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Les banques tunisiennes financent-elles vraiment trop peu l’investissement ? Ce que révèle le rapport 2025 de la BCT

La cheffe du gouvernement, Sara Zaafrani Zenzri, a reçu samedi 11 juillet 2026, au Palais du gouvernement à la Kasbah, le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Fethi Zouhaier Nouri, venu lui remettre le rapport annuel 2025 de l’institution. À cette occasion, elle a estimé que « le financement de l’investissement par le secteur bancaire privé demeure très faible » et a appelé les banques à accroître leur contribution au financement de l’économie productive. Cette appréciation est-elle confirmée par les chiffres du rapport annuel 2025 ? Consulter le rapport annuel 2025 de la Banque centrale de Tunisie (PDF).

Une interpellation directe du secteur bancaire

Lors de cette rencontre, la cheffe du gouvernement a salué les résultats obtenus en matière de maîtrise de l’inflation, de stabilité du taux de change, de préservation des réserves en devises et de baisse du taux directeur de la BCT à deux reprises en 2025.

Elle a toutefois insisté sur les défis qui demeurent, notamment le déficit énergétique, les incertitudes internationales et surtout la nécessité de renforcer l’investissement productif. Dans ce contexte, elle a estimé que les banques privées ne financent pas suffisamment les projets d’investissement et a invité la Banque centrale à jouer pleinement son rôle afin d’encourager un engagement plus important du secteur bancaire dans le financement de l’économie réelle.

Mais cette appréciation est-elle confirmée par les données du rapport annuel ?

Lire aussi : La BCT presse les banques de mieux financer les PME et l’économie réelle

Les banques continuent de financer l’économie

À première vue, les chiffres ne donnent pas l’image d’un secteur bancaire qui aurait fermé le robinet du crédit.

À fin 2025, les crédits à l’économie atteignent près de 123 milliards de dinars, en progression de 3,1 % sur un an. Les crédits accordés aux entreprises et aux professionnels dépassent désormais 92 milliards de dinars, poursuivant leur progression par rapport à 2024.

Ces données montrent que les banques continuent d’accompagner l’activité économique.

Autrement dit, le débat ne porte pas sur le volume global du crédit, mais sur son orientation.

Lire aussi : BCT : Les crédits à l’économie ont atteint 118,6 milliards de dinars en 2024

Les crédits de trésorerie progressent beaucoup plus vite que ceux destinés à l’investissement

Le rapport de la Banque centrale met en évidence une évolution contrastée des financements accordés aux entreprises.

Les crédits à court terme, principalement destinés aux besoins de trésorerie et au financement de l’exploitation courante, progressent de 5,6 % en 2025.

En revanche, les crédits à moyen et long terme, qui servent généralement à financer les investissements, les équipements ou les projets de développement des entreprises, n’augmentent que de 0,7 %.

Le contraste est encore plus marqué dans certains secteurs.

Les crédits à moyen et long terme accordés à l’industrie reculent de 0,6 %, tandis qu’ils progressent de seulement 0,3 % dans les services. Autrement dit, les banques continuent de financer les besoins de fonctionnement des entreprises, mais les financements destinés aux investissements évoluent beaucoup plus lentement.

Ces chiffres tendent ainsi à conforter, au moins en partie, le constat formulé par la cheffe du gouvernement.

Les entreprises publiques et les titres de l’État gagnent du terrain

Selon les données de supervision bancaire du rapport, fondées sur le bilan agrégé des banques, le rythme de progression du crédit diverge nettement selon la nature du bénéficiaire. Les crédits accordés aux professionnels privés ne progressent que de 2,3 %, tandis que ceux destinés aux entreprises publiques enregistrent une hausse de 15 %.

Fait notable : cette dynamique ne profite pas à l’ensemble de la sphère publique. Sur le même exercice, l’encours des crédits aux administrations publiques recule de 33 %, sous l’effet de remboursements de créances syndiquées par le Trésor. Autrement dit, ce sont les entreprises publiques elles-mêmes — et non l’État en tant qu’emprunteur direct — qui voient leurs financements progresser beaucoup plus rapidement que ceux du secteur privé.

Parallèlement, les banques renforcent leurs placements en titres de l’État.

Le montant des bons du Trésor détenus par les banques atteint 25,7 milliards de dinars, en hausse de 39,4 % sur un an. Plus largement, la part des actifs bancaires orientée vers le secteur public progresse de 24,7 % à 27,6 % entre 2024 et 2025.

Ces données ne signifient pas que les banques privilégient systématiquement le financement public au détriment du secteur privé. Elles montrent toutefois qu’une part croissante de leurs actifs est orientée vers la sphère publique — entreprises publiques et titres d’État confondus — dans un contexte où les investissements privés peinent à accélérer.

Un diagnostic à nuancer

Les chiffres du rapport annuel 2025 ne permettent donc pas d’affirmer que les banques financent insuffisamment l’économie dans son ensemble.

En revanche, ils montrent que la progression du crédit bénéficie davantage aux besoins de trésorerie, aux entreprises publiques et aux placements en titres de l’État qu’aux investissements privés de long terme.

Les données du rapport confirment ainsi partiellement le diagnostic formulé par la cheffe du gouvernement. Les banques continuent d’accorder des crédits, mais leur progression profite davantage au financement du fonctionnement courant, des entreprises publiques et des titres souverains qu’aux nouveaux investissements privés.

Reste désormais à savoir si la baisse du taux directeur de la Banque centrale, amorcée en 2025, et l’amélioration progressive de plusieurs indicateurs économiques suffiront à relancer durablement les crédits destinés aux projets créateurs de richesse et d’emplois.

Lire aussi :

  • Tunisie : Pourquoi les banques empruntent moins auprès de la Banque centrale ?
  • Tunisie : Les banques financent davantage les entreprises que les particuliers.

