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(Vidéo) Samifati & Transe Gnawa Express : l’effervescente fusion électro-gnawa

Quand la musique électro rencontre les traditions musicales gnawa. Le projet Transe Gnawa Express fusionne les genres dans une création visuelle et auditive hypnotique.   C’est à Essaouira que la magie a opéré. Sami Fatih et Axel Vanlerberghe y rencontrent…

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Le Maroc ouvre la partition du Maghreb Orchestra of Brussels

Le 7 octobre à Flagey, à Bruxelles, le Maghreb Orchestra of Brussels donnera son concert inaugural autour du patrimoine musical marocain. Ce nouvel ensemble fait dialoguer les traditions musicales du Maghreb avec l’écriture symphonique et entend s’ouvrir à d’autres répertoires.…

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Relation client : Avec 6000 m² au Lac II, le Marocain Intelcia vise 1000 postes en Tunisie

Le groupe marocain Intelcia accélère son développement en Tunisie avec un nouveau site de plus de 6000 m² au Lac II, à Tunis. Inaugurée le 24 septembre, cette implantation dispose de 850 positions opérationnelles et doit atteindre une capacité de 1000 positions dans un délai d’un an, alors que le site compte actuellement plus de 300 collaborateurs.

Cette nouvelle infrastructure constitue une étape importante dans la stratégie du groupe dans le pays. Selon Intelcia, la Tunisie doit devenir un hub de compétences et d’innovation destiné notamment aux marchés européens. Le groupe met en avant la disponibilité de talents qualifiés et multilingues ainsi que la proximité géographique et culturelle avec l’Europe.

Des activités déjà tournées vers l’international

L’activité tunisienne ne se limite pas au marché local. Selon les informations communiquées à l’occasion de l’inauguration, le site opère notamment dans les secteurs des télécommunications et du voyage. Des activités multilingues sont également réalisées depuis la Tunisie pour des marchés italien et américain, en complément de la France, de la Tunisie et d’autres marchés européens et internationaux.

Intelcia entend par ailleurs élargir progressivement les domaines d’activité opérés depuis Tunis. Le groupe prévoit notamment de développer à la fois ses métiers liés à l’expérience client et ses activités informatiques, dans un modèle combinant ressources humaines, technologies et intelligence artificielle.

Lire aussi : Tunisie : Taoufik Hospitals racheté par un groupe marocain pour ce montant conséquent

Le site, qui a commencé à fonctionner progressivement en juillet 2025, n’utilise actuellement qu’une partie de sa capacité. La presse spécialisée française indique qu’il fonctionne autour de 30 % de ses capacités et que l’objectif est d’atteindre 1 000 positions dans un délai d’un an.

Une présence appelée à s’élargir

Intelcia revendique plus de 40 000 collaborateurs dans 19 pays. Sur son site officiel, le groupe affiche actuellement une présence en Tunisie avec un site et 400 collaborateurs, ce qui montre que les chiffres d’effectifs évoluent avec la montée en puissance de la nouvelle implantation.

Pour Intelcia, cette expansion intervient alors que le secteur de l’externalisation évolue sous l’effet de l’intelligence artificielle. Le groupe cherche désormais à combiner l’automatisation et les services fondés sur l’IA avec l’expertise humaine, notamment pour proposer des prestations plus complexes aux entreprises européennes.

Lire aussi : Centres d’appels : Une croissance record, mais une dépendance excessive à la France

Cette montée en puissance intervient dans un secteur en pleine transformation, notamment sur le marché français, où le démarchage téléphonique commercial des particuliers repose désormais sur le consentement préalable depuis le 11 août 2026, y compris lorsque les prestations sont réalisées par des opérateurs étrangers pour le compte d’entreprises ciblant des consommateurs français.

Pourquoi un groupe marocain investit-il dans un pays concurrent

Dans ce contexte, l’enjeu pour les groupes d’outsourcing est de réduire leur dépendance au « cold calling » et de développer davantage des activités de service client, d’assistance, de support numérique, d’IT et de prestations multilingues.

Le choix de la Tunisie par Intelcia, alors que le Maroc constitue lui-même une importante destination de l’externalisation, peut ainsi s’expliquer par une logique de complémentarité plutôt que de substitution : proximité avec les marchés européens, vivier de compétences multilingues et possibilité de diversifier ses capacités de production sur plusieurs implantations. Le développement du site tunisien correspond précisément à cette évolution, Intelcia indiquant vouloir y renforcer ses activités liées à l’expérience client et aux services IT pour des marchés internationaux.

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Le Mali soutien le plan d’autonomie proposé par le Maroc

Le Mali a renouvelé son soutien au plan d’autonomie proposé par le Maroc, le décrivant comme la «seule base sérieuse et crédible» pour résoudre le différend régional concernant le Sahara. Selon Bamako, une autonomie sous souveraineté marocaine constitue «la solution la plus réaliste». Abdoulaye Diop, ministre des Affaires étrangères du Mali, a réitéré cette position […]

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De 300 à 1 000 emplois : le pari tunisien d’Intelcia

Le groupe marocain Intelcia a inauguré, le 24 septembre 2026, un nouveau site au Lac 2 à Tunis. D’une capacité de 850 positions, il a l’ambition de porter ses effectifs sur place à environ 1 000 collaborateurs, contre plus de 300 actuellement.

Fondé en 2000, Intelcia est aujourd’hui présent dans 19 pays et emploie 40 000 collaborateurs. Son implantation tunisienne, récente et réalisée par acquisition, complète le dispositif du groupe en Afrique du Nord, où il est également présent au Maroc et en Égypte depuis 2019. Son cofondateur et CEO Karim Bernoussi précise que ces trois implantations permettent ensemble de couvrir plusieurs capacités linguistiques et de répondre à des marchés variés.

Le directeur général d’Intelcia pour le Maroc et la Tunisie, Saad Berrada, situe ce développement dans une logique de diversification, destinée à offrir aux clients une plateforme compétitive appuyée sur des compétences locales. Il juge que la Tunisie a déjà fait ses preuves dans les métiers de service et que son écosystème est satisfaisant pour accompagner la croissance du groupe. Le site opère aujourd’hui dans les secteurs des télécommunications et du voyage, avec l’ambition d’y ajouter d’autres domaines afin de proposer une expérience client combinant les ressources humaines, la technologie et l’intelligence artificielle. Les deux métiers structurants d’Intelcia — la relation client et l’informatique — ont vocation à être développés depuis Tunis.

Sur le plan des ressources humaines, le recrutement doit porter sur des managers, des spécialistes et des profils francophones, sans se limiter à cette seule dimension. En effet, des activités multilingues sont déjà opérationnelles depuis la Tunisie pour desservir les marchés italien et américains, en complément des marchés français, tunisien et d’autres marchés européens et internationaux.

