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Sidi Ould Tah : « La BAD sera la banque de solutions de l’Afrique » 

« La Banque africaine de développement (BAD) restera le partenaire de premier plan de ses pays membres et sera la banque de solutions de l’Afrique ». C’e sont là les propos du président du Groupe de la BAD, Sidi Ould Tah, prononcés lors de la cérémonie de clôture des Assemblées annuelles de la Banque, organisées du 25 au 29 mai 2026 à Brazzaville (République du Congo).

« Notre ambition à la BAD est de devenir une banque très audacieuse, plus innovante, plus agile et plus proche des populations, une banque qui place l’emploi des jeunes et l’autonomisation de la femme au centre de son action et de devenir de véritable levier de transformation structurelle de l’Afrique et l’outil le plus privilégié de son intégration économique », a-t-il appuyé. « Nous allons intensifier notre coopération pour cibler des priorités absolues telles que l’autonomisation de la femme, l’emploi des jeunes, le soutien des Petites et moyennes entreprises (PME) et l’accès universel aux services essentiels ».

D’après le président de l’institution financière panafricaine, le développement ne se conçoit pas dans les bureaux et dans les salles de réunions mais au cœur des communités avec celle et ceux qui agissent tous les jours sur le terrain avec l’accompagnement de la société civile et la Diaspora.

L’Angola décaisse 6,5 millions d’euros en faveur du FAD

Il a annoncé par ailleurs la décision de la République de l’Angola relative à la contribution à hauteur de 6,5 millions d’euros à la dix-septième reconstitution du Fonds africain de développement (FAD-17). Cette contribution a-t-il dit porte désormais à 25 le nombre des Etats africains engagés dans le financement du FAD-17 pour un montant global dépassant 190 millions de dollars.

De son côté, le président du Conseil des gouverneurs représentant les pays membres du Groupe de la BAD, Ludovic Ngatse, a mis l’accent sur la nécessité du changement de la trajectoire de développement, faisant savoir que le conseil a approuvé et encouragé la mise en place des quatre points cardinaux pour renforcer la capacité de l’influence et d’impact de l’Afrique.

Il a souligné que les assemblées ne doivent pas être considérées comme un simple rendez-vous institutionnel de plus gravé dans le calendrier mais plutôt comme un moment de vérité et de responsabilité face aux urgences qu’ils s’agissent de déficit de financement, de défis climatiques, de la transformation structurelle de l’économie ou de l’urgence de la création d’emplois décents pour les jeunes et les femmes.

« L’Afrique prouve chaque jour qu’elle ne manque ni de potentiel ni d’ambitions mais plutôt la culture de l’exécution et de l’impact », a-t-il avancé. Les orientations de Brazzaville devraient être immédiatement traduites en capital accessible, en infrastructures transformatrices et en progrès tangibles pour les populations africaines, a-t-il appuyé.

3 000 personnes et 81 pays…

A rappeler que les Assemblées annuelles sont l’événement statutaire le plus important de la BAD. Cette année, plus de 3 000 personnes prennent part à cet événement à Brazzaville, à savoir les dirigeants et les responsables politiques et économiques des 81 pays membres de l’institution, des responsables d’institutions financières et de développement, des groupes de réflexion, de la société civile, du secteur privé, des universitaires et des leaders d’opinion.

Placée sous le thème « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté », les assemblées annuelles 2026 sont les premières pour Sidi Ould Tah, qui a pris ses fonctions en tant que neuvième président du Groupe de la Banque africaine de développement en septembre 2025.

La vision stratégique d’Ould Tah porte sur quatre points cardinaux. Il s’agit de l’amélioration de l’accès au capital (mobiliser les ressources financières de l’Afrique) et la réforme et la consolidation des systèmes financiers, des institutions et des talents du continent pour affirmer l’action mondiale de l’Afrique.

Les troisième et quatrième points portent sur l’exploitation de la transformation démographique pour le développement économique et la construction des infrastructures résilientes au climat et une forte valeur ajoutée aux ressources naturelles.

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Investissements agricoles : 10,8 millions de dinars approuvés par l’APIA

Des projets d’investissement d’un montant total de 10,8 millions de dinars ont été approuvés vendredi dans les secteurs de l’agriculture et de la pêche par le Comité national d’octroi des avantages relevant de l’Agence de Promotion des Investissements Agricoles (APIA).

Ces projets, validés lors de la cinquième réunion du comité pour l’année 2026, seront réalisés dans les gouvernorats de Mahdia, Monastir, Nabeul et Sidi Bouzid, indique l’APIA dans un communiqué.

Par ailleurs, le comité a également approuvé l’octroi de crédits fonciers au profit de jeunes agriculteurs du gouvernorat de Kasserine. Ces financements, d’un montant global de 405 mille dinars, permettront l’acquisition de terres agricoles couvrant une superficie totale de 19,5 hectares.

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Tunisie-Italie-Afrique : le triangle prometteur de la coproduction industrielle

Un partenariat industriel tuniso-italien générant un taux de valeur ajoutée locale d’au moins 35 % en Tunisie permet un accès préférentiel aux marchés africains membres du Comesa et de la Zlecaf. C’est ce qu’a affirmé Anis Basti, chef du bureau du Cepex à Milan, lors de l’événement « Afrisiciliana », organisé du 24 au 26 mai 2026 à Monreale, en Sicile, à l’occasion de la Journée mondiale de l’Afrique (25 mai).

Intervenant dans le cadre d’un panel consacré à la Tunisie et inauguré par le consul de Tunisie à Palerme, Mohamed Ali Mahjoub, Basti a souligné les opportunités offertes par le partenariat triangulaire Tunisie-Italie-Afrique subsaharienne. Il a notamment mis en avant les perspectives de la coproduction industrielle destinée aux marchés africains grâce aux accords du Comesa et de la Zlecaf.

Le responsable du Cepex a également insisté sur les avantages comparatifs de la Tunisie, qui en font un partenaire stratégique pour l’Italie. Il a rappelé les performances des exportations tunisiennes, plaçant la Tunisie parmi les principaux fournisseurs de l’Italie en dattes Deglet Nour, artichauts frais, tomates séchées et huile d’olive en vrac. Par ailleurs, la manifestation a été marquée par la présence de stands dédiés à l’artisanat tunisien installés sur le parvis de la mairie de Monreale.

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Les principaux risques pour l’économie tunisienne

 

Les principaux risques auxquels l’économie de la Tunisie fera face au cours de la prochaine période sont la lenteur des progrès en matière de réformes structurelles, la faiblesse de la demande européenne, le conflit au Moyen-Orient, les pressions sur la dette publique, la volatilité des prix de l’énergie et l’intensification des chocs climatiques.

C’est ce que souligne le rapport sur les ‘‘Perspectives économiques en Afrique 2026’’ (PEA 2026), présenté à Brazzaville, en République démocratique du Congo (RDC), lors des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), organisées du 25 au 29 mai 2026.
Pour atténuer ces risques, le rapport a mis l’accent sur la nécessité de mobiliser davantage de financements extérieurs au moyen de garanties partielles, améliorer l’efficacité des dépenses et la gouvernance des entreprises publiques et promouvoir le développement du secteur privé afin de créer des emplois.

Face à la fragmentation mondiale et au resserrement des financements concessionnels, la Tunisie doit aussi diversifier ses partenaires et s’appuyer davantage sur les garanties multilatérales, les financements mixtes et la mobilisation stratégique de la diaspora, a souligné le rapport.

L’urgence de restructurer les entreprises publiques

Par ailleurs, la stabilisation du cadre macroéconomique offre une opportunité de renforcer la mobilisation des ressources, selon le PEA. Dans ce cadre, le rapport a précisé que l’élargissement de la marge de manœuvre budgétaire passe par l’élargissement de l’assiette fiscale, la restructuration des entreprises publiques, qui sont déficitaires et mal gouvernées dans leur écrasante majorité, l’accélération de l’exécution des investissements publics et l’intensification de la lutte contre la fuite des capitaux.