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Le paradoxe de Heidelberg : pour une économie tunisienne attractive et non plus seulement incubatrice

La nouvelle est tombée comme un symbole : Yasmine Yaakoubi, lauréate nationale du baccalauréat 2026 avec la moyenne historique de 20,01, s’apprête à s’envoler pour l’Allemagne afin d’y poursuivre ses études d’ingénierie à la prestigieuse Université de Heidelberg.

Derrière la fierté légitime de voir l’école républicaine tunisienne produire de tels esprits d’élite, se cache le grand paradoxe de notre modèle national. Nous excellons dans la production de notre « Software » humain, mais nous manquons cruellement du « Hardware » institutionnel et économique pour l’exploiter et le retenir.

 

De l’État incubateur à l’État draineur : le chaînon manquant

La trajectoire de cette brillante étudiante résume à elle seule le défi macroéconomique de la Tunisie moderne. Notre pays finance à grands frais la formation d’ingénieurs, de médecins, de financiers et de juristes de premier plan, pour ensuite observer leur départ immédiat vers les économies occidentales. En réalité, la Tunisie se comporte comme un incubateur gratuit pour le compte de puissances économiques qui n’ont plus qu’à cueillir des talents déjà opérationnels.

Ce constat impose une rupture doctrinale. La fuite des cerveaux n’est pas une fatalité culturelle, c’est le résultat mécanique d’un déficit d’attractivité de notre marché intérieur. Si nos talents s’exilent, ce n’est pas uniquement pour des raisons de rémunération financière ; c’est d’abord parce que notre modèle managérial national, fortement bureaucratique et hiérarchisé, offre trop peu de défis technologiques et d’espaces d’autonomie à la hauteur de leurs ambitions.

 

Moderniser la gouvernance pour capter l’intelligence

Pour inverser cette tendance, la Tunisie doit urgemment adapter ses structures aux réalités du XXIe siècle. Cela passe par deux chantiers prioritaires :

  • Le saut managérial des institutions publiques : nos grandes structures, notamment dans le secteur bancaire, industriel et administratif, doivent abandonner les grilles de gestion rigides héritées du siècle dernier. L’introduction de critères de performance objectifs, de l’automatisation des processus et de l’intelligence artificielle doit précisément servir à assainir nos environnements de travail de toute subjectivité pour y réintroduire la culture du mérite.
  • La création de pôles d’excellence technologique souverains : on ne retient pas un ingénieur de haut niveau avec des promesses de carrière linéaires. Il faut créer, sur le sol national, des projets industriels et numériques d’envergure — qu’il s’agisse de la transition énergétique, de la souveraineté des données ou de la numérisation de l’État — capables de rivaliser en termes de stimulation intellectuelle avec ce que Heidelberg ou la Silicon Valley peuvent offrir.

Piloter la diaspora : la circularité des compétences

Soyons réalistes : dans une économie globalisée, nous ne pourrons pas empêcher tous les départs, et le parcours international de nos élites reste une richesse. Mais si le départ est inévitable, l’absence de retour, elle, est une erreur de pilotage stratégique.

La Tunisie doit inventer un modèle de « circularité des compétences ». Cela implique de structurer juridiquement et fiscalement le statut de notre diaspora d’influence. Comment ? En créant des passerelles d’ingénierie inversée, permettant à nos cadres expatriés de diriger des projets nationaux à distance, d’auditer nos systèmes, de siéger dans nos comités de régulation ou d’investir de manière simplifiée dans des start-ups tunisiennes.

 

Choisir notre place dans la chaîne de valeur mondiale

Le succès de notre lauréate nationale confirme que le génie tunisien est intact. Notre système éducatif continue de concevoir un logiciel de très haute performance. La question cruciale qui se pose désormais aux décideurs économiques et politiques est simple : la Tunisie continuera-t-elle à n’être que la pépinière des autres, ou décidera-t-elle enfin de moderniser ses structures pour devenir le principal bénéficiaire de sa propre intelligence ?

La souveraineté numérique et économique de la Tunisie de demain ne se jouera pas dans l’importation de technologies clés en main, mais dans notre capacité à offrir à nos propres enfants un cadre national où leur génie peut s’exprimer, s’épanouir et transformer la réalité du pays.

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Les analyses et propos contenus dans cette tribune n’engagent que l’auteur.

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Houcine Rhili : la STEG paie le prix des impayés publics

Dans une déclaration exclusive à L’Économiste Maghrébin, Houcine Rhili, expert en développement et en ressources hydriques, dresse un constat critique de la situation énergétique tunisienne. Il souligne que la crise ne se limite pas au déficit de production ou à la dépendance aux importations : elle est aussi liée à des choix de gouvernance, à des blocages administratifs et à une fragilité financière des entreprises publiques, notamment la STEG, dont la trésorerie est lourdement affectée par les impayés de l’État et de plusieurs établissements publics.

Pour Houcine Rhili, la crise énergétique tunisienne est avant tout structurelle. Elle résulte, précise-t-il, de plusieurs années de retard dans les réformes, d’une gouvernance insuffisamment efficace et d’une absence de vision stratégique capable d’accompagner les transformations profondes du secteur.

L’expert pointe d’abord les contraintes administratives et réglementaires qui continuent de peser sur l’investissement. Il dénonce une lenteur administrative chronique, une réglementation dépassée ainsi qu’un code des hydrocarbures complexe, qui limiteraient l’attractivité du secteur et ralentiraient la mise en œuvre des projets énergétiques.

À cela s’ajoute, estime-t-il, une faiblesse persistante de l’investissement national face aux grands groupes étrangers. Houcine Rhili cite notamment l’exemple de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), qui a développé une capacité solaire de 10 mégawatts à Tozeur, sans parvenir ensuite à obtenir de nouveaux contrats d’envergure dans ce domaine. Dans le même temps, plusieurs opérateurs étrangers ont bénéficié de concessions pour développer des projets solaires de grande taille.

