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La Tunisie face à l’explosion du trafic de drogue : les chiffres qui inquiètent

Pendant longtemps, la Tunisie n’était perçue que comme un simple couloir de passage sur les routes du narcotrafic reliant les zones de production aux marchés européens. Aujourd’hui, ce constat appartient au passé. Les chiffres dévoilés devant l’Assemblée des représentants du peuple dressent un tableau autrement plus inquiétant : le pays est devenu une cible privilégiée...

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Stupéfiants – Chiffres effrayants : La Tunisie bascule vers un marché de consommation massif

La Tunisie fait face à une montée inquiétante du phénomène des drogues, portée par une explosion des réseaux de trafic, une diversification des substances et un ciblage accru des jeunes. C’est ce qu’ont révélé, mercredi, des responsables sécuritaires lors d’une séance d’audition à la Commission de la législation générale au Parlement, consacrée à la révision de la loi sur les stupéfiants.

Le colonel Naceur Nallouti, chef de l’unité de lutte contre les stupéfiants à la Direction générale de la Garde nationale, a tiré la sonnette d’alarme en s’appuyant sur les dernières données de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime. Il a souligné une hausse marquée du trafic de cocaïne à l’échelle mondiale, poussant les réseaux criminels à ouvrir de nouvelles routes vers l’Afrique du Nord.

Le cannabis reste la drogue la plus consommée

Selon lui, le cannabis reste la drogue la plus consommée dans le monde, avec près de 4% de la population mondiale qui en aurait fait usage au moins une fois. Plus préoccupant encore, les réseaux criminels modifient désormais sa composition génétique pour augmenter le taux de substances addictives jusqu’à 25%, contre un seuil naturel qui ne devrait pas dépasser 8%.

En Tunisie, la situation suit cette tendance. Le pays a enregistré, en 2025, 15.253 affaires liées aux stupéfiants impliquant 27.338 suspects, dont 10.592 trafiquants. Les affaires de trafic représentent désormais plus de 20% de l’ensemble des dossiers liés aux drogues.

Lire aussi : Trafic de drogue : 67 arrestations et un réseau international démantelé

Entre 2013 et 2017, les autorités avaient recensé 12.000 affaires de trafic. Ce chiffre est passé à 18.000 entre 2018 et 2022, illustrant une progression continue du phénomène.

Les jeunes restent la principale cible. Selon Nallouti, 89% des consommateurs tunisiens appartiennent à la tranche d’âge de 19 à 40 ans. Une donnée qui confirme l’ampleur de la menace sur une génération entière.

L’usage croissant des cryptomonnaies

Autre évolution notable : l’usage croissant des cryptomonnaies dans le financement des importations de drogues. Le ministère de l’Intérieur affirme avoir détecté des indices montrant que certains réseaux utilisent ces monnaies numériques pour régler leurs transactions via des intermédiaires internationaux.

Sur le terrain, le Grand Tunis et le littoral concentrent les plus forts taux de consommation, tandis que les régions frontalières de l’ouest restent les principaux foyers de trafic.

Les autorités s’inquiètent également de la montée rapide des comprimés stupéfiants, notamment l’“Arika”, une substance fortement addictive fabriquée en Inde. Une récente opération sécuritaire a permis la saisie de plus de 12 millions de comprimés en une seule intervention.

Le constat dressé par Noufel Medroui, commissaire principal à la sous-direction de lutte contre les stupéfiants, est sans appel : la Tunisie n’est plus seulement une zone de transit. Elle est devenue un marché de consommation à part entière.

821 tonnes de drogues saisies

Entre 2015 et 2025, pas moins de 821 tonnes de drogues ont été saisies dans le pays. Sur la même période, plus de 7,5 millions de comprimés stupéfiants ont été confisqués, dont 2,5 millions pour la seule année 2025.

Au total, 86.599 affaires de drogue ont été enregistrées en dix ans, impliquant 156.000 trafiquants et 104.000 consommateurs. Là encore, les 18-40 ans représentent près de 80% des personnes concernées.

Ces chiffres confirment l’ampleur d’un phénomène qui ne cesse de se transformer, posant désormais un défi sécuritaire, sanitaire et social majeur pour la Tunisie.

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Tunisie. Démantèlement d’un vaste réseau criminel : les zones d’ombre d’un coup de filet sans précédent

L’annonce a fait l’effet d’une déflagration dans les milieux politiques, économiques et sécuritaires tunisiens. Le ministère de l’Intérieur a révélé jeudi 18 juin le démantèlement de deux réseaux criminels internationaux présumés impliqués dans le trafic de stupéfiants, le blanchiment d’argent,…

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Tunis | Un père exploitait son fils mineur dans le trafic de drogue !

Un réseau de trafic de stupéfiants et d’exploitation d’un mineur par son père a été démantelé à El Omrane, suite à une affaire de violence conjugale.

