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Saison touristique 2026 en Tunisie : faut-il anticiper une stratégie de crise ?

La guerre au Moyen-Orient réveille de vieux démons: amalgames, peur de voyager, risque d’explosion des coûts du transport aérien. Un type de crise qui ne connaît pas les frontières et qui pourrait impacter lourdement une destination touristique comme la Tunisie.

Passée la phase d’hébétement et d’attentisme provoquée par la conjonction d’un contexte géopolitique explosif au Moyen-Orient et d’un calendrier marqué par le Ramadan, le tourisme tunisien ne peut plus se permettre d’observer. Le temps de la contemplation doit céder la place à celui de l’action.

Car les signaux s’accumulent et convergent: les amalgames, bien connus du secteur, refont surface sur certains marchés émetteurs, alimentant un climat de défiance. Dans ce contexte, le silence et le déni constituent des facteurs aggravants. L’expérience l’a démontré : en matière touristique, l’absence de discours est souvent interprétée comme un aveu de fragilité.

Niveau de booking inquiétant

Les premières remontées de terrain sont préoccupantes. Les niveaux de réservation enregistrés sur plusieurs marchés affichent un net recul par rapport à la même période de l’an dernier. On parle même de certaines annulations. Cette tendance, si elle se confirme, pourrait annoncer une saison estivale sous tension. Le climat anxiogène qui prévaut actuellement agit comme un puissant inhibiteur de la décision de voyage, particulièrement sur les destinations perçues, à tort ou à raison, comme exposées à des risques régionaux.

À cette incertitude s’ajoute une contrainte économique majeure : la hausse des prix de l’énergie. La flambée du baril de pétrole aura mécaniquement un impact sur le transport aérien, avec des répercussions attendues sur les tarifs des billets et des affrètements. Une telle évolution risque d’éroder davantage la compétitivité-prix qui constitue l’atout majeur de la destination tunisienne.

Dans ce contexte, le risque est réel de voir la Tunisie subir, une fois encore, les conséquences d’événements exogènes, comme ce fut le cas lors de la guerre du Golfe en 1991 ou après les attentats du 11 septembre 2001. Ces précédents doivent servir de rappel : l’inaction ou les réponses tardives se paient durablement.

L’Europe du sud comme valeur refuge

Plus préoccupant encore, les arbitrages des clientèles européennes pourraient se faire au détriment de la Tunisie. En période d’incertitude, les flux touristiques ont tendance à se replier vers des valeurs refuges. Les grandes destinations balnéaires du sud de l’Europe, notamment Espagne et Grèce, disposent d’un avantage comparatif en termes de perception de sécurité et de proximité. Positionnées sur un segment similaire, elles pourraient capter une partie des reports de clientèle au détriment de la Tunisie.

Face à cette situation, la mise en place urgente d’un dispositif de veille et de pilotage de crise apparaît indispensable. Un comité dédié, capable d’analyser en temps réel les évolutions de la demande et d’ajuster les réponses, permettrait d’éviter une dégradation incontrôlée de la saison.

Rassurer la clientèle

La stratégie à adopter doit également évoluer en profondeur. Il ne s’agit plus uniquement de promouvoir une destination, mais de rassurer, de démontrer et de créer un lien de proximité avec les marchés. Le tourisme, dans le contexte actuel, ne vend plus seulement un produit ou une expérience : il vend avant tout une tranquillité d’esprit.

Cela implique des actions immédiates et ciblées : renforcer la communication de réassurance, mobiliser les prescripteurs de voyage, intensifier la présence sur les marchés prioritaires et clarifier le positionnement de la destination. Les moyens qui existent doivent être engagés sans délai. Et plus si nécessaire.

Sur le plan du transport aérien, des mesures d’accompagnement devront également être envisagées pour préserver l’accessibilité de la destination, quitte à dépasser certains cadres habituels. L’enjeu est d’éviter une rupture de compétitivité qui serait difficilement rattrapable à court terme. Tourisme et Transport doivent donc converger vers une stratégie unique et concertée.

