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Tunisie | Vers une libération sous caution pour Maher Chaâbane ?

Saisie d’une demande de mise en liberté provisoire sous caution pour l’homme d’affaires Maher Chaâbane, la Chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière près le Tribunal de première instance de Tunis a mis l’affaire en délibéré ce jeudi 4 juin 2026.

Cette décision fait suite au rejet, par la Chambre d’accusation près la Cour d’appel de Tunis, d’une première demande émise par les avocats de l’homme d’affaire, rappelle Mosaïque FM en citant une source proche du dossier.

Pou rappel, Maher Chaâbane fait face à une série de lourds chefs d’accusation, notamment des faits de corruption, de falsification de documents officiels et d’usage de faux, mais aussi pour constitution d’une entente en vue de porter atteinte aux personnes et aux biens et exploitation abusive de la fonction publique pour l’obtention d’avantages indus et le préjudice causé à l’administration.

Y. N.

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Tunisie : le déficit courant recule à 1,5 % du PIB

Le déficit du compte courant de la Tunisie s’est nettement réduit à fin avril 2026, atteignant 2,731 milliards de dinars. Soit 1,5 % du produit intérieur brut (PIB). Et ce, contre 2,957 milliards de dinars (1,7 % du PIB) à la même période en 2025. C’est ce qu’il ressort des dernières données publiées par la Banque centrale de Tunisie (BCT) à l’issue de la réunion de son conseil d’administration qui se tenait le 3 juin 2026.

Cette amélioration traduit un allègement progressif des déséquilibres extérieurs du pays. Dans un contexte encore marqué par la pression des importations, notamment énergétiques sur la Tunisie.

En excluant le secteur de l’énergie, la balance courante affiche un excédent de 1,461 milliard de dinars à fin avril 2026; contre 0,726 milliard de dinars un an plus tôt. Cette évolution confirme une amélioration sensible des comptes extérieurs hors hydrocarbures.

Au final la Banque centrale souligne que cette dynamique positive s’explique principalement par la bonne performance de la balance des services. Laquelle a contribué à atténuer l’impact du déficit commercial, toujours fortement influencé par la hausse de la facture énergétique.

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1 100 ventes en quatre mois : la voiture électrique gagne du terrain en Tunisie

Le marché tunisien des voitures électriques connaît une progression spectaculaire en ce début d’année 2026. Plus de 1.100 véhicules électriques ont été vendus au cours des quatre premiers mois de l’année. Et ce, contre moins de 600 unités sur l’ensemble de l’année 2025. C’est ce qu’a indiqué jeudi Ibrahim Debbache, président de la Chambre nationale des concessionnaires et constructeurs automobiles.

Cette forte hausse témoigne du dynamisme d’un marché encore émergent, mais de plus en plus attractif pour les consommateurs. L’élargissement de l’offre, avec l’arrivée de nouvelles marques et modèles, contribue notamment à soutenir la demande.

S’exprimant lors de la quatrième édition de la Journée de l’innovation dans l’industrie automobile 2026, organisée à Tunis en partenariat avec la Chambre tuniso-allemande de l’industrie et du commerce, l’Association tunisienne de l’industrie des composants automobiles et l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ), Ibrahim Debbache a souligné que le secteur ambitionne d’atteindre près de 2.000 véhicules électriques vendus d’ici la fin de l’année.

Lire aussi : Ibrahim Debache plaide pour une augmentation du quota des voitures populaires

Par ailleurs, il estime que les pouvoirs publics encouragent cette transition afin de promouvoir des modes de transport moins énergivores et plus respectueux de l’environnement. Cette dynamique est également favorisée par la diminution progressive des réticences des consommateurs à l’égard des véhicules électriques.

Malgré cette évolution rapide, le marché tunisien demeure à un stade de développement précoce. Les voitures électriques représentent encore une part limitée des ventes automobiles globales. Les principaux défis concernent désormais le renforcement du réseau de bornes de recharge, la réduction des coûts d’acquisition et l’amélioration des services de maintenance. Autant de conditions jugées essentielles pour assurer une croissance durable du secteur dans les années à venir.

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ICF versera 3,200 DT de dividende par action au titre de l’exercice 2025

L’Assemblée générale ordinaire des Industries chimiques du fluor (ICF) a fixé le dividende à 3,200 DT par action. Le détachement aura lieu le 27 août 2026, pour un paiement à partir du 31 août.  

Les actionnaires d’ICF recevront un dividende de 3,200 DT par action pour l’exercice 2025. L’Assemblée générale ordinaire du 2 juin 2026 a arrêté cette décision. Le montant total distribué s’élève à 6,72 millions de dinars. Le détachement des dividendes est programmé le 27 août 2026. Le paiement débutera le 31 août 2026.

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La crise du Moyen-Orient freine la croissance mondiale, alerte l’OCDE

Les perspectives économiques mondiales dépendent de la durée de la guerre au Moyen-Orient. Une récession dans certains pays et une forte hausse de l’inflation étant possibles si le conflit se poursuit l’année prochaine. C’est l’avertissement lancé par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Si le conflit s’avère de courte durée, la production de pétrole et de gaz du Golfe pourrait progressivement revenir à ses niveaux d’avant-guerre d’ici le troisième trimestre. Les pénuries étant limitées à l’Asie et atténuées par les réserves stratégiques et les livraisons d’autres producteurs, estime l’OCDE.

Dans ce scénario de référence, la croissance mondiale devrait ralentir, passant de 3,4 % en 2025 à 2,8 % en 2026. Et ce, avant de remonter à 3,1 % en 2027. Ce qui correspond globalement aux prévisions de l’OCDE. Toutefois, si la crise énergétique se prolongeait l’année prochaine, la croissance mondiale pourrait ralentir fortement pour atteindre 2,1 % en 2026 et 1,8 % en 2027. Soit des taux rarement observés en dehors de crises majeures telles que la crise financière de 2008-2009 et la pandémie de COVID-19.

Certaines économies pourraient alors sombrer dans une récession complète. Les pays asiatiques dépendants des approvisionnements énergétiques du Moyen-Orient étant susceptibles d’être les plus durement touchés.

En outre, la hausse des prix de l’énergie pourrait ajouter 0,4 point de pourcentage à l’inflation mondiale en 2026 et 1,3 point de pourcentage en 2027. Ce qui inciterait les banques centrales à relever leurs taux d’intérêt de 0,5 à 0,75 point de pourcentage à court terme.

De plus, la croissance du commerce mondial devrait se modérer après une année 2025 dynamique. Même si une forte demande de biens et d’investissements liés à l’IA, notamment en Asie, devrait apporter un certain soutien.

Dans le scénario de référence, la hausse des exportations d’énergie devrait soutenir la croissance américaine. Ce qui compensera partiellement l’impact négatif de la hausse des prix sur le pouvoir d’achat des ménages. La croissance devrait ralentir, passant de 2,1 % en 2025 à 2,0 % en 2026 et à 1,8 % en 2027.

Pour sa part, la croissance de la zone euro devrait ralentir, passant de 1,4 % à 0,8 % cette année; avant de repartir à 1,2 % l’année prochaine. Et ce, grâce à la résilience du marché du travail et à l’augmentation des dépenses de défense qui atténuent quelque peu l’impact de la crise.

En Grande-Bretagne, la croissance devrait ralentir à 0,9 % cette année, avant de rebondir à 1,1 % en 2027, à mesure que le commerce mondial se stabilise et que les conditions financières s’améliorent.

En Chine, la croissance devrait ralentir, passant de 5,0 % en 2025 à 4,5 % en 2026 et 4,3 % en 2027, grâce à d’importantes réserves énergétiques qui limitent son exposition aux fluctuations du prix du pétrole. Les exportations devraient bénéficier de la baisse des droits de douane américains et d’un secteur technologique compétitif. Même si la crise immobilière continue de peser sur les résultats.

