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Maroc : La fuite Jabaroot, arme politique dans la crise de Ceuta

Le 24 août, le collectif de hackers Jabaroot a publié sur Telegram les données de quelque 70.000 personnes présentées comme membres des services de sécurité marocains. La publication n’est pas un simple acte de piratage : elle est explicitement conditionnée à des exigences politiques liées à la crise migratoire de Ceuta. Une enquête du Monde, publiée mercredi 26 août, relance par ailleurs l’hypothèse que d’anciens agents de la DGST, aujourd’hui en Europe, en seraient les auteurs — sans qu’aucune attribution technique publique ne permette à ce stade de trancher.

Une fuite calibrée pour peser sur Ceuta

La publication du 24 août ne surgit pas isolément. Elle intervient un mois après l’afflux migratoire massif du 30 juillet à Ceuta, où environ 60.000 personnes ont franchi la frontière en quelques jours — un épisode inédit par son ampleur, dont le bilan humain reste disputé entre les autorités espagnoles (au moins 75 morts recensés) et des associations qui avancent des chiffres plus élevés, disparitions comprises.

Jabaroot a directement lié sa fuite à cet épisode. Le groupe cible nommément le conseiller royal Fouad Ali El Himma et Abdellatif Hammouchi, qui dirige à la fois la DGST (renseignement intérieur) et la DGSN (sûreté nationale). Il conditionne la divulgation complète de ses fichiers à une série d’exigences : excuses officielles, deuil national pour les victimes de la traversée, ouverture d’une enquête indépendante sur les violences subies par les migrants, report des élections législatives prévues le 23 septembre, et réformes structurelles de la justice et de l’économie. Le groupe présente par ailleurs sa démarche comme un geste tourné vers l’Espagne, dans un contexte de tensions diplomatiques ravivées entre Madrid et Rabat.

Cette dimension change la nature de l’affaire : il ne s’agit plus seulement d’une fuite de données, mais d’un chantage politique assumé, adossé à une menace de divulgations supplémentaires — Jabaroot affirme notamment détenir la liste des agents ayant coordonné le dispositif marocain à Ceuta.

Cinq ex-agents de la DGST, ou une histoire plus ancienne ?

L’ampleur du chiffre de 70.000 mérite d’être immédiatement nuancée. Plusieurs observateurs relèvent que qualifier l’ensemble de ces personnes d’« espions » ou d’agents de renseignement est excessif : la DGSN est une administration policière large, et rien n’établit publiquement quelle proportion des noms diffusés relève effectivement du renseignement intérieur ou extérieur — l’implication de la DGED, dirigée par Yassine Mansouri, n’est notamment pas confirmée à ce stade. Selon El Confidencial, d’anciens membres des services marocains auraient toutefois jugé authentique une partie des documents, un élément qui pèse sur le niveau de preuve sans permettre de le considérer comme établi.

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Eau en Tunisie : L’UNICEF veut chiffrer le coût de l’inaction

La question de l’eau en Tunisie va bientôt être abordée sous un angle encore rarement quantifié : celui de son coût économique. L’UNICEF Tunisie vient de lancer un appel d’offres international pour réaliser un « Investment Case » destiné notamment à déterminer ce que coûte au pays l’insuffisance des investissements dans l’eau, l’assainissement et l’hygiène, mais aussi les bénéfices que pourraient générer différents scénarios d’investissement.

L’appel d’offres, publié le 24 août 2026 sous la référence LRPS-26-9205778, prévoit une mission d’environ quatre mois. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 15 septembre 2026.

Combien coûte le fait de ne pas investir ?

La mission ne se limitera pas à dresser un nouvel état des lieux des infrastructures hydrauliques tunisiennes.

Selon les termes de l’appel d’offres officiel de l’UNICEF Tunisie, le bureau d’études retenu devra analyser les dépenses publiques consacrées au secteur WASH — eau, assainissement et hygiène — et surtout quantifier le « coût économique de l’inaction ».

L’exercice doit notamment prendre en compte les pertes de productivité, les coûts sanitaires évitables, les effets sur le capital humain et la résilience des infrastructures.

Plusieurs scénarios devront ensuite être comparés, allant du maintien de la situation actuelle à l’accès universel aux services WASH de base, jusqu’au développement de services résilients au changement climatique.

L’objectif est de fournir au gouvernement tunisien et à ses partenaires techniques et financiers un outil permettant de mieux hiérarchiser les investissements.

Cette approche de planification des investissements hydriques est également utilisée ailleurs. En Jordanie, pays lui aussi confronté à un stress hydrique particulièrement élevé, l’UNICEF a accompagné la compagnie publique Miyahuna dans l’élaboration d’un plan de sécurité de l’eau résilient au changement climatique, dont les résultats servent notamment à développer des « investment cases » et à hiérarchiser les investissements nécessaires.

Le Maroc apparaît également dans les travaux de l’UNICEF sur les stratégies de financement du secteur WASH. L’organisation y présente notamment des expériences de financement des infrastructures d’eau et d’assainissement, dont le cas de Casablanca.

Une Tunisie fortement exposée au stress hydrique

L’étude intervient dans un contexte particulièrement sensible. Selon l’UNICEF, la Tunisie est le 17e pays au monde le plus exposé au stress hydrique.

Les difficultés ne concernent d’ailleurs pas uniquement les quantités disponibles. D’après l’enquête MICS 2023, 78,1% de la population dispose d’une eau de boisson provenant d’une source améliorée et disponible sur place. Le taux atteint 80% en milieu urbain, mais tombe à 73% dans les zones rurales.

La qualité constitue également un enjeu : 12,5% de la population consomme une eau contaminée par E. coli à la source d’approvisionnement. Cette proportion atteint 21% en milieu rural.

10,7 milliards de dollars de besoins pour l’eau et l’assainissement

L’ordre de grandeur des investissements nécessaires est déjà considérable.

Les termes de référence de l’étude s’appuient notamment sur la contribution déterminée au niveau national (CDN 3.0) de la Tunisie. Celle-ci estime les besoins globaux de financement climatique à près de 55 milliards de dollars sur la période 2026-2035.

Sur ce montant, environ 10,7 milliards de dollars concernent l’eau et l’assainissement, soit près de 37% des besoins d’investissement liés à l’adaptation au changement climatique.

Ces 10,7 milliards de dollars ne représentent pas le coût de l’inaction. Ils correspondent aux besoins d’investissement identifiés. C’est précisément l’un des intérêts du futur Investment Case : mettre ces besoins en regard des conséquences économiques qu’aurait leur report.

Le débat pourrait ainsi évoluer. À la question « combien faut-il investir ? » viendrait s’en ajouter une autre, potentiellement déterminante pour les choix budgétaires : combien coûte à la Tunisie le fait d’attendre ?

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Carburants : Aucun préavis de grève, le dialogue avec la tutelle toujours au point mort

Aucune nouvelle grève n’est programmée dans le transport des carburants et aucun préavis n’a été déposé. La Fédération générale du pétrole et des produits chimiques l’a confirmé ce mercredi 26 août 2026, tout en révélant que les négociations avec les autorités de tutelle n’ont toujours pas commencé.

Le secrétaire général de la Fédération, Selim Sehimi, a démenti auprès de l’agence TAP les informations faisant état de mouvements surprise ou non encadrés de chauffeurs de camions-citernes.

Il affirme que la Fédération n’a émis, jusqu’à présent, aucune « brève de préavis de grève » et qu’aucune grève surprise n’est actuellement en cours.

Pas de grève immédiate

Cette précision permet également de clarifier le calendrier.

Selon Selim Sehimi, une grève ne pourrait entrer en vigueur qu’au moins dix jours après l’émission officielle d’un préavis.

En l’absence de préavis à ce stade, le scénario d’une nouvelle paralysie immédiate du transport des carburants est donc écarté.

Lundi soir déjà, l’UGTT avait démenti les informations circulant sur une grève prévue mardi 25 août. Ghassen Ksibi, chargé de l’information au sein de la centrale syndicale, avait indiqué avoir obtenu directement cette confirmation auprès de responsables de la Fédération.

Lire aussi: Carburants : Pas de grève ce mardi, une réunion décisive prévue mercredi

La réunion annoncée a bien eu lieu

La Fédération générale du pétrole et des produits chimiques a néanmoins réuni ce mercredi, à son siège, les syndicats des entreprises de transport d’hydrocarbures, dont la majorité appartiennent au secteur privé.

