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Sortir de la pauvreté | L’angle mort moral de l’économie mondiale

Lorsque l’ordre économique mondial se dérègle — sous l’effet des tensions géopolitiques, des chocs énergétiques, de la rareté des financements, du ralentissement de la croissance et du retour des disciplines budgétaires imposées — qui paiera le prix du grand désordre ? On sait qu’à chaque vacillement des équilibres financiers, ce sont les corps les plus exposés, les salaires les plus faibles, les subventions les plus vitales, les familles les plus vulnérables qui absorbent le choc.

Yahya Ould Amar *

Quand les États revoient leurs priorités et que l’ajustement devient nécessaire, il faut se rappeler ce que l’économie moderne a toujours exclu de ses équations : les pauvres. Leur dignité est cette frontière morale qui interdit de traiter l’humain comme une variable d’équilibre, de sacrifier les vies au nom des comptes, et de transformer toute souffrance en simple ligne de coût.

En effet, la «pauvreté» n’existe pas dans la vingtaine d’équations fondamentales de la théorie économique. On y trouve l’utilité, le bien-être, le revenu, la préférence, le surplus du consommateur … On y mesure tout, la propension à consommer, l’élasticité de la demande, la production, l’investissement, la consommation, la balance des paiements, la croissance, le taux d’intérêt… Mais nulle part, dans les manuels économiques enseignés qui forment les dirigeants d’entreprises, les banquiers et les gouvernants, n’apparaît le mot «pauvreté». Comme si l’absence de mesure valait absence d’existence.

C’est pourtant ce mot-là que portent, cinquante pour cent de la population mondiale qui vivant avec moins de cinq dollars et demi par jour et par personne – ceux que l’on appelle pauvres. Ils demandent que la pauvreté ne soit pas une humiliation quotidienne, qu’on cesse de les traiter comme des coûts budgétaires ou des lignes de bilan. Ils veulent être reconnus comme des vies humaines, des visages, des sujets.

Entre ce que l’économie sait compter et ce que les pauvres demandent de sauver, il y a un abîme, celui de l’angle mort moral de l’économie moderne.

Le pauvre comme variable d’ajustement

Dans le langage économique, le pauvre n’apparaît jamais en tant que tel, il se dissous dans des agrégats. Il est le «ménage à bas revenu», le «secteur informel», parfois la «population vulnérable». Ces mots ont une vertu apparente — la neutralité — et un vice profond, ils effacent le visage.

Car derrière l’abstraction se joue une inversion morale. Lorsqu’une économie est en difficulté, le modèle cherche la variable la plus «flexible», celle qui peut absorber le choc au moindre coût pour l’équilibre d’ensemble. Or cette variable, presque toujours, c’est le pauvre, son salaire, sa subvention, sa retraite, son accès au soin et à l’eau potable, son éducation, sa sécurité.

Le riche dispose de capital mobile, d’avocats, de frontières fiscales ; le pauvre n’a que sa subsistance, et c’est elle qu’on ajuste. L’ajustement «par le bas» est la conséquence logique d’un système qui mesure l’efficience globale et reste aveugle à la dignité particulière.

La pauvreté est d’abord une confiscation du temps. Le riche peut attendre, différer ses choix, investir, se tromper, recommencer. Le pauvre, lui, vit dans l’urgence. Il ne choisit pas entre plusieurs avenirs ; il tente d’empêcher l’effondrement du présent. C’est pourquoi l’économie se trompe lorsqu’elle parle de «préférences» là où il n’y a que la contrainte pour la moitié de l’humanité. Le pauvre ne préfère pas ; il est simplement privé du temps long qui rend ces choix possibles.

L’aberration des plans d’ajustement

Pendant des décennies, sous le nom rassurant de «programme d’ajustement», «programme d’urgence» ou autres dénominations équivalentes, on a appliqué à des dizaines de pays — singulièrement en Afrique et en Amérique latine — une même ordonnance, dévaluer, couper les dépenses publiques, supprimer les subventions sur le pain et le carburant, privatiser, comprimer les salaires, ouvrir les frontières … Le diagnostic était comptable ; le remède le fut aussi. Et le résultat, mesuré dans la seule langue du modèle — déficit, inflation, balance des paiements — pouvait parfois sembler bon.