Au final, le Japon devrait figurer parmi les pays les plus durement touchés par les perturbations commerciales liées au conflit du Golfe. Et ce, avec une croissance qui ralentirait de 1,1 % en 2025 à 0,6 % en 2026; avant de se redresser à 0,8 % en 2027.

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Zone euro : l’inflation affaiblit l’activité économique privée

L’activité du secteur privé de la zone euro s’est contractée à son rythme le plus rapide en 18 mois en mai. La faiblesse de la demande de biens et de services ayant entraîné une baisse de la production pour un deuxième mois consécutif. C’est ce qu’il ressort d’une enquête S&P Global publiée mercredi 3 juin.

L’indice PMI composite S&P Global pour la zone euro a chuté à 48,5 en mai contre 48,8 en avril, son niveau le plus bas depuis novembre 2024. L’indice des services a légèrement progressé à 47,7, contre 47,6, dépassant ainsi la première estimation de 46,4.

« Avec un repli de l’activité économique dans la zone euro pour le deuxième mois consécutif en mai, il est de plus en plus probable que l’économie se contracte au deuxième trimestre. Les données PMI suggèrent une baisse du PIB de 0,2 % en glissement trimestriel, sauf redressement significatif en juin ». C’est ce qu’a déclaré Chris Williamson, économiste en chef chez S&P Global Market Intelligence, selon Reuters.

Le total des nouvelles commandes a diminué pour le troisième mois consécutif… La demande extérieure a pesé le plus lourd, les commandes à l’exportation enregistrant la plus forte baisse depuis le début de l’année.

La détérioration s’est concentrée dans les deux plus grandes économies du bloc, à savoir l’Allemagne et la France qui ont enregistré une contraction de l’activité économique privée. Tandis que l’Italie et l’Espagne ont connu une croissance marginale.

Les coûts des intrants ont augmenté à leur rythme le plus rapide en trois ans et demi. Tandis que les prix facturés aux consommateurs ont atteint leur plus haut niveau en 38 mois – soit le troisième mois consécutif d’accélération de l’inflation des prix à la production… La BCE a constaté une intensification des risques d’inflation et de ralentissement de la croissance, plaçant les décideurs politiques dans une situation délicate. Certains économistes considèrent la réunion de juin comme cruciale, avec une possible hausse des taux de 25 points de base à 2,25 %. Tandis que d’autres estiment que la banque devrait faire preuve de prudence avant de procéder à des hausses de taux. Alors que l’économie semble ralentir et que la confiance des consommateurs s’affaiblit.

Avec la baisse des créations d’emplois, les entreprises ont fait état d’une augmentation de leurs capacités inutilisées. Les pertes d’emplois se sont accélérées à leur rythme le plus rapide en 5 ans et demi, même si le déclin est resté modéré.

La confiance des entreprises s’est légèrement redressée depuis avril, selon l’enquête. Mais elle est restée faible en termes historiques et bien en deçà des niveaux d’avant le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient.

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SIAME : seulement un mandataire de justice

La Société industrielle d’appareillage et de matériels électriques (SIAME) annonce une modification de son régime de mandataires de justice.

Une ordonnance du Tribunal de première instance de Tunis, rendue le 18 mai 2026, prévoit la recomposition du collège des mandataires de SIAME. Leur nombre se réduit de trois à un seul membre. Dès lors, le mandataire de justice Faouzi BEN SALEM assure désormais seul la mission de contrôle des actes de gestion de la société.

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Tunisie | La récolte de cerises atteint 8250 tonnes à Siliana

La récolte de cerises (appelées Tunisie ‘‘hab el-mlouk’’ ou fruits des rois) dans le gouvernorat de Siliana, pour la saison en cours, est estimée à 8 250 tonnes, couvrant une superficie de 785 hectares, a indiqué, ce jeudi 4 juin 2026, Khaled Badreddine de la Direction régionale du développement agricole, cité par l’agence Tap.

La commercialisation des cerises se limite au marché de gros de Bir El Kassâa et aux grandes surfaces, ce qui complexifie le processus compte tenu de l’abondance de la production, a-t-il ajouté.

Les principaux défis auxquels est confronté le secteur sont la rareté des ressources en eau, la plupart des vergers étant situés près de lacs de montagne souffrant d’un déficit pluviométrique important, notamment lors des années de sécheresse ; l’absence d’usines de transformation ; le manque de main-d’œuvre qualifiée pour la taille et la récolte ; la formation insuffisante des agriculteurs ; et l’impossibilité pour ces derniers d’installer des filets de protection contre le gel et les oiseaux, ainsi que la vulnérabilité de la production aux aléas climatiques.

La superficie totale où sont plantés 314 000 arbres se répartissent comme suit : 535 hectares dans la délégation de Makthar (soit 214 000 arbres), 114 hectares à Bargou (45 000), la même superficie à Kesra et 20 hectares à Siliana Sud (8 000).

Rappelons que ce gouvernorat assure 85 % de la production nationale de cerises.

I. B.

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Loi de finances 2027 : les experts-comptables ont jusqu’au 30 juin pour proposer leurs idées

Le Conseil de l’Ordre des experts-comptables de Tunisie a fixé au 30 juin la date limite de dépôt des propositions de ses membres dans le cadre de la préparation du projet de loi de finances pour l’année 2027.

Dans un communiqué adressé à l’ensemble de ses adhérents, l’Ordre appelle les professionnels à participer activement à l’élaboration des futures orientations économiques et financières du pays. Cette démarche vise à renforcer la contribution de la profession comptable au débat public et à la construction des politiques budgétaires nationales.

Cette consultation a été lancée à l’initiative du président du Conseil national de l’Ordre, Sofiène Dimaassi. Et ce, dans le cadre des travaux préparatoires de la note d’orientation et des propositions qui seront soumises au ministère des Finances pour le projet de loi de finances 2027.

Le communiqué invite les experts-comptables à formuler leurs recommandations de manière argumentée. Tout en détaillant les justifications et analyses qui les appuient, afin de permettre leur examen approfondi et leur éventuelle intégration dans la version finale des propositions de la profession.

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ASSAD : chiffre d’affaires en baisse de près de 15% au T1 2026 

Le chiffre d’affaires de L’Accumulateur Tunisien ASSAD s’établit à 23,2 MDT au premier trimestre 2026, en repli de 14,9% par rapport à 27,2 MDT un an plus tôt. L’endettement total diminue de 4,9% à 76,4 MDT, tandis que l’endettement à moyen et long terme chute de 52,1%.  

L’Accumulateur Tunisien ASSAD a réalisé un chiffre d’affaires de 23,2 MDT au premier trimestre 2026, contre 27,2 MDT au T1 2025, soit une contraction de 14,9%. Cette performance s’explique par un environnement international défavorable à l’export.

Le chiffre d’affaires local de la société progresse de 9,1%, passant de 14,3 MDT à 15,5 MDT. Cette hausse traduit une consolidation soutenue de sa présence sur le marché domestique. À l’inverse, le chiffre d’affaires à l’export diminue de 41,3%, à 7,6 MDT contre 13,0 MDT. Ce recul est lié au retard temporaire du renouvellement de la licence d’importation de la filiale algérienne BAA ainsi qu’à la conjoncture internationale volatile.

L’endettement total de L’Accumulateur Tunisien ASSAD s’élève à 76,4 MDT, en repli de 4,9% par rapport aux 80,4 MDT de la même période en 2025. Cette évolution confirme la poursuite soutenue de la stratégie de désendettement de la société. L’endettement à moyen et long terme diminue significativement de 52,1%, à 10,4 MDT contre 21,7 MDT. Cette baisse reflète une réduction marquée des engagements financiers structurels et un assainissement notable du profil financier de la société. Les crédits de gestion progressent de 12,5%, à 66,0 MDT contre 58,6 MDT, en lien avec le renforcement du financement des besoins d’exploitation.

