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Fraude au bac | Mandats de dépôt contre 9 élèves à Siliana

Le parquet près le Tribunal de première instance de Siliana a émis, hier, des mandats de dépôt à l’encontre de neuf élèves pour tricherie lors des épreuves du baccalauréat.

Selon une source judiciaire citée par l’agence TAP, cette décision intervient en application du décret relatif à la répression de la fraude dans les examens nationaux, d’autant que les élèves ont été pris en flagrant délit avec des kits oreillettes.

Les faits se sont déroulés jeudi, dans l’un des lycées de la délégation de Bouarada, où les élèves impliqués, âgés de 18 et 19 ans, utilisaient des écouteurs pour recevoir de l’aide à distance, ajoute la même source.

Les candidats et leurs complices ont été arrêtés et ont fait l’objet d’un mandat de dépôt.

Y. N.

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Tunisie | Solidarité : « Run of Heroes » ce dimanche à la Marsa

L’Association tunisienne de greffe de moelle osseuse (ATGMO) donne rendez-vous aux passionnés de course à pied et aux citoyens solidaires à La Marsa pour la 5e édition de son événement phare, « Run of Heroes ».

Plus qu’une simple compétition sportive, cette course est un élan de générosité visant à financer les charges du foyer d’accueil des malades de l’association.

Derrière l’organisation de cet événement, les chiffres témoignent de l’impact direct des actions de l’ATGMO sur le terrain : 143 familles de malades ont déjà bénéficié de nuitées d’hébergement offertes, 140 dons ont été alloués au transport des patients, et d’importants travaux de rénovation ont enfin pu être entamés pour améliorer les structures d’accueil.

Et c’est pour pérenniser ces actions indispensables que la communauté des coureurs se mobilise de nouveau ce dimanche 7 juin 2026 sur différents circuits:

Un circuit de 10 km destiné aux passionnés de course à pied et aux compétiteurs.
Le « Run Family » de 3 km, une marche solidaire à partager en famille ou entre amis, axée sur le partage et sans enjeu de podium.
Le « Run Kids » de 1 km, pour permettre aux plus jeunes de participer activement à cette cause.

Le village sportif ouvrira ses portes dès 07h30 pour accueillir les participants avant la séance d’échauffement collectif prévue à 7h45 et les départs s’échelonneront à partir de 8h30 pour le 10 km, suivi du 3 km à 8h40 et du 1 km à 8h50.

La matinée sera rythmée par des animations, des ateliers de sensibilisation et la distribution de cadeaux partenaires, avant la remise des prix à 11h00 et la clôture de l’événement à midi.

Parmi les nouveautés de cette année, les participants pourront se procurer en exclusivité le tee-shirt officiel de cette 5e édition aux points de retrait des dossards. Les organisateurs ont également facilité la gestion logistique en proposant la livraison groupée des dossards pour les clubs et des dossards personnalisés pour les engagés.

Les personnes souhaitant associer leur marque à cette cause peuvent encore contacter l’organisation par courriel à contact@atgmo.org ou par téléphone au 29 343 485. Il reste également possible de soutenir directement les actions de l’atGmo en effectuant un don sur le compte BNA de l’association via le RIB : 03212122010110643002.

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Tunisie | Météo pour cette nuit

Pour cette nuit, l’Institut national de la météorologie (INM) prévoit un ciel nuageux sur la majeure partie du pays, avec des vents forts à l’ouest et une baisse de la visibilité dans le sud.

En début de nuit, des cellules orageuses locales accompagnées de pluies isolées sont attendues sur les régions ouest du Nord et du Centre. Par la suite, le ciel deviendra progressivement partiellement nuageux, ajoute l’INM.

Se basant sur ses prévisions, l’INM appelle à la prudence dans le sud, où des vents sont annoncés, provoquant des tourbillons de sable locaux qui réduiront nettement la visibilité.

Pour les températures, les nocturnes vont varier entre 20°C et 25°C au nord, sur les zones côtières et sur les hauteurs, et entre 26°C et 30°C ailleurs, avec un pic à 36°C attendu à l’extrême sud du pays.

Y. N.

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Pollution | 9,5 kg de plastique par kilomètre de côte tunisienne  

Awatef Larbi, chargée de la Direction générale de l’environnement et de la qualité de la vie au ministère de l’Environnement, a confirmé qu’environ 80 % des déchets qui atteignent la mer proviennent de la terre ferme, ajoutant que des études menées le long du littoral tunisien ont montré que les déchets plastiques, notamment les produits à usage unique, constituent la principale composante de la pollution observée sur les plages.

Dans une déclaration à l’agence Tap, Mme Larbi a indiqué que les opérations de surveillance et de suivi réalisées en coopération avec le Fonds mondial pour la nature (WWF) ont révélé que 77 % de la pollution enregistrée sur les plages étudiées est de type plastique. Elle a ajouté que les études ont relevé la présence d’environ 9,5 kilogrammes de plastique par kilomètre de côte tunisienne.

Le ministère de l’Environnement a confirmé avoir identifié plusieurs zones prioritaires confrontées à d’importants niveaux de déchets plastiques et met actuellement en œuvre des initiatives pour réduire ce phénomène dans plusieurs destinations côtières et insulaires, telles que Djerba, Kerkennah et Monastir.

Ces initiatives s’inscrivent dans des projets visant à rendre ces zones moins dépendantes du plastique et plus respectueuses de l’environnement.

Dans ce contexte, le ministère a révélé qu’une étude menée dans la ville de Monastir a montré qu’environ 317 kilogrammes de déchets plastiques ont été générés à la suite de certains événements sportifs. Ce chiffre, a précisé le ministère, illustre l’ampleur du défi lié aux habitudes de consommation et de gestion des déchets.

Mme Larbi a également indiqué que son ministère avait élaboré un certain nombre de stratégies et de programmes connexes, notamment la Stratégie nationale pour la transition écologique, qui met l’accent sur la consommation et la production durables et la lutte contre diverses formes de pollution, ainsi que la Stratégie nationale pour un littoral sans plastique visant à réduire le flux de déchets plastiques dans la mer et à minimiser son impact environnemental.

Il reste, cependant, l’essentiel, à savoir la traduction des plans élaborés en actions concrètes, et c’est là où la bureaucratie tunisienne montre son inefficacité chronique, car les problèmes qui perdurent, qu’ils soient environnementaux ou autres, sont généralement constatés depuis longtemps et leurs solutions identifiées. Mais celles attendent d’être traduits dans la réalité. Et c’est là où le bât blesse.  

I. B.    

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Reprise des protestations contre la pollution industrielle à Gabès

En l’absence d’un début de solution effective aux souffrances des populations riveraines, les manifestations contre la pollution industrielle ont repris à Gabès, dans le sud-est de la Tunisie, à l’initiative du collectif citoyen Stop Pollution, qui appelle à des manifestations à Tunis contre les usines du Groupe chimique tunisien (GCT), l’entreprise publique auteure de cette pollution.  

Cette nouvelle mobilisation contre la pollution industrielle à Gabès est organisée à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, célébrée le 5 juin de chaque année. Elle a pour slogan «Le peuple veut le démantèlement des usines», dénonce la crise écologique imputée aux activités du GCT et réitère la demande de fermeture ou de reconversion des usines polluantes.

Après le rassemblement de vendredi à Chatt Sidi Abdessalem, à Gabès, et devant le siège du GCT à Tunis, une marche est prévue ce samedi : elle prendra le départ à 17h00 devant tribunal de première instance pour arriver devant le siège du gouvernorat de Gabès.

