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Tunisie l Hausse des paiements électroniques et recul des chèques

L’activité des paiements électroniques a connu une croissance remarquable au premier trimestre 2026 en Tunisie, portée par une forte augmentation des paiements mobiles et du commerce électronique, conjuguée à une baisse significative du recours aux chèques papier traditionnels, selon les dernières données de la Banque centrale de Tunisie BCT).

Les indicateurs financiers ont révélé une transition structurelle progressive vers le numérique, la valeur totale des transactions en espèces (dépôts et retraits) atteignant 7 339,6 millions de dinars tunisiens (MDT) pour 41 millions de transactions. Cela représente une hausse de 12,5 % en valeur et de 11,7 % en volume par rapport à la même période en 2025.

Le secteur des paiements mobiles (système TunPay) a enregistré la meilleure performance, avec une augmentation de 22,2 % du nombre de portefeuilles électroniques approvisionnés, dépassant ainsi 477 000. Ceci a permis le traitement de 2,7 millions de transactions (+67,1 %) pour une valeur totale de près de 487,6 MDT (+34,5 %), gérées par 17 prestataires de services de paiement agréés.

Parallèlement, les plateformes de commerce électronique ont poursuivi leur expansion avec une croissance de près de 28,2 %, atteignant 1 288 sites web actifs fin mars 2026.

Cette expansion s’est traduite par une hausse de 34,8 % du volume des transactions de paiement électronique, pour atteindre 382,7 MDT.

La valeur des transactions de paiement de proximité effectuées via les 45 000 terminaux de paiement électronique (TPE) a également progressé de 19,7 %, pour atteindre 1 381,6 MDT.

Concernant les cartes bancaires, leur nombre est resté stable autour de 5 875 000 (+0,4 % par rapport à fin 2025), tandis que le nombre de distributeurs automatiques de billets (DAB/GAB) déployés sur le territoire national a atteint 3 324 (+0,7 %) au cours du premier trimestre de cette année.

Quant au système de compensation électronique (télé-compensation), le système national a traité 14,7 millions d’instruments de paiement pour un montant total de 53,4 milliards de dinars.

Les données de la BCT révèlent une baisse marquée et structurelle des transactions par chèque, de 24,9 % en nombre et de 28 % en valeur (pour atteindre 11,5 milliards de dinars). Ce phénomène reflète une préférence des acteurs économiques pour les virements bancaires directs, dont la valeur a progressé de 8,7 % pour dépasser 19,5 milliards de dinars.

Il convient de noter que la loi tunisienne modifiant la législation sur les chèques (loi n° 41 de 2024), qui a aboli les peines d’emprisonnement pour les chèques d’un montant inférieur à 5 000 dinars, et surtout la mise en place de la plateforme électronique TuniCheck, opérationnelle depuis le 2 février 2025, pour le règlement des chèques dans un cadre de transparence et de sécurité financière, ont contribué au recul des transactions par chèque en Tunisie et à la promotion des lettres de change.

Dans ce contexte, le nombre de lettres de change échangées jusqu’à fin mars de cette année a atteint 1,2 million de lettres, soit une augmentation de 35,9 % par rapport à la même période de l’année précédente, tandis que leur valeur financière a atteint 13,9 milliards de dinars, soit une augmentation de 23,5 %.

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Kaouther Ben Hania primée au Festival de Khouribga  

‘‘La Voix de Hind Rajab’’, film de la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania, a remporté le Grand Prix «Ousmane Sembene» lors de la clôture de la 26e édition du Festival international du cinéma africain de Khouribga, organisée du 30 mai au 6 juin au Maroc.

Seul film tunisien en compétition dans la catégorie des longs métrages de fiction, le long métrage s’est distingué parmi 14 productions africaines venues notamment du Maroc, d’Égypte, du Sénégal, du Cameroun et du Kenya.

Produit en 2025, le film s’inspire de l’histoire de la petite Palestinienne Hind Rajab et met en lumière le combat d’équipes du Croissant-Rouge tentant de lui porter secours alors qu’elle se retrouve piégée sous les bombardements à Gaza.

À mi-chemin entre documentaire et fiction, ‘‘La Voix de Hind Rajab’’ a déjà remporté plusieurs distinctions internationales, dont le Lion d’argent à la Mostra de Venise. Il a également reçu le prix du «Film le plus précieux» lors du gala Cinema for Peace à Berlin et a été présélectionné aux Oscars américains.

