Lese-Ansicht

Les voitures électriques gagnent du terrain en Tunisie  

A l’instar des évolutions du secteur à travers le monde, le marché automobile tunisien connaît une transformation rapide : les véhicules propulsés — partiellement ou totalement — à l’électricité ont représenté, entre le 1er janvier et le 31 juillet 2026, plus de 12 % du total des immatriculations, contre 5 % sur la même période en 2025. Mais leurs utilisateurs font face à un défi majeur : le manque de bornes de recharge.  

Le marché des véhicules électriques et hybrides en Tunisie a connu une croissance remarquable, portée principalement par une demande accrue pour les technologies rechargeables.

Les véhicules hybrides rechargeables (PHEV) ont enregistré une hausse spectaculaire de 522 %, atteignant 2 177 unités, tandis que les immatriculations de véhicules entièrement électriques (VE) ont progressé de 525 % pour s’établir à 1 543 unités. Parallèlement, les véhicules hybrides classiques (HEV) ont affiché une augmentation plus modeste, de l’ordre de 13 %.

Les chiffres indiquent que les constructeurs chinois commencent à inonder le marché tunisien : ils ont représenté, durant la période considérée, près de 60 % des immatriculations de véhicules électriques en Tunisie.

Cet essor de l’adoption de ces véhicules est porté par des incitations fiscales, une gamme de modèles plus étendue et une sensibilisation croissante aux nouvelles technologies de motorisation.

Toutefois, le secteur fait face à plusieurs défis — notamment en ce qui concerne la qualité des infrastructures et leur adéquation avec les exigences de ces véhicules — ainsi qu’à la nécessité d’étendre le réseau de bornes de recharge, d’améliorer le service après-vente, de former des techniciens et d’élaborer une stratégie globale pour l’approvisionnement et la gestion des batteries.

Le secteur vise à atteindre un volume de ventes de 2 000 véhicules électriques d’ici la fin de l’année en cours, s’inscrivant ainsi dans la volonté de l’État de soutenir la transition vers des modes de transport plus économes en énergie et plus respectueux de l’environnement, comme l’a indiqué Ibrahim Debbache, président de la Chambre des concessionnaires et constructeurs automobiles, cité par Mosaïque FM.

Malgré des indicateurs positifs, M. Debbache a souligné que le marché tunisien du véhicule électrique en est encore à ses balbutiements et ne représente qu’une part limitée du marché automobile global. Le développement du réseau de bornes de recharge, l’optimisation des coûts ainsi que l’amélioration des services de maintenance et de soutien technique constituent les défis majeurs à relever pour garantir l’essor durable du secteur dans les années à venir, a-t-il expliqué.

Les données de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME) indiquent que le coût de l’utilisation d’un véhicule électrique sur 100 kilomètres s’élève à environ 6 dinars tunisiens, contre près de 16 dinars pour un véhicule comparable équipé d’un moteur à combustion interne.

Cet écart de coût d’utilisation incite aussi bien les professionnels — notamment les chauffeurs de taxi — que les particuliers à envisager l’achat de véhicules électriques. Cette tendance est renforcée par la diversité des marques présentes sur le marché tunisien et par leurs tarifs compétitifs, répondant aux besoins des familles comme des particuliers tout en séduisant les passionnés d’automobile.

Cette évolution s’inscrit dans un contexte de tendances mondiales croissantes en faveur de la mobilité durable et du recours aux énergies propres, ouvrant ainsi de nouveaux horizons au marché tunisien pour suivre le rythme des transformations à l’œuvre dans l’industrie automobile mondiale.

I. B.

L’article Les voitures électriques gagnent du terrain en Tunisie   est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Mobilité électrique : 2.400.000 véhicules électriques en circulation d’ici à 2050

La Tunisie trace sa route vers la mobilité électrique, non pas uniquement comme marché de consommation, mais comme plateforme industrielle stratégique à vocation internationale. La dynamique est déjà perceptible et traduit une montée en puissance progressive, même si le segment du 100% électrique reste encore limité. Pourtant, les privilèges accordés par l’Etat sont très importants, à savoir des réductions des droits de douane de 30% à 0% sur les autobus, voitures légères et véhicules de transport de marchandises électriques, une baisse de la TVA sur les véhicules électriques de 19% à 7%, une réduction de 50% des droits d’immatriculation des voitures électriques et une diminution de 50% de la taxe de circulation (vignette) pour les voitures électriques. Les signaux de croissance sont bien réels. Cette évolution devrait s’accélérer dans les prochaines années, portée par des impératifs environnementaux mais aussi par des considérations économiques liées à la hausse des coûts énergétiques traditionnels.
Pour accompagner cette transition, la Tunisie s’attaque à l’un des principaux freins à l’adoption : l’infrastructure. Mais l’ambition tunisienne dépasse largement le simple déploiement de bornes. Le pays structure progressivement un écosystème industriel complet autour du véhicule électrique, en capitalisant sur son savoir-faire dans l’automobile. Production de câblage, composants électroniques, systèmes embarqués… autant de segments déjà maîtrisés qui constituent une base solide pour cette transformation. Pour booster cette activité, l’Organisation des Nations unies pour le Développement Industriel (ONUDI), l’Agence Nationale pour la Maîtrise de l’Energie (ANME) et le ministère de l’Environnement mobilisent les acteurs clés pour la revue de la stratégie nationale de promotion de la mobilité électrique en Tunisie.

Construire un système de transport durable, compétitif et résilient
C’est dans ce cadre qu’un atelier national de concertation consacré à la Stratégie Nationale de Promotion de la Mobilité Électrique a été organisé par l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME) dans le cadre du projet «E-Mobility – Accélérer l’adoption de la mobilité électrique en Tunisie», mis en œuvre conjointement avec l’ONUDI. Cette rencontre a permis de présenter les principaux résultats du scénario retenu de la Transition Électrique Accélérée (STEA), qui analyse de manière intégrée les impacts énergétiques, environnementaux, économiques et sociaux de cette trajectoire, et met en évidence la contribution de la mobilité électrique à la transition énergétique et à la neutralité carbone de la Tunisie. Les présentations ont mis en avant des ambitions fortes à l’horizon 2050, visant 2.400.000 véhicules électriques en circulation, 50.000 bornes de recharge publiques et l’électrification totale de la flotte administrative et des taxis. Les échanges ont également souligné des impacts socio-économiques et environnementaux majeurs : une réduction cumulée de 37 millions de tonnes de CO₂ d’ici à 2050, une baisse de 31% du déficit lié aux importations de carburants en 2040, ainsi que la création de plus de 50.000 emplois qualifiés et le développement d’une filière industrielle locale de motos électriques. A travers cette étape stratégique, l’ONUDI, le ministère de l’Environnement et l’ANME réaffirment leur engagement à construire un système de transport plus durable, compétitif et résilient au service de la transition énergétique en Tunisie. Cette orientation confirme une vision claire : faire de la Tunisie un pôle régional de la mobilité électrique, tourné vers l’export, à la croisée des marchés européens et africains.

Kamel BOUAOUINA

L’article Mobilité électrique : 2.400.000 véhicules électriques en circulation d’ici à 2050 est apparu en premier sur Le Temps News.

  •  
❌