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Drogues : La Tunisie prépare une révision de la loi 52 face à l’évolution du trafic

La Tunisie pourrait revoir son arsenal juridique contre le trafic de stupéfiants. Le ministère de l’Intérieur travaille actuellement à une révision de la loi n°52 de 1992 relative aux stupéfiants, avec l’objectif notamment d’adapter les moyens d’enquête à l’évolution des réseaux criminels et à leur recours croissant aux technologies modernes.

L’annonce intervient alors que les indicateurs communiqués par les services spécialisés témoignent d’une forte progression de l’activité liée aux stupéfiants. Le nombre d’affaires est passé de plus de 5000 en 2020 à plus de 15.000 en 2025, tandis que le nombre de personnes arrêtées est passé d’environ 10.000 à plus de 27.000.

De nouveaux mécanismes d’enquête envisagés

Le chef du service de lutte contre les stupéfiants de la direction de la police judiciaire d’El Gorjani, Mohamed Ali Chaïbi, a indiqué que le ministère de l’Intérieur travaille actuellement sur cette révision. Selon lui, les modifications envisagées doivent notamment permettre de recourir à de nouveaux mécanismes d’enquête, parmi lesquels l’interception des communications et l’infiltration.

L’objectif avancé est de mieux démanteler des réseaux devenus plus complexes et davantage connectés à l’international. Le responsable estime que l’utilisation des technologies modernes par les groupes criminels nécessite des dispositifs spécifiques, mais encadrés par la loi.

La loi n°52, adoptée le 18 mai 1992, reste le principal texte tunisien encadrant les infractions liées aux stupéfiants. Sa dernière modification importante dans ce domaine remonte à 2017, notamment concernant l’application des circonstances atténuantes prévues par l’article 53 du Code pénal.

Une hausse qui concerne aussi les saisies

L’évolution des affaires s’accompagne d’une progression importante des saisies. Selon le responsable de la lutte contre les stupéfiants, les quantités de cocaïne saisies ont augmenté au cours des cinq dernières années, tandis que les saisies de comprimés stupéfiants ont fortement progressé.

Le phénomène est particulièrement visible avec les comprimés à base de prégabaline. Les saisies, qui ne dépassaient pas environ 60.000 comprimés en 2020, ont connu une progression spectaculaire. En septembre 2025, les autorités avaient notamment annoncé la saisie au port de Radès d’environ 12 millions de comprimés dissimulés dans un conteneur en provenance d’un pays européen.

Le responsable évoque également la constitution progressive d’un marché de consommation de Lyrica en Tunisie. Selon son explication, une partie des produits qui transitent par le pays reste sur le marché local, contribuant à alimenter une demande intérieure.

La dimension internationale prend du poids

Pour les autorités, la lutte contre les stupéfiants ne peut plus être limitée au territoire tunisien. Mohamed Ali Chaïbi souligne la position de la Tunisie au croisement de plusieurs routes de trafic, avec des introductions de drogues par voie maritime, aérienne et terrestre.

La coopération avec les pays voisins est donc présentée comme un autre axe essentiel. Elle doit notamment passer par des enquêtes conjointes et l’échange d’informations sur les réseaux internationaux, dans le cadre des conventions bilatérales et internationales.

Cette dimension est d’autant plus importante que les autorités tunisiennes décrivent certains circuits comme transnationaux. La frontière tuniso-libyenne est notamment citée parmi les voies utilisées pour l’introduction de cocaïne et de comprimés d’ecstasy.

Adapter la réponse sans réduire la lutte au volet sécuritaire

Le responsable de la lutte contre les stupéfiants défend parallèlement une approche combinant lutte contre l’offre et réduction de la demande. Le premier volet relève des services de sécurité, du contrôle des frontières et de l’application de la loi. Le second implique notamment les familles, les établissements éducatifs, les médias et les organisations de la société civile.

Cette approche intervient alors qu’un programme national de communication consacré à la prévention des risques liés aux drogues a commencé à être déployé depuis le 10 septembre, avec la participation de plusieurs ministères et partenaires.