L.B.

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    Pour un cadre légal de l’accouchement à domicile en Tunisie

    En 2026, et malgré les avancées sociales ayant bénéficié aux femmes en Tunisie, il y a encore des parturientes qui accouchent à domicile dans des conditions que l’on imagine, surtout dans les zones rurales et les quartiers déshérités. Mais pas seulement…     

    C’est ce que nous apprend l’Association tunisienne des sages femmes (ATSF) dans un communiqué publié à l’occasion de la Journée internationale de l’accouchement à domicile, samedi 6 juin 2026.

    L’ATSF appelle dans son communiqué les structures sanitaires et les instances sociales à engager un dialogue national afin d’établir un cadre juridique et réglementaire définissant les conditions et les normes de sécurité des accouchements à domicile. Elle explique que l’absence de cadre législatif clair pour cette pratique en Tunisie expose les femmes et les professionnels de santé à une précarité juridique et prive le système de santé de la possibilité de prendre en charge correctement ces situations.

    L’association ajoute que la législation tunisienne ne contient aucune disposition interdisant les accouchements à domicile, soulignant que la réglementation régissant l’exercice libéral de la profession de sage-femme autorise la prestation de services professionnels en dehors des établissements de santé, y compris au domicile privé.

    L’ATSF plaide aussi pour la reconnaissance des accouchements à domicile comme une réalité sanitaire et sociale qui nécessite la mise en place et la définition de mécanismes de coordination avec les institutions de santé pour les grossesses à faible risque, tout en promouvant le droit des femmes à choisir le lieu de leur accouchement.

    Rappelons que l’accouchement à domicile (AAD)concerne une part très minoritaire des naissances dans les pays industrialisés (entre 0,1 % et 2 % des cas selon les régions). S’agissant de la Tunisie, la quasi-totalité des accouchements (plus de 99 %) ont lieu en milieu hospitalier ou clinique, assistés par du personnel qualifié. Mais notre pays enregistre une forte hausse du taux de césariennes (atteignant 44,4%), et un indice de fécondité de 1,82 enfant par femme. Ce qui nécessite une réglementation stricte des conditions des AAD, afin de mieux préserver la santé des femmes et des enfants.

    L.B.

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    Snit | Les conditions du nouveau dispositif de «location-accession»

    Le directeur commercial et financier de la Société nationale immobilière de Tunisie (Snit), Abdelkader Belhaj Kacem, a présenté les grandes lignes et les conditions légales du nouveau dispositif de «location-accession», un dispositif d’achat immobilier permettant de devenir propriétaire progressivement, tout en soulignant que ce programme permet aux Tunisiens de s’affranchir du fardeau de l’emprunt et des taux d’intérêt bancaires exorbitants.

    Le responsable de la Snit a expliqué, lors de l’émission Weekend Al-Kif sur Diwan FM, que ce dispositif repose sur le versement régulier de loyers mensuels pendant une durée maximale de 25 ans. Dans le cadre de ce système, si le bénéficiaire respecte l’échéancier de paiement durant toute la période convenue, un acte de propriété définitif et officiel est établi à son nom à l’échéance du contrat, le transformant automatiquement de locataire en propriétaire.

    Le directeur commercial et financier de la Snit a indiqué que ce programme est entièrement financé par le Fonds de promotion du logement pour les employés (Foprolos), et a souligné que les candidats doivent remplir plusieurs conditions essentielles : être un employé inscrit au système Foprolos ; n’être pas propriétaire, ni lui ni son conjoint, d’une résidence privée ; être membres du CNSS ou du CNRPS depuis au moins deux ans ; avoir un salaire mensuel brut compris entre 1 et 6 fois le salaire minimum garanti (Smig), soit entre 591 et 3 545 dinars ; et être âgé de moins de 75 ans au moment du dernier versement, pour une durée maximale de remboursement de 25 ans.

    Le responsable de la Snit a ajouté que la plateforme numérique du projet, actuellement en développement, pourrait intégrer des critères sociaux et différenciés supplémentaires afin d’assurer une priorisation transparente, tels que l’âge du bénéficiaire, la composition de sa famille et une priorité absolue pour les personnes en situation de handicap. La plateforme inclura un système de recoupement numérique avec les bases de données d’autres organismes et ministères gouvernementaux afin de vérifier l’exactitude des données et de prévenir toute manipulation ou tout problème juridique, a ajouté M. Belhaj Kacem.