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La Banque centrale maintient son taux directeur à 7 %

La Banque centrale de Tunisie (BCT) a annoncé, mercredi 3 juin 2026, le maintien de son taux directeur à 7 %, réaffirmant ainsi son attachement à une politique monétaire prudente dans un environnement économique marqué par de fortes incertitudes.

Dans un communiqué publié à l’issue de son conseil d’administration, l’institution souligne une accentuation des pressions inflationnistes d’origine externe. Selon la BCT, ces tensions pourraient se transmettre progressivement à l’économie nationale, se répercuter sur les prix à la consommation et alimenter une reprise de l’inflation au cours des prochains mois.

Face à cette situation, la Banque centrale estime que la conjoncture actuelle demeure caractérisée par un niveau exceptionnellement élevé d’incertitude, tant sur le plan international que national.

Dans ce contexte, elle considère qu’une approche fondée sur la vigilance et la prudence reste nécessaire afin de préserver la stabilité des prix et de limiter les risques de dérapage inflationniste.

La BCT explique également que le maintien du taux directeur vise à contenir les anticipations inflationnistes et à renforcer la résilience des équilibres macroéconomiques du pays. Cette décision s’inscrit dans la continuité de sa stratégie visant à préserver la stabilité financière. Tout en surveillant de près l’évolution des facteurs susceptibles d’influencer la trajectoire de l’inflation.

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Sortir de la pauvreté | L’angle mort moral de l’économie mondiale

Lorsque l’ordre économique mondial se dérègle — sous l’effet des tensions géopolitiques, des chocs énergétiques, de la rareté des financements, du ralentissement de la croissance et du retour des disciplines budgétaires imposées — qui paiera le prix du grand désordre ? On sait qu’à chaque vacillement des équilibres financiers, ce sont les corps les plus exposés, les salaires les plus faibles, les subventions les plus vitales, les familles les plus vulnérables qui absorbent le choc.

Yahya Ould Amar *

Quand les États revoient leurs priorités et que l’ajustement devient nécessaire, il faut se rappeler ce que l’économie moderne a toujours exclu de ses équations : les pauvres. Leur dignité est cette frontière morale qui interdit de traiter l’humain comme une variable d’équilibre, de sacrifier les vies au nom des comptes, et de transformer toute souffrance en simple ligne de coût.

En effet, la «pauvreté» n’existe pas dans la vingtaine d’équations fondamentales de la théorie économique. On y trouve l’utilité, le bien-être, le revenu, la préférence, le surplus du consommateur … On y mesure tout, la propension à consommer, l’élasticité de la demande, la production, l’investissement, la consommation, la balance des paiements, la croissance, le taux d’intérêt… Mais nulle part, dans les manuels économiques enseignés qui forment les dirigeants d’entreprises, les banquiers et les gouvernants, n’apparaît le mot «pauvreté». Comme si l’absence de mesure valait absence d’existence.

C’est pourtant ce mot-là que portent, cinquante pour cent de la population mondiale qui vivant avec moins de cinq dollars et demi par jour et par personne – ceux que l’on appelle pauvres. Ils demandent que la pauvreté ne soit pas une humiliation quotidienne, qu’on cesse de les traiter comme des coûts budgétaires ou des lignes de bilan. Ils veulent être reconnus comme des vies humaines, des visages, des sujets.

Entre ce que l’économie sait compter et ce que les pauvres demandent de sauver, il y a un abîme, celui de l’angle mort moral de l’économie moderne.

Le pauvre comme variable d’ajustement

Dans le langage économique, le pauvre n’apparaît jamais en tant que tel, il se dissous dans des agrégats. Il est le «ménage à bas revenu», le «secteur informel», parfois la «population vulnérable». Ces mots ont une vertu apparente — la neutralité — et un vice profond, ils effacent le visage.

Car derrière l’abstraction se joue une inversion morale. Lorsqu’une économie est en difficulté, le modèle cherche la variable la plus «flexible», celle qui peut absorber le choc au moindre coût pour l’équilibre d’ensemble. Or cette variable, presque toujours, c’est le pauvre, son salaire, sa subvention, sa retraite, son accès au soin et à l’eau potable, son éducation, sa sécurité.

Le riche dispose de capital mobile, d’avocats, de frontières fiscales ; le pauvre n’a que sa subsistance, et c’est elle qu’on ajuste. L’ajustement «par le bas» est la conséquence logique d’un système qui mesure l’efficience globale et reste aveugle à la dignité particulière.

La pauvreté est d’abord une confiscation du temps. Le riche peut attendre, différer ses choix, investir, se tromper, recommencer. Le pauvre, lui, vit dans l’urgence. Il ne choisit pas entre plusieurs avenirs ; il tente d’empêcher l’effondrement du présent. C’est pourquoi l’économie se trompe lorsqu’elle parle de «préférences» là où il n’y a que la contrainte pour la moitié de l’humanité. Le pauvre ne préfère pas ; il est simplement privé du temps long qui rend ces choix possibles.

L’aberration des plans d’ajustement

Pendant des décennies, sous le nom rassurant de «programme d’ajustement», «programme d’urgence» ou autres dénominations équivalentes, on a appliqué à des dizaines de pays — singulièrement en Afrique et en Amérique latine — une même ordonnance, dévaluer, couper les dépenses publiques, supprimer les subventions sur le pain et le carburant, privatiser, comprimer les salaires, ouvrir les frontières … Le diagnostic était comptable ; le remède le fut aussi. Et le résultat, mesuré dans la seule langue du modèle — déficit, inflation, balance des paiements — pouvait parfois sembler bon.

Mais que disait ce résultat des milliers, parfois des millions de vies qui sont précipitées dans l’extrême pauvreté, l’insécurité alimentaire ou le dénuement total.

L’aberration fut de croire que l’on pouvait assainir des finances publiques en laissant hors de l’équation le vrai coût humain de cet assainissement — et que l’on ait appelé «rigueur» ce qui était, pour des millions de gens, une cruauté administrée.

On rétorquera que ces plans furent nécessaires, que des États endettés risquent de ne pas rembourser leurs créanciers. C’est exact, il y avait de vrais déséquilibres, de vraies gabegies, de vrais privilèges à défaire.

Le scandale n’est pas qu’il ait fallu corriger ; c’est l’ordre des priorités — l’équilibre budgétaire d’abord, le corps humain ensuite, s’il en reste — et la certitude tranquille des décideurs que la douleur d’autrui était un paramètre, non une limite.

Libéralisme : la promesse et le glissement

Soyons justes avec le libéralisme, à sa source, le libéralisme est une philosophie de la dignité, il affirme que l’individu a le droit de contracter, de posséder, d’entreprendre, de n’être pas soumis à l’arbitraire.

Le glissement s’est produit lorsqu’on a fait du moyen une fin. La liberté économique est devenue la valeur suprême devant laquelle la dignité doit s’incliner. On est passé du «marché pour les hommes» au «hommes pour le marché». Et dans sa version contemporaine, le libéralisme économique a enfanté une étrange créature, un individu réduit à son capital humain, sommé d’être «entrepreneur de lui-même», responsable de tout — de son chômage comme de sa maladie. Le pauvre n’est alors plus une victime d’un ordre injuste ; il devient le gestionnaire défaillant de sa propre vie. C’est la forme la plus subtile du mépris, faire porter à l’écrasé la responsabilité de son écrasement.