Mais que disait ce résultat des milliers, parfois des millions de vies qui sont précipitées dans l’extrême pauvreté, l’insécurité alimentaire ou le dénuement total.

L’aberration fut de croire que l’on pouvait assainir des finances publiques en laissant hors de l’équation le vrai coût humain de cet assainissement — et que l’on ait appelé «rigueur» ce qui était, pour des millions de gens, une cruauté administrée.

On rétorquera que ces plans furent nécessaires, que des États endettés risquent de ne pas rembourser leurs créanciers. C’est exact, il y avait de vrais déséquilibres, de vraies gabegies, de vrais privilèges à défaire.

Le scandale n’est pas qu’il ait fallu corriger ; c’est l’ordre des priorités — l’équilibre budgétaire d’abord, le corps humain ensuite, s’il en reste — et la certitude tranquille des décideurs que la douleur d’autrui était un paramètre, non une limite.

Libéralisme : la promesse et le glissement

Soyons justes avec le libéralisme, à sa source, le libéralisme est une philosophie de la dignité, il affirme que l’individu a le droit de contracter, de posséder, d’entreprendre, de n’être pas soumis à l’arbitraire.

Le glissement s’est produit lorsqu’on a fait du moyen une fin. La liberté économique est devenue la valeur suprême devant laquelle la dignité doit s’incliner. On est passé du «marché pour les hommes» au «hommes pour le marché». Et dans sa version contemporaine, le libéralisme économique a enfanté une étrange créature, un individu réduit à son capital humain, sommé d’être «entrepreneur de lui-même», responsable de tout — de son chômage comme de sa maladie. Le pauvre n’est alors plus une victime d’un ordre injuste ; il devient le gestionnaire défaillant de sa propre vie. C’est la forme la plus subtile du mépris, faire porter à l’écrasé la responsabilité de son écrasement.

Capitalisme : ce qu’il produit et ce qu’il ne voit pas

Le capitalisme est sans doute la machine la plus efficace que l’humanité ait jamais construite pour produire de la richesse. Il a sorti des centaines de millions d’êtres humains de la misère absolue. Le capitalisme optimise une chose, le rendement du capital. Tout ce qui sert ce rendement, il le voit, le compte. Tout ce qui ne le sert pas — la dignité de celui qui ne «rapporte» rien — il le traite, au mieux, comme une externalité ; au pire, comme un obstacle.

De là vient un paradoxe, celui qu’un système peut accumuler des richesses inouïes tout en appauvrissant moralement ceux qu’il enrichit, et matériellement ceux qu’il ignore. Le pauvre du capitalisme contemporain est celui qui est de trop — l’«inemployable», le «non-rentable», celui dont l’existence ne trouve aucune case dans la comptabilité du profit.

L’enseignement économique ou la fabrique de l’aveuglement

Comment des esprits brillants, en viennent-ils à administrer la douleur sans la voir ? On n’enseigne pas seulement des modèles ; on enseigne un «regard». Pendant des années, on apprend au futur décideur que l’agent économique est rationnel et égoïste, que tout a un prix, que l’éthique relève de la sphère privée et n’a rien à faire dans l’analyse économique. On lui apprend, surtout, à raisonner «toutes choses égales par ailleurs» — formule innocente en apparence, et qui consiste à mettre méthodiquement entre parenthèses tout ce qui dérange le modèle, à commencer par la dignité des pauvres.

Une étude célèbre a montré que l’enseignement prolongée de l’économie rend plus enclin à des comportements intéressés et moins coopératif. Un certain enseignement économique peut, lorsqu’il se coupe de la philosophie morale, former des intelligences techniquement brillantes mais affectivement désarmées devant la souffrance sociale.