Karim Bernoussi justifie ce choix par le niveau de formation des ressources locales, leur maîtrise de plusieurs langues et une proximité culturelle avec l’Europe, où se trouvent les principaux clients du groupe. Pour convaincre les donneurs d’ordre de la pertinence de la destination tunisienne, Intelcia prévoit d’y inviter régulièrement des clients afin qu’ils constatent directement la qualité des infrastructures et des équipes.

Interrogé sur ce qui distingue Intelcia de ses concurrents, M. Bernoussi met en avant une gouvernance restée entre les mains de ses fondateurs et dirigeants — une configuration qu’il juge rare pour une entreprise approchant le milliard de dollars de valeur. Il y voit un atout permettant une proximité réelle avec les clients et des cycles de décision rapides, appréciés selon lui tant par les clients que par les salariés. À la suite d’un rachat de l’entreprise par ses managers, le capital sera désormais détenu par l’ensemble des dirigeants et directeurs du groupe.

S’adressant aux futurs recrutés tunisiens, M. Bernoussi présente Intelcia comme une entreprise à dimension humaine, offrant des perspectives d’évolution professionnelle localement ou à l’international. Il place le bien-être des collaborateurs au rang de priorité, le considérant comme le facteur déterminant du succès futur du groupe. Saad Berrada, de son côté, se dit confiant dans la capacité de la Tunisie à absorber cette montée en puissance, estimant réunies les conditions nécessaires à ce développement.

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De Casablanca à Rabat, une nouvelle génération s’empare de la danse

Du 7 au 14 octobre, les Rencontres chorégraphiques de Casablanca reviennent pour une 12e édition qui s’étend jusqu’à Rabat. Une vingtaine de spectacles venus de 15 pays investiront six lieux dans les deux villes, avec une place centrale accordée aux…

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Maroc : le PAM en tête des législatives avec 97 sièges

Les résultats provisoires de l’opération de dépouillement et de décompte des voix au titre des circonscriptions locales et régionales des élections législatives, tenues mercredi 23 septembre, ont placé le Parti Authenticité et Modernité (PAM) en tête avec 97 sièges.  …

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Législatives au Maroc: 38,2% de taux de participation

Le taux de participation aux élections législatives au Maroc s’est élevé à 38,02 % au niveau national à la fermeture des bureaux de vote le 23 septembre à 19 heures, comme l’a annoncé le ministère de l’Intérieur. Ce chiffre connaît une baisse comparé aux 50,35 % de 2021, aux 43 % de 2016 et aux […]

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À Marrakech, le court métrage se cherche de nouveaux chemins

Du 25 au 30 septembre, la 6e édition du Marrakech Short Film Festival réunit des films venus des cinq continents. Malte est le pays à l’honneur, tandis que la compétition marocaine met en lumière une nouvelle génération de cinéastes. En…

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Le Maroc annonce sa candidature à un siège au Conseil de sécurité

Le ministre marocain des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger a prononcé un discours lors de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York. Nasser Bourita y a annoncé la candidature du Maroc pour un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité des Nations unies pour le […]

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Législatives au Maroc : plus de 3 000 observateurs mobilisés

Les Marocains votent, mercredi 23 septembre, pour élire les membres de la Chambre des Représentants, une étape législative cruciale pour renouveler la composition de la première Chambre (395 sièges) et définir la nouvelle carte politique qui permettra l’émergence de la…

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L’héritage de Fatema Mernissi rencontre le cinéma québécois

Du 28 septembre au 3 octobre, le Festival international du film de femmes de Salé, aux portes de Rabat, rend hommage à Fatema Mernissi et met le cinéma québécois à l’honneur. Pour sa 19ᵉ édition, le festival fait dialoguer la…

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Le Maroc réaffirme son soutien à l’Arabie Souadite face aux attaques des Houthis

Le Maroc a exprimé son «soutien et sa solidarité absolue» envers l’Arabie saoudite après les attaques attribuées aux Houthis, lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU organisée le 17 septembre selon la formule Arria. Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, a fermement condamné l’attaque visant La Mecque, affirmant que le Maroc soutenait toutes […]

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À Marrakech, Banksy s’installe dans la médina

Depuis février, le Riad Dar El Bacha plonge les visiteurs dans l’univers de Banksy. Reproductions, installations et œuvres issues de collections privées composent cette exposition immersive, présentée comme « non autorisée ». L’artiste britannique n’y participe pas. Son univers n’en…

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L’Algérie dit non à la diplomatie du chéquier des Émirats

Ancrée dans une diplomatie du chéquier et adossée à une alliance de revers avec Israël et le Maroc, la monarchie d’Abou Dhabi multiplie les ingérences du Yémen au Sahel. Face à cette stratégie de déstabilisation et à la guerre hybride menée contre ses frontières, l’Algérie oppose une doctrine intangible de souveraineté, de non-alignement et de résilience historique.

Dr Abderrahmane Cherfouh *

À titre de rappel, les Émirats et Israël ont établi leurs relations diplomatiques le 15 septembre 2020 lors de la signature des Accords d’Abraham à la Maison-Blanche. Curieusement, par pure coïncidence ou parce que parfois le hasard fait mal les choses, il y a moins d’un siècle à peine, Israël et les Émirats arabes unis n’existaient pas. Ils ont surgi le premier du néant et le deuxième du désert et ont fait du chemin. L’histoire diplomatique du Moyen-Orient moderne reste profondément marquée par le retrait britannique au début du siècle dernier : de cette même empreinte sont nés deux États aux trajectoires diamétralement opposées, Israël en 1947 et les Émirats arabes unis en 1971.

Aujourd’hui, Israël fait partie des puissances nucléaires de fait et dispose de plus de 300 ogives nucléaires. C’est un État surarmé qui compte sur le soutien quasi total des États-Unis, lesquels lui fournissent les armes les plus modernes et les plus ultrasophistiquées. Le territoire sur lequel se trouve cet État a été spolié à la Palestine. Après le retrait de la Grande-Bretagne, qui avait renoncé à son mandat en 1947, les Nations unies avaient partagé le territoire pour donner naissance à un État juif et un État arabe avec la bénédiction de Washington. La première guerre israélo-arabe (1948-1949) avait permis à cet État d’agrandir encore son territoire au détriment de celui de l’État arabe.