La mobilisation des financements nationaux dépend de la capacité du système bancaire à limiter l’éviction du crédit au secteur privé et à soutenir le développement de la Bourse de Tunis et du marché obligataire national.

La mise en place d’un système financier intégré nécessite de réduire les coûts d’intermédiation et de renforcer la résilience bancaire (gestion des risques et des actifs), ajoute le rapport, qui préconise, également, de moderniser la gestion de la dette, de renforcer la supervision financière, de développer un marché secondaire des titres d’État et de mettre en place des mécanismes concrets de partage des risques avec les partenaires internationaux.

En conclusion, le rapport fait ressortir trois priorités, à savoir l’interconnexion des bases de données fiscales, l’automatisation des contrôles de la TVA et la lutte contre l’économie informelle, la création d’un guichet de financement mixte pour structurer les partenariats public–privé et attirer les capitaux privés ainsi que l’adoption d’une stratégie visant à mobiliser la diaspora en orientant une partie des transferts vers des investissements productifs.

Croissance portée par le tourisme et les exportations

Il convient de noter que la croissance de la Tunisie devrait atteindre 2,1 % en 2026 et 2,8 % en 2027, portée par la dynamique du secteur touristique et la reprise des exportations industrielles, selon les prévisions des PEA 2026.

La politique monétaire devrait rester prudente, afin de maintenir l’inflation à 5,7 % en 2026 et à 5,4 % en 2027, tout en gérant la rareté des liquidités intérieures et en préservant la stabilité du dinar tunisien.

Sur le plan budgétaire, les pressions devraient rester fortes, le déficit étant estimé à 6,1 % du PIB en 2026 et à 5,6 % du PIB en 2027. Le déficit courant devrait atteindre 5,3 % du PIB en 2026.

Le rapport rappelle le léger redressement de l’économie tunisienne en 2025, avec une croissance du PIB réel de 2,5 %, contre 1,5 % en 2024, portée par l’agriculture, le secteur des phosphates, la construction et le tourisme.

Un environnement des affaires peu attractif

Du côté de la demande, la croissance a été portée par la consommation privée et les exportations, tandis que l’investissement est resté faible en raison de contraintes de financement, liées à une marge de manœuvre budgétaire limitée et à un environnement des affaires peu attractif.

L’inflation a reculé de 7 % à 5,3 %, ce qui a permis à la Banque centrale de Tunisie (BCT) d’abaisser progressivement, son taux directeur à 7 % début 2026, a-t-on rappelé.

Cependant, la dépendance du trésor à l’égard de financements exceptionnels de la BCT accentue la pression sur les équilibres macroéconomiques.

Le déficit courant s’est réduit à 5,2 % du PIB en 2025, grâce à l’amélioration du recouvrement des recettes et à la baisse des subventions énergétiques.

I. B. (D’après Tap.

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Naviguez en toute liberté avec l’assurance bateau Comar

En mer, chaque sortie est une expérience unique. Que ce soit pour une simple balade le long des côtes ou pour de véritables aventures nautiques, votre embarcation incarne bien plus qu’un moyen de transport : elle reflète votre passion et votre attachement à la navigation. Pour vous permettre de profiter pleinement de ces moments, Comar Assurances met à votre disposition son offre dédiée Globale Embarcation de Plaisance.

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Elle prend en charge les accidents tels que les échouements, les abordages, les avaries ou encore les pertes en mer, ainsi que les incidents pouvant survenir aussi bien lors du séjour au port que pendant la navigation.

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Les risques de vol et d’effraction sont également couverts, afin de protéger efficacement votre bateau ainsi que ses équipements.

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Au-delà des situations courantes, l’assurance Globale Embarcation de Plaisance propose des garanties complémentaires pour assurer une protection globale.

Elle couvre les dommages, pertes et vols survenant aussi bien en navigation qu’à quai, à terre ou même lors d’un transport terrestre.

Les biens personnels à bord, tels que les équipements électroniques, le mobilier ou autres effets, sont également pris en charge.

En cas d’incident majeur, les frais liés au retirement du bateau, à l’assistance, à la recherche ou au sauvetage sont assurés.

De plus, la couverture peut être étendue à l’ensemble du bassin méditerranéen, offrant ainsi une plus grande liberté de navigation.

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Contact : 71 340 899
 

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Nouveau choc mondial | Argent rare pour les pays en développement

Depuis plusieurs mois, un signal majeur traverse le marché obligataire américain — c’est-à-dire le marché de la dette des États-Unis — sans être encore pleinement déchiffré par les capitales du Sud global. Elles auraient pourtant tort de le considérer comme une affaire lointaine de banquiers centraux, de traders ou d’économistes spécialisés. Ce signal engage leur avenir financier plus directement, et plus durablement, que celui des États-Unis eux-mêmes.

Yahya Ould Amar *

Pour comprendre ce signal, il faut accepter d’entrer dans le langage technique des marchés parce que c’est précisément dans ces indicateurs, souvent réservés aux salles de marché, que se lit désormais la géopolitique réelle du développement.

Il existe d’abord une courbe des taux classique, qui indique le coût de l’argent selon la durée de l’emprunt — deux ans, cinq ans, dix ans ou plus. Mais les marchés construisent aussi une courbe des taux «forward», qui exprime non pas seulement les taux d’aujourd’hui, mais les taux implicites attendus pour des périodes futures.

Le taux réel forward à «dix ans dans dix ans» des bons du Trésor américain correspond ainsi au taux d’intérêt réel que les marchés anticipent pour un prêt de dix ans commençant dans dix ans. Parce qu’il regarde au-delà des turbulences immédiates ou passagères, il est souvent lu comme un indicateur du niveau auquel les taux réels de long terme pourraient durablement se stabiliser.

Or ce taux réel vient d’atteindre son plus haut niveau depuis plus de vingt ans. Cela signifie que le mouvement actuel ne peut être réduit au choc pétrolier provoqué par la fermeture du détroit d’Ormuz, puisque l’effet de l’inflation est corrigé – le signal est plus profond. Il révèle une transformation structurelle du prix mondial du capital, dans un monde où les grandes puissances financent simultanément leur réindustrialisation, leur réarmement, leur transition énergétique et leur révolution technologique, tandis que l’épargne disponible demeure limitée.

Pour le Sud global, l’enjeu est immense, car il risque de payer, par un argent plus rare et plus cher, la nouvelle puissance productive du Nord.

La grande ruée vers le capital

Pour saisir l’ampleur de ce qui se joue, il faut d’abord comprendre ce que les économistes appellent le taux d’intérêt réel neutre. Ce concept désigne le taux d’intérêt réel compatible avec une économie à son plein potentiel, sans surchauffe ni récession. C’est, en quelque sorte, le taux d’équilibre naturel du capital, ni trop cher pour décourager l’investissement, ni trop bas pour alimenter une bulle.

Pendant trente ans — des années 1990 jusqu’à la pandémie — ce taux neutre mondial a chuté inexorablement. Les banquiers centraux, les fonds de pension et les trésoriers d’État du monde entier s’y sont adaptés, construisant leurs modèles budgétaires, leurs stratégies de dette et leurs projets d’investissement dans un monde structurellement à taux bas. Ce monde est terminé.

Le taux réel forward à dix ans dans dix ans des bonds du Trésor constitue la meilleure approximation en temps réel, du taux d’intérêt réel neutre de long terme que les marchés anticipent. Quand il monte fortement — comme c’est le cas aujourd’hui — cela signifie que les investisseurs collectivement jugent que le taux neutre mondial s’est durablement réinstallé à un niveau structurellement plus élevé.

Il est donc important de comprendre, pourquoi les forces profondes qui déterminent le coût à long terme du capital dans le monde ont changé de régime — et qui paiera le prix de ce changement ?

