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Hichem Ben Yahia : « La Tunisie doit être dans l’ère du New Space au service du développement »

Souvent perçu comme un domaine lointain et réservé aux grandes puissances, le secteur spatial joue pourtant un rôle croissant dans la gestion des ressources, l’agriculture, la protection de l’environnement et la souveraineté des États. Où en est la Tunisie dans ce domaine ? Quels sont ses moyens, ses besoins et ses perspectives ? Hichem Ben Yahia, vice-président de l’Association tunisienne d’astronomie, revient sur les enjeux du spatial en Tunisie et sur la nécessité de mieux structurer cette filière. Interview: 

Comment fonctionne le secteur spatial en Tunisie ?

À l’échelle mondiale, le secteur spatial est dominé par plusieurs grandes puissances, notamment les pays européens, le Japon, la Chine et, plus récemment, l’Inde. La plupart de ces pays disposent d’agences spatiales nationales.

Pourquoi cette activité s’est-elle autant développée ?

Nous parlons aujourd’hui des satellites, qui représentent certes un investissement important pour les budgets publics. Mais il existe également les CubeSats, les nanosatellites et les petits satellites, dont les coûts de fabrication et de lancement sont beaucoup plus faibles.

La réduction du coût des lancements ainsi que la récupération des lanceurs ont également contribué au développement du secteur. Auparavant, les lanceurs étaient utilisés une seule fois avant d’être abandonnés. Aujourd’hui, notamment grâce à SpaceX, ils peuvent être récupérés et réutilisés. Cette technologie permet de faire atterrir les lanceurs sur leur plateforme de lancement ou sur une autre plateforme.

Les missions spatiales sont elles aussi devenues plus accessibles. Certaines missions, notamment vers la Lune, peuvent désormais être réalisées en quelques jours ou quelques semaines. Cette évolution a contribué à réduire les coûts et à ouvrir le secteur à de nouveaux acteurs.

L’espace représente également un enjeu majeur de souveraineté. Un pays peut ne pas posséder de satellite, mais avoir accès à des données satellitaires. Ces données sont utiles dans de nombreux domaines, notamment l’astronomie, l’agriculture, la gestion de l’eau et l’observation de l’environnement.

Nous sommes aujourd’hui confrontés à une quantité considérable de données. Des professionnels et des organisations peuvent transmettre des millions d’informations, ensuite réparties entre différents laboratoires ou institutions afin d’être analysées. Ces données contribuent à résoudre des problèmes spécifiques et à améliorer la prise de décision.

La Tunisie est-elle présente dans ce domaine ?

La Tunisie est présente, mais elle reste en retard. Nous disposons d’une Commission spatiale, mais j’ai toujours émis des réserves à son sujet. Notamment parce qu’il s’agit d’une commission interministérielle placée sous la tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

À mon avis, cette structure devrait être intégrée dans un véritable cadre légal et institutionnel. Certains pays disposent d’agences spatiales, comme l’Algérie, qui possède une agence spatiale nationale. En Tunisie, nous en sommes encore au stade d’une commission ministérielle. Par ailleurs, cette commission compte parfois des personnes qui ont pris leur retraite ou qui ne sont plus réellement actives. Or, une structure de ce type doit être dynamique et capable de suivre les évolutions rapides du secteur spatial.

Faut-il créer une agence spatiale avant de construire un lanceur ou un satellite, ou bien l’inverse ?

Il faut d’abord définir les besoins et les priorités. La création d’une agence spatiale devrait précéder la mise en œuvre de grands projets. Une telle agence permettrait de structurer le secteur, de définir une stratégie nationale et de coordonner les différents acteurs.

Il faut également comprendre que les activités spatiales sont encadrées par des règles internationales. Lorsqu’un satellite est lancé, il doit être enregistré au nom d’un État. Toute activité spatiale est donc soumise à un cadre juridique international.

La Tunisie dispose-t-elle d’une législation spatiale ?

La Tunisie ne dispose pas totalement d’une législation spatiale nationale complète et spécifique. Le cadre applicable repose essentiellement sur le droit international de l’espace. La mise en place d’un cadre juridique national apparaît néanmoins nécessaire pour structurer un écosystème spatial tunisien.

