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Les difficultés structurelles du tourisme tunisien

Au-delà des chiffres encourageants, le secteur touristique tunisien est confronté à des difficultés latentes. Près de 8 milliards de dinars de recettes témoignent d’une certaine vigueur, mais ne garantissent pas l’invulnérabilité.

Michael Trout

Derrière cette croissance se cache une lenteur décisionnelle au sein des organismes censés piloter le secteur. Le soutien public s’est amenuisé au fil du temps, laissant des lacunes autrefois comblées par des investissements réguliers. Routes, hôtels et services, vétustes, ne parviennent plus à répondre à la demande actuelle. Les difficultés pourraient s’aggraver en 2026, alors que les premiers signaux d’alarme commencent à apparaître.

Un moteur économique désormais négligé

Récemment, Mohamed Yahyaoui, président de la Commission du tourisme au Parlement tunisien, a évoqué le manque d’attention dont souffre le secteur lors d’une interview radio. Bien que le tourisme tunisien génère des recettes en devises essentielles et contribue à la stabilité du commerce, il reste négligé. L’attention se relâche, même lorsque les retombées économiques sont évidentes. Les ressources demeurent limitées, malgré un impact mesurable. Sur les ondes, les inquiétudes se sont fait entendre discrètement mais fermement.

Un signe est particulièrement frappant : le secteur a perdu 4 % de son financement cette année, malgré la persistance de problèmes de gestion. Ce n’est pas un hasard, affirme Yahyaoui : cette situation révèle le peu d’importance que les décideurs accordent à un secteur capable de soutenir une reprise économique plus large. Bien que modestes en apparence, ces coupes budgétaires témoignent d’une négligence plus profonde. Ce qui ressemble à un ajustement budgétaire pourrait en réalité être une incapacité à saisir les opportunités à long terme.

Inquiétudes concernant l’été 2026

À l’approche de l’été 2026, des signes d’hésitation apparaissent : les réservations sont inférieures de près de 10 % au rythme de l’année dernière. La demande est particulièrement faible dans les principales régions européennes, notamment en France. Malgré une activité croissante dans la planification des voyages, le nombre de réservations confirmées reste inférieur aux tendances précédentes.

Plusieurs facteurs expliquent cette tendance : les pressions économiques en Europe, où la réduction des budgets des ménages entraîne une plus grande prudence en matière de dépenses de loisirs. La hausse des tarifs aériens, qui augmente le coût global des voyages. La concurrence accrue d’autres destinations méditerranéennes comme l’Espagne et la Grèce, qui déploient des promotions agressives.

Cependant, les experts mettent en garde contre une interprétation trop hâtive des chiffres actuels. Les habitudes de réservation penchent désormais vers la spontanéité : les voyageurs attendent plus longtemps, ce qui fausse les anciens indicateurs.

Les observateurs soulignent que ce recul n’est pas un échec, mais une adaptation, façonnée par la nouvelle manière dont les gens envisagent de voyager.

Défis de gouvernance et de coordination

Répartie entre plusieurs ministères – Intérieur, Commerce, Transports, Environnement et Tourisme – la principale difficulté réside dans la dispersion des pouvoirs. Là où une fonction s’arrête, une autre commence, brouillant les frontières, notamment entre le ministère et l’Office national du tourisme.

Bien que censé orienter la politique par le dialogue, le Haut conseil du tourisme fonctionne difficilement dans ces conditions. La lenteur des décisions freine l’élaboration des politiques. Pour y remédier, Yahyaoui suggère une solution : activer pleinement le Haut conseil et organiser des sessions fréquentes.

Une autre option, plus claire grâce à la coordination, consiste à former une équipe interministérielle directement dirigée par le ministre du Tourisme. L’efficacité s’accroît lorsque la structure est au service de la finalité.

Lacunes infrastructurelles et freins à l’investissement

Malgré des progrès visibles, de réels problèmes persistent. De nombreuses villes côtières anciennes souffrent de négligence : l’entretien est insuffisant et les mises à jour sont au point mort. Avec 164 hôtels fermés, le nombre d’établissements accueillant des visiteurs diminue et leur attrait s’estompe progressivement. Des plans obsolètes freinent le développement et les investisseurs hésitent. Près d’un milliard de dinars restent inexploités, bloqués par des stratégies dépassées ; Tabarka est l’une des zones les plus touchées.

