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Viol des prisonniers palestiniens en Israël | ‘‘Le Monde’’ atteint de myopie

‘‘Le Monde’’ du 13 mai 2026 consacre un article au rapport d’une mystérieuse ONG israélienne qui a soi-disant enquêté sur «les violences sexuelles et de torture du Hamas.» La page 2 du «journal de référence» sobrement intitulé «7 octobre : un rapport sur les viols du Hamas» défile le rapport de cette ONG israélienne appelée Commission civile dont on n’a jamais entendu parler. Deux noms seulement dans l’article. Pas de coordonnées. Rien de précis. On relève cependant que «le recueil des preuves s’est révélé difficile dans les kibboutz», note tout de même ‘‘Le Monde’’. Cela n’empêche pas son journaliste, Luc Bronner, de consacrer trois colonnes et un encadré au milieu de la Une à un rapport visiblement bidonné, un fake de chez fake.

Mohamed Larbi Bouguerra *

La question des viols est devenue à la mode (si l’on peut dire), après juillet 2024, quand Israël a été secoué par des émeutes encouragées par le ministre raciste Itamar Ben-Gvir ; quand des émeutiers ont envahi les bases militaires de Sde Teiman et Beit Lid pour libérer neuf soldats coupables d’un atroce viol avec un bâton d’un prisonnier palestinien tellement abîmé qu’il ne pouvait plus marcher. (Lire ‘‘Le Monde’’ du 1er août 2024 : «En Israël, Netanyahou passif après les émeutes de Sde Teiman et Beit Lid» de Lucas Minisini). Cette question a été discutée à la Knesset et les députés Likoud –le parti de Netanyahou et ceux des ministres extrémistes– ont donné leur bénédiction pleine et entière au viol des Palestiniens.

Le ‘‘New York Times’’ dit tout

A l’heure même où ‘‘Le Monde’’ publiait l’enquête israélienne, le ‘‘New York Times’’ du 11 mai 2026 –qu’on ne peut accuser d’hostilité vis-à-vis de l’Etat sioniste– publiait le texte et l’interview vidéo de victimes palestiniennes réalisés par le journaliste vedette Nicholas Kristof intitulés : «L’horreur des agressions sexuelles dans les prisons israéliennes.»

Kristof a été en Israël interroger d’anciens prisonniers palestiniens dont il donne les noms, les photos et les preuves irréfutables des viols commis par des Israéliens. Kristof est un journaliste et un commentateur politique américain, lauréat du Prix Pulitzer et un chroniqueur régulier du ‘‘New York Times’’.

Ce qui suit est une transcription du travail du journaliste dans les territoires occupés avec d’anciens prisonniers palestiniens :

«Les violences sexuelles commises par les forces israéliennes contre les Palestiniens sont très répandues, selon de nouveaux rapports et des témoignages poignants existent. Le chroniqueur d’opinion du ‘‘New York Times’’, Nicholas Kristof, détaille un schéma d’abus systémique et de ‘‘pouvoir sans limites’’ sur les Palestiniens au sein des centres de détention israéliens qui remet en question le silence moral de la communauté internationale.

Lorsque Israël a été attaqué le 7 octobre 2023, les autorités se sont empressées de condamner les violences sexuelles du Hamas …..

Je suis allé en Cisjordanie pour parler avec des Palestiniens qui ont été victimes d’agressions sexuelles par des soldats, des colons et des gardiens de prison israéliens. Leurs récits poignants, soutenus par des avocats, des enquêtes et des rapports internationaux, suggèrent que les violences sexuelles commises par les Israéliens contre les Palestiniens sont très répandues. Et cela soulève la question : où sont maintenant le refus et la condamnation de l’agression sexuelle ? Je ne vois aucune preuve que les dirigeants israéliens aient ordonné des viols, mais ils ont mis en place un appareil de sécurité où, selon un rapport des Nations unies de 2025, la violence sexuelle est un élément majeur dans les mauvais traitements infligés aux Palestiniens. Le Premier ministre Netanyahou a qualifié d’infondées les accusations de violences sexuelles proférées par les Israéliens. Mais mon reportage suggère que la violence sexuelle s’est considérablement aggravée sous Netanyahou ces dernières années. À quoi cela ressemble-t-il exactement ? Voici ce que j’ai trouvé. Il s’agit de Sami al-Sai, un journaliste indépendant travaillant pour des organismes de presse internationaux. ‘‘Ils [les gardiens de prison] m’ont emmené dans une cellule d’isolement, menotté, les jambes menottées et les yeux bandés. Ils m’ont mis à terre en position agenouillée, la tête baissée. Ils ont enlevé mon pantalon et mes boxers, et ont commencé à me violer avec des bâtons et des carottes d’une manière très agressive et douloureuse, ainsi qu’à harceler et toucher mes organes génitaux d’une manière très douloureuse et énergique.’’

J’ai parlé à un agriculteur qui m’a raconté comment 20 colons se sont déchaînés contre des maisons palestiniennes et ont utilisé un couteau de chasse pour couper ses vêtements. Je suis sorti de la tente. Je me tenais juste ici. Ils m’ont tiré à l’intérieur. Ils ont utilisé ces attaches rapides, m’ont attaché les mains avec plus d’une attache rapide. Ils m’ont aussi attaché les jambes. Ils m’ont frappé dans l’œil d’un poing. Ils m’ont tiré ici même et ont commencé à répandre de la saleté sur moi et de l’eau. Ils ont enlevé mon pantalon et m’ont attaché mon pénis avec une fermeture éclair. Les attaches étaient encore par terre quand je suis venu. Et voici Mohammad Matar, un responsable de l’Autorité palestinienne — qui dit qu’il était avec deux autres Palestiniens essayant de protéger un village bédouin attaqué par des colons lorsque les colons les ont saisis, dépouillés, battus. Et il dit qu’on a essayé de le violer avec un bâton. Et il a en fait des preuves de cette interaction avec les colons sous la forme d’une photo que les colons ont publiée sur les réseaux sociaux. Une femme, âgée de 23 ans au moment de sa détention, m’a raconté qu’elle était régulièrement déshabillée nue, penchée de force et pelotée sur tout le corps par des hommes et des femmes. Un journaliste a déclaré qu’il avait été retenu et violé par un chien, une affirmation soutenue par d’autres témoignages de prisonniers qui rapportent avoir subi la même chose.