Capitalisme : ce qu’il produit et ce qu’il ne voit pas

Le capitalisme est sans doute la machine la plus efficace que l’humanité ait jamais construite pour produire de la richesse. Il a sorti des centaines de millions d’êtres humains de la misère absolue. Le capitalisme optimise une chose, le rendement du capital. Tout ce qui sert ce rendement, il le voit, le compte. Tout ce qui ne le sert pas — la dignité de celui qui ne «rapporte» rien — il le traite, au mieux, comme une externalité ; au pire, comme un obstacle.

De là vient un paradoxe, celui qu’un système peut accumuler des richesses inouïes tout en appauvrissant moralement ceux qu’il enrichit, et matériellement ceux qu’il ignore. Le pauvre du capitalisme contemporain est celui qui est de trop — l’«inemployable», le «non-rentable», celui dont l’existence ne trouve aucune case dans la comptabilité du profit.

L’enseignement économique ou la fabrique de l’aveuglement

Comment des esprits brillants, en viennent-ils à administrer la douleur sans la voir ? On n’enseigne pas seulement des modèles ; on enseigne un «regard». Pendant des années, on apprend au futur décideur que l’agent économique est rationnel et égoïste, que tout a un prix, que l’éthique relève de la sphère privée et n’a rien à faire dans l’analyse économique. On lui apprend, surtout, à raisonner «toutes choses égales par ailleurs» — formule innocente en apparence, et qui consiste à mettre méthodiquement entre parenthèses tout ce qui dérange le modèle, à commencer par la dignité des pauvres.

Une étude célèbre a montré que l’enseignement prolongée de l’économie rend plus enclin à des comportements intéressés et moins coopératif. Un certain enseignement économique peut, lorsqu’il se coupe de la philosophie morale, former des intelligences techniquement brillantes mais affectivement désarmées devant la souffrance sociale.

On ne sort pas indemne d’avoir appris pendant des années que la générosité est «irrationnelle» et la dignité «non quantifiable». Le diplômé en économie ne devient pas méchant ou cynique, il devient aveugle. Et un aveugle bienveillant qui tient les leviers d’une économie peut faire plus de dégâts qu’un cynique lucide. Voilà pourquoi réformer l’économie n’est pas d’abord une affaire de modèles, mais de formation du regard, on ne fera pas une économie de progrès avec des esprits dressés à ne pas voir la dignité humaine.

Réinscrire la dignité dans l’équation

Que faire ? Certes, les bons sentiments n’ont jamais nourri personne — mais exiger que l’économie élargisse son regard à la mesure de son pouvoir.

D’abord, faire de la dignité une contrainte, non une variable d’ajustement.

Ensuite, rendre compte de l’invisible. Mesurer ce que coûte vraiment un ajustement sur le plan social. Ce qui se compte finit toujours par compter. Tant que la souffrance des pauvres restera hors-bilan, elle restera la première variable que l’on sacrifie.

Enfin, rendre la parole à ceux que l’on chiffre. La dignité est aussi le droit d’être un sujet de sa propre histoire, et non l’objet des plans d’autrui. Aucun programme conçu sans les pauvres, sur les pauvres, n’a jamais respecté leur dignité — quelles qu’aient été ses bonnes intentions. Le paternalisme expert est encore une forme de mépris ; il décide du bien d’autrui sans lui demander son avis.

On objectera que la dignité ne se met pas en équation. Une science qui ne sait mesurer que ce qui rapporte finira par ne servir que ceux à qui cela rapporte.

La pauvreté est une confiscation de l’avenir

Lutter contre la pauvreté au XXIᵉ siècle suppose de la comprendre comme une privation de capacité productive et de pouvoir d’agir. Le pauvre est celui qui ne peut pas produire, négocier, anticiper, se prémunir contre le risque. Or les pays en développement ont souvent réduit la misère sans construire les structures qui rendent la prospérité irréversible. La pauvreté y est devenue une oscillation permanente au bord du gouffre où la moindre sécheresse, maladie ou dévaluation reprécipite des millions de personnes dans l’insécurité vitale.

Penser la lutte contre la pauvreté, c’est donc penser la résilience structurelle bien plus que l’aumône, et substituer à l’obsession du «combien donner», celle de «quelles capacités installer».

En effet, la pauvreté est une expropriation de l’avenir, l’impossibilité faite à un être humain de se projeter. Un État ne peut pas être réduit à un arbitre de coûts, évalué uniquement à sa capacité à satisfaire des créanciers. Il doit être stratège, visionnaire et notamment bâtisseur de conditions durables d’émancipation.

Ces conditions reposent d’abord sur des infrastructures matérielles, qui donnent accès à l’eau, à l’énergie, au logement, à la santé, au transport, au numérique et au financement ; ensuite sur des infrastructures juridiques, qui sécurisent la propriété privée, protègent les contrats en sécurisant les relations économiques (pas de corruption pour obtenir un droit, pas de lenteur judiciaire coupable…), formalisent les activités sans les étouffer et garantissent l’égalité devant les opportunités ; enfin sur des infrastructures éducatives, qui transforment l’école, la formation professionnelle, l’apprentissage technique et la culture numérique en moteur de mobilité sociale.

Vaincre la pauvreté, au fond, c’est rendre aux pauvres le temps long, et avec lui la dignité d’être les auteurs de leur histoire.

En définitive, la grande erreur de l’économie moderne aura été de croire qu’une société peut sauver ses équilibres en mutilant ceux qui ont déjà tout perdu. On peut réduire un déficit, rassurer des créanciers ; mais si cette victoire se paie par l’humiliation des pauvres, par l’effacement des visages derrière les agrégats macroéconomiques, alors ce n’est plus une politique économique, c’est une abdication morale.

Le XXIᵉ siècle ne pourra pas se contenter d’une économie qui ajuste plus vite les budgets qu’elle ne répare les destins, qui parle de soutenabilité financière en oubliant la soutenabilité humaine. Le premier devoir d’une pensée économique digne de ce siècle est donc de rendre aux pauvres ce qu’aucun modèle économique, ne devrait leur retirer, un visage, un temps et une place dans l’équation du monde.

* Economiste, banquier et financier.

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La Tunisie mise sur le marché chinois pour dynamiser son tourisme

En marge de sa participation à un salon professionnel organisé à Shanghai, le directeur général de l’Office national du tourisme tunisien (ONTT), Mohamed Mehdi Haloui, a multiplié les rencontres et visites de travail avec les principaux acteurs du secteur du voyage en Chine.

Selon un communiqué de l’ONTT, cette mission a constitué une opportunité stratégique pour renforcer la coopération avec les grandes plateformes numériques, les agences de voyages en ligne, les tour-opérateurs ainsi que les institutions académiques spécialisées dans le tourisme.

Mohamed Mehdi Haloui s’est notamment entretenu avec les représentants de plusieurs plateformes digitales de premier plan afin d’examiner les moyens de promouvoir la destination Tunisie auprès des jeunes voyageurs et des touristes indépendants, un segment en forte croissance sur le marché chinois. Les discussions ont également porté sur le développement de campagnes promotionnelles conjointes et sur l’adaptation aux nouvelles tendances du tourisme international.

Par ailleurs, des réunions ont été organisées avec d’importants tour-opérateurs chinois pour étudier le lancement de nouveaux programmes touristiques vers la Tunisie. Ces offres mettraient en valeur la richesse du patrimoine culturel tunisien, les destinations sahariennes, le tourisme balnéaire ainsi que le tourisme d’affaires.

Le directeur général de l’ONTT a également échangé avec un groupe spécialisé sur les perspectives de renforcement de la connectivité aérienne et les mécanismes susceptibles de faciliter les flux de touristes chinois vers la Tunisie.