La rencontre était consacrée à la situation du secteur et aux préoccupations des travailleurs.

Mais le principal élément nouveau se situe ailleurs : selon Selim Sehimi, aucune négociation n’est actuellement engagée avec les autorités de tutelle.

Le responsable syndical affirme que les ministères chargés de l’Énergie et des Mines et des Affaires sociales n’avaient toujours pas contacté la Fédération, au moment de sa déclaration à la TAP, pour examiner les problèmes en suspens et rechercher des solutions.

Les principales revendications concernent l’application d’un procès-verbal conclu en 2018, notamment la régularisation de la situation des cotisations sociales au profit de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).

Lire aussi: Transporteurs de carburants : Accord ou nouveau préavis de grève ce vendredi ?

Un dossier toujours ouvert

Le conflit avait brusquement éclaté jeudi 20 août lorsque des chauffeurs de camions transportant des hydrocarbures avaient cessé le travail, perturbant l’approvisionnement de plusieurs stations-service.

Le mouvement avait été levé dans la soirée et l’activité avait repris.

Six jours plus tard, la situation est donc plus claire : aucune grève n’est programmée, aucun préavis n’a été déposé et aucun nouveau blocage de l’approvisionnement n’est annoncé.

Le risque immédiat s’éloigne. Mais l’absence de négociations avec les autorités laisse le conflit social ouvert. Le prochain véritable tournant sera désormais soit l’ouverture du dialogue et la recherche d’un accord, soit le dépôt formel d’un préavis de grève.

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Varun Beverages, géant indien des boissons, débarque en Tunisie

Le géant indien Varun Beverages prépare son arrivée en Tunisie. Son conseil d’administration a approuvé, mardi 25 août 2026, la création d’une société commune avec un partenaire tunisien, destinée à produire et distribuer plusieurs catégories de boissons.

L’information figure dans une déclaration réglementaire adressée le même jour à la National Stock Exchange of India (NSE) et à la BSE. Le document prévoit la constitution de « Varun Beverages Tunisia SA », ou d’une société portant une dénomination similaire après approbation des autorités tunisiennes. La société reste à ce stade « à constituer ».

Un capital de 9 millions de dinars

Le montage retenu associe directement le groupe indien à un partenaire tunisien. Varun Beverages détiendra 75 % de la future société, contre 25 % pour une entité désignée dans le document sous le nom de « Bevanda (Tunisia) ».

Le capital proposé atteint 9 millions de dinars, apportés en numéraire, avec une valeur nominale de 10 dinars par action. La nouvelle entité est classée par Varun Beverages elle-même dans le secteur « FMCG » (biens de grande consommation).

L’identité des actionnaires ou dirigeants se trouvant derrière Bevanda n’est pas précisée dans le dépôt indien.

Le projet doit encore franchir les procédures réglementaires nécessaires. Le document cite notamment l’approbation préalable du Registre national des entreprises (RNE) en Tunisie.

Des sodas au lait : Un champ d’activité très large

La future société ne devrait pas se limiter à la commercialisation de produits importés. Le document officiel lui attribue une activité de « production et distribution » couvrant les boissons gazeuses, les jus, l’eau et les produits laitiers.

Cette diversité correspond au profil de Varun Beverages. Le groupe se présente comme l’un des plus grands franchisés de PepsiCo au monde hors États-Unis et fabrique ou distribue, selon les territoires, des marques comme Pepsi, 7UP, Mirinda, Sting, Tropicana, Gatorade ou Aquafina.

L’entreprise indienne poursuit par ailleurs une importante expansion internationale, particulièrement en Afrique, avec des activités en Afrique australe, au Kenya, au Maroc, en Zambie et au Zimbabwe.

Le projet s’inscrit par ailleurs dans un contexte de rapprochement économique plus large entre les deux pays, à peine cinq jours après la tenue d’un forum tuniso-indien évoquant la création d’une chambre d’affaires bilatérale.

Lire aussi: Tunisie–Inde : Une chambre d’affaires en projet et un forum tous les six mois

Le précédent marocain

Le Maroc constitue un point de comparaison particulièrement intéressant. Varun Beverages y dispose déjà d’une implantation industrielle et commerciale, via Varun Beverages Morocco SA, et y produit notamment des boissons sous les marques Pepsi, Mirinda, 7UP et Aquafina.

Le groupe y a progressivement élargi son activité au-delà des boissons : distribution de Lay’s, Doritos et Cheetos dès février 2024, puis production locale de Cheetos à partir de mai 2025 dans une usine dédiée, pour un investissement annoncé de 100 crores de roupies.

Cette expérience maghrébine donne une dimension supplémentaire au projet tunisien, même si Varun Beverages n’a pour l’instant communiqué ni localisation d’une future unité de production, ni calendrier de démarrage.

Lire aussi: TIF 2026 : La Tunisie déplace son centre de gravité de l’Europe vers l’Afrique

Et Pepsi en Tunisie ?

La question se pose naturellement compte tenu du métier de Varun Beverages et de son partenariat historique avec PepsiCo. Mais, à ce stade, la prudence s’impose.

Le document réglementaire du 25 août ne mentionne ni PepsiCo ni aucune de ses marques pour la Tunisie. Il annonce uniquement la production et la distribution de différentes catégories de boissons.

Il est donc prématuré d’en déduire un retour de Pepsi sur le marché tunisien. En revanche, l’arrivée annoncée de l’un de ses principaux embouteilleurs mondiaux constitue à elle seule un développement significatif pour le secteur tunisien des boissons — un secteur qui a connu ces dernières semaines des tensions d’approvisionnement sur l’eau conditionnée.

La prochaine étape sera désormais à suivre en Tunisie : l’immatriculation de la nouvelle société et les autorisations nécessaires devraient permettre d’en savoir davantage sur Bevanda, l’implantation industrielle envisagée et surtout les marques qui seront produites localement.

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Coupures d’électricité : La STEG annonce de nouveaux délestages ce mardi

La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) annonce la possibilité de recourir, ce mardi 25 août 2026, à de nouvelles coupures tournantes dans plusieurs régions du pays. Les délestages pourraient intervenir entre 13h et 17h et seront déclenchés en fonction de la situation du réseau électrique.

Les interruptions ne sont donc pas systématiques. Lorsqu’elles sont appliquées, elles interviennent par périodes intermittentes ne dépassant pas deux heures.

De nombreuses zones du Grand Tunis concernées

Selon le communiqué de la STEG relayé mardi matin par la Radio nationale, le Grand Tunis figure largement sur la liste.

Fouchana, El Mghira, Borj Cedria, Cité Ettadhamen, La Soukra, El Mourouj, Mégrine, Radès, Ezzahra, Hammam-Lif, Boumhel, Ariana, Douar Hicher, La Marsa, Borj Touil, El Menzah, El Manar, Aïn Zaghouan, Jardins de Carthage, Le Kram, La Goulette, Tebourba, Jedeida, Sidi Thabet et Mornag sont notamment citées.

Dans le Cap Bon figurent Nabeul, Hammamet, Kélibia, Korba, Béni Khiar, Menzel Temime, Menzel Bouzelfa, Soliman et Takelsa. Plusieurs zones de Bizerte et Zaghouan sont également concernées.

Des coupures possibles jusqu’au Sud

La liste s’étend au Nord-Ouest avec notamment Nefza, Rouhia, Makthar, Ghardimaou, Bou Salem, Gaâfour, Nebeur et Tajerouine.

Dans le Centre, les délestages pourraient toucher notamment Enfidha, Hammam Sousse, Akouda, M’saken, Jemmal, Ksar Hellal, Moknine, Mahdia, Chebba, Bouhajla et Sbikha.

À Sfax sont notamment mentionnés Menzel Chaker, Sakiet Ezzit, Sakiet Eddaïer, Bir Ali Ben Khalifa, Mahres, Agareb, El Amra, Jebiniana et Hencha.

Des zones de Gabès, Djerba, Kébili, Tataouine, Zarzis, Ben Guerdane et Médenine figurent également sur la liste.

Un réseau qui continue à être renforcé

La STEG indique que ces coupures éventuelles visent à préserver la sécurité et la continuité du système électrique. Leur déclenchement dépend de l’équilibre entre la production et la consommation.

Lire aussi : Après les délestages : Zaafrana, Bou Argoub… où en est le renforcement du réseau électrique ?