    Le mois d’octobre prochain verra le lancement de la phase pilote de la plateforme, qui doit être pleinement et définitivement prête à recevoir les demandes des citoyens d’ici la fin de 2026, ouvrant ainsi la voie à l’attribution effective des logements, a-t-il encore annoncé.

    L. B.

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    Comment maintenir durablement la perte de poids ?

    Les analogues du GLP-1* ne sont pas une solution miracle contre l’obésité, car la reprise du poids après l’arrêt de la prise de ces médicaments est fréquente et souvent importante. Il ne s’agit pas de perdre du poids, mais surtout de maintenir durablement cette perte.

    Dr Faouzi Addad **

    «Docteur, j’aimerais prendre les fameuses injections pour maigrir. Juste 3 à 6 mois, j’atteins mon objectif et je pourrai ensuite les arrêter», s’entend-on dire souvent.  

    Malheureusement, toutes les données actuelles montrent que la reprise du poids après l’arrêt des analogues du GLP-1 est fréquente et souvent importante. En moyenne, environ 60 % du poids perdu est repris après un an, jusqu’à 75 % à plus long terme, et le poids initial est souvent retrouvé entre 18 et 24 mois.

    Avec cette reprise pondérale, une partie des bénéfices sur la glycémie, la pression artérielle, le cœur et les reins s’estompe, avec un véritable «rebond métabolique».

    Le concept émergent est que la prise en charge de l’obésité ne doit plus être pensée uniquement comme une phase de perte de poids, mais comme une stratégie de maintenance à long terme, à l’image du traitement de l’hypertension artérielle ou des dyslipidémies.

    Ces médicaments ne sont donc pas destinés à «perdre quelques kilos avant l’été».

    Comment limiter cette reprise de poids ?

    En privilégiant un sevrage progressif plutôt qu’un arrêt brutal ; en maintenant parfois des injections à faible dose ; en pratiquant une activité physique régulière ; en adoptant une alimentation suffisamment riche en protéines afin de préserver la masse musculaire ; et en recourant, éventuellement, aux formes orales des analogues du GLP-1.

    D’autres approches du futur restent à surveiller, comme le resurfaçage de la muqueuse duodénale, une technique mini-invasive séduisante mais qui nécessite encore davantage de recul.

    Dans tous les cas, l’obésité est une maladie chronique qui ne peut être traitée de manière ponctuelle.

    La science ne cherche plus seulement à faire perdre du poids, mais surtout à maintenir durablement cette perte.

    * Les analogues du GLP-1 (ou agonistes des récepteurs du GLP-1) sont des médicaments imitant l’hormone digestive GLP-1. Ils favorisent la satiété, stimulent la sécrétion d’insuline et ralentissent la digestion. Ils sont prescrits sur ordonnance dans le traitement du diabète de type 2 et de l’obésité.

    ** Professeur en cardiologie.

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    IACE | Impacts économiques des pluies torrentielles en Tunisie  

    L’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE), think Tank basé à Tunis, vient de publier une étude intitulée «Impact économique des événements pluviométriques extrêmes de janvier 2026 : Analyse des dommages et des conséquences économiques». Les auteurs y analysent les répercussions majeures de ces pluies exceptionnelles, ayant suivi un cycle de plusieurs années de sécheresse critique, sur les infrastructures, les activités économiques, l’agriculture et les ressources hydriques, tout en mettant en lumière les enjeux de résilience face aux événements climatiques extrêmes. Extraits…

    Face aux bouleversements climatiques qui redessinent progressivement les équilibres naturels à l’échelle mondiale, certains territoires se trouvent en première ligne. La Tunisie est l’un d’eux. Coincée entre la mer Méditerranée et les étendues sahariennes, elle incarne à elle seule la complexité d’une transition climatique en cours : des hivers de plus en plus imprévisibles, des étés qui s’allongent et s’intensifient, et une ressource en eau toujours plus précieuse dans un pays qui en manque cruellement.

    Dans ce pays où le ciel peut rester désespérément vide pendant de longs mois, la pluie, lorsqu’elle arrive, ne vient pas toujours en amie. Les épisodes de précipitations extrêmes, mais d’une violence parfois soudaine, mettent à nu les fragilités d’un territoire en pleine mutation : des villes qui s’étendent sans toujours anticiper les risques, des infrastructures mises à rude épreuve, des populations prises de court.

