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La Tunisie mise sur les technologies nucléaires pour protéger ses trésors culturels

L’Institut national du patrimoine (INP) et le Centre national des sciences et technologies nucléaires (CNSTN) ont signé, dimanche à Tunis, un mémorandum-cadre de coopération stratégique pour la préservation du patrimoine culturel tunisien grâce aux techniques nucléaires avancées, sous l’égide du ministère des Affaires culturelles. Un accord signé dans le cadre du projet TUN1015 soutenu par […]

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Faut-il signer un engagement de loyauté aux Émirats ? Les Tunisiens sont-ils concernés ?

Les Émirats arabes unis ont lancé une initiative intitulée “Pledge and Commitment”, un programme symbolique visant à renforcer les valeurs de cohésion sociale et d’appartenance nationale. Accessible aux citoyens comme aux résidents étrangers, cette démarche est volontaire et ne constitue en aucun cas une obligation légale. Selon les médias locaux et les plateformes officielles relayant […]

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Pourquoi : Covoiturage et pollution

Le transport par l’énergie fossile est l’un des facteurs les plus polluants de la planète. Pour limiter ses effets nocifs, il faut impérativement migrer vers l’électrique. Mais cela ne peut pas se faire du jour au lendemain. Une autre solution existe : le covoiturage, et là c’est vraiment la panacée. D’ailleurs, il suffit de se […]

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A Bordeaux, le centre pénitentiaire « gravement dégradé » selon un rapport

Cellules insalubres et insécurité généralisée: la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté alerte sur les conditions au centre pénitentiaire de Bordeaux-Gradignan.   Dans cette prison de 633 places, 1 188 personnes sont détenues, selon les derniers chiffres du…

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Bac 2026 : IA, kits, brouillages… La Tunisie face à la triche de masse

À peine lancée, la session principale du baccalauréat 2026 en Tunisie se retrouve déjà éclaboussée par une série d’affaires de fraude qui alimentent l’inquiétude des parents, des enseignants et des autorités. « C’est l’examen de tous les records… de la…

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Maroc : l’initiative « Colibghiti » contre le gaspillage alimentaire

Face au gaspillage alimentaire, devenu une problématique sociétale et environnementale complexe, des initiatives citoyennes innovantes émergent pour apporter des solutions concrètes à ce défi. L’initiative marocaine « Colibghiti » s’impose désormais comme un modèle de solidarité reposant sur la valorisation…

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Aménagement routier : bientôt la fin du calvaire pour les usagers de la route Kélibia-Menzel Témime 

Entre klaxons stridents et chaleur suffocante, la route régionale MC27, reliant les villes de Menzel Témime et de Kélibia suffoque. L’asphyxie routière atteint parfois des sommets, mettant à rude épreuve les nerfs des usagers des quatre roues. En témoigne le nombre d’accidents qui s’y produisent chaque année, transformant ce segment en un véritable cimetière d’asphalte. Pourtant, les investissements ne manquent pas. Échangeurs flambant neufs, ponts et réhabilitations de voiries ont fleuri ces dernières années le long de la route MC 27 de Nabeul à Korba.

En attendant des solutions structurelles, les automobilistes continuent de subir, entre résilience et exaspération, une mobilité urbaine en panne de souffle. Face à cette hécatombe persistante, les pouvoirs publics ont, à maintes reprises, mobilisé des ressources considérables pour lancer des travaux de réhabilitation. Cependant, ces opérations coûteuses n’ont pas permis d’éradiquer le problème à sa racine. Il suffit de voir les malfaçons sur la chaussée, les traces de freinage, les nids de poule, pour être renseigné sur la dangerosité de ce tronçon. Il fallait se déplacer. En cette journée caniculaire, l’odeur des freins règne sur ce tronçon. Il ne s’agit pas d’une route comme les autres. Les usagers ne cachent pas leur inquiétude. Mohamed, un louagiste qui assure la liaison Kélibia-Menzel Témime, confie que «c’est une mauvaise route. Je m’inquiète à chaque passage sur ce tronçon à cause du danger». Avec le démarrage de la saison des moissons et de la récolte de tomate, ce tronçon devient impraticable et très dangereux. «Cette route se caractérise par des bouchons quotidiens qui se forment derrière les semi-remorques, les moissonneuses batteuses, les tracteurs et remorques de transport de tomates souvent en très mauvais état avec des chargements hors normes, des pneus non sécurisés et des systèmes de freinage à risque», souligne Anis.

La lutte contre l’insécurité routière constitue l’une des priorités majeures des autorités régionales. C’est dans ce cadre que la gouverneure de Nabeul, Hana Chouchani, a présidé une réunion de travail au siège de la délégation de Kélibia consacrée au suivi de l’avancement de la troisième phase du projet d’élargissement de la route régionale MC27, reliant les villes de Menzel Témime et de Kélibia en présence du délégué de Kélibia, du directeur régional des équipements, du directeur de l’unité de mise en œuvre du projet et des représentants de l’entreprise chargée des travaux. Au cours de cette réunion, les représentants de la direction régionale des équipements et de l’entreprise contractante ont examiné l’état d’avancement des travaux, notamment à l’entrée de la ville de Kélibia. Un accord a été conclu avec les représentants de la Direction régionale des équipements et l’entrepreneur chargé des travaux afin de mettre à jour le calendrier des travaux. Cet accord prévoit la réduction des délais d’exécution d’une partie du projet et un renforcement des efforts pour achever les travaux. L’entrepreneur s’est engagé à démarrer immédiatement les travaux, à redoubler d’efforts et à augmenter le nombre d’équipes sur le chantier.