Deux infrastructures sont justement entrées en service récemment : le poste de transformation de Zaafrana, à Kairouan, le 13 juillet, puis celui de Bou Argoub, à Nabeul, le 21 août. Ce dernier contribue notamment à renforcer les échanges électriques entre le Cap Bon, le Grand Tunis et le Sahel.

Ces équipements ne produisent pas eux-mêmes davantage d’électricité, mais augmentent la capacité du réseau à transporter, transformer et répartir l’énergie.

Lire aussi : Tunisie : 600 millions de dinars pour renforcer la production électrique à Borj El Amri

En attendant que les autres projets annoncés renforcent davantage le système, les délestages restent donc un outil auquel la STEG peut recourir lorsque les besoins du réseau l’exigent.

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Visas Espagne-Algérie : Jusqu’à 25 000 euros, l’enquête s’étend au système des rendez-vous

L’enquête espagnole sur un trafic présumé de visas au consulat d’Espagne à Alger s’élargit désormais au fonctionnement de la chaîne de gestion des rendez-vous, dans laquelle intervient BLS International — le même prestataire qui gère les demandes de visas espagnols en Tunisie. Certaines familles auraient versé jusqu’à 25 000 euros au réseau présumé, tandis que des demandeurs suivant la procédure normale auraient pu être écartés au profit de dossiers plus rémunérateurs.

Ce que révèle l’enquête espagnole

Le Juzgado Central de Instrucción n°3 de l’Audience nationale espagnole instruit l’affaire depuis avril, après l’arrestation de Vicente Moreno, alors responsable administratif du consulat d’Espagne à Alger, et de l’employé algérien Mohamed Boutouchent.

Selon The Objective, qui cite des sources policières et judiciaires, les investigations portent notamment sur des soupçons d’aide à l’immigration irrégulière, d’enrichissement illicite et de blanchiment d’argent.

Certaines familles auraient déboursé jusqu’à 25 000 euros pour obtenir des visas ou des documents permettant l’entrée ou le séjour en Espagne.

Ce montant doit être interprété avec prudence : il correspond aux sommes maximales que certaines familles auraient versées au réseau présumé et non au prix officiel d’un visa ou à un tarif imputé à BLS.

L’enquête s’intéresse également à une question particulièrement sensible : des demandeurs utilisant normalement les procédures auraient-ils été pénalisés au profit de dossiers rapportant de l’argent au réseau présumé ?

Selon les éléments judiciaires rapportés par le média espagnol, du personnel intervenant dans des services administratifs aurait sélectionné des familles ayant effectué les paiements réclamés.

BLS International entre dans le périmètre de l’enquête

L’instruction cherche désormais à déterminer le rôle éventuel d’intervenants appartenant aux entreprises chargées de l’attribution des rendez-vous et de la gestion documentaire.

The Objective rapporte que l’enquête s’intéresse à cette chaîne de traitement, avec notamment des références à des plateformes de type BLS.

BLS International conteste toute implication fautive et rappelle que son rôle porte sur la gestion administrative des demandes, tandis que la décision d’accorder ou de refuser un visa appartient aux autorités consulaires espagnoles.

À ce stade, l’élargissement des investigations ne permet donc pas de conclure à une responsabilité de BLS International. La présomption d’innocence s’applique aux personnes concernées par la procédure.

L’affaire soulève néanmoins une question dépassant désormais le fonctionnement interne du consulat : un système parallèle a-t-il pu prospérer autour de l’accès aux rendez-vous et pénaliser ceux qui empruntaient la procédure régulière ?

Et pour la Tunisie ?

La dimension tunisienne mérite d’être relevée avec prudence.

BLS International intervient également à Tunis dans le traitement administratif des demandes de visas pour l’Espagne. Aucun élément disponible ne permet cependant d’établir un lien entre l’enquête menée en Algérie et les activités tunisiennes de l’entreprise.

Le rapprochement s’arrête donc au prestataire et au fonctionnement externalisé d’une partie de la procédure.

Mais la question du coût et de l’accès aux visas Schengen fait également débat en Tunisie. L’Organisation tunisienne pour l’information du consommateur avait notamment critiqué en mai 2026 le poids des frais de service et les difficultés rencontrées par les demandeurs.

Une initiative législative distincte a également proposé le remboursement de 50 % de certains frais de service en cas de refus.

Ces débats tunisiens ne doivent pas être confondus avec l’enquête judiciaire espagnole menée à Alger. Ils posent néanmoins une question commune : jusqu’où l’externalisation des procédures consulaires peut-elle aller sans renforcer les mécanismes de transparence, de contrôle et de recours pour les demandeurs ?

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Pénurie d’eau minérale : Après les saisies, les injections exceptionnelles gagnent la Manouba

Face à une pénurie d’eau minérale qui se prolonge, les autorités ne se limitent plus aux contrôles et aux saisies. Après Nabeul, 124 416 bouteilles de deux litres ont été injectées, lundi 24 août 2026, dans les circuits commerciaux du gouvernorat de la Manouba.

Cette opération représente près de 249 000 litres d’eau supplémentaires destinés aux points de vente. Elle s’inscrit dans une réponse qui a progressivement évolué au cours du mois d’août, passant du contrôle des stocks à des opérations ciblées de renforcement de l’approvisionnement.

Des dizaines de milliers de litres saisis

À Sousse, 23 600 litres avaient d’abord été découverts le 5 août chez deux grossistes. Deux jours plus tard, près de 40 000 litres supplémentaires étaient saisis dans un entrepôt à Kalâa Sghira. En quelques jours, plus de 63 000 litres avaient ainsi été concernés dans la région.

Le phénomène s’était ensuite étendu à Nabeul, où 8 832 bouteilles avaient été saisies le 8 août, dont 5 928 découvertes dans un dépôt destiné à la vente de matériaux de construction.

Lire aussi: Pénurie d’eau minérale : Après les 40 000 litres de Sousse, 8 832 bouteilles saisies à Nabeul

À l’échelle nationale, Webdo rapportait le 12 août que les services du ministère du Commerce avaient saisi plus de 147 000 litres d’eau conditionnée depuis la seconde moitié de juillet et le début du mois d’août.

Lire aussi : Pénurie d’eau en bouteille : Plus de 147 000 litres saisis

Après les saisies, place aux injections

À partir du 22 août, la réponse a changé de dimension. À Nabeul, 165 000 bouteilles ont été orientées vers plusieurs délégations afin de renforcer directement les quantités disponibles dans les commerces.

Le même jour, lors de sa tournée à Kairouan, Sousse et Mahdia, Kaïs Saïed a affirmé que plus de 80 000 bouteilles d’eau minérale cachées dans un entrepôt avaient récemment été saisies et remises dans les circuits de distribution.

À la Manouba, l’opération du 24 août poursuit cette logique. Selon la Direction régionale du commerce, 124 416 bouteilles de deux litres ont été acheminées vers différents points de vente, sous supervision des services de contrôle et avec accompagnement sécuritaire.

Il ne s’agit pas d’une distribution gratuite aux habitants, mais d’une injection exceptionnelle dans le commerce. L’opération doit se poursuivre dans les zones où l’approvisionnement reste insuffisant.

Un marché qui n’a toujours pas retrouvé son équilibre

La succession de ces opérations montre ainsi le passage progressif d’une politique principalement axée sur les contrôles et les saisies à une intervention destinée à renforcer directement l’approvisionnement des régions confrontées aux ruptures.

Ces mesures restent cependant ponctuelles. Les professionnels du secteur ne prévoient désormais une amélioration progressive de la disponibilité de l’eau minérale qu’à partir de septembre, après plusieurs reports du retour à la normale.

Lire aussi: Pénurie d’eau minérale : Après plusieurs reports, le retour à la normale encore repoussé

La multiplication des injections exceptionnelles à Nabeul puis à la Manouba constitue donc un indicateur de la persistance des tensions : le marché de l’eau minérale nécessite encore des interventions ciblées pour renforcer ponctuellement les circuits de distribution.

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Dattes : Les exportations frôlent le milliard de dinars, Tataouine se fait une place

Les exportations tunisiennes de dattes poursuivent leur progression et atteignent désormais 908,4 millions de dinars. Une performance qui intervient alors qu’à Tataouine, encore loin des grandes oasis productrices, la culture du palmier dattier commence à se développer.