    Ces moments de crise ne sont pas de simples accidents météorologiques ; ils sont le révélateur d’enjeux bien plus profonds, à la croisée du climat, de l’aménagement du territoire et de la résilience des sociétés.

    Par ailleurs, l’histoire tunisienne garde en mémoire plusieurs épisodes pluviométriques dévastateurs. Les inondations du Sahel en 1969 restent parmi les plus marquantes. Plus récemment, en septembre 2018, les crues de Nabeul ont rappelé avec brutalité la vulnérabilité des villes côtières face aux pluies torrentielles.

    Ces événements ne sont pas isolés : les régions du Nord-Est, où la topographie accidentée et une urbanisation galopante se conjuguent, sont régulièrement touchées par des épisodes similaires.

    C’est pour mieux comprendre ces enjeux que s’impose aujourd’hui une lecture attentive du contexte climatique tunisien, de ses caractéristiques historiques à ses évolutions récentes, des dynamiques méditerranéennes qui le façonnent aux vulnérabilités structurelles qu’il expose.

    Agir de manière globale et coordonnée

    Les inondations de janvier 2026 ont montré à quel point certains territoires restent exposés face à des épisodes climatiques extrêmes, dont l’intensité et la fréquence tendent à augmenter.

    Au-delà des dégâts visibles, notamment sur les infrastructures comme les routes à Soliman, cet événement met en lumière la nécessité d’agir de manière globale et coordonnée.

    Il apparaît essentiel de renforcer les infrastructures hydrauliques, en assurant un entretien régulier des oueds et des réseaux d’assainissement, tout en modernisant les ouvrages existants comme les barrages et les bassins de rétention.

    Parallèlement, une réflexion sur l’aménagement du territoire s’impose, avec le développement de systèmes de drainage plus performants et l’intégration de solutions naturelles capables de favoriser l’infiltration et de limiter le ruissellement.

    Sur le plan économique, la résilience doit également être renforcée. Le secteur agricole, particulièrement exposé, peut tirer parti de ces épisodes à condition d’être mieux accompagné, à travers des systèmes d’irrigation adaptés, des mécanismes d’assurance climatique et une meilleure valorisation des conditions favorables pour optimiser les campagnes.

    Les PME et les infrastructures stratégiques doivent aussi bénéficier de dispositifs de soutien et de normes mieux adaptées aux risques.

    Ainsi, ces événements, bien que destructeurs, constituent aussi un signal fort pour accélérer la transition vers des modèles plus résilients, capables de mieux anticiper, absorber et gérer les chocs climatiques à venir.

    Lire l’intégralité de l’étude.

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    La Tunisie face au casse-tête de la pollution industrielle

    Un grand nombre de zones industrielles exercent une pression environnementale constante, nécessitant des programmes continus de dépollution et de réduction de la pollution, a déclaré, vendredi 5 juin 2026, le ministre de l’Environnement, Habib Abid, à l’agence Tap, faisant écho, peut-être sans le vouloir, aux manifestations qui se poursuivent contre la pollution industrielle destructrice de l’environnement et de la santé des citoyens induite par les usines du Groupe Chimique tunisien (GCT) à Gabès.  

    La Tunisie possède les capacités et l’expertise nationales nécessaires pour réhabiliter les zones côtières touchées et protéger les écosystèmes marins, a ajouté le ministre dans une déclaration à l’agence officielle Tap, en marge d’un événement environnemental organisé par le ministère en partenariat avec le WWF Afrique du Nord, sur la plage de Gammarth, dans la banlieue nord de la capitale.

    Dans sa déclaration à la Tap, M. Abid a expliqué que la Tunisie compte environ 2 400 kilomètres de côtes, dont 390 à 400 kilomètres sont affectés par l’érosion côtière, soulignant que l’État est intervenu ces dernières années pour remédier à plusieurs problèmes liés à la protection du littoral, à l’instar des actions menées dans la zone d’Hammam-Lif, où les interventions ont contribué à améliorer le débit de l’eau et à restaurer l’équilibre écologique du site.

    Le ministre a aussi affirmé que le ministère poursuit ses études et met en œuvre des programmes visant à réduire la pollution côtière et à restaurer les zones dégradées, en citant plusieurs projets qu’il considère comme des modèles de réussite dans ce domaine. Parmi ceux-ci figurent le projet de dépollution du lac de Bizerte et le projet Taparura dans le gouvernorat de Sfax, ainsi que les projets de réhabilitation du lac Tunis, devenu un pôle d’écotourisme.