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TAA fête ses 10 ans et les 60 ans de l’industrie automobile tunisienne

Dans une ambiance électrifiée et un décor hollywoodien, la Tunisian Automotive Association (TAA) a célébré, mercredi 3 juin 2026, dans un hôtel de la banlieue nord de Tunis, un double anniversaire marquant : les dix ans de l’association et les soixante ans de l’industrie automobile tunisienne.

Lotfi Sahli

Placée sous le thème «60 ans d’héritage – 10 ans d’accélération», cette célébration a réuni les principaux acteurs de l’écosystème automobile national et international autour d’un hommage aux femmes et aux hommes qui ont contribué à faire de cette industrie un pilier stratégique de l’économie tunisienne et un secteur résolument tourné vers les enjeux de la mobilité de demain.

Lors de la cérémonie officielle animée par Wassim Belarbi, la présidente de la TAA, Myriam Elloumi, est revenue, dans son allocution, sur le chemin parcouru par l’association et les ambitions futures de la filière.

De l’héritage à l’accélération

    Le premier temps fort, «L’Héritage», a été marqué par la projection d’un film retraçant les grandes étapes du développement de l’industrie automobile tunisienne au cours des six dernières décennies. Entre cet acte et le suivant, la cantatrice Rawaa Ben Ammar a créé une atmosphère empreinte d’émotion en interprétant ‘‘Meguiesse’’ de Zied Gharsa, offrant au public une parenthèse artistique saluée par l’assistance.

    La cérémonie s’est poursuivie avec la séquence «Accélération», consacrée aux dix années d’existence de la TAA. Après la diffusion d’un film mettant en lumière les réalisations de l’association, le président d’honneur Nabhen Bouchaala a livré un témoignage sur les étapes clés de son développement. Un échange avec la vice-présidente Lamia Fourati a permis de revenir sur les principaux accomplissements de la TAA ainsi que sur ses projets à venir.

    Le volet «Partenaires & Distinctions» a ensuite mis à l’honneur les partenaires institutionnels et internationaux ayant accompagné la TAA dans son évolution. Plusieurs trophées de reconnaissance ont été remis à cette occasion. Ce fut un moment solennel, rendant hommage à ceux qui ont contribué à l’essor de l’industrie automobile tunisienne au cours de la dernière décennie.

    A gauche : Fatma Kolsi.

    Au moment de la remise des trophées, les personnalités distinguées se sont relayées à la tribune pour adresser quelques mots à l’assistance et témoigner de la qualité des partenariats noués avec la TAA. Parmi elles figuraient Fathi Sahlaoui, représentant du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Jalel Tabib, directeur général de la Fipa, M. Felix Sarrazin, chef de projet à la GIZ, ainsi que Hildegard Müller, présidente de la VDA (Association allemande de l’industrie automobile), qui est intervenue à travers un message vidéo enregistré spécialement pour l’événement.

    Les participants ont également pu écouter les interventions de Marius Ochel, Head of Cluster International Association Partnerships Africa & India, M. Charles Aromica, directeur général de la FIEV (Fédération des industries des équipements pour véhicules), et Markus Thill, vice-président de l’AAAM (African Association of Automotive Manufacturers). Tous ont salué les avancées réalisées par la filière tunisienne, son intégration croissante dans les chaînes de valeur internationales ainsi que le rôle fédérateur joué par la TAA dans le développement de l’écosystème automobile national.

    Cette séquence de reconnaissance a été ponctuée par un intermède artistique de la cantatrice Rawaa Ben Ammar, qui a su captiver l’auditoire grâce à une prestation alliant patrimoine musical tunisien et sonorités contemporaines, contribuant à donner à la célébration une dimension à la fois institutionnelle et culturelle.

    La dernière partie de la soirée, baptisée «Le Futur», a été consacrée aux perspectives de développement du secteur. Un film prospectif a présenté les grandes transformations attendues dans les domaines de la mobilité, de l’innovation et de l’industrie automobile. Dans son discours de clôture, Mme Elloumi a souligné l’importance de poursuivre les efforts de compétitivité, d’innovation et d’intégration technologique afin de consolider la position de la Tunisie sur les chaînes de valeur mondiales.

    La cérémonie s’est achevée par un cocktail dînatoire réunissant industriels, équipementiers, investisseurs, représentants d’institutions publiques et partenaires nationaux et internationaux. Ce moment de networking a favorisé les échanges entre les figures clés du secteur et permis de célébrer, dans une ambiance conviviale, un jalon important de l’histoire de l’industrie automobile tunisienne.

    Une industrie en pleine transformation

    En marge du cocktail dînatoire, plusieurs invités m’ont confié leurs impressions sur cette célébration historique et partagé leur vision des perspectives de l’industrie automobile tunisienne.

    M. Tabib a souligné que «l’industrie automobile est aujourd’hui une véritable fierté pour la Tunisie», rappelant que les pouvoirs publics déploient d’importants efforts pour soutenir la croissance de ce secteur stratégique et renforcer son attractivité auprès des investisseurs internationaux.

    De son côté, Khelil Chaïbi, président de la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-française (CCITF), a insisté sur l’importance du cluster automobile tunisien, qu’il considère comme l’un des principaux moteurs de transformation de l’industrie nationale. Selon lui, cette dynamique constitue une opportunité majeure pour renforcer la compétitivité du tissu industriel tunisien et accélérer son intégration dans les chaînes de valeur mondiales.

    Pour M. Bouchaala, l’industrie automobile demeure l’un des leviers de croissance les plus prometteurs pour l’économie tunisienne. Tout en affichant son optimisme quant à l’avenir du secteur, il a regretté certaines périodes de ralentissement qui ont empêché l’industrie automobile tunisienne de réaliser pleinement son potentiel de développement au cours des dernières années.

    De gauche à droite: Nabhen Bouchaala, Khelil Chaïbi et Jalel Tabib.

    Quant à Fatma Kolsi, directrice générale de la TAA, elle a estimé que l’événement représente «la consécration de l’industrie automobile tunisienne», ajoutant qu’il constitue l’aboutissement d’une vision stratégique claire menée depuis plusieurs décennies. «Cette réussite offre aujourd’hui au secteur une projection audacieuse vers l’avenir et les conditions nécessaires à un essor durable», a-t-elle déclaré.

    À travers ces témoignages, un message commun s’est dégagé : l’industrie automobile tunisienne, forte de ses soixante années d’expérience et portée par une décennie d’action structurante de la TAA, dispose des atouts nécessaires pour poursuivre sa montée en puissance et relever les défis de la mobilité, de l’innovation et de la transition industrielle des prochaines années.

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    Détournement de fonds | 12 ans de prison pour un directeur d’une agence bancaire

    Un directeur d’une agence bancaire et l’un de ses subordonnés ont été reconnus coupables de détournement de fonds, et ont été condamnés à 12 ans de prison, assortis d’une amende de 300.000 dinars chacun.

    La Chambre criminelle près le Tribunal de première instance de Tunis a rendu son verdict, ce mercredi 3 juin 2026, suite à une enquête qui avait été ouverte sur plainte de la Direction générale de la banque, après un contrôle de routine rigoureux, mené par les services d’audit et d’inspection internes.

    Les inspecteurs avaient alors constaté d’importantes irrégularités dans les mouvements de comptes et les vérifications approfondies avaient rapidement révélé un déficit financier flagrant dû à des détournements successifs, pour un préjudice global dépassant les 360.000 dinars, ayant été menés par le directeur de l’agence ainsi que son proche collaborateur.

    Interpellés par les forces de l’ordre puis déférés devant la justice, les deux suspects ont été reconnus coupable par les magistrats de la Chambre criminelle.

    Y. N.

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    Poulina Group Holding : une année 2025 résiliente, 2026, 2027 et 2028 pleines de promesses !