La STEG fragilisée par les impayés publics

L’expert insiste également sur la situation financière difficile des entreprises publiques du secteur. Il évoque un endettement qui se chiffre à plusieurs milliards de dinars, aggravé par les impayés accumulés par l’État, les administrations et certains établissements publics au titre de leurs consommations énergétiques.

Et de poursuivre que cette accumulation d’arriérés pèse directement sur la trésorerie de la STEG, limite ses capacités d’investissement et complique ses efforts de modernisation. La fragilité financière de l’entreprise ne serait donc pas uniquement liée à ses charges ou à ses contraintes opérationnelles, mais aussi à un système où une partie importante des clients publics ne règle pas régulièrement ses factures.

Houcine Rhili critique par ailleurs une gouvernance qu’il juge trop centralisée, avec une concentration excessive des décisions au niveau ministériel, au détriment du rôle stratégique des conseils d’administration et des mécanismes de pilotage.

Face à ces difficultés, l’expert appelle à l’ouverture d’un véritable débat national sur l’énergie, estimant que seule une réflexion collective permettra de sortir d’une gestion basée sur l’urgence. Il note que la Tunisie doit adopter une stratégie de long terme, avec des investissements planifiés sur quinze à trente ans, l’horizon nécessaire pour les grands projets énergétiques à travers le monde.

« Il faut passer d’une logique de réaction à une logique d’anticipation », plaide Houcine Rhili.Au final, il considère que l’avenir énergétique du pays dépendra de sa capacité à réformer sa gouvernance, restaurer la confiance des investisseurs et donner une vision claire aux acteurs du secteur.

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Le taux de l’épargne nationale à 5,3% en 2025

Si le contexte économique demeure serré, c’est qu’il y a certaines difficultés structurelles qui empêchent l’économie de redémarrer. La première d’entre elle est la faiblesse de l’épargne nationale.

Les dernières années étaient décevantes à ce niveau, et nous avons désormais les chiffres de 2025. Un redressement a été observé à 9 471 MTND, en hausse de 1,5 % par rapport à 2024, mais encore en deçà des 9 828 MTND enregistrés en 2023. Cette légère amélioration s’explique par la hausse de l’épargne intérieure, soutenue par la progression de l’activité économique. La croissance du PIB nominal (+8%) était plus rapide que celle de la consommation (+7,4%). À cela s’ajoute la contribution positive du secteur extérieur, notamment à travers l’augmentation des transferts effectués par les Tunisiens résidents à l’étranger, qui ont totalisé 11 445 MTND, soit 6,6% du PIB.

L’épargne de l’Administration Centrale a poursuivi son redressement pour la deuxième année consécutive, sous l’effet d’une progression des recettes propres, notamment fiscales, à un rythme plus soutenu que celui des dépenses de fonctionnement. Ainsi, l’excédent des ressources propres et dons par rapport aux dépenses courantes, (y compris les intérêts de la dette) est passé de 409 MTND en 2024 à 903 MTND en 2025.

Toutefois, par rapport au RNDB, le taux de l’épargne nationale a reculé à 5,3 % contre 5,6 % en 2024.

Globalement, ce niveau demeure faible et n’a permis de couvrir que 9,3% des dépenses d’équipement, contre 4,1% en 2024. D’ailleurs, le taux de financement intérieur de la FBCF, il a connu une baisse, revenant de 38,4% contre 35,4% une année auparavant. L’objectif de 2026 est d’atteindre une épargne de 11 021 MTND, soit un taux d’épargne de 5,7 %.

L’insuffisance de l’épargne intérieure est structurelle, liée notamment à la faiblesse des revenus, à une propension élevée à la consommation et à des déséquilibres budgétaires persistants. Dans ces conditions, le financement de la FBCF continue de dépendre largement des ressources extérieures, notamment à travers l’endettement extérieur et les flux nets d’investissements étrangers. C’est pourquoi l’endettement extérieur demeure vitale pour la croissance économique. Il faut juste l’orienter vers la création de valeur, pas vers les dépenses courantes.

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Douane : 78 kg de cocaïne et 17 kg d’or saisis au premier semestre 2026

Les services de la douane tunisienne ont saisi, durant les six premiers mois de 2026, d’importantes quantités de drogues, d’or, de devises et de marchandises de contrebande dans le cadre des opérations menées sur l’ensemble du territoire, selon un communiqué de la Direction générale de la douane publié jeudi.

Les saisies comprennent environ 17 kilogrammes d’or et 72 kilogrammes d’argent.

Les unités douanières ont également intercepté plus de 214 kilogrammes de stupéfiants, dont 78,4 kg de cocaïne, 134,5 kg de cannabis et 1,3 kg de marijuana, ainsi que près de 180.000 comprimés de médicaments stupéfiants.

Les autorités ont par ailleurs déjoué des tentatives de contrebande de devises étrangères d’une valeur estimée à 5,5 millions de dinars.

Dans le cadre de la lutte contre la contrebande de produits de consommation, les douaniers ont saisi plus de 1,8 million de paquets de cigarettes, plus de 50 tonnes de café, près de 90 tonnes de bananes ainsi que des vêtements prêt-à-porter d’une valeur supérieure à cinq millions de dinars.

Le bilan fait également état de la saisie de plus de 1,3 million de pièces de feux d’artifice.