Des initiatives existent déjà. À Sfax, un projet de satellite a été mené à bien. À Tunis, un projet porté par la Cité des sciences a abouti à la conception d’un petit satellite destiné à la collecte de données.

Il convient de souligner que le secteur spatial ne se limite pas aux ingénieurs en aéronautique ou aux spécialistes des lanceurs. Il mobilise de nombreuses compétences dans des domaines tels que l’électronique, l’informatique, le développement logiciel, l’intelligence artificielle, les systèmes d’information, la télédétection, la cybersécurité, le climat, l’environnement, l’agriculture, le droit et la gestion des ressources hydriques. 

Même des métiers plus traditionnels peuvent contribuer aux activités spatiales. Il peut être nécessaire de faire appel à des médecins, des techniciens, des soudeurs, des peintres ou encore des artisans. Le secteur spatial mobilise donc un large éventail de compétences.

Il ne faut pas penser que seuls les étudiants qui suivent une formation directement liée à l’espace peuvent intégrer ce domaine. L’essentiel est de disposer de compétences utiles au secteur. L’État doit encourager et développer ces compétences afin qu’elles puissent ensuite être mobilisées dans les activités spatiales.

Une agence spatiale ne regroupe donc pas uniquement des astronautes et des ingénieurs. Elle comprend également des techniciens, des chercheurs, des universitaires et des spécialistes chargés de définir les orientations stratégiques.

Combien de satellites la Tunisie possède-t-elle actuellement ?

La Tunisie possède actuellement un seul satellite : Challenge One. Un autre satellite devrait être développé ou lancé à l’horizon 2027.

Il faut également distinguer les satellites de télécommunication des satellites scientifiques, notamment les télescopes spatiaux. Les satellites de télécommunication sont généralement placés sur des orbites situées à plusieurs centaines de kilomètres de la Terre. Tandis que certains télescopes spatiaux sont positionnés beaucoup plus loin.

Le télescope spatial James Webb, par exemple, se trouve à environ 1,5 million de kilomètres de la Terre. Il a été développé grâce à la coopération entre plusieurs pays, notamment les États-Unis, le Canada et des pays européens. Son miroir est recouvert d’une fine couche d’or afin d’améliorer ses performances scientifiques.

Cela montre que les grands projets spatiaux nécessitent des ressources financières importantes, des technologies avancées et une coopération internationale. Même lorsqu’un pays ne dispose pas des moyens suffisants pour construire seul un satellite ou un télescope, il peut participer à des projets internationaux.

Le secteur spatial peut-il contribuer à résoudre les problèmes liés à l’eau ?

Les applications spatiales sont particulièrement importantes pour la gestion de l’eau. Les satellites peuvent surveiller les barrages, suivre l’évolution de leur niveau de remplissage et fournir des données sur les ressources hydriques.

Ces informations sont utiles pour anticiper les périodes de sécheresse, suivre la progression de la désertification et améliorer la gestion des ressources naturelles. Elles peuvent également contribuer à protéger les zones sensibles et à mieux planifier les politiques publiques.

Prenons l’exemple d’un agriculteur qui possède une parcelle et souhaite la vendre à un prix élevé. Si l’on ne tient compte que de l’intérêt individuel, cette vente peut sembler avantageuse. Mais une observation à l’échelle du pays peut révéler que cette zone joue un rôle important dans la protection contre les inondations ou dans la préservation des terres agricoles.

Les satellites permettent justement d’avoir une vision globale du territoire. Ils fournissent des données précieuses sur l’occupation des sols, l’évolution des zones agricoles, la désertification et les risques environnementaux.

La Tunisie peut-elle accéder à ces données sans posséder de nombreux satellites ?

Oui. Même si la Tunisie ne dispose pas des moyens nécessaires pour lancer plusieurs satellites, elle peut accéder aux données produites par des satellites étrangers ou dans le cadre de projets internationaux.

Ces données peuvent être gratuites ou payantes. La Tunisie peut également participer à des programmes de coopération avec d’autres pays, notamment dans les domaines de l’observation de la Terre, de l’agriculture, de l’eau et du climat.

La collaboration avec l’Italie, par exemple, peut être utile. Lorsqu’un pays dispose d’un secteur spatial limité, il n’est pas nécessairement rentable pour lui d’investir seul dans des infrastructures très coûteuses. Il peut plutôt exploiter les données déjà disponibles ou participer à des projets communs.