Alertée par l’épouse du suspect principal, la police judiciaire a perquisitionné le domicile familial, ce qui a permis l’arrestation du chef de réseau, de son frère, d’un complice et d’une jeune fille recherchée par la justice, annonce Mosaïque FM, ce mercredi 10 juin 2026.

Les investigations ont révélé une circonstance aggravante : le suspect principal du réseau, âgé d’une cinquantaine d’années, utilisait son fils mineur pour transporter la drogue et effectuer les livraisons afin de détourner les soupçons.

La police a par ailleurs saisi d’importantes quantités de drogue, d’alcool de contrebande et d’argent liquide de source inconnue, et le ministère public a ordonné la mise en détention de l’ensemble des suspects pour trafic de drogue, traite d’êtres humains et violences volontaires.

Y. N.

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Stupéfiants : Les pharmaciens plaident pour une réforme axée sur les soins

Les débats autour de la réforme de la législation tunisienne sur les stupéfiants se poursuivent à l’Assemblée des représentants du peuple. Auditionnés jeudi par la Commission de la législation générale, les représentants des pharmaciens ont défendu une approche mêlant prévention, accompagnement thérapeutique et fermeté accrue contre les trafiquants.

Ils ont notamment appelé à alléger les peines de prison visant les consommateurs désireux de se soigner, tout en renforçant l’arsenal répressif contre les réseaux criminels organisés.

Une approche sanitaire pour les consommateurs

Les présidents du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens de Tunisie et du Syndicat des pharmaciens d’officine de Tunisie ont estimé que l’incarcération systématique des usagers ne permettait pas de traiter efficacement le phénomène de la toxicomanie.

Selon eux, la future réforme de la loi n°52 de 1992 devrait davantage privilégier la prise en charge médicale et psychologique des consommateurs, notamment ceux exprimant une volonté de suivre un traitement. Les pharmaciens ont ainsi proposé d’autoriser plusieurs recours au traitement volontaire, soulignant que les rechutes demeurent fréquentes et que les taux de guérison restent faibles.

En parallèle, ils ont plaidé pour un durcissement des sanctions à l’encontre des trafiquants et des réseaux structurés alimentant le marché des stupéfiants.

Drogues de synthèse et médicaments détournés : l’alerte des pharmaciens

Les représentants du secteur pharmaceutique ont également alerté sur l’essor rapide des drogues de synthèse, jugées particulièrement difficiles à identifier à travers les méthodes d’analyse classiques.

Ils ont aussi évoqué le détournement croissant de certains médicaments à effets addictifs, appelant les autorités à renforcer les mécanismes de contrôle de leur distribution et à actualiser régulièrement les listes des substances psychotropes.

Autre point soulevé : l’inadaptation de la loi de 1969 relative aux substances toxiques. Les pharmaciens considèrent que ce texte ne répond plus aux réalités actuelles du secteur et ne garantit pas une protection juridique suffisante aux professionnels de la pharmacie.

Des députés divisés sur la question des sanctions

Les échanges au sein de la commission ont révélé des divergences entre députés. Certains ont insisté sur la nécessité de maintenir, voire d’alourdir, les peines visant les consommateurs afin de protéger les établissements scolaires et les quartiers résidentiels.

D’autres parlementaires ont défendu une vision davantage thérapeutique, considérant le consommateur de drogue comme une personne malade nécessitant un accompagnement spécialisé. Ils ont notamment proposé la création de centres régionaux dédiés à la prise en charge psychologique et sociale des personnes dépendantes.

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Code pénal et stupéfiants : Vers un ajustement des peines entre fermeté ciblée et rééquilibrage juridique

La commission de la législation générale du Parlement a auditionné plusieurs spécialistes du droit pénal sur deux textes sensibles : la révision des articles 261, 262 et 264 du Code pénal et l’amendement de la loi n°52 de 1992 sur les stupéfiants. Les échanges ont mis en lumière une double exigence : renforcer la réponse pénale face à certaines formes de criminalité, tout en corrigeant des incohérences juridiques et en intégrant des approches plus globales. Experts et députés convergent vers une réforme nuancée, loin d’un simple durcissement automatique.

Vols avec violence : réviser sans rompre l’équilibre judiciaire

La professeure Najet Brahmi a estimé que la révision des articles concernés ne porte pas atteinte à la sécurité juridique, soulignant qu’ils n’ont pas été modifiés depuis 1989, rapporte l’Agence TAP. Elle a plaidé pour une intervention du législateur, notamment sur les infractions de vol avec menace ou violence, en nette progression.

Tout en se déclarant favorable à un durcissement des peines, elle a insisté sur la nécessité d’intégrer des paramètres sociaux et économiques dans l’analyse du phénomène criminel, appelant à une approche fondée sur des données statistiques et l’expertise de disciplines comme la sociologie et la psychologie.

