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Voisins en accélération, concurrents en montée de gamme : le modèle tunisien à réinventer !

La croissance tunisienne peine à changer de rythme. Face à des voisins qui accélèrent et à des concurrents qui montent en gamme, l’enjeu n’est plus seulement d’investir, mais de créer davantage de valeur.

Pourquoi la Tunisie reste-t-elle enfermée dans une croissance autour de 2 % alors que plusieurs économies de la région avancent à un rythme plus soutenu ? Pour l’économiste Anis Wahabi, la réponse se trouve moins dans l’absence de secteurs porteurs que dans un modèle économique qui doit désormais évoluer. Dans une déclaration exclusive à L’Économiste Maghrébin, il met en avant une question simple, mais déterminante : que produit réellement un dinar d’investissement en Tunisie ? Autrement dit, au-delà du montant investi, c’est la capacité de l’économie à transformer cet investissement en production, en valeur ajoutée et en nouvelles activités qui doit être interrogée.

Ne plus miser uniquement sur le coût

La Tunisie dispose encore d’atouts importants. Mais dans plusieurs activités, son avantage repose principalement sur le coût de production. Le textile et le câblage en sont des illustrations. Or, cette position devient plus difficile à défendre à mesure que d’autres pays proposent à leur tour des coûts compétitifs tout en développant des activités à plus forte valeur ajoutée.

Pour M. Wahabi, le véritable enjeu est donc de sortir progressivement de cette logique. La Tunisie ne peut pas se contenter de produire pour d’autres. Elle doit davantage transformer, concevoir, développer et valoriser ses produits et ses services. Cette montée en gamme peut concerner aussi bien l’industrie que les services. Dans le tourisme, par exemple, l’objectif ne devrait pas être uniquement d’augmenter le nombre de visiteurs. L’économiste invite plutôt à regarder la valeur générée par chaque touriste. Un même service peut ainsi être vendu à des niveaux de prix très différents selon la qualité, le positionnement et la valeur qui lui est associée.

Le raisonnement vaut également pour l’huile d’olive ou l’artisanat. Exporter un produit brut ne procure pas la même valeur que le transformer, le conditionner et construire autour de lui une véritable offre commerciale. Derrière ces exemples se trouve une même exigence : faire davantage avec ce que la Tunisie produit déjà.

Cette transformation passe, selon Anis Wahabi, par le développement des activités à forte valeur ajoutée, notamment celles qui mobilisent davantage de recherche et de développement. La question posée aux investisseurs est alors différente : plutôt que de rechercher uniquement un coût de production compétitif, la Tunisie doit pouvoir accueillir des projets apportant davantage de technologie, de compétences et de valeur.

Cela suppose aussi de mieux connecter l’université à l’industrie. Les entreprises ont besoin de compétences capables d’accompagner cette transformation, tandis que la recherche doit pouvoir trouver davantage de débouchés dans le tissu productif.

Le changement de modèle ne relève donc pas d’un simple repositionnement sectoriel. Il touche aussi à la capacité du pays à faire émerger un environnement favorable à l’investissement et à l’innovation.

Les voisins ont déjà engagé le mouvement

C’est ici que la comparaison régionale prend tout son sens. Le Maroc, l’Algérie, l’Égypte et la Jordanie ont, à des degrés différents, travaillé sur l’attraction de l’investissement et la construction d’écosystèmes autour de projets industriels et de services.

L’économiste cite notamment l’expérience égyptienne, qui a misé sur l’attraction d’investissements et la réalisation de projets structurants. L’idée dépasse la seule implantation d’une entreprise : il s’agit de créer autour d’elle les conditions nécessaires à son développement. Zones industrielles, zones logistiques, infrastructures portuaires et aéroportuaires : ces équipements participent à la construction d’un écosystème capable d’accompagner les investisseurs et de donner davantage de cohérence aux projets. La Tunisie dispose, elle aussi, de structures publiques dédiées à l’investissement. Mais pour Anis Wahabi, la question reste celle de la capacité à faire émerger suffisamment de projets structurants et à reproduire cette logique d’écosystème.

De l’investissement à la transformation

Au fond, le problème de la croissance tunisienne ne se résume pas à une question de volume. Il s’agit de savoir où investir, dans quelles activités et pour quelle valeur créée. Tant que l’économie restera fortement dépendante d’activités où la compétitivité repose principalement sur les coûts, sa capacité à changer d’échelle restera limitée. À l’inverse, la montée en gamme, la recherche, l’innovation, la transformation des produits et le développement de services à plus forte valeur ajoutée peuvent ouvrir de nouveaux relais. C’est là que se situe, selon l’analyse d’Anis Wahabi, le véritable défi tunisien : ne plus chercher seulement à attirer l’investissement, mais attirer et développer l’investissement qui transforme l’économie.

Face à des voisins qui accélèrent et à des concurrents qui ne se contentent plus de produire moins cher, le statu quo devient de moins en moins tenable. Pour retrouver un rythme de croissance plus élevé, la Tunisie devra surtout réussir à produire davantage de valeur à partir de ses propres atouts.

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63 MDT dans l’automobile, l’aéronautique et l’emballage

Deux nouveaux dossiers, représentant 63 millions de dinars (MDT) d’investissements, ont été approuvés, pour 9,5 millions de dinars de primes.

Réunie vendredi 2 octobre 2026 au siège du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, la Commission consultative du Programme de mise à niveau de l’industrie était présidée par Afef Chachi Tayari, cheffe de cabinet du ministère.