Selon Stop Pollution, la mobilisation vise également à contester la décision rendue en février dernier par ce tribunal, qui a rejeté une demande de suspension immédiate des activités des unités GCT faute de preuves de dommages. En réalité, la raison de ce refus est moins juridique qu’économique : la production d’engrais chimiques demeure essentielle à l’économie du pays qui en tire d’importantes recettes d’exportation.

Le recours contre le GCT a été déposé par le barreau régional de Gabès, dans le cadre d’une mobilisation citoyenne plus large contre la pollution industrielle qui cause des problèmes sanitaires aux riverains.

Le collectif Stop Pollution, actif depuis 2012, affirme que la crise environnementale perdure depuis plus de 53 ans et compromet le développement de la région, la santé publique, les ressources en eau, l’oasis marine de la région, unique en son genre au monde, et l’écosystème du golfe où les pêcheurs ont de plus en plus mal à trouver du poisson.

D’après les militants, l’activité chimique a détruit une part importante de la biodiversité marine et aggravé la propagation des maladies au sein de la population locale.

En Tunisie, le cas de Gabès reste l’un des problèmes environnementaux les plus sensibles, en raison de l’impact économique de l’industrie chimique et des plaintes récurrentes d’associations, de citoyens et de groupes de la société civile concernant les effets de la pollution sur la mer, l’air, l’agriculture et la santé.

Les autorités, pour leur part, multiplient les effets d’annonce, en parlant de solution en cours de mise en œuvre, mais la population tarde à voir venir ou constater la moindre amélioration de la situation.

L. B.

 

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Tunisie : l’alimentaire en hausse de 8,2%, poussé par la viande, le poisson et les fruits

L’inflation alimentaire continue de peser sur le budget des ménages tunisiens. En mai 2026, les prix des produits alimentaires ont augmenté de 8,2 % sur un an, selon les données publiées par l’Institut national de la statistique (INS), portés principalement par la flambée des prix des viandes, du poisson et des fruits frais.

Selon les dernières statistiques de l’INS sur l’évolution des prix à la consommation, la viande ovine affiche la plus forte hausse avec une progression de 21,8 % sur un an. Les prix de la volaille ont augmenté de 15,6 %, ceux de la viande bovine de 14,1 %, confirmant la pression persistante sur les produits carnés.

Les produits frais ne sont pas épargnés. Les légumes frais ont vu leurs prix grimper de 12,2 %, tandis que le poisson frais et les fruits frais ont enregistré des hausses respectives de 11,9 et 11,6 %.

Quelques produits échappent toutefois à cette tendance. Les prix des huiles alimentaires ont reculé de 6,1 % sur un an, tandis que ceux des œufs ont diminué de 4,6 %.

Au-delà de l’alimentation, les prix des produits manufacturés ont augmenté de 4,6 %, sous l’effet notamment de la hausse des prix de l’habillement et des chaussures (+9,1 %) ainsi que des produits d’entretien courant du foyer (+4,6 %).

Les services ont également progressé de 4,2 % sur un an, tirés principalement par la hausse de 15,9 % des prix des services d’hébergement.

Par ailleurs, l’inflation sous-jacente, calculée hors produits alimentaires et énergie, s’est stabilisée à 4,8 % en mai 2026. Les prix des produits libres ont augmenté de 6,7 % sur un an, contre seulement 1,2 % pour les produits à prix encadrés. Dans l’alimentation, l’écart est encore plus marqué : les produits alimentaires libres ont enregistré une hausse de 9,3 %, contre seulement 0,2 % pour les produits alimentaires à prix encadrés.

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Banques tunisiennes | Retard numérique et illusion de rattrapage

Dans une tribune publiée ici même le 30 mai dernier, j’ai tenté de nommer ce que le piratage de My TT a rendu visible : non pas un incident technique isolé, mais le symptôme d’une faillite de gouvernance structurelle appelée le «triangle interdit». Des lecteurs m’ont interpellé avec une question simple et redoutable : d’accord pour le diagnostic — mais par où commence-t-on ? C’est à cette question que je tente de répondre aujourd’hui.

Abdelwaheb Ben Moussa *

Depuis la parution de cette tribune, plusieurs responsables m’ont contacté pour me confirmer, en privé, ce que tout le monde sait mais que personne ne dit officiellement : le triangle interdit n’est pas une exception tunisienne. C’est notre mode de fonctionnement institutionnel par défaut.

On me répondra que des chantiers sont en cours — et c’est vrai. La Banque centrale de Tunisie (BCT) a engagé des réflexions sur l’interopérabilité. Des appels d’offres de modernisation ont été lancés. Des comités se réunissent. Mais un chantier ouvert n’est pas un chantier livré, et une réflexion institutionnelle n’est pas une décision exécutée. Ce que j’observe de l’intérieur, c’est que la vitesse de ces chantiers reste dictée par le rythme du triangle interdit — non par l’urgence du marché.

Ce constat m’a conduit à une conviction que j’assume pleinement : notre plus grand danger aujourd’hui n’est pas le retard numérique. C’est l’illusion du rattrapage.

Nos banques publiques déploient des applications mobiles. Elles annoncent des projets d’intelligence artificielle (IA). Elles recrutent des consultants en transformation digitale. Et pendant ce temps, les circuits décisionnels restent paralysés, les bases de données restent fragmentées, et les ingénieurs les plus compétents continuent de voter avec leurs pieds vers le secteur privé ou l’étranger.

Numériser le dysfonctionnement ne produit pas une banque moderne. Cela produit un dysfonctionnement à grande vitesse, avec une interface soignée.

C’est cela, le piège du miroir : se regarder se transformer sans jamais transformer l’essentiel.

Ce que nous refusons de regarder en face

On cite l’Inde à tort et à travers dans les colloques sur la souveraineté numérique. On me dira que la comparaison est intenable : l’Inde dispose de ressources humaines et financières sans commune mesure avec les nôtres. C’est exact. Mais ce n’est pas la leçon indienne qui m’intéresse ici — c’est sa méthode.

L’UPI, ce système de paiement instantané qui traite aujourd’hui des volumes comparables à Visa à l’échelle mondiale, n’a pas émergé d’un budget colossal. Il a émergé d’une discipline de séquençage : une décennie d’investissement dans l’invisible avant de lancer le visible. Un système d’identification souverain, des comptes bancaires universels pour les populations non bancarisées, une couche d’interopérabilité construite avant que quiconque ne parle d’application.

L’Inde n’a pas commencé par l’interface. Elle a commencé par le socle.

La Tunisie veut son équivalent de l’UPI. Mais a-t-elle posé sa couche d’identification numérique souveraine ? L’interopérabilité entre le registre civil, les bases fiscales et les systèmes bancaires est-elle aujourd’hui une réalité opérationnelle — ou une promesse de feuille de route dont on reparlera lors du prochain Forum de l’investissement ?

L’Estonie, elle, a compris une vérité que nous continuons d’inverser : la transformation numérique de l’État a commencé par une réforme de gouvernance. Les applications ont suivi. Jamais l’inverse. Et si l’on objecte que l’Estonie est un petit pays sans héritage administratif lourd — soit. Mais la leçon n’est pas dans la taille du pays. Elle est dans l’ordre dans lequel les décisions ont été prises.

Plus près de nous, le Maroc a tiré en 2024 une leçon que nous devrions méditer : une seule décision réglementaire ciblée — la fin du monopole de la monétique interbancaire — a libéré plus d’énergie transformatrice que dix ans de stratégies nationales de digitalisation.

Nos banques privées ont d’ailleurs certains des mêmes blocages organisationnels. Mais les banques publiques portent une responsabilité supplémentaire : elles financent l’économie réelle, les PME, les régions, les secteurs que le privé ne veut pas.

C’est précisément parce qu’elles occupent cette position stratégique irremplaçable que leur transformation n’est pas optionnelle.