Kamel BOUAOUINA

 

 

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Deuxième génération du programme national de rénovation urbaine : la volonté y est, mais les constructions anarchiques ont la peau dure 

Il y a quelques jours, la deuxième génération du Programme national de rénovation urbaine a démarré avec les mêmes objectifs pour, essentiellement,  mettre fin aux constructions anarchiques. Or, comme le constatent certains experts, le programme tarde encore à réaliser de bons résultats pour diverses raisons. Qu’en est-il exactement ?

La présidente de l’Agence de réhabilitation et de rénovation urbaine (ARRU) vient d’annoncer le démarrage de la deuxième génération du Programme national de rénovation urbaine. En quoi consiste ce programme et va-t-il, enfin, arriver à «neutraliser» les constructions anarchiques qui, malheureusement, continuent à pousser un peu partout dans le pays.

Lors d’une récente intervention médiatique, la présidente de l’Agence de réhabilitation et de rénovation urbaine, Sondos Beji Kraïem, a détaillé les étapes à venir de la deuxième génération du programme de rénovation urbaine lancé en 2019. Or, avec le retard accumulé pour la première partie de ce grand projet, on ne peut que s’interroger sur les réalisations acquises et sur ce qui reste à faire.

Ce qu’il faut relever, c’est que l’application de ce programme se base sur, en premier lieu, l’aménagement des infrastructures de base (assainissement, évacuation des eaux pluviales, aménagement des routes, éclairage public, etc.), la construction d’équipements collectifs (sportifs, culturels, pour la jeunesse et associatifs), l’amélioration de l’habitat, ainsi que l’aménagement ou la construction d’espaces industriels, économiques et artisanaux, avec la possibilité d’aménager des lotissements destinés à la construction à proximité des quartiers concernés par l’intervention.

Il convient de rappeler, également, que le programme est financé par le budget de l’État, ainsi que par un prêt de l’Agence Française de Développement, un prêt de la Banque européenne et une subvention de l’Union européenne. La première génération a contribué à améliorer la qualité de vie des habitants de 155 quartiers, pour un coût global estimé à environ 650 millions de dinars. Environ 865.000 habitants en ont bénéficié. Les travaux sont actuellement en phase d’achèvement et les conventions de financement ont été finalisées. Du moins sur le papier.

Qu’en sera-t-il de la seconde génération ?

Dans sa deuxième phase, le programme contribuera à la réhabilitation de 160 quartiers situés dans 99 municipalités, abritant environ 907.300 habitants, sur une période de mise en œuvre allant jusqu’en 2028. Le coût total du programme est estimé à environ 819,632 millions de dinars.

Interrogé à ce sujet, l’expert en travaux publics, Rached Mathlouthi, nous apprend que «le programme de réhabilitation et d’intégration des quartiers d’habitation vise à améliorer les conditions de vie des citoyens dans un certain nombre de quartiers résidentiels répartis sur différentes régions du pays». Pour beaucoup d’experts, dont notre interlocuteur, la réhabilitation risque de créer un «appel d’air» : «Si l’État légalise l’informel par l’équipement, il peut involontairement encourager l’anarchie. Les plus informés pensent que pour éviter cette «prime à l’illégalité», l’intervention doit être chirurgicale. Il est crucial d’accompagner ces projets de mesures strictes : surveillance satellitaire des périmètres, sanctions immédiates pour toute nouvelle construction et gel foncier autour des zones traitées. Ainsi, l’offre de parcelles sociales doit être l’unique porte d’entrée. Sans volet répressif et une coordination totale avec la police municipale, la réhabilitation ne sera qu’un pansement temporaire sur une gangrène urbaine tenace, persistent et signent les plus avertis. 

Des lacunes persistantes…

Peut-on, de fait, dire que ce programme est sur la bonne voie ? Selon notre expert, il y a plusieurs lacunes à combler. Le programme national de rénovation urbaine en Tunisie fait face à plusieurs difficultés administratives, techniques et foncières qui ralentissent leur mise en œuvre et limitent leur efficacité. «Les principales difficultés peuvent être résumées sur la base des évolutions de 2025-2026», nous dira le spécialiste Rached Mathlouthi. Et d’ajouter : «Les difficultés sont multiples et portent sur les différentes étapes d’élaboration et de révision des plans d’aménagement urbain qui prennent beaucoup de temps, en particulier lors de la phase de consultation publique et de réception des avis des administrations sectorielles. On constate également des différences de vision entre les municipalités et les administrations sectorielles, ce qui nécessite l’organisation de réunions de travail successives afin de rapprocher les positions. On relève aussi un chevauchement entre les municipalités, à savoir des empiètements au niveau des limites territoriales entre les municipalités qui constituent un obstacle majeur à l’avancement des études d’aménagement.»

En parallèle, la prolifération de constructions en dehors du cadre légal, à l’intérieur comme à l’extérieur des zones d’aménagement, complique la mise en œuvre de ce programme. Que faire, alors, pour surmonter ces obstacles ? Selon notre expert, il va falloir adopter de nouvelles méthodes plus pratiques : «Pour assurer la durabilité du projet de rénovation urbaine, il est nécessaire au préalable de mener une réflexion et de mettre en place des méthodes adaptées au contexte local. L’application de la loi est aussi recommandée, voire exigée afin de lutter contre le fléau des constructions anarchiques. Cela demande une surveillance continue, d’autant plus que les nouvelles technologies peuvent aider à le faire de manière plus pertinente».

«Au bout du compte, conclut notre expert, la deuxième génération du programme de rénovation urbaine se trouve à un tournant décisif : soit elle parvient à conjuguer amélioration des conditions de vie et fermeté face à l’illégal, soit elle risque de reproduire les mêmes déséquilibres qu’elle cherche à corriger. L’enjeu n’est plus seulement d’équiper, mais de structurer durablement la ville et d’imposer le respect des règles. Car sans gouvernance rigoureuse ni vision cohérente, la réhabilitation ne fera que repousser le problème, au lieu de le résoudre.