Le professeur Hatem Belahmar a apporté un éclairage chiffré : environ 50% des affaires examinées par les tribunaux concernent des vols sous diverses formes. Pour lui, une réponse législative s’impose, mais sans remettre en cause l’article 53 du Code pénal relatif aux circonstances atténuantes, afin de préserver le pouvoir d’appréciation du juge.

Dans le même sens, le professeur Monji Lakhdhar a souligné que le vol, infraction ancienne, évolue constamment, avec une gravité accrue dans ses formes qualifiées. Il a appelé à introduire des dispositions spécifiques pour le vol à l’arraché et à repenser l’échelle des peines : il propose de ramener la peine minimale à 5 ans, contre 15 ans actuellement jugés excessifs, tout en maintenant un effet dissuasif proportionné.

Les députés ont, pour leur part, insisté sur la montée des vols violents, plaidant pour un durcissement des sanctions. Mais ils ont également mis en garde contre une réponse exclusivement répressive, appelant à une réforme du système pénitentiaire et au développement de peines alternatives.

Stupéfiants : précision juridique et nouveaux outils d’enquête

Sur la réforme de la loi n°52 de 1992, les experts ont globalement soutenu l’initiative, tout en pointant plusieurs ajustements nécessaires.

Najet Brahmi a insisté sur la nécessité de définir avec précision les éléments constitutifs de l’infraction liée aux stupéfiants, afin de la distinguer clairement d’autres pratiques comme l’inhalation de substances. Cette clarification est jugée essentielle pour adapter la réponse pénale.

Elle a également relevé une incohérence dans le projet, notamment l’introduction de la suspension du permis de conduire comme sanction, alors que celle-ci ne figure pas parmi les peines prévues par l’article 5 du Code pénal. En revanche, elle a salué certaines avancées, comme la pénalisation du remplacement ou de la falsification d’échantillons biologiques.

Le professeur Hatem Belahmar a, de son côté, mis en avant les nouveaux mécanismes proposés, notamment l’élargissement des moyens d’investigation accordés au ministère public et aux juges d’instruction, avec des techniques adaptées à l’infiltration des réseaux de trafic.

Une réforme pénale à l’épreuve de l’équilibre

Au fil des auditions, un consensus se dessine : la dissuasion reste un levier central, mais elle doit être proportionnée et orientée vers la prévention autant que vers la sanction.

La réforme en cours ne se limite pas à un simple durcissement des textes. Elle s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’efficacité du système pénal, la cohérence juridique et l’intégration de facteurs sociaux dans la lutte contre la criminalité.

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Coup de filet historique à l’Ariana : 10 millions de comprimés stupéfiants saisis avant leur mise en circulation

La Garde nationale a porté un coup majeur à un réseau criminel transfrontalier spécialisé dans la fabrication et le trafic de comprimés stupéfiants, en déjouant une opération d’une ampleur rarement atteinte.

Grâce à un travail de renseignement de haute précision, les unités du district de l’Ariana sont parvenues à neutraliser un circuit actif entre la Tunisie et un pays voisin, empêchant la mise sur le marché de près de 10 millions de comprimés.

Un laboratoire clandestin entre El Omrane supérieur et El Menzah

L’enquête a permis d’identifier une cellule composée de quatre étrangers et d’un Tunisien, installée dans plusieurs logements situés entre El Omrane supérieur et El Menzah. Ces espaces servaient à la fois de refuges et de centres opérationnels.

Les suspects y avaient aménagé un laboratoire clandestin doté d’équipements industriels modernes, utilisé pour la fabrication, le pressage et l’emballage des comprimés destinés au trafic international.

10 millions de comprimés en cours de fabrication

Le raid sécuritaire s’est soldé par l’arrestation de tous les membres du réseau et la saisie de 14.000 comprimés prêts à être écoulés, près de 10 millions de comprimés en phase de fabrication, une machine industrielle de production, des matières premières, et trois voitures utilisées pour le transport et la logistique.

Par son volume, cette saisie constitue l’un des plus importants coups de filet antidrogue enregistrés ces derniers mois en Tunisie.

Les suspects placés en détention

Les investigations ont également révélé le recours à des méthodes de camouflage sophistiquées. Les comprimés étaient dissimulés dans des emballages cadeaux, puis transportés via des taxis à destination de l’étranger, afin de contourner les dispositifs de surveillance aux frontières.

À l’issue des procédures, les cinq suspects ont été écroués sur décision du parquet. Cette opération confirme la montée en puissance des dispositifs de lutte contre les réseaux criminels organisés et souligne la capacité des forces de sécurité à anticiper les circuits de trafic avant leur passage à l’acte commercial.

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