❌

Lese-Ansicht

Huile d’olive: 100 millions de dinars et une redevance de 10% à l’export au menu du PLF 2027

Le projet de loi de finances (PLF) pour 2027 prévoit deux mesures destinées à soutenir la filière de l’huile d’olive. D’une part, une ligne de financement de 100 millions de dinars au profit des petits agriculteurs et des coopératives agricoles, et d’autre part, la création d’un compte spécial du Trésor consacré au développement du secteur.

Prévue par l’article 37 du projet, la ligne de financement sera mobilisée sur les ressources du budget de l’État sur une période de 4  ans, du 1er janvier 2027 au 31 décembre 2030. Elle servira à accorder des crédits saisonniers et d’investissement à des taux d’intérêt préférentiels aux petits agriculteurs et aux sociétés coopératives de services agricoles actives dans la filière oléicole.

La gestion de cette enveloppe sera confiée à la Banque nationale agricole (BNA), sur la base d’une convention avec le ministère des Finances. Celle-ci devra définir les conditions et les modalités d’accès à ces financements.

En complément de ce dispositif, l’article 38 prévoit la création d’un compte spécial du Trésor baptisé “compte de la filière de l’huile d’olive”. Celui-ci aura pour vocation de contribuer à la promotion et au développement de la filière. Sur ce, le ministre chargé de l’Agriculture sera habilité à ordonnancer les dépenses de ce compte, lesquelles auront un caractère évaluatif.

Ses ressources proviendront notamment de 10% du produit des droits appliqués à l’exportation de l’huile d’olive non conditionnée, de l’huile de grignons d’olive brute non conditionnée et de l’huile de grignons d’olive brute non conditionnée, conformément aux dispositions légales citées dans le projet. Le compte bénéficiera également du reliquat du compte de fonds de concours n° 15, intitulé “Compte de la filière oléicole”, ainsi que de dons et d’autres ressources qui pourraient lui être affectées conformément à la législation en vigueur.

Le texte prévoit, en outre, de ramener de 50% à 40% le taux mentionné au deuxième paragraphe de l’article 16 de la loi de finances pour 2024. Les conditions et les modalités d’intervention du nouveau compte seront fixées par arrêté réglementaire.

 

L’article Huile d’olive: 100 millions de dinars et une redevance de 10% à l’export au menu du PLF 2027 est apparu en premier sur Managers.

  •  

Oléiculture : un verger vieillissant et un manque de données freinent la filière

La filière oléicole dispose d’un potentiel considérable, mais elle reste freinée par des défis structurels majeurs : vieillissement du verger, faiblesse des rendements, manque de données fiables, hausse des coûts de production, difficultés d’accès au financement et dépendance envers les intermédiaires.

Rencontré en marge d’un événement, Mnaouer Sghaier, membre de l’UTAP, a souligné que le patrimoine oléicole tunisien affiche un âge moyen estimé à environ 57 ans, ce qui pèse directement sur la productivité. Le rendement moyen demeure faible, autour de 0,7 tonne à l’hectare, alors que certains pays concurrents atteignent près de 2 tonnes à l’hectare.

Cette situation s’explique notamment par le vieillissement des arbres, des pratiques culturales parfois inadaptées, les contraintes hydriques et l’insuffisance de la mécanisation. Selon les intervenants, la Tunisie ne peut plus se contenter de sa position historique sur le marché mondial : la modernisation du verger est désormais indispensable pour améliorer à la fois les rendements et la qualité de l’huile.

Un secteur sans données fiables

Le premier obstacle identifié est l’absence d’un système national actualisé d’information et de suivi. Le dernier recensement agricole remonte à 2004-2005, ce qui rend difficile l’établissement d’un état des lieux précis des superficies plantées, du nombre d’arbres, des variétés cultivées et du volume réel de production.

Il n’existe pas non plus de tableau de bord national permettant de suivre, en temps réel, l’état du verger, les variétés telles que Chetoui, Chemlali entre autres ni les besoins réels de la filière. Cette lacune complique l’élaboration de politiques publiques fondées sur des données vérifiables et rend difficile l’évaluation des pertes, notamment après les coupures d’électricité ou les vagues de chaleur.

Des coûts de production en hausse

La mécanisation de la récolte reste insuffisante, alors que la main-d’œuvre devient à la fois plus coûteuse et moins disponible. Selon les régions et les périodes, le coût journalier peut atteindre entre 35 et 50 dinars.

L’absence de machines de récolte adaptées au contexte actuel fragilise davantage la filière. Certaines pratiques, comme l’usage de bâtons pour faire tomber les olives, peuvent également affecter la qualité du fruit et, par ricochet, celle de l’huile. Il estime que la Tunisie devrait développer des solutions technologiques propres, adaptées à la taille des exploitations et aux spécificités locales.

L’article Oléiculture : un verger vieillissant et un manque de données freinent la filière est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  
❌