Plus de 144.000 tonnes exportées

Selon les dernières données de l’Observatoire national de l’agriculture (ONAGRI), relayées par la TAP, la Tunisie a exporté 144,1 mille tonnes de dattes durant les dix premiers mois de la campagne 2025-2026, contre 127,2 mille tonnes durant la même période de la campagne précédente, soit une progression de 13,3 %.

Les recettes ont augmenté de 12,2 %, passant de 809,6 à 908,4 millions de dinars.

La Deglet Nour demeure le produit phare de la filière : elle représente 84 % des quantités exportées et 93,9 % des recettes.

Cette progression intervient malgré un léger recul des prix. Le prix moyen s’établit à 6,30 DT/kg, en baisse de 0,9 %, tandis que celui de la Deglet Nour atteint 7,05 DT/kg, en diminution de 0,6 %.

Lire aussi: Exportations de dattes : Les recettes tunisiennes atteignent 854,4 MD, en hausse de 10,7 %

Les dattes biologiques affichent, de leur côté, une évolution particulièrement favorable. Quelque 8.256,9 tonnes ont été exportées pour une valeur de 82,2 millions de dinars. Les volumes progressent de 8,1 %, tandis que les recettes bondissent de 32,6 %.

Les dattes tunisiennes sont désormais écoulées sur quelque 86 marchés. L’Union européenne absorbe 45,7 % des volumes, devant l’Afrique (22,9 %) et l’Asie (19,6 %).

Tataouine : Une filière encore modeste

Parallèlement, la culture du palmier dattier commence à gagner du terrain à Tataouine. Le gouvernorat compte environ 50 hectares, répartis entre quelque 70 exploitations agricoles, pour une capacité de production estimée entre 100 et 150 tonnes.

Ces volumes restent très modestes face aux grands bassins de Kébili, Tozeur, Gafsa et Gabès. Mais cette émergence intervient au terme d’une campagne exceptionnelle, avec une production tunisienne ayant atteint le niveau record de 404.000 tonnes.

Le développement de nouvelles zones de production soulève cependant la question de la disponibilité de l’eau. L’expansion des palmeraies dans le Sud tunisien s’accompagne déjà d’une pression importante sur les ressources souterraines.

Lire aussi: Dattes : Les records de production cachent l’épuisement des nappes du Sud

Pour Tataouine, l’enjeu sera donc double : profiter de la dynamique d’une filière exportatrice qui approche désormais le milliard de dinars de recettes, tout en évitant que son développement ne reproduise les tensions hydriques observées dans les principaux bassins dattiers du Sud.

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Carburants : Pas de grève ce mardi, une réunion décisive prévue mercredi

Contrairement aux informations circulant sur les réseaux sociaux, aucune grève dans le transport des carburants n’est prévue ce mardi 25 août. L’UGTT dément cette information, alors qu’une réunion syndicale prévue mercredi pourrait déterminer la suite du mouvement.

La rumeur d’une nouvelle perturbation dans l’approvisionnement en carburants s’est propagée lundi soir sur les réseaux sociaux, quelques jours seulement après le mouvement des chauffeurs de camions-citernes qui avait provoqué des difficultés d’approvisionnement dans plusieurs stations-service.

Ghassen Ksibi, chargé de l’information au sein de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), a cependant démenti l’existence d’une décision de grève pour ce mardi.

Dans une publication sur sa page Facebook, il indique avoir pris directement contact avec Selim Sehimi, secrétaire général de la Fédération générale du pétrole et des produits chimiques, ainsi qu’avec Selouan Smiri, secrétaire général adjoint de l’UGTT chargé des relations internationales et arabes.

Tous deux lui ont confirmé que l’information faisant état d’une grève dans le transport des carburants était « incorrecte » et qu’aucune intention de faire grève ce mardi n’existait.

Des négociations toujours en cours

Le démenti ne signifie toutefois pas que le conflit social est réglé.

Selon Ghassen Ksibi, des contacts et des négociations sont actuellement en cours autour de plusieurs revendications des chauffeurs assurant le transport des hydrocarbures.

Parmi les dossiers évoqués figure notamment une prime faisant l’objet d’un accord remontant à 2018, ainsi que la régularisation de la situation relative à la couverture sociale et d’autres questions professionnelles.

Le secteur avait déjà connu une forte tension jeudi dernier lorsqu’un mouvement des chauffeurs de camions-citernes avait perturbé la sortie des carburants depuis la zone pétrolière de Radès. La reprise des livraisons avait ensuite permis un retour progressif à la normale dans les stations-service.

Mercredi, journée décisive

La prochaine étape est désormais fixée à mercredi 26 août.

La Fédération générale du pétrole et des produits chimiques s’est entendue avec les représentants syndicaux pour tenir une réunion destinée à évaluer les avancées obtenues et, notamment, la volonté de la partie administrative de répondre aux revendications des travailleurs.

Si aucune avancée n’est constatée, les syndicats pourraient alors déposer officiellement un préavis de grève, conformément aux procédures en vigueur.

Cette démarche ouvrirait une nouvelle phase de négociations. Ce n’est qu’en cas d’échec de celles-ci qu’une grève pourrait effectivement être organisée.

Ghassen Ksibi appelle ainsi à ne pas relayer les informations non vérifiées susceptibles d’alimenter inquiétude et confusion, alors qu’aucune décision de grève n’a, pour l’heure, été prise.

Pour les automobilistes, aucune nouvelle perturbation liée à un mouvement de grève n’est donc annoncée ce mardi. L’attention se tourne désormais vers la réunion de mercredi et vers l’éventuelle décision des syndicats de déposer — ou non — un préavis de grève.

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Gaza : Le piège des soldats musulmans

Ils devaient être plusieurs milliers. Jusqu’à 8000 Indonésiens, auxquels devaient s’ajouter des Marocains, des Kazakhs, des Kosovars ou encore des Albanais. Sur le papier, leur mission est rassurante : stabiliser Gaza, protéger les civils, sécuriser l’aide humanitaire et accompagner le retrait israélien. Mais derrière ces objectifs se cache une question beaucoup plus embarrassante : que feront réellement ces soldats musulmans lorsqu’ils seront sur le terrain ?

L’annonce d’un contingent marocain pouvant atteindre 500 hommes remet aujourd’hui cette question au premier plan. Car si l’envoi de soldats arabes et musulmans à Gaza peut spontanément être perçu comme un engagement en faveur des Palestiniens, le mandat de la Force internationale de stabilisation (ISF) est beaucoup plus complexe.

Cette force n’a pas seulement vocation à s’interposer entre Israéliens et Palestiniens. Elle doit participer à l’établissement d’un nouvel ordre sécuritaire dans la bande de Gaza.

Et c’est précisément là que commence le problème.

8000 Indonésiens qui ne sont jamais partis

Le cas de l’Indonésie est révélateur. Jakarta avait envisagé de fournir entre 5000 et 8000 militaires. Une contribution considérable puisque l’ISF doit théoriquement compter environ 20 000 hommes. Le plus grand pays musulman du monde aurait ainsi pu constituer à lui seul près de 40% de cette force.

Puis tout s’est arrêté.

L’escalade militaire entre Israël, les États-Unis et l’Iran a officiellement conduit Jakarta à suspendre son déploiement. Mais cette décision est intervenue alors qu’une question devenait déjà politiquement sensible en Indonésie : dans quel camp ces militaires se retrouveraient-ils réellement ?

Car l’ISF n’est pas une classique mission de Casques bleus. Elle doit protéger les civils et faciliter l’aide humanitaire, certes. Elle doit aussi accompagner le retrait progressif de l’armée israélienne et permettre à une nouvelle police palestinienne de prendre progressivement le contrôle du territoire. Mais elle doit également contribuer à la démilitarisation de Gaza.

Protéger les Palestiniens… et en désarmer d’autres

C’est tout le paradoxe.

Un soldat indonésien ou marocain pourrait demain sécuriser un convoi humanitaire destiné à des familles palestiniennes. Quelques heures plus tard, il pourrait être appelé à sécuriser des armes récupérées ou à empêcher la reconstitution d’une infrastructure militaire appartenant à une faction palestinienne.

La même force serait donc chargée de protéger les Palestiniens et de participer au désarmement de groupes palestiniens.

La différence est fondamentale. Et elle pourrait devenir explosive dans les opinions publiques musulmanes si les premières images montrant des militaires marocains, indonésiens ou kazakhs confrontés à des Palestiniens venaient à circuler.