Et à l’échelle continentale, le Système de Paiement et de Règlement Panafricain connecte désormais 19 pays et plus de 150 banques commerciales pour permettre les transactions en devises locales, sans passer par des correspondants hors du continent. Le Caire vient d’en devenir le siège. La Tunisie, qui se targue d’ambitions transsahariennes, peut-elle se permettre d’observer cette architecture de l’extérieur ? Rester en marge n’est pas un choix souverain. C’est un abandon de terrain habillé en prudence.

Quatre ruptures, dans l’ordre où elles doivent venir

Ces trajectoires ne sont pas des modèles à copier. Ce sont des miroirs qui permettent de formuler avec précision ce que nous devons faire — et dans quel ordre. Car l’ordre est tout.

Première rupture : gouverner avant de déployer. La matrice Raci n’est que le point de départ. Ce qu’il faut instaurer, ce sont des comités de gouvernance de la donnée et de l’IA rattachés directement aux conseils d’administration. Certains y verront une énième couche bureaucratique. C’est l’inverse : c’est précisément l’absence de ces instances qui force chaque décision technologique à remonter vers des arbitrages informels où le triangle interdit reprend la main.

La souveraineté numérique commence par décider qui, dans notre pays, est responsable de la donnée bancaire nationale. Pas de la gérer. D’en répondre.

Deuxième rupture : traiter le core banking comme une urgence nationale. La dette technologique de nos banques publiques n’est pas un problème budgétaire informatique. C’est un risque systémique. Un système de core banking vieillissant rend toute ouverture API coûteuse et toute interopérabilité avec les fintechs périlleuse. J’entends déjà l’argument des contraintes budgétaires — il est réel. Mais le coût de la non-modernisation est systématiquement omis du calcul : chaque année d’immobilisme rend la migration suivante plus complexe, plus risquée et plus chère. Le vrai luxe que nous ne pouvons pas nous permettre, c’est le statu quo.

Troisième rupture : déployer une IA de back-office avant une IA de vitrine. J’anticipe l’objection des plus impatients : attendre le back-office, n’est-ce pas trop lent face à la concurrence ? Non — parce que déployer une IA sur des données fragmentées et des processus opaques ne produit pas de l’IA. Cela produit de l’automatisation de l’erreur. Les modèles de scoring prédictif pour financer les TPME, la détection d’anomalies dans les flux de paiement, l’automatisation des processus de conformité : ce sont ces outils invisibles qui transforment réellement une institution. Un chatbot ne réforme pas une banque. Une architecture de données souveraine, si.

Quatrième rupture : renverser le rapport au capital humain. Je l’écris en sachant que c’est la partie la plus contestée — y compris en interne. On m’objectera que remettre en cause les grilles de rémunération, c’est s’attaquer aux acquis sociaux. Ce n’est pas ce que je propose. Je propose de créer, à côté des statuts existants, des filières spécifiques pour les compétences numériques rares — data engineers, experts en cybersécurité, architectes cloud — avec des conditions attractives. Non pas pour détruire ce qui existe, mais pour cesser de financer la compétitivité de nos concurrents avec nos propres cerveaux formés à nos frais.

La vraie question de 2026

Un pays ne se développe pas avec des diagnostics. Il se développe quand quelqu’un, quelque part dans la chaîne de commandement, accepte de porter la responsabilité de l’exécution — avec un nom, un délai, et une obligation de résultat.

My TT était un avertissement. Il en viendra d’autres, plus graves, si nous continuons de confondre l’affichage numérique avec la transformation numérique. La différence entre les deux n’est pas technique. Elle est de courage institutionnel.

La Tunisie Software n’est pas une destination. C’est un choix. Et comme tout choix stratégique qui mérite ce nom, il commence par décider ce à quoi on renonce — les rentes, les monopoles, les matrices de responsabilité floues et les consensus qui ne blessent personne parce qu’ils ne décident rien.

On ne bâtit pas une souveraineté numérique avec des intentions. On la bâtit avec des institutions capables de les exécuter. **

* Ingénieur informatique et cadre de banque.  

** Les analyses et opinions exprimées dans cette tribune n’engagent que leur auteur et ne sauraient en aucun cas refléter la position officielle d’une autorité publique ou d’une institution privée.

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Khomsa, la main qui protège les Tunisiens

La khomsa, la main protectrice, des vestiges de l’antique Carthage aux taxis de la Tunisie moderne, c’est une longue histoire méditerranéenne de protection, de foi, d’artisanat et de mémoire collective

Paolo Paluzzi

On la retrouve au-dessus des portes des maisons de la médina, accrochée aux rétroviseurs des taxis, gravée sur des bijoux de mariage en argent, peinte sur des poteries de Nabeul, brodée sur des trousseaux de naissance, ou encore transformée en ornement contemporain sur des téléphones et des souvenirs.

Il s’agit de la khomsa, la main à cinq doigts, qui demeure en Tunisie l’un des symboles les plus reconnaissables de protection contre le mauvais œil, mais aussi l’un des signes les plus riches de l’histoire culturelle du pays.

Symbole de protection contre le mauvais œil

Le mot vient de l’arabe «khamsa», qui signifie cinq. Cinq comme les doigts de la main, mais aussi, dans l’interprétation islamique populaire, comme les cinq piliers de l’islam.

En Occident, elle est souvent connue sous le nom de «Main de Fatma», en référence à Fatima Al-Zahra, fille du prophète Mohamed. Dans le monde juif séfarade et mizrahi, elle est également associée à la «main de Miriam».
Au Maghreb, cependant, la khomsa est souvent antérieure aux définitions religieuses qui l’ont adoptée par la suite : c’est un talisman, un ornement, un souvenir de famille, un signe apotropaïque, un objet d’usage et de transmission.

Le British Museum décrit la khomsa comme une amulette courante au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, utilisée par les musulmans et les juifs pour conjurer «le mauvais œil».

La khomsa tunisienne s’inscrit dans une continuité symbolique s’étendant sur près de trois mille ans, qu’il ne faut pas interpréter comme une lignée linéaire et ininterrompue, mais comme une sédimentation d’images, de croyances et de gestes protecteurs.

Une survivance de la Carthage punique

Dans le monde punique, avant l’arrivée de l’islam en Ifriqiya, la main ouverte figurait déjà dans l’iconographie religieuse associée à Carthage et à la déesse Tanit, principale divinité féminine du panthéon carthaginois.

Le musée du Bardo conserve des collections puniques comprenant des ex-voto dédiés à Baal Hammon et Tanit, tandis que les collections des musées tunisiens témoignent de la place centrale de cet héritage dans l’histoire religieuse antique du pays.

La force de la khomsa réside précisément dans son caractère transculturel. À Carthage, elle symbolise la protection de la déesse mère. Dans la culture islamique populaire, elle devient la main de Fatma et se charge de références à la bénédiction, au foyer et à la famille.
À Djerba, île où la présence juive est indissociable de l’histoire locale, la khomsa peut aussi être interprétée comme la main de Miriam. L’Unesco, en inscrivant Djerba sur la Liste du patrimoine mondial, décrit l’île comme un territoire marqué par la coexistence de différentes communautés et confessions, organisées selon un modèle d’habitat qui s’est développé autour du IXe siècle dans un environnement aride.

En Tunisie, la khomsa est avant tout un objet domestique. Elle est suspendue aux seuils des portes pour protéger la maison, près des berceaux pour préserver les nouveau-nés des regards envieux, et portée autour du cou des mariées comme un présent symbolisant leur passage à la vie conjugale. Sa présence n’est pas seulement religieuse, elle est aussi sociale. Elle symbolise la continuité entre les générations, notamment chez les femmes : la grand-mère qui offre, la mère qui préserve, la fille qui porte ou réinvente. La géographie de son artisanat s’étend sur tout le pays.