On ne sort pas indemne d’avoir appris pendant des années que la générosité est «irrationnelle» et la dignité «non quantifiable». Le diplômé en économie ne devient pas méchant ou cynique, il devient aveugle. Et un aveugle bienveillant qui tient les leviers d’une économie peut faire plus de dégâts qu’un cynique lucide. Voilà pourquoi réformer l’économie n’est pas d’abord une affaire de modèles, mais de formation du regard, on ne fera pas une économie de progrès avec des esprits dressés à ne pas voir la dignité humaine.

Réinscrire la dignité dans l’équation

Que faire ? Certes, les bons sentiments n’ont jamais nourri personne — mais exiger que l’économie élargisse son regard à la mesure de son pouvoir.

D’abord, faire de la dignité une contrainte, non une variable d’ajustement.

Ensuite, rendre compte de l’invisible. Mesurer ce que coûte vraiment un ajustement sur le plan social. Ce qui se compte finit toujours par compter. Tant que la souffrance des pauvres restera hors-bilan, elle restera la première variable que l’on sacrifie.

Enfin, rendre la parole à ceux que l’on chiffre. La dignité est aussi le droit d’être un sujet de sa propre histoire, et non l’objet des plans d’autrui. Aucun programme conçu sans les pauvres, sur les pauvres, n’a jamais respecté leur dignité — quelles qu’aient été ses bonnes intentions. Le paternalisme expert est encore une forme de mépris ; il décide du bien d’autrui sans lui demander son avis.

On objectera que la dignité ne se met pas en équation. Une science qui ne sait mesurer que ce qui rapporte finira par ne servir que ceux à qui cela rapporte.

La pauvreté est une confiscation de l’avenir

Lutter contre la pauvreté au XXIᵉ siècle suppose de la comprendre comme une privation de capacité productive et de pouvoir d’agir. Le pauvre est celui qui ne peut pas produire, négocier, anticiper, se prémunir contre le risque. Or les pays en développement ont souvent réduit la misère sans construire les structures qui rendent la prospérité irréversible. La pauvreté y est devenue une oscillation permanente au bord du gouffre où la moindre sécheresse, maladie ou dévaluation reprécipite des millions de personnes dans l’insécurité vitale.

Penser la lutte contre la pauvreté, c’est donc penser la résilience structurelle bien plus que l’aumône, et substituer à l’obsession du «combien donner», celle de «quelles capacités installer».

En effet, la pauvreté est une expropriation de l’avenir, l’impossibilité faite à un être humain de se projeter. Un État ne peut pas être réduit à un arbitre de coûts, évalué uniquement à sa capacité à satisfaire des créanciers. Il doit être stratège, visionnaire et notamment bâtisseur de conditions durables d’émancipation.

Ces conditions reposent d’abord sur des infrastructures matérielles, qui donnent accès à l’eau, à l’énergie, au logement, à la santé, au transport, au numérique et au financement ; ensuite sur des infrastructures juridiques, qui sécurisent la propriété privée, protègent les contrats en sécurisant les relations économiques (pas de corruption pour obtenir un droit, pas de lenteur judiciaire coupable…), formalisent les activités sans les étouffer et garantissent l’égalité devant les opportunités ; enfin sur des infrastructures éducatives, qui transforment l’école, la formation professionnelle, l’apprentissage technique et la culture numérique en moteur de mobilité sociale.

Vaincre la pauvreté, au fond, c’est rendre aux pauvres le temps long, et avec lui la dignité d’être les auteurs de leur histoire.

En définitive, la grande erreur de l’économie moderne aura été de croire qu’une société peut sauver ses équilibres en mutilant ceux qui ont déjà tout perdu. On peut réduire un déficit, rassurer des créanciers ; mais si cette victoire se paie par l’humiliation des pauvres, par l’effacement des visages derrière les agrégats macroéconomiques, alors ce n’est plus une politique économique, c’est une abdication morale.