    M. Abid a ajouté que ces expériences positives renforcent les possibilités d’étendre les programmes de réhabilitation environnementale à d’autres régions, notamment Radès, Hammam-Lif et le golfe de Monastir, en s’appuyant sur l’expertise et les compétences tunisiennes qui ont réalisé des études techniques et mis en œuvre divers projets.

    Par ailleurs, le ministre a souligné le rôle crucial de la société civile dans le soutien aux actions environnementales, en évoquant le partenariat de longue date entre le ministère de l’Environnement et le Fonds mondial pour la nature (WWF). Ce partenariat couvre divers domaines, notamment la protection des zones humides, des parcs nationaux et des réserves naturelles, et a contribué au développement d’initiatives environnementales et au renforcement des efforts de conservation de la biodiversité.

    Dans ce contexte, il a souligné que ces efforts conjoints ont contribué au développement du réseau de réserves naturelles et de zones humides d’importance mondiale, ainsi qu’au renforcement de la participation de la Tunisie à plusieurs initiatives et accords internationaux en matière d’environnement. Il a invité les jeunes à s’impliquer davantage dans le bénévolat et la vie associative, car cela contribue au développement de leurs compétences personnelles, à l’acquisition d’expérience et à la promotion d’un esprit d’initiative et de responsabilité.

    Le ministre a souligné que la protection de l’environnement et la préservation de la propreté du littoral sont une responsabilité collective qui requiert la contribution de tous les acteurs concernés, appelant à intensifier les campagnes de sensibilisation aux dangers de la pollution, notamment plastique, afin de préserver les ressources naturelles et de soutenir le développement économique et touristique du pays.

    Il convient de noter que la Journée mondiale de l’environnement de cette année a pour slogan «Œuvrer pour un littoral sans plastique», visant à lutter contre la pollution plastique et à protéger le littoral et les écosystèmes marins.

    On remarque au passage que M. Abid n’a pas évoqué la pollution industrielle catastrophique, liée à l’exploitation du phosphate, à Gafsa et à Gabès. Et la question qu’on aimerait lui poser à ce propos est la suivante : quand la Tunisie entend-elle mettre en pratique cette supposée «expertise nationale nécessaire pour réhabiliter les zones côtières touchées et protéger les écosystèmes marins» ?

    Quand la Tunisie cessera-t-elle de tirer des plans sur la comète et de broyer du vent pour passer vraiment à l’action ?

    Quand les citoyens verront-ils les dividendes de ce supposé savoir-faire qu’on aurait aimé voir à l’œuvre à Sfax, Gabès, Gafsa et les autres régions confrontées à la pollution industrielle ?

    L. B.  

       

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    Hassanine Ben Ammou | Littérature et sauvegarde de la mémoire nationale

    L’œuvre romanesque de Hassanine Ben Ammou mérite d’être considérée non seulement comme une contribution littéraire majeure, mais également comme une action exemplaire en faveur de la sauvegarde du patrimoine historique et immatériel de la Tunisie.

    Abdelhamid Larguèche *

    Dans les débats contemporains sur la préservation du patrimoine, l’attention se porte souvent sur les monuments, les sites archéologiques ou les objets matériels. Pourtant, les nations vivent tout autant de leurs récits, de leurs mémoires collectives, de leurs langues, de leurs traditions et de leurs imaginaires. Ce patrimoine invisible, que l’Unesco qualifie de patrimoine culturel immatériel, constitue l’âme profonde des peuples. Il est fragile. Il peut disparaître lorsque les générations cessent de le transmettre.

    C’est précisément contre cet effacement que s’inscrit depuis plus de quarante ans l’œuvre de Hassanine Ben Ammou.

    L’espace vivant de la culture

    À première vue, ses romans apparaissent comme des récits historiques. En réalité, ils accomplissent une mission beaucoup plus vaste. Ils constituent une véritable entreprise de sauvegarde de la mémoire tunisienne. Des derniers Hafsides aux débuts de la présence ottomane, de l’arrivée des Morisques à la révolte de 1864, des intrigues du Bardo à la vie quotidienne de la médina de Tunis, l’écrivain restitue des pans entiers de l’histoire nationale souvent absents de la mémoire populaire.