Les Émirats arabes unis, quant à eux, ont été créés il y a tout juste 55 ans, en 1971. Issus du regroupement d’un noyau de peuplades et de confédérations tribales dispersées le long de la Côte des Trèves, les Émirats n’éveillaient, jusqu’aux années 1960, que peu d’intérêt international. Comme d’autres régions de la péninsule, cette société n’avait connu que la tyrannie de la pauvreté ; désormais, elle doit s’accommoder de celle de la richesse. Non point cette richesse qui provient d’une révolution industrielle ou de cet effort gigantesque qu’accomplit une société sur elle-même pour se soustraire au déterminisme de la nature — du génie de ses ingénieurs et de ses ouvriers comme en Europe ou au Japon lors de leurs révolutions industrielles —, mais celle-là même qui est le produit direct de la rente pétrolière. À partir de cette époque, événements politiques et pétroliers vont se succéder à une allure vertigineuse, telle une machine en folie que personne ne pouvait plus arrêter. Avec la manne pétrolière, les Émiratis ont vu se multiplier leurs richesses, leurs partisans et leurs courtisans.

De la tente bédouine à la démesure géopolitique

Pour comprendre la trajectoire actuelle des Émirats arabes unis, il faut d’abord saisir le vertige psychologique qui a saisi ce pouvoir. En l’espace d’une seule génération, les Émiratis sont passés d’un dénuement pastoral absolu — celui des tentes et des caravanes de chameaux — à une opulence insolente matérialisée par des gratte-ciels de cent étages. Cette métamorphose fulgurante a engendré une véritable euphorie de la puissance.

Ce saut temporel et technologique sans transition a nourri un besoin viscéral de reconnaissance, compensant la jeunesse de l’État par une verticalité architecturale et financière spectaculaire. Porté par cette richesse monumentale, le pouvoir d’Abou Dhabi s’est laissé griser par une forme d’hubris géopolitique. Ce sentiment d’invulnérabilité pousse aujourd’hui ses dirigeants à croire que la puissance financière permet de tout régenter, des alliances économiques aux destins des nations millénaires du monde arabe. C’est précisément ce tournis de la richesse qui explique l’agressivité de leur diplomatie et leur volonté de bousculer des équilibres régionaux complexes, au risque de la démesure.

Cette diplomatie de la démesure ne surgit pas du néant ; elle réactive, sous des formes modernes, des codes comportementaux profondément ancrés dans l’histoire de la péninsule. Avant l’ère pétrolière, la survie dans ce désert hostile dictait des règles strictes, où la razzia et le contrôle forcé des routes commerciales et des caravanes constituaient la norme. L’adage populaire «Chassez le naturel, il revient au galop» trouve ici une résonance singulière.

Derrière les paravents technologiques et les fonds souverains d’Abou Dhabi, subsiste le réflexe atavique de s’accaparer les richesses d’autrui par la force ou l’ingérence. Qu’il s’agisse de monopoliser la gestion des ports stratégiques de la mer Rouge et d’Afrique, d’exploiter les ressources de pays en crise comme le Yémen ou le Soudan, ou de déstabiliser des économies régionales, la logique demeure identique. La prédation économique contemporaine n’est que la continuation, en costume de diplomate et en col blanc, des anciennes traditions de brigandage du désert.

Derrière la vitrine financière de Dubaï et les investissements technologiques étalés par Abou Dhabi se cache ainsi un activisme régional qui s’apparente à une véritable métastase géopolitique. Du Yémen à la Libye, en passant par le Soudan et le Sahel, la diplomatie émiratie s’est traduite par une méthode constante : la déstabilisation et la fragmentation des États souverains. Cette ingérence permanente a fini par provoquer une onde de choc au Maghreb : le 10 septembre 2026, l’Algérie a officiellement rompu ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis, sommant leur ambassadeur de quitter le territoire sous 48 heures et fermant son espace aérien aux appareils émiratis. En dénonçant une accumulation d’actes hostiles, Alger tirait les conséquences logiques d’une doctrine devenue incompatible avec la stabilité de la région.

Cette projection extérieure ne repose pourtant sur aucun socle national réel. Dépourvue de profondeur démographique et d’armée pléthorique, la monarchie d’Abou Dhabi a dû sous-traiter l’intégralité de sa sécurité et de sa projection de force : recrutement de mercenaires étrangers, cadres militaires occidentaux intégrés au commandement et financement massif de milices locales.

Ce modèle d’interventionnisme par procuration a connu une accélération brutale dans le sillage des soulèvements populaires de 2011, vécus à Abou Dhabi comme une menace existentielle pour la survie du régime. Pour étouffer dans l’œuf toute dynamique démocratique ou alternative politique dans le monde arabe, la monarchie a projeté son appareil hybride bien au-delà du Golfe. La normalisation scellée avec Israël en 2020 est venue parachever cette construction : un calcul d’un pragmatisme froid visant à s’adosser au bouclier sécuritaire et technologique de l’axe israélo-américain pour poursuivre ses ingérences régionales sans en payer le prix diplomatique.

Le devoir de soumission et la faillite du parapluie sécuritaire

Ce système qui sévit dans la région du Proche-Orient affiche une apparence institutionnelle — des gouvernements et des assemblées aux ordres —, mais il recouvre une réalité géopolitique tangible : un axe américano-israélien omniprésent et omniscient. Vers cette réalité convergent en fait, tous les fils qui animent et motivent les gesticulations des hommes et des rouages apparemment investis du pouvoir de décision au Proche-Orient. Cette convergence constitue la matrice du système américano-israélien. Elle fut longtemps recouverte d’un flou artistique savamment entretenu, destiné à donner l’illusion d’une répartition rationnelle des rôles dans la gestion des affaires régionales.

L’axe américano-israélien n’a pas d’alliés au Proche-Orient ; il n’a que des vassaux. La plupart des États arabes semblent avoir oublié cette réalité historique, ignorant le célèbre avertissement d’Henry Kissinger : «Être l’ennemi de l’Amérique peut être dangereux, mais être son ami est fatal.». 

Sous les pressions conjointes de Washington et de Tel-Aviv — qui les contraignent à s’aligner contre l’Iran —, des pays en principe souverains se laissent réduire à la triste condition de satellite. Face à cet axe, beaucoup de dirigeants arabes ont adopté un réflexe de vassal et une attitude de servile soumission. En bradant leur indépendance et leur souveraineté nationales, ils ont franchi la ligne qui sépare le partenaire de l’inféodé, l’allié de la simple marionnette.

Cependant, une question fondamentale se pose aujourd’hui : en quoi a réellement servi cette prétendue protection ? L’épreuve des récents développements régionaux en dévoile toute l’illusion. Conçues à l’origine pour dissuader l’Iran et protéger les monarchies du Golfe, des installations comme la base aérienne d’Al Dhafra ou la base d’Al Minhad aux Émirats arabes unis accueillent d’importants contingents et équipements américains. Dans le cadre des escalades actuelles, ces infrastructures se sont transformées, malgré elles, en rampes de lancement et en plateformes de soutien logistique ou opérationnel pour les forces américaines.