Kamel ZAIEM

 

 

 

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Pour un cadre légal de l’accouchement à domicile en Tunisie

En 2026, et malgré les avancées sociales ayant bénéficié aux femmes en Tunisie, il y a encore des parturientes qui accouchent à domicile dans des conditions que l’on imagine, surtout dans les zones rurales et les quartiers déshérités. Mais pas seulement…     

C’est ce que nous apprend l’Association tunisienne des sages femmes (ATSF) dans un communiqué publié à l’occasion de la Journée internationale de l’accouchement à domicile, samedi 6 juin 2026.

L’ATSF appelle dans son communiqué les structures sanitaires et les instances sociales à engager un dialogue national afin d’établir un cadre juridique et réglementaire définissant les conditions et les normes de sécurité des accouchements à domicile. Elle explique que l’absence de cadre législatif clair pour cette pratique en Tunisie expose les femmes et les professionnels de santé à une précarité juridique et prive le système de santé de la possibilité de prendre en charge correctement ces situations.

L’association ajoute que la législation tunisienne ne contient aucune disposition interdisant les accouchements à domicile, soulignant que la réglementation régissant l’exercice libéral de la profession de sage-femme autorise la prestation de services professionnels en dehors des établissements de santé, y compris au domicile privé.

L’ATSF plaide aussi pour la reconnaissance des accouchements à domicile comme une réalité sanitaire et sociale qui nécessite la mise en place et la définition de mécanismes de coordination avec les institutions de santé pour les grossesses à faible risque, tout en promouvant le droit des femmes à choisir le lieu de leur accouchement.

Rappelons que l’accouchement à domicile (AAD)concerne une part très minoritaire des naissances dans les pays industrialisés (entre 0,1 % et 2 % des cas selon les régions). S’agissant de la Tunisie, la quasi-totalité des accouchements (plus de 99 %) ont lieu en milieu hospitalier ou clinique, assistés par du personnel qualifié. Mais notre pays enregistre une forte hausse du taux de césariennes (atteignant 44,4%), et un indice de fécondité de 1,82 enfant par femme. Ce qui nécessite une réglementation stricte des conditions des AAD, afin de mieux préserver la santé des femmes et des enfants.

L.B.

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Comment maintenir durablement la perte de poids ?

Les analogues du GLP-1* ne sont pas une solution miracle contre l’obésité, car la reprise du poids après l’arrêt de la prise de ces médicaments est fréquente et souvent importante. Il ne s’agit pas de perdre du poids, mais surtout de maintenir durablement cette perte.

Dr Faouzi Addad **

«Docteur, j’aimerais prendre les fameuses injections pour maigrir. Juste 3 à 6 mois, j’atteins mon objectif et je pourrai ensuite les arrêter», s’entend-on dire souvent.  

Malheureusement, toutes les données actuelles montrent que la reprise du poids après l’arrêt des analogues du GLP-1 est fréquente et souvent importante. En moyenne, environ 60 % du poids perdu est repris après un an, jusqu’à 75 % à plus long terme, et le poids initial est souvent retrouvé entre 18 et 24 mois.

Avec cette reprise pondérale, une partie des bénéfices sur la glycémie, la pression artérielle, le cœur et les reins s’estompe, avec un véritable «rebond métabolique».

Le concept émergent est que la prise en charge de l’obésité ne doit plus être pensée uniquement comme une phase de perte de poids, mais comme une stratégie de maintenance à long terme, à l’image du traitement de l’hypertension artérielle ou des dyslipidémies.

Ces médicaments ne sont donc pas destinés à «perdre quelques kilos avant l’été».

Comment limiter cette reprise de poids ?

En privilégiant un sevrage progressif plutôt qu’un arrêt brutal ; en maintenant parfois des injections à faible dose ; en pratiquant une activité physique régulière ; en adoptant une alimentation suffisamment riche en protéines afin de préserver la masse musculaire ; et en recourant, éventuellement, aux formes orales des analogues du GLP-1.

D’autres approches du futur restent à surveiller, comme le resurfaçage de la muqueuse duodénale, une technique mini-invasive séduisante mais qui nécessite encore davantage de recul.

Dans tous les cas, l’obésité est une maladie chronique qui ne peut être traitée de manière ponctuelle.

La science ne cherche plus seulement à faire perdre du poids, mais surtout à maintenir durablement cette perte.

* Les analogues du GLP-1 (ou agonistes des récepteurs du GLP-1) sont des médicaments imitant l’hormone digestive GLP-1. Ils favorisent la satiété, stimulent la sécrétion d’insuline et ralentissent la digestion. Ils sont prescrits sur ordonnance dans le traitement du diabète de type 2 et de l’obésité.

** Professeur en cardiologie.

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Journée mondiale de l’environnement | La famille face au changement climatique (Sfax)

La Fédération tunisienne pour l’environnement et le Développement, en collaboration avec la délégation régionale de l’Union nationale de la femme tunisienne à Sfax, a organisé un séminaire à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement.

Sous l’intitulé « La famille face au changement climatique : entre renforcement de la résilience et réduction du gaspillage », cet événement s’inscrit dans le prolongement du thème de la Journée mondiale de l’environnement de cette année et témoigne de la conviction profonde quant au rôle crucial de la famille, et particulièrement des femmes, dans la construction d’une société plus adaptée aux changements climatiques.