Quand le Nord aspire l’épargne du monde

La réponse tient à une réalité simple que les grandes puissances financent simultanément leur réindustrialisation, leur réarmement, leur transition énergétique et leur révolution technologique. Toutes ces priorités consomment l’épargne mondiale.

Aux États-Unis, les grands plans industriels, les dépenses de défense et les investissements massifs dans l’intelligence artificielle (IA) mobilisent des centaines de milliards de dollars. En Europe, la guerre en Ukraine a réveillé l’urgence énergétique et militaire. Partout, le rapatriement des chaînes de valeur — relocalisation industrielle de capacités autrefois transférées vers l’Asie — exige de reconstruire usines, infrastructures et compétences.

Le choc de demande de capital est donc immense. Mais il est capté d’abord par les économies qui attirent déjà l’essentiel de l’épargne institutionnelle mondiale.

Le Sud global entre dans cette compétition avec des monnaies plus fragiles, des marchés financiers moins profonds, des notations d’agences dégradées et des primes de risque plus lourdes. Il emprunte plus cher au moment même où le Nord aspire davantage de capital.

Quand la demande de capital augmente plus vite que l’épargne disponible, son prix monte. Ce prix, c’est le taux d’intérêt réel. Et pour les pays en développement, cette hausse survient au pire moment, lorsqu’ils doivent financer à la fois leur industrialisation, leur transition énergétique et leur souveraineté économique.

Le taux neutre, révélateur d’une fracture de croissance potentielle

La hausse du taux réel neutre révèle une fracture plus durable, celle de la croissance potentielle. Ce taux est lié à la capacité d’une économie à croître durablement sans inflation, grâce à sa démographie, son capital et sa productivité. Lorsqu’il augmente, les marchés anticipent donc, implicitement, une économie plus productive demain.

C’est là que l’IA change l’équation. Si elle produit ne serait-ce qu’une partie des gains annoncés, les pays qui en maîtrisent les infrastructures — puissance de calcul, semi-conducteurs, modèles de fondation, données, applications industrielles — verront leur croissance potentielle s’élever.

Mais le problème est géographique. L’essentiel des investissements de l’IA se concentre aux États-Unis, en Chine et dans quelques économies avancées. L’Afrique, l’Asie du Sud et l’Amérique latine risquent fortement de rester à la périphérie – non productrices de cette révolution, mais clientes de technologies conçues ailleurs.

Le Sud global pourrait ainsi subir la hausse du coût mondial du capital sans bénéficier des gains de productivité qui la justifient. Il achèterait l’IA des autres, en paierait le prix financier, mais n’en capterait pas les dividendes.

Quand la dette devient une mécanique de dépendance

La soutenabilité budgétaire obéit à une règle simple, formulée par Evsey Domar qui indique que lorsque le taux d’intérêt réel payé sur la dette publique dépasse durablement le taux de croissance réelle de l’économie, le ratio dette/PIB augmente mécaniquement, sauf à dégager des excédents budgétaires politiquement difficiles à maintenir (fiscalité…).

Cette contrainte pèse déjà sur les États-Unis eux-mêmes. Un taux réel forward à dix ans dans dix ans de trois et demi pour cent est difficilement compatible avec une économie dont la croissance réelle de long terme est estimée autour de deux et demi pour cent.

C’est précisément pour cette raison que les marchés commencent à émettre des signaux sur la solvabilité américaine — dont le plus troublant est que les obligations souveraines chinoises libellées en dollars se négocient désormais quarante points de base en dessous des bons du Trésor américain de maturité comparable. Le marché dollar lui-même juge implicitement la Chine plus solvable que les États-Unis dans leur propre monnaie.

Mais pour le Sud global, l’équation est autrement plus insupportable. Une économie africaine qui croit à un taux réel de 4 %, mais empruntant en dollars à 6 ou 8 % en termes réels, voit sa dette diverger par simple mécanique financière. Ce n’est pas nécessairement une faute de gestion, c’est l’arithmétique.

La contradiction fondamentale du financement climatique

Ici réside une hypocrisie structurelle que la diplomatie internationale préfère ne pas formuler trop clairement, mais qui devient chaque année plus intenable.

Les engagements de financement climatique du G7 — cent milliards de dollars par an dans un premier temps, trois cents milliards dans les engagements plus récents — ont été conçus dans un monde à taux zéro ou négatifs, où les institutions multilatérales pouvaient lever des fonds à très faible coût et les recycler en financements concessionnels (prêts à taux inférieurs aux taux de marché). Ce monde n’existe plus. Les institutions de Bretton Woods — FMI, Banque mondiale et banques régionales de développement — opèrent sur des bilans et des mandats conçus dans l’ère de l’abondance monétaire post-2008. Leur capacité de prêt concessionnel est structurellement insuffisante face à l’ampleur des besoins dans un environnement de taux réels durablement élevés.

La transition énergétique que les pays du G7 demandent au Sud global — abandonner les énergies fossiles, sauter directement vers les renouvelables, atteindre la neutralité carbone selon des calendriers négociés dans des salles climatisées de Paris, Londres ou New York — coûtera, selon l’Agence internationale de l’énergie, plus de 2000 milliards de dollars par an dans les économies en développement d’ici 2030. À un taux réel de financement de six à huit pour cent, le coût actualisé de cet effort devient mathématiquement insoutenable pour la majorité des budgets souverains concernés.

Pendant ce temps, le capital privé institutionnel — fonds de pension, compagnies d’assurance, véhicules d’infrastructure — qui était censé être mobilisé par effet de levier observe que le taux réel sans risque de référence américain est à trois et demi pour cent. Pour qu’il investisse dans une centrale solaire au Sahel, avec son risque de change (la perte potentielle liée aux fluctuations de la monnaie locale face au dollar), son risque politique, ses incertitudes réglementaires et son risque de construction, il faudra lui offrir un rendement ajusté du risque significativement supérieur. Ce rendement implique des tarifs d’électricité que les économies concernées ne peuvent pas absorber. Le bouclage financier est brisé — structurellement, pas accidentellement.

La géographie du taux neutre comme nouvelle carte de la vulnérabilité

Il faut insister sur un point que les économistes des institutions internationales tendent à oublier, le taux neutre mondial n’est pas une réalité unique que tous les pays subissent également.

Le taux réel américain est le plancher implicite du système. Au-dessus, les marchés empilent des primes de risque (des majorations de taux exigées pour compenser le risque supplémentaire perçu) qui varient selon la solidité institutionnelle, la profondeur des marchés locaux, la liquidité des actifs, la crédibilité de la politique monétaire et la dynamique de la dette.

Ce que la hausse actuelle du taux neutre américain fait, concrètement, c’est déplacer vers le haut toute cette architecture de primes. Un pays qui empruntait à quatre pour cent en réel emprunte désormais à six pour cent en réel, voire plus. La différence, sur un horizon de dix à vingt ans, est la différence entre une trajectoire de développement soutenable et une décennie perdue consacrée à rembourser — ou à renégocier — une dette excessive.

Ce sont, ironiquement, les pays qui ont le mieux géré leur politique économique — ceux qui ont accédé aux marchés internationaux, réduit leur dépendance aux dons et aux prêts bilatéraux, développé leurs marchés obligataires domestiques — qui sont les plus directement exposés à cette transmission. Ils avaient joué selon les règles du système libéral. Le système vient de changer les règles.

Quatre réponses pour ne pas subir le nouvel ordre du capital

Face à cette nouvelle géographie du capital, le Sud global ne peut se contenter de demander de meilleures conditions. Il doit imposer une autre architecture financière.

Le premier impératif est d’exiger une recapitalisation massive des banques multilatérales de développement, assortie d’une réforme réelle de leur gouvernance. Le G7 ne peut mobiliser des milliers de milliards pour sa réindustrialisation et son réarmement tout en laissant sous-financées les institutions censées porter le développement, ni conserver des droits de vote hérités d’un ordre conçu avant la décolonisation d’une grande partie du Sud global.

