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Eau en Tunisie : L’UNICEF veut chiffrer le coût de l’inaction

La question de l’eau en Tunisie va bientôt être abordée sous un angle encore rarement quantifié : celui de son coût économique. L’UNICEF Tunisie vient de lancer un appel d’offres international pour réaliser un « Investment Case » destiné notamment à déterminer ce que coûte au pays l’insuffisance des investissements dans l’eau, l’assainissement et l’hygiène, mais aussi les bénéfices que pourraient générer différents scénarios d’investissement.

L’appel d’offres, publié le 24 août 2026 sous la référence LRPS-26-9205778, prévoit une mission d’environ quatre mois. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 15 septembre 2026.

Combien coûte le fait de ne pas investir ?

La mission ne se limitera pas à dresser un nouvel état des lieux des infrastructures hydrauliques tunisiennes.

Selon les termes de l’appel d’offres officiel de l’UNICEF Tunisie, le bureau d’études retenu devra analyser les dépenses publiques consacrées au secteur WASH — eau, assainissement et hygiène — et surtout quantifier le « coût économique de l’inaction ».

L’exercice doit notamment prendre en compte les pertes de productivité, les coûts sanitaires évitables, les effets sur le capital humain et la résilience des infrastructures.

Plusieurs scénarios devront ensuite être comparés, allant du maintien de la situation actuelle à l’accès universel aux services WASH de base, jusqu’au développement de services résilients au changement climatique.

L’objectif est de fournir au gouvernement tunisien et à ses partenaires techniques et financiers un outil permettant de mieux hiérarchiser les investissements.

Cette approche de planification des investissements hydriques est également utilisée ailleurs. En Jordanie, pays lui aussi confronté à un stress hydrique particulièrement élevé, l’UNICEF a accompagné la compagnie publique Miyahuna dans l’élaboration d’un plan de sécurité de l’eau résilient au changement climatique, dont les résultats servent notamment à développer des « investment cases » et à hiérarchiser les investissements nécessaires.

Le Maroc apparaît également dans les travaux de l’UNICEF sur les stratégies de financement du secteur WASH. L’organisation y présente notamment des expériences de financement des infrastructures d’eau et d’assainissement, dont le cas de Casablanca.

Une Tunisie fortement exposée au stress hydrique

L’étude intervient dans un contexte particulièrement sensible. Selon l’UNICEF, la Tunisie est le 17e pays au monde le plus exposé au stress hydrique.

Les difficultés ne concernent d’ailleurs pas uniquement les quantités disponibles. D’après l’enquête MICS 2023, 78,1% de la population dispose d’une eau de boisson provenant d’une source améliorée et disponible sur place. Le taux atteint 80% en milieu urbain, mais tombe à 73% dans les zones rurales.

La qualité constitue également un enjeu : 12,5% de la population consomme une eau contaminée par E. coli à la source d’approvisionnement. Cette proportion atteint 21% en milieu rural.

10,7 milliards de dollars de besoins pour l’eau et l’assainissement

L’ordre de grandeur des investissements nécessaires est déjà considérable.

Les termes de référence de l’étude s’appuient notamment sur la contribution déterminée au niveau national (CDN 3.0) de la Tunisie. Celle-ci estime les besoins globaux de financement climatique à près de 55 milliards de dollars sur la période 2026-2035.

Sur ce montant, environ 10,7 milliards de dollars concernent l’eau et l’assainissement, soit près de 37% des besoins d’investissement liés à l’adaptation au changement climatique.

Ces 10,7 milliards de dollars ne représentent pas le coût de l’inaction. Ils correspondent aux besoins d’investissement identifiés. C’est précisément l’un des intérêts du futur Investment Case : mettre ces besoins en regard des conséquences économiques qu’aurait leur report.

Le débat pourrait ainsi évoluer. À la question « combien faut-il investir ? » viendrait s’en ajouter une autre, potentiellement déterminante pour les choix budgétaires : combien coûte à la Tunisie le fait d’attendre ?

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APAISE-PBF : 5 000 bénéficiaires pour mieux gérer l’eau à Gafsa et Kairouan

Selon un communiqué conjoint de l’UNICEF Tunisie et de la FAO Tunisie, 5 000 personnes devraient bénéficier d’un meilleur accès à l’eau et à l’assainissement dans le cadre du projet APAISE-PBF, mis en œuvre à Gafsa et Kairouan.

Le projet vise à renforcer la gouvernance de l’eau au niveau local, en développant les capacités des acteurs à mieux comprendre les enjeux liés à cette ressource, à prendre des décisions et à agir collectivement. Le ministère de l’Agriculture, la FAO, l’UNICEF et le PNUD unissent ainsi leurs expertises pour placer les communautés locales au cœur des solutions.

Le renforcement des capacités constitue un axe central du projet. 300 femmes rurales et 100 jeunes seront formés à la gestion efficiente de l’eau, tandis que 100 agriculteurs bénéficieront de formations consacrées à des techniques innovantes visant à améliorer l’utilisation des ressources hydriques.

Le projet prévoit également de renforcer les compétences de 50 acteurs locaux en matière de gouvernance participative.

Au-delà des formations, l’objectif est de transformer les connaissances acquises en pratiques concrètes, de favoriser le dialogue entre les différents acteurs et de renforcer les capacités locales à anticiper et à gérer durablement les ressources en eau.

À travers cette démarche, le projet APAISE-PBF entend contribuer à renforcer la résilience des territoires de Gafsa et de Kairouan et à favoriser des solutions durables et équitables en matière de gestion de l’eau. Le projet est consacré à l’amélioration de la gouvernance territoriale pour un accès équitable et une utilisation durable de l’eau dans les deux gouvernorats.

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