La réplique iranienne ne s’est pas fait attendre. Bien que le président iranien, Masoud Pezeshkian, ait explicitement déclaré que Téhéran n’avait «aucun problème» avec ses voisins du Golfe comme les Émirats, la présence militaire américaine à leurs frontières est perçue par l’Iran comme une menace directe et une justification légitime pour cibler ces installations en guise de représailles aux attaques américano-israéliennes.

Les conséquences stratégiques de cet engrenage sont cinglantes : au lieu de constituer un bouclier protecteur, les bases américaines ont agi comme de véritables aimants à missiles. Cette situation pousse désormais les Émirats arabes unis et d’autres États du Golfe à réévaluer leur dépendance sécuritaire vis-à-vis de Washington. Constatant l’extrême vulnérabilité de leur territoire, plusieurs pays de la région explorent aujourd’hui de nouvelles options diplomatiques et tentent d’initier des discussions directes avec Téhéran pour préserver leur propre sécurité nationale.

Dans les états-majors de Tel-Aviv, le constat demeure purement comptable : les Émirats arabes unis ne constitueront jamais la moindre menace militaire. Sans profondeur stratégique et bridée par une population nationale numériquement marginale, la monarchie ne risquera jamais de contester la suprématie israélienne. Pour l’État hébreu, la normalisation ne relève donc aucunement d’une alliance entre égaux, mais de l’intégration d’un auxiliaire financier et diplomatique parfaitement aligné.

En laissant Abou Dhabi étendre ses tentacules au Yémen, au Soudan ou dans la Corne de l’Afrique, Israël applique une politique de laisser-faire méthodique. Ce rôle de sous-traitant sert les intérêts de Tel-Aviv : la diplomatie émiratie s’attelle à morceler les États arabes centraux, traquer l’opposition politique et verrouiller les voies maritimes, accomplissant la besogne sans qu’Israël n’ait à exposer ses propres soldats. En contrepartie, l’appareil sécuritaire israélien fournit à Abou Dhabi ses technologies de surveillance et son parapluie d’influence à Washington.

Cette convergence s’appuie sur une alliance d’intérêts où la ressource financière du Golfe offre la logistique matérielle à une logique de domination et de démantèlement des souverainetés. Comment les Émirats ne fascineraient-ils pas ? Pour séduire les cœurs et les esprits, Abou Dhabi se présente avec le visage affable d’une société accueillante, jouissant d’une opulence qui éclaire le monde arabe et promet la prospérité. Devenu maître des symboles, cet État se présente avec la séduisante apparence des enchanteurs de toujours. Mais derrière ce discours sur sa prétendue stature géopolitique se dessine la réalité d’un simple exécutant, au service d’une stratégie qui divise les pays arabes, neutralise la cause palestinienne et consolide l’hégémonie de son nouvel allié.

L’Afrique comme laboratoire de l’ingérence émiratie

C’est sur le continent africain que l’expansionnisme émirati déploie ses effets les plus destructeurs. Sous le couvert d’investissements, d’aide humanitaire ou de coopération sécuritaire, Abou Dhabi a méthodiquement étendu son ombre sur le Soudan, la Libye et la Corne de l’Afrique. La méthode ne varie jamais : repérer des factions armées ou des hommes forts en rupture de ban, les inonder de capitaux et d’équipements militaires, puis verrouiller en échange les infrastructures névralgiques et les ressources du sous-sol.

Au Soudan, cette politique de parrainage a viré au désastre. Le soutien logistique et armé massif accordé aux Forces de soutien rapide (FSR) du général Hemedti alimente un conflit d’une violence inouïe. Les rapports d’experts des Nations unies et des ONG documentent un circuit économique parfaitement rodé : Dubaï sert de plaque tournante pour le blanchiment et le commerce de l’or extrait des zones de combat, dont les revenus financent de nouvelles cargaisons d’armes, tout en visant le contrôle direct du littoral de Port-Soudan sur la mer Rouge. Parallèlement, l’injection de fonds souverains émiratis dans les économies occidentales sert de bouclier diplomatique pour acheter la complaisance internationale.

Cette réputation de plaque tournante du blanchiment et des capitaux suspects déborde désormais largement le continent africain et le Moyen-Orient : le rappel récent de l’ambassadeur de Bulgarie aux Émirats, sur fond d’enquêtes anticorruption visant des sociétés écrans et des vols en jet privé au profit d’oligarques sanctionnés, en offre une illustration européenne frappante.

En Libye, le choix d’Abou Dhabi s’est porté sur le maréchal Khalifa Haftar. Au mépris des embargos de l’Onu, la monarchie a financé des ponts aériens, livré des drones de combat et acheminé des contingents de mercenaires pour appuyer l’offensive contre Tripoli, cherchant à bloquer toute transition démocratique et à mettre la main sur les mannes pétrolières.

Dans la Corne de l’Afrique, l’ingérence prend la forme d’un verrouillage portuaire et sécuritaire. En contournant l’État central somalien pour signer des accords directs avec les régions du Somaliland et du Puntland, Abou Dhabi a sciemment fragilisé l’équilibre politique local afin de contrôler le détroit de Bab-el-Mandeb et d’assujettir le commerce maritime régional à ses propres intérêts.

L’Axe de revers : Israël-Émirats-Maroc

Après le Soudan et la Libye, le pouvoir émirati a étendu ses manœuvres au Sahel. Du Mali au Niger, Abou Dhabi s’est immiscé dans un espace frontalier hautement inflammable, instrumentalisant la fragilité des juntes militaires locales pour y installer ses réseaux d’influence. Sous couvert d’aide financière, la monarchie injecte des capitaux qui ravivent les tensions communautaires, contraignant Alger à maintenir une vigilance militaire constante sur un périmètre stratégique immense : l’Algérie partage en effet plus de 6 385 kilomètres de frontières terrestres avec ses sept pays voisins.

Tous ces pays limitrophes connaissent une période de grande instabilité — conflits fratricides, tensions ethniques, prolifération de groupes terroristes et crises migratoires d’une ampleur dramatique. Cette ceinture d’instabilité représente une menace permanente pour la région subsaharienne et le Maghreb. Pour préserver son intégrité territoriale, l’Algérie doit mobiliser des ressources considérables afin de contrecarrer les effets déstabilisateurs subis par ces populations déplacées et contenir les flux d’insécurité importés.