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Tunisie : La baisse de l’endettement extérieur ralentit la hausse de la dette totale

La progression de l’endettement total de la Tunisie a marqué un net ralentissement en 2025, selon le dernier rapport annuel de la Banque centrale de Tunisie (BCT). La hausse de la dette s’est limitée à 3,9%, contre 4,5% un an auparavant, grâce à la poursuite du recul de l’endettement extérieur, engagé depuis 2023. Dans le même temps, la dette intérieure continue de progresser et représente désormais près des trois quarts de l’endettement total, tandis que le service de la dette publique a légèrement diminué et devrait poursuivre sa baisse en 2026.

L’endettement total du pays a progressé de 3,9% en 2025, contre 4,5% en 2024, a indiqué la BCT dans son rapport annuel. Cette évolution est attribuée à une baisse plus marquée de l’encours de la dette extérieure, qui a reculé de 9,9%, après une diminution de 6,6% l’année précédente. Dans le même temps, la croissance de la dette intérieure a légèrement ralenti, passant de 9,8% à 9,6%.

La dette extérieure poursuit son recul

Au terme de l’année 2025, l’encours de la dette extérieure s’est établi à 67,16 milliards de dinars, prolongeant la tendance baissière observée depuis 2023.

Selon la Banque centrale, cette évolution résulte principalement de remboursements du principal de la dette extérieure à long terme supérieurs aux nouveaux financements mobilisés durant l’année. À cela s’ajoute un effet de change défavorable lié aux fluctuations du dinar face aux principales devises d’endettement.

Une dette intérieure toujours en hausse

L’encours de la dette intérieure a, pour sa part, atteint 199,254 milliards de dinars. Son rythme de progression s’est légèrement modéré, notamment sous l’effet d’un ralentissement de l’endettement de l’État, dont la hausse est revenue à 21,6% contre 24% en 2024.

L’endettement des autres agents économiques non financiers a également ralenti, avec une progression de 3,3%, contre 3,6% un an auparavant.

Cette évolution confirme la transformation progressive de la structure de l’endettement tunisien. La part de la dette intérieure représente désormais près de 75% de l’endettement total, contre 71% en 2024 et 67% en 2023, traduisant un recours de plus en plus important au financement domestique.

L’État concentre près de la moitié de l’endettement

Par secteur institutionnel, les créances de l’État représentent près de la moitié de l’endettement total. Leur encours a progressé de 5,2% en 2025, contre 6,6% l’année précédente.

De leur côté, les autres agents économiques non financiers ont enregistré une hausse plus modérée de leur endettement, de 2,7%, contre 2,5% en 2024.

Le service de la dette en recul

Le rapport de la BCT fait également état d’une baisse des dépenses consacrées au service de la dette publique. Celles-ci ont diminué de 1,5% en 2025 pour s’établir à 24,44 milliards de dinars.

Cette diminution est essentiellement due au recul de 12,5% du service de la dette extérieure, qui concerne à la fois le remboursement du principal (-10,9%) et le paiement des intérêts (-18,9%).

À l’inverse, le service de la dette intérieure a augmenté de 8%, sous l’effet de la hausse des intérêts (+14,2%) et des remboursements du principal (+5,3%).

Pour 2026, la Banque centrale prévoit une poursuite de cette tendance, avec un service de la dette publique attendu à 23,06 milliards de dinars, soit une baisse supplémentaire de 5,7%.

Lire aussi :

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Tribune. Tunisie : le Parlement retrouve-t-il un véritable rôle ?

Depuis plusieurs mois, l’Assemblée des représentants du peuple multiplie les initiatives législatives. Cette activité marque-t-elle un véritable renouveau institutionnel ou traduit-elle simplement un Parlement toujours aligné sur la présidence de Kaïs Saïed ? Le politiste Hatem M’rad analyse les limites…

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Médecins tunisiens à l’étranger : l’équivalence sans examen après cinq ans d’exercice

Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a confirmé que les médecins tunisiens ayant obtenu leur diplôme de spécialité à l’étranger peuvent bénéficier d’une équivalence de leur diplôme sans passer d’examen d’évaluation ni suivre une formation complémentaire, à condition de justifier d’au moins cinq années d’exercice effectif.

Cette précision figure dans une réponse adressée le 1er juillet 2026 au président de l’Assemblée des représentants du peuple, en réponse à une question écrite du député Mohamed Ali portant sur une proposition de révision des conditions d’équivalence des diplômes des médecins tunisiens formés à l’étranger. Le document a été publié ce lundi sur le site officiel du Parlement.

Le ministère rappelle que le cadre juridique actuellement en vigueur permet déjà l’octroi de l’équivalence sans exigences supplémentaires pour tout médecin pouvant attester d’une pratique professionnelle effective d’au moins cinq ans après l’obtention de son diplôme de spécialité.

Une réforme entrée en vigueur en 2023

Le ministère souligne que les règles encadrant l’équivalence des diplômes et des titres, notamment dans les spécialités médicales, ont été révisées par un arrêté ministériel daté du 10 octobre 2023. Cette réforme est le résultat d’un processus de concertation engagé dès 2018 avec l’ensemble des parties concernées, parmi lesquelles le ministère de la Santé, les facultés de médecine et l’Ordre des médecins.

Les nouvelles dispositions prévoient l’attribution directe de l’équivalence aux médecins justifiant d’au moins cinq années de pratique effective après l’obtention de leur diplôme de spécialité, sans obligation de suivre une formation complémentaire, de passer un examen d’évaluation ou de cumuler ces deux exigences. Cette possibilité est inscrite dans le dernier alinéa de l’article 16 de l’arrêté de 2023.

Des équivalences déjà accordées à des médecins formés en Allemagne

Le ministère indique également que la commission sectorielle chargée de l’équivalence des diplômes dans les spécialités médicales et paramédicales applique déjà cette disposition. Plusieurs médecins ayant suivi leur formation en Allemagne ont ainsi obtenu une décision d’équivalence après prise en compte de leur ancienneté professionnelle et présentation des justificatifs attestant de leur exercice effectif.