Attention au bradage

En revanche, une ligne rouge doit être clairement posée : celle du bradage dans l’hôtellerie. Recourir à une baisse massive des prix pour compenser un déficit de demande serait une erreur stratégique. L’histoire du tourisme tunisien a toujours montrer que ces pratiques fragilisent durablement la valeur de la destination et enferment le secteur dans une logique de dépendance dont il est difficile de sortir.

La saison 2026 se joue dès maintenant. L’anticipation, la réactivité et la cohérence des actions seront déterminantes. À défaut, le secteur pourrait se retrouver, une fois encore, en position de subir, contraint de gérer l’urgence plutôt que de maîtriser sa trajectoire.

Hédi HAMDI

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Tunis à l’heure du jazz : plus de 30 artistes réunis pour une création exceptionnelle  

La Fondation Hasdrubal pour la Culture et les Arts Mohamed Amouri organise une résidence artistique d’envergure consacrée au jazz et aux musiques improvisées.

C’est un événement qui s’inscrit dans une volonté affirmée de promouvoir la transmission, le dialogue interculturel et l’excellence artistique. La Fondation Hasdrubal pour la Culture et les Arts Mohamed Amouri organise, du 22 au 28 mars 2026 à Tunis, une résidence artistique d’envergure consacrée au jazz et aux musiques improvisées, placée sous la direction musicale de Laurent Jost.

Mis en œuvre en partenariat avec le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris (CNSMDP), le Théâtre de l’Opéra de Tunis et la Télévision Nationale Tunisienne, et avec le soutien de l’Institut français de Tunisie ainsi que de l’Ambassade de France, ce projet réunit des artistes confirmés, des pédagogues et de jeunes talents autour d’une dynamique de création partagée.

Pour cette édition, Laurent Jost a invité Stéphane Payen, directeur du département Jazz et musiques improvisées du CNSMDP, accompagné de plusieurs musiciens issus de cette institution de référence. À leurs côtés, la scène tunisienne sera largement représentée, notamment par le violoniste Zied Zouari, ainsi que par plus de vingt musiciennes et musiciens sélectionnés pour participer à cette résidence.

Durant une semaine, artistes et étudiants partagent leurs pratiques, confrontent leurs esthétiques et explorent de nouvelles formes d’expression musicale. Cette immersion collective couvre un large éventail de disciplines instrumentales et vocales, allant de la batterie au piano, des cuivres aux bois, sans oublier les instruments traditionnels tels que l’oud et le qanûn.

Moment phare de cette résidence, la Fondation Hasdrubal produira un concert exceptionnel intitulé « Jazz et musiques improvisées », réunissant plus de 30 artistes sur scène. Ce concert se tiendra le samedi 28 mars 2026 à 19h30, à la Cité de la Culture de Tunis – Théâtre des Régions, et sera enregistré par la Télévision Nationale Tunisienne.

Cette soirée offrira au public une expérience musicale singulière, marquée par la rencontre de traditions, de sensibilités et de parcours artistiques variés, dans un esprit de liberté, d’écoute et d’invention.

Fidèle à ses engagements en faveur de l’accès à la culture, la Fondation Hasdrubal propose la gratuité aux étudiantes et étudiants tunisiens, sur présentation d’un justificatif, dans la limite des places disponibles.

Réservations en ligne.

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Wissem Souifi, nouveau DG du Golden Carthage Hotel & Residence


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Souifi prend la direction du Golden Carthage Tunis avec l’ambition de hisser l’établissement au rang de référence internationale, portée par l’authenticité et l’excellence tunisiennes.

Le Golden Carthage Hotel & Residence, complexe de prestige niché sur les hauteurs de Gammarth, vient d’officialiser la nomination de Wissem Souifi au poste de directeur général. Il prendra officiellement ses fonctions le 23 mars 2026.

Cette décision stratégique s’inscrit dans une vision de croissance ambitieuse. L’objectif avec cette nomination est de consolider le statut de l’établissement en tant que référence de l’hôtellerie haut de gamme dans le bassin méditerranéen.


Un expert de l’hôtellerie internationale

Professionnel chevronné et respecté, Wissem Souifi apporte avec lui une expertise internationale bâtie à la tête d’établissements de luxe en Afrique et au Moyen-Orient. Son parcours est marqué par une capacité démontrée à piloter des transformations complexes dans des environnements hautement concurrentiels.