Pour Alger, ces agissements s’inscrivent dans la réalité matérielle d’une alliance de revers formalisée dans le sillage des Accords d’Abraham de 2020. La répartition des rôles s’y opère avec une rigueur limpide. D’une part, Israël assure la fourniture d’équipements de pointe, notamment des logiciels d’infiltration cybernétique comme Pegasus, des drones de combat et des systèmes de guerre électronique. D’autre part, Abou Dhabi assume le rôle de bailleur de fonds global en mobilisant sa manne pétrolière pour financer ces contrats tout en activant ses relais diplomatiques. Enfin, le Maroc offre son territoire pour maintenir une pression politique et militaire continue sur la frontière occidentale de l’Algérie.

Cette stratégie de fait s’est matérialisée par des actes précis visant à imposer un fait accompli contraire au droit international : ouverture de représentations diplomatiques fictives à Laâyoune, accords de défense autorisant la présence de cadres militaires israéliens au Maroc et soutien financier à des foyers d’instabilité au Sahel. Face à cette géopolitique du fait accompli, l’Algérie oppose la force du droit international : le principe inaliénable de l’intangibilité des frontières héritées de la décolonisation, le respect des résolutions de l’Onu et le refus absolu de toute ingérence étrangère.

L’activisme d’Abou Dhabi ne réussit pas à masquer les faiblesses structurelles du modèle émirati. La diplomatie du chéquier et la sous-traitance sécuritaire ne fabriquent pas une puissance géopolitique durable. Dépourvu de profondeur territoriale et de légitimité historique, l’État émirati repose sur un équilibre extrêmement fragile. Son économie dépend entièrement du dessalement d’eau de mer, des flux logistiques internationaux et de sa réputation bancaire. Il suffirait d’une étincelle dans le Golfe pour que la narration de la stabilité s’effondre et que les capitaux s’envolent. Dès qu’il se heurte à des États nationaux structurés, le modèle révise d’ailleurs rapidement ses prétentions. L’arbitrage saoudien en a offert la preuve : lorsque Riyad a exigé la fin de ses manœuvres autonomes, Abou Dhabi s’est exécuté et s’est retiré sans résistance.

Face aux tentatives d’encerclement de cet axe de revers, l’Algérie cherche à desserrer l’étau et à éviter de se retrouver prise en tenaille en déployant une stratégie de neutralisation rigoureuse — le voisin marocain à l’Ouest, les milices libyennes sous perfusion à l’Est et les brasiers sahéliens au Sud. Au Sahel, la diplomatie algérienne a réactivé ses canaux avec Niamey et Bamako, rappelant aux décideurs locaux que la sécurité durable du Sahara dépend de la coopération transfrontalière et non de promesses financières volatiles. Sur le flanc oriental, elle arrive à colmater la brèche : un dispositif militaire étanche le long de la frontière libyenne a contenu tout risque de débordement. Dans ce schéma, la Tunisie s’affirme comme un partenaire souverain et indéfectible : la convergence entre Alger et Tunis consolide un axe de stabilité au nord-est du Maghreb et contribue à préserver cet espace de toute tentative d’ingérence ou de déstabilisation.

Le bouclier algérien : souveraineté et dignité

Les analyses suggérant que l’Algérie devrait renoncer à son soutien à la cause palestinienne pour se replier sur ses enjeux intérieurs méconnaissent profondément les fondements de sa doctrine. Hérité de la guerre de libération de 1962, cet engagement envers la justice et la libération des peuples est consubstantiel à l’identité politique du pays. Une diplomatie fondée sur des principes demeure le meilleur rempart contre l’isolement.

L’Algérie s’est forgée à travers les tempêtes de son histoire. Ce ne sont certainement pas les manœuvres d’un État récent, dépendant de capitaux et de prestataires privés, qui entameront sa trajectoire. En tranchant par la décision du 10 septembre 2026 — la rupture des canaux diplomatiques, l’expulsion de l’ambassadeur émirati et la fermeture de l’espace aérien —, l’Algérie a rappelé une vérité fondamentale : sa souveraineté ne s’achète pas, elle ne se négocie pas et elle ne cédera devant aucun marchand d’illusion.

 * Médecin algérien au Canada.

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Coupe Davis : le Maroc accède aux play-offs du Groupe mondial I

La sélection marocaine de tennis a validé, dimanche 20 septembre à Rabat, son billet pour les barrages du Groupe mondial I de la Coupe Davis, prévus en février 2027, après avoir remporté les trois premières confrontations face à son homologue…

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Révélations | Hassan II derrière la victoire d’Israël de 1967

Le rapprochement entre le Maroc et Israël franchit une nouvelle étape. Les deux pays, qui ont renoué leurs relations diplomatiques en 2020, prévoient d’ouvrir chacun une ambassade. Cette nouvelle étape a été annoncée mercredi 16 septembre 2026 à New York, sous l’égide des États-Unis. Les relations entre Rabat et Tel Aviv, dont beaucoup d’observateurs sous ces cieux se disent encore choquées, ne datent pourtant pas d’aujourd’hui. Elles remontent aux années… soixante du siècle dernier, en plein conflit entre l’Etat hébreu et l’Egypte. Les langues se délient et l’histoire remonte à la surface. (Photo : Hassan II recevant Nasser à Casablanca en 1965).

Habib Glenza

Les révélations d’anciens généraux israéliens sur les liens entre le Maroc et leur pays se succèdent depuis quelque temps. Cette fois, c’est au tour de Shlomo Gazit, ex-chef du renseignement militaire, de revenir sur l’appui de Hassan II au Mossad à l’occasion de la tenue d’un sommet de la Ligue arabe en septembre 1965 à Casablanca.

Après Meir Amir, le chef du Mossad (1963-1968), c’est un autre haut cadre du renseignement israélien qui évoque le soutien de Hassan II à ses services. Le général Shlomo Gazit avance, dans des déclarations au quotidien Yedioth Ahronoth, que l’appui du monarque a été déterminant pour l’armée israélienne pendant la guerre des Six Jours, du 5 au 10 juin 1967.

Dans son témoignage, l’ancien chef du renseignement militaire souligne que le royaume a permis aux Israéliens de suivre minute par minute le sommet de la Ligue arabe de 1965, tenu du 13 au 18 septembre à Casablanca, consacré exclusivement à l’examen des conditions de préparation des armées arabes dans la perspective d’une nouvelle confrontation avec Israël. La réunion était réservée aux chefs d’Etat, aux chefs des renseignements et aux généraux des armées.

A Casa, les chefs d’Etat arabes sur table d’écoute israélienne

Grâce à ces informations, Tel-Aviv avait pu se rendre compte de la faiblesse des armées de ses «voisins». «Cette rencontre a non seulement révélé que les rangs arabes étaient divisés – d’importantes disputes ont éclaté, par exemple, entre le président égyptien Gamal Abdel Nasser et le roi Hussein de Jordanie – mais aussi que les pays arabes étaient mal préparés à la guerre», raconte Shlomo Gazit.