Le second est une indexation rigoureuse et contraignante des conditionnalités climatiques imposées au Sud global sur la réalité des conditions de financement. L’injonction d’abandonner le charbon d’ici 2030 formulée dans un monde à taux zéro n’a plus le même sens dans un monde à taux réel de plus de six pour cent. Les délais, les montants et les instruments doivent être recalibrés en conséquence — pas dans les discours, dans les engagements contractuels.

Le troisième, relève de la souveraineté économique des pays concernés eux-mêmes. Le développement systématique des marchés obligataires en monnaie locale (permettant à un État d’emprunter auprès d’investisseurs dans sa propre devise, éliminant le risque de change), la réduction de l’exposition au financement externe en dollars, la construction de partenariats financiers diversifiés — incluant, avec discernement, les nouvelles institutions multilatérales non occidentales — ne sont plus des options idéologiques. Elles sont des nécessités prudentielles dans un monde où le coût de financement de référence vient d’être durablement réévalué à la hausse.

Le quatrième impératif est de distinguer radicalement la dette qui entretient la dépendance de la dette qui construit la puissance. Dans un monde de taux réels élevés, chaque dollar emprunté doit être orienté vers des actifs capables d’accroître la productivité future : énergie, ports, logistique, irrigation, éducation technique, infrastructures numériques…

Enfin, le Sud global doit comprendre que la hausse des taux réels américains n’est pas un simple accident de marché, c’est le signal d’un monde où le capital devient plus rare, plus cher et plus capté par les priorités du Nord — réindustrialisation, défense, IA, transition énergétique. Si rien ne change, les pays du Sud financeront indirectement la puissance des autres tout en voyant se refermer l’espace financier nécessaire à leur propre développement. La souveraineté économique se jouera dans la capacité à accéder à un capital long, stable et soutenable.

Le Sud global doit dès lors cesser de subir le prix mondial de l’argent, il lui faut réformer l’ordre financier multilatéral, bâtir ses propres marchés de capitaux et refuser que l’accès au capital devienne le nouveau visage de l’inégalité mondiale.

* Economiste, banquier et financier.

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Tunisie | Message de soutien du personnel d’Unimed à Ridha Charfeddine

Dans un communiqué publié à l’occasion de l’Aïd al-Adha, l’ensemble des employés d’Unimed ont tenu à adresser leurs vœux de paix et de santé au fondateur de l’entreprise, le Dr Ridha Charfeddine.

Au-delà du chef d’entreprise, les équipes ont tenu à manifester leur confiance en la justice tout en affirmant que l’absence de Ridha Charfeddine « laisse un vide immense, humainement et professionnellement ».

Ci-dessous le communiqué tel qu’il a été publié :

« A l’occasion de l’Aïd El-Kebir, l’ensemble des employés d’UNIMED adresse à Dr. Ridha Charfeddine, fondateur de leur industrie pharmaceutique, ses vœux les plus sincères de santé, de paix et d’espoir.

En ces jours de fête, de partage et de retrouvailles familiales, l’absence, bien que provisoire, de Dr Ridha Charfeddine, est douloureusement ressentie par tous.

Plus que jamais, sa présence humaine, son énergie et sa vision qui occupent une place essentielle dans la vie quotidienne d’UNIMED est fortement ressentie. Cette fête reste incomplète, sans lui parmi l’ensemble des employés.

Au-delà du dirigeant, c’est un homme profondément engagé pour son entreprise, pour ses employés et pour le rayonnement du pays. Les projets ambitieux qu’il avait initiés pour renforcer le positionnement international d’UNIMED, au service de la santé du citoyen et de la sécurité des employés, demeurent aujourd’hui plus urgents que jamais.

Son absence laisse un vide immense, humainement et professionnellement. Chaque jour, nous continuons à avancer avec l’espoir de le voir retrouver rapidement sa place parmi les siens et parmi ses collaborateurs qui lui restent profondément attachés.
Nous exprimons également le souhait sincère que les procédures judiciaires en cours puissent évoluer avec célérité et équité, dans l’intérêt de tous : du pays, de l’entreprise et de ses employés.

À notre cher Dr.Ridha Charfeddine, nous voulons dire avec émotion : tu nous manques énormément. En cette fête, nos pensées vont vers toi et ta famille. Notre confiance en la justice nous permet de garder espoir et d’attendre des jours meilleurs.

Aid Mabrouk à Dr.Ridha Charfeddine ainsi qu’à sa famille.

Tous les employés d’UNIMED »

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Foire internationale de Sfax | Place de choix pour l’artisanat  

Le Palais des Expositions de Sfax se prépare à accueillir la 60e édition de la Foire internationale de Sfax, du 9 au 23 juin 2026, sous le thème, pour le moins curieux, de «l’Émerveillement».

Selon Issam Ben Abdallah, directeur commercial et responsable des relations extérieures de l’Association des foires et conférences internationales de Sfax, le comité d’organisation s’emploie à créer une esthétique unique, notamment en embellissant les espaces extérieurs et en proposant un nouveau concept d’exposition dans le but d’enrichir l’expérience des visiteurs et des exposants. Espérons que ces derniers seront agréablement surpris, voire «émerveillés», comme promis par les organisateurs !   

M. Ben Abdallah explique qu’en coordination avec les délégations régionales de l’artisanat, des espaces dédiés ont été prévus pour les artisans spécialisés des différents gouvernorats, a expliqué M. Ben Abdallah, ajoutant que la foire s’attend également à une forte participation des principales entreprises tunisiennes de céramique, et prévoit un pavillon entièrement consacré à la poterie.

Outre son aspect commercial, l’exposition accorde un grand intérêt pour le divertissement, en consacrant plus de 4 000 mètres carrés d’espace extérieur à la création d’un parcours de jeux complet destiné à tous les groupes d’âge, des enfants et des jeunes aux personnes âgées, faisant de l’exposition une destination familiale de premier plan, a encore indiqué le directeur commercial de la Foire international de Sfax dans une déclaration faite à Diwan FM.

I. B.

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Recommandations de l’ANCS pour se protéger des cyberattaques

L’Agence nationale de cybersécurité (ANCS) a mis en garde contre les menaces croissantes posées par les réseaux sociaux, qui ne sont plus seulement un espace de communication mais sont devenus une cible privilégiée des cyberattaques, notamment en raison de l’utilisation de l’intelligence artificielle à des fins de fraude, de désinformation numérique et de ciblage des utilisateurs.

Dans un communiqué, la l’ANCS a détaillé les principales menaces émergentes, parmi lesquelles le phishing utilisant l’IA, les usurpations d’identité, les liens malveillants dans les messages, la propagation de logiciels malveillants sur différentes plateformes, les techniques d’ingénierie sophistiquées et le vol de codes de vérification.

À cet égard, l’agence a présenté des méthodes de protection, qui consistent à activer la vérification en deux étapes, à éviter de partager le code de vérification, à se méfier des messages urgents ou alarmants, à éviter de cliquer sur des liens suspects, à vérifier l’identité de l’appelant ou de l’expéditeur, à restreindre qui peut voir les informations personnelles, à éviter d’ajouter des personnes inconnues aux conversations privées, à utiliser uniquement des applications officielles et à surveiller les appareils liés au compte.

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Tunisie | Traitement des peaux d’animaux sacrificiels

La campagne de traitement des peaux d’animaux sacrificiels, interrompue l’année dernière, vient de reprendre à l’occasion de l’Aïd Al-Adha célébré en Tunisie mercredi 27 mai 2026.

Selon le président de la Chambre nationale du cuir et de la chaussure (CNCC), Wajdi Dhouib, cité par l’agence Tap, cette campagne est supervisée par le Centre national du cuir et de la chaussure, qui a fourni environ 15 tonnes de sels pour la conservation des peaux et a œuvré à la réactivation des licences d’exportation pour les peaux semi-traitées, permettant ainsi aux abattoirs de reprendre leur activité et à la campagne de retrouver son rythme normal.