    Cette démarche possède une valeur historique incontestable. Loin de se limiter à la reconstitution des événements, elle redonne chair aux hommes et aux femmes qui ont traversé ces périodes. Les personnages historiques cessent d’être de simples noms dans les archives pour retrouver leurs passions, leurs ambitions, leurs peurs et leurs contradictions.

    Grâce au roman, l’histoire sort des bibliothèques pour rejoindre l’espace vivant de la culture. Mais l’apport de Hassanine Ben Ammou ne se limite pas à la transmission des faits historiques. Son œuvre préserve également un immense patrimoine immatériel. Dans ses romans revivent les manières de parler, les expressions populaires, les traditions urbaines, les coutumes familiales, les pratiques religieuses, les métiers anciens, les fêtes, les croyances, les formes de sociabilité et les modes de vie qui ont façonné la société tunisienne au fil des siècles.

    L’histoire des représentations collectives

    La médina de Tunis, les souks, les quartiers populaires, les campagnes de l’intérieur, les routes caravanières, les palais du pouvoir et les espaces du quotidien deviennent sous sa plume de véritables conservatoires de mémoire. Le lecteur y retrouve non seulement l’histoire des événements, mais aussi celle des sensibilités, des imaginaires et des représentations collectives.

    Cette dimension patrimoniale apparaît avec une force particulière dans les romans consacrés aux Morisques, aux populations andalouses réfugiées en Tunisie ou encore aux communautés qui ont contribué à façonner l’identité plurielle du pays.

    À travers ces récits, c’est toute une mémoire méditerranéenne qui ressurgit, rappelant que la Tunisie s’est construite par des échanges, des migrations et des métissages culturels successifs.

    Le roman consacré à Ibn Khaldoun – «الغروب الخالد» (L’Eternel crépuscule), éditions Meskiliani, Tunis 2026,
    336 pages – représente à cet égard l’aboutissement d’un long parcours. En faisant revivre le plus célèbre penseur de l’histoire du Maghreb, Hassanine Ben Ammou ne rend pas seulement hommage à une figure exceptionnelle. Il réintègre dans la conscience contemporaine un patrimoine intellectuel universel né sur cette terre. Il rappelle que l’histoire tunisienne ne se résume pas à ses monuments ou à ses dynasties, mais qu’elle comprend aussi des traditions savantes, des écoles de pensée et des œuvres qui ont marqué l’histoire de l’humanité.

    Le roman donne une âme au passé

    Dans une époque où les mémoires sont souvent fragmentées et où les repères culturels tendent à s’effacer sous l’effet de la mondialisation, une telle œuvre acquiert une importance particulière. Elle contribue à transmettre aux nouvelles générations une connaissance sensible de leur passé. Elle rétablit la continuité entre les héritages anciens et les interrogations du présent.

    C’est pourquoi l’œuvre de Hassanine Ben Ammou mérite d’être considérée non seulement comme une contribution littéraire majeure, mais également comme une action exemplaire en faveur de la sauvegarde du patrimoine historique et immatériel de la Tunisie. À travers ses romans, c’est une mémoire collective qui est préservée, un héritage culturel qui est transmis et une identité nationale qui continue de dialoguer avec son histoire.

    Les archives conservent les documents. Les musées protègent les objets. Les historiens établissent les faits. Mais les romanciers donnent une âme au passé. C’est sans doute là que réside la contribution essentielle de Hassanine Ben Ammou : avoir fait de la littérature un lieu de mémoire, de transmission et de sauvegarde d’un patrimoine dont la richesse dépasse largement les frontières de la Tunisie pour rejoindre l’héritage universel de l’humanité.

    * Historien.

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    ‘‘Défis et remords’’ de Mohamed Louati ou les blessures de l’histoire

    Dans ‘‘Défis et remords’’ (publié à compte d’auteur, Tunis, 2025, 296 pages), le deuxième roman de l’écrivain Mohamed Louati, après ‘‘Les bonbons à la menthe. L’histoire de Zbagliato’’ (éditions Zeyneb, 2024), se croisent amour interdit, poids des traditions, exil volontaire, secrets de famille et choix douloureux, à travers le parcours cahoteux d’un couple tuniso-français uni par l’amour mais ballotté par le destin.

    Lotfi Sahli

    L’action de ce roman très documenté se déroule au cours de la première moitié du 20e siècle et met en scène les communautés arabes, françaises et italiennes dans une ville de Bizerte, à la fois arabe, méditerranéenne et cosmopolite, en pleine transformation sociale et urbaine.  

