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Le PSG, outil du soft power du Qatar

Le Paris Saint-Germain (PSG) est à nouveau champion d’Europe. Une victoire sportive pour la capitale française, mais aussi une victoire pour le soft power de son propriétaire étatique : le Qatar. Sa stratégie d’investissement et de communication autour du PSG s’inscrit elle-même dans une stratégie de diplomatie par le sport. Celle-ci est un succès incontestable et représente un atout non négligeable au moment où la monarchie du Golfe vit une période sous tension et au rythme de la guerre en Iran.

 

Sport, football et Soft power

Qu’il s’agisse d’un moyen ou d’une finalité, la puissance n’est pas réductible au déterminant traditionnel de la force militaire. La notion de soft power théorisée par J. Nye (devenue extrêmement populaire au tournant des années 2000) traduit ainsi l’idée de pouvoir atteindre ses objectifs, sans recours à la force, par la « capacité à séduire ».

En tant que pratique internationale, le soft power inclut divers types de stratégies d’influence, dont la rétribution et la persuasion/séduction.

 

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Le soft power, tel que décrit par Joseph Nye, ne se confond pas avec la propagande, le lobbying et la « diplomatie publique », qui vise à convaincre du caractère fondé et juste de sa politique étrangère à travers la construction et la propagation d’un narratif. Les stratégies d’influence illustrent la sophistication et la multiplication des vecteurs de puissance.

Qu’il s’agisse d’un moyen ou d’une finalité, la puissance n’est pas réductible au déterminant traditionnel de la force militaire. La puissance internationale est le produit d’une combinaison complexe de critères, de facteurs, de déterminants ou de (res)sources, à la nature protéiforme.

Parmi les principaux vecteurs du soft power, il y a la culture, le droit, l’innovation technologique, la langue, mais aussi le sport. Celui-ci représente à la fois un marché économique florissant et un outil d’influence, comme en témoigne l’enjeu de l’organisation de grandes compétitions sportives internationales.

Le football, avec son caractère populaire et universel, est au cœur de ce phénomène. La prochaine Coupe du monde aux Etats-Unis sera un moment géopolitique qui risque d’illustrer le déclin de la capacité d’attraction et de séduction des Etats-Unis présidés par D. Trump.

 

Le PSG, outil de soft power du Qatar

En 2011, l’achat du PSG par le fonds souverain du Qatar (via sa filiale Qatar Sports Investments – QSI) s’inscrit dans la stratégie d’investissement délibérée du micro-Etat, où le sport joue un rôle croissant dans la stratégie d’influence. Une opération qui marque un tournant pour le club de football de la capitale française (opération dans laquelle le président Sarkozy a joué un rôle décisif) et pour le soft power de la monarchie du Golfe. Le montant de la transaction n’est pas officiel, mais les estimations varient entre 70 et 100 millions d’euros. Aujourd’hui, la valeur du club est estimée à 4,25 milliards d’euros. Une explosion de la valorisation du club qui témoigne de la réussite économique de cet investissement, qui prolonge ainsi la réussite sportive de ce projet.

Les victoires du PSG et la qualité de son jeu spectaculaire représentent autant de valeurs ajoutées pour l’image internationale, symbolique et médiatique du Qatar, qui se trouve désormais associée à la réussite et à l’attrait du club de la capitale emblématique du luxe mondial. Le Qatar est désormais ancré dans l’imaginaire collectif, dans le monde arabe comme dans le monde occidental. Et son image ne cesse de s’améliorer, au moment où des puissances de la région, on pense à Israël en particulier, cèdent à l’hubris et à la seule force, voient leur image mondiale plus négative que jamais…

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Snapshot : Une porte bien mystérieuse qui cachait une ambassade

Cette porte est celle de la chancellerie de l’ancienne ambassade d’Italie. Elle se trouve rue de Russie, pratiquement en face des anciennes imprimeries Finzi.

Sur le chemin des écoliers, je suis passé des milliers de fois devant cette porte puis, juste à quelques pas, je me suis toujours arrêté devant les marches monumentales qui permettent d’accéder à l’ambassade.

J’ai souvent observé cette porte. À quel ébéniste fût-elle confiée et de quel bois est-elle faite ? Parfois, je la voyais s’entrouvrir et se refermer aussitôt derrière un visiteur.