    Réuni mardi 2 juin en son siège pour sa communication financière, Poulina Group Holding, le groupe fondé par feu Abdelwahab Ben Ayed, a dressé le bilan d’un exercice 2025 marqué par une hausse de ses indicateurs de rentabilité, l’officialisation de projets de scission industrielle et le déploiement d’investissements d’envergure dans la transition énergétique, tout en projetant une croissance moyenne de ses revenus de 4,6% par an jusqu’à l’horizon 2028.

    En guise d’introduction, le conseil d’administration du groupe écrit en caractère gras : « L’année 2025 ne doit pas être lue comme une simple succession de chiffres, mais comme le résultat d’une résilience collective. Dans un contexte complexe, nous maintenons le cap ».

    Il ressort des données présentées au cours de la communication financière que, au 31 décembre 2025, Poulina Group Holding a enregistré un montant total des produits d’exploitation de 3 569,1 millions de dinars (MDT), ce qui représente une progression de 3,0% par rapport aux 3 464,9 MDT comptabilisés en 2024. Dans le détail, les revenus issus de la vente de biens et services passent de 3 447,5 MDT en 2024 à 3 559,4 MDT en 2025, affichant une croissance de 3,2%. Parallèlement, les autres produits d’exploitation, incluant les subventions, subissent un recul de 44,6%, s’établissant à 9,7 MDT contre 17,5 MDT l’année précédente.

    Toujours selon le rapport, les achats de marchandises et d’approvisionnements consommés augmentent modérément de 1,5%, s’élevant à 2 229,5 MDT contre 2 196,7 MDT en 2024. Cette dynamique permet de dégager une marge brute de 1 329,9 MDT, en hausse de 6,3% comparativement aux 1 250,7 MDT de l’exercice précédent. Ainsi, le ratio de marge brute s’améliore de 1,1 point de pourcentage, s’établissant à 37,4% des revenus.

    Les charges opérationnelles affichent des tendances contrastées. Les charges de personnel connaissent une hausse de 15,1% pour atteindre 308,4 MDT, contre 267,9 MDT un an plus tôt. Les autres charges d’exploitation ne sont pas en reste, puisqu’elles ont augmenté de 4,2%, s’élevant à 404,1 MDT en 2025 contre 388,0 MDT en 2024. Le résultat brut d’exploitation se fixe à 627,1 MDT, traduisant une augmentation de 2,4% par rapport aux 612,4 MDT de 2024, tandis que le ratio de résultat brut d’exploitation reste stable à 17,6% contre 17,7% précédemment.

    Après constatation des dotations aux amortissements et aux provisions, qui progressent de 5,2% à 240,4 MDT, le résultat d’exploitation se stabilise à 386,7 millions de dinars tunisiens, soit une légère hausse de 0,7% sur un an par rapport aux 383,8 MDT de 2024.

    Les charges financières nettes diminuent de 10,0%, retombant à 203,0 MDT contre 225,6 MDT. Les produits des placement s’élèvent à 46,4 MDT, en hausse de 1,6%. Les autres gains et pertes ordinaires, notamment liés aux cessions d’actifs, enregistrent une perte de 7,5 MDT contre 15,6 MDT en 2024, soit une réduction du déficit de 51,9%. La dotation aux amortissements du goodwill demeure inchangée à 3,4 MDT. La part du groupe dans les résultats des sociétés hors groupe affiche une augmentation importante de 139,8%, passant de 13,9 MDT à 33,3 MDT.

    Le résultat des activités ordinaires avant impôt progresse de 27,0% pour atteindre 252,5 MDT. L’impôt sur les bénéfices, incluant la contribution sociale de solidarité, s’élève à 54,8 millions de dinars tunisiens contre 38,3 MDT. Le résultat après impôt s’établit ainsi à 197,7 MDT. Déduction faite de la part des minoritaires qui s’élève à 7,2 MDT, le résultat net consolidé de l’exercice s’élève à 204,9 MDT, contre 162,1 MDT en 2024, soit une croissance nette de 26,4%. Le ratio de résultat net ressort à 5,7% des revenus, en hausse de 1,1 point.

    Analyse sectorielle des revenus et performances à l’export

    La ventilation sectorielle des 3 559,4 MDT de revenus consolidés en 2025 montre une prépondérance des activités agroalimentaires. Ce segment génère 1 748,7 MDT, soit 42,0% des parts de l’activité du groupe. L’intégration avicole représente le deuxième pilier avec 1 148,8 MDT, soit 27,6%. Suivent le commerce et les services avec 398,9 MDT, soit 9,6% ; la transformation d’acier avec 256,6 MDT, soit 6,2% ; les matériaux de construction avec 252,7 MDT, soit 6,1% ; l’emballage avec 225,3 MDT, soit 5,4% ; le bois et les biens d’équipement avec 96,4 MDT, soit 2,3% et l’immobilier avec 33,1 MDT, soit 0,8%.

    Sur le plan géographique, le chiffre d’affaires local s’établit à 3 215 MDT en 2025, contre 3 116 MDT en 2024, représentant 90% des revenus totaux. Le chiffre d’affaires à l’exportation se monte à 344 MDT en 2025, contre 331 MDT l’année précédente, soit une part de 10%. La répartition des revenus d’exportation par secteur met en évidence le poids de la transformation d’acier, qui pèse pour 40,2% des ventes extérieures. L’agroalimentaire contribue à hauteur de 33,6%, suivi de l’intégration avicole avec 15,1%, de l’emballage avec 9,6%, des matériaux de construction avec 0,9%, du commerce et des services avec 0,6%, et enfin du bois et des biens d’équipement avec 0,1%.

    Le pôle export s’appuie principalement sur cinq filiales clés qui concentrent 82% du chiffre d’affaires réalisé à l’international. La société Medoil génère 138 MDT, soit 28,0% de l’export du groupe, suivie de MBG avec 115 MDT, soit 17,4%, de la marque PAF avec 97 MDT, soit 16,6% lié à l’activité étirable, de la société El Mazraa avec 61 MDT, soit 14,0% pour l’activité coproduit, et de Proinject avec 52 MDT, soit 8,1%. D’autres entités génèrent collectivement un flux complémentaire de 33 MDT, tandis que les opérations secondaires totalisent 3 MDT.

    Structure financière, indicateurs de bilan et cours boursier

    La dette brute globale de Poulina Group Holding s’élève à 2 303 MDT en 2025, enregistrant une baisse de 9 MDT par rapport à l’exercice précédent, un mouvement qui découle principalement de la diminution de l’encours des emprunts à long et moyen terme.

    Le ratio d’endettement net sur capitaux propres se maintient à un niveau de 1,28x en 2025, marquant une stabilité parfaite par rapport à l’année 2024. Le besoin en fonds de roulement s’inscrit dans une tendance baissière continue, affichant un recul de 3% en valeur absolue et une réduction de 6 jours d’activité en équivalent jours de chiffre d’affaires, un fait attribuable à l’allègement global des stocks.

    Au niveau boursier, la capitalisation boursière du groupe atteint 5 130,1 MDT au 1er juin 2026, date à laquelle le cours de l’action s’établit à 28,500 DT. Sur l’année 2026, la valeur de l’action a oscillé entre le niveau le plus haut enregistré à 28,500 DT et le plancher le plus bas fixé à 18,800 DT. Le rendement du dividende par rapport à la valeur de l’action s’élève à 2,43% pour l’année 2025 et se projette à 2,35% pour 2026. Sur une base de douze mois, la valeur de l’action Poulina Group Holding affiche une progression de 89,0%, surperformant l’indice Tunindex de la Bourse de Tunis dont la hausse s’établit à 56,8% sur la même période.