La réunion s’est tenue en présence de représentants de l’UTICA, des ministères des Finances, de l’Économie, du Commerce, de l’Emploi, ainsi que ceux des Affaires sociales et de la Santé. Des représentants du secteur bancaire ont également participé aux travaux, aux côtés de Bouthaïna Boukamcha, directrice générale du Bureau de mise à niveau de l’industrie, et de plusieurs cadres supérieurs du ministère.

Les deux dossiers approuvés concernent deux entreprises industrielles opérant dans la fabrication de composants automobiles et aéronautiques ainsi que dans l’emballage métallique. Les investissements prévus atteignent au total 63 millions de dinars, avec des primes de mise à niveau de 9,5 millions de dinars.

23 dossiers de mise à niveau approuvés

La commission a également validé les travaux de la commission restreinte du Programme de mise à niveau, réunie le 30 septembre 2026. Cette dernière a approuvé 23 dossiers de mise à niveau, représentant un volume d’investissement de 82,3 millions de dinars, assorti de 11,6 millions de dinars de primes. À cela s’ajoutent 57 dossiers portant sur des investissements technologiques prioritaires, pour une enveloppe globale de 3,17 millions de dinars, dont 1,26 million de dinars de primes.

Ces nouvelles approbations traduisent la poursuite des dispositifs publics destinés à accompagner la modernisation technologique et la mise à niveau des entreprises industrielles tunisiennes.

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Slah Zouari : « La Tunisie, partenaire stratégique des énergies propres entre l’Afrique du Nord et l’Europe »

Le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Slah Zouari, a participé jeudi 1er octobre 2026 à Alger au deuxième sommet ministériel du projet de corridor sud de l’hydrogène « SouthH2 », réunissant la Tunisie, l’Algérie, l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne.

À cette occasion, Slah Zouari a souligné que la transition énergétique constitue une opportunité stratégique pour renforcer le partenariat entre l’Afrique du Nord et l’Europe, notamment à travers l’investissement conjoint et le développement de nouvelles chaînes de valeur.

La Tunisie mise notamment sur les énergies renouvelables, l’hydrogène vert et ses dérivés. Selon le ministre, sa position géographique et ses infrastructures énergétiques en font un partenaire stratégique pour le développement d’un réseau régional de transport des énergies propres entre les deux rives de la Méditerranée.

Tunis souhaite désormais passer du dialogue à des projets concrets, en privilégiant les initiatives économiquement viables et finançables, tout en tenant compte de leur impact environnemental. La coopération dans la recherche, l’innovation et le transfert de technologies figure également parmi les priorités.

À l’issue de la réunion, la Tunisie, l’Algérie, l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne ont signé la Déclaration ministérielle d’Alger relative au corridor SouthH2. Celle-ci prévoit notamment la création d’un secrétariat dédié au projet, avec l’accompagnement de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI).

Cette nouvelle étape vise à renforcer la coopération énergétique euro-méditerranéenne et à poser les bases de futurs échanges d’énergies propres entre l’Afrique du Nord et l’Europe.

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Report du procès de Ziad El Heni au 3 novembre

La Chambre criminelle du Tribunal de première instance de Tunis a décidé de reporter l’examen de l’affaire impliquant le journaliste Zied El Heni, un ancien ministre de la Culture ainsi que plusieurs autres prévenus, au 3 novembre prochain.

Cette affaire fait suite à une décision de la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Tunis, qui avait ordonné le renvoi devant la Chambre criminelle du Tribunal de première instance de Tunis de Zied El Heni, en sa qualité d’ancien membre de la délégation spéciale de la municipalité de Carthage, ainsi que de Ezzeddine Belchaouch, ancien président de cette délégation spéciale, et de son ancien adjoint Mohamed Ali Hammami.

Deux autres prévenus sont également concernés par cette procédure.

Le dossier porte ainsi sur des faits liés à la gestion de la municipalité de Carthage, les cinq prévenus devant comparaître devant la juridiction pénale conformément à la décision de la Chambre d’accusation.

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Devises : 24 milliards de dinars, un coussin de 93 jours

Les avoirs nets en devises de la Tunisie se sont établis à 23,843 milliards de dinars, soit l’équivalent de 93 jours d’importation, à la date du 30 septembre 2026, selon les dernières données publiées par la Banque centrale de Tunisie (BCT).

La BCT indique également que les transactions portant sur les billets et monnaies métalliques ont atteint 29,692 millions de dinars au cours de la même journée.

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Déclarations fiscales : 4 dates clés en octobre 2026

La Direction générale des impôts (DGI), relevant du ministère des Finances, a publié son agenda fiscal pour le mois d’octobre 2026, qui fixe quatre principales échéances pour l’accomplissement des obligations fiscales et le paiement des impôts et taxes.

Voici les 4 dates clés à retenir :

16 octobre 2026 : dernier délai pour le dépôt de la déclaration mensuelle par les personnes physiques.

16 octobre 2026 : échéance également fixée pour le dépôt de la déclaration trimestrielle par les personnes soumises au régime forfaitaire ainsi que celles relevant du régime réel.

20 octobre 2026 : dernier délai pour le dépôt de la déclaration mensuelle par les personnes morales adhérant au système de déclaration et de paiement des impôts à distance.

28 octobre 2026 : échéance pour le dépôt de la déclaration mensuelle par les personnes morales non adhérentes au système de déclaration et de paiement des impôts à distance.

Ces échéances s’inscrivent dans le cadre des obligations fiscales périodiques auxquelles sont soumis les contribuables. Le ministère des Finances met par ailleurs à leur disposition des services permettant d’effectuer à distance les opérations de déclaration et de calcul des impôts via les plateformes électroniques dédiées.