La prochaine étape sera donc autant juridique qu’opérationnelle. Si la révision de la loi n°52 se concrétise, elle devra déterminer jusqu’où les nouveaux mécanismes d’enquête pourront être utilisés et sous quelles garanties.

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Tunisie | Me Ghazi Mrabet et six co-accusés déférés devant le juge d’instruction

L’avocat Ghazi Mrabet et six autres suspects — dont un trafiquant de drogue connu des services — seront déférés devant le juge d’instruction du Pôle judiciaire économique et financier de Tunis, leur garde à vue ayant été prolongée dans le cadre de l’enquête. Cette mesure, décidée, avant-hier, vendredi 11 septembre 2026, s’inscrit dans le cadre des investigations en cours concernant une suspicion de détention de stupéfiants.

L’affaire a débuté lorsque l’avocat a été surpris au domicile du deuxième suspect — un trafiquant de drogue faisant l’objet d’une condamnation par contumace à 40 ans de prison, qui serait l’un de ses clients, selon plusieurs de ses collègues.

Lors de l’opération, les autorités ont saisi 8 kg de cocaïne, 40 plaquettes de résine de cannabis (zatla) et une somme d’argent estimée à 394 000 dinars.

À la suite de l’ouverture de l’enquête, quatre autres suspects ont été arrêtés, tandis qu’un célèbre footballeur, dont le nom n’a pas été divulgué, a été déféré devant le parquet.

La semaine dernière, le ministère public près le Tribunal de première instance de Tunis a ordonné aux agents de la sous-direction de lutte contre les stupéfiants (relevant de la direction de la police judiciaire) de placer en garde à vue l’avocat Ghazi Mrabet ainsi que le trafiquant de drogue en question.

Leur garde à vue a été fixée à cinq jours pour des chefs d’accusation incluant la constitution d’un réseau de trafic de drogue et le blanchiment d’argent. Les deux hommes ont été interpellés au domicile du trafiquant recherché ; la perquisition des lieux a permis la saisie d’importantes quantités de stupéfiants.

Selon l’agence Tap, citant une source judiciaire, Me Mrabet, qui se trouvait en compagnie du trafiquant de drogue, a tenté d’entraver le travail des agents de la police judiciaire pour permettre la fuite de son client, mais ces derniers sont parvenus à les interpeller tous deux.

I. B.  

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Tunisie : Une grâce présidentielle pour des élèves et étudiants détenus

À l’occasion de la rentrée scolaire et universitaire, le président de la République Kaïs Saïed a accordé une grâce à plusieurs élèves et étudiants incarcérés dans des affaires liées à la détention ou à la consommation de stupéfiants. Selon des informations rapportées vendredi 11 septembre par la Radio nationale, la mesure ne concerne pas les personnes impliquées dans des affaires de trafic.

Une mesure ciblée

La grâce présidentielle concerne des jeunes actuellement détenus pour des infractions liées à la détention ou à la consommation de stupéfiants, sans implication dans des activités de trafic, selon la Radio nationale qui a rapporté l’information.

Le périmètre exact de la mesure reste toutefois à préciser. Aucun nombre officiel de bénéficiaires n’est disponible à ce stade dans les informations publiées, pas plus que le détail des situations judiciaires concernées.

Reprendre les études

La décision intervient dans le contexte de la rentrée scolaire et universitaire. Elle vise notamment à permettre aux jeunes concernés de retrouver leur parcours éducatif après leur incarcération.

Cette dimension donne à la mesure une portée particulière : il ne s’agit pas d’une mesure générale portant sur les affaires de stupéfiants, mais d’une décision ciblant des élèves et des étudiants qui n’ont pas été impliqués dans le trafic.

Le calendrier des éventuelles libérations et les modalités permettant aux bénéficiaires de reprendre leurs études doivent encore être précisés.

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La Tunisie face à l’explosion du trafic de drogue : les chiffres qui inquiètent

Pendant longtemps, la Tunisie n’était perçue que comme un simple couloir de passage sur les routes du narcotrafic reliant les zones de production aux marchés européens. Aujourd’hui, ce constat appartient au passé. Les chiffres dévoilés devant l’Assemblée des représentants du peuple dressent un tableau autrement plus inquiétant : le pays est devenu une cible privilégiée...

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