L’administration rappelle toutefois la spécificité du système allemand de formation médicale. Contrairement à d’autres pays, celui-ci ne débouche pas sur un diplôme universitaire national de spécialité, mais sur un certificat de compétence délivré par l’Ordre des médecins de chaque région allemande.

Un sujet relancé par les médecins tunisiens d’Allemagne

Dans sa question parlementaire, le député Mohamed Ali avait évoqué les difficultés rencontrées par les médecins tunisiens diplômés à l’étranger pour faire reconnaître leurs qualifications en Tunisie.

Il a rappelé que l’Association des médecins tunisiens en Allemagne, en partenariat avec l’Organisation tunisienne des jeunes médecins, avait soumis il y a plus d’un an une proposition de modification des conditions d’équivalence. Cette initiative était accompagnée d’une pétition signée par plus de 100 médecins tunisiens établis en Allemagne et adressée également à la présidence de la République.

Ainsi, le député souligne que cette proposition vise à faciliter le retour de ces compétences médicales afin qu’elles puissent intégrer les établissements hospitaliers tunisiens, dans un contexte marqué par une pénurie persistante de médecins spécialistes. Il estimait qu’une absence de réponse risquait de priver le pays d’une opportunité de pourvoir des postes vacants dans plusieurs spécialités essentielles.

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Émission d’un timbre-poste dédié aux « Mosaïques de la Méditerranée »

La Poste Tunisienne a indiqué, dans un communiqué publié lundi, avoir émis, le 07 juillet 2026, à l’instar des autres pays membres de l’Union Postale pour la Méditerranée (UPMed), un timbre-poste dédié aux mosaïques de la Méditerranée

Ce timbre-poste ainsi que les autres produits philatéliques réalisés à cette occasion seront disponibles à la vente dans tous les bureaux de poste et via Internet à travers le site www.e-stamps.poste.tn à partir du mardi 07 juillet 2026.

L’émission de ce timbre-poste s’inscrit dans le cadre de sa contribution active aux activités de l’UPMed et du renforcement de son rôle dans le soutien et le développement de la coopération et du partenariat avec les institutions postales méditerranéennes, a souligné la Poste tunisienne.

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Séance unique : l’économie tunisienne paie-t-elle le prix des horaires d’été ?

Chaque été, l’administration tunisienne adopte le régime de la séance unique, généralement à partir du 1er juillet. Instaurée à l’origine pour limiter la consommation énergétique durant les fortes chaleurs, cette organisation du travail, si elle répondait autrefois à des impératifs climatiques, voit aujourd’hui sa pertinence économique de plus en plus remise en question.

Dans un entretien accordé à L’Économiste Maghrébin, Rahim Kallal, enseignant universitaire à l’IHEC de Carthage, décrypte les répercussions de ce dispositif sur la productivité, la compétitivité des entreprises, les relations avec les partenaires européens et l’efficacité du service public. Son constat met en perspective le fait que la séance unique ne se mesure pas uniquement en kilowattheures économisés, mais également en opportunités économiques potentiellement perdues.

Une administration moins accessible

L’universitaire part du constat que le principal effet de la séance unique réside dans la réduction des horaires d’ouverture des services publics. En concentrant l’activité administrative sur une plage horaire limitée, les administrations doivent faire face à un afflux important d’usagers, entraînant des files d’attente, des retards dans le traitement des dossiers et une saturation des guichets.

Cette situation affecte directement les entreprises, en particulier les PME, qui dépendent quotidiennement des administrations pour obtenir des autorisations, des certificats ou des validations administratives. Lorsque ces procédures prennent du retard, c’est l’ensemble de l’activité économique qui s’en trouve ralenti.

Un décalage avec les partenaires européens

Par ailleurs, Rahim Kallal souligne les conséquences du décalage horaire entre la Tunisie et ses principaux partenaires commerciaux. L’Union européenne représentant plus de 70 % des exportations tunisiennes. Alors, la fermeture précoce des administrations, des banques et de certains services publics réduit les plages de coordination avec les entreprises européennes. Ce qui limite la fluidité des échanges.

Il estime, en outre, que les économies d’énergie attribuées à la séance unique sont souvent surestimées. En effet, précise-t-il, la consommation électrique n’est pas supprimée mais simplement déplacée. Car les agents utilisent la climatisation à leur domicile après avoir quitté plus tôt leurs lieux de travail.

Productivité et qualité du service public en question

L’universitaire met également en avant les effets de cette organisation sur les conditions de travail et la qualité du service rendu.

La concentration de l’activité sur quelques heures accroît la pression sur les agents publics dès le début de la journée. À cela s’ajoute un rythme de travail continu de plus de six heures, sans véritable pause, susceptible d’entraîner une baisse de concentration et une fatigue cognitive pouvant affecter la rapidité de traitement des dossiers ainsi que la qualité des décisions.

De plus, les difficultés de mobilité constituent un facteur de perte d’efficacité. Les embouteillages, les retards et les départs anticipés réduisent parfois le temps de travail réellement productif.

Rahim Kallal précise toutefois que cette situation ne peut être imputée aux agents publics. A cet égard, il rappelle que le volume annuel de travail demeure globalement équilibré grâce aux horaires appliqués durant la période hivernale.

Rotation des équipes et digitalisation parmi les solutions

Pour l’universitaire, le débat ne doit pas opposer bien-être des travailleurs et efficacité économique. Il plaide pour une modernisation de l’organisation du travail reposant sur plusieurs leviers.

Il propose notamment la mise en place d’un système de rotation permettant aux administrations de rester ouvertes jusqu’en fin d’après-midi, sans allonger la journée de travail de l’ensemble des agents.

Il estime également qu’une amélioration des transports publics est indispensable afin d’accompagner toute évolution des horaires de travail.

