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Tunisie : le crédit bancaire franchit le cap des 123 milliards de dinars

L’encours des crédits injectés dans l’économie tunisienne par les banques et établissements financiers a atteint près de 123 milliards de dinars à la fin de l’exercice 2025. Selon le dernier rapport annuel de la Banque centrale de Tunisie (BCT), ce volume marque une augmentation de 3,1% contre 2,8% une année auparavant.

Cette dynamique globale est portée par une progression soutenue des crédits aux professionnels, qui ont crû de 3,6 % en 2025. À l’inverse, les crédits aux particuliers ont subi un essoufflement. Leur croissance est retombée à 1,7% (contre 2,4 % en 2024), principalement pénalisée par le recul des crédits au logement. En conséquence, la part des ménages dans l’encours total s’est repliée à 24,8 %

Par terme, la progression de l’encours des crédits à l’économie est principalement imputable au dynamisme des crédits professionnels à court terme (+5,8% à fin 2025 contre +3,5% une année auparavant) en raison, notamment, de l’accroissement de l’escompte commercial (+13,2% en 2025 contre +2,3% en 2024).

Quant aux crédits à moyen et long termes, ils ont connu un ralentissement, avec une progression de seulement 0,7% en 2025 contre 2,1% en 2024.

Répartition de l’encours des crédits aux professionnels

L’évolution de l’encours des crédits aux professionnels s’explique essentiellement par l’accroissement soutenu des crédits accordés aux entreprises publiques lequel est passé de 13,1% en 2024 à 14,7% en 2025. Cette évolution a concerné aussi bien les crédits à court terme que ceux à moyen et long termes qui ont augmenté de manière significative (+9,6% et +32,3%, respectivement).

Concernant les crédits accordés aux administrations publiques, leur encours est passé de 2,6 milliards de dinars à fin 2024 à 1,7 milliard de dinars à fin 2025, soit une baisse de 33%, et ce en raison des remboursements de 854 MDT par le Trésor au titre de crédits syndiqués.

Pour ce qui est du secteur privé, l’accélération du rythme d’accroissement des crédits est tirée principalement par celle des crédits à court terme (+4,8% en 2025 contre +1% en 2024). Pour leur part, les crédits à moyen et long termes ont enregistré une baisse de 0,4% contre une hausse de 2,1% une année auparavant.

Par ailleurs, les crédits professionnels octroyés par les banques publiques sont repartis à la hausse (+1,8%) pour atteindre 34,4 milliards de dinars à fin 2025, soit 37% du total des crédits professionnels.

L’encours des crédits accordés aux entreprises, faisant partie de groupes d’affaires, a évolué de 40,2 milliards de dinars à fin 2024 à 40,6 milliards de dinars à fin 2025, enregistrant ainsi une hausse de 1,1% contre une baisse de 0,1% une année auparavant. Toutefois, la part de ces financements dans l’encours total des crédits aux professionnels a baissé, revenant de 45,1% en décembre 2024 à 44% en décembre 2025.

La répartition sectorielle de l’encours des crédits aux professionnels fait apparaître une hausse de la part des crédits consentis au secteur de l’agriculture et pêche au détriment des secteurs de l’industrie et des services.

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La BCT met l’énergie au cœur de la souveraineté

La Banque centrale de Tunisie (BCT) préconise de faire de la transition énergétique un levier majeur pour renforcer la sécurité énergétique du pays et réduire sa vulnérabilité aux chocs extérieurs, le déficit énergétique pesant lourdement sur la balance commerciale. Celui-ci (déficit énergétique) représente plus de la moitié du déficit commercial global en 2025 du pays.

Dans son rapport annuel 2025, qui vient d’être rendu public, la banque des banques indique que les flux des investissements directs étrangers (IDE), dans le secteur des énergies renouvelables, ont enregistré une croissance de 35,5%. Cette dynamique de croissance a été particulièrement portée par les projets de production d’électricité à partir de l’énergie solaire.

La progression dans les énergies renouvelables contraste avec l’évolution globale du secteur de l’énergie (incluant les hydrocarbures), qui a connu une quasi-stagnation, voire une légère baisse de ses flux d’IDE (-0,8 %) en raison du ralentissement des activités d’exploration et de développement.

La BCT présente ainsi le développement des énergies renouvelables comme un levier crucial pour non seulement renforcer la sécurité énergétique de la Tunisie, mais aussi pour faire face à une vulnérabilité extérieure.

L’accélération de la transition énergétique et la diversification du mix énergétique visent, à cet effet, non seulement des objectifs environnementaux, mais servent aussi à réduire l’exposition de l’économie nationale aux chocs extérieurs et à alléger la pression sur les équilibres financiers.

Cette croissance de l’investissement dans les énergies vertes s’inscrit dans un regain de confiance général des investisseurs étrangers pour le site Tunisie, avec des IDE globaux (tous secteurs confondus) en hausse de 30,1 % sur l’année.

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