L’un de ses succès les plus récents et remarqués demeure la direction du complexe hôtelier de Tunis (ex-Laico). Il y a orchestré avec brio la transition vers l’enseigne Radisson Blu Hotel & Convention Center Tunis, repositionnant l’établissement comme un leader incontesté du tourisme d’affaires et de l’événementiel d’envergure.


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ision axée sur l’excellence et l’innovation

Pour le nouveau directeur général, ce défi représente une suite logique à son parcours d’excellence : « Rejoindre le Golden Carthage Hotel & Residence est une opportunité exceptionnelle de faire évoluer un établissement aussi emblématique. Notre ambition est de le propulser parmi les destinations de référence en Méditerranée, en misant sur l’excellence du service, l’innovation constante et la profonde authenticité de l’hospitalité tunisienne ».

Dès la saison estivale 2026, sous son impulsion, l’hôtel amorcera une phase de modernisation profonde. Ce plan de développement prévoit l’élévation de l’expérience client via des standards de service renforcés, la refonte de l’offre gastronomique pour séduire les palais les plus fins, la rénovation complète du Spa Antonin, véritable poumon de bien-être du complexe et la création de nouvelles suites de prestige, incluant une Suite Impériale d’exception.

L’ambition est de positionner le Golden Carthage Tunis comme une destination incontournable sur la Côte de Carthage, capable d’attirer une clientèle internationale exigeante tout en valorisant l’excellence de l’hospitalité tunisienne.

Ambition internationale pour le Groupe Golden Carthage

Cette nomination s’inscrit également dans une restructuration globale du Groupe Hôtelier Golden Carthage. Le groupe entame une phase d’expansion audacieuse visant à exporter son savoir-faire au-delà des frontières tunisiennes. Il ambitionne désormais de devenir un acteur majeur du management hôtelier à l’échelle internationale. En s’appuyant sur l’expertise technique de ses équipes, il compte développer et gérer des établissements sur les marchés régionaux et mondiaux, portant ainsi les couleurs du management touristique tunisien à un niveau supérieur.

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Aéroports TAV Tunisie : réviser les accords aériens pour libérer Enfidha et Monastir

TAV Tunisie attend un signe fort de l’État pour libérer le potentiel de ses infrastructures aéroportuaires.

Avec une superficie de 4 300 hectares, l’aéroport d’Enfidha-Hammamet est la plus vaste infrastructure aéroportuaire d’Afrique du Nord.

Malgré cette dimension, le site enregistre un volume de trafic nettement inférieur à ses capacités techniques.

Lors d’une rencontre récente avec les médias, Mélanie Lefebvre, directrice générale de TAV Tunisie, qui gère les aéroports d’Enfidha-Hammamet et de Monastir-Habib Bourguiba, a souligné ce déséquilibre en précisant que la Tunisie dispose d’une infrastructure de haute performance dont l’exploitation actuelle se retrouve limitée à un usage minimal.

Aujourd’hui, bien que TAV Tunisie table sur une croissance de 5 % dans la conjoncture actuelle du trafic des passagers pour l’aéroport d’Enfidha, ce chiffre reste en deçà des capacités réelles de l’infrastructure.

En 2025, l’aéroport n’a accueilli que 1,5 million de passagers, alors qu’il est dimensionné pour 7 millions et jusqu’à 28 millions à terme avec les extensions prévues.

Ce décalage représente un manque à gagner colossal, particulièrement pour l’État. On estime que le plein usage de ce site pourrait rapporter à la Tunisie jusqu’à 7 milliards de dinars par an.

Le verrou des accords aériens obsolètes

Pourquoi un tel blocage ? L’un des obstacles majeurs, selon la première responsable de TAV Tunisie, réside dans les barrières administratives.

La Tunisie est encore régie par des accords bilatéraux aériens obsolètes, qui ne correspondent plus aux réalités du marché mondial, explique-t-elle.

Ces textes rigides limitent l’accès des compagnies aériennes étrangères, notamment européennes comme EasyJet, les empêchant d’ouvrir de nouvelles lignes vers Enfidha, précise encore Mélanie Lefebvre.