Enfin, il considère que la généralisation des services administratifs numériques constitue la réforme la plus structurante. La digitalisation permettrait aux citoyens et aux entreprises d’effectuer leurs démarches en ligne à toute heure, réduisant ainsi la dépendance aux horaires des guichets.

Vers une réforme plutôt qu’une suppression

Rahim Kallal ne préconise donc pas une suppression immédiate de la séance unique. Parce que, estime-t-il, une telle décision pourrait provoquer des tensions sociales et créer de nouvelles difficultés durant les périodes de fortes chaleurs.

Il juge toutefois que le statu quo ne répond plus aux exigences d’une économie moderne. Ainsi, il recommande d’élargir les horaires de fonctionnement des secteurs stratégiques tels que les douanes, les ports, la logistique, les services financiers et les principales institutions économiques afin d’assurer une continuité de service.

Pour les autres administrations, il préconise le maintien de la séance unique sous certaines conditions, notamment le recours au travail par rotation, au télétravail, à une plus grande flexibilité des horaires et à la poursuite de la transformation numérique.

L’universitaire appelle également à une évolution des pratiques managériales. Tout en invitant l’administration à privilégier une logique de résultats plutôt qu’une simple logique de présence.

En conclusion, Rahim Kallal affirme que le débat sur la séance unique dépasse la seule question des horaires de travail. L’enjeu principal, insiste-t-il, réside dans la capacité de l’administration à assurer un service public accessible, réactif et mieux synchronisé avec les besoins des citoyens, des entreprises et des partenaires économiques. Une telle évolution constituerait, selon lui, un levier essentiel pour renforcer la compétitivité et soutenir la croissance économique du pays.

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Poste tunisienne : nouveaux horaires d’été des bureaux de poste à partir du 1er juillet

La poste tunisienne informe sa clientèle, que l’horaire d’été pour l’ouverture des bureaux de poste à partir de demain, mercredi 1er juillet 2026 jusqu’au 31 août 2026, sera comme suit : Lundi, mardi, mercredi et jeudi de 07h30 jusqu’à 13h00. Vendredi de 7h30 jusqu’à 12h30.

La poste tunisienne précise dans un communiqué publié mardi, que les agences de Rapid Post et les agences de colis postaux assurent une séance de travail de 07h30 jusqu’à 13h30 du lundi au jeudi et de 07h30 jusqu’à 12h30, le vendredi.

Il convient de rappeler que 67 bureaux de poste et 25 agences de Rapid Post continuent à assurer une séance du travail les samedis de 09h00 à 12h15.

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Kaïs Saïed : la réconciliation pénale, une nouvelle chance de quitter la prison ou de regagner la Tunisie

Le président de la République, Kaïs Saïed, a procédé, lundi au palais de Carthage, à la nomination des membres de la Commission nationale de la réconciliation pénale, après avoir désigné auparavant Ali Abbès à sa présidence.

À cette occasion, le chef de l’État a réaffirmé que la reddition des comptes demeure « une revendication légitime du peuple tunisien » et qu’il n’est « pas question de renoncer à un seul millime revenant de droit aux Tunisiens ». Il a souligné que la nouvelle composition de la Commission constitue une opportunité de relancer le processus de réconciliation pénale, dont les travaux avaient, selon lui, été entravés après leur lancement.

Kaïs Saïed a également estimé que cette nouvelle étape offre aux personnes concernées une nouvelle possibilité d’adhérer au processus de réconciliation. Il a précisé que cette démarche s’adresse aussi bien aux personnes détenues, qui pourraient ainsi retrouver la liberté, qu’à celles se trouvant à l’étranger, appelées à regagner le pays, à condition de s’engager sincèrement dans ce processus.

Le président de la République a insisté sur le fait que cette relance doit se faire « loin de toute surenchère, de toute désinformation et de tout retard injustifié », réaffirmant que les droits des victimes de la révolution ainsi que les revendications du peuple tunisien seront préservés. Il a également rappelé que « nul n’est au-dessus de la loi » et que tous les citoyens sont égaux devant la justice, sans exception.

À l’issue de la cérémonie, le président de la Commission nationale de la réconciliation pénale ainsi que ses membres ont prêté serment devant le chef de l’État, conformément aux dispositions du décret-loi ayant institué cette instance en 2022.

A lire aussi: Réconciliation pénale : la présidence a contacté des hommes d’affaires

La nouvelle composition de la Commission nationale de la réconciliation pénale

Par ailleurs, le Journal officiel de la République tunisienne (JORT), dans sa dernière édition, a publié le décret n° 131 de l’année 2026, daté du 26 juin 2026, portant nomination des membres de la Commission nationale de la réconciliation pénale et de sa rapporteure.

Selon ce décret, la Commission est composée de Faten Jouini, juge administratif, première vice-présidente, Wafa Ben Abdel Samad, juge financier, deuxième vice-présidente, Najla Safi, représentante de la Haute Instance de contrôle administratif et financier, Moaz Dridi, représentant du Contrôle général des finances, Sahbi Zarrouki, représentant du ministère des Domaines de l’État et des Affaires foncières, Firas Boujelben, représentant de la Commission tunisienne des analyses financières relevant de la Banque centrale de Tunisie, ainsi que Najiba Znati, représentante du Contentieux de l’État.

Le décret désigne également Ahlam Akrmi en qualité de rapporteure de la Commission nationale de la réconciliation pénale.