M. Dhouib a expliqué à la TAP que le taux de traitement des peaux d’animaux sacrifiés dans le gouvernorat de Sfax avait atteint environ 40 % cette année, selon les premières estimations, jugeant ce pourcentage «respectable et acceptable», dans l’attente de la collecte définitive des données relatives aux quantités collectées et traitées.

M. Dhouib a, par ailleurs, expliqué que la campagne nationale de valorisation des peaux d’animaux sacrificiels a été lancée en 2018 à l’initiative du CNCC, en constatant la multiplication du nombreux de peaux d’animaux jetées dans la rue ou brûlées, pratique qui engendrait des odeurs nauséabondes et des risques sanitaires et environnementaux. Pis encore : dans les années où l’Aïd Al-Adha coïncidait avec la saison des pluies, certaines peaux étaient même jetées dans le réseau d’égouts de l’Office national de l’assainissement (Onas), a-t-il déploré. Et d’ajouter que la campagne avait d’abord été lancée dans la région du Grand Tunis (Ariana, Ben Arous, Tunis et Manouba) avant d’être étendue en 2019 à la plupart des gouvernorats du pays. Cette extension a impliqué les municipalités, le ministère des Affaires religieuses et le CNCC.

Les campagnes de sensibilisation menées entre 2018 et 2024 ont contribué de manière significative à l’amélioration des méthodes de conservation et de la qualité des peaux.

Il est à noter que le processus d’abattage des animaux sacrificiels pour l’Aïd Al-Adha diffère des méthodes d’abattage professionnelles utilisées dans les abattoirs, ce qui avait auparavant suscité des inquiétudes quant à la qualité des peaux. Aussi les abattoirs ont-ils été encouragés à participer en obtenant des licences d’exportation de peaux semi-traitées, malgré l’interdiction de telles exportations en temps normal.

En 2020, les peaux d’animaux sacrificiels semi-traitées ont été exportées pour une valeur de 14,6 millions de dinars, a indiqué M. Dhouib, ajoutant que ce processus a contribué à économiser des devises étrangères et à réduire la charge financière pesant sur les municipalités en matière de transport des peaux vers les décharges, d’autant plus que le poids moyen d’une peau est d’environ 4,5 kilogrammes.

Les résultats de la campagne s’améliorent d’année en année, le taux de récupération estimé des peaux d’animaux sacrifiés atteignant environ 5,5 % en 2024. L’objectif est d’atteindre un taux de 70 à 80 % grâce à des campagnes de sensibilisation renforcées.

Dhouib a également révélé que le ministère de l’Industrie a suspendu les licences d’exportation de peaux semi-transformées fin 2024, ce qui, selon lui, a dissuadé les abattoirs de participer en 2025 et a entraîné l’arrêt de la campagne nationale, à l’exception de quelques municipalités qui ont poursuivi leurs efforts dans ce domaine.

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Le Maroc, 1er pôle industriel en Afrique  

Selon l’Indice d’industrialisation de l’Afrique 2025, publié par la Banque africaine de développement, le Maroc est désormais le premier pôle industriel du continent, suivi par l’Afrique du Sud, l’Égypte et la Tunisie.

Cette position s’est consolidée grâce à la croissance du secteur des exportations, à l’intégration des infrastructures logistiques et à la diversification progressive des capacités de production.

Le rapport de la BAD souligne que le Maroc figure parmi les rares économies africaines à avoir su conjuguer avec succès politique industrielle, logistique portuaire, intégration commerciale et attractivité internationale. Cette convergence permet au pays de s’imposer comme l’un des principaux pôles manufacturiers africains dans les secteurs de l’automobile, de l’aérospatiale, des phosphates transformés et dans de nombreux autres secteurs industriels liés aux marchés européens.

L’industrie automobile est le principal moteur de cette croissance industrielle, notamment grâce aux pôles de Tanger et de Kénitra.

Par ailleurs, le port de Tanger-Med permet au Maroc de connecter rapidement ses pôles industriels aux marchés européens, africains et méditerranéens, réduisant ainsi les délais de transport et renforçant l’attractivité des sites industriels marocains.

Le rapport met également en lumière la croissance continue de l’industrie aérospatiale marocaine, devenue l’un des secteurs les plus avancés du continent. Casablanca, Nouaceur et de nombreux pôles industriels spécialisés accueillent des activités liées au câblage, à l’assemblage de composants, à la maintenance et aux systèmes aérospatiaux de précision.

La BAD estime que cette trajectoire distingue le Maroc des autres économies africaines, qui restent fortement dépendantes des exportations de matières premières.

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Le all inclusive accélère le déclin du tourisme tunisien

D’après Walid Tritar, président de la Fédération interprofessionnelle du tourisme (Fi2t), le «all inclusive» n’est plus un choix mais plutôt une nécessité imposée par le marché ! Quel marché ? Dites, plutôt, imposé par les tours opérateurs étrangers qui poussent nos hôteliers à davantage de concessions. Ces derniers répondent à toutes les exigences des TO qu’ils justifient avec des arguments oiseux, tout en fermant les yeux sur le bradage des prix, le mal chronique dont souffre le tourisme tunisien !

Habib Glenza, à Lödz

On comprend maintenant pourquoi 177 hôtels ont été obligés de fermer en 2025, ce qui représente environ 60 000 lits (25% de la capacité d’hébergement) comme il a été révélé par le directeur général de l’ONTT Mohamed Mehdi Haloui. 

Ces fermetures sont dues à des difficultés financières, ce qui revient à dire que les hôteliers ne gagnent pas suffisamment d’argent et ne rentrent pas dans leurs frais… mais au lieu de changer de méthode, ils trouvent encore le moyen d’ajouter au séjour à bas prix, le all inclusive et le bradage des prix.

Laissons parler les chiffres 

    Le bilan de l’activité touristique est nettement en deçà des résultats de nos concurrents directes au sud de la Méditerranée : Maroc, Egypte et Turquie.

    Les recettes, en devises, de l’exercice touristique 2024/2025 :

    – Turquie : 65,2 milliards de dollars pour 62 millions de touristes ;

    – Egypte : 14 milliards de dollars pour 15,7 millions de touristes ;

    – Maroc :  14 milliards de dollars pour 19,8 millions de touristes ;

    – Tunisie : 2,5 milliards de dollars pour 11 millions de touristes.

    Une simple analyse des recettes rapportées au nombre de touristes hébergés, nous donne les résultats suivants :

    – Turquie : 1 500 dollars par touriste (environ 4 900 dinars) ;

    – Egypte : 892 dollars par touriste (environ 2 900 dinars) ;

    – Maroc : 710 dollars par touriste (environ 2 300 dinars) ;

    – Tunisie : 227 dollars par touriste (environ 740 dinars).

    Il résulte donc de l’analyse de ces chiffres que le touriste qui se rend en Turquie dépense 7 fois plus que celui qui visite la Tunisie, l touriste qui se rend en Egypte dépense 4 fois plus que celui qui visite la Tunisie et le touriste qui se rend au Maroc dépense 3 fois plus que celui qui visite la Tunisie. Et dire qu’il fut un temps, dans les années 1980 et 1990, où notre pays était leader en Afrique du Nord en termes d’entrées et de recettes ! C’était avant l’adoption de la panacée du all inclusive

    Monsieur Tritar, voilà à quoi nous mène votre politique, qui défend le all inclusive comme étant une nécessité et non un choix, vers davantage de difficultés financières pour l’ensemble du secteur touristique tunisien. N’oubliez jamais que des banques de développement touristiques ont fait faillite, dont la BNDT et la BDET, en raison des difficultés de remboursement des crédits accordés aux hôteliers !