Un symbole de la continuité entre les générations

À Tunis, le point de référence est la médina et en particulier l’univers des orfèvres, avec la tradition des bijoux en argent travaillé. À Djerba, les mémoires juives et artisanales s’entremêlent dans un travail minutieux. À Nabeul, la main se fait céramique émaillée, souvent bleue et verte, pour les murs et les portes. À Sejnane, au nord, le langage des formes féminines en terre cuite, inscrit par l’Unesco en 2018 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, rappelle comment les motifs géométriques et protecteurs de la Tunisie rurale font partie d’un savoir transmis principalement par les femmes.

La khomsa est ainsi une sorte de petit atlas méditerranéen. Sa silhouette embrasse le monde phénicien-punique, Rome, les cultures amazighes, l’islam, le judaïsme nord-africain, l’artisanat ottoman et les influences coloniales européennes. C’est pourquoi elle perdure même dans la modernité urbaine. Elle n’est plus seulement une amulette de seuil ou un pendentif de mariage.

C’est un logo, un tatouage, un pendentif, un objet touristique, une icône du design.

Mais sa fonction symbolique reste inchangée : veiller sur ceux qui regardent, repousser le mal, protéger ceux qui entrent et ceux qui sortent. Dans un pays traversé par des millénaires de conquêtes, de migrations et d’échanges, la khomsa continue de transmettre une vérité essentielle sur la Tunisie : l’identité n’est pas un bloc figé, mais une stratification.

Une main ouverte qui a changé de noms, de croyances et de matières, mais qui demeure reconnaissable. Un petit signe, assez léger pour tenir dans la paume d’un enfant, et pourtant assez ancien pour embrasser Carthage, Djerba, la médina de Tunis et la Méditerranée.

Traduit de l’italien.

D’après ANSAmed.

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La Tunisie vieillit : moins de naissances, plus de seniors

La Tunisie entre dans une nouvelle phase de son évolution démographique. Selon les dernières projections publiées par l’Institut national de la statistique (INS), le pays se dirige vers une croissance démographique extrêmement faible, proche de la stabilité à l’horizon 2054, sous l’effet combiné de la baisse continue de la fécondité et du vieillissement accéléré de la population.

Dans son document intitulé « Projections de la population 2024-2054 », élaboré en mai 2026 à partir des résultats du Recensement général de la population et de l’habitat de 2024 ainsi que des données de l’état civil, l’INS révèle que la Tunisie comptait 11,97 millions d’habitants en 2024. Un chiffre inférieur aux estimations précédentes, confirmant que la transition démographique du pays a été plus rapide et plus profonde qu’anticipé.

L’étude met notamment en évidence l’effondrement du taux de fécondité, passé de plus de trois enfants par femme en 1994 à seulement 1,54 enfant en 2024, un niveau désormais inférieur au seuil de renouvellement des générations.

Malgré ce ralentissement, la population tunisienne devrait continuer à progresser au cours des prochaines décennies. Elle atteindrait 12,16 millions d’habitants en 2030 avant de s’établir autour de 13,3 millions en 2054. Toutefois, le rythme de croissance poursuivra son recul pour tomber à seulement 0,03 % en fin de période, signe d’un rapprochement progressif vers la stabilité démographique.

Parallèlement, la structure par âge de la population connaîtra une profonde mutation. Les jeunes générations verront leur poids relatif diminuer tandis que la part des personnes âgées augmentera de manière soutenue.

LIRE AUSSI: La Tunisie fait exception en Afrique : le pays vieillit à un rythme record

Selon les projections, la proportion des Tunisiens âgés de 60 ans et plus progressera continuellement au cours des trois prochaines décennies. Cette évolution entraînera une hausse des besoins en matière de santé, de prise en charge de la dépendance et de protection sociale, posant de nouveaux défis aux politiques publiques.

L’INS souligne toutefois l’existence d’une « fenêtre démographique » entre 2030 et 2045. Cette période correspondra à l’entrée en âge de procréer des générations nées entre 2000 et 2014, années marquées par un nombre relativement élevé de naissances. Cette dynamique pourrait engendrer un rebond limité de la natalité après plusieurs années de déclin. L’institut estime néanmoins que cette opportunité ne pourra être exploitée qu’à condition d’offrir aux jeunes des perspectives économiques et sociales favorables à la réalisation de leurs projets familiaux.

Les projections font également état d’un renforcement de la présence féminine au sein de la population tunisienne. Sous l’effet d’une espérance de vie plus élevée chez les femmes et de flux migratoires majoritairement masculins, leur part dans la population totale passerait de 50,7 % en 2025 à 52,2 % en 2054.

Au terme de son analyse, l’INS conclut que la Tunisie s’engage dans une nouvelle étape démographique caractérisée par une croissance de plus en plus faible et un vieillissement prononcé de la population. Une transformation qui impose d’ores et déjà une adaptation des politiques publiques dans les domaines de l’emploi, de la santé, de la protection sociale et du soutien à la famille afin de répondre aux défis des décennies à venir.

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Déclaration de la société civile tunisienne contre le racisme

Dans cette déclaration commune intitulée «La dignité humaine est indivisible», des organisations, associations et partis politiques tunisiens dénoncent «l’escalade inquiétante des discours de haine», «la banalisation croissante des actes racistes» et l’«impunité persistante, favorisée par la complaisance manifeste des institutions de l’État».

Face à l’escalade inquiétante des discours de haine, de racisme et de discrimination en Tunisie, ainsi qu’à la recrudescence des agressions et des violations visant les personnes migrantes originaires d’Afrique subsaharienne et du Soudan, dans un contexte marqué par une impunité persistante, favorisée par la complaisance manifeste des institutions de l’État et la banalisation croissante des actes racistes, les organisations, associations, partis politiques et forces démocratiques et de défense des droits humains signataires de la présente déclaration expriment leur profonde indignation et leur vive colère à la suite du crime odieux révélé par une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux.

Une vidéo montre un groupe d’individus pénétrant de force dans le domicile d’une famille migrante, menaçant ses membres à l’aide d’armes blanches et proférant des menaces explicites de viol à l’encontre d’une femme enceinte sous les yeux de son époux.

Cet acte criminel ne peut être dissocié du climat délétère qui s’est installé depuis le communiqué présidentiel du 21 février 2023, date qui marque le début d’une période sombre de notre histoire récente. Depuis lors, de nombreuses violations, certaines documentées et d’autres passées sous silence, ont été commises, tandis que les corps, la sécurité et jusqu’à l’existence même des personnes migrantes sont devenus la cible de discours politiques et médiatiques encourageant leur stigmatisation et légitimant les atteintes à leurs droits fondamentaux.

Depuis cette date, la Tunisie connaît une progression sans précédent des discours racistes et xénophobes. Ces discours, désormais relayés au plus haut niveau de l’État et par les soutiens du régime,présentent les migrants et migrantes comme une menace démographique, sécuritaire et sociale. Ils ne se limitent pas à justifier la discrimination : ils participent à la déshumanisation des personnes concernées et créent un terrain propice aux violences dont elles sont victimes.

Lorsqu’un groupe humain est quotidiennement pris pour cible en raison de sa couleur de peau ou de sa situation administrative, à travers des campagnes de stigmatisation, de diabolisation et d’incitation à la haine, la violence cesse d’être une exception pour devenir une conséquence prévisible. Et lorsque ces agressions restent impunies, l’absence de sanction envoie un message politique et social particulièrement grave : celui selon lequel la vie, la sécurité et la dignité de certaines personnes auraient moins de valeur que celles des autres.