Israël a préparé la guerre des Six Jours en s’appuyant sur la masse considérable de renseignements issus des enregistrements effectués par les Marocains à Casa, et les commandants de Tsahal étaient convaincus de pouvoir l’emporter.

«Ces enregistrements, qui constituaient une véritable prouesse en matière de renseignement, nous ont montré deux choses : d’une part, que les États arabes se dirigeaient vers un conflit auquel nous devions nous préparer ; d’autre part, que leurs discours sur l’unité arabe et la formation d’un front uni contre Israël ne reflétaient pas une réelle unanimité entre eux», a déclaré le général de division Gazit, alors chef du département de recherche du renseignement militaire.

Grâce à ces enregistrements, conjugués à d’autres sources, «nous savions à quel point ils étaient mal préparés à la guerre. Nous en avons conclu que le corps blindé égyptien se trouvait dans un état lamentable et n’était pas prêt au combat», a poursuivi Gazit.

Selon Gazit, les informations contenues dans ces enregistrements confirmaient «notre conviction, au sein du haut commandement de Tsahal, que nous allions remporter une guerre contre l’Égypte. Si les prédictions funestes et le sentiment d’une défaite imminente prévalaient chez la majorité des Israéliens ainsi que chez les responsables extérieurs à l’appareil de défense, nous, nous avions confiance en notre force.»

Deux ans après cette opération, qualifiée par le chef du Mossad de l’époque comme «l’une des gloires suprêmes du renseignement israélien», le Premier ministre Levi Eshkol (21 juin 1963-26 février 1969) donnait l’ordre à son aviation de bombarder les aéroports égyptiens et jordaniens. Une opération couronnée de succès pour la partie israélienne ; presque tous les avions de chasse de l’Egypte avaient été détruits. Ces raids rapides avaient également balisé le terrain aux corps de blindés, leur permettant d’occuper d’un seul coup la Bande de Gaza, le Sinaï, le Golan et Jérusalem-Est.

En contrepartie : la tête de Mehdi Ben Barka

L’appui du Maroc, dont fait état le général Shlomo Gazit, n’a pas été sans contrepartie. Un mois après le sommet de la Ligue arabe à Casablanca, des agents du Mossad étaient impliqués dans l’opération d’enlèvement et d’assassinat de Mehdi Ben Barka, le 29 octobre 1965 à Paris. Ils avaient suivi les déplacements de l’opposant de Hassan II, mission rendue possible grâce à la présence d’une antenne du Mossad sur le territoire français, depuis cinq années, avec la bénédiction de Charles de Gaulle.

C’est justement ce bureau qui avait permis de piéger Ben Barka avec le projet de film historique d’une part ; de faciliter aux agents des services secrets marocains l’entrée en France avec de faux passeports d’autre part. Dans cette opération, l’aide israélienne au Maroc avait été autorisée par le Premier ministre, Levi Eshkol et le chef du Mossad, Meir Amir.

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Mondial 2030 : Fitch craint un surcoût pour le Maroc

Les investissements engagés par le Maroc pour préparer l’organisation de la Coupe du monde 2030 devraient soutenir l’activité économique, mais pourraient également accroître certaines pressions sur les finances publiques, selon Fitch Ratings.

Le vaste programme d’infrastructures engagé par le Maroc en préparation de la Coupe du monde de football 2030 devrait contribuer à soutenir la croissance, mais il comporte également des risques pour les finances publiques, estime Fitch Ratings dans un nouveau rapport qui vient d’être publié.

L’agence de notation souligne que la majeure partie des investissements liés aux infrastructures est réalisée en dehors du budget central de l’État. Cette configuration limite leur impact budgétaire immédiat, mais peut rendre plus difficile l’évaluation de l’ensemble des engagements financiers associés aux projets. Le Fonds monétaire international (FMI) les estime à environ 190 milliards de dirhams, soit environ 17,39 milliards d’euros.

Dans sa dernière évaluation, Fitch a confirmé la note souveraine du Maroc à BB+, avec une perspective stable. L’agence prévoit toutefois que la dette du gouvernement central restera relativement élevée, autour de 67 % du PIB en 2028, contre une médiane de 51 % pour les pays notés BB.

Le déficit budgétaire devrait atteindre 4 % du PIB en 2026, contre 3,5 % en 2025, avant de revenir en moyenne à 3,4 % en 2027-2028, selon les projections de Fitch. L’agence prend notamment en compte les dépenses supplémentaires liées à la hausse des prix de l’énergie et aux mesures de soutien qui en découlent.

Les risques associés aux grands projets d’infrastructures ne se limitent cependant pas à leur coût direct. Fitch et le FMI soulignent également les risques liés au financement des entreprises publiques, aux partenariats public-privé et aux éventuelles obligations contingentes susceptibles, à terme, de peser sur les comptes publics.

Une contribution attendue à la croissance

Les investissements liés au Mondial 2030 constituent parallèlement un important moteur de l’activité économique marocaine. Le FMI estime que l’accélération des dépenses d’infrastructures devrait soutenir la demande intérieure, l’emploi et, à moyen terme, la capacité productive du pays. L’institution souligne néanmoins que l’efficacité de ces dépenses dépendra de la qualité de leur gestion et de leur capacité à générer des gains durables de productivité.

Un autre risque concerne la possibilité que l’accélération des investissements privés et publics provoque des tensions sur l’économie, notamment à travers une hausse de l’inflation, une détérioration du déficit courant ou une augmentation des pressions sur les finances publiques.

Des marges de sécurité encore disponibles

Fitch relève toutefois plusieurs facteurs qui limitent les risques financiers. Les réserves internationales du Maroc s’élevaient à environ 48 milliards de dollars fin 2025. Tandis que leur niveau moyen devrait représenter environ 5,1 mois de paiements extérieurs courants sur la période 2026-2028. Le pays bénéficie également d’une nouvelle ligne de crédit flexible du FMI d’environ 4,5 milliards de dollars, approuvée en avril 2026. Fitch prévoit par ailleurs une croissance réelle de 4 % en 2026, après 4,9 % en 2025, puis une moyenne de 4,2 % en 2027-2028.

Le défi pour les autorités consiste ainsi à maintenir le rythme des investissements nécessaires aux infrastructures du Mondial tout en maîtrisant leur coût global et leurs éventuelles conséquences sur la dette et le déficit publics.