    Le roman et son auteur ont été au centre d’une rencontre, samedi 6 juin 2026, à la médiathèque de l’Alliance Française de Bizerte, dirigée par Hajer Sfaxi. Présentée par Fathi Belkahia, président de l’alliance Française à Bizerte et modérée par Samy Antar, professeur d’histoire et de géographie, cette rencontre a permis au public de découvrir les multiples facettes d’un écrivain et d’une œuvre romanesque ancrée dans l’histoire de la ville de Bizerte, à la frontière du réel et de l’imaginaire, où le récit est riche en rebondissements et en émotions, et les motivations complexes des personnages donnent toute leur force aux thèmes abordés.

    Abbes Mohsen, ancien maire de Tunis et ancien ambassadeur de Tunisie à La Haye, également camarade de classe de l’auteur, est venu de Tunis pour prendre part à la rencontre.

    De Marseille à Bizerte

    L’histoire de ‘‘Défis et remords’’ prend racine en 1909, au temps où la France, puissance «protectrice», renforçait son contrôle sur la Tunisie.

    Rose était une fille de la terre, née au cœur secret de la campagne normande. Sa vie tenait dans un périmètre étroit, une ligne droite tracée entre la maison familiale et la forêt où son père brûlait le bois. Elle ne franchissait les frontières du village que pour lui porter ses provisions, marchant dans l’odeur de la suie et de la mousse humide. Une existence simple, austère, réglée par le pas des saisons. Puis, il y eut le grand départ.

    Quittant son nid natal, elle monta dans un train pour Marseille. Collée à la lucarne du wagon, Rose vit le monde s’élargir pour la première fois, regardant défiler les paysages de France comme un rêve éveillé. C’était le prélude au grand saut : à Marseille, la terre s’arrêta. Elle embarqua sur un navire, direction Bizerte, abandonnant la fraîcheur de son bocage pour l’inconnu de la mer et la promesse d’une autre rive.

    Au terme du voyage, Bizerte devint sa terre d’ancrage. Rose fut placée au service d’un officier français. Sa tâche dépassait celle d’une simple servante : elle devint gouvernante, une femme de ménage au rang rehaussé par la confiance qu’on lui portait. Sur ses jeunes épaules reposaient désormais l’entretien de la demeure et le soin de trois enfants, insufflant un peu de sa rigueur normande dans ce nouveau foyer colonial.

    D’une rive l’autre

    Sur cette autre rive, si loin des brumes de la Normandie, vivait Habib.

    C’était un jeune Tunisien au sang vif, charmeur et ouvert sur le monde, un bon vivant qui ne boudait pas les plaisirs de l’existence, s’autorisant ici et là le goût défendu de quelques breuvages et apéritifs. Il maîtrisait l’italien et le français, et vivait dans le vieux quartier arabe, un enchevêtrement de ruelles qui venait se heurter à la ville européenne, cette cité moderne que les colons français étaient alors en train de faire émerger.

    Alors, le destin noua ses fils. Par un simple hasard, leurs regards se croisèrent. Ce fut un coup de foudre, une étincelle brute qui alluma instantanément le désir dans le cœur de l’un et de l’autre.

    De ce feu naquit un amour interdit. Autour d’eux, les deux familles restèrent perplexes, puis abasourdies face à cette union inattendue que tout condamnait. Le couperet tomba, net et cruel : le reniement. Pour des raisons de sang, de religion et de rang social, chacun fut banni par les siens, laissant les deux amants seuls face au monde, riches de leur seul amour.

    Ils forcèrent le destin et se marièrent en 1913, s’inventant un premier nid dans l’exiguïté d’un petit studio.

    Puis, le miracle de l’apaisement eut lieu. La mère d’Habib, Douja, sut trouver la force du pardon. Elle ouvrit grand les portes de la maison familiale, bénit l’union et adopta sa bru, Rose la Normande, comme sa propre fille. Durant dix mois, le jeune couple vécut ainsi sous ce toit bienveillant, réconcilié avec une partie de ses racines.

    Mais le sursis fut de courte durée. Juste avant que le monde ne sombre dans le chaos de la Première Guerre mondiale, ils plièrent bagage et s’envolèrent vers la France, poussés à nouveau vers l’inconnu, où les attendaient d’autres déboires.