Les menaces de viol proférées dans cette affaire revêtent une gravité particulière. Le viol y est utilisé non seulement comme une agression sexuelle, mais également comme un instrument d’humiliation collective, un moyen de domination et un outil destiné à briser la dignité de la victime et de sa famille. Il s’inscrit dans une logique de pouvoir qui considère le corps des femmes comme un espace de punition, de vengeance et d’affirmation de contrôle.

Cette violence ne surgit pas de nulle part. Lorsque, au sein même des institutions politiques, les crimes de viol sont tournés en dérision, minimisés ou instrumentalisés à des fins partisanes, le message adressé à la société est particulièrement dangereux. Il laisse entendre que le viol n’est plus perçu comme une atteinte fondamentale à la dignité humaine, mais comme un simple argument de polémique ou un outil de confrontation politique. La banalisation de ces crimes dans l’espace public contribue directement à normaliser les violences sexuelles et à les transformer en moyens acceptables d’intimidation et de domination.

La responsabilité ne saurait être imputée aux seuls auteurs de cette agression. Elle incombe également à toutes celles et ceux qui ont contribué à diffuser des discours racistes et haineux, à justifier les discriminations, à détourner le regard face aux violences répétées subies par les personnes migrantes ou encore à instrumentaliser la peur et le racisme à des fins politiques. Les violences auxquelles nous assistons aujourd’hui sont le résultat direct de plusieurs années de stigmatisation, de criminalisation et d’incitation à la haine.

Elles sont également la conséquence de politiques qui criminalisent la solidarité envers les migrants et les mouvements antiracistes, répriment les militants et militantes au moyen d’une justice privée de son indépendance et les érigent en boucs émissaires afin d’alimenter le récit d’un prétendu «complot de remplacement démographique» et de masquer l’alignement des autorités sur les politiques européennes d’externalisation des frontières.

Nous condamnons avec la plus grande fermeté ces crimes répétés et considérons qu’ils témoignent d’une dégradation alarmante de la situation des droits humains en Tunisie. Nous exigeons que l’ensemble des personnes impliquées dans des actes racistes soient poursuivies et sanctionnées, que les victimes bénéficient d’une protection immédiate et effective, et que des mesures concrètes soient prises pour lutter contre le racisme et toutes les formes de discrimination.

Aujourd’hui, il ne s’agit pas seulement de rendre justice à cette famille*. Il s’agit également de défendre un principe fondamental : aucune société libre, juste et sûre ne peut être construite sur la peur de l’autre, l’exclusion ou l’injustice. De même, il est impossible de garantir le respect de la dignité humaine tant que les corps des femmes sont menacés ou instrumentalisés et que des personnes migrantes sont privées de leur pleine humanité. **

* 6 mai 2026 / Le ministère de l’Intérieur a annoncé l’arrestation des individus impliqués dans une agression visant des migrants subsahariens, après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant les faits. Selon le ministère, les services de sécurité ont identifié et interpellé les suspects à l’issue d’investigations approfondies.

** Les autorités tunisiennes, pour leur part, rejettent depuis longtemps les accusations de racisme et présentent leur approche comme une politique de lutte contre l’immigration irrégulière, la traite des êtres humains et les réseaux de trafic, réaffirmant que la Tunisie n’a aucune intention de devenir un pays de colonisation forcée.

Signataires

  • Campagne contre la criminalisation de l’action associative et civile
  • Association Beity
  • Organisation Al Bawsala
  • Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES)
  • Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH)
  • Avocats Sans Frontières
  • Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD)
  • Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT)
  • Union des diplômés chômeurs
  • Organisation mondiale contre la torture (OMCT)
  • Association tunisienne de défense des libertés individuelles (ADLI)
  • Intersection pour les droits et les libertés
  • DAMJ – Association tunisienne pour la justice et l’égalité
  • Al Qanounia (La Revue juridique)
  • Association Africaine
  • Association Al Khatt
  • I Watch (Ana Yaqdh)
  • Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT)
  • Réseau euro-méditerranéen des droits humains
  • Association Nashaz
  • Association tunisienne pour les droits et les libertés
  • Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR)
  • Union des travailleurs immigrés tunisiens  
  • Groupe Tawhida Ben Cheikh
  • Coalition tunisienne pour l’abolition de la peine de mort
  • Association Al Karama
  • Parti des Travailleurs
  • Parti Al Qotb
  • Parti Républicain
  • Parti de la Voie démocratique et sociale (Al Massar)…

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Mourad Zeghidi en grève de la faim | Le SNJT exprime sa préoccupation

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a exprimé sa vive inquiétude suite à l’annonce de la grève de la faim entamée par le journaliste Mourad Zeghidi.

Dans un communiqué publié ce vendredi 5 juin 2026, le SNJT a affirmé suivre avec une « grande préoccupation » la situation de Mourad Zeghidi, qui a choisi cette forme de protestation pour dénoncer la poursuite de sa détention et ce qu’il considère comme une atteinte flagrante à ses droits fondamentaux.

Tout en réaffirmant son « soutien total et indéfectible » au journaliste dans son combat pacifique, le syndicat a exprimé ses profondes craintes quant aux répercussions médicales de cette grève de la faim.

« Nous appelons notre confrère à suspendre sa grève de la faim afin de préserver son intégrité physique et psychologique, et pour permettre aux structures juridiques et de défense des droits de l’homme de poursuivre efficacement leurs efforts de soutien », lit-on encore dans le communiqué.

Le SNJT a fermement renouvelé son rejet de toute « instrumentalisation des textes juridiques » visant à restreindre la liberté d’expression ou à criminaliser les prises de position des professionnels des médias.

Y. N.

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Tunisie | Communiqué du ministère de l’Intérieur sur l’agression d’une femme subsaharienne

Face à la vague d’indignation soulevée par une vidéo montrant l’agression sexuelle d’une femme subsaharienne devant son mari, le ministère de l’Intérieur a réagi ce vendredi 5 juin 2026.

Dans son communiqué, le ministère affirme que les auteurs des faits ont été identifiés et interpellés par les forces de sécurité, qui se sont saisies de l’affaire malgré l’absence de plainte officielle.

L’enquête a toutefois mis en lumière un élément clé : les faits datent en réalité d’il y a cinq ans, selon le département de l’Intérieur, qui ajoute que la vidéo a fait l’objet d’une diffusion coordonnée depuis deux continents, ce que les autorités qualifient d’« instrumentalisation ».

« Indépendamment des tentatives de dénigrement qui entourent cette vidéo, l’État tunisien est déterminé à garantir les droits et la dignité de toute personne présente sur son territoire et à appliquer la loi face aux contrevenants », lit-on encore dans le communiqué, qui conclut en réitérant l’engagement de la Tunisie en faveur d’une approche humanitaire de la migration irrégulière. Le gouvernement exprime également sa volonté de trouver des solutions urgentes pour encadrer le retour volontaire des migrants en situation irrégulière vers leurs pays d’origine, et ce, dans les meilleures conditions possibles.

Y. N.

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Affaire Jilani Daboussi | La Cour d’appel fixera son verdict le 19 juin

La Cour d’appel de Tunis a renvoyé l’affaire liée au décès de l’ancien député Jilani Daboussi au 19 juin 2026, date à laquelle seront auditionnés les prévenus avant le verdict final.

En première instance, le tribunal avait condamné Noureddine Bhiri et Mondher Lounissi à 4 ans de prison ferme, ainsi qu’une ancienne médecin de Mornaguia et un ex-procureur général à 2 ans avec sursis. Seul le dossier de l’ancien ministre de la Santé, Abdelatif Mekki, a été définitivement classé après cassation.

Pour mémoire, Jilani Daboussi avait été incarcéré au lendemain de la révolution de 2011 dans le cadre de poursuites pour corruption. Durant sa détention, sa santé s’était gravement détériorée en raison de multiples pathologies chroniques, notamment une insuffisance rénale sévère nécessitant des soins réguliers.