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À Tanger, les femmes écrivent la Méditerranée

Du 24 au 27 septembre, les Rencontres Méditerranéennes de Tanger reviennent pour une deuxième édition. Dans la Kasbah et plusieurs lieux de la ville, les voix féminines seront au cœur de quatre jours de rencontres, de lectures, de poésie et…

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L’autoroute Donald J. Trump, colonne vertébrale du Sahara occidental

«La voie express Tiznit-Dakhla a été baptisée Autoroute Donald J. Trump», l’annonce a été faite par Maghreb Arabe Presse (MAP), l’agence de presse officielle marocaine, quand elle a rendu publique une lettre envoyée par le roi Mohammed VI le 2 juillet 2026 au président américain pour annoncer sa décision. Le souverain y souligne vouloir ainsi remercier M. Trump pour sa «reconnaissance historique de la souveraineté du Maroc en 2020 sur son Sahara qui restera à jamais gravée dans la mémoire des Marocains. En hommage à ce témoignage d’amitié et de paix, j’ai pris la décision de baptiser l’une des infrastructures routières les plus importantes du royaume du nom d’Autoroute Donald J. Trump». L’ouvrage s’étend sur 1055 kilomètres, ce qui en fait la plus longue infrastructure routière d’Afrique. Suffisant pour satisfaire la folie de grandeur du président américain.

Imed Bahri

Il convient de rappeler qu’en décembre 2020, Trump avait apporté son soutien à un plan d’autonomie sous souveraineté marocaine pour le Sahara occidental, en contrepartie d’une normalisation des relations du Maroc avec Israël dans le cadre des Accords d’Abraham.

Le magazine américain Politico a publié une enquête de Memphis Barker intitulée «L’avenir du Sahara occidental passe par l’autoroute Donald J. Trump», une voie de 1 055 kilomètres qui semble jouer un rôle inhabituel dans la stratégie du président pour le Moyen-Orient. Pour le Royaume chérifien, cette autoroute au nom du président américain qui a reconnu sa souveraineté sur le Sahara occidental est une illustration de la domination exercée sur ce territoire et du bras de fer que le royaume est en train de remporter à l’international concernant cet épineux dossier. 

Cette voie, anciennement connue sous le nom de Route Nationale 1, est la plus longue du Maroc et d’Afrique. Elle a été rebaptisée en l’honneur de Trump par le roi Mohammed VI, en signe de reconnaissance au président américain qui a reconnu la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental en 2020.

Lors de son voyage sur cette route, qui porte encore son nom d’origine, l’autoroute Tiznit-Dakhla, dont la première phase débute dans la région de Guelmim-Oued Noun, le journaliste américain n’a remarqué ni le nom de Trump ni un drapeau américain. «Oui, j’en ai entendu parler dans les journaux», a déclaré le propriétaire d’un café routier où s’arrêtent les camions. Un autre homme, Ibrahim, a grommelé : «C’est la politique».

Barker indique que parmi tous les hôtels, lieux de divertissement et cryptomonnaies portant le nom de Donald J. Trump, aucun n’égale cette autoroute en termes d’importance géopolitique. 

Derrière le discours flatteur se cache un rêve plus grand

En 2015, le roi Mohammed VI annonçait son projet de construction d’une autoroute plus longue que toutes celles existantes dans le pays. Il affirmait que cette voie renforcerait la position du Sahara comme pôle économique et reconnecterait le Maroc à ses racines africaines mais elle poursuivait également un objectif plus ambitieux.

Dans le cadre du «Plan de développement des régions du Sud», nom officiel donné par le régime au Sahara occidental, le roi a présenté un plan visant à consolider le contrôle marocain sur le territoire. Il a également promis de construire des ports, de lancer des programmes de protection sociale et d’intégrer les Sahraouis au tissu social marocain.

Politico ajoute que derrière ce discours flatteur pour les Nations Unies se cache un rêve plus grand. Depuis que la France et l’Espagne ont abandonné leurs protectorats marocains dans les années 1950, la dynastie alaouite au pouvoir, dont le roi Mohammed VI est le vingt-troisième monarque, a une priorité : la reconquête du Sahara occidental.

La région est riche en ressources naturelles, du phosphate aux poissons mais cette volonté de reconquête du Sahara occidental trouve son origine dans le sentiment que les colonisateurs européens, en se retirant, ont tracé arbitrairement les frontières du Maroc, les jugeant trop étroites pour un pays dont la domination s’étendait autrefois au sud (à travers le Mali, la Mauritanie et le Sénégal) et à l’est (à travers des parties de l’Algérie actuelle).

Dans son discours de 2015 commémorant le 40e anniversaire de la Marche Verte, lors de laquelle 350 000 personnes ont franchi la frontière pour se réfugier au Sahara occidental et ont contraint l’Espagne, qui contrôlait le territoire depuis longtemps, à accélérer son retrait, le roi Mohammed VI a déclaré : «J’ai décidé de consacrer tous les moyens disponibles à la restauration de l’intégrité territoriale du Royaume». Grâce à ces dépenses massives, totalisant environ 8 milliards de dollars, il espère surmonter le principal obstacle qui freine encore l’expansion du Maroc à savoir la réticence du peuple sahraoui à rejoindre le Maroc.

Le Sahara occidental gardé par 100 000 soldats marocains

La région est le théâtre d’une guerre intermittente menée par le Maroc contre le Front Polisario, qui revendique l’indépendance du territoire. Les affrontements militaires se déroulent généralement à l’abri des regards, derrière une digue de sable de trois mètres de haut qui traverse le désert. Construite dans les années 1980 et toujours gardée par 100 000 soldats marocains, cette zone est l’une des plus minées au monde.

Dans sa lettre à Trump confirmant le nouveau nom de l’autoroute, le roi Mohammed VI a exprimé sa profonde gratitude. Il a écrit que la décision du président en 2020 de reconnaître la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental «restera à jamais gravée dans la mémoire des Marocains». En retour, le roi a normalisé les relations avec Israël dans le cadre des accords d’Abraham, une mesure controversée dans un pays où la population soutient fortement la cause palestinienne. Cependant, cette initiative s’est avérée bien plus fructueuse.

Avant l’intervention de Trump, la question de la souveraineté définitive sur le Sahara occidental restait en suspens sous l’égide des Nations Unies, qui avaient tenté, sans succès, de réunir les conditions d’un référendum après avoir négocié un cessez-le-feu en 1991. Suite à la reconnaissance de Trump, la situation a commencé à évoluer en faveur du Maroc. La France, l’Espagne, le Royaume-Uni et l’Union européenne soutiennent désormais le projet du roi d’accorder «l’autonomie» au Sahara occidental sous son autorité. La plupart des États africains et arabes ont déjà donné leur accord.