Le XXIᵉ siècle ne pourra pas se contenter d’une économie qui ajuste plus vite les budgets qu’elle ne répare les destins, qui parle de soutenabilité financière en oubliant la soutenabilité humaine. Le premier devoir d’une pensée économique digne de ce siècle est donc de rendre aux pauvres ce qu’aucun modèle économique, ne devrait leur retirer, un visage, un temps et une place dans l’équation du monde.

* Economiste, banquier et financier.

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Mondial – Liste de Lamouchi : Zaalouni, le grand oublié ?

À l’approche de la Coupe du Monde, la liste des joueurs retenus par le sélectionneur national Sabri Lamouchi fait l’objet de nombreux débats au sein de la sphère sportive. Au cœur des discussions : l’absence du latéral droit du Club Africain, Ghaith Zaalouni.

L’annonce de la liste officielle pour le Mondial a immédiatement déclenché une vague de réactions, tant chez les supporters que chez les professionnels des médias sportifs. Si les choix d’un sélectionneur répondent souvent à des critères tactiques spécifiques, l’éviction de Ghaith Zaalouni est perçue par une partie des observateurs comme une décision difficilement explicable au vu de la forme actuelle du joueur.

Le rendement local face aux choix de l’expatriation

Le débat s’est notamment cristallisé sur les réseaux sociaux et dans les plateaux sportifs autour d’une comparaison directe entre le rendement de Zaalouni et celui d’autres joueurs évoluant à l’étranger.

Plusieurs journalistes sportifs soulignent que Zaalouni s’est imposé cette saison comme l’un des éléments les plus performants du championnat de Tunisie, particulièrement après ses prestations remarquées lors des grands rendez-vous, dont le Derby il y a quelques jours. Pour ses défenseurs, son statut de titulaire indiscutable et son impact sur le jeu local auraient dû lui garantir une place dans l’avion pour le Mondial.

La mise en perspective du choix technique

En face, le staff technique semble avoir privilégié d’autres profils, à l’instar de Mootez Nefati. Ce dernier, bien qu’évoluant en deuxième division suédoise, bénéficie d’une expérience internationale acquise lors des précédentes compétitions, comme la Coupe Arabe.

Pour Sabri Lamouchi, le défi consiste à bâtir un groupe homogène capable de répondre aux exigences du très haut niveau mondial. Les détracteurs de cette liste s’interrogent toutefois sur le signal envoyé aux joueurs du championnat local : le niveau de la Ligue 1 est-il jugé insuffisant face à des championnats de seconde zone en Europe ?

Une pression médiatique accrue ?

L’absence de « consensus » autour de ce poste de latéral droit place le sélectionneur sous une pression particulière. Comme souvent en période de grande compétition, les résultats finaux de l’équipe nationale serviront de juge de paix.

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Mondial 2026 : Sabri Lamouchi dévoile la liste des 26

À quelques semaines du coup d’envoi de la Coupe du Monde 2026 en Amérique du Nord, le sélectionneur national Sabri Lamouchi a levé le voile, ce vendredi, sur la liste des 26 joueurs qui défendront les couleurs de la Tunisie. Entre cadres confirmés et jeunes talents binationaux, tour d’horizon des forces en présence.

Une liste placée sous le signe de l’équilibre

Pour ce rendez-vous historique aux États-Unis, au Canada et au Mexique, Lamouchi a opté pour la continuité tout en injectant du sang neuf dans certains secteurs clés.

  • Dans les buts : Aymen Dahmen mènera le trio des gardiens, accompagné de Sabri Ben Hassen et du jeune Mouhib Chamakh.
  • En défense : Le secteur est solide avec le retour en force de Dylan Bronn et la présence de cadres comme Montassar Talbi et Ali Abdi. À noter l’intégration de jeunes profils comme Adam Arrous et Raed Chikhaoui pour pallier les éventuelles défaillances.
  • Au milieu : C’est le cœur battant de cette équipe. L’expérience d’Ellyes Skhiri sera cruciale, tout comme la créativité d’Hannibal Mejbri et d’Ismaïl Gharbi. L’arrivée de Rani Khedira apporte également une densité athlétique supplémentaire.
  • En attaque : Elias Achouri et Elias Saad seront les principaux dynamiteurs sur les ailes, tandis que Firas Chaouat et Hazem Mestouri se disputeront la pointe de l’attaque.