D’autant que cette force internationale ne serait pas indépendante des puissances directement impliquées dans le conflit.

Sous commandement américain

L’ISF doit fonctionner sous commandement unifié américain et coordonner ses opérations notamment avec Israël et l’Égypte.

Pour les pays musulmans participants, l’équation devient alors extrêmement délicate.

Ils peuvent considérer qu’ils viennent remplacer progressivement l’armée israélienne, protéger la population et permettre aux Palestiniens de retrouver une administration et une police propres.

C’est probablement la justification politique la plus forte de leur présence.

Mais une autre lecture est possible : celle de soldats musulmans participant à l’application sur le terrain d’un ordre sécuritaire conçu sous leadership américain et dont l’un des objectifs majeurs demeure le désarmement du Hamas et des autres groupes armés.

Entre ces deux lectures existe une frontière extrêmement mince.

Pourquoi le Maroc accepte-t-il ce risque ?

L’annonce concernant les quelque 500 Marocains devient dès lors beaucoup plus intéressante qu’un simple chiffre.

Rabat sait nécessairement combien l’image d’un soldat marocain à Gaza sera politiquement sensible.

La monarchie entretient des relations avec Israël depuis la normalisation de 2020 tout en continuant d’afficher son soutien à la cause palestinienne. Le roi Mohammed VI préside par ailleurs le Comité Al-Qods.

Envoyer des militaires à Gaza permettrait donc au Maroc de montrer qu’il participe directement à la stabilisation et à la reconstruction du territoire palestinien.

Mais cette présence comporte un risque considérable : que ces militaires soient perçus non plus comme des protecteurs, mais comme les exécutants arabes d’un dispositif imposé de l’extérieur.

L’Indonésie semble avoir compris la difficulté. Ses milliers de soldats préparés pour Gaza sont toujours restés chez eux.

Le Maroc paraît aujourd’hui disposé à avancer avec un contingent beaucoup plus limité.

Reste une question essentielle, à laquelle ni les chiffres ni les déclarations diplomatiques ne répondent encore vraiment :

lorsqu’un soldat musulman entrera à Gaza sous l’uniforme de l’ISF, sera-t-il là pour protéger les Palestiniens — ou pour leur imposer le nouvel ordre de l’après-guerre ?

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Pays-Bas : La canicule tunisienne retarde les uniformes de l’armée

Les fortes chaleurs enregistrées cet été en Tunisie ont eu une conséquence inattendue aux Pays-Bas : elles ont contribué, selon la Défense néerlandaise, à retarder la livraison des nouvelles tenues de combat de son armée. Des coupures d’électricité ont affecté un fournisseur tunisien intégré à la chaîne de production du groupe allemand Hexonia.

L’information a été communiquée au Parlement néerlandais par le secrétaire d’État à la Défense, Derk Boswijk, et rapportée vendredi 21 août par l’agence néerlandaise ANP et NL Times.

Vestes et pantalons bloqués

Il y a deux ans, le ministère néerlandais de la Défense avait commandé de nouvelles tenues de combat à l’entreprise allemande Hexonia. Une partie de la chaîne d’approvisionnement passe cependant par la Tunisie, où est implanté l’un de ses fournisseurs.

Selon les informations transmises au Parlement, ce sous-traitant a été confronté cet été à des coupures d’électricité attribuées par la Défense néerlandaise aux épisodes de chaleur extrême.

Des pièces essentielles, notamment les vestes et pantalons de combat, n’ont ainsi pas pu être livrées selon le calendrier prévu.

La distribution des nouveaux uniformes devait initialement commencer en septembre 2026. Elle est désormais attendue au cours du premier trimestre 2027, soit un retard d’au moins quatre mois.

Le ministère néerlandais de la Défense assure toutefois que ce décalage n’aura « aucune conséquence pratique » sur l’équipement du personnel actuel et futur de l’armée.

Lire aussi: STEG : 18.294 interventions, mais la colère ne retombe pas

La Tunisie, maillon discret d’une chaîne militaire européenne

Au-delà de son caractère insolite, l’affaire met en lumière la place de l’industrie tunisienne dans certaines chaînes d’approvisionnement européennes. Une entreprise implantée en Tunisie participe ici indirectement à la fabrication d’équipements destinés aux forces armées néerlandaises.

Le nom du fournisseur tunisien concerné n’est toutefois pas indiqué dans les informations publiques disponibles. Il serait donc prématuré d’identifier une entreprise ou une région industrielle particulière.

Cette chaîne de production illustre une organisation industrielle dépassant largement les frontières nationales : le client final est le ministère néerlandais de la Défense, le fabricant Hexonia est allemand et l’un de ses fournisseurs est installé en Tunisie.

Lire aussi: La Tunisie aura traversé l’une des pires séquences caniculaires de son histoire récente

L’épisode montre surtout comment une perturbation locale peut se répercuter plusieurs mois plus tard sur une commande publique européenne. Une panne électrique affectant un sous-traitant suffit à ralentir une chaîne industrielle répartie entre plusieurs pays.

Dans ce dossier, les conséquences de la chaleur tunisienne ont donc dépassé les frontières du pays. Selon les explications fournies par La Haye, les coupures subies par un fournisseur en Tunisie ont fini par retarder jusqu’à la distribution des nouveaux uniformes de l’armée néerlandaise.

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Santé des détenus : La Direction générale des prisons dément les accusations et publie ses chiffres

La Direction générale des prisons et de la rééducation a démenti, samedi 22 août 2026, les informations faisant état d’une dégradation générale de la santé de certains détenus, de négligences médicales ou d’une absence de soins. L’administration pénitentiaire a également communiqué des chiffres sur les consultations hospitalières enregistrées au premier semestre 2026.

Près de 20 800 consultations hospitalières au premier semestre

Le porte-parole de la Direction générale des prisons et de la rééducation, Hatem Akroute, a indiqué à la TAP que 19 537 consultations médicales de jour avaient été effectuées dans les hôpitaux publics au profit de détenus jusqu’à fin juin 2026.

À celles-ci s’ajoutent 1 236 consultations nocturnes, portant à 20 773 le nombre total de consultations hospitalières rapportées sur cette période.

Ce chiffre correspond au nombre de consultations et non au nombre de détenus pris en charge : une même personne peut avoir bénéficié de plusieurs consultations.

Selon Hatem Akroute, la prise en charge sanitaire en milieu carcéral comprend les examens médicaux, le suivi, les traitements et les analyses nécessaires, ainsi que l’orientation vers les établissements publics spécialisés lorsque l’état du détenu l’exige.

La décision médicale revient aux médecins, selon l’administration

La Direction générale des prisons affirme que les situations sanitaires évoquées récemment sont suivies conformément aux procédures médicales en vigueur.

Son porte-parole précise que les décisions médicales ne sont pas prises sur la base de considérations administratives ou pénales, mais en fonction du diagnostic établi par les professionnels de santé compétents.

L’administration rejette ainsi les informations faisant état de négligences ou d’absence de soins et estime que certaines descriptions diffusées récemment sont susceptibles de donner une image ne correspondant pas à la réalité.

Cette position reste toutefois celle de l’administration pénitentiaire. Les données communiquées à la TAP constituent des chiffres officiels déclarés et ne permettent pas, à elles seules, une évaluation indépendante des conditions sanitaires dans les différents établissements pénitentiaires.

Un nouveau démenti après celui de juillet

Cette intervention n’est pas la première de l’administration pénitentiaire au cours de l’été.

Fin juillet, la Direction générale des prisons avait déjà démenti les informations faisant état d’une détérioration de l’état de santé de certains détenus et d’entraves aux visites, dans un contexte alors marqué par de fortes chaleurs.

La déclaration du 22 août apporte cette fois un élément supplémentaire : des chiffres sur le recours aux hôpitaux publics au cours des six premiers mois de l’année.

La Direction générale des prisons prévient également qu’elle pourrait engager des procédures judiciaires contre toute personne qui diffuserait délibérément des informations qu’elle considère comme fausses ou susceptibles de porter atteinte à la réputation de l’institution pénitentiaire ou de créer la confusion.

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Libye : Washington salue l’accord de Tunis, Al-Menfi tempère

À peine paraphé à Tunis, l’accord entre représentants de l’Est et de l’Ouest libyens connaît son premier test politique. Alors que Washington y voit une avancée vers des élections nationales, le président du Conseil présidentiel, Mohamed al-Menfi, émet déjà des réserves sur la méthode et la légitimité de certains arrangements.