    Concernant la politique de distribution des bénéfices aux actionnaires, le dividende par action proposé est fixé à 0,670 DT, matérialisant une hausse de 48,9% par rapport à l’exercice précédent. De plus, une augmentation de capital par l’incorporation de réserves est engagée, prévoyant l’attribution d’une action gratuite pour un volume de 20 actions anciennes détenues.

    Développement stratégique et plan directeur des investissements

    Sur le segment de la croissance externe, le groupe a finalisé l’acquisition de 45,5% des parts du groupe JMH, une opération qui lui confère une détention indirecte équivalente à 29,8% du capital de la société SAH Lilas, spécialisée dans les produits de grande consommation. Sur le plan structurel, la direction a initié le processus préparatoire visant à réaliser un spin-off, c’est-à-dire une scission, de ses activités agroalimentaires afin d’accorder à ce pôle une gestion et une évolution financière autonomes.

    Le suivi historique des investissements matériels met en évidence une enveloppe globale de 230 millions de dinars tunisiens consommée en 2024 et de 188 MDT injectée au cours de l’année 2025. En 2025, la ventilation de ces dépenses physiques par secteur d’activité attribue 53 MDT aux matériaux de construction, soit 28% de la masse globale contre 78 MDT et 34% en 2024, et 52 MDT à l’intégration avicole, soit 28% contre 57 MDT et 25% en 2024. Le pôle commerce et services capte 35 millions de dinars tunisiens, soit 19% contre 16 MDT et 7% en 2024, l’agroalimentaire absorbe 27 MDT, soit 14% contre 65 MDT et 28% en 2024, l’emballage prend 12 MDT, soit 7% contre 11 MDT et 5% en 2024, la transformation d’acier s’établit à 5 MDT, soit 3% contre 2 MDT et 1% en 2024, et le secteur bois et biens d’équipement reçoit 3 millions de dinars tunisiens, soit 2%, contre 1 MDT en 2024. Ces dépenses englobent de manière essentielle des usines de briques, la réhabilitation de centres d’élevage, des biens mobiliers et du matériel de transport.

    Pour la période triennale s’étendant de 2026 à 2028, le plan directeur prévoit une augmentation sensible du rythme des engagements financiers. Alors que la moyenne annuelle s’établissait à 195 MDT par an sur la période historique antérieure, elle est budgétisée à un niveau moyen de 336 MDT par an pour le cycle 2026-2028. Ces fonds cibleront prioritairement les secteurs agroalimentaire, avicole, de l’emballage, ainsi que les infrastructures photovoltaïques et les nouveaux programmes industriels axés sur le polyphos.

    Le plan de développement financier à l’horizon 2028 repose sur des prévisions de croissance continue. Les revenus consolidés, établis à 3 559 MDT en 2025, sont attendus à 3 631 MDT en 2026, puis à 3 812 MDT en 2027 pour atteindre 4 079 MDT en 2028, équivalant à un taux d’évolution moyen de 4,6% sur la période 2025-2028. La marge brute suivra une trajectoire similaire, passant de 1 330 MDT en 2025 à 1 355 MDT en 2026, 1 430 MDT en 2027 et 1 537 MDT en 2028, matérialisant une progression moyenne annuelle de 4,9%. Enfin, le résultat brut d’exploitation est projeté à 638 MDT en 2026, 677 MDT en 2027 et 729 MDT en 2028, contre 627 millions de dinars tunisiens comptabilisés en 2025, soit un taux de croissance moyen de 5,1% par an.

    Reporting extra-financier sur les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance

    Au niveau environnemental, la gestion des ressources hydriques au cours de l’exercice 2025 s’est traduite par le traitement de 1 million de mètres cubes d’eau, marquant une hausse de 85% par rapport aux volumes traités en 2024. Le taux de réutilisation de l’eau atteint un niveau de 72%, à comparer avec un objectif national tunisien fixé réglementairement à 50%. En ce qui concerne la gestion des rebuts de production, le taux de valorisation et de recyclage des déchets solides s’élève à 95%, laissant un reliquat de 5% acheminé vers les décharges publiques. Par ailleurs, les filiales rattachées au métier de l’emballage ont réalisé un montant de 16 millions de dinars tunisiens d’achats de déchets recyclables.

    L’inventaire d’émissions de gaz à effet de serre a été étendu à 8 secteurs industriels en 2025, contre 7 en 2024, couvrant désormais un périmètre élargi à 231 sites ou filiales opérationnelles, comparativement à un périmètre de 44 entités auditées en 2024. Cette démarche intègre le calcul des émissions indirectes rattachées au Scope 3 et s’appuie sur le déploiement d’une plateforme numérique de collecte instantanée du bilan carbone.

    Les actions de transition énergétique menées par le groupe intègrent l’exploitation de 9 unités de cogénération développant une puissance combinée de 38,5 mégawatts, avec une cible de développement fixée à 49,5 mégawatts à l’horizon 2030.

    Le volet de l’énergie photovoltaïque comptabilise 43 sites de production dotés d’installations cumulant une puissance de 17 mégawatts-crête, pour un objectif final de 66,5 mégawatts-crête.

    Pour l’année 2025, les gains globaux consolidés atteignent une économie d’énergie chiffrée à 35 000 tonnes équivalent pétrole par an, soit une hausse de 96% par rapport à 2024, permettant d’éviter l’émission de 87 000 tonnes de dioxyde de carbone par an, ce qui représente une hausse de 95%.

    Sur le plan de la gestion du capital humain, la structure des effectifs du groupe au terme de l’exercice 2025 fait ressortir un taux de féminisation de 30%. Les politiques de stabilisation des emplois se traduisent par la conversion de 4 000 contrats de travail à durée déterminée en contrats à durée indéterminée, parallèlement à l’intégration directe et durable de 1 800 prestataires de sous-traitance.

    Les investissements matériels spécifiquement fléchés vers la protection environnementale et les infrastructures de sécurité industrielle s’élèvent à 24 MDT, représentant une part de 11,5% de l’enveloppe globale des investissements physiques du groupe. Les mesures correctives et les protocoles de prévention des risques professionnels totalisent un engagement de 3,7 MDT, corrélé à une diminution de 9% du nombre global de journées de travail perdues en raison d’accidents du travail par rapport aux données de 2024.

    Au niveau sociétal, le budget alloué aux actions d’aide sociale, aux donations diverses et aux programmes de promotion de l’éducation nationale se monte à quelques centaines de milliers de dinars.

    En matière de gouvernance interne, Poulina Group Holding a procédé à la refonte structurelle de ses activités de contrôle via la centralisation de son unité d’audit interne, désormais configurée sous la forme d’une organisation transversale unique. Les systèmes de management des risques ont intégré de manière formelle les facteurs climatiques au sein de la cartographie générale des risques du groupe, tandis que le dispositif de contrôle a été déployé opérationnellement au sein des filiales de la branche acier.

    La charte de l’employé et la création d’un département centralisé de contrôle des achats encadrent les opérations commerciales. Enfin, le groupe indique avoir renforcé son ancrage dans le tissu économique par une politique de soutien aux petites et moyennes entreprises, ces dernières représentant désormais 42% du volume global des achats de l’entreprise.

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    Ottawa veut prolonger l’accord commercial nord-américain de 16 ans

    Le Canada a officiellement informé mardi 2 juin les États-Unis et le Mexique de son intention de renouveler l’Accord de libre-échange nord-américain (AEUMC), que les trois pays doivent renégocier dans les prochaines semaines, mais la renégociation a été remise en question par le président américain Donald Trump.