En baptisant la route du nom de Trump, le roi a rappelé aux derniers opposants, notamment le Front Polisario et ses alliés algériens, le soutien de la Maison-Blanche à la revendication de souveraineté du Maroc. Le président américain a écrit sur Truth Social : «J’espère emprunter un jour cette grande route et j’espère bientôt!».

Politico a également indiqué que le Maroc interdisait depuis des années l’accès au Sahara occidental aux journalistes étrangers non accompagnés. En mai 2025, deux journalistes italiens, déguisés en touristes, ont été arrêtés à l’entrée de Laâyoune, capitale administrative de la région, puis conduits vers le nord et expulsés. Un journaliste espagnol avait subi le même sort quelques semaines auparavant.

Pourtant, les autorités marocaines ont récemment commencé à inviter des personnalités politiques occidentales à visiter la ville et la compagnie aérienne low-cost Ryanair propose désormais des «aventures marocaines» à Dakhla, la péninsule située à l’extrémité sud de l’Autoroute Donald Trump, qui se positionne comme une destination prisée des kitesurfeurs. À la surprise générale des Sahraouis, le réalisateur britannico-américain Christopher Nolan y a tourné des scènes de son film ‘‘Odyssey’’.

Une atmosphère pesante dans les «territoires du Sud»

Depuis des décennies, le gouvernement attire les Marocains vers le sud grâce à des impôts plus bas, des salaires plus élevés, des subventions sur l’alimentation et le carburant, et la promesse d’un meilleur niveau de vie. On estime aujourd’hui que la majorité des quelque 600 000 habitants de la région sont originaires du nord. Cela suffirait, si le droit de vote à un éventuel référendum était étendu aux personnes arrivées après 1974, comme le souhaite Rabat, afin de faire basculer le vote en sa faveur.

Memphis Barker a constaté une atmosphère pesante à Laâyoune, malgré les affirmations du gouvernement selon lesquelles tous ces investissements portent leurs fruits, même si les «territoires du Sud» ne représentent qu’un faible pourcentage de l’économie globale, estimé à environ 4% du PIB. Ce pourcentage est toutefois en augmentation, la région de Laâyoune a enregistré la plus forte croissance économique parmi les régions du pays en 2024, 7,4 %, selon les chiffres officiels. Elle affiche également le taux de pauvreté le plus bas du Maroc.

Le PIB par habitant s’élève à 74 000 dirhams (7900 dollars américains), soit plus de deux fois et demie celui de la région de Marrakech, qui attire chaque année un grand nombre de touristes. Les critiques soulignent que plus d’un tiers de cette somme est alloué aux forces de sécurité. Bien que l’on dise généralement que les Sahraouis qui se sont retirés de la vie politique ne subissent aucune discrimination sur le marché du travail, beaucoup peinent encore à trouver un emploi.

Le chômage dans la région a atteint 22% en 2024, un taux nettement supérieur à la moyenne nationale de 13%. Un Sahraoui a déclaré : «C’est une farce. Ils construisent tout ça mais nous n’en profitons pas. Ni du phosphate ni du poisson ni des tomates».

Dans le nord du pays, certains Marocains se demandent si toutes ces dépenses consacrées aux régions du sud n’ont pas contribué au désespoir qui s’est emparé d’autres parties du pays, poussant de nombreux jeunes à traverser la frontière à la nage pour rejoindre Ceuta.

Le mouvement indépendantiste du Sahara s’essouffle

Concrètement, le mouvement indépendantiste du Sahara occidental s’essouffle. En 2010, Rabat a écrasé le dernier grand défi à son autorité : un immense campement de protestation rassemblant 20 000 personnes aux abords de Laâyoune. Ses leaders étudiants sont désormais emprisonnés. Il ne reste du mouvement de protestation populaire dans la ville que des graffitis effacés à la hâte –«Libérez les prisonniers»– et de brefs rassemblements menés par des femmes, comme les chants qui ont suivi l’élimination du Maroc de la Coupe du monde en juillet.

Militairement, le Front Polisario est lui aussi en perte de vitesse. Il est impuissant face aux drones marocains, qui anéantissent facilement les combattants qui sillonnaient les dunes à bord de Land Cruisers équipés de lance-roquettes.

Le 28 juillet, l’ambassadeur des États-Unis au Maroc, Richard Duke Buchan, fut l’un des premiers hauts responsables américains à fouler le sol de Laâyoune. Sur sa plateforme X, il publia une photo de lui devant le grand et impeccable McDonald’s de la ville, accompagnée du message suivant : «Des tajines du désert aux doubles hamburgers américains, Laâyoune a tout pour plaire». Il conclut sa publication par : «Sahara marocain, j’adore !».

À terme, Rabat espère obtenir davantage –peut-être un consulat américain à part entière à Laâyoune– mais surtout, la poursuite du dialogue diplomatique pour résoudre le conflit persistant concernant le statut contesté du Sahara occidental.

Riccardo Fabiani, directeur pour l’Afrique du Nord à l’International Crisis Group, affirme que le projet de rattachement du Sahara occidental accapare «80 à 90 % de l’attention de tous les ministères» et que les pressions américaines détermineront la suite des événements étant donné que Washington est le principal interlocuteur sur la question du Sahara occidental aux Nations Unies et le renouvellement du mandat de la mission, prévu le 31 octobre, pourrait mettre un terme définitif à cette opération de maintien de la paix vieille de 35 ans.

Massad Boulos, envoyé spécial du président Trump pour les affaires arabes et africaines, mène des négociations directes et rares, entre l’Algérie, le Maroc et le Front Polisario. Il pourrait exercer une pression accrue sur les opposants à Rabat pour qu’ils acceptent le plan d’autonomie du roi, allant jusqu’à menacer de désigner le Front comme organisation terroriste, l’excluant ainsi de facto du processus de négociation. Il pourrait même relancer la demande du Maroc d’un vote sur le statut du Sahara occidental à l’AG de l’Onu, un vote que des années d’efforts diplomatiques ont déjà assuré au Maroc une victoire probable. Le mois dernier encore, la Colombie a déclaré son soutien total à la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.

En 2021, Rabat a poussé 8 000 migrants à travers la frontière vers Ceuta pour protester contre la prise en charge médicale par l’Espagne de Brahim Ghali, le dirigeant de 76 ans du Front Polisario. Politico indique que le dernier afflux datant de cet été, bien plus important, semble être spontané cependant, la décision du Maroc de ne pas entraver le passage des migrants suggère une volonté de satisfaire et de plaire à la Maison-Blanche qui considère le Premier ministre socialiste espagnol Pedro Sánchez comme l’incarnation de tous les maux de l’Europe : partialité anti-israélienne, soutien à l’immigration et insuffisance des dépenses de défense.

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