Cette double réaction illustre la fragilité du compromis obtenu jeudi 20 août dans la capitale tunisienne.

Washington salue une « avancée importante »

Massad Boulos, conseiller principal du président américain pour les affaires arabes et africaines, a salué les progrès réalisés à Tunis concernant les lois électorales et la Haute Commission nationale électorale (HNEC).

Dans une déclaration relayée par Libya Herald, il les présente comme une étape importante vers un processus crédible susceptible de conduire à des élections nationales réussies.

Washington réaffirme également son soutien à l’émergence d’un exécutif unifié. Mais cet objectif appartient à la feuille de route politique plus large soutenue par les Nations unies et ne figure pas dans le texte paraphé à Tunis.

Celui-ci porte sur deux dossiers précis : la formation du conseil de la HNEC et l’amendement du cadre juridique régissant les élections présidentielle et législatives.

Selon la Mission d’appui des Nations unies en Libye (MANUL), les participants doivent poursuivre leurs consultations en Libye afin de définir les modalités d’application de l’accord.

Lire aussi: Libye : Depuis Tunis, appel renouvelé à une solution politique libyo-libyenne

Al-Menfi critique déjà la méthode

À Tripoli, Mohamed al-Menfi s’est montré beaucoup plus réservé.

Dans des déclarations reprises par Anadolu, le président du Conseil présidentiel critique le manque de transparence entourant certains arrangements et insiste sur la nécessité de respecter les références constitutionnelles et les compétences des institutions libyennes.

Il met notamment en garde contre des décisions concernant les institutions souveraines, dont la HNEC, qui pourraient reposer sur des compétences juridiquement contestables.

Al-Menfi estime que la Libye n’a pas besoin d’arrangements susceptibles de reproduire les divisions existantes ou de devenir un nouveau partage des postes et de l’influence.

Il ne rejette toutefois pas explicitement l’ensemble du processus. Ses réserves portent surtout sur la méthode, sa base juridique et les conditions de mise en œuvre du compromis.

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Tunis, point de départ et non point d’arrivée

L’accord de Tunis ne constitue donc pas un règlement de la crise libyenne. Il tente d’abord de lever deux obstacles au processus électoral, bloqué depuis l’échec du scrutin prévu en décembre 2021.

Le contraste entre Washington et Al-Menfi donne surtout un aperçu des difficultés à venir.

Pour les États-Unis, Tunis ouvre une nouvelle voie vers les élections. En Libye, le compromis devra encore convaincre les institutions et les acteurs qui n’ont pas directement participé à sa rédaction.

La Tunisie aura ainsi accueilli une étape diplomatique significative. Mais le véritable test commence désormais en Libye : transformer un compromis sur les règles du jeu électoral en mécanisme suffisamment légitime pour être réellement appliqué.

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Huile d’olive tunisienne en Espagne : Une percée commerciale qui inquiète Madrid

Portée par une récolte exceptionnelle et des prix compétitifs, l’huile d’olive tunisienne s’impose de plus en plus sur le marché espagnol, devenu son premier débouché. Une progression qui commence à susciter une réaction politique chez les producteurs ibériques, qui réclament des mesures de protection.

Une razzia tunisienne sur les importations espagnoles

Selon les dernières données du ministère espagnol de l’Agriculture (MAPA), citées par l’agence EFE, les importations espagnoles d’huile d’olive en provenance de pays extérieurs à l’Union européenne ont bondi de 83,9 % entre janvier et mai 2026, pour atteindre 73.400 tonnes. Toutes origines confondues, l’Espagne a importé 115.300 tonnes d’huile d’olive sur cette période, soit 27,5 % de plus qu’un an auparavant.

Interrogé par EFE, Rafael Pico, directeur général de l’Association espagnole de l’industrie et du commerce exportateur de l’huile d’olive (Asoliva), explique cette hausse par une production nationale inférieure aux attentes — 1,3 million de tonnes depuis octobre, en recul de 8,5 % — et par des écarts de prix marqués entre producteurs méditerranéens. Il cite explicitement la Tunisie, qui a bénéficié d’une récolte abondante et de prix « sensiblement inférieurs » à ceux pratiqués en Espagne et dans le reste de l’Europe.

Cette envolée intervient alors que la Tunisie vit une campagne d’exportation exceptionnelle. Selon l’ONAGRI, ses ventes à l’étranger ont atteint 368.000 tonnes à fin juillet 2026, en hausse de 55,3 % sur un an. L’Espagne est désormais le premier client de l’huile tunisienne, avec 32,1 % des volumes exportés, devant l’Italie (20 %) et les États-Unis (19,2 %).

Lire aussi: Huile d’olive tunisienne : Les exportations dépassent 4,3 milliards de dinars avec une forte hausse des recettes

Un marché stratégique, mais politiquement sensible

Cette présence tunisienne croissante ne passe pas inaperçue auprès des producteurs espagnols. L’organisation agricole COAG réclame depuis plusieurs semaines l’activation des clauses de sauvegarde prévues par l’accord euro-méditerranéen UE-Tunisie, afin de bloquer les entrées d’huile tunisienne au-delà du contingent préférentiel. Ce contingent autorise chaque année l’entrée sans droits de douane de 56.700 tonnes d’huile tunisienne dans l’Union européenne.

Lire aussi: Huile d’olive tunisienne : Bruxelles refuse d’augmenter les quotas sous pression italienne

Pour la COAG, l’afflux d’huile à bas prix a contribué à l’effondrement des cours payés aux producteurs espagnols : l’huile d’olive extra vierge se négocie aujourd’hui autour de 3,4 euros le litre, contre plus de 4 euros en décembre 2025.

Asoliva défend une lecture différente, estimant que ces importations comblent avant tout le manque de disponibilité locale. L’association rappelle que l’huile importée est soumise aux mêmes contrôles sanitaires et qualitatifs que la production européenne, et dément tout recours aux pesticides sur l’huile tunisienne.

Et pour la Tunisie ?

Pour le secteur oléicole tunisien, l’Espagne représente à la fois une opportunité commerciale majeure et un marché de plus en plus exposé à la pression politique. Près d’un tiers des exportations tunisiennes d’huile d’olive prennent aujourd’hui cette direction — une dépendance qui expose la filière tunisienne aux arbitrages réglementaires européens, comme l’illustre déjà le refus de Bruxelles, plus tôt cette année, d’élargir le contingent tunisien sous la pression des producteurs italiens.

Lire aussi: Huile d’olive : Les agriculteurs andalous pointent du doigt la Tunisie

La question n’est donc plus seulement de savoir combien d’huile la Tunisie peut vendre en Espagne, mais jusqu’où cette progression pourra se poursuivre sans provoquer de nouvelles restrictions commerciales.

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Migration : Deux morts et douze disparus après le naufrage au large de Zarzis

Mise à jour – 23 août 2026

Le bilan du naufrage d’une embarcation partie du sud tunisien à destination de l’Italie s’est alourdi. Deux corps ont été repêchés et un seul survivant est désormais confirmé, tandis que douze personnes restent portées disparues.

Ces nouveaux éléments actualisent les premières informations publiées samedi, qui faisaient état de treize disparus et de deux rescapés.

Deux corps repêchés

Le porte-parole de la Garde nationale, Houssem Eddine Jebabli, a indiqué que les opérations de recherche avaient permis de récupérer deux corps. Les dépouilles ont été transférées vers un établissement hospitalier de l’île de Djerba.

Selon les informations communiquées à la TAP et rapportées également par Associated Press, une quinzaine de personnes se trouvaient à bord de l’embarcation.

Le bateau avait pris la mer jeudi depuis le sud-est tunisien. Ses occupants tentaient de rejoindre les côtes italiennes lorsqu’ils ont fait naufrage.

Le bilan communiqué depuis par les autorités permet désormais de préciser les circonstances du drame.

Un seul survivant désormais confirmé

Un seul survivant est à ce stade officiellement confirmé. Il a été retrouvé en mer par un navire commercial alors qu’il portait un gilet de sauvetage.

Son témoignage a notamment permis d’établir qu’environ quinze personnes avaient pris place à bord de l’embarcation.

À la suite de ce sauvetage, les autorités tunisiennes ont renforcé le dispositif destiné à retrouver les autres occupants. Un hélicoptère ainsi que des unités de la Garde maritime ont été mobilisés pour participer aux recherches.