Mes yeux se sont toujours posés sur la sculpture qui surmonte cette porte. Et aussi sur le treillis en fer forgé qui la coiffe. Aujourd’hui encore, lorsque je passe dans ce quartier, j’ai le même regard sur cette porte.

Mystérieuse, elle semble immobile, figée dans le bois et hors du temps. Et même si l’ambassade a déménagé depuis longtemps, cette porte m’intrigue toujours.

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Snapshot : Si Sbeitla réveillait son théâtre antique

Au sud de Kairouan, au cœur de la steppe, Sbeitla se souvient encore de l’Antiquité, au temps de Sufetula, ses capitoles et ses basiliques byzantines.

Dans le site antique de cette ville du centre-ouest de la Tunisie, un théâtre somnole. Il semble rêver à ceux de Carthage et de Dougga qui accueillent des festivals internationaux réputés. Il semble attendre une initiative qui le sortirait de l’oubli et rétablirait la joie.

Délaissé, accueillant de rares manifestations culturelles, ce théâtre pourrait constituer une chance rare pour Sbeitla. Pour l’heure, il attend et peut-être songe-t-il à un destin similaire à celui de l’amphithéâtre d’El Djem devenu l’épicentre de toute une ville.

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Snapshot : Dans l’église Saint-Joseph de Djerba

L’église catholique Saint-Joseph se trouve à Houmt Souk au nord de l’île de Djerba. L’origine de cette paroisse remonte au milieu du dix-neuvième siècle.

Entouré de fondouks et de commerces, cette église a été fondée à l’initiative de plusieurs membres de la forte communauté maltaise qui vivait à Djerba.

Fermée pendant un demi-siècle, cette église a été reconsacrée en 2006 et depuis, accueille de nombreux fidèles de plusieurs nationalités. À Saint-Joseph, protestants et catholiques se rassemblent fréquemment dans cette église.

Dans le temps, l’actuelle église Saint-Joseph a été dédiée à Sainte-Lucie et aussi à Pierre et Paul. Aujourd’hui, elle constitue la principale église catholique dans le sud de la Tunisie.

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Siciliens, Italiens et Tunisiens : Les passions de Rosario et Maria Claudia

Ils sont mari et femme et sont nés dans des familles d’origine sicilienne qui vivent en Tunisie depuis presque deux siècles. Attachants, dévoués et profondément Tunisiens, Rosario et Maria Claudia ont grandi dans les campagnes à El Fahs et Bouargoub.

Rosario, une passion pour le fromage

Ce n’est pas un hasard si Rosario Sabatino avoue une passion pour le fromage. Enfant, dans la ferme familiale du Pont du Fahs, il a grandi alors que les soixante-dix vaches du domaine paissaient dans les près.

Rosario a ainsi vu de près, les cent et un gestes qui faisaient du lait frais naître le fromage. Aujourd’hui encore, retrouvant les mêmes secrets ancestraux, il laisse mûrir de bons fromages de chèvre qu’il débite en fines tranches ou qu’il râpe au-dessus d’un bon plat de pâtes fraîches.

Le grand-père de Rosario a quitté Petralia Soprana, dans sa Sicile natale, au milieu du dix-neuvième siècle. Il est arrivé en Tunisie à l’âge de vingt ans et avait immédiatement trouvé du travail dans une ferme près de Zaghouan.

Dans la mémoire familiale, on parle encore du travail considérable qu’il avait fallu pour débroussailler et défricher la terre. En ces années héroïques, le nonno de Rosario commença à vendre du charbon et gravira l’une après l’autre, les servitudes d’une vie paysanne.

Giuseppe, le père de Rosario, travaillera aussi à la ferme. Il épousera Angela Crescione, originaire de Syracuse et née en Tunisie. Depuis sa naissance en août 1945, Rosario n’a connu que les vastes étendues des plaines du Fahs, là où de nombreuses familles siciliennes étaient établies à l’ombre du Djebel Zaghouan.

Les aléas de la vie mèneront Rosario en Italie mais, nostalgique du pays natal, il reviendra en Tunisie où depuis près de vingt ans, il vit avec son épouse Maria Franco, originaire de Pantelleria et comme lui et leurs familles depuis plusieurs générations, née en Tunisie.

Retraité et toujours actif, le couple partage son expérience en animant des ateliers de recyclage destinés à fabriquer des objets du quotidien à partir de produits récupérés. Auprès des familles vulnérables de la Goulette, en communion permanente, Maria et Rosario donnent ainsi de leur temps, leur savoir-faire et leur vécu à un pays pour lequel leur cœur vibrera toujours.