L’administration générale des impôts précise que les dates indiquées correspondent au dernier jour du délai légal prévu pour le dépôt des déclarations fiscales et non à l’unique date possible pour accomplir ces formalités.

Elle recommande ainsi aux contribuables concernés de déposer leurs déclarations dans les jours précédant les échéances maximales, afin d’éviter l’affluence aux recettes des finances et de limiter la pression sur les systèmes informatiques durant les dernières heures.

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Recrutement des docteurs : le Parlement promet des auditions

Le président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Brahim Bouderbala, s’est engagé à transmettre le dossier des docteurs sans emploi à la commission parlementaire compétente, afin qu’il fasse l’objet des auditions nécessaires.

Lors d’une rencontre tenue vendredi 2 octobre au palais du Bardo avec Imen Baccouch, membre du conseil local d’Ezzahra, et Hatem Ben Jemaa, chargé du dossier des docteurs au chômage, Brahim Bouderbala a assuré que le pouvoir législatif était disposé à déployer les efforts nécessaires pour favoriser l’emploi de ces compétences, dans le cadre de ses prérogatives.

Le représentant des docteurs au chômage a toutefois souligné que ce dossier n’avait pas encore trouvé de solution définitive. Il a notamment pointé les limites du recours aux concours de recrutement, qui ne répondraient pas pleinement aux besoins de cette catégorie, compte tenu du nombre limité de postes ouverts dans certaines spécialités. Les deux interlocuteurs ont ainsi appelé le Parlement à œuvrer à la mise en place d’une approche globale en matière d’emploi, permettant de mieux intégrer ces compétences et de leur offrir de véritables perspectives professionnelles. L’objectif est notamment de valoriser leur expertise dans les domaines de l’enseignement et de la recherche scientifique.

Bouderbala insiste sur la valorisation des compétences

Brahim Bouderbala a indiqué comprendre les préoccupations exprimées et souligné la nécessité de préserver les compétences et les élites tunisiennes et de leur accorder l’attention requise.

Il a également mis en avant la valeur du diplôme de doctorat, considéré comme le plus haut grade universitaire dans l’enseignement supérieur, appelant ainsi à mieux valoriser les compétences qu’il représente.

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Budget 2027 : le Conseil des régions transmet son projet au ministère des Finances

Le Bureau du Conseil national des régions et des districts a approuvé, jeudi, le projet de budget de l’institution pour 2027 et décidé de le transmettre au ministère des Finances. Il a également appelé l’ensemble des commissions à reprendre leurs travaux, en prévision de l’examen du projet de loi de finances pour 2027.

Réuni sous la présidence d’Imed Derbali, le Bureau a consacré ses travaux aux préparatifs de la nouvelle session parlementaire 2026-2027. Plusieurs axes inscrits au programme de formation de cette session ont également été examinés, selon un communiqué publié vendredi par le Conseil.

Les commissions appelées à reprendre leurs travaux

À l’issue de la réunion, le Bureau a décidé de transmettre à la Commission des services et du développement social une proposition relative à un projet de plan stratégique de restructuration du transport terrestre.

Les questions écrites déposées par les membres du Conseil seront, quant à elles, transmises aux ministères concernés.

À l’ouverture de la réunion, le président du Conseil, Imed Derbali, a souligné l’importance de la période actuelle, compte tenu, selon lui, des enjeux auxquels sont confrontées les institutions de l’État et des responsabilités qui leur incombent.

Il a appelé les membres du Conseil à poursuivre leur travail avec « responsabilité », en plaçant l’intérêt national au cœur de leur action. L’écoute des citoyens, la prise en compte de leurs préoccupations et la défense de leurs droits doivent, a-t-il insisté, rester au centre de l’action du Conseil.

L’intérêt national au cœur du discours

Imed Derbali a également souligné que « la victoire de la Tunisie » constitue une responsabilité collective. Il a appelé à préserver l’unité de l’État et de ses institutions, à défendre la souveraineté et les intérêts supérieurs du pays et à préserver sa stabilité.

Le Conseil national des régions et des districts entend ainsi poursuivre sa mission de représentation et de contrôle, en restant attentif aux préoccupations des citoyens et en contribuant, selon son président, à l’édification d’un État « juste et fort ».

Pour la prochaine étape, Imed Derbali a appelé à davantage de cohésion et à une mobilisation accrue autour des priorités nationales, alors que le Conseil se prépare à reprendre pleinement ses travaux et à participer à l’examen des échéances législatives à venir.

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Tunisie, Italie, Allemagne, Autriche : Tebboune réunit 4 pays autour du corridor hydrogène vers l’Europe

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a reçu les ministres de l’Énergie d’Autriche, d’Allemagne, d’Italie et de Tunisie, cette dernière étant représentée par le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Salah Zouari. Cette rencontre était consacrée au projet de corridor SudH2, destiné à relier l’Afrique du Nord à l’Europe pour le transport d’hydrogène renouvelable.

Selon un communiqué de la présidence algérienne, la réunion s’inscrit dans le cadre des efforts visant à accélérer la concrétisation de ce projet énergétique stratégique, qui associe l’Algérie, la Tunisie, l’Italie, l’Allemagne et l’Autriche.

À l’issue de l’entretien, Salah Zouari a souligné que le corridor SudH2 constitue une infrastructure stratégique pour les énergies propres. Il doit permettre de relier les capacités de production d’hydrogène en Afrique du Nord aux marchés européens, en renforçant les interconnexions énergétiques entre les deux rives de la Méditerranée.