L’essentiel est donc de définir clairement les besoins de la Tunisie et de déterminer comment les données spatiales peuvent contribuer au développement du pays.

La Tunisie doit ainsi renforcer son cadre institutionnel et juridique, développer ses compétences nationales et utiliser davantage les données satellitaires; même si elle ne possède pas encore un grand nombre de satellites. Autrement dit, la Tunisie doit être dans l’ère du New Space au service du développement.

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Kamel Besbes: « La Tunisie doit se doter d’une veille scientifique et technologique dans le spatial »

Le monde spatial reste, pour beaucoup, un domaine lointain et abstrait. Pourtant, il façonne déjà notre quotidien: télévision, téléphonie mobile, navigation, surveillance du climat ou gestion des ressources. Interrogé par téléphone, le Pr Kamel Besbes, membre de la Commission nationale de l’espace extra-atmosphérique et expert reconnu du secteur, dresse un état des lieux de cet écosystème en pleine mutation et de la place qu’y occupe la Tunisie. Interview: 

Aujourd’hui, quelles sont les transformations qui façonnent le secteur spatial ? 

Kamel Besbes :  On peut les regrouper en quatre domaines. Le premier domaine, c’est tout ce qui relève de l’observation de la Terre : l’utilisation des satellites pour suivre l’agriculture, les littoraux, la mer, le changement climatique, les transports, etc.

Le deuxième domaine, c’est la communication. On assiste actuellement à une véritable révolution avec l’Internet par satellite. Il ne s’agit plus seulement de communications gouvernementales ou entre banques et institutions : désormais, tous les citoyens vont pouvoir accéder à des services de communication par satellite.

Le troisième domaine, c’est le positionnement par satellite, autrement dit la navigation.

Enfin, le quatrième domaine, c’est la maîtrise technologique : tout ce qui concerne les satellites, les lanceurs, l’intelligence artificielle embarquée, les terminaux de connectivité et de positionnement, c’est-à-dire l’ensemble de l’électronique qui sera commercialisée et compatible avec le domaine spatial.

De manière générale, on distingue le upstream et le downstream, c’est-à-dire d’un côté les infrastructures, de l’autre l’utilisation des services et toute l’économie qui en découle. C’est cela que l’on appelle aujourd’hui le « New Space ».

En quoi consiste l’intelligence artificielle embarquée ?

Dans le domaine de l’observation de la Terre, nous recevons énormément d’informations, des volumes considérables de données. Or, il faut des moyens importants pour recevoir, stocker et traiter ces informations. Le grand défi, aujourd’hui, est donc d’intégrer des cartes d’intelligence artificielle directement sur les satellites, afin de ne recevoir que les informations réellement intéressantes.

Concrètement, nous n’aurons plus besoin de télécharger toutes les données. Nous ne recevrons que les changements significatifs : les algorithmes analyseront d’eux-mêmes ce qui est pertinent et ne nous enverront que l’information importante, et non plus toutes les images, à chaque instant et pour chaque lieu.

Et qu’en est-il de la présence de la Tunisie aujourd’hui dans cet écosystème spatial ? Où en sommes-nous ?

La Tunisie est organisée sous la tutelle de la Commission nationale de l’espace extra-atmosphérique, présidée par le ministre de la Recherche. C’est en vertu d’un décret de 1984, adopté à l’époque du président Bourguiba, que cette commission a été créée.

Pratiquement tous les ministères concernés par le domaine spatial siègent au sein de cette commission. Son secrétariat est assuré par le CNCT ( Centre National de la Cartographie et de la Télédétection ) c’est-à-dire le ministère de la Défense. La commission traite des questions prioritaires pour la Tunisie dans le domaine spatial.

Son rôle est de protéger les intérêts nationaux et de promouvoir le secteur. Elle comprend plusieurs sous-commissions, notamment celles de la recherche et de la technologie. Ainsi, chaque fois qu’une question se pose, c’est cette instance qui est saisie.