Les opérations se poursuivent et le bilan reste susceptible d’évoluer.

Douze personnes toujours portées disparues

Sur la base des informations actuellement disponibles — une quinzaine de personnes à bord, deux corps retrouvés et un survivant — environ douze personnes restent portées disparues.

Ce chiffre demeure toutefois provisoire tant que le nombre exact de personnes ayant embarqué n’a pas été définitivement établi par les autorités.

Le drame ravive le souvenir du naufrage qui avait profondément marqué Zarzis en 2022. Une embarcation transportant 18 personnes avait alors disparu en mer. L’affaire avait provoqué une importante mobilisation des familles et une controverse autour des opérations de recherche et de l’identification de certaines victimes.

Pour le nouveau naufrage, les recherches se poursuivent au large du sud-est tunisien. La priorité reste de retrouver les personnes encore portées disparues et d’établir un bilan définitif.

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Fortes pluies en Tunisie : Plusieurs régions touchées, des dégâts à Kasserine

De fortes pluies orageuses ont touché, vendredi 21 août 2026, plusieurs régions du centre et du centre-ouest de la Tunisie. Les images et vidéos diffusées depuis les zones concernées montrent par endroits des précipitations soutenues, de la grêle et d’importants ruissellements.

L’épisode concerne notamment les gouvernorats de Kasserine et Siliana, tandis que l’Institut national de la météorologie (INM) avait annoncé le développement de cellules orageuses sur plusieurs régions du centre du pays.

Des pluies accompagnées de grêle et de vents forts

L’INM confirme que des précipitations ont été enregistrées entre 7h vendredi et 7h ce samedi 22 août. Son bulletin de vigilance, diffusé vendredi à 17h03 et valable jusqu’à samedi à 17h, fait état de cellules orageuses accompagnées de pluies parfois intenses, de chutes de grêle et de rafales pouvant dépasser 70 km/h.

À Siliana, des vidéos diffusées notamment par l’Observatoire tunisien de la météo et du climat ont montré les pluies à Rouhia ainsi que des précipitations accompagnées de grêle dans la délégation de Bargou.

La situation a été plus marquée dans le gouvernorat de Kasserine, où plusieurs localités ont été touchées par les intempéries.

Kasserine parmi les régions les plus touchées

Les pluies et la grêle ont notamment concerné Sbeitla, Hassi El Ferid, Feriana, Foussana et Thala, ainsi que plusieurs secteurs du sud du gouvernorat.

Selon les premières informations rapportées localement, les fortes précipitations ont provoqué des écoulements importants et la montée des eaux dans certains oueds. À Sidi El Harath, dans la délégation de Kasserine Sud, une famille encerclée par les eaux dans son domicile a dû être secourue après les fortes pluies et l’écoulement des oueds, selon une vidéo diffusée par l’Observatoire tunisien de la météo et du climat. La même source fait également état de la mort d’un nombre important de moutons. Voir la vidéo de Sidi El Harath publiée par l’Observatoire

À Bouzguem, des pertes de bétail ont été signalées après les intempéries, tandis que des familles auraient dû quitter temporairement leurs habitations face à la montée des eaux. Des dégâts sur des cultures et notamment des oliviers ont également été rapportés.

Ces éléments constituent encore un premier bilan et devront être précisés par les autorités locales et la Protection civile.

Une vigilance toujours en vigueur

Les conditions météorologiques restent à surveiller ce samedi. L’INM maintient son bulletin de vigilance jusqu’à 17h, en raison du risque associé aux cellules orageuses, aux pluies localement intenses, à la grêle et aux fortes rafales.

L’épisode intervient alors que les autorités tunisiennes viennent justement d’examiner les préparatifs pour la saison des pluies et les risques d’inondation. À ce stade, toutefois, il est trop tôt pour établir un lien entre les dégâts observés vendredi et l’état des opérations de curage ou des infrastructures d’évacuation des eaux : un bilan plus détaillé des zones touchées sera nécessaire.

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Inondations : Où en sont les opérations de curage avant les pluies d’automne ?

À quelques semaines des premières pluies d’automne, le gouvernement fait le point sur un chantier très concret : ce qui a réellement été curé, nettoyé ou entretenu depuis le début de l’année pour réduire le risque d’inondations. Le bilan présenté jeudi 20 août en Conseil ministériel montre des niveaux d’avancement très différents selon les interventions.

Près de 59 % du programme général de curage a été réalisé à fin juillet. Mais pour les oueds, cette proportion tombe à environ 36 %. Le gouvernement demande désormais que les travaux prioritaires soient achevés avant la période la plus exposée aux fortes pluies.

2 250 kilomètres traités sur les 3 800 prévus

À fin juillet, 2 250 kilomètres de canaux, cours d’eau et ramifications avaient été curés et nettoyés sur un programme annuel d’environ 3 800 kilomètres.

Cela représente près de 59 % de l’objectif fixé pour 2026. Pour les bassins de rétention, 62 hectares ont été traités sur les quelque 70 hectares programmés.

Le bilan est nettement moins avancé pour les oueds : 131 kilomètres ont été curés sur les 363 kilomètres prévus, soit environ 36 %. Les interventions restantes concernent 18 gouvernorats.

Cette différence est l’un des principaux enseignements du bilan présenté par le gouvernement : alors que près des trois cinquièmes du programme général ont été réalisés, près des deux tiers des kilomètres d’oueds programmés restent encore à traiter.

Plus de 500 kilomètres de réseaux pluviaux restent à curer

Le travail porte également sur les réseaux destinés à évacuer les eaux de pluie. À fin juillet, 476 kilomètres avaient été curés. Les interventions doivent encore couvrir 562 kilomètres supplémentaires.

Du côté des ouvrages hydrauliques, 83 lacs collinaires ont été entretenus et les travaux se poursuivent sur 116 autres.

Des interventions exceptionnelles ont par ailleurs été réalisées dans les gouvernorats de Monastir, Mahdia et Gafsa au niveau des oueds et des réseaux d’évacuation.

Le Conseil ministériel demande désormais des inspections précises des zones et infrastructures considérées comme prioritaires, ainsi qu’une vérification de la disponibilité des équipements et moyens d’intervention.

132 millions de dinars après les inondations de janvier

Le bilan apporte également une précision importante sur les conséquences des inondations de janvier 2026.

Une enveloppe de 132 millions de dinars a été mobilisée pour traiter les dégâts dans 15 gouvernorats. Les travaux sont répartis en deux tranches. La première concerne 120 points pour un montant de 84 millions de dinars.

Ces interventions sont distinctes du programme de protection contre les inondations déjà engagé cette année. Celui-ci comprend 29 projets concernant plusieurs villes et zones urbaines, pour un coût global proche de 396 millions de dinars.

Webdo avait présenté ce programme en février, ainsi que l’objectif annuel de 3 800 kilomètres de curage. Les données arrêtées à fin juillet permettent aujourd’hui de mesurer ce qui a effectivement été réalisé.

Les « points noirs » doivent être classés par priorité

À l’approche de la saison des pluies, les autorités veulent également revoir la cartographie des secteurs vulnérables.

Le Conseil ministériel demande de classer les « points noirs », zones et infrastructures exposés aux inondations selon leur degré de priorité. Les bases de données des « points bleus » doivent être actualisées et les plans de prévention et d’intervention révisés aux niveaux national, régional et local.

Le dispositif de surveillance, de mesure et d’alerte précoce doit lui aussi être renforcé.

Le chiffre à surveiller au cours des prochaines semaines sera surtout celui des travaux restant à réaliser. À fin juillet, 1 550 kilomètres du programme général de curage n’avaient pas encore été traités et 232 kilomètres d’oueds restaient à prendre en charge. À l’approche de l’automne, c’est désormais l’exécution de ce reliquat qui permettra de mesurer le niveau réel de préparation.

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Phosphate tunisien : De nouveaux forages renforcent le potentiel de Gasaat

Le projet phosphatier Gasaat, dans le Nord-Ouest tunisien, vient d’enregistrer de nouveaux résultats encourageants. PhosCo, la société australienne au cœur du programme américain visant à attirer plus de 100 millions de dollars d’investissements privés vers le phosphate tunisien, annonce que les cinq premiers forages réalisés sur une nouvelle cible ont tous rencontré d’importantes couches phosphatées.