Le séminaire a été enrichi par quatre interventions de qualité prestées par les experts :

  • Mme Amel Jrad : « Le rôle de la femme face aux changements climatiques ».
  • M. Abdelkader Baoundi : « Comportement de consommation et mécanismes de lutte contre le gaspillage ».
  • M. Riadh Haj Taieb : « L’eau entre rareté, abondance et résilience climatique ».
  • M. Hafedh Hentati : « La femme au cœur de la résilience climatique : de l’éducation environnementale au leadership du changement ».

Le choix de cette thématique repose sur la conviction que la famille constitue le premier maillon du renforcement de la résilience climatique, en éduquant les générations futures à la conscience environnementale, à une gestion rigoureuse des ressources et à une consommation rationnelle garantissant leur durabilité.

Par ailleurs, la réduction du gaspillage représente un levier essentiel pour alléger la pression sur les ressources naturelles, renforcer la sécurité alimentaire et hydrique, et promouvoir des modes de vie durables, tout en s’appuyant sur les savoirs traditionnels et les expertises locales.

Le séminaire a également mis en lumière le projet des « Clubs de résilience climatique de Kerkennah », une expérience pionnière dans l’initiation des enfants aux concepts et aux pratiques de résilience climatique au sein d’un environnement insulaire confronté à des défis environnementaux croissants.

En marge de cet événement, le groupement féminin de Kerkennah a présenté une exposition de produits locaux, illustrant la contribution des femmes à la rationalisation de la consommation et à la valorisation du patrimoine alimentaire et environnemental local.

Nous adressons nos sincères remerciements et notre reconnaissance à tous les participants, à la délégation régionale de l’Union nationale de la femme tunisienne à Sfax, à Madame la Déléguée au gouvernorat de Sfax ,à tous les intervenants , ainsi qu’à tous les représentants des médias pour leur présence et leur précieuse contribution à la réussite de cette manifestation.

Communiqué

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Association tunisienne des routes | Journée sur la sécurité des infrastructures

L’Association tunisienne des routes a organisé une rencontre a réuni experts, ingénieurs, universitaires, gestionnaires d’infrastructures et professionnels du secteur autour d’un objectif commun : mieux comprendre, anticiper et gérer les risques géotechniques qui menacent nos infrastructures de transport et nos territoires.

Au cours de cette journée, les participants ont pu échanger autour de plusieurs thématiques majeures : les mécanismes des glissements de terrain, les techniques de protection et de confortement, la gestion des eaux de ruissellement, les impacts des précipitations extrêmes, ainsi que des retours d’expérience concrets sur des ouvrages routiers et ferroviaires.

Les discussions ont mis en évidence l’importance d’une approche intégrée combinant expertise technique, innovation, surveillance continue et adaptation aux changements climatiques afin de renforcer la résilience des infrastructures et garantir leur durabilité.

La richesse des présentations, la qualité des échanges et la diversité des expériences partagées ont confirmé la nécessité de poursuivre ce type d’initiatives pour accompagner les acteurs du secteur face aux défis actuels et futurs.

L’Association tunisienne des routes a par ailleurs adressé ses plus sincères remerciements à l’ensemble des intervenants, partenaires, sponsors et participants ainsi qu’au Ministre de l’Équipement et de l’Habitat pour son soutien à cette initiative et pour l’intérêt accordé au développement des compétences techniques, à la sécurité des infrastructures et au renforcement de la résilience de nos territoires face aux risques naturels.

Communiqué

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Fraude au bac | Mandats de dépôt contre 9 élèves à Siliana

Le parquet près le Tribunal de première instance de Siliana a émis, hier, des mandats de dépôt à l’encontre de neuf élèves pour tricherie lors des épreuves du baccalauréat.

Selon une source judiciaire citée par l’agence TAP, cette décision intervient en application du décret relatif à la répression de la fraude dans les examens nationaux, d’autant que les élèves ont été pris en flagrant délit avec des kits oreillettes.

Les faits se sont déroulés jeudi, dans l’un des lycées de la délégation de Bouarada, où les élèves impliqués, âgés de 18 et 19 ans, utilisaient des écouteurs pour recevoir de l’aide à distance, ajoute la même source.

Les candidats et leurs complices ont été arrêtés et ont fait l’objet d’un mandat de dépôt.

Y. N.

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Tunisie | Solidarité : « Run of Heroes » ce dimanche à la Marsa

L’Association tunisienne de greffe de moelle osseuse (ATGMO) donne rendez-vous aux passionnés de course à pied et aux citoyens solidaires à La Marsa pour la 5e édition de son événement phare, « Run of Heroes ».

Plus qu’une simple compétition sportive, cette course est un élan de générosité visant à financer les charges du foyer d’accueil des malades de l’association.

Derrière l’organisation de cet événement, les chiffres témoignent de l’impact direct des actions de l’ATGMO sur le terrain : 143 familles de malades ont déjà bénéficié de nuitées d’hébergement offertes, 140 dons ont été alloués au transport des patients, et d’importants travaux de rénovation ont enfin pu être entamés pour améliorer les structures d’accueil.

Et c’est pour pérenniser ces actions indispensables que la communauté des coureurs se mobilise de nouveau ce dimanche 7 juin 2026 sur différents circuits:

Un circuit de 10 km destiné aux passionnés de course à pied et aux compétiteurs.
Le « Run Family » de 3 km, une marche solidaire à partager en famille ou entre amis, axée sur le partage et sans enjeu de podium.
Le « Run Kids » de 1 km, pour permettre aux plus jeunes de participer activement à cette cause.

Le village sportif ouvrira ses portes dès 07h30 pour accueillir les participants avant la séance d’échauffement collectif prévue à 7h45 et les départs s’échelonneront à partir de 8h30 pour le 10 km, suivi du 3 km à 8h40 et du 1 km à 8h50.