Le programme de préparation : Cap sur l’Europe

Avant de s’envoler pour le continent américain, les Aigles de Carthage peaufineront leurs automatismes lors de deux tests de haut niveau contre des nations européennes :

  1. Tunisie – Autriche : Le 1er juin à Vienne (20h45).
  2. Tunisie – Belgique : Le 6 juin à Bruxelles (15h00).

Ces deux rencontres permettront à Sabri Lamouchi de fixer son onze de départ face à des oppositions de styles différents, proches de ce qu’ils rencontreront durant la phase de poules.

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Visa : Suspension de la caution pour les détenteurs de billets du Mondial, dont les Tunisiens

Les ressortissants tunisiens ne seront pas soumis à la caution financière pouvant atteindre 15 000 dollars exigée par les États-Unis pour certains demandeurs de visa, dans le cadre du dispositif lié aux supporters disposant de billets pour la Coupe du monde.

Selon une information rapportée par l’Associated Press, reprise par plusieurs médias américains, le département d’État a décidé de suspendre l’application de cette mesure pour les détenteurs de billets du Mondial. Cette décision intervient après l’instauration, l’an dernier, d’un système de “visa bond” ciblant des voyageurs issus de pays considérés comme présentant un risque élevé de dépassement de séjour.

Des ressortissants de 50 pays

Ce dispositif concernait initialement des ressortissants de 50 pays, dont plusieurs nations qualifiées pour la Coupe du monde, parmi lesquelles la Tunisie, l’Algérie, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Cap-Vert. Les personnes concernées pouvaient être contraintes de verser une garantie financière allant jusqu’à 15 000 dollars lors de la demande de visa touristique.

La suspension annoncée signifie que les supporters tunisiens disposant d’un billet confirmé pour les matchs ne seront pas tenus de fournir cette caution, une mesure qui facilite leur accès au territoire américain dans le cadre de la compétition.

Exemption est définitive ou limitée ?

Les autorités américaines n’ont pas précisé si cette exemption est définitive ou limitée à la période de la Coupe du monde.

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Mondial de tennis de table : Le Tunisien Boubaker Bouras porté disparu à Londres

Le joueur de la sélection tunisienne de tennis de table, Boubaker Bouras, est porté disparu depuis le 2 mai 2026 à Londres, à l’issue du Championnat du monde par équipes seniors. L’information a été confirmée par le président de la Fédération tunisienne de tennis de table, Mokhtar Toukebri. Le joueur aurait quitté le lieu de résidence de la délégation sans préavis après l’élimination de la Tunisie.

Disparition signalée après l’élimination

Selon Mokhtar Toukebri, la Fédération a été informée par le sélectionneur national Mourad Sta, également chef de la délégation, que Boubaker Bouras avait quitté son hébergement sans avertir, alors que l’équipe se préparait à rentrer en Tunisie le même jour.

Depuis, aucune nouvelle du joueur n’a été obtenue, malgré plusieurs tentatives pour le contacter, rapporte l’Agence TAP.

Dès l’annonce de la disparition, la Fédération tunisienne de tennis de table indique avoir pris attache avec l’ambassade de Tunisie à Londres ainsi qu’avec le ministère de la Jeunesse et des Sports afin de suivre la situation et coordonner les recherches.

Un élément clé de la sélection

Âgé de 25 ans, Boubaker Bouras évoluait au club de tennis de table de La Soukra et s’entraînait également au club La Raquette d’Or de Bizerte. Il était considéré comme le joueur le plus expérimenté d’un groupe jeune, appelé à constituer le futur noyau de l’équipe nationale.