La baraka de Maria Claudia Franco

Les trois sœurs de Maria Claudia Franco sont nées à Pantelleria et ont rejoint la Tunisie avec leurs parents. Toute la famille s’est retrouvée à Bouargoub, entre vignes et oliviers, dans un vaste domaine dont Giovanni-Batista Franco, le père de Maria Claudia était le gérant.

Née à Tunis où sa mère Francesca Gabriele, est venue accoucher, Maria Claudia a grandi à la ferme Palte où son père dirigeait plus d’une centaine d’ouvriers. Elle a gardé de son enfance de vibrants souvenirs et des amitiés solides comme celle qui la lie à Aicha, une fillette de métayers.

Maria Claudia se souvient de tant d’épisodes de sa vie à la ferme, en particulier de la baraka dont elle a hérité de sa mère qui n’hésitait jamais à recueillir et nourrir nomades et migrants. Cette baraka, elle l’accompagne depuis, comme une auréole qu’elle cultive.

Maria Claudia a longtemps vécu dans cette ferme qu’elle quittera en 1965 comme beaucoup de familles italiennes, obligées de partir après le décret de nationalisation des terres agricoles. Avec son époux Rosario Sabatino, elle ne reviendra en Tunisie qu’après le tournant du nouveau siècle.

Entre temps, ses parents sont décédés et seule une de ses sœurs a survécu : elle vit aujourd’hui à Aprilia, non loin de Rome. Le reste de la famille s’est éparpillé entre Sicile et Italie, certains choisissant même d’émigrer en Argentine.

Depuis trois ans, Maria Claudia anime un atelier solidaire dédié à la couture. Entourée de son mari et d’une dizaine de jeunes femmes de la Goulette, elle partage son savoir-faire de couturière.

Parfait cordon bleu, Maria Claudia n’a pas son pareil à la cuisine. Ses pâtes fraîches à la sauce bolognaise et ses tartes sucrées ont été plébiscitées par tout l’atelier. Ayant eu sa grand-mère Nunzia Franco pour initiatrice, Maria Claudia revit en cuisine, des souvenirs lointains.

Peut-être s’évade-t-elle alors entre Pantelleria et Bouargoub, les deux pôles de sa vie, ou bien entre Tunis et la Goulette, aujourd’hui devenus ses lieux de vie et de travail ?

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Nostalgies : Cette porte qui cache le paradis des Siciliens de Lafayette

Que de fois n’ai-je remonté la rue du Ghana jusqu’à cette porte ! Un large portail à deux battants, une porte dont cinquante ans plus tard, les couleurs sont inchangées.

Nous venions jusqu’ici pour suivre des yeux, d’homériques parties de pétanque quand de toutes parts, les boules fusaient pour se frotter au cochonnet.

Passé le portail, une maison communautaire accueillait les visiteurs qui s’égayaient dans le vaste jardin à l’ombre des palmiers et d’immenses bougainvilliers multicolores.

Entre les boules, la bière et le pastis, des heures claires s’écoulaient, avec souvent les cris de joie des vainqueurs qui interrompaient les dames jouant aux cartes, les zia tout à leurs aiguilles de tricot et les nonna qui veillaient au grain.

Maintes fois, je repasse devant ce portail anonyme qui bruisse de mémoires italiennes, qui me rappelle la famille Spina dont j’accompagnais les enfants et leurs amis parmi les Vacarella, les Maglito et d’autres encore qui se souviennent de ce paradis sicilien distrait aux regards des passants de l’ancienne avenue Gambetta.

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Snapshot : Ceux qui ont arraché les ficus n’ont jamais remonté l’avenue

Sans ses ficus centenaires, l’avenue Bourguiba ressemblerait à ces mornes allées qui traversent les grands axes des Berges du Lac ou des Jardins de Carthage.

Non seulement ces ficus donnent son identité à notre avenue centrale mais, l’été venu, ils donnent leur ombre généreuse aux passants.

Seulement, il y a un quart de siècle, lors des travaux d’embellissement de l’avenue, le choix a été fait d’arracher deux rangées de ficus afin d’élargir l’allée centrale.

Des passants privés d’ombre

Chaque année, dès le retour des beaux jours, le manque de pertinence de ce choix se fait ressentir. On peut aisément le constater en observant les déambulations des passants en quête d’ombre.