Le ministre tunisien a également indiqué que les études complémentaires relatives au projet devraient être achevées dans les prochaines semaines. Cette étape doit ouvrir la voie à l’annonce de la configuration définitive du corridor ainsi que des modalités de sa réalisation.

Un corridor énergétique entre l’Afrique du Nord et l’Europe

Le projet SudH2 Corridor figure parmi les initiatives européennes visant à développer une chaîne de valeur de l’hydrogène renouvelable reliant l’Afrique du Nord à plusieurs marchés européens. Son tracé doit notamment passer par la Tunisie et l’Italie avant de se prolonger vers l’Allemagne et l’Autriche.

Au-delà du transport de l’hydrogène, le projet entend renforcer la coopération énergétique entre les pays participants et accompagner la transition vers des sources d’énergie moins carbonées.

Pour la Tunisie, son intégration à ce corridor représente également un enjeu en matière d’interconnexion énergétique et de positionnement dans les nouvelles chaînes de valeur liées à l’hydrogène renouvelable. Le pays se trouve ainsi au cœur d’un axe énergétique appelé à relier les capacités de production nord-africaines aux besoins croissants du marché européen.

La rencontre de haut niveau à Alger intervient donc à une étape importante du projet, alors que les pays partenaires travaillent à finaliser les études techniques et à préciser les conditions de sa mise en œuvre.

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Moteur bloqué à 2 %, quotidien paralysé : ce qui freine la croissance tunisienne

Investissement en berne, capital humain sous-exploité, secteurs d’activité en perte de vitesse, financement frileux… Dans une déclaration à L’Économiste maghrébin, Ghazi Boulila, expert économiste, décortique les verrous qui enferment la croissance tunisienne autour de 2 % et plaide pour un changement de modèle.

Ghazi Boulila estime que tout débat sur la performance économique du pays gagne à commencer par une clarification : croissance et développement ne sont pas synonymes. La première mesure la variation de la richesse produite, à travers l’évolution du PIB. Le second suppose que cette richesse se traduise par une amélioration visible et qualitative de la vie des citoyens. Or la Tunisie échoue sur les deux tableaux, estime l’expert, car une croissance trop faible ne peut produire de développement tangible.

L’économiste appuie son diagnostic sur le revenu par habitant, qui ramène la richesse nationale à chaque citoyen. Celui-ci ne progresse que d’environ un point par an, un rythme insuffisant pour un pays en développement censé rattraper des économies plus avancées. Pour amorcer une véritable convergence, la croissance devrait être sensiblement plus soutenue, de l’ordre de 4 points, afin que le niveau de vie du Tunisien s’améliore sensiblement.

Les projections de la Banque mondiale vont dans le même sens. Dans son dernier Tunisia Economic Monitor, publié le 22 septembre 2026, l’institution de Bretton Woods relève une croissance de 2,7 % en 2025, puis de 2,4 % en glissement annuel au premier semestre 2026. Elle table sur 2,3 % pour l’ensemble de l’année, avant une moyenne de 2,1 % sur 2027-2028.

Investissement : un moteur qui cale

Premier facteur de blocage : l’investissement, que Ghazi Boulila compare au moteur d’une voiture. Son taux est tombé à seulement 15,4 % du PIB en 2025, un niveau particulièrement faible au regard des besoins de l’économie tunisienne. Selon l’économiste, il faudrait viser entre 25 % et 30 % du PIB pour retrouver une dynamique de croissance plus soutenue. Le privé recule, le public aussi : entre un déficit budgétaire élevé et un service de la dette de plus en plus lourd, l’État dispose de moins en moins de marges pour financer les infrastructures dont le pays a besoin. La Banque mondiale pointe d’ailleurs les mêmes déséquilibres des finances publiques, ainsi que la vulnérabilité de l’économie à la hausse des prix des importations et de l’énergie. Ce recul public pèse sur le privé, insiste l’expert, puisqu’un grand chantier d’infrastructure entraîne dans son sillage entreprises, fournisseurs et emplois. Plutôt que de réclamer toujours plus d’investissements privés, il invite à chercher pourquoi celui-ci fait défaut. La faute incombe en partie aux textes, à la lourdeur administrative et à un secteur informel qui fausse la concurrence.

Sur ce terrain, l’approche tunisienne lui paraît trop classique : s’en remettre presque uniquement au budget de l’État et à la dette limite mécaniquement les ambitions. Ghazi Boulila plaide pour des sources innovantes, à commencer par le partenariat public-privé, dans lequel un opérateur privé construit et exploite l’infrastructure pendant vingt ou trente ans avant de la restituer à la collectivité. L’Allemagne et plusieurs pays européens y ont recouru. La Tunisie y gagnerait, puisque l’ouvrage se bâtit sans alourdir la dette et revient ensuite à l’État. Il évoque aussi un financement de proximité, auquel les citoyens d’une région contribueraient, avec le concours des banques, pour un projet qui les concerne directement.

Mais ce schéma se heurte à plusieurs obstacles. Le code des marchés publics impose des délais excessivement longs et des procédures complexes, et les textes changent à un rythme qui décourage les investisseurs. Quant aux banques, elles préfèrent placer leurs liquidités en bons du Trésor plutôt que de financer l’économie réelle, par aversion au risque. Plutôt que de les blâmer, l’expert recommande de comprendre ce qui les freine et de lever leurs craintes.