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Ali Abdi accuse la FTF, mais les chiffres racontent une autre histoire

A la sortie de la rencontre Tunisie – Japon lundi au mondial (0 – 4), le défenseur tunisien Ali Abdi, ému mais inquisiteur, a fait une déclaration polémique qui continue de faire réagir 72 heures plus tard. Des propos qui…

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Point de vue – Tunisie. Le football tunisien à la dérive

La dégringolade du football tunisien s’illustre encore une fois au Mondial, avec deux défaites amères. Au fond, les joueurs n’y sont pour rien. C’est la politique générale du football et la passivité ou l’impuissance des responsables de ce sport qui…

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Mondial. Tunisie-Japon : à Monterrey, le naufrage d’une sélection sans repères

La Tunisie espérait laver l’affront de son entrée en lice face à la Suède. Elle a finalement aggravé son cas. À Monterrey, les Aigles de Carthage ont été écrasés par le Japon (0-4), dimanche, lors de la deuxième journée du…

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Diplomatie tunisienne : les femmes, désormais 80% des nouvelles recrues

Près de quatre diplomates tunisiens sur dix sont aujourd’hui des femmes. Le chiffre, avancé vendredi par le chef de la diplomatie Mohamed Ali Nafti, illustre une dynamique qui s’accélère d’année en année : la dernière promotion de secrétaires des Affaires étrangères comptait 80% de femmes, contre 74% en 2025 et seulement la moitié l’année précédente.

C’est à l’occasion de la Journée internationale des femmes dans la diplomatie que ces données ont été dévoilées, lors d’une cérémonie tenue au siège de l’Académie diplomatique de Tunis. La rencontre, placée sous le signe de l’engagement des femmes au service de la paix et du développement, a réuni diplomates et représentants d’organisations internationales.

Dans son intervention, le ministre a tenu à inscrire cette évolution dans la durée. Il a rappelé que des femmes figuraient déjà dans la toute première délégation tunisienne envoyée à l’Assemblée générale des Nations unies, au lendemain de l’Indépendance — un choix qui, selon lui, traduisait l’attachement des fondateurs de l’État moderne au principe d’égalité entre citoyens et à l’émancipation féminine.

Mohamed Ali Nafti a également salué la mémoire des diplomates tunisiennes qui, depuis cette époque, ont œuvré à la défense de la souveraineté du pays, à la promotion de ses intérêts et à l’avancée du développement durable. Leurs héritières, a-t-il poursuivi, occupent désormais des fonctions à responsabilité, que ce soit au sein du ministère ou dans les instances internationales, où elles prennent part aux négociations, aux dialogues et à la recherche de consensus contribuant à la stabilité régionale et mondiale.

Le chef de la diplomatie est par ailleurs revenu sur l’engagement précoce de la Tunisie envers la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée en 2000, qui reconnaît le rôle des femmes non seulement comme bénéficiaires de protection, mais comme actrices à part entière de la construction de la paix. La Tunisie, a-t-il précisé, a été la première nation d’Afrique du Nord à se doter d’un plan d’action national pour appliquer ce texte, et la première de la région à en adopter un second, pour la période 2023-2027.

De son côté, Florence Basty, qui dirige le bureau d’ONU Femmes pour la Tunisie et la Libye, a salué un pays qu’elle considère comme précurseur en matière de droits des femmes, sur la scène régionale comme internationale. Son parcours depuis l’Indépendance, a-t-elle estimé, témoigne d’une influence durable des femmes tunisiennes dans la diplomatie multilatérale et les initiatives de paix à travers le monde.

Selon elle, les jeunes générations de diplomates perpétuent aujourd’hui cet héritage transmis par leurs aînées, tout en s’ouvrant à de nouvelles perspectives de responsabilité et d’influence. En plaçant les femmes au centre de ses priorités diplomatiques, a-t-elle ajouté, la Tunisie fait de leur participation pleine et égale un véritable choix stratégique, doublé d’une responsabilité assumée sur le plan international. Cette approche, a-t-elle conclu, trouve son ancrage dans l’agenda « Femmes, paix et sécurité » et dans la résolution 1325, référence centrale pour renforcer la place des femmes dans la prévention des conflits et la consolidation d’une paix durable.

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TIF 2026 : l’automobile et la diaspora à l’honneur

La 22e édition du Tunisia Investment Forum (TIF) se tiendra les 25 et 26 juin 2026 à Gammarth, sous le slogan « Tunisie : dynamique renouvelée, nouvelles opportunités ». Organisé sous l’égide du ministère de l’Économie et de la Planification, l’événement mettra l’accent sur l’attractivité de la Tunisie comme destination d’investissement et sur les priorités du Plan national de développement 2026-2030.

Parmi les temps forts figure un workshop international consacré à l’industrie automobile, prévu le 26 juin. Organisé par la FIPA-Tunisia en partenariat avec la Tunisian Automotive Association et le Cluster Mécatronique Tunisie, il réunira industriels, startups, centres de recherche et décideurs autour de trois thématiques : l’innovation et la R&D, l’e-mobilité et la connectivité, ainsi que la transition énergétique.

Le forum comprendra également des ateliers sectoriels dédiés notamment au textile, aux énergies renouvelables, à l’agroalimentaire et à l’entrepreneuriat féminin, ainsi que des rencontres B2B.

Deux séminaires thématiques sont programmés le 26 juin. Le premier, organisé par la Banque africaine de développement (BAD), portera sur les opportunités de marchés auprès des banques multilatérales de développement. Le second, organisé par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), sera consacré au rôle des Tunisiens résidant à l’étranger dans l’investissement, l’innovation et le financement du développement.

Les échanges sur la mobilisation des investissements de la diaspora devraient déboucher sur la mise en place d’un « Project Desk » destiné à accompagner les porteurs de projets.

Le TIF 2026 sera inauguré par la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, et réunira des responsables institutionnels, des représentants du secteur privé ainsi que des partenaires africains et internationaux.