Ces résultats donnent une dimension plus concrète au projet que Washington cherche désormais à accompagner financièrement.

Cinq forages, cinq intersections de phosphate

Les travaux concernent la cible KH, intégrée au projet Gasaat. Selon les résultats publiés par PhosCo, les cinq forages du programme initial ont tous traversé des zones minéralisées relativement épaisses.

Le résultat le plus notable provient du forage GADD-2026-35 : 19,4 mètres présentant une teneur moyenne de 20,66 % de P₂O₅, dont une section de 9 mètres atteignant 24,21 %. Un autre forage a rencontré 18,8 mètres à 18,83 %, avec à l’intérieur une zone de 8,3 mètres à 22,72 %.

Lire aussi : Phosphates : L’Algérie passe à la vitesse supérieure, la Tunisie face à un nouveau concurrent

Ces chiffres ne signifient toutefois pas que PhosCo vient de découvrir autant de nouvelles réserves exploitables. Les résultats de forage devront notamment être intégrés aux travaux d’estimation des ressources et aux études économiques du projet.

Ils apportent néanmoins des indications supplémentaires sur la continuité et la qualité de la minéralisation à Gasaat.

Une cible située à 3,5 km de l’usine envisagée

L’intérêt de KH tient également à sa localisation. La cible se trouve à seulement 3,5 kilomètres du site envisagé pour l’installation de traitement.

PhosCo met également en avant une minéralisation susceptible de présenter un faible ratio de décapage, c’est-à-dire une quantité relativement limitée de matériaux stériles à retirer pour atteindre le minerai. Si ces caractéristiques sont confirmées dans les prochaines études, elles pourraient réduire certains coûts d’extraction et de transport.

L’entreprise estime ainsi que KH pourrait contribuer à améliorer l’économie du projet, notamment durant ses premières années d’exploitation.

Un projet désormais suivi de près par Washington

Ces résultats interviennent moins de deux semaines après la publication d’un programme américain consacré spécifiquement à PhosCo et au phosphate tunisien.

Comme Webdo l’avait révélé le 7 août, le département d’État américain prévoit une subvention pouvant atteindre 1,536 million de dollars pour mettre en place un dispositif destiné à mobiliser plus de 100 millions de dollars de capitaux privés américains autour de PhosCo.

L’objectif affiché est notamment d’amener des investisseurs américains à prendre une participation de 30 à 40 % dans la société australienne. Les 100 millions de dollars ne constituent donc pas un financement déjà acquis : ils représentent la cible d’investissements privés que le programme américain doit tenter de mobiliser. (webdo⁠)

Gasaat dispose déjà d’une ressource annoncée de 166,6 millions de tonnes de phosphate. PhosCo présente le projet comme susceptible d’accueillir une exploitation de grande taille et de longue durée, à proximité des marchés d’exportation. (PhosCo⁠)

Les nouveaux résultats de KH ajoutent ainsi une pièce au dossier : au moment où Washington cherche à attirer des investisseurs américains vers Gasaat, PhosCo continue de renforcer les données géologiques sur lesquelles devra reposer la viabilité économique du projet.

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Tunisie : 1 101 protestations en juillet, un record depuis 2016

La contestation sociale a fortement accéléré en Tunisie en juillet 2026. L’Observatoire social tunisien a recensé 1 101 mouvements de protestation au cours du mois, le niveau le plus élevé de la série comparative publiée depuis juillet 2016. Derrière ce record, un phénomène domine : plus de 60 % des mobilisations sont liées aux problèmes d’eau et aux coupures d’électricité.

Selon les données de l’Observatoire social tunisien, relevant du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), 373 mouvements ont été provoqués par des problèmes liés à l’eau et 305 par les coupures d’électricité.

À eux seuls, ces deux motifs représentent 678 mobilisations, soit 61,6 % de l’ensemble des mouvements recensés en juillet.

Un bond de 27 % en un mois

Avec 1 101 mouvements, juillet enregistre une hausse d’environ 27 % par rapport aux 867 protestations recensées en juin. La progression est encore plus spectaculaire par rapport à mai, qui en avait compté 411 : en deux mois, leur nombre a ainsi été multiplié par plus de 2,5.

Le niveau atteint se distingue également dans la série historique publiée par l’Observatoire. Celle-ci remonte à juillet 2016, lorsque 632 mouvements avaient été recensés. Aucun des mois de juillet observés entre 2016 et 2025 n’avait atteint le niveau enregistré cette année.

À titre de comparaison, juillet 2025 n’avait comptabilisé que 357 mouvements. En un an, leur nombre a donc plus que triplé.

L’eau et l’électricité concentrent 61,6 % des mouvements

Le chiffre global masque surtout une évolution dans les motifs de mobilisation. Les difficultés touchant directement les services essentiels occupent une place prépondérante dans le bilan de juillet.

Les problèmes liés à l’eau arrivent en tête avec 373 mouvements, devant les coupures d’électricité avec 305. Ensemble, ils représentent près de deux protestations sur trois enregistrées au cours du mois.

Ces données prennent une résonance particulière cet été alors que plusieurs régions tunisiennes connaissent des perturbations touchant l’approvisionnement en eau ou en électricité. Ces derniers jours encore, des coupures périodiques de courant ont été annoncées dans plusieurs zones afin de préserver la sécurité et l’équilibre du réseau électrique.

Le rapport ne permet pas d’établir à lui seul les causes techniques de ces perturbations. Il met en revanche en évidence leur traduction sociale : en juillet, l’accès régulier à l’eau et à l’électricité s’est imposé comme l’un des principaux foyers de mobilisation recensés en Tunisie.

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Blé : Les tensions en mer Noire mettent les importations tunisiennes sous pression

La Tunisie vient de réaliser l’une de ses meilleures campagnes céréalières depuis plusieurs années. Pourtant, les attaques contre les ports et les navires en mer Noire rappellent une réalité : le pays reste dépendant du blé importé et donc exposé aux perturbations de l’un des principaux bassins céréaliers mondiaux.

La Tunisie avertit ses fournisseurs

Selon Reuters, les attaques russes et ukrainiennes contre des ports, des terminaux céréaliers et des navires provoquent des retards et des annulations de cargaisons en pleine saison d’exportation.

Les cours de référence du blé à Chicago ont ainsi progressé de plus de 17% depuis début juillet.

La Tunisie est directement citée parmi les pays concernés. Reuters rapporte que Tunis a averti ses fournisseurs qu’elle n’accepterait pas facilement l’invocation de la « force majeure » pour justifier le non-respect de leurs engagements.

Elle n’est pas un cas isolé. L’agence cite également l’Algérie parmi les grands importateurs dépendants du blé russe et ukrainien. L’Égypte apparaît encore plus exposée : plus de 82% de ses importations de blé provenaient de Russie et d’Ukraine au premier semestre 2026.

Au Maroc comme en Tunisie, de meilleures récoltes permettent toutefois d’amortir, pour l’instant, l’impact des perturbations.

Une bonne récolte, mais toujours besoin d’importer

En juin, la récolte tunisienne 2026 devait dépasser 22 millions de quintaux de céréales.

Cette embellie réduit la vulnérabilité du pays, mais ne signifie pas que la Tunisie peut se passer du marché international, notamment pour le blé.

Dans une prévision publiée en avril, le Département américain de l’Agriculture tablait pour la campagne 2026/2027 sur une production tunisienne de 1,2 million de tonnes de blé, pour une consommation estimée à environ 3 millions de tonnes. Les importations étaient ainsi encore évaluées à 1,85 million de tonnes.

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Le risque vient d’abord des prix

À ce stade, la situation ne laisse pas présager de pénurie en Tunisie. Le risque immédiat réside plutôt dans le renchérissement des achats si les perturbations se prolongent.

Le blé de la mer Noire reste particulièrement compétitif. Reuters situe les cargaisons de la région autour de 260 à 280 dollars la tonne, alors que certaines alternatives australiennes atteignent 315 à 320 dollars.

Plus les difficultés dureront, plus les importateurs devront rechercher d’autres origines et se concurrencer pour les cargaisons disponibles.

La bonne récolte 2026 offre donc à la Tunisie un amortisseur appréciable, mais pas un bouclier. Après plusieurs années où la principale inquiétude venait de la sécheresse et des récoltes nationales, la pression pourrait cette fois venir des routes maritimes qui acheminent le blé jusqu’aux pays importateurs.

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