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Pour TAV Tunisie, la mise à jour de ces accords est une urgence absolue. Le potentiel est là, mais les barrières administratives agissent comme un frein au développement des aéroports d’Enfidha et Monastir, affirme-t-elle.

En revanche, l’opérateur affiche une volonté claire de diversifier ses sources de revenus en allant chercher des marchés à forte valeur ajoutée tels que la Russie et les pays du Golfe.

Ce sont des régions où la demande pour la destination Tunisie est forte, mais où les liaisons peinent à se structurer faute d’une vision réglementaire moderne.

L’État gagnant

Il est crucial de comprendre la structure économique de ce partenariat entre TAV Tunisie et l’État:

Les frais aéroportuaires perçus par TAV Tunisie ne représentent que 3 % des recettes totales générées par les passagers transitant par Enfidha et Monastir. Les 97 % restants tombent directement dans l’escarcelle de l’économie tunisienne : hôteliers, restaurateurs, artisans, commerçants, etc.

Dans cette optique, l’argument d’attendre pour investir ne tient pas. Pourquoi attendre l’échéance de la fin de la concession en 2047 pour développer l’infrastructure ?

L’État a tout intérêt à ce qu’Enfidha se développe dès maintenant, considère la directrice générale. D’autant plus que récupérer, au terme du contrat, un aéroport doté de quatre terminaux actifs et dynamiques est une perspective bien plus lucrative que de reprendre un site sous-exploité avec un seul terminal fonctionnel.

De plus, bien que l’extension de l’aéroport de Tunis-Carthage nécessite du temps, Enfidha offre une solution immédiate et extensible à exploiter dès à présent.

L’appel au « signe fort »

Aujourd’hui, TAV Tunisie, qui emploie plus de 600 compétences tunisiennes et investit massivement, dont 35 millions de dinars pour la rénovation imminente de Monastir, attend un signal politique. L’opérateur ne demande pas seulement des autorisations, il demande un partenariat de vision.

Le message envoyé à l’État est clair : « Il suffit de dire que l’État est prêt à travailler avec nous », déclare Mélanie Lefebvre. Ce signe fort permettrait de débloquer des investissements supplémentaires, de résoudre les problèmes de connectivité comme la liaison ferroviaire promise et de transformer enfin cet aéroport de classe mondiale en un véritable hub méditerranéen.

Enfidha-Hammamet n’est pas un projet en attente, c’est une solution en attente.

Entre les accords à dépoussiérer et les marchés internationaux à conquérir, les leviers de croissance sont identifiés.

Il ne reste plus qu’à l’État à tendre la main pour qu’Enfidha prenne enfin son envol définitif.

Destination Tunisie 

Lire aussi à propos de l’aéroport Enfidha:
L’aéroport d’Enfidha se relance dans l’activité cargo

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Flughafen Enfidha-Hammamet: Laut TAV bis zu 7 Milliarden Dinar Einnahmeverluste pro Jahr

Der internationale Flughafen Enfidha-Hammamet, ein architektonisches Juwel und moderne Flughafeninfrastruktur Tunesiens, sieht sich heute mit einer paradoxen Situation konfrontiert. Trotz hochmoderner Ausstattung, einer theoretischen Kapazität Mehr

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« Lutter contre la hausse excessive des loyers des appartements meublés des zones touristiques », demande une députée

A l’ARP, la Commission du tourisme, de la culture, des services et de l’artisanat a écouté une députée proposant de limiter les loyers dans les zones touristiques.

Lors de la séance su mercredi 11 mars 2026, une parlementaire a proposé une initiative relative à l’organisation de l’exploitation des appartements et logements meublés.

Celle-ci a expliqué que la proposition de loi vise à lutter contre la hausse excessive des loyers des appartements meublés, notamment dans les zones touristiques, ainsi que contre l’absence de déclaration de ces locations aux autorités compétentes.

Cette situation entraîne à la fois une charge supplémentaire pour les citoyens et une perte de recettes fiscales importantes pour l’État. Elle a proposé de soumettre la location de logements et d’appartements meublés à un cahier des charges strict approuvé par arrêté du ministre chargé du tourisme, ainsi que d’obliger tout bailleur à conclure un contrat écrit et à tenir un registre numéroté et visé par l’administration fiscale, dans lequel seraient inscrites les recettes, les dépenses et les contrats conclus avec tous leurs détails.