L’ancien député s’est éteint à son domicile, quelques heures seulement après avoir obtenu une mise en liberté provisoire. Depuis ce drame, ses proches et son collectif de défense fustigent des négligences médicales ainsi que des violations flagrantes des droits humains lors de son incarcération, mettant directement en cause la responsabilité du parti Ennahdha, alors au pouvoir.

Y. N.

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Tunis | Confirmation en appel de la perpétuité pour les assassins de Mohamed Zouari

Le verdict est tombé en appel dans l’affaire de l’assassinat de l’ingénieur Mohamed Zouari, assassiné par balles devant son domicile à Sfax il y a 10 ans.

La Chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme a rejeté l’appel sur la forme, confirmant ainsi les condamnations à la réclusion à perpétuité prononcées en première instance contre les onze suspects.

Jugés par contumace car toujours en fuite, ces individus (de nationalités tunisienne et étrangère) cumulent également plus de 100 ans de prison pour diverses infractions terroristes.

Pour rappel, ce dossier emblématique remonte au 15 décembre 2016, date à laquelle l’ingénieur avait été assassiné alors qu’il se trouvait dans sa voiture.

L’enquête, qui a duré plusieurs années, a mis en cause onze personnes de nationalités tunisienne et étrangère. Dès le début de l’affaire, les soupçons se sont portés sur le Mossad (les services de renseignement israéliens), qui aurait orchestré l’opération en raison de l’engagement de Mohamed Zouari pour la Palestine et ses liens avec le Hamas, dont il était membre.

Y. N.

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Météo | Le ciel se dégage progressivement après quelques orages locaux

L’Institut national de la météorologie (INM) a annoncé un temps qui sera marqué par une instabilité locale, cette nuit, avant une amélioration générale sur l’ensemble du pays.

En début de soirée, des cellules orageuses locales attendues sur le Centre-Ouest et en particulier dans la région de Kasserine, ajoutant que celles-ci seront accompagnées de pluies éparses.

Au cours de la nuit, le ciel se dégagera progressivement pour devenir totalement dégagé à peu nuageux sur l’ensemble du territoire tunisien, ajoute la même source.

Pour les températures, l’INM annonce des nocturnes qui seront comprises entre 19°C et 24°C sur les zones côtières et les hauteurs et entre 25 et 30°C dans le reste des régions.

Y. N.

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Environnement: la Tunisie investit 5,6 milliards de dinars, mais le défi reste humain

À l’occasion de la Journée nationale et internationale de l’environnement, célébrée cette année sous le thème « Green Waves : Small Actions, Big Impacts », le directeur général de l’Agence nationale de protection de l’environnement (ANPE), Mohamed Naceur Jeljeli, a plaidé pour un changement profond des comportements afin d’accompagner les investissements engagés dans la transition écologique.

Un chiffre a particulièrement retenu l’attention : la Tunisie a mobilisé près de 5,6 milliards de dinars d’investissements dans les secteurs liés à l’environnement en une seule année. Un montant qui englobe notamment les énergies renouvelables, l’agriculture durable, le tourisme écologique, les stations d’épuration, les décharges contrôlées et l’ensemble des activités relevant de l’économie verte.

« C’est un chiffre important », a souligné Mohamed Naceur Jeljeli, rappelant que l’environnement constitue aujourd’hui un véritable levier de développement économique et non plus seulement une question de protection des ressources naturelles.

Sur le plan international, la Tunisie occupe également une position « honorable » dans le classement relatif à la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD), se situant autour de la 66e place sur 167 pays.

Pour autant, le responsable estime que ces performances demeurent insuffisamment perceptibles pour les citoyens. Selon lui, un décalage persiste entre les indicateurs et la réalité vécue au quotidien. « Lorsque le citoyen voit des déchets dans la rue ou sur les plages, il lui est difficile de percevoir les progrès reflétés par les rapports internationaux », a-t-il expliqué.

Face à ce constat, l’ANPE entend placer l’être humain au cœur de son action. Si les infrastructures et les réglementations demeurent indispensables, elles ne sauraient à elles seules garantir le succès de la transition écologique.

« On peut investir des centaines de millions de dinars dans les stations de traitement et de valorisation des déchets. Mais si les déchets ne sont pas triés à la source, les coûts augmentent et les projets risquent d’échouer », a averti le directeur général.

L’Agence mise ainsi sur l’éducation, la culture environnementale et la sensibilisation comme leviers prioritaires. Plusieurs initiatives citoyennes, portées par des élèves, des associations, des maisons de jeunes, des établissements éducatifs et des collectivités locales, ont été mises à l’honneur lors de cette manifestation.

En conclusion, Mohamed Naceur Jeljeli a résumé sa vision en une formule : « Il est impossible de construire une économie verte avec des mentalités qui ne le sont pas. Les équipements peuvent nettoyer les plages, mais seule la conscience citoyenne peut empêcher qu’elles soient polluées. »

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Mobi-TRE renforce le rôle économique de la diaspora tunisienne

Les investissements des Tunisiens résidant à l’étranger (TRE) sont un levier stratégique pour le développement économique et social de leur pays. C’est ce qui ressort de la visite de suivi, organisée du 19 au 22 mai 2026, par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) Tunisie, dans le cadre de la deuxième phase du projet Mobi-TRE, financé par le ministère italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale par l’intermédiaire de l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS).

La mission, qui a réuni des représentants d’institutions tunisiennes, de l’AICS et de l’OIM, s’est déroulée dans cinq gouvernorats des zones de développement régional et a permis d’observer directement les résultats obtenus par neuf entreprises soutenues par le programme. Les entreprises visitées illustrent concrètement comment le capital financier, professionnel et humain de la diaspora tunisienne peut contribuer à la croissance régionale, en favorisant la création d’emplois, l’innovation et la transition vers des modèles économiques plus durables.

Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la contribution des Tunisiens de l’étranger, qui constituent l’une des principales sources de transferts de fonds pour le pays, mais sont également de plus en plus considérés comme des investisseurs, des entrepreneurs et des fournisseurs de compétences.

Grâce au projet Mobi-TRE, les bénéficiaires reçoivent un accompagnement combinant soutien financier, assistance technique et conseils administratifs, afin de transformer leurs idées entrepreneuriales en entreprises économiquement viables et ancrées localement.

L’un des aspects les plus marquants de la visite a été l’importance de la coopération entre les différentes institutions impliquées.

La mission comprenait des représentants du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle, du ministère de l’Économie et du Plan, de l’Agence nationale pour l’emploi et le travail indépendant (Aneti), de l’Agence pour la promotion de l’industrie et de l’innovation (Apii), de l’Observatoire national de l’agriculture (Onat), ainsi que des antennes régionales de l’Office des Tunisiens de l’étranger (OTE) et des services de l’emploi des gouvernorats concernés.

La présence conjointe de ces acteurs a permis aux entrepreneurs de bénéficier de conseils personnalisés en matière de fiscalité, de développement commercial, d’accès aux marchés et de perspectives de croissance.

Selon l’OIM, ce modèle de coordination constitue un élément clé pour consolider un écosystème favorable aux investissements de la diaspora et réduire les obstacles bureaucratiques qui limitent souvent le potentiel des initiatives entrepreneuriales.

Une attention particulière a également été portée aux projets liés à l’économie verte et au développement durable. Plusieurs entreprises soutenues opèrent dans des secteurs contribuant à la transition écologique, ce qui confirme la prise de conscience croissante des investisseurs de la diaspora quant aux activités susceptibles de générer un impact économique et social positif à long terme.