    Cet accord est vital pour le Canada et le Mexique, car les États-Unis sont leur principal partenaire commercial et la destination de respectivement 75 et 80 % de leurs exportations. Dans une lettre datée du 1er juin, le ministre canadien des Relations commerciales avec les États-Unis, Dominique LeBlanc, déclare que le Canada « recommande le renouvellement pour 16 ans » de cet accord historique qui a mené à « la croissance et au succès ».

    La lettre est adressée au négociateur américain Jamieson Greer et au ministre mexicain des Finances Marcelo Ebrard. Le Canada, les États-Unis et le Mexique, parties à l’ACEUM, doivent déclarer d’ici le 1er juillet leur intention de le réviser ou de s’en retirer. L’accord est entré en vigueur en 2020.

    Le président Trump a répété à maintes reprises que l’accord n’apportait que peu d’avantages aux États-Unis et a menacé de s’en retirer, réaffirmant que l’économie américaine n’avait pas besoin de produits canadiens. Au Forum économique mondial de Davos, il a même déclaré que « le Canada vit grâce aux États-Unis »…

    De son côté, le Mexique a entamé un cycle de négociations formelles avec les États-Unis depuis le 27 mai, mais sans progrès notable jusqu’à présent.

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    Sécurité alimentaire : les banques mobilisées pour financer la récolte nationale et les importations de céréales

    Le président du Conseil bancaire et financier et des premiers responsables des banques de la place ont réitéré, mardi, leur engagement à soutenir l’ensemble des intervenants de la filière céréalière, et en particulier l’Office des céréales, en assurant la mobilisation des concours financiers nécessaires aussi bien à la collecte de la récolte nationale qu’à la couverture des besoins d’importation, selon un communiqué publié par la BCT.

    La finalité est de garantir la continuité de l’approvisionnement du marché national dans les meilleures conditions.

    Intervenant lors d’une réunion de haut niveau avec le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Fethi Nouri, les représentants du secteur bancaire ont également renouvelé leur engagement à contribuer davantage au financement de l’économie, à renforcer l’accompagnement des PME et à soutenir les efforts visant à impulser une nouvelle dynamique d’investissement et de croissance, d’après ce communiqué.

    Ils ont, à cet égard, réaffirmé leur adhésion aux orientations arrêtées lors de la réunion présidée par le gouverneur, le 6 mai 2026, visant à faire du secteur bancaire un acteur plus engagé dans le financement du développement économique et social du pays.

    De son côté, Nouri a réaffirmé l’engagement constant de la BCT à soutenir les orientations de l’État visant à renforcer la sécurité alimentaire du pays et à consolider la résilience du secteur agricole, pilier essentiel de l’économie nationale.

    Il a, dans ce cadre, réaffirmé la pleine disponibilité de la BCT à mobiliser des ressources de liquidité, afin de garantir le financement adéquat des opérations liées à la collecte et à la commercialisation des céréales.

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    PGH : un bénéfice de plus de 204 MDT en 2025

    Poulina Group Holding a réalisé en 2025 l’un de ses meilleurs exercices depuis sa création, avec un résultat net consolidé de 204,9 millions de dinars, en hausse de 26,4 %, et une trésorerie issue de l’exploitation qui atteint 472,4 millions de dinars. C’est ce qui ressort de la communication financière du groupe organisée mardi 2 juin à son siège à Ezzahra.

    Le groupe privé tunisien confirme ainsi la solidité de son modèle économique et sa capacité à générer durablement de la valeur, et ce, dans un contexte national pourtant marqué par le ralentissement de la croissance et la pression sur la consommation.

    Les capitaux propres consolidés dépassent désormais 1,25 milliard de dinars, tandis que le chiffre d’affaires progresse à 3,559 milliards de dinars. Au total, le groupe affiche une rentabilité en amélioration continue, avec un résultat d’exploitation stable à un niveau élevé de 386,7 millions de dinars.

    Au niveau de la société mère, le bénéfice net atteint 166,2 millions de dinars, contre 129,2 millions en 2024, soit une progression de 28,6 %. Les revenus s’élèvent à 186,1 millions de dinars, en hausse de 20,9 %, confirmant la dynamique positive de l’ensemble des activités.

    Une génération de cash en forte progression

    Au-delà des résultats comptables, la performance la plus marquante demeure la capacité du groupe à générer de la trésorerie. En effet, les flux de cash issus de l’exploitation progressent de plus de 22 %, un indicateur particulièrement suivi par les investisseurs, car il reflète la solidité réelle de l’activité du groupe.

    Cette performance permet à Poulina de financer simultanément ses investissements, de réduire sa dette à long terme (passée de 1,44 à 1,31 milliard de dinars) et de soutenir ses actionnaires.

    Parallèlement, les charges financières nettes reculent également, traduisant l’amélioration de la structure d’endettement.

    On y reviendra en détail.

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    Innovation numérique en Tunisie : le potentiel est là, la transformation reste à écrire

    Selon la note d’analyse « Intégration de l’IA et des technologies avancées : Analyse des trajectoires de maturité digitale en Tunisie » de l’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives (ITCEQ), publiée en mai 2026, les entreprises tunisiennes disposent d’une infrastructure numérique solide, mais peinent à la convertir en innovation réelle. Un paradoxe chiffré que l’enquête documente avec précision.

    Les données recueillies par l’ITCEQ auprès des entreprises privées tunisiennes dressent un tableau encourageant sur le plan des équipements de base. Selon l’enquête sur l’économie du savoir, 76,2 % des entreprises disposent d’un site web ou d’une page d’accueil, 72,5 % sont dotées d’outils numériques de gestion tels que les ERP et les logiciels de comptabilité, et 60 % ont recours à des plateformes collaboratives. Ces chiffres attestent d’un socle technologique réel, qui constitue le point de départ d’un processus de transformation digitale.

    L’assimilation de ces technologies varie cependant fortement selon les fonctions de l’entreprise. Elle atteint 66 % dans la gestion administrative et 62 % dans les activités de production et de vente, mais tombe à 55 % pour les ressources humaines et à seulement 43 % pour la gestion des systèmes d’information. La digitalisation des entreprises tunisiennes reste ainsi principalement tournée vers le front-office et les fonctions de soutien, au détriment des infrastructures informationnelles.

    86 % croient à l’innovation, 19 % la pratiquent

    Le constat le plus saillant de la note de l’ITCEQ réside dans l’écart entre les intentions stratégiques et les actes concrets. 86 % des entreprises interrogées estiment que les nouvelles technologies stimulent l’innovation. Pourtant, seules 19 % d’entre elles déclarent avoir effectivement réalisé au moins une innovation. Ce fossé révèle, selon le rapport, une faiblesse structurelle dans les phases de transformation et d’exploitation des connaissances acquises.

    La faible mobilisation des mécanismes publics de soutien à la recherche et développement aggrave ce tableau : seules 11 % des entreprises y ont eu recours, signalant une articulation insuffisante entre les dispositifs d’incitation publique et les stratégies des acteurs privés.

    Trois freins majeurs identifiés

    L’enquête met en évidence trois obstacles structurels qui entravent le développement de la capacité d’absorption technologique des entreprises. Le premier est financier : 70,9 % des entreprises citent l’insuffisance des ressources comme frein principal aux investissements dans les infrastructures numériques. Le deuxième est humain : 63,3 % signalent une pénurie de compétences numériques, révélatrice d’un décalage entre l’offre du marché du travail et les besoins réels des entreprises. Le troisième est culturel : 58 % des entreprises font état d’une résistance interne au changement, qui bloque l’intégration de nouvelles routines et pratiques organisationnelles.

    Ces trois contraintes conjuguées limitent, selon l’ITCEQ, la capacité des entreprises à convertir les connaissances acquises en résultats économiques mesurables, fragilisant ainsi ce que le rapport nomme la « capacité d’absorption réalisée ».

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