Le président de la Fédération a souligné que cette disparition représente une perte importante pour la sélection, engagée dans un processus de renouvellement.

Parcours et contexte sportif

Le joueur ne bénéficiait pas d’un contrat d’objectifs avec le ministère, contrairement à ses coéquipiers Wassim Essid, Fadoua Garsi et Abir Haj Salah. Il n’était pas non plus hébergé au Centre national de préparation des sportifs d’élite d’El Menzah et avait interrompu ses études à l’Institut sportif.

La sélection tunisienne, qui comptait également Youssef Adili et Wassim Essid, a quitté la compétition dès le premier tour, après une victoire contre le Guatemala (3-1) et deux défaites face à l’Inde et la Slovaquie (0-3).

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Conflit au Moyen-Orient : Le FMI redoute un choc mondial inégal sur l’énergie, le commerce et la finance

La guerre au Moyen-Orient fait peser un nouveau risque systémique sur l’économie mondiale, via trois canaux majeurs : l’énergie, les chaînes d’approvisionnement et les marchés financiers, a averti le Fonds monétaire international (FMI) dans une analyse publiée le 1er avril.

Le diagnostic du FMI est clair : le choc est global mais profondément asymétrique. Les pays importateurs nets d’énergie, notamment en Afrique, au Moyen-Orient hors producteurs du Golfe et en Amérique latine, sont les plus exposés. Les économies à faible revenu, déjà confrontées à des marges budgétaires étroites et à des réserves en devises limitées, risquent d’encaisser un double choc : flambée de la facture énergétique et durcissement des conditions de financement.

L’énergie, premier canal de contagion

Le principal vecteur de transmission reste le marché énergétique. Le blocage de facto du détroit d’Ormuz, par lequel transitent 25 à 30% du pétrole mondial et 20% du gaz naturel liquéfié, constitue selon le FMI et l’Agence internationale de l’énergie l’une des plus graves perturbations de l’histoire récente du marché pétrolier.

Pour les pays importateurs, la hausse brutale des prix agit comme un impôt soudain sur le revenu national, comprimant la consommation, aggravant les déficits commerciaux et accentuant les tensions sur les monnaies locales.

Agriculture et sécurité alimentaire sous pression

Au-delà du pétrole et du gaz, le conflit bouleverse les flux logistiques mondiaux. La hausse des coûts du fret, des assurances maritimes et les retards de livraison touchent désormais les produits stratégiques, notamment les engrais, dont près d’un tiers transite par Ormuz.

Cette perturbation intervient à un moment critique : la saison des semis dans l’hémisphère Nord. Le risque est donc double : baisse des rendements agricoles et nouvelle flambée des prix alimentaires au cours des prochains mois.

Risque de retour d’une inflation persistante

Le FMI met également en garde contre un retour de pressions inflationnistes durables. La persistance de prix élevés de l’énergie et de l’alimentation pourrait raviver les anticipations d’inflation, au moment même où plusieurs banques centrales pensaient avoir repris le contrôle.

À terme, le renchérissement du transport, des matières premières et des intrants industriels risque de se diffuser à l’ensemble des biens manufacturés et des services, alimentant un scénario de croissance ralentie avec inflation élevée.

Dans ce contexte, les banques centrales pourraient être contraintes de maintenir des taux élevés plus longtemps, ce qui augmenterait la charge de la dette, surtout pour les pays émergents et à faible revenu. Les rendements obligataires ont déjà commencé à progresser sur plusieurs marchés.

Le 14 avril, date clé pour mesurer l’ampleur du choc

Le FMI précise que l’ampleur réelle des dégâts dépendra de la durée du conflit, de son extension régionale et des dommages causés aux infrastructures énergétiques et logistiques.

Une évaluation plus complète sera publiée le 14 avril dans les nouvelles Perspectives de l’économie mondiale et le Rapport sur la stabilité financière mondiale, suivis le lendemain du Moniteur des finances publiques.

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