroc : l’initiative « Colibghiti » contre le gaspillage alimentaire

Face au gaspillage alimentaire, devenu une problématique sociétale et environnementale complexe, des initiatives citoyennes innovantes émergent pour apporter des solutions concrètes à ce défi. L’initiative marocaine « Colibghiti » s’impose désormais comme un modèle de solidarité reposant sur la valorisation…

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Compléments alimentaires : Les pharmaciens alertent sur un vide juridique

La réglementation des compléments alimentaires était au centre d’une séance d’audition organisée jeudi 7 mai 2026 au palais du Bardo par la Commission de la santé de l’Assemblée des représentants du peuple. Les représentants du Syndicat tunisien des propriétaires de pharmacies privées ont plaidé pour l’adoption d’une loi globale afin d’encadrer un secteur en forte expansion depuis la pandémie de Covid-19, mais encore marqué par un vide juridique.

Un secteur à risque sanitaire

Le président du syndicat a rappelé que les compléments alimentaires ne sont pas de simples produits de consommation. Sans être des médicaments, certains peuvent avoir un effet sur l’organisme, interagir avec des traitements ou être inadaptés à l’état de santé de certains consommateurs.

Les pharmaciens demandent donc un cadre permettant de contrôler la qualité des produits, depuis les matières premières jusqu’à leur consommation finale, ainsi qu’un système de traçabilité permettant de retirer rapidement tout produit dangereux ou non conforme.

L’alerte ne repose pas, à ce stade, sur l’annonce de cas graves liés à une surconsommation. Elle vise plutôt à prévenir les risques d’un marché où certains produits sont vendus et consommés sans encadrement suffisant.

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Les compléments sensibles dans le viseur

Le syndicat propose de classer les compléments alimentaires selon leur niveau de risque. Les produits contenant des plantes médicinales, des doses concentrées de vitamines ou de minéraux, ou des substances susceptibles d’interagir avec des médicaments devraient, selon lui, être soumis à un régime strict.

Les pharmaciens réclament pour ces produits une fabrication dans des laboratoires autorisés, sous contrôle du ministère de la Santé et avec supervision pharmaceutique. Ils proposent aussi une autorisation de mise sur le marché renouvelable tous les trois ans.

Vente en ligne, contrefaçon et automédication

Les débats ont également mis en lumière le désordre qui entoure une partie du marché. Des compléments sont aujourd’hui vendus dans plusieurs circuits, y compris sur Internet et les réseaux sociaux, dans un contexte de contrôle jugé insuffisant.

La contrefaçon, la contrebande, l’absence de notice détaillée et la promotion de produits aux vertus parfois ambiguës figurent parmi les principales inquiétudes soulevées. Les députés ont aussi évoqué les risques liés à l’automédication, notamment chez les sportifs.

Le débat comporte enfin une dimension économique. Selon les représentants du syndicat, certains produits présentés comme compléments alimentaires seraient en réalité proches de produits médicamenteux à faible concentration, dans un marché où la question des prix élevés a aussi été soulevée.

Le syndicat propose la création d’un registre national des compléments alimentaires, avec des informations sur la composition, le niveau de risque, les conditions de distribution et les avertissements nécessaires.

Cette audition montre que le sujet dépasse le simple vide juridique. Pour les pharmaciens, l’enjeu est de sortir les compléments alimentaires d’une zone grise, entre produit de consommation et produit à effet sanitaire.

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Agroalimentaire : L’excédent commercial franchit les 798 MD au premier trimestre

L’Observatoire National de l’Agriculture (ONAGRI) annonce une amélioration notable de la balance commerciale alimentaire tunisienne, qui affiche un excédent de 798,3 millions de dinars à fin mars 2026.

Ce niveau dépasse celui enregistré un an plus tôt (615,7 MD), dans un contexte marqué par une progression des exportations et une hausse plus modérée des importations. Le taux de couverture s’est ainsi renforcé pour atteindre 139,6%, traduisant une dynamique favorable du commerce extérieur agricole.

L’huile d’olive, locomotive des exportations

La performance du secteur repose essentiellement sur la forte progression des exportations alimentaires, en hausse de 17,9% en valeur. En tête, l’huile d’olive enregistre un bond remarquable de 38,1%, confirmant son rôle stratégique dans l’équilibre des échanges agricoles.

En parallèle, les importations alimentaires ont augmenté de 13,9%, tirées notamment par les achats de céréales (+7,7%). Malgré cette pression, l’excédent a pu se consolider grâce à la vigueur des ventes à l’étranger.

Des prix contrastés à l’export comme à l’import

Sur le front des prix à l’exportation, la tendance est globalement orientée à la baisse pour plusieurs produits agricoles : huile d’olive (-3,6%), tomates (-18,3%), agrumes (-6,7%). À l’inverse, les produits de la pêche (+6,6%) et les dattes (+3,2%) affichent une hausse.

Côté importations, les prix des céréales poursuivent leur repli : blé dur (-15,6%), blé tendre (-9,9%), maïs (-7,8%).

Seule exception notable, l’orge enregistre une hausse de 3,4%. Par ailleurs, le sucre voit son prix grimper fortement (+30,4%), tandis que les huiles végétales (-1%) et les produits laitiers (-7,8%) reculent.

Un excédent sectoriel qui contraste avec le déficit global

Cette embellie du secteur agroalimentaire ne suffit toutefois pas à inverser la tendance globale. La balance commerciale totale de la Tunisie reste déficitaire, avec un creusement de 3,6% au premier trimestre 2026, atteignant -5232,7 MD contre -5049,5 MD un an auparavant.

Ce contraste souligne le rôle clé de l’agriculture comme amortisseur du déficit commercial, dans un environnement économique encore sous tension.

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