Le transport aérien est confronté à des contraintes persistantes. Les petits aéroports régionaux fonctionnent sans soutien suffisant ni planification à long terme, ce qui limite leur rôle dans la réduction de la congestion des grands aéroports et freine la croissance du tourisme local.

Si de nouvelles tendances comme la location de courte durée, les séjours nature et les expériences immersives suscitent un intérêt croissant, elles sont entravées par une réglementation dépassée qui ne parvient pas à s’adapter à l’évolution du secteur.

La reprise reste lente après les fermetures généralisées liées aux crises sanitaires ; les charges financières supplémentaires et la complexité des démarches administratives continuent de dissuader les personnes souhaitant créer ou développer une entreprise.

Opportunités manquées et obstacles juridiques

Malgré les troubles dans les régions méditerranéennes voisines, la Tunisie n’a connu qu’une progression limitée de son attractivité touristique, grâce à un sentiment de sécurité.

Près de 130 propositions de loi visant à moderniser le secteur ont été déposées par des parlementaires. Les résistances proviennent principalement des représentants du gouvernement lorsque les changements touchent à des domaines sensibles comme le droit des investissements.

Des règles obsolètes du Code des investissements freinent encore le développement, affectant autant les entreprises locales qu’internationales. Le progrès est bloqué là où la volonté politique faiblit, même face à des opportunités évidentes.

Malgré les défis, des progrès sont visibles. En 2027, Tunis assumera le rôle de capitale arabe du tourisme, une décision prise lors du 28e Conseil ministériel arabe du tourisme, qui s’est tenu à Bagdad en décembre 2025. À l’avenir, des discussions entre la Commission du tourisme, les agences de voyages et les représentants du ministère visent à élaborer une stratégie ciblée.

Traduit de l’anglais.

Source : Tourisme Rewiew News.

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Tunisie : Les recettes touristiques en hausse

Le secteur touristique confirme, en cette fin d’année 2025, qu’il a définitivement tourné la page de la crise. Les indicateurs publiés par la Banque centrale de Tunisie font état de recettes touristiques atteignant 7,886 milliards de dinars à la date du jeudi 22 décembre, soit une progression de 6,3 % par rapport à la même période de 2024.

Cette dynamique financière s’accompagne d’une performance notable en matière de fréquentation. Depuis le début de l’année 2025 et jusqu’au 22 décembre, le nombre de visiteurs ayant choisi la Tunisie comme destination a dépassé l’objectif initialement fixé par le ministère du Tourisme, à savoir 11 millions de touristes.

Un seuil symbolique qui confirme que l’activité touristique ne se situe plus dans une phase de simple redressement, mais bien dans une logique de croissance consolidée.

Touristes algériens et libyens

Pour rappel, l’année 2024 s’était achevée sur un total estimé à 10,264 millions de visiteurs. Les marchés de proximité y avaient joué un rôle central, avec environ 3,5 millions de touristes algériens et 2,25 millions de Libyens. Les recettes du secteur s’étaient alors établies à 7,494 milliards de dinars.

La comparaison entre les deux exercices met en évidence une amélioration simultanée des volumes et des revenus, traduisant une meilleure valorisation de la destination Tunisie. Cette évolution renforce la place du tourisme comme l’un des piliers de l’économie nationale, dans un contexte où les autorités misent sur la diversification de l’offre, l’allongement de la saison et la montée en gamme pour pérenniser cette performance.

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Tunisie : Recettes en berne pour l’huile d’olive malgré un bond des exportations

Selon l’ONAGRI, la Tunisie a exporté plus de 268 000 tonnes d’huile d’olive à fin septembre 2025, soit une hausse de plus de 40%. Pourtant, les recettes chutent de 28,4% sous l’effet d’un effondrement des prix mondiaux.

L’Observatoire national de l’agriculture (ONAGRI) a annoncé, mardi 28 octobre, que les recettes des exportations d’huile d’olive tunisienne ont atteint 3 599,1 millions de dinars depuis le début de la campagne 2024/2025 (novembre 2024 à septembre 2025).

Ce montant marque une chute de 28,4 % par rapport à la même période de la campagne précédente. Une baisse qui contraste avec la forte hausse des volumes exportés, en progression de 41,3 % sur un an, atteignant 268 600 tonnes.