Le capital humain constitue, à ses yeux, le second moteur de la croissance. La Tunisie forme des ingénieurs, mais le système éducatif les prépare insuffisamment à l’initiative, à la création et à l’innovation. Faute de laboratoires de recherche, les diplômés les plus brillants partent exercer ailleurs. Il déplore aussi une culture qui valorise le diplômé en attente d’un recrutement public plutôt que celui qui crée de la valeur. À cela s’ajoute le capital social, c’est-à-dire la confiance et la qualité des relations dans les entreprises, les administrations et les familles. Un climat de travail apaisé fait grimper la productivité, et des pays comme l’Inde y travaillent de façon délibérée. En Tunisie, le sujet reste largement ignoré.

Textile, tourisme, agriculture : l’avance perdue

Ces secteurs illustrent cette perte d’élan. Dans les années 1970 et 1980, rappelle l’économiste, la Tunisie devançait le Maroc dans le textile et la confection. La concurrence chinoise est ensuite arrivée, et les industriels européens se sont tournés vers le Vietnam, le Bangladesh ou l’Afrique. Pendant ce temps, la Corée du Sud bâtissait des filières d’électronique et de haute technologie, quand la Tunisie restait cantonnée à des activités à faible valeur ajoutée. Pour en sortir, il préconise de monter en gamme vers le luxe, en s’appuyant sur un savoir-faire et un goût proches des standards italiens et français.

Le tourisme souffre du même mal : massif, souvent bradé, il offre un service médiocre. La Tunisie devrait miser sur la qualité, qu’il s’agisse de propreté, d’accueil ou de service, plutôt que sur le volume.

L’agriculture reste, d’après lui, l’occasion la plus manquée. Le pays dispose de richesses exceptionnelles, de l’huile d’olive aux agrumes, mais les exporte souvent à l’état brut. Les Pays-Bas, eux, ont bâti une réputation mondiale sur le fromage et le lait sans disposer de ressources supérieures. Ghazi Boulila imagine une industrie de transformation qui ferait de l’olive des sauces, des pâtes à tartiner ou des produits cosmétiques… , ainsi qu’un institut de recherche dédié à l’olivier, installé dans une région intérieure, où il créerait de l’activité et irriguerait le tissu économique local.

Des idées en abondance, des projets en panne

Reste le principal défi : les idées existent, mais elles ne deviennent pas des projets. Dans l’esprit de nombreux porteurs de projet, entreprendre revient encore à ouvrir une cafétéria ou un snack. L’enjeu est d’autant plus pressant que la Banque mondiale désigne le stress hydrique comme un facteur désormais décisif pour la croissance, l’emploi et la productivité.

Face à des voisins qui avancent, avec plus de 4 % pour le Maroc et l’Algérie et autour de 5 % pour l’Égypte, Ghazi Boulila appelle à une vision claire, partagée entre ministères et opérateurs économiques, et surtout à des projets concrets, réalisés plutôt qu’annoncés. L’État ne pourra pas tout financer seul, conclut-il à L’Économiste Maghrébin : il lui faut ouvrir la porte au privé, lever les freins administratifs et miser sur l’intelligence collective.

 

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Le Maroc décroche 270 millions d’euros pour moderniser ses aéroports

Le Maroc et la Banque africaine de développement (BAD) ont conclu un accord de financement de 270 millions d’euros, soit environ 307 millions de dollars. Il est destiné à l’extension et à la modernisation des infrastructures aéroportuaires du Royaume.

Signé à Casablanca en présence du président du Groupe de la BAD, Sidi Ould Tah, et de la ministre marocaine de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, l’accord entre le Maroc et la BAD vise à renforcer la capacité d’accueil des principaux aéroports marocains, à améliorer la connectivité aérienne et à soutenir les secteurs du tourisme et du transport.

Le programme concerne notamment les aéroports de Marrakech, Agadir, Fès et Tanger. Il prévoit le développement et l’extension des infrastructures, la modernisation des systèmes de navigation aérienne ainsi que le renforcement des dispositifs de sûreté et de sécurité.

A cet égard, la Banque africaine de développement précise que ce financement doit permettre au Maroc de répondre à la hausse attendue du trafic aérien, aussi bien pour les passagers que pour le fret. Et ce, tout en préparant ses infrastructures à l’accueil de grands événements internationaux.

Des capacités renforcées à l’horizon 2030

Le programme prévoit une augmentation significative de la capacité annuelle des principaux aéroports concernés. À l’horizon 2030, celle-ci devrait atteindre 14 millions de passagers pour l’aéroport de Marrakech, 5 millions pour Agadir, 3,6 millions pour Tanger et 3 millions pour Fès.

À travers cet investissement, le Maroc entend consolider son positionnement comme hub régional du transport aérien, capable de renforcer les liaisons entre l’Afrique, l’Europe et les autres marchés internationaux.

Le projet s’inscrit également dans les ambitions du Royaume en matière de développement touristique à l’horizon 2030. Alors que le secteur aérien constitue un levier majeur pour accroître l’attractivité du pays et accompagner la croissance des flux touristiques et commerciaux.

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La Tunisie renforce son expertise en cybersécurité avec l’appui américain

Les États-Unis et la Tunisie entendent renforcer leur coopération dans le domaine de la cybersécurité, avec un accent particulier sur la résilience des systèmes numériques face aux menaces émergentes.

Cette volonté a été réaffirmée lors d’une rencontre tenue le 29 septembre à l’ambassade des États-Unis à Tunis entre l’ambassadeur Bazzi et l’expert américain en cybersécurité M.K. Palmore.

Fort de 35 ans d’expérience au sein du Corps des Marines des États-Unis, du FBI ainsi que de Palo Alto Networks et Google Cloud, M.K. Palmore est en Tunisie pour partager son expertise en matière de cybersécurité et de résilience numérique.