La matinée sera rythmée par des animations, des ateliers de sensibilisation et la distribution de cadeaux partenaires, avant la remise des prix à 11h00 et la clôture de l’événement à midi.

Parmi les nouveautés de cette année, les participants pourront se procurer en exclusivité le tee-shirt officiel de cette 5e édition aux points de retrait des dossards. Les organisateurs ont également facilité la gestion logistique en proposant la livraison groupée des dossards pour les clubs et des dossards personnalisés pour les engagés.

Les personnes souhaitant associer leur marque à cette cause peuvent encore contacter l’organisation par courriel à contact@atgmo.org ou par téléphone au 29 343 485. Il reste également possible de soutenir directement les actions de l’atGmo en effectuant un don sur le compte BNA de l’association via le RIB : 03212122010110643002.

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Tunisie | Météo pour cette nuit

Pour cette nuit, l’Institut national de la météorologie (INM) prévoit un ciel nuageux sur la majeure partie du pays, avec des vents forts à l’ouest et une baisse de la visibilité dans le sud.

En début de nuit, des cellules orageuses locales accompagnées de pluies isolées sont attendues sur les régions ouest du Nord et du Centre. Par la suite, le ciel deviendra progressivement partiellement nuageux, ajoute l’INM.

Se basant sur ses prévisions, l’INM appelle à la prudence dans le sud, où des vents sont annoncés, provoquant des tourbillons de sable locaux qui réduiront nettement la visibilité.

Pour les températures, les nocturnes vont varier entre 20°C et 25°C au nord, sur les zones côtières et sur les hauteurs, et entre 26°C et 30°C ailleurs, avec un pic à 36°C attendu à l’extrême sud du pays.

Y. N.

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Pollution | 9,5 kg de plastique par kilomètre de côte tunisienne  

Awatef Larbi, chargée de la Direction générale de l’environnement et de la qualité de la vie au ministère de l’Environnement, a confirmé qu’environ 80 % des déchets qui atteignent la mer proviennent de la terre ferme, ajoutant que des études menées le long du littoral tunisien ont montré que les déchets plastiques, notamment les produits à usage unique, constituent la principale composante de la pollution observée sur les plages.

Dans une déclaration à l’agence Tap, Mme Larbi a indiqué que les opérations de surveillance et de suivi réalisées en coopération avec le Fonds mondial pour la nature (WWF) ont révélé que 77 % de la pollution enregistrée sur les plages étudiées est de type plastique. Elle a ajouté que les études ont relevé la présence d’environ 9,5 kilogrammes de plastique par kilomètre de côte tunisienne.

Le ministère de l’Environnement a confirmé avoir identifié plusieurs zones prioritaires confrontées à d’importants niveaux de déchets plastiques et met actuellement en œuvre des initiatives pour réduire ce phénomène dans plusieurs destinations côtières et insulaires, telles que Djerba, Kerkennah et Monastir.

Ces initiatives s’inscrivent dans des projets visant à rendre ces zones moins dépendantes du plastique et plus respectueuses de l’environnement.

Dans ce contexte, le ministère a révélé qu’une étude menée dans la ville de Monastir a montré qu’environ 317 kilogrammes de déchets plastiques ont été générés à la suite de certains événements sportifs. Ce chiffre, a précisé le ministère, illustre l’ampleur du défi lié aux habitudes de consommation et de gestion des déchets.

Mme Larbi a également indiqué que son ministère avait élaboré un certain nombre de stratégies et de programmes connexes, notamment la Stratégie nationale pour la transition écologique, qui met l’accent sur la consommation et la production durables et la lutte contre diverses formes de pollution, ainsi que la Stratégie nationale pour un littoral sans plastique visant à réduire le flux de déchets plastiques dans la mer et à minimiser son impact environnemental.

Il reste, cependant, l’essentiel, à savoir la traduction des plans élaborés en actions concrètes, et c’est là où la bureaucratie tunisienne montre son inefficacité chronique, car les problèmes qui perdurent, qu’ils soient environnementaux ou autres, sont généralement constatés depuis longtemps et leurs solutions identifiées. Mais celles attendent d’être traduits dans la réalité. Et c’est là où le bât blesse.  

I. B.    

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Reprise des protestations contre la pollution industrielle à Gabès

En l’absence d’un début de solution effective aux souffrances des populations riveraines, les manifestations contre la pollution industrielle ont repris à Gabès, dans le sud-est de la Tunisie, à l’initiative du collectif citoyen Stop Pollution, qui appelle à des manifestations à Tunis contre les usines du Groupe chimique tunisien (GCT), l’entreprise publique auteure de cette pollution.  

Cette nouvelle mobilisation contre la pollution industrielle à Gabès est organisée à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, célébrée le 5 juin de chaque année. Elle a pour slogan «Le peuple veut le démantèlement des usines», dénonce la crise écologique imputée aux activités du GCT et réitère la demande de fermeture ou de reconversion des usines polluantes.

Après le rassemblement de vendredi à Chatt Sidi Abdessalem, à Gabès, et devant le siège du GCT à Tunis, une marche est prévue ce samedi : elle prendra le départ à 17h00 devant tribunal de première instance pour arriver devant le siège du gouvernorat de Gabès.

Selon Stop Pollution, la mobilisation vise également à contester la décision rendue en février dernier par ce tribunal, qui a rejeté une demande de suspension immédiate des activités des unités GCT faute de preuves de dommages. En réalité, la raison de ce refus est moins juridique qu’économique : la production d’engrais chimiques demeure essentielle à l’économie du pays qui en tire d’importantes recettes d’exportation.

