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De Sidi Bou Said à Gammarth : Quand la vogue des piscines menace la stabilité des sols

De manière empirique, nombreux sont ceux qui vont vers une conclusion qui tient en une question : Est-ce la nouvelle profusion de piscines qui menace d’effritement certaines collines réputées fragiles ?

Le fait est que les piscines se multiplient un peu partout et qu’elles deviennent plus nombreuses sur la corniche de la Marsa et les hauteurs de Gammarth. Avec le risque à terme d’entraîner des glissements de terrain qui fussent-ils minuscules, ont un impact certain pour l’environnement.

Existe-t-il une évaluation des risques de ce type ? Disposons-nous d’un inventaire exhaustif de ces piscines ? Les procédures pour installer une piscine sont-elles suffisamment encadrées ? Et enfin, est-il logique que les piscines soient toujours plus nombreuses à flancs de coteaux et de collines ?

Autant de questions qui devraient trouver des réponses auprès des autorités compétentes à l’heure où une évaluation est devenue nécessaire.

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On défigure Sidi Bou Saïd

À force de remplacer les ateliers, les galeries, les boutiques d’artisanat et les espaces culturels par des commerces de nourriture, nous transformons Sidi Bou Saïd, un village unique au monde, en une simple vitrine commerciale, sans identité. (Illustration : Le Sidi Bou Saïd que l’on veut préserver / Le Sidi Bou Saïd que l’on continue de piétiner).

Aïcha Gorgi *

Hier soir, en rentrant un peu tard, j’ai pris le temps de regarder mon village. Mon regard s’est arrêté sur un immense mur en céramique flambant neuf, sans aucun lien avec les zelliges traditionnels de Sidi Bou Saïd, surmonté d’une enseigne gigantesque qui défigure les lieux.

En m’approchant, j’ai découvert qu’il s’agissait encore d’un commerce de restauration, cette fois spécialisé dans le tiramisu.

Je n’ai absolument rien contre cette enseigne ni contre les gâteaux italiens. Le problème n’est pas là. Le problème, c’est que Sidi Bou Saïd est en train de perdre son âme.

À force de remplacer les ateliers, les galeries, les boutiques d’artisanat et les espaces culturels par des commerces de nourriture, nous transformons un village unique au monde en une simple vitrine commerciale, sans identité.

Cette enseigne remplace une charmante boutique qui vendait des tableaux, en parfaite harmonie avec l’esprit du village. C’est une perte immense, repose en paix cher Saro **.

À quoi servent les discours sur la préservation du patrimoine si, sur le terrain, on laisse disparaître ce qui fait l’identité de Sidi Bou Saïd ?

J’ai parfois l’impression de me battre seule, mais je refuse de me taire. J’appelle tous ceux qui aiment ce village à réagir. Nous avons besoin de projets culturels, d’artisans, de librairies, de galeries, d’espaces de création, pas d’une succession infinie de commerces de restauration.

Sidi Bou Saïd n’est pas un centre commercial. C’est un patrimoine vivant. Et il est de notre responsabilité à tous de le défendre avant qu’il ne soit complètement trop tard.

* Galeriste.

** Saro Lo Turco, un artiste peintre italien originaire de Valguarnera Caropepe en Sicile. C’était un amoureux de Sidi Bou Said et de la Tunisie, où il réside depuis la fin des années 1990 et où il est décédé le 14 janvier 2024.

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Début août, démarrage des travaux de sécurisation de la colline de Sidi Bou Saïd

Le projet de protection du flanc de colline de Sidi Bou Saïd contre les risques de glissement de terrain entrera dans sa phase opérationnelle début août. Cette décision a été prise par le comité de pilotage — présidé par le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, Salah Zouari — à la suite de l’examen des études techniques initiales menées sur le site.

Le projet concerne l’un des lieux les plus emblématiques de Tunisie : le village bleu et blanc surplombant le golfe de Tunis, qui est à la fois une localité habitée, une attraction touristique et un promontoire côtier fragile.

Selon le ministère, la première phase d’études a permis d’évaluer l’état du flanc de colline et d’identifier les interventions urgentes à réaliser sur place. Il appartient maintenant aux responsables publics d’accélérer les procédures administratives et techniques et de mobiliser les ressources nécessaires pour lancer les travaux dès le mois prochain et respecter le calendrier établi à cet effet.