    Continuez à justifier et à pratiquer le all inclusive et, peut-être, d’autres gratuités, et vous allez accélérer la mort du tourisme tunisien, qui est déjà moribond, en dépit des déclarations d’autosatisfaction des responsables du secteur qui ne trompent plus personne.

    Comment redresser un tourisme tunisien moribond ?

    Mes conseils de professionnel du secteur pour un redressement réel de la situation actuelle du notre tourisme avant qu’il ne coule :

    1 – relevez le taux annuel d’occupation qui se trouve sous la barre des 45% en recourant à des formules plus fructueuses que le all inclusive ;

    2 – améliorez les services rendus, en particulier dans les hôtels 4 et 5 étoiles ;

    3 – luttez contre le bradage des prix ;

    4 – choisissez sans plus tarder un programme de formation continue pertinente ;

    5 – mettez en œuvre un programme de formation de base, en particulier dans le secteur de la buanderie qui laisse beaucoup à désirer. 

    A propos de buanderie, ce sous-secteur ne bénéficie d’aucune attention ni de la part des hôteliers, ni de celle de l’ONTT (absence de formation à l’Iseth de Sidi Dhrif et aux Centre régionaux de formation relevant de l’ONTT).

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    Forum d’affaires Tunisie-Italie les 24 et 25 juin à Tunis

    La ville de Tunis accueillera le Forum d’affaires Tunisie-Italie qui se déroulera les 24 et 25 juin 2026 au siège de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica). Outre des présentations institutionnelles, le programme comprendra une séance plénière sur les opportunités commerciales et d’investissement entre les deux pays et sur le soutien financier au partenariat économique bilatéral.

    Des tables rondes thématiques approfondies suivront, portant sur les secteurs suivants : transition énergétique et numérique ; industries de pointe (technologies et investissements dans les secteurs pharmaceutique, automobile, technologique et des matières premières critiques), et l’innovation et le développement durable (secteurs traditionnels – textile, agriculture, aquaculture – face aux défis actuels et futurs).

    Selon l’Agence italienne pour le commerce extérieur (ITA), co-organisatrice de l’événement, le programme comprendra également une présentation des programmes de développement des infrastructures de transport et de logistique de la Tunisie et des opportunités qu’ils offrent aux entreprises italiennes.

    La réunion du 24 juin se conclura par une réunion de réseautage, tandis que la matinée suivante sera consacrée à des rencontres B2B entre entreprises des deux pays.

    D’après le communiqué de presse de l’ITA, les entreprises italiennes inscrites au forum bilatéral auront la possibilité de participer à la 22e édition du Tunisia Investment Forum (TIF), qui se tiendra les 25 et 26 juin à Tunis. Cette initiative internationale, organisée par l’Agence pour la promotion de l’investissement extérieur (Fipa), vise à promouvoir le pays comme une porte d’entrée idéale vers le continent africain.

    Un fort potentiel pour renforcer davantage

    Des centaines d’entreprises italiennes sont implantées en Tunisie, mais selon l’Italian Trade & Investment Agency (ICE), il existe «un fort potentiel pour renforcer davantage ce partenariat économique dans divers secteurs, de l’industrie de pointe à l’énergie, des infrastructures au textile, un secteur où la présence entrepreneuriale italienne est traditionnelle et solide».

    La Tunisie est également un partenaire stratégique de l’Italie dans le cadre du plan Mattei, en plus des liens historiques, culturels et géographiques qui unissent les deux pays.

    Les échanges bilatéraux ont atteint 6,5 milliards d’euros en 2025, dont environ 3,4 milliards d’euros d’exportations italiennes.

    Selon les données publiées par Info mercati stranieri, au cours des deux premiers mois de cette année, les échanges commerciaux entre les deux pays se sont élevés à environ 1,08 milliard d’euros (en hausse de 5,5 % par rapport à la même période en 2025), dont 560 millions d’euros d’exportations italiennes. L’Italie est le deuxième marché de destination des exportations tunisiennes et, par conséquent, le deuxième fournisseur du pays.

    Par ailleurs, selon les dernières données de l’Institut national de la statistique (INS), du 1er janvier à fin avril 2026, les échanges commerciaux entre l’Italie et la Tunisie ont atteint 7 413 milliards de dinars (environ 2,18 milliards d’euros).

    Toujours selon l’INS, au cours des quatre premiers mois de l’année, les exportations italiennes vers la Tunisie se sont élevées à 3 869 milliards de dinars (environ 1,15 milliard d’euros), soit une hausse d’environ 5,24 % par rapport aux 3 677 milliards de dinars (1,08 milliard d’euros) enregistrés sur la même période en 2025.

    Les exportations tunisiennes vers l’Italie, quant à elles, ont atteint 3 543 milliards de dinars (1,042 milliard d’euros), soit une augmentation de 10,7 % par rapport aux 3 201 milliards de dinars (941 millions d’euros) des quatre premiers mois de 2025, d’après les mêmes données.

    Parmi les principaux produits italiens importés d’Italie, l’INS mentionne les matières premières énergétiques (pétrole raffiné), les métaux, les tissus, le cuir et les peaux, les appareils de câblage, les matières plastiques et les produits en plastique, les moteurs, les générateurs et les transformateurs, les produits chimiques et pharmaceutiques, les installations et les machines.

    I. B. (d’après Agenzia Nova).

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    Deux tortues relâchées en mer à Monastir

    Deux tortues marines d’espèces différentes, une caouanne et une verte, ont été relâchées en mer au large de Monastir. Ce geste symbolique souligne la nécessité de préserver les espèces marines menacées et de promouvoir la biodiversité marine locale.

    Cette initiative a eu lieu lors d’une visite du ministre de l’Environnement, Habib Abid, à la réserve protégée de l’île de Kuriat, au large de Monastir, samedi 23 mai 2026. Elle s’inscrit dans le cadre des efforts déployés pour renforcer la gestion participative des réserves marines et mettre en lumière leur rôle dans le maintien de l’équilibre écologique, à l’occasion de la Journée mondiale de la biodiversité.

    Kuriat est l’une des plus importantes réserves marines de Tunisie, avec La Galite, Zembra, Zembretta et Kneiss, grâce à sa riche biodiversité marine.

    Cette réserve protégée est considérée comme le seul site de nidification des tortues marines du pays. Elle abrite environ 110 espèces d’oiseaux marins et préserve les herbiers marins naturels qui contribuent à protéger les plages de l’érosion marine.

    La Tunisie compte 44 parcs nationaux et réserves naturelles, 41 zones humides et 46 zones importantes pour la conservation des oiseaux.

    Le ministère de l’Environnement s’emploie à consolider ces acquis par la création de nouvelles aires protégées et l’élaboration d’une loi visant à préserver les ressources naturelles.

    Le programme de sensibilisation a suscité l’intérêt de tous les groupes d’âge, notamment grâce au lancement du personnage de Léo, ambassadeur de l’environnement. Ce héros guide les enfants dans un parcours éducatif les incitant à adopter des comportements responsables pour protéger la Méditerranée de la pollution plastique. Cette initiative a été menée conjointement par le ministère de l’Environnement et l’association Notre Grand Bleu, dans le cadre du projet BeMed+, mis en œuvre en partenariat avec l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) pour lutter contre la pollution plastique.

    I. B.

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    Saison méditerranéenne | Symposium sur le climat à Tunis

    La Cité des Sciences de Tunis accueillera le 6 juin 2026, à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, un symposium scientifique intitulé «Climat : repenser, agir, innover», qui vise à sensibiliser le public aux enjeux climatiques et à encourager une action climatique renforcée par le dialogue et la collaboration entre les principaux acteurs.

    Universitaires, représentants des secteurs public et privé, organisations de la société civile et jeunes sont invités à participer à des discussions visant à promouvoir des initiatives climatiques concrètes et efficaces.

