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Photovoltaïque en Tunisie : Le paradoxe des panneaux solaires face aux coupures STEG

Alors que les coupures d’électricité relancent le débat sur la sécurité énergétique en Tunisie, une question revient chez de nombreux ménages équipés de panneaux photovoltaïques : pourquoi ces installations cessent-elles de fonctionner lorsque le courant du réseau disparaît ? La réponse tient au modèle actuel d’intégration du solaire résidentiel, basé principalement sur l’injection de l’électricité produite dans le réseau de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), sans système de stockage associé.

Contrairement à une idée largement répandue, disposer de panneaux solaires ne signifie donc pas disposer automatiquement d’une source d’électricité autonome en cas de délestage.

Un système rentable mais totalement dépendant du réseau

Le développement du photovoltaïque résidentiel en Tunisie repose essentiellement sur un mécanisme d’injection réseau. L’électricité produite par les panneaux est directement transférée vers le réseau public, tandis que le foyer continue d’être alimenté par la STEG selon un principe de compensation entre l’énergie injectée et celle consommée.

Ce modèle a permis à de nombreux ménages d’adopter l’énergie solaire et de réduire leur facture énergétique. Mais il présente une limite majeure : l’installation reste techniquement liée au fonctionnement du réseau national.

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En cas de coupure, même si les panneaux continuent de produire de l’électricité grâce au soleil, cette énergie ne peut pas être utilisée directement par l’habitation.

Pourquoi les panneaux se coupent-ils pendant un délestage ?

La raison est avant tout liée à la sécurité. Les onduleurs équipant les installations photovoltaïques raccordées au réseau sont conçus pour détecter immédiatement la disparition du signal électrique provenant de la STEG et se déconnecter automatiquement.

Ce mécanisme, appelé protection anti-îlotage, est obligatoire pour éviter qu’une installation solaire continue d’alimenter une ligne supposée hors tension. Il protège notamment les techniciens intervenant sur le réseau lors des opérations de maintenance.

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Conséquence : lorsqu’une coupure survient, le foyer équipé de panneaux photovoltaïques se retrouve généralement privé d’électricité comme n’importe quel autre abonné.

Le stockage, prochaine étape du solaire résidentiel

Face à la multiplication des tensions sur le réseau électrique et à la hausse de la demande durant les périodes de forte chaleur, le stockage résidentiel apparaît comme une évolution majeure du modèle actuel.

L’association de batteries et d’onduleurs hybrides permettrait aux ménages de conserver une partie de l’électricité produite durant la journée et de continuer à alimenter certains équipements essentiels en cas de coupure.

Au-delà du confort des particuliers, cette évolution pourrait également contribuer à réduire la pression sur le réseau national en permettant un meilleur lissage de la consommation lors des pics de demande.

Pour la Tunisie, qui cherche à accélérer son développement dans les énergies renouvelables, le défi n’est donc plus seulement d’installer davantage de panneaux solaires, mais de construire un modèle capable d’offrir davantage de résilience énergétique aux consommateurs.

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Tunisie | La centrale photovoltaïque de Chebika achevée en décembre 2026

Les travaux de construction de la centrale solaire photovoltaïque de Chebika — située dans le gouvernorat de Kairouan, dans le centre de la Tunisie — ont atteint un taux d’avancement d’environ 34 %. C’est ce qu’a annoncé le chef du projet, Taieb Ktari, à la radio Diwan FM, précisant que l’achèvement de la centrale est prévu pour décembre 2026. (Photo: Centrale photovoltaïque de Metbasta à Kairouan).

Dotée d’une capacité installée de 100 mégawatts, cette centrale est le premier projet de ce type réalisé grâce à un financement entièrement tunisien et avec l’implication de l’expertise nationale à toutes les étapes de conception et de construction.

L’investissement s’élève à 280 millions de dinars tunisiens (environ 82 millions d’euros) et porte sur un site de 200 hectares où seront installés quelque 170 000 panneaux solaires.

Selon M. Ktari, ce projet revêt une importance stratégique pour la Tunisie, non seulement pour la production d’électricité renouvelable, mais aussi pour son impact économique. La centrale contribuera à réduire la consommation de combustibles fossiles importés, renforçant ainsi l’indépendance énergétique du pays et limitant les dépenses énergétiques nationales. En outre, elle permettra de réduire les émissions de carbone, s’inscrivant ainsi dans les engagements de la Tunisie en matière de développement durable et de lutte contre le changement climatique.

La centrale de Chebika s’inscrit dans la stratégie nationale visant à accroître la part des énergies renouvelables dans le mix électrique, à diversifier les sources d’approvisionnement énergétique et à promouvoir l’investissement dans des projets verts.

D’après les autorités tunisiennes, de telles initiatives contribueront également à soutenir la croissance économique, à créer de nouveaux emplois et à valoriser l’expertise technique nationale dans la réalisation de grands projets d’infrastructures stratégiques.

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