Pour la coopération italienne, ce programme constitue un exemple concret de la manière dont la migration peut devenir un moteur de développement partagé. Grâce au soutien de l’AICS et du ministère italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le projet vise à renforcer les liens entre la diaspora et leurs pays d’origine, en encourageant les investissements productifs dans les régions intérieures tunisiennes, traditionnellement moins attractives pour les capitaux privés mais stratégiques pour la réduction des disparités régionales.

La récente mission a également mis en lumière la dimension humaine des initiatives soutenues par Mobi-TRE. Les témoignages des entrepreneurs rencontrés ont démontré comment le retour des compétences, de l’expérience professionnelle et des réseaux internationaux développés à l’étranger peut contribuer non seulement à la croissance des entreprises, mais aussi à la création de nouvelles opportunités pour les communautés locales.

Cette approche vise à faire de la mobilité internationale des Tunisiens une ressource structurelle pour le développement économique national, tout en renforçant le rôle de la diaspora comme partenaire du développement du pays.

I. B. (avec Agenzia Nova).

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Tunisie | 13 000 mètres cubes de déchets ramassés sur les plages

Environ 13 000 mètres cubes de déchets ont été ramassés sur les plages tunisiennes lors de la dernière campagne de nettoyage du littoral menée par l’Agence tunisienne de protection et d’aménagement du littoral (Apal). 85 % de ces déchets étaient du plastique, soit plus de 11 000 mètres cubes de bouteilles, sacs, emballages et autres matériaux éparpillés le long de la côte.

Ces données ont été communiquées par Nabil Mokhtar, responsable du programme de nettoyage des plages à l’Apal, sur les ondes de Mosaïque FM.

Selon M. Mokhtar, l’accumulation de déchets sur les côtes reste largement liée aux comportements individuels, notamment l’abandon de plastique et d’emballages sur les plages ou directement dans la mer.

En prévision de la prochaine saison balnéaire, le programme annuel de nettoyage a été étendu à 152 plages, réparties sur environ 180 kilomètres de littoral, couvrant une superficie totale de près de 6 500 hectares.

Les opérations, déjà en cours, devraient se poursuivre tout au long de l’été et, si nécessaire, jusqu’en octobre.

L’inquiétude porte notamment sur la persistance des matières plastiques dans le milieu marin. Un sac plastique peut mettre entre 100 et 500 ans à se dégrader, tandis qu’une bouteille plastique peut persister dans l’environnement pendant environ 450 ans. De plus, la dégradation ne résout pas le problème : les déchets se fragmentent en microplastiques susceptibles de contaminer l’eau, les sédiments et la chaîne alimentaire marine.

Ce problème est particulièrement préoccupant pour la Tunisie, pays qui possède plus de 1 300 kilomètres de côtes et dont l’économie repose fortement sur la baignade, le tourisme côtier et la pêche.

La présence de déchets sur les plages représente donc non seulement une menace pour les écosystèmes marins et la biodiversité, mais aussi un risque pour l’attractivité touristique du pays et les activités économiques liées au secteur maritime.

La campagne Apal s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale «Littoral sans plastique», promue par le ministère de l’Environnement avec le soutien de la Banque mondiale. Cette stratégie vise à réduire la pollution plastique marine grâce à une meilleure gestion des déchets dans les villes côtières, aux outils de l’économie circulaire et à des actions de sensibilisation. Les autorités tunisiennes soulignent toutefois que les campagnes de collecte, bien que nécessaires, ne sauraient remplacer la prévention.

La réduction des plastiques à usage unique, le tri et l’élimination appropriés des déchets, ainsi qu’une plus grande responsabilisation des usagers des plages, demeurent essentiels pour limiter l’accumulation de déchets le long du littoral méditerranéen tunisien.

I. B.

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De Fayeche à Belgacem | La sexualité du Tunisien entre sacré et profane

«Quelle est, pour toi, la femme idéale ?» Mon patient esquissa un sourire narquois au coin de sa bouche avant de répondre : «Je la veux Rabaa El Adawia le jour et Cicciolina la nuit. Je la veux aussi dévouée qu’une mystique soufie et aussi libre qu’une héroïne pornographique». Il la veut, somme toute, une femme capable de réunir deux mondes que tout oppose : la pureté sacrée et la jouissance profane. La sexualité du Tunisien a-t-elle pour socle la dualité sacré/profane ?

Adnene Khaldi *

Tout semble confirmer cette hypothèse : à commencer par l’histoire de Sidi Omar El Fayeche dans les années 1970 qui illustrait bien la dualité du sacré/profane. C’était un homme psychotique qui déambulait nu dans les ruelles de Tunis, refusant tout vêtement et balbutiant des mots incompréhensibles qui confirmaient bien la dissociation de sa pensée.

Plutôt que de voir dans sa nudité une indécence et dans son délire une folie, les femmes de la ville préféraient percevoir une sainteté : elles le visitaient pour avoir sa baraka et pour écouter ses prophéties. Le sacré devenait alors le voile qui recouvrait sa nudité, rendant supportable la vue de son sexe offert et exhibé (d’ailleurs Fayeche en arabe veut dire celui qui exhibe).

Le basculement du profane au sacré est fulgurant puisque, traditionnellement, la mixité entre hommes et femmes est encadrée par des normes vestimentaires strictes et par une forte régulation du rapport au corps. Pourtant, dans cet espace particulier, des femmes pour lesquelles la nudité est habituellement proscrite semblent suspendre, momentanément, cet interdit. Comme si ce lieu devenait un espace d’exutoire symbolique où ce qui est défendu dans l’ordre social pouvait être réinvesti sous une forme licite, voire sacralisée. On pourrait y voir une forme de retournement du sens de l’interdit : «Vous nous interdisez l’accès au corps masculin au nom du sacré ; nous allons alors utiliser précisément ce registre du sacré pour contourner cette interdiction et lui donner une autre signification».

Retournement du sens de l’interdit

Ce qui était condamné devient ainsi le support même d’une libération psychique et corporelle. Ce détour permettait alors de desserrer, au moins provisoirement, le poids d’une sexualité vécue comme interdite ou culpabilisante.

Le phénomène Sidi Omar El Fayeche montre bien que ces structures sont loin d’être hermétiques et statiques, le sacré et le profane se traversent l’un l’autre, ce qui souligne la porosité de leurs frontières.

60 ans plus tard, cette structure psychosexuelle n’a pas disparu, elle est bien là dans toute sa splendeur : le phénomène Belgacem le guérisseur en est la parfaite illustration. Il s’agit d’un escroc qui se fait passer pour un guérisseur spirituel. Il aurait attiré plus de 900 femmes en leur faisant croire qu’il était capable de les débarrasser du «djinn amoureux» qui les habitaient ainsi que d’autres maladies incurables ou encore des problèmes de retard de grossesse, au moyen de ce qu’il appelait le «sperme pur».

Le faux guérisseur convainquait ses victimes qu’un «djinn amoureux» habitait leur corps et qu’il pouvait l’en expulser en recourant à des pratiques occultes consistant en des séances de rapports sexuels avec elles. Son génie criminel lui a insufflé d’utiliser intuitivement l’arme imparable du sacré/profane : il forgea alors l’expression «sperme pur». Condensant en elle-même la dialectique du sacré et du profane, elle fonctionne comme un oxymore où se nouent le religieux et l’obscène, le pur et l’impur, le sacré et le charnel.

La pénétration transgressive devient tout à coup bénie et sacrée. Belgacem sait que ça fonctionne, il n’a pas l’ombre d’un doute sinon il ne se mettrait pas en danger de se faire démasquer. Il semble persuadé de l’efficacité de son dispositif symbolique sinon comment comprendre que même des femmes instruites et universitaires aient pu être prises dans cette logique d’emprise.