Le recours contre le GCT a été déposé par le barreau régional de Gabès, dans le cadre d’une mobilisation citoyenne plus large contre la pollution industrielle qui cause des problèmes sanitaires aux riverains.

Le collectif Stop Pollution, actif depuis 2012, affirme que la crise environnementale perdure depuis plus de 53 ans et compromet le développement de la région, la santé publique, les ressources en eau, l’oasis marine de la région, unique en son genre au monde, et l’écosystème du golfe où les pêcheurs ont de plus en plus mal à trouver du poisson.

D’après les militants, l’activité chimique a détruit une part importante de la biodiversité marine et aggravé la propagation des maladies au sein de la population locale.

En Tunisie, le cas de Gabès reste l’un des problèmes environnementaux les plus sensibles, en raison de l’impact économique de l’industrie chimique et des plaintes récurrentes d’associations, de citoyens et de groupes de la société civile concernant les effets de la pollution sur la mer, l’air, l’agriculture et la santé.

Les autorités, pour leur part, multiplient les effets d’annonce, en parlant de solution en cours de mise en œuvre, mais la population tarde à voir venir ou constater la moindre amélioration de la situation.

L. B.

 

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Tunisie : l’alimentaire en hausse de 8,2%, poussé par la viande, le poisson et les fruits

L’inflation alimentaire continue de peser sur le budget des ménages tunisiens. En mai 2026, les prix des produits alimentaires ont augmenté de 8,2 % sur un an, selon les données publiées par l’Institut national de la statistique (INS), portés principalement par la flambée des prix des viandes, du poisson et des fruits frais.

Selon les dernières statistiques de l’INS sur l’évolution des prix à la consommation, la viande ovine affiche la plus forte hausse avec une progression de 21,8 % sur un an. Les prix de la volaille ont augmenté de 15,6 %, ceux de la viande bovine de 14,1 %, confirmant la pression persistante sur les produits carnés.

Les produits frais ne sont pas épargnés. Les légumes frais ont vu leurs prix grimper de 12,2 %, tandis que le poisson frais et les fruits frais ont enregistré des hausses respectives de 11,9 et 11,6 %.

Quelques produits échappent toutefois à cette tendance. Les prix des huiles alimentaires ont reculé de 6,1 % sur un an, tandis que ceux des œufs ont diminué de 4,6 %.

Au-delà de l’alimentation, les prix des produits manufacturés ont augmenté de 4,6 %, sous l’effet notamment de la hausse des prix de l’habillement et des chaussures (+9,1 %) ainsi que des produits d’entretien courant du foyer (+4,6 %).

Les services ont également progressé de 4,2 % sur un an, tirés principalement par la hausse de 15,9 % des prix des services d’hébergement.

Par ailleurs, l’inflation sous-jacente, calculée hors produits alimentaires et énergie, s’est stabilisée à 4,8 % en mai 2026. Les prix des produits libres ont augmenté de 6,7 % sur un an, contre seulement 1,2 % pour les produits à prix encadrés. Dans l’alimentation, l’écart est encore plus marqué : les produits alimentaires libres ont enregistré une hausse de 9,3 %, contre seulement 0,2 % pour les produits alimentaires à prix encadrés.

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Banques tunisiennes | Retard numérique et illusion de rattrapage

Dans une tribune publiée ici même le 30 mai dernier, j’ai tenté de nommer ce que le piratage de My TT a rendu visible : non pas un incident technique isolé, mais le symptôme d’une faillite de gouvernance structurelle appelée le «triangle interdit». Des lecteurs m’ont interpellé avec une question simple et redoutable : d’accord pour le diagnostic — mais par où commence-t-on ? C’est à cette question que je tente de répondre aujourd’hui.

Abdelwaheb Ben Moussa *

Depuis la parution de cette tribune, plusieurs responsables m’ont contacté pour me confirmer, en privé, ce que tout le monde sait mais que personne ne dit officiellement : le triangle interdit n’est pas une exception tunisienne. C’est notre mode de fonctionnement institutionnel par défaut.

On me répondra que des chantiers sont en cours — et c’est vrai. La Banque centrale de Tunisie (BCT) a engagé des réflexions sur l’interopérabilité. Des appels d’offres de modernisation ont été lancés. Des comités se réunissent. Mais un chantier ouvert n’est pas un chantier livré, et une réflexion institutionnelle n’est pas une décision exécutée. Ce que j’observe de l’intérieur, c’est que la vitesse de ces chantiers reste dictée par le rythme du triangle interdit — non par l’urgence du marché.

Ce constat m’a conduit à une conviction que j’assume pleinement : notre plus grand danger aujourd’hui n’est pas le retard numérique. C’est l’illusion du rattrapage.

Nos banques publiques déploient des applications mobiles. Elles annoncent des projets d’intelligence artificielle (IA). Elles recrutent des consultants en transformation digitale. Et pendant ce temps, les circuits décisionnels restent paralysés, les bases de données restent fragmentées, et les ingénieurs les plus compétents continuent de voter avec leurs pieds vers le secteur privé ou l’étranger.

Numériser le dysfonctionnement ne produit pas une banque moderne. Cela produit un dysfonctionnement à grande vitesse, avec une interface soignée.

C’est cela, le piège du miroir : se regarder se transformer sans jamais transformer l’essentiel.

Ce que nous refusons de regarder en face

On cite l’Inde à tort et à travers dans les colloques sur la souveraineté numérique. On me dira que la comparaison est intenable : l’Inde dispose de ressources humaines et financières sans commune mesure avec les nôtres. C’est exact. Mais ce n’est pas la leçon indienne qui m’intéresse ici — c’est sa méthode.

