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CPG : La prime de l’Aïd paralyse la production à Métlaoui et Mdhilla

Un nouveau mouvement social perturbe l’activité de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG). Depuis mardi soir, des agents et ouvriers des sites de Métlaoui et Mdhilla observent une grève ouverte, provoquant l’arrêt de la production dans plusieurs carrières et unités de lavage. À l’origine de cette mobilisation : la contestation autour de la prime de l’Aïd al-Adha versée par la direction de l’entreprise.

Selon des sources syndicales locales, les protestataires dénoncent surtout l’absence de concertation avec le partenaire social. La syndicaliste Rim Hilal a affirmé que, les années précédentes, la direction de la CPG coordonnait avec les représentants des travailleurs concernant les primes de l’Aïd, les avances sur salaires et diverses allocations sociales. Cette année, la décision aurait été prise de manière unilatérale, alimentant un climat de tension déjà latent, rapporte Express FM.

Plusieurs revendications sociales restent sans réponse

Les grévistes estiment également que plusieurs revendications sociales restent sans réponse, notamment en matière de dialogue interne et d’application des accords conclus auparavant. Le mouvement a entraîné un arrêt du travail dans des installations stratégiques du bassin minier, un secteur clé pour les exportations tunisiennes.

Cette nouvelle crise sociale intervient alors que la CPG traverse une période particulièrement sensible. Depuis plusieurs mois, la compagnie est confrontée à des mouvements de protestation récurrents liés aux primes, aux crédits sociaux et aux conditions de travail. En février dernier déjà, des grèves avaient touché plusieurs unités de production à Redeyef, Métlaoui, Mdhilla et Oum Larayes pour réclamer le versement de primes et d’avantages sociaux en retard.

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Ces perturbations interviennent surtout au moment où l’État tente de relancer un secteur considéré historiquement comme l’un des piliers de l’économie tunisienne. Avant 2011, la Tunisie produisait près de 8 millions de tonnes de phosphate par an et le secteur représentait environ 10 % des exportations nationales ainsi que 4 % du PIB. La Compagnie des phosphates de Gafsa figurait alors parmi les cinq plus grands producteurs mondiaux.

Sit-in et problèmes logistiques

Depuis la révolution, la production a fortement chuté sous l’effet des grèves, des sit-in, des problèmes logistiques et du vieillissement des équipements. En 2024, la production tunisienne de phosphate brut s’est limitée à environ 3,28 millions de tonnes, contre plus de 7,4 millions de tonnes en 2010.

La CPG affirme néanmoins vouloir accélérer la relance. Pour 2025, l’entreprise ambitionne d’atteindre entre 5 et 5,3 millions de tonnes de phosphate commercial grâce à la modernisation des équipements et à l’amélioration des capacités de lavage et de transport. Au premier trimestre 2025, la production aurait déjà progressé de 18 % par rapport à la même période de l’année précédente, atteignant environ 825 mille tonnes.

Les autorités tunisiennes misent fortement sur cette reprise pour améliorer les recettes en devises. Selon des données relayées par l’INS, les exportations de phosphates et dérivés ont rebondi de 15 % en 2025 après une forte contraction en 2024. Le gouvernement considère désormais ce secteur comme un levier stratégique pour réduire le déficit commercial et compenser la baisse attendue d’autres ressources d’exportation, notamment l’huile d’olive.

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Mais sur le terrain, les tensions sociales continuent de freiner les ambitions de redressement. Des experts rappellent qu’un seul jour d’arrêt dans les unités minières nécessite souvent plusieurs jours pour rétablir le rythme normal de production, notamment à cause des contraintes techniques et logistiques liées au transport du minerai.

Les prix mondiaux du phosphate restent élevés

La situation est d’autant plus sensible que les prix mondiaux du phosphate restent élevés. Selon plusieurs analyses économiques publiées récemment, la Tunisie pourrait générer plusieurs milliards de dollars supplémentaires si elle retrouvait ses niveaux historiques de production. Certains spécialistes estiment même que le pays pourrait dépasser les 10 millions de tonnes par an à moyen terme si les blocages sociaux et logistiques étaient résolus.

Pour l’heure, aucune annonce officielle n’a été faite concernant l’ouverture de nouvelles négociations entre la direction de la CPG et les représentants syndicaux afin de mettre fin à la grève.

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Tunisie : 153 millions de dinars pour moderniser les lignes de chemin de fer du phosphate

La commission des finances et du budget a entendu, lundi 9 mars 2026, le ministre du Transport et son équipe au sujet d’un projet de loi portant approbation d’un accord de prêt entre la Tunisie et le Fonds arabe de développement économique et social.

Le projet de loi se limite à un article unique autorisant la signature de cet accord d’un montant de 16 millions de dinars koweïtiens, soit environ 153 millions de dinars tunisiens, à un taux d’intérêt annuel de 3,75 % sur une durée de remboursement de 30 ans. Ce prêt contribuera au financement de la modernisation et du développement des lignes ferroviaires dédiées au transport du phosphate.

L’achèvement de la ligne 21

Selon le ministère du Transport, le financement sera principalement alloué à l’achèvement de la ligne 21, reliant les gouvernorats de Gabès et Gafsa sur 129 km, dans le cadre d’un projet plus vaste de 190,5 km répartis entre Sfax, Gabès et Gafsa, estimé à 500 millions de dinars tunisiens.

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Le ministre du Transport a rappelé que le réseau ferroviaire tunisien, qui s’étend sur 25 lignes à travers le pays, est largement vétuste. Certaines lignes, notamment celles dédiées au transport du phosphate sur 435 km dans le sud du pays, n’ont pas bénéficié d’entretien depuis les années 1980. Parmi elles, 190 km constituent une priorité pour le projet de modernisation.

Sécuriser et moderniser les infrastructures ferroviaires

Ce financement s’inscrit donc dans une stratégie visant à sécuriser et moderniser les infrastructures ferroviaires, essentielles pour le transport du phosphate et le développement économique des régions concernées.

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