    Le programme comprend des conférences, des ateliers et des expositions de projets axés sur l’adaptation au changement climatique, la résilience, l’innovation et l’action climatique.

    Ce symposium est organisé dans le cadre du projet de coopération internationale «Saison méditerranéenne : Urgence environnementale», en collaboration avec l’Institut français de Tunis et plusieurs institutions scientifiques et de recherche nationales.

    Cette initiative intervient à un moment où les institutions tunisiennes cherchent à renforcer les liens entre la recherche, l’éducation, la société civile et les politiques publiques environnementales. La Journée mondiale de l’environnement 2026, promue par le Programme des Nations Unies pour l’environnement, est consacrée au changement climatique, avec une campagne mondiale axée sur l’urgence d’agir.

    Ce sujet est d’une importance capitale pour la Tunisie. Selon le rapport de la Banque mondiale sur le climat et le développement en Tunisie, la rareté de l’eau, l’érosion côtière, les risques d’inondation et la dépendance énergétique aux combustibles fossiles demeurent parmi les principaux défis climatiques et de développement du pays. Le rapport indique également que la demande en eau pourrait dépasser l’offre de 28 % d’ici 2050 dans le scénario climatique le plus pessimiste.

    I. B.

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    Tunisie – Ce que coûte l’économie informelle aux caisses de l’Etat

    Entre 35 et 40 % du PIB tunisien, soit 60 à 70 milliards de dinars, échappent chaque année au radar fiscal. Le manque à gagner pour l’État est estimé à 25 milliards de dinars annuels. Derrière ce chiffre vertigineux, un système entretenu par une complicité, mais surtout la pression fiscale et l’absence d’intégration régionale.

    Pour en savoir davantage, L’Economiste maghrébin a sondé un certain nombre d’économistes qui livrent un diagnostic sans complaisance du phénomène et des pistes de sortie concrètes.

    Pour planter le décor, l’un de nos vis-vis  rappelle que l’économie informelle existe partout dans le monde, mais « son ampleur tunisienne tient moins à une fatalité culturelle qu’à un contexte économique hérité de longue date sur fond de choix politique assumé ». Et de poursuivre : « Sous Bourguiba comme sous Ben Ali, explique-t-il, le commerce parallèle (notamment transfrontalier avec la Libye et l’Algérie) était délibérément contenu et relativement épargné pour éviter toute explosion sociale ». Les opérateurs informels représentaient souvent un maillon dans la chaîne d’information, remontant des renseignements vers l’administration en échange d’une tranquillité tacitement garantie. « Un clientélisme diffus qui achetait la paix sociale à bon compte ».

     

    Lire aussi : Le commerce parallèle : un fléau pour le secteur du prêt-à-porter en Tunisie

     

    Un autre invité poursuit dans le même sens en soulignant que cette logique perdure. Pour illustrer ses dires, il cite le marché de Moncef Bey. Chaque dimanche, des files de voitures s’étirent sur quatre à cinq kilomètres. Sous forme de boutade, il déclare : « L’économie informelle tunisienne, qui a pignon sur rue, n’a, en réalité, rien de souterrain ».

    De grands opérateurs, pas de petits débrouillards

    Les invités de L’Economiste maghrébin poussent leur analyse et soulignent : « Il convient de ne pas se méprendre sur la nature des acteurs qui tiennent les leviers de commande. Derrière les petits revendeurs à la sauvette se dissimulent de grands opérateurs dotés d’une assise financière solide, de réseaux de distribution étendus et d’une parfaite connaissance des failles législatives. Ce sont eux les véritables bénéficiaires du système », affirment-ils.

    « Certains acteurs du secteur formel recourent eux-mêmes au marché parallèle pour écouler une partie de leur production, tant la frontière entre les deux sphères est poreuse. Le secteur informel n’est pas le seul en cause. De nombreuses, qui figurent dans les tablettes de l’administration, ne déclarent pas la totalité de leurs revenus, pratiquent la double comptabilité ou règlent leurs transactions en espèces. L’évasion fiscale déborde largement du seul secteur clandestin ».

    Les quatre moteurs qui alimentent le système

    Une fiscalité confiscatoire. L’impôt sur les sociétés avoisine 25 à 30 %, auquel s’ajoutent des charges sociales proches de 40 % : verser cent dinars nets à un salarié en coûte entre cent vingt et cent quarante à l’employeur, détaillent nos économistes. Mais ce qui semble gêner nos interlocuteurs, ‘est la nouvelle loi sur l’embauche, parce que recruter devient une équation périlleuse en Tunisie. Mais ce n’est pas tant la pression fiscale qui dérange le plus. L’ennui est que «… ce que l’État prélève, il ne le restitue pas en services publics de qualité : routes dégradées, hôpitaux défaillants, école publique en déshérence. Le sentiment d’un impôt sans contrepartie nourrit puissamment chez certains le refus de se conformer », dénoncent nos invités.

     

    Lire également : Relance, entre le poids de la dette et le choc de la fiscalité

     

    Ensuite, une législation du travail inadaptée. L’obligation de recruter en contrat à durée indéterminée (CDI), y compris pour des activités saisonnières – qui sont du reste nombreuses -, condamne de nombreux petits entrepreneurs à basculer dans l’informel. Les politiques salariales uniformes aggravent le problème : une augmentation généralisée de 6 % appliquée sans discernement peut sonner le glas des plus petites structures, incapables de l’absorber, et les précipiter dans la clandestinité, expliquent les sondés de L’Economiste maghrébin.

    Une fiscalité indirecte punitive. Les droits de douane sur les véhicules automobiles atteignent 300 à 400 % : un tel niveau engendre mécaniquement des trafics organisés. Il en va de même pour la TVA et les taxes frappant des produits de consommation courante – café, thé, lait entre autres – qui alimentent des flux transfrontaliers que nulle force de sécurité ne peut endiguer durablement.

    Le différentiel de prix avec les voisins. Tant que le carburant algérien ou libyen reste deux fois moins cher qu’en Tunisie, le trafic à la frontière demeurera structurellement rentable. Chaque hausse du prix à la pompe décidée à Tunis élargit l’écart et stimule davantage la contrebande. « Le marché se venge toujours des distorsions tarifaires excessives, et il en va de même pour tous les produits soumis à une fiscalité sans commune mesure avec celle des pays voisins », résume l’un de nos interlocuteurs.

    Le piège invisible de l’informalité

    En pédagogues, les économistes sondés par L’Economiste maghrébin expliquent que l’opérateur informel lui-même paie un prix élevé pour sa clandestinité. Car, « exclu du circuit bancaire, il ne peut contracter aucun crédit ni présenter la moindre garantie. Il est par ailleurs exposé au racket d’une chaîne d’intermédiaires (agents municipaux, forces de l’ordre, responsables locaux) dont les exigences ne cessent de croître, au gré des changements d’interlocuteurs et des surenchères hiérarchiques. Or s’acquitter de l’impôt lui reviendrait souvent bien moins cher. Une fois en règle, il disposerait d’un accès au financement bancaire qui lui permettrait de développer son activité dans des conditions sans commune mesure avec sa situation actuelle ».

    Cela étant, les analystes interrogés par L’Economiste maghrébin soulignent par ailleurs que l’économie informelle pose un problème d’équité jugé inacceptable. Selon eux, le cadre moyen qui s’acquitte scrupuleusement de ses impôts voit son enfant privé d’une bourse d’études au motif que ses revenus déclarés dépassent le plafond requis. Dans le même temps, le grand opérateur de l’informel, officiellement sans revenus mais réellement fortuné, bénéficie des mêmes aides sociales, emprunte les autoroutes financées par les contribuables et scolarise ses enfants dans des établissements publics sans jamais avoir contribué au système. Ce sont les pauvres qui financent les riches. Une telle iniquité mine le consentement à l’impôt de ceux qui s’y soumettent encore, regrettent-ils.