Au cours du débat, les membres de la commission ont souligné la nécessité de ne pas confondre l’hébergement dans des unités touristiques et hôtelières structurées, soumises à une réglementation spécifique, avec la location de logements et d’appartements appartenant à des particuliers, qui relève des règles de location prévues par le droit civil et échappe par nature à la compétence du ministère du Tourisme, sauf dans le cas où le logement est exploité de manière régulière à des fins d’hébergement touristique. Ils ont proposé, à cet égard, de revoir le contenu de cette initiative.

À l’issue de la séance, la commission a décidé d’organiser plusieurs auditions avec les différentes parties concernées afin d’améliorer les textes présentés et d’approfondir leur examen dans le cadre d’une coopération et d’une complémentarité entre les fonctions exécutive et législative.

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Des élus au parlement veulent instaurer un système national de tourisme social

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Des députés proposent de revoir la réglementation pour les guides touristiques

La Commission du tourisme, de la culture, des services et de l’artisanat de l’ARP a tenu une audition portant sur la profession de guide touristique.

La Commission du tourisme, de la culture, des services et de l’artisanat a tenu une séance le mercredi 11 mars 2026 consacrée à l’audition des porteurs de plusieurs initiatives législatives portant respectivement sur la profession de guide touristique, la mise en place d’un système national de tourisme social et l’organisation de l’exploitation des appartements et logements meublés.

La réunion s’est déroulée en présence de Mohamed Yahyaoui, président de la Commission, Aymen Boughediri, rapporteur (photo ci-dessus), ainsi que des membres de la commission Saleh Sayadi, Ramzi Chetoui et Nizar Seddik, en plus de plusieurs députés non membres.

Les guides du tourisme en débat

Les représentants de l’initiative relative à l’organisation de la profession de guide touristique ont expliqué que les textes régissant ce secteur remontent aux années 1970 et nécessitent aujourd’hui une révision profonde en raison de l’évolution du secteur et de l’apparition de nombreuses défaillances qu’il convient de corriger. Ils ont notamment souligné la marginalisation dont souffre la profession de guide touristique, ce qui a entraîné le désintérêt des personnes qualifiées et la multiplication des intervenants non autorisés dans le secteur, au détriment de l’image du tourisme tunisien, notamment en raison de la faiblesse du contrôle liée au nombre limité d’inspecteurs.

Ils ont également précisé que la proposition vise à mieux organiser le secteur en fixant des conditions précises pour l’exercice de cette profession, garantissant au touriste un accompagnement et une information fiable fournis par une personne qualifiée, disposant d’un minimum de connaissances en histoire et en culture et maîtrisant les langues étrangères, tout en assurant aux guides touristiques leurs droits matériels et moraux.

Remplacer la réglementation en vigueur 

Lors du débat, les intervenants ont insisté sur la nécessité d’encadrer cette profession avec rigueur et précision, compte tenu du rôle essentiel du guide touristique, considéré comme un véritable ambassadeur chargé de valoriser la culture et l’histoire du pays. Ils ont rappelé que le secteur est actuellement régi par le décret-loi n°5 de 1973 et ses textes d’application, notamment le décret n°512 de 1973, récemment révisé par le décret n°551 de 2024. Ils ont par ailleurs demandé si l’initiative présentée constitue une simple modification des textes existants ou un nouveau cadre législatif appelé à abroger et remplacer la réglementation en vigueur.

Certains intervenants ont estimé que la majorité des infractions proviennent de l’exercice illégal de la profession par des personnes non habilitées, un problème qui relève davantage d’infractions à la loi et qui devrait être traité sur les plans sécuritaire et judiciaire plutôt que par une réforme de l’organisation du secteur.

En réponse aux observations et interrogations des députés, les représentants des initiateurs ont indiqué que la proposition a été élaborée en s’inspirant des textes en vigueur, d’expériences comparées ainsi que des suggestions des professionnels du secteur. Ils ont précisé qu’il s’agit d’un texte préliminaire susceptible d’être amélioré et enrichi.

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