    Ces quelques lignes laissent deviner une fresque humaine d’une immense richesse, où l’amour et le courage s’entrechoquent avec le tumulte de l’Histoire et le choc des cultures. Le destin de Rose et Habib, suspendu aux portes de cette Grande Guerre, donne effectivement le frisson et l’envie de tourner les pages de cette histoire inspirée de faits réels.

    Entre blessures et ambitions

    Lors du débat, Mohamed Louati a souligné le travail de recherche qui a précédé l’écriture de son roman. En s’appuyant sur des archives et des témoignages de l’époque, il a cherché à mettre en lumière certaines réalités historiques dont il a nourri cette fiction profondément émouvante. L’auteur a notamment évoqué des thématiques universelles du racisme et des préjugés entre communautés, des tensions sociales entre Tunisiens eux-mêmes, du fossé séparant les familles aisées des plus modestes, mais aussi des valeurs humaines intemporelles comme la générosité, la modestie et la solidarité.

    À travers son récit, il invite ainsi le lecteur à une réflexion sur l’humaine condition, entre blessures héritées du passé et aspirations à une société plus juste et plus fraternelle.

    Ce qu’on retient surtout de cette rencontre littéraire, c’est la découverte d’un grand serviteur de l’État dont le parcours force l’admiration. Ancien maire de Bizerte, gouverneur, président-directeur général d’une entreprise publique, vice-président de la Jeune chambre Internationale et haut administrateur aux Nations unies, Mohamed Louati s’est distingué tout au long de sa carrière par son sérieux, sa rigueur et son esprit cartésien, comme l’a d’ailleurs souligné l’un des intervenants.

    Rien ne laissait pourtant présager que derrière cet homme de devoir et d’action se cachait un romancier aussi sensible. À travers son œuvre, il révèle une remarquable finesse d’observation, une profonde sensibilité humaine et un réel talent d’écriture. Sa plume élégante et maîtrisée donne vie à des personnages attachants et à des récits pleins d’émotion. Cette rencontre nous a permis de découvrir une autre facette de sa personnalité, celle d’un conteur habile qui sait captiver son lecteur et le tenir en haleine. Au terme de cet échange, on est restés sur notre faim, dans l’attente impatiente du troisième volet de cette saga prometteuse.

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    Le poème du dimanche | ‘‘La cinquième nuit’’ d’August Strindberg

    Né en 1849 et décédé en 1912 à Stockholm, August Strindberg est poète, romancier, dramaturge et peintre suédois.

    Après avoir vécu dans différents pays européens, Strindberg s’installe en France à deux reprises, en 1883 et 1894 où il se lie d’amitié avec le peintre norvégien Edvard Munch. Exerce plusieurs métiers dont, alchimiste dans un laboratoire. Son œuvre, classée entre naturalisme et expressionisme, est considérée comme majeure dans la littérature suédoise. Elle inspirera le cinéaste Ingmar Bergman qui montera aussi son théâtre. Le recueil dont est extrait ici le poème est composé de Cinq nuits.

    Tahar Bekri

    Les années de voyage se terminent

    quand l’esprit fatigué et le corps usé

    aspirent à rentrer au pays, retrouver

    les souvenirs et les lieux, mirages merveilleux

    surgissant dans les rêves de la nuit,

    dans l’ivresse poétique de qui a le mal du pays,

    voir s’ils supportent la lumière du jour

    et s’ils ne paraissent bien maigres

    quand on lève le store et que s’éteint la veilleuse

    et que le somnambule brusquement est arraché au sommeil.

    Lesté d’impressions, de collines romaines,

    hôtels suisses, douanes prussiennes,

    socialisme, septennat,

    paix éternelle, concordats :

    fatigué des salades et de vins acides,

    rassasié de saucisses et de fausses sardines,

    de macaronis, de Hofbräu et d’huile

    morues danoises, églefins norvégiens,

    tambourins et castagnettes,

    tintamarres et chansonnettes,

    boulevards à dalles d’asphalte,

    paysages brûlés, voilés de poussière,

    fleuves desséchés au lit boueux,

    prairies rouges comme tapis de coco,

    tout ce qui en la mémoire prend

    pour l’esprit malade couleur de cadavre.

    Et maintenant que les canards en ordre de bataille

    montrent en volant le chemin du pays,

    où les hêtres poussent leurs bourgeons,

    fatigué de la vie, le pèlerin revient vers le Nord

    (Extraits)

    Traduit du suédois par Jean de Faramond

    ‘‘Nuits du somnambule par jours éveillés’’, Librairie Séguier, 1990.

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