L’UPI, ce système de paiement instantané qui traite aujourd’hui des volumes comparables à Visa à l’échelle mondiale, n’a pas émergé d’un budget colossal. Il a émergé d’une discipline de séquençage : une décennie d’investissement dans l’invisible avant de lancer le visible. Un système d’identification souverain, des comptes bancaires universels pour les populations non bancarisées, une couche d’interopérabilité construite avant que quiconque ne parle d’application.

L’Inde n’a pas commencé par l’interface. Elle a commencé par le socle.

La Tunisie veut son équivalent de l’UPI. Mais a-t-elle posé sa couche d’identification numérique souveraine ? L’interopérabilité entre le registre civil, les bases fiscales et les systèmes bancaires est-elle aujourd’hui une réalité opérationnelle — ou une promesse de feuille de route dont on reparlera lors du prochain Forum de l’investissement ?

L’Estonie, elle, a compris une vérité que nous continuons d’inverser : la transformation numérique de l’État a commencé par une réforme de gouvernance. Les applications ont suivi. Jamais l’inverse. Et si l’on objecte que l’Estonie est un petit pays sans héritage administratif lourd — soit. Mais la leçon n’est pas dans la taille du pays. Elle est dans l’ordre dans lequel les décisions ont été prises.

Plus près de nous, le Maroc a tiré en 2024 une leçon que nous devrions méditer : une seule décision réglementaire ciblée — la fin du monopole de la monétique interbancaire — a libéré plus d’énergie transformatrice que dix ans de stratégies nationales de digitalisation.

Nos banques privées ont d’ailleurs certains des mêmes blocages organisationnels. Mais les banques publiques portent une responsabilité supplémentaire : elles financent l’économie réelle, les PME, les régions, les secteurs que le privé ne veut pas.

C’est précisément parce qu’elles occupent cette position stratégique irremplaçable que leur transformation n’est pas optionnelle.

Et à l’échelle continentale, le Système de Paiement et de Règlement Panafricain connecte désormais 19 pays et plus de 150 banques commerciales pour permettre les transactions en devises locales, sans passer par des correspondants hors du continent. Le Caire vient d’en devenir le siège. La Tunisie, qui se targue d’ambitions transsahariennes, peut-elle se permettre d’observer cette architecture de l’extérieur ? Rester en marge n’est pas un choix souverain. C’est un abandon de terrain habillé en prudence.

Quatre ruptures, dans l’ordre où elles doivent venir

Ces trajectoires ne sont pas des modèles à copier. Ce sont des miroirs qui permettent de formuler avec précision ce que nous devons faire — et dans quel ordre. Car l’ordre est tout.

Première rupture : gouverner avant de déployer. La matrice Raci n’est que le point de départ. Ce qu’il faut instaurer, ce sont des comités de gouvernance de la donnée et de l’IA rattachés directement aux conseils d’administration. Certains y verront une énième couche bureaucratique. C’est l’inverse : c’est précisément l’absence de ces instances qui force chaque décision technologique à remonter vers des arbitrages informels où le triangle interdit reprend la main.

La souveraineté numérique commence par décider qui, dans notre pays, est responsable de la donnée bancaire nationale. Pas de la gérer. D’en répondre.

Deuxième rupture : traiter le core banking comme une urgence nationale. La dette technologique de nos banques publiques n’est pas un problème budgétaire informatique. C’est un risque systémique. Un système de core banking vieillissant rend toute ouverture API coûteuse et toute interopérabilité avec les fintechs périlleuse. J’entends déjà l’argument des contraintes budgétaires — il est réel. Mais le coût de la non-modernisation est systématiquement omis du calcul : chaque année d’immobilisme rend la migration suivante plus complexe, plus risquée et plus chère. Le vrai luxe que nous ne pouvons pas nous permettre, c’est le statu quo.

Troisième rupture : déployer une IA de back-office avant une IA de vitrine. J’anticipe l’objection des plus impatients : attendre le back-office, n’est-ce pas trop lent face à la concurrence ? Non — parce que déployer une IA sur des données fragmentées et des processus opaques ne produit pas de l’IA. Cela produit de l’automatisation de l’erreur. Les modèles de scoring prédictif pour financer les TPME, la détection d’anomalies dans les flux de paiement, l’automatisation des processus de conformité : ce sont ces outils invisibles qui transforment réellement une institution. Un chatbot ne réforme pas une banque. Une architecture de données souveraine, si.

Quatrième rupture : renverser le rapport au capital humain. Je l’écris en sachant que c’est la partie la plus contestée — y compris en interne. On m’objectera que remettre en cause les grilles de rémunération, c’est s’attaquer aux acquis sociaux. Ce n’est pas ce que je propose. Je propose de créer, à côté des statuts existants, des filières spécifiques pour les compétences numériques rares — data engineers, experts en cybersécurité, architectes cloud — avec des conditions attractives. Non pas pour détruire ce qui existe, mais pour cesser de financer la compétitivité de nos concurrents avec nos propres cerveaux formés à nos frais.

La vraie question de 2026

Un pays ne se développe pas avec des diagnostics. Il se développe quand quelqu’un, quelque part dans la chaîne de commandement, accepte de porter la responsabilité de l’exécution — avec un nom, un délai, et une obligation de résultat.

My TT était un avertissement. Il en viendra d’autres, plus graves, si nous continuons de confondre l’affichage numérique avec la transformation numérique. La différence entre les deux n’est pas technique. Elle est de courage institutionnel.

La Tunisie Software n’est pas une destination. C’est un choix. Et comme tout choix stratégique qui mérite ce nom, il commence par décider ce à quoi on renonce — les rentes, les monopoles, les matrices de responsabilité floues et les consensus qui ne blessent personne parce qu’ils ne décident rien.

