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PLF 2027 : alléger la pression fiscale sans creuser le déficit, l’équation posée par Lotfi Ben Aïssa

Alléger la pression fiscale tout en préservant les ressources de l’État et ses engagements sociaux : l’équation s’annonce délicate dans le cadre du projet de Loi de finances 2027 (PLF 2027). Pour l’universitaire et expert en économie sociale et solidaire, Lotfi Ben Aïssa, le problème ne tient d’ailleurs pas uniquement au niveau des prélèvements, mais...

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Tunisie | La tendance à la hausse des protestations se poursuit

Le rapport d’août 2026 de l’Observatoire social tunisien «Al Forum» confirme la tendance à la hausse des mouvements de protestation en Tunisie… Le droit à une vie digne arrive en tête des revendications, tandis que 12 cas et tentatives de suicide ont été recensés. (Photo : des organisations et associations réclament la libération de tous les membres et militants de la «Flottille Al Soumoud» pour la Palestine arrêtés).

La cadence des mouvements de protestation a maintenu sa tendance haussière au cours du mois d’août 2026, enregistrant 1 093 actions ; un bilan proche de celui du mois de juillet précédent, qui s’élevait à 1 101 actions.

Ce niveau de mobilisation témoigne de la persistance des tensions sociales durant la période estivale, classant ainsi le mois d’août parmi les mois ayant connu le plus grand nombre de protestations en 2026.

Droit à l’eau, à l’électricité et à une vie digne

Une comparaison avec les mêmes périodes des années précédentes révèle une hausse marquée de l’ampleur de la mobilisation sociale au cours du mois d’août 2026. Le volume des mouvements enregistrés a en effet plus que triplé par rapport au bilan d’août 2025. Cette augmentation s’inscrit dans un contexte où la mobilisation a été particulièrement marquée par l’émergence de revendications liées au droit à une vie digne — notamment l’accès aux produits et services de base, en particulier l’électricité et l’eau, dont les problématiques ont été très présentes durant la période estivale.

Ces mouvements étaient également liés à d’autres revendications de nature sociale, professionnelle et environnementale, reflétant ainsi la multiplicité des pressions et des préoccupations qui ont motivé la mobilisation au cours du mois.

Pour la première fois, le droit à une vie digne s’est hissé au premier rang des motifs de contestation ; il a figuré en tête des revendications ayant suscité la mobilisation des acteurs sociaux au cours du mois d’août, donnant lieu à 463 actions, soit près de 42 % du total des mouvements de protestation.

Cette mobilisation était principalement liée au climat de tension et de colère qui a traversé le pays en raison des coupures d’électricité et d’eau potable, ainsi que de la pénurie aiguë d’eau minérale en bouteille.

Par ailleurs, cette crise a remis au premier plan la question de la qualité de l’eau distribuée par le réseau en Tunisie, soulignant l’importance de contrôler la qualité et la salubrité de l’eau et de garantir sa conformité aux normes requises pour la consommation humaine.

Au total, 392 mouvements de protestation liés aux coupures d’eau ont été recensés, soit 36 ​​% de l’ensemble des actions enregistrées.

Les droits civils et politiques également revendiqués

Les revendications relatives aux droits civils et politiques arrivent en deuxième position avec 430 mouvements, représentant environ 39 % du total de la mobilisation. Ces actions étaient en grande partie liées à la situation dans les prisons et aux décès suspects survenus dans le pays durant la vague de chaleur ; la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) fait état de plus de 20 décès parmi les détenus, tandis que des témoignages diffusés par des familles et des avocats sur les réseaux sociaux suggèrent que ce chiffre pourrait être plus élevé.

Des organisations et des associations ont appelé à alléger la pression au sein des prisons et à œuvrer pour réduire la surpopulation carcérale, en particulier dans les établissements où le taux d’occupation dépasse 200 % de la capacité d’accueil.

Ces organisations et associations ont également réclamé la libération du militant Wael Naouar — qui a entamé une grève de la faim le 16 août et l’a poursuivie — ainsi que celle de tous les membres et militants de la «Flottille Al-Soumoud») encore en détention.

Le mois a par ailleurs été marqué par des marches et des mouvements populaires dénonçant les atteintes à la liberté d’expression et aux fondements d’un procès équitable, au cours desquels ont été scandés des slogans exigeant le départ des détenteurs du pouvoir.

Il convient de noter qu’en combinant ces deux catégories de droits, on constate que 893 mouvements sur 1 093 — soit environ 82 % du total — étaient liés soit au droit à une vie digne, soit aux droits civils et politiques.

Selon les résultats du suivi, les revendications relatives au droit à l’emploi et au travail décent ont enregistré un recul au mois d’août 2026 : 61 mouvements ont été recensés, contre 96 en juillet 2026 (soit une baisse d’environ 36 %). Ces mouvements concernaient le recrutement, la régularisation de la situation professionnelle, le versement des salaires et des indemnités, l’amélioration des conditions de travail ainsi que l’application des accords conclus, et ont représenté environ 9 % du total des mouvements.

La liberté d’expression au premier rang des revendications  

La baisse du nombre de mouvements de protestation liés aux revendications en matière d’emploi au cours du mois d’août 2026 ne reflète ni une diminution de l’importance de ces revendications ni leur disparition des préoccupations des Tunisiens. Elle traduit plutôt, en partie, l’incidence des conditions sociales et politiques qui se sont imposées durant cette période, incitant certains acteurs sociaux à se concentrer sur des revendications plus fondamentales et urgentes, au premier rang desquelles figure le droit à la vie — à travers l’accès à l’eau et à l’électricité ainsi que le droit à une existence digne —, garantissant ainsi un minimum de services, de produits de première nécessité et de conditions de vie convenables.

Le mois d’août a été marqué par 71 actions liées à l’environnement et 15 actions concernant le droit au développement, ainsi que par des mouvements portant sur la situation des hôpitaux, les transports, le désenclavement, l’éducation et la sécurité.

Certaines actions ont également reflété l’intensification des revendications relatives aux droits civils et politiques — notamment la liberté d’expression et la liberté individuelle — dans un contexte où la poursuite et le procès de plusieurs opposants et journalistes suscitent des inquiétudes quant aux libertés publiques et aux droits fondamentaux.

I. B.

Consulter le rapport complet en arabe sur le site de l’Observatoire social tunisien.

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