Comme quoi, il est probable que ceux qui ont pris cette décision ont rarement remonté l’avenue à pied lorsque le soleil darde ses rayons.

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Snapshot : Les jacarandas en fleurs sur les avenues de Tunis

La floraison des jacarandas donne aux avenues de Tunis une beauté subtile qu’il convient de savourer à sa juste mesure.

Avec leur couleur mauve pâle et leurs bouquets touffus, ces fleurs ornent les arbres de plusieurs avenues, en particulier les axes gigognes des avenues de Carthage et de Paris.

Cette floraison ne durera que quelques jours et fait le bonheur des photographes et des passants. Dommage que manquent à l’appel plusieurs arbres sectionnés par des mains coupables et inconscientes.

Ainsi au milieu de l’exubérance florale, plusieurs moignons de troncs parsèment nos avenues et en disent long sur nos incuries.

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Patrimoine : Avec Dar Badia et Dar Lahbib, c’est la médina de Sousse qui renaît

Dans les quartiers de la mosquée hanéfite, de Sabbat Dhalma et Sidi Bouraoui, plusieurs anciennes demeures sont en train de renaître sous la houlette de Omar Belhouane.

Longtemps délaissées, ces maisons traditionnelles retrouvent leur splendeur passée et accueillent désormais une nouvelle clientèle touristique.

Restaurées en profondeur, rénovées de manière judicieuse, Dar Lahbib et Dar Badia désenclavent tout un quartier de Sousse et de plus, mettent en valeur un patrimoine oublié.

D’autres initiatives sont à venir qui devraient rendre à la médina de Sousse tout son charme et sa vocation touristique.

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Mémoire sportive : Qui est l’architecte du stade olympique de Radés ?

Édifié entre 1998 et 2001, le stade olympique de Radés aura un quart de siècle le 6 juillet prochain. En effet, cette arène sportive qui porte désormais le nom de Hamadi Agrebi a été inaugurée le 6 juillet 2021, peu avant les Jeux méditerranéens de Tunis.

Ce stade d’une capacité de 65.000 places a été conçu par l’architecte néerlandais Rob Schuurman ( 1938 – 2019 ). Ce dernier n’est autre que le concepteur de l’Amsterdam Arena qui porte aujourd’hui le nom de Johann Cruyf.

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Snapshot : L’atelier mythique d’Ivo Salerno

Je ne sais comment ni pourquoi, je reviens toujours à la menuiserie d’Ivo Salerno. Son empreinte est perceptible, le désordre dans le magasin est le même et l’ombre vive d’Ivo plane sur les lieux.

Comment raconter un ami, un repère, un trésor humain ? Devant la porte de son atelier, une vie se cache dans le dédale. Je regarde au fond, dans les planches et les machines, la sciure et le vernis, la Sicile et nos quartiers.

Qui se souvient d’Yvo Salerno et de tous les Salerno, les Di Trapani, les Santonocito ? Qui se souvient des menuisiers italiens et des chefs d’œuvre qui naissaient de leurs mains ? Qui reconnaît les portes palermitaines au fil des rues de Tunis ?

La porte de l’atelier d’Yvo ne dit rien, ne répond pas, mais par-delà les siècles ou les décennies, elle ouvre sur la Sicile. Elle est ma porte de Sicile au cœur de la médina de Tunis, elle est ouverte sur des mains qui ont construit tant de villes, sur des femmes et des hommes pour lesquels la Tunisie était le seul horizon.

Cette porte signifie tant pour moi. Peut-être ouvre-t-elle à rebours, vers les quartiers siciliens où qu’ils soient, nés des mains de la signora Fasciotti ou des espoirs goulettois ou soussiens des enfants de Sicile ? Peut-être ouvre-t-elle simplement sur ce qu’Yvo nous a légué ?

Je marche dans le dédale et je reconnais une porte toujours ouverte, une porte bleue, du travail en cours et tant d’âmes qui sont Tunis, ses scories et ses marais, ses chapelles et ses ruelles, ses Arabes et ses Siciliens, ses Tunisiens tout court.

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Snapshot – Tunis : La beauté frémissante de Souk El Blat

Les devantures des échoppes de Souk El Blat sont à nulles autres pareilles. Ornées d’herbes médicinales en train de sécher, ces repaires d’apothicaires traditionnels fleurent bon la madeleine de Proust et les remèdes de rebouteux.