Ses échanges avec différents acteurs tunisiens portent notamment sur les moyens de renforcer la sécurité des infrastructures numériques et de tirer parti des solutions proposées par les entreprises américaines.

Les discussions couvrent plusieurs secteurs stratégiques, notamment la santé, la finance et les télécommunications, dans l’objectif de contribuer à un environnement numérique plus sûr et plus résilient.

L’ambassade américaine souligne par ailleurs l’importance de l’adoption de normes communes élevées, considérées comme un levier pour faciliter la coopération entre les entreprises tunisiennes et américaines dans le domaine de la cybersécurité.

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Produits féminins : une plateforme nationale pour booster les ventes en ligne

Le ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées annonce l’ouverture des inscriptions à la plateforme nationale de commercialisation des produits féminins. Les candidates souhaitant y référencer leurs produits pourront s’inscrire en ligne du jeudi 1er au lundi 5 octobre 2026.

Dans un communiqué publié mercredi, le ministère précise que les inscriptions s’effectuent exclusivement en ligne via la plateforme dédiée. Les porteuses de projets relatifs aux produits féminins devront, dans un premier temps, créer un compte personnel, puis renseigner avec précision les informations demandées et vérifier leur exactitude. Elles devront également enregistrer leurs produits conformément aux données requises dans la fiche descriptive de chaque produit.

À l’issue de cette phase d’inscription, les dossiers soumis feront l’objet d’un examen par les services concernés. Les candidates seront ensuite informées de la décision via la plateforme nationale de commercialisation des produits féminins, au cours de la dernière semaine d’octobre 2026.

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Financement à 0 % : le crédit d’honneur accessible dès ce 1er octobre

Le dépôt des demandes de « crédit d’honneur » débute ce jeudi 1er octobre 2026 via une plateforme numérique dédiée. Ce nouveau mécanisme de financement a été instauré par le décret-loi n°148 de 2026 du 23 juillet 2026, portant réforme des dispositions relatives aux facilités bancaires et au régime des chèques.

Destiné aux particuliers, aux porteurs de petits projets, aux petites et moyennes entreprises ainsi qu’aux sociétés communautaires, ce dispositif du « crédit d’honneur » vise à faciliter l’accès au financement en permettant de bénéficier de liquidités sans intérêts et sans garanties bancaires classiques, selon les précisions du Conseil bancaire et financier (CBF).

Les montants accordés varient en fonction du profil du bénéficiaire et de la nature de son activité. Les particuliers peuvent ainsi obtenir un financement allant jusqu’à 5 000 dinars pour couvrir des dépenses personnelles ou de consommation. Pour les porteurs de petits projets, le plafond est fixé à 10 000 dinars, afin de soutenir leurs activités professionnelles.

Les petites et moyennes entreprises ainsi que les sociétés communautaires peuvent, pour leur part, bénéficier de financements pouvant atteindre 25 000 dinars, destinés notamment à renforcer leur situation financière et à soutenir leurs programmes d’investissement.

Un financement sans intérêts ni garanties

Le « crédit d’honneur » repose sur plusieurs facilités destinées à alléger les conditions d’accès au financement. Le dispositif prévoit notamment un taux d’intérêt de 0 %, ainsi qu’une exonération des intérêts bancaires, des frais d’étude des dossiers et des éventuelles commissions supplémentaires.

Autre particularité : aucune garantie personnelle ou réelle ne peut être exigée du bénéficiaire dans le cadre de ce mécanisme.

La durée de remboursement est fixée à deux ans au maximum, avec la possibilité de bénéficier d’une période de grâce allant jusqu’à six mois, conformément aux dispositions réglementaires en vigueur.

Les banques disposent de dix jours pour répondre

Le dispositif encadre également le traitement des demandes. Les établissements bancaires sont tenus de répondre aux dossiers dans un délai maximal de dix jours ouvrables à compter de leur dépôt. En cas de refus, la banque doit fournir une motivation officielle au demandeur.

Enfin, le traitement des dossiers repose sur le principe de l’ordre d’arrivée des demandes. Chaque banque doit ainsi mettre en place, à compter du 1er octobre 2026, une plateforme électronique dédiée au dépôt et au suivi des demandes, afin de garantir la transparence et l’égalité de traitement entre les candidats.

Le « crédit d’honneur » constitue ainsi un nouveau mécanisme de financement visant à élargir l’accès aux ressources financières, notamment pour les petits projets et les structures rencontrant des difficultés à accéder aux financements bancaires traditionnels.

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Burkina Faso : une première raffinerie d’or s’installe sur 5 hectares

Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans la valorisation de ses ressources minières. Le pays a lancé sa première raffinerie d’or, une infrastructure étendue sur cinq hectares, destinée à renforcer la transformation locale du métal précieux et à accroître la valeur créée sur le territoire.

Baptisée RAFFINOR-BF, la raffinerie dispose, dans sa première phase, d’une capacité de traitement de 164 tonnes d’or par an. Cette capacité devrait atteindre 515 tonnes annuelles à l’issue de la deuxième phase du projet. L’investissement consacré à cette infrastructure dépasse 11 milliards de francs CFA, soit environ 19 millions de dollars. Le projet devrait également générer plus de 100 emplois directs et près de 5 000 emplois indirects.