C’est dans ce cadre, par exemple, que la Tunisie est devenue membre du  Committee on the Peaceful Uses of Outer Space COPUOS (Comité des Nations Unies pour l’utilisation pacifique de l’espace extra-atmosphérique). La Tunisie siège à ce comité depuis 2010, et cette adhésion constitue l’une des activités majeures de la commission.

Actuellement, la commission travaille à l’élaboration d’une nouvelle réglementation spatiale, face à des changements structurels importants. À l’origine, le spatial était avant tout une question de souveraineté, réservée aux institutions gouvernementales.

Aujourd’hui, les acteurs privés, les entreprises et les universités interviennent de plus en plus dans ce domaine. Il est donc nécessaire de mettre en place un cadre réglementaire qui encourage les applications économiques, la création d’entreprises et d’emplois, ainsi que l’usage des données spatiales pour développer des startups et générer de la valeur ajoutée.

Pour l’instant, la réglementation spatiale en Tunisie évolue au fur et à mesure, en fonction des questions soumises à la commission. Mais une stratégie nationale est en cours de développement.

D’ailleurs, la stratégie nationale dans le domaine spatial a été élaborée en 2018, lors d’une grande conférence initiée par la commission, puis validée en mars 2019. Plusieurs institutions travaillent déjà dans ce domaine.

Chaque année, au mois de novembre (cette année du 11 au 13 novembre), nous organisons une conférence nationale pour réunir les acteurs tunisiens du spatial. L’objectif est de rapprocher la communauté, de discuter de gouvernance, d’économie, d’applications scientifiques, etc.

Par ailleurs, des formations spécialisées se développent. L’INAT a lancé un master appelé Géomag, dédié à la géomatique appliquée, qui combine géographie, informatique et technologies de mesure pour collecter, traiter, analyser et diffuser des données géographiques. Cette formation s’inscrit dans le cadre du programme Erasmus, ce qui en fait un cursus international.

Nous disposons également d’une école d’ingénieurs en géomatique à l’Université de la Manouba, la Manouba School of Engineering, qui dispense un enseignement en anglais, centré sur la géomatique. La géomatique constitue, en effet, l’une des applications directes du domaine spatial.

Pour revenir à cette filière, forme-t-on autant d’ingénieurs ou leur nombre reste-t-il limité ? Observe-t-on une tendance à s’orienter vers la géomatique ?

Oui. En réalité, il ne s’agit pas d’une formation entièrement nouvelle. Auparavant, il existait déjà des formations d’administration supérieure et d’ingénieurs au niveau de l’École d’aviation de Borj El Amri. Aujourd’hui, la demande est devenue de plus en plus forte, tant au niveau national qu’international. C’est pourquoi l’École de la Manouba a créé cette section spécifiquement pour répondre à ces besoins.

Quelles conditions faut-il réunir aujourd’hui pour structurer la filière spatiale nationale ?

Ce qui manque aujourd’hui à la filière nationale, c’est un bras opérationnel. Actuellement, le secteur est dispersé : des entreprises travaillent dans le domaine spatial, des universités mènent des recherches, et plusieurs ministères utilisent les outils de l’espace.

L’APAL (Agence de protection et d’aménagement du littoral) utilise l’imagerie spatiale (télédétection par satellite) et les systèmes d’information géographique (SIG) pour surveiller le trait de côte face à l’érosion et à la pression anthropique.

Le service du Cadastre recourt au spatial pour déterminer les différents éléments cadastraux.

Le ministère de l’Intérieur a utilisé les données spatiales pour délimiter les frontières des communes lors de la création des municipalités en Tunisie.

On utilise donc le spatial, mais de manière éparpillée. Ce qui nous fait défaut, c’est un bras opérationnel capable de coordonner ces efforts. C’est précisément l’objectif de la création d’une agence spatiale nationale. La réglementation sur laquelle travaille actuellement la commission vise à instituer cette agence, qui viendra en complément des structures existantes, sans les remplacer, et qui encouragera l’usage du spatial.

Elle aura pour mission de réguler tout ce qui relève du domaine spatial. Or, c’est exactement ce qui nous manque aujourd’hui. En l’absence d’une telle agence, la Tunisie ne bénéficie pas d’une visibilité internationale suffisante.

Que dit le volet législatif ?