L’huile conditionnée en légère progression

Cette contre-performance financière est due à la chute du prix moyen de l’huile d’olive, en recul de 46,2 % en septembre 2025 par rapport à l’an dernier, avec des prix variant de 9,28 à 17,9 dinars le kilo, selon les catégories.

L’huile d’olive conditionnée représente 15,1 % des volumes exportés et 21,4 % des recettes totales, contre 13,9 % un an plus tôt.

La majorité reste exportée en vrac (84,9 %), tandis que l’huile extra vierge constitue 77,7 % du volume global.

L’Europe domine toujours le marché

Le marché européen absorbe 58 % des exportations tunisiennes, loin devant l’Amérique du Nord (26,3 %) et l’Afrique (9,4 %). Les principaux importateurs demeurent l’Espagne (26,7 %), l’Italie (26,4 %) et les États-Unis (19,3 %).

La Tunisie a exporté 50 900 tonnes d’huile d’olive biologique à fin septembre, générant 714 millions de dinars de recettes. Cependant, seule 6,3 % de cette quantité est conditionnée.

Le prix moyen du kilo d’huile bio s’établit à 14,02 dinars, variant entre 13,81 D/kg pour le vrac et 17,06 D/kg pour le conditionné. Les principaux acheteurs sont l’Italie (51,1 %), l’Espagne (20,8 %) et les États-Unis (17 %).

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Budget 2026 : 52,5 milliards de dinars de recettes et 63,57 milliards de dépenses

Selon des informations obtenues par Mosaïque FM, le projet de loi de finances pour l’année 2026, transmis par le gouvernement à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), fixe les recettes de l’État à 52,56 milliards de dinars et les dépenses à 63,57 milliards de dinars. Le bureau de l’ARP se réunira jeudi pour examiner le texte.

Le premier axe du projet consacre le rôle social de l’État, notamment à travers la création d’emplois et l’encouragement à l’embauche des diplômés de l’enseignement supérieur dans le secteur privé.

Selon l’article 13 du projet, l’État prendra en charge la part patronale des cotisations sociales pour les salariés diplômés recrutés par des entreprises privées à partir du 1er janvier 2026, selon un barème dégressif :

  • 100 % de la contribution couverte la première année,
  • puis une réduction de 20 % par an, jusqu’à 20 % la cinquième année.

Soutien renforcé à l’emploi et à la formation

Le texte prévoit aussi un élargissement du champ d’intervention du Fonds national de l’emploi, qui accordera la priorité aux chômeurs de longue durée.

Ce fonds financera des programmes de qualification et de formation destinés aux chercheurs d’emploi, aux étudiants en dernière année universitaire et aux diplômés de la formation professionnelle.

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Tourisme et transferts des TRE : Une couverture supérieure au remboursement de la dette

Les recettes touristiques et les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger (TRE) ont couvert 120,9 % du service de la dette extérieure de la Tunisie à fin septembre 2025, selon les derniers indicateurs monétaires publiés par la Banque centrale de Tunisie (BCT).

Le service de la dette extérieure, comprenant le remboursement du principal et les intérêts, s’est élevé à 10 549,2 millions de dinars (MD), en légère baisse de 3,7 % par rapport à la même période de 2024 (10,9 milliards de dinars). Cette évolution traduit un allègement provisoire de la charge de la dette publique, permettant de rediriger une partie des ressources financières vers les investissements et les services publics.

Les Tunisiens de l’étranger, pilier de la stabilité financière

Les revenus du travail cumulés, représentant les transferts des Tunisiens à l’étranger, ont atteint 6 485,9 MD à fin septembre 2025, en hausse de 8 % sur un an. Ces transferts constituent l’une des principales sources de devises du pays, soutenant à la fois la consommation intérieure et la balance des paiements.

De leur côté, les recettes touristiques ont augmenté de 8,2 % pour atteindre 6 264,3 MD à la même période. En cumulant tourisme et transferts, les entrées en devises atteignent près de 12 750 MD, soit un niveau supérieur au montant total du service de la dette extérieure.

Les avoirs nets en devises se sont établis à 24,2 milliards de dinars au 2 octobre 2025, équivalant à 105 jours d’importation, contre 25,3 milliards de dinars (114 jours) un an plus tôt. Cette contraction s’explique par la hausse des importations énergétiques et alimentaires et par les besoins croissants de financement du budget de l’État.

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