Préserver la valeur historique et architecturale du site

Les interventions visent à réduire les risques d’instabilité, à protéger les habitants, les bâtiments et les infrastructures, ainsi qu’à préserver la valeur historique et architecturale du site.

Ce projet s’inscrit dans le cadre du programme national de protection des zones urbaines, du littoral et des infrastructures. Il se fonde sur la décision n° 11 émise par le Premier ministère le 26 janvier 2026, chargeant le ministère de l’Équipement de superviser les études et les travaux ultérieurs visant à sécuriser le flanc de colline. Le ministère avait déjà classé ce projet comme prioritaire en février, soulignant que le plateau de Sidi Bou Saïd couvre environ 170 hectares et s’étend sur 7,5 kilomètres, incluant une bande côtière de 4,5 kilomètres. La fragilité géologique du site est accentuée par l’érosion naturelle, les infiltrations d’eau, la proximité de la mer et la pression urbaine.

Des accords avaient été conclus au préalable avec le Centre national de télédétection pour des relevés topographiques et de l’imagerie aérienne, ainsi qu’avec l’Office national des mines pour l’élaboration de cartes géologiques et géophysiques destinées à identifier les zones les plus exposées et les priorités d’intervention.

Harmonie architecturale et spirituelle

Le projet de sécurisation et de stabilisation revêt également une dimension culturelle. Sidi Bou Saïd figure sur la liste indicative de l’Unesco en tant que «village méditerranéen d’harmonie architecturale et spirituelle» ; le dossier de candidature met en lumière l’adaptation historique du site à la topographie et à la constitution géologique de la colline, tout en soulignant les menaces géologiques et climatiques croissantes. La 48e session du Comité du patrimoine mondial se tiendra à Busan, en Corée du Sud, du 19 au 29 juillet 2026, et examinera de nouvelles candidatures, dont le dossier tunisien.

Pour les autorités, le projet de Sidi Bou Saïd revêt donc une double importance : il s’agit à la fois d’une intervention technique de protection civile et d’une opération de sauvegarde du paysage culturel.

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Sidi Bou Saïd : Les travaux pour stopper les glissements de terrain débuteront en août

Le projet de protection de la colline de Sidi Bou Saïd contre les glissements de terrain entre dans une phase décisive. Réunie ce mercredi 8 juillet 2026 sous la présidence du ministre de l’Équipement et de l’Habitat, Salah Zouari, la commission de pilotage du projet a validé les conclusions de la première phase des études et fixé le démarrage des travaux au mois d’août prochain.

La réunion, à laquelle ont participé les représentants des différentes structures concernées ainsi que le bureau d’études chargé du projet, a permis d’examiner le diagnostic complet de l’état de la colline et les premières recommandations techniques destinées à limiter les risques d’instabilité du terrain.

Accélérer les procédures administratives

À l’issue de cette séance, le ministre a demandé aux différents intervenants d’accélérer les procédures administratives et techniques afin de respecter le calendrier fixé. Il a insisté sur la nécessité de mobiliser tous les moyens nécessaires pour lancer les chantiers dès le mois d’août 2026.

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Les premières interventions porteront sur les travaux jugés les plus urgents afin de sécuriser la zone, réduire les risques de glissements de terrain et protéger les habitants ainsi que les biens situés sur cette colline emblématique qui surplombe le golfe de Tunis.

Préserver la stabilité géologique de la colline

Le projet s’inscrit dans le cadre du programme national de protection des zones urbaines, du littoral et des infrastructures. Il fait suite à la décision n°11 de la cheffe du gouvernement, publiée le 26 janvier 2026, confiant officiellement au ministère de l’Équipement et de l’Habitat le suivi des études et des travaux destinés à préserver la stabilité géologique de la colline.

Depuis plusieurs années, les experts alertent sur la fragilité de certains versants de Sidi Bou Saïd. L’érosion naturelle, les infiltrations d’eau, la proximité de la mer ainsi que l’urbanisation ont accentué les risques d’instabilité, faisant de ce chantier un enjeu majeur pour la préservation de l’un des sites les plus emblématiques du patrimoine tunisien et de son attractivité touristique.

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