À travers cette nouvelle infrastructure, les autorités burkinabè cherchent à franchir un cap dans la chaîne de valeur de l’or. L’objectif est de ne plus limiter l’activité minière à l’extraction et à l’exportation du métal brut, mais d’intégrer davantage de transformation sur le territoire national. La raffinerie devrait produire de l’or d’une pureté pouvant atteindre 99,99 % (24 carats), répondant ainsi aux standards internationaux du marché.

Cette orientation intervient alors que l’or occupe une place centrale dans l’économie burkinabè. En 2025, le pays a produit plus de 94 tonnes d’or. Au premier semestre 2026, la production des mines industrielles s’est élevée à 26,752 tonnes, tandis que la Société nationale des substances précieuses (SONASP) a collecté près de 29 tonnes provenant de l’exploitation artisanale et semi-mécanisée.

Retenir davantage de valeur au Burkina Faso

Avec une capacité initiale de 164 tonnes par an, la nouvelle raffinerie doit permettre au Burkina Faso de mieux maîtriser une étape stratégique de la chaîne de valeur aurifère. L’enjeu est notamment de retenir une part plus importante de la valeur ajoutée générée par l’or, en développant localement les activités de traitement et de raffinage. Au-delà de la production, le projet s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la transformation locale des ressources minières et à accroître les retombées économiques de l’exploitation de l’or pour le pays.

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Tunisie-Japon : cap sur une coopération renforcée

La Tunisie et le Japon entendent renforcer leurs relations économiques et stimuler les investissements bilatéraux. C’est l’un des principaux sujets abordés mercredi 30 septembre 2026 lors d’une rencontre entre Jalel Tbib, directeur général de l’Agence de promotion de l’investissement extérieur (FIPA), et Saito Jun, ambassadeur du Japon en Tunisie.

Les discussions ont porté sur les moyens de créer de nouvelles opportunités économiques et de consolider un climat favorable à l’investissement, notamment en renforçant la coopération entre les acteurs économiques du Japon et de la Tunisie. La future convention bilatérale d’investissement a également été au cœur des échanges. Sa prochain signature devrait offrir un cadre juridique plus stable aux entreprises tunisiennes et japonaises et contribuer à favoriser les flux d’investissement entre les deux pays.

Les deux parties ont réaffirmé leur volonté de poursuivre leur coopération étroite avec les partenaires tunisiens et japonais, afin de consolider un partenariat économique fondé sur des intérêts mutuels. C’est ce qu’on lit dans un communiqué de l’ambassade du Japon à Tunis.

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Blé, céréales, maïs : pourquoi la hausse des prix mondiaux inquiète la Tunisie

Les prix internationaux des principales céréales repartent à la hausse, relève la dernière mise à jour de la Banque mondiale sur la sécurité alimentaire, publiée le 28 septembre 2026. Depuis juin, les prix des céréales ont augmenté de 18 %, ceux du maïs de 26 % et ceux du blé de 22 %.

La Banque mondiale précise que les marchés alimentaires mondiaux restent globalement approvisionnés. Mais que les conditions de production plus tendues et l’augmentation du coût des engrais contribuent à cette remontée des prix des céréales. Ces données sont arrêtées au 16 septembre 2026.

Une pression particulière pour la Tunisie

Pour la Tunisie, l’évolution des cours du blé constitue un enjeu important compte tenu de la dépendance du pays aux importations.

Dans son dernier état des lieux consacré à la sécurité alimentaire en Tunisie, publié en août 2026, la FAO estime les besoins d’importation de blé à environ 1,8 million de tonnes pour la campagne 2026/2027, soit 8 % de moins que la moyenne des cinq dernières années. Malgré l’amélioration de la production nationale, les importations devraient encore représenter plus de la moitié de l’approvisionnement local en blé.

La situation est toutefois moins tendue qu’au cours des années précédentes. La FAO estime la production céréalière tunisienne de 2026 à environ 1,8 million de tonnes, soit près de 20 % de plus que la moyenne des cinq dernières années, grâce notamment à des conditions pluviométriques favorables à partir de décembre 2025.

Le facteur international reste déterminant

Cette dépendance signifie que l’évolution des cours internationaux demeure un facteur à surveiller pour la facture d’approvisionnement du pays. En 2024, la Tunisie a importé environ 1,59 million de tonnes de blé tendre, de blé commun et de méteil, pour une valeur de 417,1 millions de dollars, selon les données du commerce international compilées par la Banque mondiale. L’Ukraine et la Russie figuraient alors parmi les principaux fournisseurs.

L’exposition aux marchés de la mer Noire est d’autant plus importante que les tensions sur les exportations de céréales se sont accentuées. Reuters rapportait le 23 septembre que les perturbations des expéditions de blé depuis la Russie et l’Ukraine avaient contribué à une forte progression des cours mondiaux, les contrats à terme sur le blé à Chicago ayant augmenté de 40 % depuis leurs plus bas de juin.

Des prix mondiaux en hausse, mais pas nécessairement une hausse immédiate du prix du pain

Il convient toutefois de distinguer la hausse des cours internationaux et les prix payés par le consommateur tunisien.

En Tunisie, l’Office des céréales dispose du monopole de l’importation du blé dur et du blé tendre. Les achats sont réalisés par appels d’offres et l’organisme intervient dans l’approvisionnement du marché intérieur.

Par ailleurs, la FAO indique que l’inflation alimentaire tunisienne avait ralenti à 6,6 % en juillet 2026, contre 8,2 % en avril et mai. Les principales pressions provenaient alors de la viande et des fruits frais. Tandis que les prix de l’huile alimentaire et des œufs reculaient sur un an.