    Sortir de l’impasse : progressivité, amnistie, confiance

    Cependant, les économistes enquêtés récusent toute approche répressive : la contrainte est vouée à l’échec. La voie de sortie passe d’abord par des arrangements fiscaux, effaçant le passif sans condition, pour restaurer la confiance entre opérateurs et administration. Sans ce préalable, aucune régularisation volontaire ne pourra réussir, affirment-ils. La question ne peut être résolue que lorsque le secteur formel serait perçu plus attractif que l’informel.

    Ils préconisent ensuite une intégration graduelle sur dix ans, par paliers progressifs : 5 % la première année, puis une montée en charge régulière jusqu’aux taux de droit commun, à l’image du plongeur qui remonte par paliers pour éviter les accidents de décompression. Ce dispositif permettrait de récupérer environ deux milliards de dinars supplémentaires par an… L’élargissement de l’assiette fiscale qui en résulterait permettrait simultanément de réduire la pression sur les contribuables déjà en règle. En abaissant les charges sociales, l’État perdrait en taux ce qu’il récupérerait en volume, grâce à la création d’emplois supplémentaires et à l’élargissement de la base taxable. Les entreprises, soulagées, pourraient augmenter les salaires nets de leurs employés et stimuler la consommation.

    L’intégration maghrébine, levier inexploité

    Plus de soixante ans après les indépendances, le Maghreb n’a réussi à instaurer ni zone de libre-échange, ni union douanière, et encore moins un marché commun ni convertibilité mutuelle des monnaies – pourtant réalisable entre pays au développement comparable. Un Tunisien se rendant au Maroc est contraint de convertir ses dinars en euros, puis ses euros en dirhams : une absurdité économique entre voisins. En clair, tant que les écarts de fiscalité et de prix entre pays frontaliers resteront aussi importants, les flux informels transfrontaliers continueront d’alimenter un marché parallèle qu’aucune politique répressive ne pourra durablement tarir. L’intégration par le bas, celle que pratiquent spontanément les populations des régions frontalières, a depuis longtemps devancé l’intégration par le haut que les États n’ont jamais su construire, faute de volonté politique.

     

    A lire aussi: Kamel Habbachi : « Sans intégration, le Maghreb perd 2 points de croissance par an »

     

    Les économistes interrogés s’inquiètent par ailleurs du fait que l’économie informelle a, pendant un temps, rendu un service paradoxal aux consommateurs tunisiens : en inondant le marché de produits bon marché en provenance de Chine, elle a contribué à stabiliser les prix dans certains secteurs. Mais cette modération a eu son revers : le pays a été submergé de produits de mauvaise qualité, au détriment des consommateurs comme des industriels locaux. Un bénéfice de court terme, donc, qui a masqué un appauvrissement de fond.

    Pour finir, ils affirment, du haut de leur science, que l’économie informelle n’est pas une fatalité : elle est le symptôme d’un État qui taxe trop, administre mal et redistribue peu. Par conséquent, les leviers existent et qui se nomment « meilleure régulation fiscale, progressivité, allègement des charges, intégration régionale, notamment en matière d’harmonisation des taxes et droits de douance. Il faut une volonté politique pour les actionner, avant que le manque à gagner ne devienne une hémorragie irréversible ».

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    Le partenariat tuniso-suisse moteur d’innovation et d’emploi

    L’Ambassadeur Josef Renggli a eu le plaisir de visiter LA PRATIQUE ÉLECTRONIQUE, entreprise tunisienne à Beni Khiar spécialisée dans la fabrication de cartes électroniques et partenaire industriel de la société CLA-VAL, acteur de référence mondial dans la régulation des réseaux d’eau

    Lors de cette rencontre, Monsieur Van Buel, directeur général de CLA-VAL et Walid Ben Amor, CEO de La PRATIQUE ÉLECTRONIQUE, ont présenté un partenariat exemplaire : boîtiers plastiques, tuyauterie et cartes électroniques fabriqués en Tunisie, ainsi qu’un bureau d’études dédié à la R&D sur place.

    Une collaboration tuniso-suisse qui illustre concrètement le potentiel industriel tunisien et sa capacité à s’intégrer dans des chaînes de valeur internationales exigeantes — au service de l’emploi et de l’innovation locale.

    Communiqué

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    Les plages de Sousse désormais nettoyées : 60 % des interventions de protection financées par le Fonds des zones touristiques

    Le ministère du Tourisme accélère les préparatifs pour la saison estivale à Sousse. Lors d’une réunion de travail tenue le 13 mai 2026 au siège du ministère, il a été annoncé des indicateurs positifs concernant le rythme des réservations touristiques, signe d’une demande stable pour la destination.

    réunion de travail tenue le 13 mai 2026 au siège du ministère

    Cette réunion, organisée dans le cadre du suivi des décisions issues du Conseil régional du tourisme du 11 mars 2026, s’est déroulée en présence du gouverneur de Sousse, de représentants de plusieurs municipalités touristiques, ainsi que de responsables régionaux et nationaux du secteur.

    Les discussions ont porté sur l’état d’avancement des préparatifs pour le pic de la saison estivale, avec un accent mis sur l’amélioration de la qualité des services, des conditions d’accueil et de la préparation des espaces et infrastructures touristiques. Le ministère a également insisté sur le développement d’un tourisme “haut de gamme” et alternatif à Sousse, tout en renforçant les campagnes de contrôle et d’inspection afin d’améliorer la sécurité, la propreté, la qualité des prestations et l’accueil des visiteurs. La priorité accordée au tourisme intérieur a aussi été soulignée, le ministère le considérant comme un pilier essentiel de la dynamique du secteur.

    Sur le plan environnemental, les autorités ont annoncé la signature d’environ 50 conventions dans le cadre du programme de “parrainage vert”. Le directeur général de l’Agence de protection et d’aménagement du littoral a indiqué que plusieurs interventions de nettoyage des plages et de protection du littoral ont été financées à hauteur de 60 % par le ministère du Tourisme à travers le Fonds de protection des zones touristiques.

    La réunion a aussi porté sur le soutien aux campagnes promotionnelles et marketing destinées à renforcer le rayonnement touristique de Sousse, ainsi que sur le suivi du développement des circuits touristiques et la valorisation des produits de l’artisanat tunisien afin de stimuler les exportations. Enfin, la délégation régionale du tourisme de Sousse prépare actuellement une application numérique de promotion touristique destinée à mettre en valeur la diversité de l’offre touristique de la région et à renforcer sa visibilité sur les marchés ciblés.

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    Tunis : plusieurs routes fermées cet après-midi autour de la Kasbah

    Le ministère tunisien de l’Intérieur a annoncé des perturbations de circulation prévues ce jeudi 14 mai 2026 dans plusieurs axes du centre de Tunis et autour de la Kasbah.

    Dans un communiqué publié mercredi 13 mai, le ministère a précisé que la circulation de tous les types de véhicules sera interdite à partir de 16h00 dans plusieurs rues et avenues de la capitale. Sont concernés par ces restrictions l’avenue du 2 Mars en direction de la place de la Kasbah ainsi que toute l’avenue Bab Jedid, l’avenue Sidi El Béchir en direction de la place de la Jazira à partir de la place Bab Alioua, la rue de la Jazira à partir de la place de la Victoire ainsi que l’avenue Jamel Abdel Nasser à partir de la place de l’Indépendance. Le ministère a également indiqué que les automobilistes souhaitant rejoindre la banlieue ouest pourront emprunter l’avenue Habib Bourguiba puis l’avenue de Carthage. Par ailleurs, l’arrêt et le stationnement ont été interdits depuis mercredi soir sur l’avenue Bab Jedid, dans sa portion comprise entre la place de la Jazira et la rue Souk El Asr au niveau de la Banque Amen. Les autorités appellent les usagers de la route à respecter le Code de la route ainsi que les consignes des agents de la circulation afin d’assurer la sécurité de tous et de limiter les perturbations du trafic.

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