Se promener dans le souk des herboristes permet de se ressourcer au diapason des médecines douces, des encens et de quelques superstitions vivaces. Les sens en éveil et le regard frémissant, on arpente le pavé de ces souks comme on remonterait le temps.

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Cinq ans après : Jean Fontaine dans nos mémoires

Décédé le 1er mai 2021, Jean Fontaine a laissé une trace vive dans son sillage. Auteur de nombreux ouvrages, il a autant travaillé sur la littérature tunisienne qu’autour des notions d’humanisme et de partage interculturel.

Son travail de fond a consisté en des recensions systématiques de la littérature tunisienne. Cette recherche méthodique menée depuis des décennies l’a naturellement mené à réaliser une anthologie de la littérature tunisienne à travers les époques.

Père blanc, versé dans l’étude de la langue et de la littérature arabe, Jean Fontaine qui est né en 1936, est également l’auteur de plusieurs livres plus personnels, ayant trait à ses rencontres humaines et spirituelles en Tunisie, pays où il repose désormais.

Cinq ans après sa disparition lors de la pandémie du coronavirus, Jean Fontaine reste dans toutes les mémoires et demeure présent à la Foire internationale du livre de Tunis où ses ouvrages sont toujours très demandés.

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Snapshot : Joueurs de dames à la Hafsia

En flânant dans la médina de Tunis, je rencontre toujours les mêmes joueurs de dames qui, ponctuels, s’installent à la rue Lagha, à la confluence de plusieurs boutiques des friperies de la Hafsia.

Plongés dans le jeu, entourés de spectateurs qui commentent à haute voix les mouvements des dames, les deux protagonistes sont plongés dans leur partie et font corps avec le jeu.

Les maîtres du recyclage

Ici, tout est recyclé : une planche de fortune a été repeinte avec le nombre de cases qu’il faut et des capsules en plastique servent de pièces.

Tout est aussi concentration puisque les deux joueurs, avant chaque geste, prennent leur temps à la manière des grands maîtres internationaux.

Un simple jeu devient une véritable cérémonie et aussi un spectacle de rue que j’admire toujours avec l’impression de goûter à mes propres madeleines.

Une cérémonie et plein de madeleines

Car ces joueurs de dames me renvoient au temps lointain de l’enfance lorsque nous utilisions les mêmes damiers avec des capsules de boissons gazeuses qui étaient placées à l’endroit et à l’envers sur nos planches tout aussi rudimentaires.

Et l’attroupement qui se forme inéluctablement évoque en moi les petites foules qui entouraient et encourageaient les joueurs de flipper ou de baby-foot.

Images d’Épinal locales surgies au coin d’une rue, ces rencontres impromptues disent beaucoup de nous et à leur manière, mesurent le temps qui passe.

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Snapshot – Carthage : A la tronçonneuse pour les arbres

Dans plusieurs quartiers de Carthage, les eucalyptus et d’autres arbres viennent de subir le passage de tronçonneuses qui ne font pas de détail.

Au lieu d’être harmonieusement élagués, les arbres ont été défigurés, dépouillés de leurs branches, presque dénudés. Les riverains en sont pour leurs frais et sont surpris par cette frénésie municipale. Certains ont même évoqué que le bois ainsi collecté serait mis en vente.

En attendant les explications municipales, l’ombre est devenue rare dans les quartiers concernés alors que les arbres heureusement vont peu à peu repousser.

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Snapshot : Andalouse et austère, la mosquée Al Ichbilli rayonne sur Souk El Blat

Fondée au dixième siècle puis remaniée par les Andalous arrivés à Tunis, la mosquée Al Ichbilli porte bien son nom : le patronyme d’un Sévillan désigné par sa ville d’origine.

Ce sont en effet les Andalous qui ont rehaussé ce sanctuaire qui se trouve à l’angle de la rue du Trésor et de Souk El Blat, le marché des herboristes.

D’aspect austère, cette mosquée conjugue son identité historique et un caractère d’oratoire desservant plusieurs quartiers andalous de la médina de Tunis.

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Snapshot – La Marsa : Et maintenant  c’est le Saf Saf qu’on défigure

Est-ce logique de continuer à défigurer la petite place du Saf Saf ? Désormais, ce cœur névralgique de la convivialité marsoise est littéralement occupé par des kiosques qui poussent comme des champignons.