On ne bâtit pas une souveraineté numérique avec des intentions. On la bâtit avec des institutions capables de les exécuter. **

* Ingénieur informatique et cadre de banque.  

** Les analyses et opinions exprimées dans cette tribune n’engagent que leur auteur et ne sauraient en aucun cas refléter la position officielle d’une autorité publique ou d’une institution privée.

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Khomsa, la main qui protège les Tunisiens

La khomsa, la main protectrice, des vestiges de l’antique Carthage aux taxis de la Tunisie moderne, c’est une longue histoire méditerranéenne de protection, de foi, d’artisanat et de mémoire collective

Paolo Paluzzi

On la retrouve au-dessus des portes des maisons de la médina, accrochée aux rétroviseurs des taxis, gravée sur des bijoux de mariage en argent, peinte sur des poteries de Nabeul, brodée sur des trousseaux de naissance, ou encore transformée en ornement contemporain sur des téléphones et des souvenirs.

Il s’agit de la khomsa, la main à cinq doigts, qui demeure en Tunisie l’un des symboles les plus reconnaissables de protection contre le mauvais œil, mais aussi l’un des signes les plus riches de l’histoire culturelle du pays.

Symbole de protection contre le mauvais œil

Le mot vient de l’arabe «khamsa», qui signifie cinq. Cinq comme les doigts de la main, mais aussi, dans l’interprétation islamique populaire, comme les cinq piliers de l’islam.

En Occident, elle est souvent connue sous le nom de «Main de Fatma», en référence à Fatima Al-Zahra, fille du prophète Mohamed. Dans le monde juif séfarade et mizrahi, elle est également associée à la «main de Miriam».
Au Maghreb, cependant, la khomsa est souvent antérieure aux définitions religieuses qui l’ont adoptée par la suite : c’est un talisman, un ornement, un souvenir de famille, un signe apotropaïque, un objet d’usage et de transmission.

Le British Museum décrit la khomsa comme une amulette courante au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, utilisée par les musulmans et les juifs pour conjurer «le mauvais œil».

La khomsa tunisienne s’inscrit dans une continuité symbolique s’étendant sur près de trois mille ans, qu’il ne faut pas interpréter comme une lignée linéaire et ininterrompue, mais comme une sédimentation d’images, de croyances et de gestes protecteurs.

Une survivance de la Carthage punique

Dans le monde punique, avant l’arrivée de l’islam en Ifriqiya, la main ouverte figurait déjà dans l’iconographie religieuse associée à Carthage et à la déesse Tanit, principale divinité féminine du panthéon carthaginois.

Le musée du Bardo conserve des collections puniques comprenant des ex-voto dédiés à Baal Hammon et Tanit, tandis que les collections des musées tunisiens témoignent de la place centrale de cet héritage dans l’histoire religieuse antique du pays.

La force de la khomsa réside précisément dans son caractère transculturel. À Carthage, elle symbolise la protection de la déesse mère. Dans la culture islamique populaire, elle devient la main de Fatma et se charge de références à la bénédiction, au foyer et à la famille.
À Djerba, île où la présence juive est indissociable de l’histoire locale, la khomsa peut aussi être interprétée comme la main de Miriam. L’Unesco, en inscrivant Djerba sur la Liste du patrimoine mondial, décrit l’île comme un territoire marqué par la coexistence de différentes communautés et confessions, organisées selon un modèle d’habitat qui s’est développé autour du IXe siècle dans un environnement aride.

En Tunisie, la khomsa est avant tout un objet domestique. Elle est suspendue aux seuils des portes pour protéger la maison, près des berceaux pour préserver les nouveau-nés des regards envieux, et portée autour du cou des mariées comme un présent symbolisant leur passage à la vie conjugale. Sa présence n’est pas seulement religieuse, elle est aussi sociale. Elle symbolise la continuité entre les générations, notamment chez les femmes : la grand-mère qui offre, la mère qui préserve, la fille qui porte ou réinvente. La géographie de son artisanat s’étend sur tout le pays.

Un symbole de la continuité entre les générations

À Tunis, le point de référence est la médina et en particulier l’univers des orfèvres, avec la tradition des bijoux en argent travaillé. À Djerba, les mémoires juives et artisanales s’entremêlent dans un travail minutieux. À Nabeul, la main se fait céramique émaillée, souvent bleue et verte, pour les murs et les portes. À Sejnane, au nord, le langage des formes féminines en terre cuite, inscrit par l’Unesco en 2018 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, rappelle comment les motifs géométriques et protecteurs de la Tunisie rurale font partie d’un savoir transmis principalement par les femmes.

La khomsa est ainsi une sorte de petit atlas méditerranéen. Sa silhouette embrasse le monde phénicien-punique, Rome, les cultures amazighes, l’islam, le judaïsme nord-africain, l’artisanat ottoman et les influences coloniales européennes. C’est pourquoi elle perdure même dans la modernité urbaine. Elle n’est plus seulement une amulette de seuil ou un pendentif de mariage.

C’est un logo, un tatouage, un pendentif, un objet touristique, une icône du design.

Mais sa fonction symbolique reste inchangée : veiller sur ceux qui regardent, repousser le mal, protéger ceux qui entrent et ceux qui sortent. Dans un pays traversé par des millénaires de conquêtes, de migrations et d’échanges, la khomsa continue de transmettre une vérité essentielle sur la Tunisie : l’identité n’est pas un bloc figé, mais une stratification.

Une main ouverte qui a changé de noms, de croyances et de matières, mais qui demeure reconnaissable. Un petit signe, assez léger pour tenir dans la paume d’un enfant, et pourtant assez ancien pour embrasser Carthage, Djerba, la médina de Tunis et la Méditerranée.

Traduit de l’italien.

D’après ANSAmed.

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