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Passeport en 30 mn: de nouvelles mesures pour les Tunisiens de l’étranger

La Tunisie compte environ 1,8 million de Tunisiens résidant à l’étranger (TRE). Chaque été, les aéroports, ports et guichets administratifs en Tunisie entrent dans un rythme particulier, porté par le retour de la diaspora. Ce mouvement saisonnier, très attendu par de nombreuses familles, s’accompagne aussi d’une pression forte sur les services de passeports. Pour y répondre, de nouvelles mesures ont été mises en place, selon l’agence TAP. 

Au ministère de l’Intérieur, un espace dédié a été aménagé au sein de la Direction générale de la police des frontières et des étrangers. L’objectif est d’accélérer les démarches sur place: dans certains cas, un passeport peut être délivré ou renouvelé en moins de 30 minutes, explique Moez Thabet, directeur des passeports et des documents de voyage.

Le dispositif ne se limite pas aux bureaux administratifs classiques. Deux guichets de passeports ont été installés directement à bord des ferries “Carthage” et “Tanit”, en partenariat avec la Compagnie tunisienne de navigation. Une initiative déjà testée l’été dernier, qui avait permis de délivrer environ 800 passeports pendant les traversées.

Les principaux points d’entrée du pays ont également été intégrés au dispositif. Au port de La Goulette et à l’aéroport international de Tunis-Carthage, des bureaux permettent désormais de traiter certaines situations sur place, notamment lorsqu’un passeport expiré est découvert au moment du voyage.

Le réseau s’étend aussi à l’étranger. Des bureaux consulaires ont été ouverts cette année à Tokyo, Pékin et Abidjan, avec d’autres ouvertures annoncées à Varsovie et Belgrade. L’objectif est de rapprocher davantage les services administratifs des Tunisiens résidant hors du pays.

En parallèle, une nouvelle étape de digitalisation est engagée. Une plateforme permet d’accélérer plusieurs démarches et la demande de passeport peut désormais se faire en ligne, avec paiement électronique et prise de rendez-vous. Une évolution qui vise surtout à réduire les déplacements et à rendre les procédures plus simples au quotidien.

 

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Tunisie : croissance en reprise et déséquilibres structurels toujours présents

Le « tableau de bord sur la compétitivité tunisienne de l’économie tunisienne » réalisé par l’ITCEQ en mai 2026 indique que les indicateurs de compétitivité de l’économie tunisienne montrent des évolutions différenciées sur la période récente.

Le PIB de la Tunisie progresse de 0,2 % en 2023 à 1,6 % en 2024 puis 3,2 % en 2025. Et ce, dans un contexte de reprise progressive de l’activité industrielle, de regain de certains secteurs exportateurs et de raffermissement de la demande intérieure.

Sur le plan externe, la part de marché des biens tunisiens sur le marché de l’Union européenne s’établit à 0,52 % en 2023 puis 0,53 % en 2024; contre 0,42 % en 2022. Une évolution associée notamment à la hausse des exportations d’huile d’olive liée à l’augmentation du prix moyen à l’export. La part de marché interne passe quant à elle de 43,1 % en 2022 à 51,6 % en 2025.

De son côté, le compte extérieur courant enregistre une amélioration avec un déficit moyen de 2,1 % entre 2023 et 2025, contre 6,9 % sur la période 2020-2022, en lien avec la reprise du secteur touristique et la hausse des transferts des Tunisiens résidents à l’étranger.

Pour sa part, le déficit budgétaire recule de 9,7 % du PIB en 2020 à 5,4 % en 2025, sous l’effet de l’évolution des recettes fiscales, de la maîtrise de la masse salariale et de la baisse des dépenses de compensation, notamment énergétiques.

Quant à l’endettement extérieur exprimé en pourcentage du revenu national brut disponible, il diminue de 62,7 % en 2020 à 44,1 % en 2024. Et ce, dans un contexte de remboursement du principal de la dette extérieure à long terme et de recours accru aux emprunts intérieurs. L’inflation atteint 8,3 % en 2022 puis 9,4 % en 2023, avant de reculer à 5,3 % en 2025.

Par ailleurs, les investissements directs étrangers représentent 1,9 % du PIB en 2025 contre 1,3 % en 2023; et 11,5 % de la formation brute de capital fixe contre 8,1 % en 2023, avec une concentration dans le secteur manufacturier, suivi de l’énergie et des services. Le taux d’investissement demeure à 16 % du PIB sur la période 2021-2025. Tandis que l’ICOR recule pour atteindre 5,5 en 2025. Le taux d’épargne nationale se situe à 5 % en 2024 et 6 % en 2025.

La pression fiscale s’établit à 25,4 % en 2023, 25,1 % en 2024 et 24,7 % en 2025. La part des créances impayées passe de 15,7 % en 2024 à 16,8 % en 2025. Le marché boursier enregistre une progression avec un volume des transactions de titres à 2,9 % du PIB en 2025 contre 1,8 % en 2023, et une capitalisation boursière à 18,9 % du PIB contre 16 % en 2023.

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Les transferts des Tunisiens résidents à l’étranger atteignent 3,6 milliards de dinars

Les transferts de fonds effectués par les Tunisiens résidents à l’étranger ont atteint 3.669 millions de dinars. Soit environ 3,6 milliards de dinars, à la fin du mois de mai 2026. C’est ce que révèlent les derniers indicateurs monétaires publiés par la Banque centrale de Tunisie.

Ce montant enregistre une progression de 4,5 % par rapport à la même période de l’année 2025, où ces transferts s’élevaient à 3,510 millions de dinars.

Exprimés en dollars américains, ces flux financiers représentent environ 1,267 milliard de dollars (soit près de 1,26 milliard de dollars), sur la base d’un taux de change moyen mensuel de 1 dollar = 2,894 dinars, enregistré à la fin du mois de mai dernier.

Ces transferts demeurent une source importante de devises pour l’économie tunisienne, contribuant au soutien des équilibres financiers extérieurs du pays.

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