C’est au détriment du tourisme local et de l’identité la plus élémentaire de la ville balnéaire de la Marsa que cette déroute de l’espace public se poursuit.

Malgré les protestations des riverains, malgré le bon sens, on construit là où le patrimoine immatériel devrait être préservé. C’est tout un art de vivre et l’image de marque d’une ville qui sont menacés par les coups de boutoir d’un incivisme d’autant plus pernicieux qu’il se drape dans des oripeaux mensongers.

Est-ce ainsi que nous maltraitons notre espace public ? Est-ce que la notion de légalité qui est ainsi défendue ? Pourquoi défigurer un patrimoine pour quelques fricassés de plus ?

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Il est triste de constater la dérive programmée de toute une banlieue nord qui, de la Marsa à Sidi Bou Said, est défaite par la connivence du commerce informel et de l’urbanisme insensé.

Notre photo montre la dernière  » bicoque  » à avoir surgi sur la place du Saf Saf au mépris de l’équilibre urbain, du respect mutuel et du bon sens le plus élémentaire.

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Snapshot : Devant l’école de Bhar Lazreg, un sacrilège qui s’assume

Depuis plusieurs semaines, des vandales ordinaires souillent le seuil d’une école en jettant leurs poubelles en face de la porte d’entrée de l’établissement scolaire.

Comme une benne à ordures se trouve à proximité, il devient évident que ces actes sont prémédités et visent le savoir ainsi que les écoliers.

Il y a quelques jours, un panneau rudimentaire a été placé pour signifier et souligner l’interdiction de jeter des déchets. Le panneau a été arraché et ce manège sacrilège continue comme pour nous dire que les pollueurs gagnent toujours et ne respectent même pas les enfants et leur école.

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Snapshot – Tunis : Les façades fanées de la rue Boukhris

Au tournant du vingtième siècle, plusieurs maisons bourgeoises sont nées à la rue Boukhris, entre le Morkadh, la Rahba et Ras Eddarb.

À l’époque, ces demeures offraient un modèle architectural novateur en dessinant des façades inspirées de la mode des Arabisances.

Des façades à préserver dans tout le quartier

Relativement fanées, nécessitant une stratégie de restauration, ces demeures appartiennent toujours à des familles de la bourgeoisie tunisoise.

Certaines, dans le quartier, accueillent désormais des maisons d’hôtes. D’autres attendent une rénovation qui pourrait leur rendre leur lustre perdu.

En tout état de cause, ces façades ne laissent pas indifférent et, alors que le Mois du Patrimoine est dédié à l’architecture, elles mériteraient une réflexion collective sur leur importance patrimoniale.

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Humeur : Le blues des connectés face aux flux impétueux

Quelques mots entre humeur du moment et état d’âme. Je suis assis avec dans les parages immédiats, un canari qui module ses trilles et une grosse mouche qui bourdonne autour de moi.
Devant moi, une feuille pour écrire et un calendrier. Et entre mes mains, un téléphone mobile et un smartphone.

La sarabande des appels

Le téléphone vient de sonner pour une conversation de trois minutes durant laquelle deux appels entrants ont été enregistrés. À peine, je raccroche et me voici qui décroche pour deux appels au cours desquels d’autres bip viennent s’immiscer comme dans une spirale.
Entre temps, sur le smartphone, ça sautille dans tous les sens avec des interactions sur Facebook, Messenger, Whatsapp, Skype et consorts. Je jongle entre des pages professionnelles et mon propre profil et la course continue toute la sainte journée.

Ces puces qui sautillant dans tous les sens

Cerise sur le gâteau, on me demande parfois de rejoindre une réunion zoom y compris en me demandant d’adopter d’autres applications comme Meet ou Teams. Ceci dit, comme un télex muet, mon mail ne cesse pas de crépiter in petto et ajoute une couche supplémentaire à ce blitz quotidien.
N’ayant d’autre choix que d’être branché, je commence à ressentir le poids extrêmement déroutant de mon univers virtuel. Au point où j’en regrette parfois le temps où je n’avais même pas le téléphone à la maison ni d’ailleurs un téléviseur.

Digne des travaux d’Hercule

Si j’écris ces quelques lignes, c’est un peu pour exprimer un ras-le-bol et demander à mes amis si eux aussi, subissent ce pilonnage perpétuel qui empêche de se concentrer sur quoi que ce soit. Il faudrait vraiment un Hercule pour maîtriser ce flux impétueux !

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