Je suis consterné par ce type d’abus, en partie parce que nos impôts américains subventionnent les forces de sécurité israéliennes. Je crains que cela ne nous rende complices. Les États-Unis ont un moyen de pression, et nous pourrions l’utiliser pour insister sur la fin de l’impunité et exiger que les visites de la Croix-Rouge soient rétablies pour les détenus palestiniens. Écoutez, que vous soyez pro-israélien ou propalestinien, il y a une chose sur laquelle nous devrions être d’accord : nous sommes anti-viols….»

L’article de Kristof prouve que Netanyahou a choisi le viol des Palestiniennes et des Palestiniens.

C’est une politique décidée au plus haut de l’Etat sioniste et mise au point avec l’aval de Netanyahou et de ses ministres racistes et messianiques Ben Gvir et Smotrich ; une politique qui emporte l’accord des députés Likoud et de Force Juive qui ont osé le dire publiquement à la Knesset : oui, cent fois oui pour le viol des Palestiniens et nos soldats «coupables de viol» sont des anges à protéger. Comme ils l’ont montré à Sde Tieman

Quant au quotidien de référence français (ou ce qui en reste aujourd’hui…), il est clair que, pour lui, il y a viol et… viol. Deux poids, deux mesures. Tout comme pour les prudes puissances occidentales, les Etats Unis en tête.

* Professeur honoraire à la Faculté des Sciences de Tunis et ancien directeur associé de recherche au CNRS, Paris.

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Gaza : 1872 prisonniers palestiniens libérés dans le cadre de la deuxième vague d’échanges

Les forces d’occupation israéliennes ont libéré lundi 1872 prisonniers palestiniens, dans le cadre de la deuxième vague de libérations prévues par l’accord de cessez-le-feu signé le 9 octobre.

Trente huit bus et dix ambulances ont transporté les anciens détenus depuis le centre de détention de Ketziot (Néguev) vers la bande de Gaza, où ils ont été accueillis dans une scène d’émotion au complexe médical Nasser à Khan Younès. Plusieurs libérés ont immédiatement reçu des soins médicaux avant de retrouver leurs proches.

Cette deuxième vague comprend 154 prisonniers condamnés à de lourdes peines ou à la perpétuité, transférés vers l’Égypte, ainsi que 1718 détenus originaires de Gaza, arrêtés après le 7 octobre 2023.

Plus tôt dans la journée, une première vague de 96 prisonniers, dont plusieurs condamnés à perpétuité, avait été relâchée du centre pénitentiaire d’Ofer vers Ramallah, dans le cadre du même accord.

Cet accord de cessez-le-feu, annoncé par le président américain Donald Trump, prévoit notamment la fin de la guerre contre Gaza, le retrait des troupes israéliennes, l’entrée massive de l’aide humanitaire et l’échange de prisonniers entre les deux parties.

Selon les organisations de défense des détenus palestiniens, plus de 11 000 personnes restent encore incarcérées dans les prisons israéliennes, souvent dans des conditions inhumaines marquées par la torture, la privation et la négligence médicale.

Depuis le 7 octobre 2023, l’agression contre Gaza a fait 67.869 martyrs et plus de 170.000 blessés, majoritairement des femmes et des enfants. La famine provoquée par le siège a également causé la mort de 463 civils, dont 157 enfants.

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Israël : Un projet de loi pour exécuter les prisonniers palestiniens discuté à la Knesset

Une commission parlementaire israélienne a examiné hier un projet de loi hautement controversé visant à instaurer la peine de mort pour les prisonniers palestiniens. Soutenu par le ministre de la Sécurité nationale d’extrême droite, Itamar Ben-Gvir, le texte doit encore passer en première lecture devant l’Assemblée générale de la Knesset.

Le projet de loi prévoit l’exécution des prisonniers palestiniens condamnés pour avoir tué des Israéliens, rapporte lundi, l’Agence de presse palestinienne WAFA. Lors de la réunion du Comité de sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir a rejeté les appels à reporter le débat, affirmant : « Cette loi est une question d’actualité, pour créer une forte dissuasion et imposer la peine de mort aux prisonniers. »

L’initiative s’inscrit dans les accords de coalition signés fin 2022 entre le Likoud de Benjamin Netanyahu et le parti d’extrême droite Otzma Yehudit de Ben-Gvir.

En mars 2023, une première version de la loi avait déjà franchi l’étape de la lecture préliminaire à la Knesset, avec le soutien du Premier ministre Netanyahu.

Cette relance intervient alors que l’armée israélienne poursuit ses agressions à Gaza et en Cisjordanie depuis octobre 2023. Plus de 66.000 Palestiniens ont été tués selon les sources palestiniennes, dans un contexte de destructions massives et de tensions exacerbées.

La proposition de loi est perçue par de nombreux observateurs comme une nouvelle escalade de la politique sécuritaire de l’entité sioniste, renforçant l’arsenal répressif contre les prisonniers palestiniens.

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