La commission a travaillé sur un projet de loi. Personnellement, en tant que membre de cette commission, j’ai beaucoup discuté et travaillé sur ce texte avec mes collègues.

Cependant, nous ne maîtrisons pas le calendrier politique. Nous ne contrôlons que le temps qui nous est imparti pour proposer, réfléchir et discuter. Nous attendons donc, probablement, que le Conseil des ministres l’ examine et l’adopte avant que le texte ne soit soumis au Parlement pour examen et adoption.

Comment est perçu aujourd’hui l’écosystème spatial, notamment en ce qui concerne les satellites, la communication par satellite et les transformations en cours ? Comment cette connectivité spatiale est-elle appréhendée, tant à l’échelle nationale qu’internationale ?

La question de la connectivité est aujourd’hui critique. Actuellement, nous recevons Internet via des réseaux terrestres. En Tunisie, trois opérateurs officiels nous fournissent des services de communication Internet et téléphonique. Demain, cette situation changera : la communication spatiale entrera en concurrence directe avec ces réseaux terrestres.

Deux problématiques majeures se posent alors :

  1. Une transformation économique : une part du marché des télécommunications sera absorbée par la communication par satellite.
  2. Un enjeu de souveraineté : ces communications ne transiteront plus par des datacenters locaux, mais par des infrastructures gérées par des opérateurs spatiaux internationaux.

Prenons l’exemple de Starlink, la constellation de satellites en orbite basse développée par SpaceX, l’entreprise d’Elon Musk. Les données transiteront par des datacenters placés sous une réglementation internationale, notamment celle des Etats Unis. 

Les opérateurs de Starlink auront accès aux données transmises via leur réseau. En revanche, le gouvernement tunisien comme n’importe quel autre État  aura difficilement la main sur ces flux. En cas de cybercriminalité, par exemple, il sera complexe d’identifier l’auteur d’un crime numérique transitant par ce réseau.

Il en va de même pour la protection des données personnelles et stratégiques du gouvernement ou des institutions, qui pourraient être absorbées par ces communications.

A titre d’exemple: comment autoriser une communication qui n’est pas entièrement traçable ? Concrètement, nous recevrons un signal descendant (downlink) du satellite, mais nous devrons également renvoyer des données vers le satellite (uplink) pour accéder à Internet. Sommes-nous autorisés à envoyer ces informations ? Allons-nous simplement « nous accrocher » au satellite pour bénéficier d’Internet ? Cela rappelle, d’une certaine manière, l’arrivée des paraboles domestiques à leurs débuts, avant que leur usage ne soit encadré.

Nous sommes donc face à une forme de crise de transition. Nous sommes passés de la télévision par antenne terrestre à la réception par satellite ; aujourd’hui, très peu de gens utilisent encore l’antenne terrestre.

La même transformation est en train de se produire avec Internet.

Face à ces mutations, de nombreux pays réfléchissent à des cadres réglementaires adaptés. Ce n’est pas seulement une question nationale : l’Union internationale des télécommunications (UIT) qui est l’ agence spécialisée des Nations Unies pour les technologies de l’information et de la communication, travaille à l’élaboration de réglementations permettant la communication par Internet via satellite, tout en protégeant les intérêts des pays qui y adhèrent.

Autrement dit, nous devons agir vite avant qu’il ne soit trop tard aussi? 

Entre autres. Oui, oui, nous avons besoin d’une veille scientifique et technologique sur la question. Et donc, évidemment, il faut se préparer à ce changement-là.

 Par exemple, nous, dans une autre activité de recherche, nous travaillons avec l’Agence nationale des fréquences sur des projets d’analyse de la communication par satellite, pour être à jour sur ces questions-là.

Quelle conclusion peut-on faire? 

 A mon avis, je pense qu’il faut considérer aujourd’hui le spatial comme l’électricité, comme l’eau. C’est un service nécessaire de tous les jours à tout le monde. Nous l’avons sur nos télévisions, nous l’avons sur nos téléphones portables, sur nos ordinateurs. Ainsi  il faut lui donner l’attention nécessaire et ne pas considérer que c’est un domaine lointain qui ne nous intéresse pas et c’est les grandes nations du monde qui s’en occupent. En tant que pays émergent, nous pouvons énormément profiter du domaine spatial et nous devons nous armer à ça.  

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