Si ce mécanisme opère avec une telle efficacité, c’est parce qu’il vient activer une structure psychosexuelle déjà présente dans l’imaginaire collectif, latente mais disponible, qu’il suffit d’effleurer pour la voir émerger. L’articulation entre sacré et profane semble ainsi constituer l’un des soubassements symboliques majeurs de la sexualité en Tunisie.

La circoncision et le tasfih comme lieux du sacré/profane

La circoncision est l’opération inaugurale qui inscrit ontologiquement et scelle à jamais le Tunisien (et le musulman en général) dans la dialectique du sacré/profane. Cette opération symbolique s’appelle la tahara autrement dit la purification sacré d’un organe potentiellement profanateur, tels que la luxure, la fornication, le péché, la turpitude, la souillure, le désir et le désir interdit, la non-maîtrise pulsionnelle, les figures du satyre et de l’hubris.

La tahara inscrit dans la chair une marque indélébile qui structure en profondeur l’univers psychique du Tunisien. Elle opère un clivage symbolique fondamental de l’être entre le sacré et le profane, un clivage qui structure également sa manière de percevoir le monde extérieur.

Il devient alors légitime de se demander dans quelle mesure cette incorporation clivante de l’être entre sacré et profane joue un rôle dans le mindset des extrémistes islamistes violents ? Veulent-ils à tout prix chasser du plus profond de leur être le profane et installer autour d’eux et en eux un monde intégralement sacré et épuré ?

Dans un autre registre, on peut interroger la manière dont la dichotomie sacré/profane structure la dynamique du désir chez l’homme tunisien.

En clinique, j’ai reçu de nombreux patients dont la dysfonction érectile provenait d’une incapacité à érotiser la future épouse, devenue trop sacrée. Leur parcours sexuel, marqué par le recours aux prostituées – figures du profane –, avait verrouillé un clivage : d’un côté, la femme respectable, objet de vénération mais désinvestie du désir ; de l’autre, la femme interchangeable, seule habilitée à recevoir la charge érotique. C’est le mécanisme même de la dissociation érotique.

En miroir de la circoncision se déploie l’exigence de virginité, comme son corollaire culturel et symbolique. L’hymen n’est pas que membrane anatomique mais une preuve morale. Sa présence est lue comme signe de pureté ; sa rupture comme indice de profanation, elle assure le passage du pur au profane.

Une autre pratique qui corrobore le sacré/profane est le rituel du tasfih, c’est cette pratique magique et donc profane au service de la virginité sacrée. Ici, c’est un «double loop» : le profane qui permet le sacré mais par la même il va permettre une autorisation implicite à des «jeux sexuels sans pénétration», ou même à des rapports, car la fille reste symboliquement vierge. Sa vertu est «protégée» par la magie, quoi qu’il arrive.

La littérature comme support du sacré/profane 

Le sacré/profane traverse la littérature aussi, le roman de Faouzia Zouari, ‘‘Le corps de ma mère’’ est particulièrement édifiant à ce sujet. Il s’agit d’un récit autobiographique et familial centré sur la figure de la mère qui est une femme bédouine à la personnalité à la fois autoritaire, secrète et tragique. Elle incarne l’ordre moral : la pudeur, le silence, l’honneur, le contrôle du corps féminin et l’interdit autour du sexe. Elle est la gardienne du sacré familial. Son autorité impose une frontière stricte entre pur et impur, haram et halal. Tout commence quand la mère plonge dans le coma, autrement dit, elle se rapproche symboliquement du sacré et c’est à ce moment précis que le profane resurgit : les secrets sexuels, les turpitudes du corps, les frustrations, les désirs enfouis et surtout la féminité longtemps occultée derrière le rôle maternel sacralisé. Encore une fois, ici, le coma ou plutôt le sacré dévoile ce qu’il est censé taire.

Autrement dit, plus la mère se rapproche symboliquement du sacré et de l’au-delà, plus son humanité profane devient racontable. Il y a là un oxymore central du livre : le sacré ne protège le secret qu’en préparant son dévoilement.

Un champ de négociation entre honte et désir

La sexualité tunisienne n’oppose pas simplement le sacré au profane, elle les noue ensemble. Le désir n’y est pas hors du religieux ; il le traverse, le conteste, l’absorbe, parfois même le mime. Et la société, loin de se libérer de cette tension, semble continuer à l’habiter comme une évidence culturelle. Au fond, rien n’a vraiment disparu depuis les années 1970. Les noms changent, les pratiques se déplacent, les discours se modernisent, mais la structure demeure. Le sacré continue d’avoir besoin du profane pour se définir ; le profane continue d’emprunter au sacré sa puissance de légitimation. Et dans cette zone grise, la sexualité du Tunisien reste moins un espace de liberté qu’un champ de négociation entre honte, pouvoir, pureté et désir

* Psychothérapeute TCCE / Sexologue clinicien. 

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Migration | 1 239 morts ou disparus en Méditerranée (5 mois de 2026)

Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), on a enregistré en Europe 3 054 arrivées de migrants illégaux par voie maritime en mai 2026, en hausse de 24 % par rapport au mois précédent. Les migrants sont partis de Libye, de Tunisie et d’Algérie. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a enregistré, pour sa part, une augmentation des décès par rapport à 2025.

3 054 personnes ont débarqué sur les côtes italiennes en mai 2026, soit une augmentation de 24 % par rapport au mois précédent (2 459) et une baisse par rapport à 2025. C’est ce qu’a déclaré le HCR, soulignant qu’au cours du même mois, «au moins une personne est décédée et une autre est portée disparue, d’après les témoignages recueillis par notre personnel concernant deux incidents survenus en mai près des côtes italiennes, sur la route de la Méditerranée centrale». La Libye est de nouveau le principal pays de départ en mai, représentant 89 % des arrivées. Le HCR précise que 53 % des personnes ont débarqué à Lampedusa. Les autres ports de débarquement comprennent Pozzallo, Augusta, Brindisi, Bari, Ravenne, Pantelleria, Savone, Porto Pino, Catane, Sant’Antioco, Tarente et Ancône.

Au cours des cinq premiers mois de l’année, 11 630 arrivées par voie maritime ont été enregistrées, soit une baisse par rapport à la même période en 2025 (22 971). Depuis début 2026, la Libye est le principal pays de départ, représentant 86 % des arrivées par voie maritime en Italie (92 % au cours des cinq premiers mois de 2025). La Tunisie demeure le deuxième pays de départ, avec 8 % des arrivées (5 % entre janvier et mai 2025).

En 2026, la Sicile reste la région la plus touchée par les débarquements au niveau de l’Italie, notamment Lampedusa, qui a enregistré 57 % des arrivées par voie maritime au cours des cinq premiers mois de l’année (78 % au cours de la même période en 2025).

Concernant les nationalités d’origine, de janvier à mai, les plus fréquentes étaient : le Bangladesh (29 %), la Somalie (11 %), le Pakistan (9 %), le Soudan (8 %), l’Algérie (7 %), l’Égypte (6 %), la Tunisie (4 %), l’Érythrée (2 %), le Mali (2 %) et la Côte d’Ivoire (2 %).

De janvier à mai, les mineurs non accompagnés représentaient 18 % des arrivées par voie maritime en Italie, un chiffre stable par rapport à la même période de l’année précédente. De janvier à mai, 21 % des personnes ont été secourues par des ONG en Méditerranée.

Selon les données de l’OIM (Projet Migrants Disparus), 1 239 personnes sont mortes ou ont disparu en Méditerranée au cours des cinq premiers mois de 2026 (hors route du Nord-Ouest africain), dont 824 sur la route centrale (67 %). À la même période l’année précédente, on dénombrait 710 décès, dont 475 sur la route centrale.

I. B. (avec Ansa).

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