La hausse actuelle des cours internationaux ne signifie donc pas automatiquement une augmentation équivalente des prix du pain, de la farine ou de la semoule en Tunisie. Elle représente surtout un risque potentiel sur le coût des approvisionnements céréaliers, notamment si les tensions internationales se prolongent.

Une récolte nationale qui offre un peu d’air

La bonne récolte céréalière enregistrée en 2026 constitue un élément d’atténuation. La FAO estime que les importations nécessaires pour la campagne 2026/2027 devraient rester inférieures à leur moyenne historique.

Les données tunisiennes vont dans le même sens : la collecte céréalière de la campagne 2025-2026 a atteint environ 11 millions de quintaux, dont 8,1 millions de quintaux de blé dur, selon les chiffres communiqués en septembre par l’Office des céréales.

La situation internationale reste néanmoins à surveiller. Pour un pays qui doit encore importer plus de la moitié de son blé, une remontée durable des cours mondiaux peut rapidement se traduire par une pression accrue sur la facture d’importation, les besoins de financement de l’approvisionnement et, plus largement, les équilibres alimentaires.

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Octobre rose : la Tunisie intensifie le dépistage du cancer du sein

À l’occasion d’Octobre rose 2026, la Tunisie relance sa campagne de sensibilisation et de dépistage du cancer du sein sur le slogan « Le dépistage, c’est votre responsabilité, le reste, c’est notre affaire ».

Avec environ 52 cas pour 100 000 femmes, le cancer du sein représente près de 30 % des cancers féminins en Tunisie. En 2024, environ 4 400 nouveaux cas ont été recensés.

Le ministère de la Santé souligne toutefois une amélioration du dépistage : la taille moyenne des tumeurs détectées est passée de 6,5 mm en 2001 à 3 mm en 2024. L’objectif est désormais de la ramener à moins de 2 mm, afin de favoriser une prise en charge plus précoce.

Dépistage et prévention

Le ministère recommande aux femmes de pratiquer un auto-examen des seins une fois par mois et de consulter en cas de masse, d’écoulement anormal du mamelon, de modification de la peau ou du mamelon, ou encore de douleur inhabituelle.

Un examen clinique annuel est également recommandé, parallèlement à une activité physique régulière, l’arrêt du tabac, une alimentation équilibrée et la prévention du surpoids.

Durant tout le mois d’octobre, des opérations de dépistage seront organisées dans les centres de soins de santé de base à travers les régions. Plusieurs journées de sensibilisation et de formation sont également programmées, notamment les 7, 13, 17 et 20 octobre.

Une initiative consacrée aux femmes ayant subi une mastectomie est enfin prévue le 21 octobre à l’Hôpital des grands brûlés de Ben Arous, autour de la reconstruction et de la prise en charge esthétique du sein.

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L’automne 2026 tunisien sera plus chaud que d’habitude

Les températures devraient dépasser les moyennes saisonnières dans l’ensemble des régions tunisiennes durant les mois d’octobre, novembre et décembre 2026. C’est ce qu’indique l’Institut national de la météorologie (INM).

Cette période de transition vers l’automne et l’hiver devrait connaître des températures supérieures aux normales climatiques de référence établies sur la période 1991-2020, selon l’INM.

Pour les précipitations, les modèles saisonniers ne font pas apparaître de tendance dominante sur l’ensemble du pays. Ils laissent toutefois entrevoir la possibilité de cumuls légèrement supérieurs aux normales dans certaines régions.

Sur la période octobre-novembre-décembre, les précipitations habituelles varient entre 122 et 443 mm dans le nord et les régions côtières, contre 55 à 102 mm dans le centre-ouest et 30 à 97 mm dans le sud. La région de Tabarka enregistrera les cumuls les plus importants.

En octobre, les températures moyennes se situent habituellement entre 17 et 23 °C au nord et au centre, et entre 22 et 24 °C dans le sud. Les précipitations atteignent généralement 38 à 84 mm au nord, avec un maximum de 116 mm à Tabarka.

En novembre, les températures varient généralement entre 11 et 18 °C au nord et au centre, contre 15 à 19 °C au sud. Les précipitations sont plus importantes dans le nord, pouvant atteindre 160 mm à Tabarka.

Enfin, en décembre, les températures habituelles se situent entre 7 et 14 °C au nord et au centre, et entre 11 et 15 °C au sud. Les précipitations dépassent généralement 100 mm dans l’extrême nord, avec un maximum de 161 mm à Tabarka.

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La Tunisie lance « Easy Export » pour ouvrir les marchés étrangers aux petits producteurs

La Tunisie veut faciliter l’accès des artisans, PME, start-up et entrepreneurs aux marchés étrangers. Le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid, a annoncé mardi le lancement d’une série de rencontres régionales consacrées au programme « Easy Export ».

Le dispositif Easy Export simplifie l’exportation de petits colis via le réseau postal, permettant aux petites structures d’exporter des volumes adaptés à leurs capacités. Elles peuvent également bénéficier d’un soutien du Fonds de promotion des exportations, notamment pour une partie des frais de transport.

Les rencontres régionales permettront de présenter les procédures du programme, d’identifier les difficultés rencontrées par les producteurs et de repérer les produits à potentiel exportateur dans chaque région.

À travers Easy Export, la Tunisie cherche ainsi à élargir sa base d’exportateurs, diversifier ses marchés et permettre aux petits producteurs de profiter davantage des opportunités du commerce international et numérique.

Le programme s’inscrit dans un projet sur le commerce électronique et numérique dans la région MENA, financé notamment par l’Union européenne et l’Allemagne et mis en œuvre par la GIZ et le Centre du commerce international (ITC).

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